20.09.17

 

1. L’autre diplomatie américaine

 

  • En marge de l’Assemblé Générale des Nations Unies à New York, le milliardaire et ancien maire de la ville, Michael Bloomberg a hérité de « Clinton Global Initiative » créée il y a dix ans par le couple Clinton, qu’il a rebaptisée « Bloomberg Global Business Forum« , considérée comme la plate-forme de « l’autre diplomatie américaine » , celle héritée de Barack Obama, et qui réunit cette semaine, anciens et actuels chefs d’Etat, personnalités du monde politique, économique: Bill Clinton, Mike Bloomberg, Tim Cook, Justin Trudeau, Emmanuel Macron, le prince saoudien Salmane ben Abdelaziz, Jack Ma (Alibaba).

 

  • L’évènement sert les intérêts de l’élite capitaliste mondiale, favorable à l’ouverture des frontières, capitaux et des hommes qui a trouvé ces derniers mois un adversaire encore plus détestée qu’elle: le président américain et sa doctrine, America First.
    Comme certains gouverneurs et Etats américains, qui ont décidé de mener leur propre politique environnementale ou diplomatique – la Californie par exemple – les entrepreneurs américains ont également un rôle à jouer comme l’explique Bloomberg à Buzzfeed:

     

    Les nations sont liées les unes aux autres par le commerce et l’investissement, et si les patrons ne sont pas des diplomates, ils peuvent défendre une coopération sur des sujets dans lesquels le secteur privé compte – des infrastructures au changement climatique. Les actions prises par le secteur privé, qui ne remplace pas les canaux diplomatiques officiels, peuvent parfois être plus importantes que les mots ou les tweets des élus.

 


2. Les défis du mur

 

  • Une enquête passionnante de USA Today ce matin sur les défis physiques, financiers, humains et politiques que représente la construction du mur le long de la frontière mexicaine – la promesse de campagne phare du candidat républicain, celle qui a convaincu sa base électorale et sur laquelle il peut difficilement revenir aujourd’hui.

 

  • Sur l’objectif de cet ambitieux reportage multimédia, Nicole Caroll de USA Today:

    Nous étions dans la tribune de presse au meeting de Trump à Prescott Valley en Arizona à l’automne dernier. Les supporters chantaient « Build the wall. Build the wall ». Ils étaient tellement excités à l’idée de ce mur qu’on s’est dit que c’était notre rôle d’aider les gens à comprendre ce que cette mesure impliquait. Notre travail n’est pas de leur dire qui croire, mais d’être sûr qu’ils ont toutes les informations nécessaires pour se faire leur propre avis. C’est notre responsabilité. On a des rédactions dans tous les Etats frontaliers. Nos journalistes sont des experts, On comprend les enjeux.

 

  • Il existe actuellement mille kilomètres de barrières qui séparent les Etats-Unis du Mexique – soit seulement un tiers de la longueur de la frontière, 3 200 km – et dont la moitié uniquement destiné à interdire le passage des voitures.
    Les barrières existantes, hautes de trois mètres, n‘ont rien à voir avec le projet pharaonique de Trump qui veut un « grand et beau » mur censé atteindre 6 à 9 mètres de haut.  
  •  

  • Pendant la campagne électorale, Trump avait promis la construction d’un mur les 2 200 kilomètres restant qui traversent quatre Etats américains et des frontières naturelles importantes comme le Rio Grande (le long de la frontière texane), les falaises abruptes des parcs nationaux ou les déserts arides d’Arizona.
  • En juillet dernier, Trump a annoncé que le mur ne serait construit que sur 1 100 km et que le commencement des travaux coûterait 1,6 milliards de dollars.

 

  • Au Texas, qui partage 1 500 km de frontières avec le Mexique, la construction du mur pourrait entraîner la réquisition – et la compensation financière – de terres appartenant à cinq mille propriétés privées dont une bonne partie le long du Rio Grande. 
    Par ailleurs, la plupart des frontières sont à des centaines de kilomètres des grandes villes, et construire un mur implique d’abord la construction de route pour y parvenir. Il existe des coûts financiers et politiques locaux importants au delà de la construction même du mur.

 

  • Pendant les dix jours passés en hélicoptère le long de la frontière, le journaliste de USA Today n’a pas vu une personne essayer de passer la frontière illégalement ou être appréhendé par la police des frontières.
  • 25% des Républicains du Congrès soutiennent actuellement la construction du mur.* « The Wall » – USA Today

 

  • Mais Ann Coulter, l’une des « commentatrices conservatrices » les plus célèbres et influentes américaines qui a soutenu très tôt Trump durant la campagne présidentielle n’en démord pas et continue de mettre la pression sur le président:

3. Subvention pollution

 

  • Il existe aux Etats-Unis un programme gouvernemental qui « vous envoie un chèque à la fin de l’année pour vous récompenser d’avoir pris la voiture seul pour vous rendre au travail ». Cela s’appelle le « Commuter Parking Benefit » qui déduit de vos impôts les dépenses occasionnées par les places de parking souvent très chères des centres villes.
    Vous ne le touchez que si vous habitez en ville, et plus votre parking est cher, plus le chèque sera important, plus vous gagnez de l’argent plus votre remboursement sera conséquent. Les automobilistes urbains sont donc payés les contribuables pour créer davantage de bruit, d’encombrements et de pollution.

    Le programme coûte chaque année sept milliards de dollars au gouvernement américain selon une étude de l’association « TransitCenter » et met chaque année sur les routes 820 000 voitures supplémentaires qui effectuent sept milliards de kilomètres en plus.

 


4. Les jeunes de plus en plus vieux

 

  • Contrairement à leurs parents nés dans les années soixante-dix, les adolescents américains sont moins portés sur le sexe, la consommation d’alcool et de drogue, la conduite en voiture ou les petits boulots:

    Les jeunes d’aujourd’hui retardent de plus en plus les activités considérées comme des rites de passage à l’âge adulte (…) et le déclin est visible quelles que soient la race, le lieu d’habitation ou l’origine socio-économique que ce soit dans les zones rurales, urbaines et péri-urbaines.

  • Le directeur de l’enquête, Jean Twenge, explique cette évolution des comportements par une structure familiale plus réduite, plus présente et rassurante qui protège davantage l’enfant.* « Not drinking or driving, teens increasingly put off traditional markers of adulthood » – Washington Post

 


5. L’examen Jimmy Kimmel

 

  • Les sénateurs républicains n’en n’ont pas encore fini avec l’abrogation et le remplacement d’Obamacare qu’ils ont échoué à faire passer à deux reprises ces six derniers mois à la grande frustration du président qui voue depuis une haine farouche à Mitch McConnell, incapable de trouver un accord.

 

    • La nouvelle proposition dite « Graham-Cassidy », moins médiatisée mais tout aussi injuste que les précédentes – trente millions d’Américains privés d’assurance – pourrait bien passer si … Jimmy Kimmel, le comédien américain présentateur de l’émission populaire de fin de soirée « Jimmy Kimmel Live » n’avait pas consacré le monologue de son émission d’hier à la critiquer.
    • Début mai, il avait évoqué à l’écran les problèmes de coeur de son nouveau-né et la nécessité pour toutes familles américaines, quels que soient leurs revenus, d’avoir accès à ce genre de soins si nécessaire.
      Il avait reçu le sénateur républicain de Louisiane, Bill Cassidy, qui avait promis que les futurs propositions de réforme de la santé rempliraient les conditions de « l’examen Jimmy Kimmel »: pas de plafond de remboursement, des tarifs préférentiels pour les familles dans le besoin et interdiction de pénaliser financièrement les patients ayant des antécédents médicaux.

 

    • Aucune de ces conditions n’est remplie par la proposition Graham-Cassidy et la vidéo a déjà fait le tour des médias sociaux ce midi: « la croisade de Kimmel devrait devenir une étude de cas sur le pouvoir de la culture populaire contre le barouf de Washington ».

                 

 

  • Vox vous explique comment la nouvelle proposition de loi bénéficie aux Etats Républicains qui n’ont pas accepté les subventions fédérales d’Obamacare en 2010 et au contraire punit les Etats démocrates qui ont appliqué avec le plus d’efficacité Obamacare ces dernières années.

 

 


6. Sean Spicer discrédité

 

  • Aucune des cinq grandes chaînes d’info américaines, ABC News, CBS News, NBC News, Fox News et CNN n’a proposé à Sean Spicer, ancien porte parole de la Maison Blanche et trublion des Emmys Awards un poste de commentateur politique dans leurs programmes à cause, semble-t-il, de son « manque de crédibilité ».

 

  • L’apparition de Sean Spicer dimanche aux Emmys n’a pas plus aux journalistes américains, surtout aux correspondants de Washington qui ont eu à faire à ses mensonges et son agressivité pendant des mois dans la briefing room de la Maison Blanche.

 

  • Même s’il regrette ses mensonges et a entamé depuis quelques semaines une campagne de réhabilitation de son image, la pilule ne passe pas. Seule consolation: les apparitions très rentables devant les compagnies et un séjour à Harvard.

 

  • Petit message de félicitations du président entre deux discours à l’ONU:

 

 


7. Rolling Stone, le procès continue

 

  • Mauvaise nouvelle pour le magazine Rolling Stone, dont la vente a été annoncée plus tôt cette semaine, et qui n’a pas fini de payer les conséquences de la publication en 2014 d’un article « A Rape on Campus » sur un viol collectif qui n’a jamais eu lieu dans l’université de Virginie.
    Le bi-mensuel a été condamné à payer 1,6 millions de dollars de dommages et intérêts à la fraternité où l’agression aurait été perpétrée; 3 millions de dollars à l’adjointe du président de l’université et se prépare à un nouveau procès intenté par deux étudiants de la fraternité qui n’ont jamais été cités dans l’article, mais que des détails physiques auraient pu clairement identifier
  • Une victoire des plaignants pourrait compromettre la vente de Rolling Stone.

 


8. Le tweet du jour

 

  • James Damore est cet ingénieur viré par Google après avoir publié un memo interne dans lequel il explique les inégalités professionnelles entre hommes et femmes par les différences physiques et intellectuelles entre les deux sexes.
    Il a été présenté par l’Alt-right américaine comme le grand défenseur de la liberté d’expression. Au nom de cette liberté d’expression, il tweeté les propos suivants concernant le Ku Klux Klan:
     

 


9. La couverture du Jour

 

  • On s’éloigne de Washington et de la politique avec cette couverture légère et ensoleillée du New York Times magazine dans le numéro consacré aux « voyages »
     

19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

18.09.17

 

1. Twitter Man v Rocket Man

 

  • Sur le dossier nord-coréen, l’obsession de la Maison Blanche ces derniers jours, Susan Glasser  explique dans Politico:

    Qu’il le reconnaisse ou non, Trump a une ligne rouge – une décision que de nombreux représentants de la Défense américaine considèrent comme une escalade dangereuse et auto-infligée de la véritable crise qui a éclaté avec la Corée du Nord (…)
    « Le problème, c’est que l’administration fait croire que si la Corée du Nord finit de développer ses missiles balistiques intercontinentaux, et qu’un missile doté de l’arme nucléaire peut toucher les Etats-Unis, ça change tout. Ce n’est pas vrai et ça ne l’a jamais été » affirme Dennis Blair, ancien directeur du renseignement national.

    « Twitter Man v Rocket Man » – Politico

 

  • Le lauréat du Pulitzer 2017 pour son enquête sur les activités de charité de Trump, David Farenthold s’est récemment intéressé aux difficultés que rencontre son empire, notamment ses clubs et hôtels qui rapportaient beaucoup d’argent en accueillant réceptions, galas et même tournages et qui souffrent aujourd’hui des premiers mois très controversés de la présidence:

    La clientèle change. Les propriétés de Trump accueillent de nouveaux clients qui veulent profiter de lui ou du gouvernement. Mais elles perdent la clientèle sur laquelle elles se sont développées: des groupes non politisés qui veulent juste louer une chambre (…) Sur les deux cent groupes qui ont loué des chambres, conférences ou parcours de golf depuis 2014, 85 ne sont plus des clients de Trump, la plupart pour des raisons autres que politiques, mais une trentaine affirme être partie à cause de la carrière politique de Trump.

    « Trump’s divisive presidency reshapes a key part of his private business »The Washington Post

 

 

 

 


2. Emeutes à St Louis

 

  • Les manifestations, qui ont éclaté vendredi soir à St Louis, dans le Missouri, après l’annonce de l’acquittement de l’officier de police Jason Stockley, responsable de la mort d’un Afro-américain, Anthony Lamar Smith, en 2011, ont duré tout le week-end et nécessité l’intervention musclée de la police anti-émeute, responsable de l’arrestation de quatre vingt personnes.
     

    Comme dans d’autres affaires, [cet acquittement] prouve la difficulté de rendre la police responsable de la mort d’Afro-américains, quelles que soient les preuves. Mais ce qui inhabituel ici, c’est le verdict du juge après que Stockley ait renoncé à un procès, qui donne un aperçu du raisonnement derrière l’acquittement d’un homme qui a dit à son partenaire, en parlant de Smith, « On va tuer ce connard ».
    Le juge a conclu « que les gens disent toutes sortes de choses dans situations très stressantes », que les cinq coups de feu ont été tirés en même temps comme l’avance la défense – alors que l’accusation note un cinquième et dernier coup de feu mortel tiré à quelques centimètres de Smith; que Stockley n’a pas placé un revolver dans la voiture de Smith, après sa mort, pour justifier la légitime défense, malgré le témoignage des collègues de l’officier et ne comprend pas ce qui aurait poussé Stockley à assassiner un automobiliste.
    S’il y a une nouvelle leçon à retenir de cet épisode tragique, c’est cet aperçu de la logique douteuse, des rumeurs qui se transforment en faits et des justifications insensées qui permettent d’innocenter des officiers blancs malgré la preuve qu’ils ont assassiné des automobilistes noirs.

    « This Judge’s Excuses for Acquitting Jason Stockley of Murder are Pathetic »Slate

 

 


3. La communauté LGBT, reine des Emmys

 

  • Stephen Colbert l’annoncé en début de soirée, jamais les Emmys n’avaient nominé autant d’artisites issus des minorités, et les grands gagnants d’hier soir appartiennent à la communauté LGBT avec un second Emmy d’affilé pour Kate McKinnon, star de l’émission satirique Saturday Night Live, qui a remercié au passage Hillary Clinton – qu’elle a imité durant toute la campagne 2016; Lena Waithe, co-auteure avec Aziz Ansari de l’épisode « Thanksgiving » de la série Master of None, inspirée par son propre coming out: « le monde ne serait pas aussi beau si vous n’y étiez pas » a-t-elle lancé dans un discours émouvant. La série « Black Mirror » a remporté un Emmy pour l’épisode « San Junipero »  et enfin une interview exclusive de Stephen Colbert avec RuPaul, la drag queen la plus célèbre de la télévision américaine.
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  • Les autres gagnants de la soirée: les histoires de femmes (« The Handmaid Tale » avec cinq récompenses dont meilleur drame, « Big Little Lies » et « Veep ») et « Saturday Night Live » (neuf récompenses dont Alec Baldwin pour son rôle de Donald Trump, « Cet Emmy est pour vous Mr le président »)

 

  • L’autre évènement de cette soirée, c’était l’apparition de Sean Spicer pour confirmer la taille de la foule présente au Microsoft Theater de Los Angeles, une référence à sa première conférence de presse du 20 janvier à la suite de l’inauguration du président, qui avait poussé McCarthy à l’imiter dans « Saturday Night Live », qui a surpris tout le monde mais déçu beaucoup de journalistes.
    Déçu également, le New York Post, de voir qu’un show normalement consacré au divertissement soit devenu si politisé

 

  • Signe des temps qui changent: « Ces dix-sept dernières années, HBO a reçu le plus de nominations pour les Emmys que n’importe quelles chaînes de télévision ou du câble » et si elle arrive toujours en tête en 2017 avec 110 nominations, elle est directement menacée par Netflix, qui en a reçu 93, alors que la compagnie a commencé ses programmes originaux il y a à peine quatre ans.

    « Emmys 2017: HBO needs to watch its back » – Quartz

 


4. Rolling Stone à vendre

 

  • Créé dans un loft de San Francisco il y a cinquante ans par un jeune hippie passionné de musique, Jann S Wenner, qui en est toujours le rédacteur en chef et propriétaire, le magazine Rolling Stone, l’un des plus emblématiques de la contre-culture américaine dans les années 70, 80 et 90, est aujourd’hui à vendre.
     

    La vente potentielle de Rolling Stone souligne les difficultés du paysage médiatique actuel [pour une publication indépendante] marqué par une baisse de la publicité papier et de la circulation (…)
    La décision des Wenners [père et fils] est aussi le signe de la fin d’une époque marquée par de célèbres rédacteurs en chef. Plus tôt ce mois-ci, Graydon Carter, le rédacteur de Vanity Fair et star mondaine a annoncé son départ du magazine après 25 ans. Robbie Meyers, la rédactrice de Elle, Nancy Gibbs de Time magazine et Cindi Leive de Glamour ont également annoncé leur départ.

 

 


5. « The Cartoon Bank »

 

  • Ou comment Conde Nast a mis la pression financière sur les dessinateurs du New Yorker.
    En 1992, l’un dessinateur du magazine, Bob Mankoff, créé « the cartoon bank », une plate-forme qui rassemble et vend tous les dessins qui n’ont pas été sélectionnés par l’hebdomadaire – elle en compte aujourd’hui 85 000 – dont la plupart des profits étaient distribuées aux artistes.
    Quand Mankoff deivent responsable du service « illustrations » du New Yorker en 1997, il vend la banque de données à Conde Nast, propriétaire du magazine, mais continue d’en être le président jusqu’en 2008, date à laquelle la plate-forme réalise son plus important chiffre d’affaires, sept millions de dollars.

    Il y a une dizaine d’années, ces dessinateurs – des freelances qui se battent chaque semaine pour une quinzaine de dessins qui seront publiés dans le magazine papier – pouvaient compter sur des revenus supplémentaires [à travers ‘The Cartoon Bank’ qui protège et vend leurs illustrations via The New Yorker]. Certains recevaient des chèques de 8 000 dollars par mois, d’autres de 2 000. Aujourd’hui même ceux qui touchent le plus de royalties, ne reçoivent plus que centaines de dollars par mois.

    Depuis, Conde Nast a montré peu d’intérêt pour « The Cartoon Bank », les royalties des dessinateurs ont décliné, le site internet marche à moitié, le personnel qui le gère est inexpérimenté et Condé Nast a décidé de faire davantage de profits sur la vente des dessins (50/50 contre 70/30 pour les dessinateurs auparavant).

    « How Conde Nast Put the Squeeze on New Yorker Cartoonists » – Paste Magazine

 


6. Couverture du Jour

 

  • « Falling Beauty » de Gayle Kabaker dans le numéro automne du New Yorker
     

 

 

15.09.17

 

1. Une semaine en Trumplandia

 

    • Une semaine calme et plutôt productive à la Maison Blanche avec un président « libéré » qui « agit comme un boss après des mois passés dans la claustrophobie de la West Wing », frustré par les leaders républicains avec qui il a été incapable d’assurer une des grandes législations de son programme : abrogation et remplacement d’Obamacare, la réforme fiscale… Et qui explique la main tendue vers les Démocrates.
      Comme l’explique Jonathan Swan de Axios, « Trump n’est loyal qu’envers lui-même » et « cherche à tout prix à trouver des accords » et c’est la première fois depuis le début de la présidence qu’il reçoit une couverture « médiatique positive ».

 

  • Une nouvelle dynamique influencée par le chef de cabinet, John Kelly, arrivée cet été qui a limité l’accès des personnes et des informations dans le bureau ovale, et parmi eux, les plus zélés de la droite dure ou les amateurs du cercle du milliardaire

 

  • Concernant les réactions effarées des conservateurs et supporters de Trump mercredi soir après l’annonce d’un accord avec les Démocrates en faveur des « dreamers », le président a tenté de limiter la casse hier en parlant d’une solution qui offrirait aux 800 000 jeunes migrants un chemin vers l’amnistie et non pas vers la citoyenneté et a réaffirmé sa volonté de construire le mur.
    Il n’empêche, Breitart a tenu à faire passer le message sur sa page d’accueil:

 

  • Aux dernières nouvelles, et contrairement aux démentis lancés sur son compte Twitter hier, Trump, a conclu jeudi un semblant d’accord avec ses nouveaux BFFs (« Best Friends Forever »), Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] qui protege les jeunes migrants arrivés illégalement et la mise en place d’un renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière – qui exclut le financement du mur.
    La majorité républicaine qui a été mis de côté lors des négociations mais s’est dit prête à suivre le président tout en rappelant qu’il était nécessaire qu’il travaillent de paire.

 


Les robots journalistes du Washington Post

 

  • Il y a un an, le Washington Post a commencé à utiliser Heliograf, une technique d’intelligence artificielle capable de produire des articles courts et uniquement factuels. Depuis le robot-journaliste en a écrit près de 850, dont 300 sur les jeux olympiques de Rio, 500 sur les élections des gouverneurs des Etats et le reste sur des rencontres sportives locales. 
    Le langage est rudimentaire, le récit s’en tient aux faits mais l’information est
    Heliograf rapporte de l’audience (les articles sur les campagnes électorales ont rapporté cinq cent mille clics), permet aux journalistes de se concentrer sur des reportages de fonds et des analyses, devrait fournir des informations de plus en plus précises aux journalistes et déceler les tendances, et enfin offrir aux lecteurs un contenu plus personnalisé à travers davantage d’informations plus locales.

    « The Washington Post’s Robot reporter has published 850 articles in the past year » – Digiday

 


Must Read: La rédemption de Michelle Jones

 

  • En 1996, Michelle Jones, a été condamnée à 50 ans de prison pour le meurtre, avoué, de son fils de quatre ans qu’elle a eu à la suite d’un viol. Elle en est sortie cette année pour bonne conduite et d’excellentes performances scolaires:

    « A travers un exemple de réhabilitation exemplaire, Mme Jones, aujourd’hui âgée de 45 ans, est devenue derrière les barreaux une spécialiste de l’histoire américaine dont les travaux ont été publiés, présentés en vidéoconférence devant une assemblée d’historiens et l’Assemblé générale de l’Indiana (….) NYU est l’une des meilleures universités à l’avoir accepté dans son programme doctorale. Elle faisait également partie des 18 sélectionnés pour le programme d’histoire de Harvard sur les trois cent dossiers retenus. Mais dans une décision inhabituelle prise contre l’avis du Département, la direction de Harvard a annulé son acceptation craignant qu’elle ait édulcoré son crime dans son dossier d’application (…) et inquiet que son passé ne fasse jaser parmi ceux qui ont été rejeté du programme, les médias conservateurs ou les parents d’élèves »

    « From Prison to Ph.D.: The Redemption and Rejection of Michelle Jones » – The New York Times

 


Reality Show politique

 

  • On le répétera encore et toujours, nous vivons une époque où tout est politisé: ce qu’on mange, ce qu’on lit, où on habite, avec qui ont sort. Vice l’a bien compris et prépare une émission de télé-réalité politique dans laquelle des individus entre 18 et 45 ans de toutes les origines et bords politiques confondus vivent ensemble pendant plusieurs semaines … à Washington

    Si vous êtes passionnés par la politique et que vous êtes prêt à tout – y compris à apparaître dans une émission de télé-réalité – pour vous faire entendre. Que vous rêviez de devenir politicien ou pensiez que les politiciens sont des pourris, que vous pensiez que c’est mieux d’être jugé par douze que par six, ou que Obama aurait du interdire les armes à feu; ou si vous voulez simplement changez le monde et que vous êtes assez fort pour confronter vos idées contre vos adversaires politiques devant des caméras, vous nous intéressez.

  • C’est encore un projet et s’il est accepté. le tournage devrait commencer à Washington au printemps prochain et devinez quoi? J’ai déposé ma candidature.

 


Podcast: « Child Marriage in America »

  • Nouvelle série d’enquêtes de la chaîne PBS intitulée « The Frontline Dispatch » disponible uniquement en podcast, avec comme premier thème, « les mariages d’enfants aux Etats-Unis » où plus de deux cent mille mineurs se sont mariés légalement entre 2000 et 2015

 


The David Carr Generation

 

  • David Carr était l’un des plus brillants journalistes de sa génération, passé par le Twin Cities Reader (Minnesota) puis Washington City Paper (D.C.) avant de terminer sa carrière à New York, où il collabore au New York magazine, The Atlantic et finit sa carrière avec une colonne média hebdomadaire au New York Times. Il est l’un des principaux protagonistes du documentaire « Page One: inside The New York Times » qui évoque ses années de dépendance à l’alcool et crack, qu’il relate dans une autobiographie best seller, « The Night of The Gun ».
  • David a été un mentor pour une nouvelle génération de reporters aussi doués parmi lesquels figurent Ta-Nehisi Coates, Neil Drumming, Jack Tapper, Jelani Cobb ou Brian Stelter qui lui rendent hommage dans cet article de The Atlantic

 


La couverture du Jour

  • Magnifique couverture!

14.09.17

 

1. Le « A » word.

 

  • #Amnesty Don était la tendance de Twitter hier soir après l’annonce d’un accord entre Nancy Pelosi et Chuck Schumer, les chefs des minorités démocrates de la Chambre des Représentants et du Sénat et Donald Trump sur DACA, autour d’un dîner qui avait fait jaser un peu plus tôt dans la journée chez les Républicains et pour cause: Il aurait trouvé un terrain d’entente avec l’opposition pour remplacer le programme de protection temporaire des jeunes migrants, le DACA qu’il avait décidé de supprimer avec perte et fracas il y a dix jours. Ce matin les « Dreamers » étaient aux yeux du président « de jeunes individus diplômés, accomplis et bons qui travaillent. »
  •  

  • Conscient d’une côte de popularité qui ne peut descendre plus bas – elle tourne autour de 33% – Trump a joué la stratégie politique classique en choisissant une décision soutenue par la grande majorité de la population (88% des Américains s’agissant du DACA) mais en risquant tout de même de s’aliéner sa base électorale la plus extrême.
  •  

  • Ca n’a pas raté: on a immédiatement assisté à une vague d’indignation de la droite pro-Trump: médias et politiques ont accusé le président de trahir sa base électorale en amnistiant les « dreamers » (c’est Breitbart qui a choisi ‘Amnesty Don’ en référence à Lyin’ Ted et Lil’ Marco utilisé par Trump pendant la campagne) sans avoir pu assurer le financement du mur. Car les Démocrates ont également affirmé que le financement du mur n’était pas inclus dans l’accord; des conclusions peut être trop hâtives et démenties par la Maison Blanche mercredi soir et par Donald Trump sur Twitter jeudi matin.
    Le président l’a répété cet après midi: il n’y aura pas d’amnistie des « dreamers » si le financement du mur n’est pas accepté.

 

  • A retenir: Pour la première fois depuis huit mois, Donald Trump arrive à conclure des accords car il négocie directement avec les Démocrates sans passer par les Républicains, minés par les courants et luttes d’influence au Sénat et à la Chambre des Représentants.

 


2. Donald, le président en téflon

 

  • Les médias grand public ne cessent de mettre en garde les Démocrates: critiquer Donald Trump, dénoncer son manque de résultats, brandir les collusions avec la Russie pendant la campagne ne leur permettront pas remporter les élections de mi-mandat dans un an. Aussi incroyable que cela puisse paraître, malgré les six premiers mois catastrophiques de son administration, ses dérapages sur Twitter, Trump est toujours considéré comme un « outsider » qui bouscule le système, que les électeurs apprécient et que les Démocrates sont incapables de fragiliser.
    Pire encore: La plupart des idées lancées par des leaders de gauche pour tenter de récupérer les électeurs perdus – l’université gratuite, hausse du salaire minimum à 15 dollars, et même l’assurance santé universelle  – sonnent creux chez ceux qui n’appartiennent pas à la base.

 

  • « Les gens pensent qu’il apporte du changement donc c’est difficile de dire qu’il ne tient pas ses promesses » explique la sondeuse démocrate Celinda Lake, et c’est bien toute la complexité du phénomène Trump.« Teflon Don confounds Democrats » – Politico

 

 


3. The Red Pill

 

  • Fox News s’est fait l’écho cette semaine d’un nouveau phénomène, ignoré dans les médias grand public, celui du nombre croissant de libéraux qui « prennent la pilule rouge ». En anglais, « taking the red pill » fait référence aux « gens de n’importe quel âge et n’importe quelle ethnie qui postent des vidéos sur YouTube décrivant leur « red pill moment »: la prise de conscience qui les a poussé à rejeter les idées de gauche imposées depuis leur enfance par les amis, les enseignants, les médias d’information et de divertissement ». La « red pill » renvoie au film Matrix Matrix, au cours duquel Keanu Reeves doit choisir entre la pilule bleue qui va le renvoyer dans l’ignorance et la rouge qui va l’amener « à poursuivre sa quête et à se réveiller, sachant qu’il s’agit d’un voyage sans retour et potentiellement douloureux vers la connaissance et la fin de l’illusion. » (Les Observateurs).
    L’exemple cité par Fox News est plus terre-à-terre, il s’agit d’une afro-américaine, surnommée « Red Pill Black », qui affirme « [se foutre] de Charlottesville, du KKK ou des suprémacistes blancs » qui ne sont qu’un fantasme des libéraux plus qu’une véritable menace.

 

  • Autre exemple de « red pill », c’est celle insidieusement administrée à des jeunes internautes crédules par des personnalités qu’ils admirent: Le suédois PewDiePie, le plus célèbre joueur de jeux vidéos sur YouTube (sa chaîne a 57 millions d’abonnés) et provocateur assidu a récemment provoqué un tollé en prononçant le « n-word » lors d’une démonstration qui a entraîné la réaction indignée de ses supporters, pour qui ce dérapage ne fait pas de lui un raciste.
    Mais ce n’est pas la première fois que la star de YouTube est sanctionnée pour des propos déplacés: Disney et Youtube ont annulé leur collaboration avec lui après que le Wall Street Journal a trouvé sur son compte de 57 millions d’abonnés neuf vidéos comprenant des blagues antisémites et imageries nazies.
     
    Pour Media Matters:

    [PewDiePie a développé une relation symbiotique avec les trolls influents de l’alt-right qui le soutiennent activement en essayant en même temps d’influencer ses propos et d’attirer un peu plus de supporters dans leurs rangs (…) Parmi ses abonnés figurent des personnalités influentes comme Alex Jones et Mike Cernovitch qui affirment que le backlash dont il est victime est le résultat d’une attaque injuste des médias mainstream et ceux qui se sentent offensés, les « guerriers de la justice sociale ».

 


4. Le « Chad »

 

  • Nouvelle lubie de l’alt-right américaine repérée dans l’excellente newsletter de Will Sommer sur les médias conservateurs, Right Richter, le « Chad », qui signifie en slang, l’argot américain, un jeune blanc citadin, diplômé et célibataire d’une vingtaine d’années originaire d’un milieu aisé.
    Ce genre de « frat boy », archétype du populaire quarterback américain, représenté par des memes le comparant aux « puceaux faibles et sans allures » souvent libéraux ou républicains modérés inonde les communautés alt-right présentes sur le site de partage 4Chan.
    Mais pour beaucoup, le « Chad » est « pour formuler simplement, un mec mignon qui n’a aucun problème à attirer les filles »
     

 

 


5. Les coûts de l’épidémie

 

  • L’épidémie d’opiacés (héroïne, fentanyl et anti-douleurs prescrits sur ordonnance) qui ravage les Etats-Unis ces dernières années a un coût humain de plus en plus lourd – 62 000 morts par overdoses en 2016 – mais elle a également des conséquences financières catastrophiques dans certains Etats, comme la Virginie Occidentale, et sur l’économie du pays en général.
    Howard Birnbaum interrogé parle New Yorker:

    Ce sont pas seulement les employeurs et les employés qui perdent en productivité mais c’est l’ensemble de la société civile. Si les gens n’ont pas d’emplois, ils n’ont pas d’argent à dépenser au supermarché, en essence. C’est le vieil effet multiplicateur: le fardeau socio-économique ne se limite ni à l’individu, ni à de l’entreprise mais à la communauté toute entière.

     

  • Une estimation de coût de l’épidémie tournait autour de 78 milliards de dollars en 2013 sachant que les toxicomanes, les overdoses et décès ont doublé depuis trois ans.

 


6. ESPN vs Trump

 

  • Des journalistes qui critiquent le président, ça arrive tous les jours. Des journalistes qui le qualifient de « suprémaciste blanc » qui « s’est surtout entouré d’autres suprémacistes blanc », c’est plus rare. Une porte parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, interrogée en conférence de presse sur les propos de la journaliste afro-américaine Jemele Hill, qui appelle son patron, la chaîne sportive américaine ESPN, à la virer, c’est du jamais vu.
  •  

  • Résultat des courses: Jemele Hill s’est excusée auprès de ESPN pour l’avoir mis dans l’embarras, ESPN a accepté les excuses sa journaliste star en rappelant qu’elle avait le droit d’exprimer ses opinions personnelles sauf sur une plateforme qui puisse faire penser qu’elle parle en leur nom.
  •  

  • Les propos de Jemele Hill sont partagés par beaucoup de journalistes et commentateurs afro-américains dont le plus influent d’entre eux, Ta-Nehisi Coates affirmait la semaine dernière dans un essai que l’idéologie de Trump est la suprématie blanche 

 


7. Sean Spicer sur Jimmy Kimmer

 

  • Notre mascotte nationale, Sean Spicer, ancien porte parole – haut en couleur – de la Maison Blanche a donné sa première interview à Jimmy Kimmel Live et c’est très drôle 
     

 


8. Must Read: Le nouvel art de la guerre russe

  • La cover story du dernier New York Times magazine sur les organes d’informations russes officiels tels que RT ou Sputnik, présents dans tous les pays occidentaux et que Poutine utilise pour essayer de « casser le monopole mondial de l’information anglo-saxone:
     

    La transformation et l’accélération des technologies de l’information, affirme Peskov [porte parole du Kremlin] ont différencié l’économie mondiale de sa valeur réelle. La perception seule peut influencer les marchés voire les effondrer: « Nous n’avons jamais observé de bulles comme celles présentes dans la première économie mondiale, les Etats-Unis ». Ce nouveau flux d’informations a produit de nouveaux conflit d’intérêts et qui s’est transformé en une guerre de l’information.
    Peskov affirme que cette guerre de l’information n’est pas le choix de la Russie qui n’a fait que « se défendre » en citant « les révolutions de couleur » des Etats d’Europe de l’Est et d’Asie centrale qui ont écarté du pouvoir les gouvernements pro-russes d’Ukraine [Révolution Orange en 2004], de Géorgie [Révolution des Roses] et du Kirghistan [Révolution des Tulipes en 2005] au milieu des années 2000. La Russie accuse les ONG américaines d’avoir fomenté ces bouleversements. Mais aujourd’hui, comme le soutient Pesko, un simple compte Twitter peut bouleverser l’ordre géopolitique mondial. « Maintenant, tu peux toucher des centaines de millions de personnes une minute ».

    « RT, Sputnik and Russia’s New Theory of War » – New York Times magazine


9. Couverture du jour

13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

12.09.17

 

1. Détecteur de mensonges

 

  • Selon Axios, Jeff Sessions, ministre de la justice, veut soumettre individuellement la centaine d’employés du Conseil National de Sécurité au détecteur de mensonges pour identifier et punir ceux qui ont fourni au Washington Post les transcriptions des conservations privées du président avec des leaders étrangers et dénoncées par l’ensemble de la classe politique.
  • Une mesure drastique pour tenter de limiter les fuites qui inondent la Maison Blanche, les services de renseignements et agences fédérales depuis l’investiture et qui ont poussé Trump a critiqué publiquement Sessions, pourtant l’un de ses premiers supporters.  

 


2. Portraits manquants

 

  • Plus de sept mois après la transition entre les deux administrations, « les portraits du président et du vice-président sont encore absents de milliers de tribunaux, cours de justices, laboratoires, infrastructures militaires, ports, ministères, et ambassades partout dans le monde ».
     

    Les agences fédérales ont commandé ces photos il y a des mois mais attendent toujours que le Bureau d’impression du gouvernement (GPO) des Etats-Unis, en charge des portraits officiels, les envoie à l’Administration des Services Généraux (GSA), propriétaire et locataire de 9 600 bureaux fédéraux à travers le pays.
    Le GPO affirme ne pas avoir encore reçu les images de la Maison Blanche. Et la Maison Blanche affirme que le président et le vice président n’ont pas encore décidé quand est ce qu’ils se prêteraient à l’exercice de la photo officielle, une tradition qui remonte à la guerre civile.

     

  • Celle de Bill Clinton avait mis près d’un an avant d’être accroché dans les immeubles du gouvernement américain.

 


3. Sagesse papale

 

  • Dans son avion en provenance de Colombie, le pape François a évoqué les deux derniers ouragans qui ont touché les Etats-Unis comme ne l’ont pas fait l’administration Trump: En dénonçant le changement climatique qui rend plus fréquent et plus violent ce genre de catastrophes naturelles selon le consensus d’une majorité de scientifiques à travers le monde.
    Reuters rapporte les propos du souverain pontife qui diffèrent de beaucoup de conservateurs américains, pourtant très religieux:

    Le pape François a affirmé que la dernière vague d’ouragans devrait pousser les gens à comprendre que l’humanité va s’éteindre si rien n’est fait contre le changement climatique et que l’histoire jugera ceux qui ont renié la science (…)
    On peut observer les effets du changement climatique et les scientifiques ont clairement affirmé qu’il existait un chemin à suivre, en faisant référence à un consensus de scientifiques selon lequel le réchauffement climatique est causé par l’activité humaine telle que l’extraction de combustibles fossiles. »

 

  • Le pape François a également affirmé que la suppression du DACA, le programme de protection des migrants arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants n’est pas « pro-vie »

 


4. « Sept jours d’héroïne »

 

  • Le Cincinnati Enquirer a envoyé soixante journalistes couvrir une semaine ordinaire dans la « situation extraordinaire » à laquelle fait face aujourd’hui l’Ohio, l’un des Etats les plus touchés par l’épidémie d’overdoses d’héroïne et d’antidouleurs qui a fait plus de 60 000 morts l’année dernière aux Etats-Unis.

 


5. La faute aux drogues ou au désespoir?

 

  • En décembre 2015, deux chercheurs de Princeton, Anne Case et Angus Deaton, ont publié une étude décrivant une hausse de la mortalité chez les blancs américains d’age moyen et sans diplômes causée par une recrudescence de suicides, overdoses de drogues, problèmes liés à l’alcool; un phénomène qualifié dans un second rapport diffusé en 2017 de « mort par désespoir« .
  • De nouvelles recherches ont depuis isolé la forte augmentation de décès par overdose chez les 45-54ans, dernière génération de baby-boomers, directement causée par l’épidémie d’héroïne et d’opiacés qui affaiblit économiquement les régions les plus touchées, celles qui ont fait l’objet de campagnes agressives de promotion des anti-douleurs par les laboratoires pharmaceutiques à la fin des années 90 et de médecins ignorants de la dangerosité de ces médicaments.
     

    Ces drogues ont provoqué toute cette misère et c’est tragique mais il y a des raisons d’espérer puisque les épidémies d’héroïne tendent à décliner.
    Mon collègue Stephen Mihm a décrit comment la crise des opiacés du 19ème siècle à diminuer au fur et à mesure que les médecins ont compris les dangers de la morphine et de ses dérivés. Les prescriptions d’anti-douleurs sont en train de diminuer – même si des substituts illégaux continuent de faire augmenter le nombre d’overdoses.
    Ca ne va pas être facile, ça va prendre du temps, mais ça passera.

  • « Which came first, the opioids or the despair? » – Bloomberg Businessweek

 


6. Wall Street Journal … we have a problem

 

  • L’institution new yorkaise, qui a vu des dizaines de reporters, éditeurs et employés quitté la rédaction cette année, est vivement critiquée en interne pour la couverture parfois trop complaisante à l’égard du président, imposée par le rédacteur-en-chef Gerard Baker et en amont par le propriétaire, Rupert Murdoch, ami personnel de Trump, qui semble vouloir privilégier son « accès direct au pouvoir [du président] » plutôt que l’intégrité de son quotidien et de son staff.
  •  

  • « Les rédacteurs et journalistes du bureau politique doivent faire face aux interventions constantes de Gerry [Baker] ou doivent arrondir les angles de leur articles à l’avance pour lui faire plaisir (et par extension, pour contenter Murdoch) » explique au Guardian un ancien journaliste.
    A tel point que des emails de Baker, demandant à la rédaction de rapporter et non pas de critiquer les propos incendiaires du président lors d’un meeting à Phoenix en août dernier, ont été publiés par leur adversaire, le New York Times cet été
  •  

  • Pour sa défense, le porte parole du journal affirme « couvrir l’administration Trump comme toutes les autres, sans parti pris, ni faveur. A un moment où les relations entre le gouvernement et les médias n’ont jamais été tendues, l’intérêt du journal pour une couverture factuelle et objective est essentielle. L’obligation d’être juste est la raison pour laquelle le journal est considéré comme le plus fiable des Etats-Unis. »

 


7. Reconnaissance sexuelle

 

  • Conscient des dérives que représente l’usage de plus en plus courant du système de reconnaissance faciale dans la vie quotidienne (vidéo-surveillance, biométrie, robotique, téléphones portables), deux chercheurs de Stanford « on décidé de vérifier si cette technologie pouvait identifier l’orientation sexuelle des individus uniquement grâce à leur visage. Ils ont passé en revue plus 35 000 photos d’homos et hétérosexuels sur un site de rencontre en ligne et les ont rentré dans un algorithme qui enregistre les différences, même les plus minimes, des aspects de leur visage. Ils demandent ensuite au logiciel de déterminer l’orientation sexuelle des portraits sélectionnées au hasard. »
     

    Et les résultats sont déconcertants. Selon l’étude, publiée la semaine dernière, l’algorithme était capable de reconnaître correctement un gay d’un hétéro dans 81% des cas et une lesbienne d’une hétérosexuelle, dans 71% des cas, bien mieux qu’un jugement humain. Etant donné l’importance de cette technologie, les chercheurs ont noté que leurs recherches avaient mis en avant une menace contre la vie privée et la sécurité des gays et lesbiennes.

     

  • « Researchers use facial recognition tools to predict sexual orientation. GBT groups aren’s happy »Washington Post

 

 

 


8. Rotten Hollywood

 

  • Pour Hollywood, ce ne sont pas les studios et leur manque de créativité qui sont responsables de l’un des pires étés du Box Office américain depuis vingt ans, c’est Rotten Tomatoes, le site consacré aux critiques et informations sur les films, qui serait trop méchant à l’égard de leurs navets rapporte le New York Times:
     

    Le business a été tellement mauvais que les trois grandes chaînes de cinéma ont perdu quatre milliards de dollars de valeur de marché depuis mai.
    Prêt pour la partie la plus alarmante? Hollywood accuse un site internet d’en être responsable: Rotten Tomatoes (…) Certains représentants des studios reconnaissent que certains films récents – mais quelques uns seulement – étaient mauvais. Du mauvais marketing a pu jouer un rôle d’autres cas en plus de la compétition de Netflix et Amazon. Mais la plupart des accusations pointent vers Rotten Tomatoes qui accumulent des centaines de critiques pour donner aux films des résultats « frais » et « pourris » dans leur Tomatomètre. Le site est très populaire puisqu’il a attiré 13,6 millions de visiteurs en mai, 32% de plus que l’année précédente.

 


9. Couverture du jour

 

  • C’est le nouveau numéro de Variety consacrée à l’une des stars de l’ère Trump, Stephen Colbert, qui « grâce à une satire brillante de Donald Trump » a capturé le « trône des émissions de fin de soirée » et présentera la plus importante soirée consacrée à la télé, les Emmy Awards, dimanche soir.
     

11.09.07

 

1. Des journalistes et des ouragans

  • Les journalistes sont en première en ligne ces dernières semaines aux Etats-Unis, non pas en tant que cibles des derniers tweets de Trump, mais pour témoigner des catastrophes naturelles qui ont ravagé le sud du pays avec le passage de l’ouragan Harvey à Houston et celui de Irma en Floride.
    Vendredi, des journalistes français postaient sur Twitter des photos des avions vides dans lesquels ils avaient embarqué direction Miami (« A nous deux la Floride ») pour vivre l’ouragan de la décennie. On a pu suivre minutes par minutes l’arrivée de Irma, les photos inondations avant/après, les palmiers arrachés, les bateaux coulés, les vitres cassées, les chambres d’hôtels ravagées, les rues désertes de la capitale … Beaucoup d’images et de vidéos sensationnelles de cette catastrophes circulaient sur les réseaux sociaux ce week-end.

 

  • Un article du New York Times est revenu sur la polémique autour des dangers auxquels font face les reporters dans ce genre de situations: « Certains se demandent si ces [reportages] ne sont pas des spectacles sensationnels et inutiles, surtout dans des cas ou les correspondants ont du mal à rapporter l’information ».
    Sauf que « la télévision apporte une preuve visuelle. Tu veux persuader les gens que ce qu’ils voient est vrai et que ça les marque. Et s’il me voient être emporté [par une rafale de vent], ça va les convaincre de ne pas faire la même chose » explique Mark Strassman, un correspondant de la chaîne CBS qui couvre les ouragans depuis 25 ans.Un exemple concret avec Sarah Sidner en direct hier soir de Daytona en Floride.

 

  • Entre temps, les bureaux du Miami Herald sont devenus un refuge pour les journalistes et leur famille:

    Logé dans l’ancien siège du SOUTHCOM [en français, « commandement Sud des États-Unis »], la rédaction du Miami Herald est sans doute l’un des endroits les plus surs de Miami durant le passage de l’ouragan Irma. Les murs sont en béton. Les fenêtres résistent aux impacts de balles. Quatre générateurs peuvent fournir du courant à l’immeuble et à l’imprimerie pendant dix jours en cas de coupure d’électricité. Et l’immeuble est connecté à internet à travers quatre différents fournisseurs, qui permettent à la rédaction de rester connectée même pendant la tempête. Les journalistes du Herald ont profité du fait de travailler dans une véritable forteresse.
    En tout, une trentaine d’employés et leurs familles s’y sont réfugiés vendredi soir et samedi matin, à la recherche d’une place pour travailler et s’abriter pendant toute la durée de la tempête.

 

  • Les photos de l’ouragan sur le Washington Post et celles de Richard Branson, le milliardaire anglais sur son île privée de Necker dans les Caraïbes

 

 


2. Explicit Bannon

 

  • S’il a fait preuve d’amateurisme à la Maison Blanche en attisant la guerre des clans entre « nationalistes-économiques » [lui] et les « Démocrates new yorkais » [la fille et le gendre du président, Gary Cohn et Dina Powel] pour finir par s’aliéner le président, qui l’a viré par l’intermédiaire de son chef de cabinet, John Kelly, Bannon n’est pas moins un brillant stratège politique qui ne mâche pas ses mots.
    Il a donné une interview exclusive dans l’émission dominicale 60 minutes sur CBS dont nous avons retenu les meilleurs moments:

    • Les leaders républicains du Congrès – Mitch McConnell au Sénat et Paul Ryan à la Chambre des Représentants – essayent d’annuler les résultats des élections de 2016 en refusant d’appliquer le programme nationaliste et populiste promu par le président. C’est la raison pour laquelle il est en guerre contre eux.
    • Le marécage (« Swamp »), le système des lobbies et consultants qui travaillent à Washington pour influencer la politique du pays, est un véritable « business model » symptomatique de la classe dirigeante de Washington incarnée par les deux partis.
      Il faudra des années pour l’éliminer.
    • Le premier péché de l’administration Trump a été d’embrasser l’establishment républicain mais elle n’avait pas le choix
    • Les dissensions au sein du parti républicain sur la suppression du programme de protection des jeunes migrants (DACA) pourrait lui faire perdre la Chambre des Représentants aux Républicains.
    • L’Eglise catholique est contre la suppression du DACA parce qu’elle a un intérêt économique à promouvoir l’immigration clandestine qui lui permet de remplir ses paroisses vides.
    • L’Amérique, ce sont les citoyens américains et pas les immigrés, et encore moins les clandestins.
    • Il se qualifie de « street fighter » comme Donald Trump.

 

 

 


3. Ce qui est mort ne saurait mourrir

 

  • Katy Tur a été la première correspondante à suivre Trump à plein temps pour la chaîne NBC News – plus de cinq cent jours au cours desquels elle a pu observer et apprendre sur le candidat mais aussi et surtout sur ses supporters. Elle a publié un essai dans le New York Times ce week-end, « The Trump Fever Never Breaks » en forme de mise en garde:

     

    « Chaque semaine, c’est le dérapage de trop: Comey, Charlottesville, Arpaio. Et si rien ne marche, Robert Mueller, le procureur indépendant, sera celui qui le fera tomber. Quand je suivais M. Trump [pendant la campagne], je regardais parfois Game of Thrones sur mon ordinateur entre deux meetings. Ce que j’ai appris, pour paraphraser le show, est que ce qui est mort ne saurait mouriret dans le cas de Trump, peut repartir de plus belle (…) Plus la candidature était censée tomber à l’eau, plus les foules s’enflammaient. »

 

 


4. 11/09: 16 ans

 

  • Irma oblige, les journaux ont consacré moins de temps au seizième anniversaire de la chute des tours du World Trade Center, l’évènement géopolitique qui a brutalement marqué l’entrée du monde dans le XXI ème siècle.
    New York magazine a réalisé une « encyclopédie du 9/11 » avec tous les articles publiés par la revue depuis dont celui publié une semaine après la tragédie, intitulé « New York Awards: Heroes » sur une caserne de pompiers de Prospect Heights à Brooklyn qui a perdu sept de leur coéquipiers.
  • On vous conseille aussi l’une des enquêtes les plus poignantes sur l’évènement autour de l’une des images les emblématiques et controversées: « The Falling Man » de Tom Junod, publié dans Esquire.

 

 


5. La pire rentrée TV américaine

 

  • Ce sont les propos du critique médias de Vox, Todd VanDerWerff
     

    Depuis dix ans que j’écris des critiques sur la télévision, c’est la pire rentrée en terme de nouvelles séries télévisées. C’est difficile d’en trouver une pire depuis que le concept de rentrée télé existe, c’est-à-dire le début des années 80. Les comédies ne m’ont pas fait rire, les drames m’ont fait lever les yeux au ciel (….) La grande majorité des nouvelles séries – que ce soit sur les chaînes, sur le câble ou en streaming – sont tout simplement mauvaises.

     

  • Les raisons: Beaucoup de nouvelles séries sont désormais diffusées en janvier et en avril – propice aux Emmys diffusés en septembre et la saison dernière a été l’une des meilleures.
  • Les pires séries: Inhumans sur ABC, The Orville sur Fox et Wisdom of the Crowd sur CBS

 


6. Longform: « Hanging »

 

  • Longue enquête de la journaliste Julia Prodis Sulek dans le [San Jose] Mercury News sur un fais divers vieux de trente ans:
     

    A dix ans, Josh Klaver a été retrouvé pendu à une barre de métal dans la ferme de son père et sa belle-mère à San Martin [en Californie]. Le lendemain, il était censé parler à un juge au sujet des disputes entre ses parents concernant sa garde. La mort de Josh a été … comme un suicide. Sa mère, Kathy Atkins, a toujours cru que [le père de josh], K.W.Klaver, alors officier de police du comté de Santa Clara, avait tué leur enfant. (…)
    Son histoire montre comment différents incidents, grands et petits, peuvent se transformer en une terrible tragédie, et ça doit nous rappeler la responsabilité que nous partageons les uns envers les autres et surtout envers les plus vulnérables.

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  • Un Podcast est aussi disponible

 


7. Sex toys « Terminator »

 

  • « Les robots sexuels sont tellement populaires et sophistiqués que le spécialiste en cyber sécurité, Dr. Nick Patterson révèle que les poupées grandeur nature pourraient se transformer en véritable ‘Terminator’ contre nous [les humains] » rapporte très sérieusement le New York Post.
    Si des hackers décident de pirater l’une de ces poupées, « ils peuvent contrôler les articulations, les bras, les jambes et objets attachés à ces membres » et leur faire faire toutes sortes de choses » y compris les pires.

 

 

 


8. La couverture du jour

 

 

08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
  •  

  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.