le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Le kiosque du 11.05.17: « ComeyGate » – Black Lives Matter à maturité – « Woke comedians » – Une espérance de vie: les écarts se creusent

 

 

Dans le kiosque du jeudi 11 mai 2017 – New York:

1. Tout savoir sur le ComeyGate
2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?
5. Black lives matter, une force politique
6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis
7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

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1. Tout savoir sur le ComeyGate

Voici ce qu’il faut retenir jeudi de la crise la plus importante que traverse la Maison Blanche cette semaine:
 

  • Mardi après midi, Donald Trump a signé le renvoi immédiat du directeur du FBI, sans prendre le soin de l’appeler – ce dernier a appris à la télé de Los Angeles – après avoir suivi les « recommandations » du ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein, en place depuis seulement deux semaines, qui ont conclu que Mr Comey n’avait pas bien dirigé l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, close en juillet dernier et avait compromis l’intégrité de l’agence de renseignements, accusée de soutenir la candidate démocrate.
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  • La Maison Blanche a affirmé mercredi que Trump comptait en fait renvoyer Comey depuis novembre et que les conclusions de Mr Rosenstein, prises en tout indépendance, avait précipité les démarches.
    Selon Maggie Haberman du New York Times, Donald Trump n’a pas supporté l’attitude « insoumise » de Comey à son égard ces derniers mois:
     

    • Contredire les accusations lancées début mars sur Twitter contre Barack Obama qui l’aurait mis sur écoute pendant la période de transition.
    • Reconnaître publiquement l’existence d’une enquête sur d’éventuels liens entre son entourage et les Russes pendant la campagne présidentielle.
    • Admettre la semaine dernière que l’idée de l’avoir aidé à remporter les élections – en rouvrant l’enquête sur les emails de Clinton à onze jours du scrutin – lui faisait mal au coeur.

       

      Pour un président obsédé par la loyauté, Mr Comey est apparu comme un agent sans scrupules en qu’il n’avait aucune confiance, encore moins pour diriger une enquête sur les relations de son entourage avec Russie pendant les élections. Pour un homme de loi obsédé par son indépendance, Mr Trump était l’électron libre capable de propos irresponsables sur Twitter qui aurait pu mettre en cause la crédibilité du bureau.

       

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    Ce renvoi inattendu a pris de court la Maison Blanche
    qui avait du mal à s’entendre hier sur les raisons et le timing de cette décision: Pourquoi ne pas avoir viré Comey juste après les élections? Y a-t-il un rapport avec le cours de l’enquête du FBI?

    Sean Spicer s’est retrouvé caché mercredi soir dans les buissons de la White House pour essayer d’échapper aux journalistes à qui il a fini par répondre dans la nuit noire.
    Son adjointe, Sarah Huckabee, qui l’a remplacé en conférence de presse, et parlé des « atrocités » commises par Comey.
    Enfin on a le droit au retour de Kellyanne Conway, conseillère zélée du président, dont la prestation a fait une fois de plus le tour d’internet.
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  • Trump a utilisé l’erreur de Mr Comey la semaine dernière – il a accusé la conseillère de Clinton, Huma Abedin, d’avoir forwardé des milliers de emails contenant des informations confidentielles à son mari alors qu’il ne s’agissait en fait que de deux chaînes de emails – pour le virer contre l’avis de ses plus proches conseillers.
    On sait que le président a appelé Jeff Sessions et Rod Rosenstein lundi pour préparer le mémo qui justifie le renvoi de Comey
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  • Le président a été surpris du tollé de critiques provoqué par ce renvoi, surtout de la part des Démocrates qui, selon lui, auraient renvoyé directement Comey si Hillary Clinton avait été élu.
    Explication reprise en coeur par les proches du président et républicains hier après midi.
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  • Pour rajouter un peu plus d’huile sur le feu, il a rencontré hier dans le bureau ovale le ministre des Affaires Etrangères russe et son ambassadeur à Washington, à la demande de Vladimir Poutine.
    Rencontre à laquelle était convié les journalistes russes mais interdite aux journalistes américains.

     
    The Wall Street Journal – Edition du jeudi 11 mai 2017

 

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2. ComeyGate: Vers une crise constitutionnelle?

Comment la Maison Blanche peut-elle sortir de ce pétrin?
 

  • Pour les Républicains et la Maison Blanche, la crise n’existe que dans la tête des Démocrates pour affaiblir le président car après tout « ni les Américains, ni les Parlementaires, ni même les employés du FBI n’avaient confiance en Comey » et il « avait urgence à rétablir l’honneur du Bureau ». 
    Le président rechercherait activement un nouveau directeur qui devra être confirmé par le Sénat. On voit mal le successeur de Comey être aussi agressif s’agissant de l’enquête du FBI sur l’entourage du président.
    De nombreux républicains et les proches du président continue d’affirmer qu’il « n’y a rien à voir » et qu’on « devrait passer à autre chose ».
    Charles Krauthammer, commentateur conservateur respecté demande Condolezza Rice
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  • Une trentaine de parlementaires et sénateurs républicains ont pourtant exprimé des doutes sur les véritables intentions du président et une poignée a demandé la nomination d’un procureur pour poursuivre l’investigation, exigée par les Démocrates
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  • Pour l’opposition, Trump a renvoyé Comey parce qu’il n’avait aucune intention d’arrêter l’enquête sur les liens entre son entourage et le Kremlin pendant la campagne: L’ancien directeur du FBI a d’ailleurs demandé lundi aux membres du Sénat et à Rod Rosenstein de moyens pour approfondir cette enquête.
    C’est Mr Rosenstein qui a « officiellement » demandé son renvoi mercredi.

    C’est le troisième haut fonctionnaire de la sphère judiciaire, après Sally Yates et Preet Bharara a être viré après s’être approché de trop des affaires de Trump avec la Russie, et qui ne fait que renforcer les soupçons.
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  • Les Démocrates ont demandé au ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein (et non pas à Jeff Sessions qui s’est récusé de toute enquête sur la campagne du président) de nommer un procureur indépendant qui puirsuive le travail laissé par Comey. S’il refuse, on pourrait s’attendre à un regain de critiques et l’opposition et de la presse
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  • Deux enquêtes sur l’ingérence russe en cours au Congrès américain dirigées par les commissions parlementaires et sénatoriales du Renseignements sous l’autorité des Républicains.
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  • On devrait s’attendre a de nombreuses fuites du FBI sur l’administration Trump 

 

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3. Not good

Le dernier sondage de Quinnipiac University donne 36% d’opinions favorables au président Trump – et c’était avant le ComeyGate.

 

 

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4. Ou placer le renvoi de James Comey dans ces cent premiers jours?

Merci le New York Times!

Tous les actions du président Trump depuis son investiture

 

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5. Black lives matter, une force politique

blacklivesmatter.com
  • La répression sévère des forces de police et de la justice contre les manifestants, encouragée par la Nouvelle Administration a poussé le mouvement Black Lives Matter à réorganiser sa lutte: Moins de présence dans la rue et plus d’efforts sur le discours et la mobilisation politiques
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  • D’autres groupes, immigrés, femmes et musulmans, devenus ces derniers mois la cible des politiques de Trump sont aujourd’hui défendus par Black Lives Matter qui essaye d’attirer le plus grand nombre de « progressistes » vers leur mouvement pour devenir une force électorale capable de combattre une administration, décidée à casser les efforts entrepris par Obama pour réformer les pratiques de la police et retourner à l’incarcération de masse.
    Leurs revendications intègrent également des thèmes plus sociaux et économiques comme le salaire minimum ou les droits des femmes.
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  • Contrairement à « Occupy Wall Street », Black Lives Matter, un mouvement purement contestataire né lui aussi dans la rue est en train de devenir une force politique  qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’antennes à travers le pays.
    « C’est à travers ce travail que les priorités d’un mouvement – comme l’usage obligatoire de caméra sur les gilets par balles – deviennent une norme nationale » et c’est de cette façon que les mouvements efficaces fonctionnent ».
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  • * « Turning away from street protests, Black Lives Matter tries a new tactic in the age of Trump » – The Washington Post

 

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6. Les écarts d’espérance de vie se creusent aux Etats-Unis

  • Le JAMA Internal Medicine a publié lundi un rapport sur l’espérance de vie des Américains et noté des écarts de presque vingt ans entre certaines régions du pays: elle dépasse les 85 ans dans le milieu du Colorado, et les 80 ans sur la côte californienne, le nord est du pays, le nord du Midwest, le sud de la Floride.
    Elle peut tomber jusqu’à 70 voire 65 ans dans certains comtés du Dakota du Sud (réserves indiennes), le long du fleuve Mississipi (Mississipi, Arkansas, Louisiane), dans l’Alabama, le Kentucky et la Virginie Occidentale: des régions marquées par le chômage, le manque d’éducation, la pauvreté, un accès limité aux soins médicaux et des habitudes de vie qui n’arrangent rien, cigarette, manque d’exercice, et l’épidémie de drogues.
Espérance de vie à la naissance en 2014 aux Etats-Unis

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7. « The Age of the Woke Late-Night Show Comedians »

 

 

Les Late-Night Shows américains en feraient-ils trop contre Donald Trump et est-il possible aujourd’hui de faire rire sans s’attaquer au président?
 

  • L’élection de Donald Trump a changé en quelques mois le visage de l’Amérique et obligé de nombreux personnalités médiatiques, notamment à la télévision, à prendre parti pour ou contre le nouveau président – même la chaîne sportive ESPN est accusée de prosélytisme par les Conservateurs.
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  • Ceux qui souhaitent rester neutre ou en dehors de la fièvre partisane le payent très cher à l’instar de Jimmy Fallon, le gentil bouffon de NBC qui a remplacé le légendaire et très conciliant Jay Leno dans l’un des programmes phares de la chaîne, « The Tonight Show » diffusé tous les soirs à 23h30.
    Depuis le 8 novembre dernier, ses parts d’audience ont chuté au profit d’autres Late-Night Shows bien plus politisés (Stephen Colbert, Jimmy Kimmel, Trevor Noah, Seth Meyers…).
    La raison est simple: Jimmy Fallon ennuie les téléspectateurs qui ont désormais besoin de leur shot quotidien de politique, si possible contre le président Trump. Face à ces exigences, le « gentil Fallon, pas compliqué et inoffensif » qui continue d’amuser la galerie et ses invités avec ses sketchs niais, devinettes et karaoké semble presque anachronique, voire désuet.
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  • La présidence de Trump a inauguré l’ère des comédiens de fin de soirée « engagés » (« woke ») dans la vie publique et politique: Selon une étude de George Mason University, Trump durant les cent premiers jours aurait fait l’objet d’un milliers de blagues, d’attaques ou de sketchs sur le petit écran, un chiffre énorme surtout qu’il reste encore 41 mois à passer.
    Le divertissement très politisé porté par Jon Stewart depuis le début des années 2000 triomphe aujourd’hui sous la présidence de Trump contre celui plus potache de Jay Leno: Les « woke late-night show comedians » qui comptent en ce moment sont tous d’anciens acolytes de Stewart et politiquement agressifs: Stephen Colbert, Samantha Bee, John Oliver et Trevor Noah
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  • * « Jimmy Fallon, Late Night’s least woke comedian » – Newsweek
    * « Joke’s on him Study shows Trump subject of most late night quips in early presidency »  – Politico

 

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8. Les unes des quotidiens mercredi 10 mai 2017

Pour comprendre le séisme politique du ComeyGate

le kiosque du 09.05.17: You’re fired!

 

 

  • Trump vire le directeur du FBI qui enquêtait l’ingérence russe pendant les élections présidentielles

    On en vient vraiment à se demander si Donald Trump ne prendrait pas les Démocrates et le reste de la population américaine pour des imbéciles et des ignorants.
     

    Lettre de renvoi du président Trump au directeur du FBI, James Comey

     
    Le président américain a viré mardi après midi le directeur du FBI après avoir « suivi » les recommandations de son ministre de la justice, Jeff Sessions, selon lesquelles il serait incapable de gérer efficacement l’agence de renseignements.
     
    James Comey tient, malgré lui, le haut de l’affiche depuis la campagne présidentielle lorsqu’il a d’abord suscité la colère des Républicains en disculpant Hillary Clinton dans l’enquête sur sa messagerie privée, puis provoqué la haine des Démocrates en décidant le 27 octobre 2016, 11 jours avant le scrutin, de rouvrir cette même enquête après la découverte de nouveaux emails dans l’ordinateur du bras droit de Clinton, Huma Abedin.
     
    Une démarche, saluée à l’époque par le candidat républicain, qui aurait provoqué la défaite de la candidate démocrate aux élections.

     
    James Comey a d’ailleurs défendu cette décision devant le comité judiciaire du Sénat américain la semaine dernière en expliquant que Mme Abedin aurait « forwardé » à son mari, Anthony Weiner, des milliers de emails susceptibles de contenir des informations confidentielles – Le Bureau a rectifié les propos de Comey en précisant qu’il ne s’agissait que de deux chaînes de emails.
     
    C’est cette erreur et la gestion globale de l’enquête sur Hillary Clinton – close l’année dernière – qui aurait convaincu l’administration de tourner la page de l’ère Comey.

     
    La décision rarissime de Jeff Sessions, qui s’est récusé début avril de toute investigation sur la campagne du président ou sur celle d’Hillary Clinton, de demander le renvoi du directeur du FBI qui enquête actuellement sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, est un abus de pouvoir de l’administration qui peine à cacher l’ambition d’étouffer l’affaire – Trump insiste lourdement depuis plusieurs jours sur l’absence de preuve et qualifie cette enquête de « charade » aux frais du contribuable.

     



    Les Démocrates ont immédiatement demandé la mise en place d’une commission indépendante pour poursuivre l’enquête car « il est impossible de faire confiance à l’entourage du président. »
     
    Les Républicains ont été discrets comme d’habitude, ont soutenu le président et certains ont même demandé à ce que Hillary Clinton soit finalement inculpée.
    Quant aux agents et employés du FBI, ils ont été très surpris de la nouvelle apprise sur les chaînes d’info (comme leur directeur) – On pourrait d’ailleurs s’attendre à des fuites de la part du Bureau ces prochains jours contre le président et son entourage.

    Encore une fois, l’administration affirme qu’il n’y a rien à voir mais agit comme s’il y avait tout à cacher.

     

 

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  • « Yates we can »

    Sally Yates, ancienne procureure générale adjointe du président Obama, est à la une de tous les quotidiens aujourd’hui après une entrevue assez mouvementée devant le Sénat lundi après midi pour répondre à deux épisodes qui ont défavorablement marqué les premières semaines de l’administration Trump et lui ont coûté son renvoi précipité:
     
       * Quelques jours après l’investiture de Donald Trump, elle a prévenu le président que son conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, avait menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington et qu’il aurait pu être l’objet d’un chantage des autorités russes, elles aussi au courant.
     
    Donald Trump n’a rien fait jusqu’à ce que les révélations de Mme Yates apparaissent en une du Washington Post, deux semaines plus tard, et poussent Flynn à la démission – fuites dont elle affirme ne pas être l’auteur.

    La justification de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche mardi après midi sont édifiantes: ils n’auraient pas accordé d’intérêt « aux déclarations » (il s’agit des discussions ultra confidentielles impliquant la sécurité du pays) de Mme Yates parce qu’elle était démocrate.
    Le président Obama, qui a précipité le départ de Flynn de la Defense Intelligence Agency, l’une des agences du renseignement des Etats-Unis, en 2014, a conseillé au président-élu le lendemain de son élection se méfier de lui: Trump a répondu en offrant à Flynn l’une des plus importantes positions de son cabinet.
     
       * Yates a également défendu hier sa décision de ne pas soutenir le premier décret présidentiel sur l’immigration (la première « travel ban ») signé à la vite le 27 janvier 2017 car le président avait affirmé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’une « muslim ban » uniquement dirigée contre les populations musulmanes
     
       * Ce qu’on retient de cette audience de plus de trois heures, c’est le professionnalisme, l’éthique et l’intégrité de Mme Yates qui a su répondre calmement aux attaques parfois rudes des sénateurs républicains.

 

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  • EPA accueille des pollueurs.

    L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA en anglais) dirigée par le climatosceptique Scott Pruitt, a viré vendredi la moitié des membres de l’un de ses plus importants comités scientifiques, « dernier signe de la volonté de l’administration Trump de limiter les capacités de l’Agence à réglementer sur l’environnement en réduisant le rôle de la recherche universitaire ». 
     
    Un porte parole de l’Agence a indiqué que Mr Pruitt voulait remplacer ces scientifiques par des représentants des industries polluantes, celles-là même que l’EPA est censée réguler: « Il pense que [l’Agence] devrait avoir au sein de son comité des gens qui comprennent l’impact de ses régulations sur la communauté ».
     
    Les Républicains reprochent aux scientifiques de privilégier l’environnement au détriment de la création d’emplois et de la bonne marche des certaines entreprises: la présence d’agents économiques au sein du comité, chargé d’évaluer les recherches scientifiques de l’Agence, devrait limiter la portée environnementale des études qu’elle fournit au
    gouvernement pour préparer les règles et restrictions sur tout ce qui est gestion des déchets jetés ou émissions de gaz à effet de serre qui favorisent le changement climatique.
     
    * « EPA Dismisses Members of Major Scientific Review Board » – The New York Times

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  • « The New Gold Rush »

    Ou comment la Silicon Valley est devenue la retraite doré de nombreux anciens conseillers politiques de Washington, qui mettent désormais leur expérience du pouvoir au service des compagnies high-tech.
     
    Le plus connu d’entre eux est sans doute Eric Holder, ancien ministre de la justice du président Obama (2009-2013) engagé par Uber en février pour enquêter sur les accusations de harcèlement sexuel au sein de la compagnie.
     
    La plupart d’entre eux ont travaillé dans les campagnes présidentielles de candidats, Barack Obama (2008 et 2012), John McCain (2008), Mitt Romney (2012), Hillary Clinton (2008 et 2016) ou au sein des Administrations et sont partis capitaliser leur carnet d’adresse, compétences politiques et relationnelles dans les riches entreprises de haute technologie:
     
    « D’une certaine manière, une campagne ressemble beaucoup à une start-up. Tu dois construire rapidement et être préparé à dépenser des millions de dollars pour persuader les gens que ton candidat a raison » explique Matt David, chef marketing de l’application Tinder.
    Ses propos rejoignent ceux de Travis Kalanick, le fondateur de Uber, lors d’une conférence: « Nous sommes en plein campagne électorale et le candidat est Uber et l’adversaire est connard appelé Taxi ».

     

    Uber, Lyft and Airbnb, des compagnies dont les créations ont outrepassé les lois existantes, sont les manuels scolaires de ce que les politiques sont à mêmes de combler

     
    Les méthodes employées en situation de crise sont par exemple les mêmes: Appel à l’action sur les réseaux sociaux, interpeller les élus politiques, et du porte à porte si nécessaire pour convaincre les citoyens, consommateurs et utilisateurs de se mobiliser pour la compagnie.
     
    L’arrivée de conseillers politiques venus de Washington correspond enfin à la fin de la campagne présidentielle qui a laissé nombre d’entre eux libres de se réorienter, Républicains et Démocrates confondus.

    * « Silicon Valley is ‘officially a retirement community for D.C. political vets starting fresh outside the nation’s capital » – The Los Angeles Times

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  • Les étudiants progressistes aussi intolérants que leurs confrères conservateurs?

    Oui à en croire les dernières échauffourées entre partisans et opposants de Donald Trump et de ses supporters dans les universités du pays, notamment celle libérale de UC Berkeley en Californie qui a été le théâtre de violentes émeutes déclenchées par la visite de personnalités conservatrices (Milo Yiannopoulos et Ann Coulter) et qui ont dû être annulées pour des questions de sécurité.
    Une situation dénoncée par les organisateurs républicains comme une violation de leur liberté d’expression et la preuve de l’intolérance de certains étudiants progressistes.

    Un argument qu’il est de plus en plus difficile de critiquer comme l’explique Politico:
     

    Pendant des années, les conservateurs ont été traités d’intolérants, souvent pour de bonnes raisons. Mais les conservateurs vous diront aujourd’hui que ce sont les progressistes qui sont intolérants, en utilisant notamment l’excuse du politiquement correct comme un moyen d’oppression. C’est d’ailleurs devenu un thème important de la campagne, et l’une des principales raisons invoquées par les électeurs de Trump.

     
    Des récentes recherches universitaires montrent que les préjugés et le degré d’intolérance s’équivalent entre les conservateurs et religieux et les progressistes et les Athées.
     
    Dans une étude intitulée « Predicting Ideological Prejudice » publiée dans la revue Psychological Science, Mark J.Brandt explique que les préjugés se fondent avant tout sur des oppositions idéologiques auxquelles se rattachent des considérations sociales et économiques: 
     

    Les supporters conservateurs sont censés s’opposer aux progressistes, gays et lesbiennes, transgenres, féministes, Athées, ceux qui reçoivent les aides de l’Etat, les immigrés en situation irrégulière, les noirs, les scientifiques, les Hispaniques, les syndicats, les bouddhistes, musulmans, hippies, hipsters, démocrates, les goths, immigrés, les plus défavorisés et les nerds.
    Les progressistes de l’autre côté ne devraient pas s’entendre avec les conservateurs, fondamentalistes chrétiens, aux riches, Tea Party, grandes entreprises, Chrétiens, Mormons, aux militaires, Catholiques, la police, hommes, blancs, Républicains, religieux, aux gens de milieux favorisés.

     
    Exemple: Parce que les policiers sont perçus généralement comme étant plutôt conservateurs, les progressistes auront peu de tolérance envers eux.

    Certains diront que l’intolérance des conservateurs est plus dommageable que celle des progressistes car elle cible des groupes plus vulnérables; mais les conservateurs répondront que les progressistes dominent culturellement la société, contrôlent les médias, les universités, Hollywood et l’éducation.

    L’un des moyens les plus efficaces pour entamer un dialogue entre les deux partis est de rentrer en contact avec son « adversaire » et de partager un objectif commun et « neutre » avec lui explique Mr Brandt.

    * « Why Liberals aren’t as tolerant as they think » – Politico

 

le kiosque du 07.04.17

 

 

  • Trump, commander-in-chief

    En l’espace de trois jours, Donald Trump est passé d’une condamnation timide de l’attaque chimique attribuée au régime syrien à une offensive des forces aériennes américaines en Syrie contre les bases d’Assad – une première pour les Etats-Unis en six ans.
     
    59 missiles Tomahawk ont été lancés depuis la mer Méditerranée contre l’une des six bases aériennes du régime pour détruire avions et munitions.
     
    Six personnes auraient été tuées dans l’offensive.

    L’objectif final serait de renverser Bachar Al-Assad tout en conservant le régime syrien pour éviter le même désastre irakien.
     

    C’est aussi la première fois, au 77ème jour de sa présidence que la nation et le monde voient Donald Trump comme le Commandant-en-chef. Il a avancé de manière décisive et rapide, mais est devenu aujourd’hui un acteur central de ce que Fareed Zakaria [journaliste de CNN] à qualifié hier, « d’une des crises internationales les plus compliquées que j’ai vu dans ma vie ».

     
    Selon Mike Allen de Axios, Trump aurait prévenu, en privé, depuis des mois, une réponse particulièrement sévère contre une éventuelle agression syrienne.
     
    La démarche d’hier lui a permis également de se différencier de son confrère russe, Vladimir Poutine, qui avait défendu Assad cette semaine, et qui dénonce aujourd’hui une « agression contre la souveraineté d’un Etat en violation avec les normes de la loi internationale ».
     
    C’est une démonstration de force de l’administration Trump qui prévient également l’Iran et la Corée du Nord qu’elle est prête à l’action si nécessaire, et contrairement à son prédécesseur, Barack Obama.

***

  • Une démarche risquée

    Il y avait beaucoup d’excitation hier soir et ce matin dans les rédactions et plateaux télé à l’annonce des frappes américaines en Syrie. Très vite pourtant les médias ont pointé les risques liés à cette attaque:
     
    * Celui de voir Poutine refuser une coopération avec les Etats-Unis pour garder la main-mise et ses bases militaires en Syrie et maintenir Assad.
     
    * Celui de perdre l’objectif principal des USA dans la région: Eliminer l’Etat Islamique. Si le régime syrien, et non pas Assad, s’effondre, l’organisation terroriste, qui recule en Irak, peut prétendre à un nouveau Califat en Syrie.
     
    * Donald Trump n’a pour le moment aucun plan précis pour l’avenir de la Syrie.
     
    Quant à Washington:

    La polémique tournait ce matin autour de la décision unilatérale de la Maison Blanche de déclencher une attaque aérienne sans avoir consulté le Congrès. Les Démocrates soutenaient majoritairement la décision de Trump mais ont tout de même insisté sur la nécessité de redonner cette prérogative au Congrès et de ne plus la laisser au président.

     
    Le sénateur McCain soutient la démarche du président Trump mais a parlé de « début de la fin » pour qualifier la position des Etats-Unis dans le conflit qui doivent maintenant trouver des solutions avec le reste de la communauté internationale, les Russes et surtout le régime syrien.
     
    Les Démocrates étaient également derrière Trump hier, à l’instar de Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants qui a parlé de « réponse proportionnelle à l’utilisation par le régime d’armes chimiques ».
     
    Hier soir l’administration est finalement entrée dans la coeur des grands.
     

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  • « Bannonistes » vs « Cuckservatives »

    Le départ de Steve Bannon du Conseil national de sécurité, annoncé mercredi, représente un tournant décisif et positif pour la présidence de Trump qui enchaîne depuis le 20 janvier revers politiques et polémiques jusque dans sa majorité – et dont il serait en partie responsable.
     
    L’ancien directeur de Breitbart News, arrivé sur le tard dans la campagne du candidat républicain, a certes aidé à sa victoire au mois de novembre mais il reste un « newcomer » dans l’orbite de Trump.
    Son départ de la Maison Blanche serait imminent mais difficile étant donné les alliés qu’il possède autour du président: Jeff Sessions, le ministre de la justice, Kellyanne Conway, Stephen Miller et Steve Mnuchin, Secrétaire au Trésor.

     
    Des fuites ont révélé cette semaine qu’il en « aurait marre de son job » et serait « prêt à abandonner » – des propos démentis à 100% par l’intéressé.
     

    Même pour cette Maison Blanche très belliqueuse, la mise sur le côté de Bannon a été brutale.
    De nombreux responsables ont incendié le conseiller du président auprès des médias, n’ont rien fait pour atténuer la perte de pouvoir de Bannon, et se sont délectés de voir Drudge [Report] et d’autres médias [de droite] commenter sa chute.

     
    La haine entre les « Bannonites » et les « modérés » menés par Jared Kushner et sa femme Ivanka, est intense et irréconciliable.

     
    Selon le Daily Beast, « les deux plus proches conseillers de Donald Trump se battent sans arrêt et souvent face-à-face, et ce serait même pire en privé ».
    Bannon aurait traité le gendre du président de « cocuservateur » (traduction de « cuckservative » = « cuckhold », ou cocu, et conservative) et de « mondialiste », les deux insultes préférées de l’alt-right.

     
    Un proche de Bannon aurait déclaré:
     

    Steve pense que Jared est pire qu’un démocrate (…) [Steve] a une vision précise de ce qu’il croit, et de ce qu’il partage avec Trump. Il voit depuis longtemps Jared comme un obstacle majeur à sa réussite.

     

    * « Steve Bannon calls Jared kushner a Cuck and Globalist behind his Back »Daily Beast

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  • O’Reilly, le boycott continue

    C’était le fil rouge de cette semaine: 57 annonceurs ont décidé de boycotter l’émission « The O’Reilly Factor » à la suite de l’article du New York Times paru le weekend dernier qui révélait les accusations de harcèlement sexuel dont le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, a été l’objet, et les 13 millions de dollars que la chaîne a bien voulu payer pour acheter le silence des victimes.
     
    Malgré le soutien public du président et un démenti formel de l’intéressé, les compagnies ont décidé d’aller promouvoir leur produits sur d’autres émissions de la chaîne si bien que « The O’Reilly Factor » n’avait que 7 publicités hier soir contre 31 lundi – preuve que le boycott continue de grossir.
     
    La stratégie de la chaîne reste la même: ne rien dire pour
    1/ soit attendre que ça se passe,
    2/ soit garder les options ouvertes et l’éventualité d’un départ O’Reilly – tout de même peu probable.

     
    En attendant, la polémique est toujours vive sur les médias sociaux « où nombres de femmes partagent leur propre expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail »: « Le hashtag #DropOReilly est devenu un forum de discussion pour les femmes »
     

    * « At Fox News, A Wall of Silence surrounds Bill O’ Reilly »The Washington Post 
    * « Uniting Agains BillO’Reilly, Women share stories of Workplace Harassment »The New York Times

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  • La guerre entre CNN et Fox News

    Les deux chaînes se sont affrontées cette semaine par scandales interposés:

    * CNN a très largement couvert l’affaire Bill O’Reilly, en a discuté longuement en début de semaine et tient même une liste de tous les annonceurs et les décisions pour lesquelles ils boycottent l’émission la plus regardée de la télé américaine, « The O’Reilly Factor ».
     
    La chaîne d’info en continu ne cesse d’évoquer le départ ou la fin du présentateur, a reçu l’une de ses accusatrices, la plupart des journalistes y sont allés de leurs commentaires, et l’un d’entre eux, Don Lemon a même interpellé O’Reilly dans « CNN Tonight »:
     

    Bill, nous avons parlé du scandale Susan Rice (…) Ca fait longtemps qu’on en parle dans cette émission. Et ce soir nous allons encore en parler. Il y a un autre scandale dont on va aussi parler ce soir, dans ce programme: les accusations de harcèlement sexuel contre toi. Alors allons-y

     
    De son côté Fox News accuse CNN de ne pas avoir accordé assez d’attention sur le rôle de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama qui aurait déclassifié les noms des proches de Trump recueillis par les services de renseignements lors des écoutes réalisés dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles.
     
    Sean Hannity, l’un des « wackadoos » de Fox News a affirmé que « les médias de propagande alt-left décidés à détruire Trump » faisaient tout pour couvrir et déformer les preuves que l’ancienne conseillère d’Obama a utilisé des informations confidentielles à des fins politiques et réalisé des écoutes illégales sur des citoyens américains.
     
    A suivre.
     
    * « Fox and CNN go to war over O’Reilly »The Hill

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  • Couverture du Jour

Le kiosque du 04.04.17: L’équipe Trump démasquée – 8 ans pour fraude électorale – Un « test idéologique » pour rentrer aux US – Pruitt vs Fox News – Blackwater

 

  • Bientôt un « test idéologique » avant d’entrer aux States?

    « Extreme Vetting », le terme utilisé par la nouvelle administration pour justifier la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires dans les aéroports sur les touristes qui se rendent aux Etats-Unis: ils pourraient prochainement être obligés de donner les contacts de leur téléphone portable, les mots de passe de leur compte Facebook ou Twitter, leurs relevés de compte et même répondre aux questions concernant leurs idées politiques.
     

    L’administration souhaite également que ceux qui appliquent pour un visa soient l’objet d’intenses recherches et que les ambassades passent plus de temps à interviewer chaque candidat.
     
    Les changements s’appliqueraient à tous les pays du monde, y compris la France et l’Allemagne

    Les mesures, soi-disant prises pour lutter contre le terrorisme, n’ont pas encore été rendues public et devraient très certainement provoquer une nouvelle polémique lorsqu’elles le seront. Une cinquante d’associations pour la défense des libertés a déjà dénoncé « une attaque directe contre les droits fondamentaux » y compris la liberté d’expression.
     
    L’administration travaille également sur une idée lancée par Trump lorsqu’il était candidat, le « test idéologique » à passer avant d’entrer sur le territoire américain pour arrêter « ceux qui ne croient pas en notre constitution, qui soutiennent l’intolérance et la haine ».
     
    * « Trump administration Considers Far-Reaching Steps for « Extrême Vetting » – The Wall Street Journal

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  • « A new can of Worms »

    The Washington Post

     
    Les Emirats arabes unis ont arrangé une réunion secrète en janvier dernier entre le fondateur de Blackwater, Erik Prince et un russe proche de Vladimir Poutine pour essayer d’établir une communication secrète entre Moscou et le président-élu Donald Trump.
     
    C’était la une du Washington Post hier qui a ouvert un « nouveau panier de crabes » pour l’administration puisque le fondateur de BlackWater, une compagnie militaire privée américaine, frère de Betsy DeVos, la très controversée Secrétaire d’Etat à l’Education, se serait présenté comme un conseiller « officieux » de Trump durant le meeting qui s’est tenu aux Seychelles.
    C’est un proche de Steve Bannon et de Rebekah Mercer, l’une des plus importantes donatrices de la campagne de Trump.

     
    La rencontre a été découverte dans le cadre de l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016 et l’information révélée au quotidien de Washington par une source anonyme.
     
    Sean Spicer a affirmé en conférence de Presse que la Maison Blanche n’avait aucune connaissance de cette rencontre et que Mr Prince n’avait eu aucun rôle dans l’équipe de transition.
    Des propos repris par le porte parole de Mr Prince qui s’en est pris aux agences de renseignements qui feraient mieux de chasser les terroristes plutôt que de surveiller les citoyens américains.
     
    * « Trump Donor met Putin ally in Seychelles »The Washington Post

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  • Des proches de Trump « desmasqués » par une conseillère d’Obama

    Susan Rice, conseillère à la sécurité de Barack Obama – à ne pas confondre avec Condolezza Rice sous le président George W. Bush – aurait demandé avant son départ à ce que les noms de citoyens américains privés relevés « accidentellement » lors des écoutes effectuées par les agences de renseignement (« incendal collections ») sur des officiels étrangers et liés à la campagne de Trump soient « demasqués », c’est-à-dire que leur identité soient dévoilées à ceux qui auraient accès à ces documents, censés être confidentiels. Généralement, ces noms sont enlevés des rapports ou remplacés par le terme « U.S. Person One ».
     
    Ezra Cohen-Watnick, un conseiller du Conseil de la Sécurité Nationale de la nouvelle administration aurait découvert les requêtes de Susan Rice au mois de février et alerté la Maison Blanche, qui a pris le relais de l’enquête. Les rapports en questions « contiennent des informations politiques importantes sur l’équipe de transition de Trump, sur les personnes qu’elle a rencontré, les positions des proches du président-élu sur la politique étrangère et les stratégies de la future administration. »
     
    Ces révélations n’ont rien à voir avec les accusations selon lesquelles Trump aurait été mis sur écoute entre novembre et janvier 2017 mais elles inquiètent les défenseurs des libertés civiles sur les programmes de surveillance des agences de renseignements.
     
    Durant les derniers mois au pouvoir, des représentants de l’administration Obama ont changé le degré de « classification » de certains documents confidentiels pour qu’ils soient accessibles à un plus grand nombre au sein du gouvernement – ce qui pourraient expliquer les nombreuses fuites révélés dans les médias sur l’équipe de transition de Trump, et notamment le général Flynn, qui a du démissionner.
     
    Comme le constate aujourd’hui l’éditorial du New York Post: » il y a deux problèmes en jeu aujourd’hui, l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines, dont tout le monde parle, et les efforts de Barack Obama de saboter l’équipe de Trump ».

     
    * « Top Obama Adviser Sought Names of Trump Associates in Intel »Bloomberg View

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  • Fox News flingue Scott Pruitt

    Ca fait plaisir quand un journaliste de Fox News fait actuellement son travail de journaliste et pas celui de supporter de Donald Trump. Chris Wallace un vétéran du métier et modérateur du dernier débat présidentiel des élections a reçu dimanche dans son émission « Fox News Sunday » le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, Scott Pruitt, l’un des nombreux « climatosceptiques » de la nouvelle administration.
     
    Les questions de Mr Wallace étaient simples et logiques mais ont toutes relevé les contradictions du gouvernement qui affirme agir pour l’environnement tout en abrogeant les lois mises en place par Obama pour protéger justement cet environnement et limiter le réchauffement climatique.
     

    * « Comment voulez défendre l’environnement quand le budget « America First » prévoit des coupes budgétaires de 30% contre l’EPA?

     
    * « Sans le Clean Power Plan [voté sous Obama qui prévoit d’ici à 2030, 3 600 morts prématurés, 300 000 journée de travail et d’écoles et 90 000 cas d’asthmes en moins pas an] commet est-ce que vous allez atteindre ce but?
    La réponse de Mr Pruitt, comme la plupart des justifications sur les lois mises en place par l’ancien président, c’est qu’elles représentent un abus de pouvoir contre les prérogatives des Etats – des considérations politiques qui n’ont rien à voir avec les problèmes de santé en jeu.
     
    Même Breitbart a critiqué la prestation du chef de l’EPA, « une concession inutile envers l’ennemi », qui n’a pas assez défendu ses positions contre l’idée d’un réchauffement climatique et la défense de la politique de Trump « qui est mise en place pour le bien de science, le bien de l’économie et la mission clé de Make America Great Again« .
     

     
    * « The Left and Right agree: Fox News destroyed EPA Chief Scott Pruitt over Climate Change » – The Washington Post

    * « Delongpole: EPA’s Scott Pruitt Gets Eaten Alive by Fox » – Breitbart

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  • Fox reste loin en tête des chaînes câblées

    Malgré les scandales qui ont éclaboussé la chaîne câblée ces derniers mois, des accusations de harcèlement sexuel contre président Roger Ailes, viré cet été, et ce weekend contre son présentateur vedette, Bill O’Reilly (quatre millions de téléspectateurs en moyenne chaque jour), Fox News reste largement en tête de ses consoeurs, devant CNN et MSNBC, avec une moyenne qui oscille entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.
     
    Tous ont profité du « Bump Trump » mais pas autant que le réseau de Rupert Murdoch qui a enregistré le meilleur trimestre de son histoire.
     

    Axios

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  • Article du jour: Huit ans de prison pour fraude électorale

    The Washington Post

    Article très intéressant qui frappe au coeur d’une des dizaines de polémiques initiées par le président sur la fraude électorale qui lui aurait coûté la perte du vote populaire contre Hillary Clinton – qui a gagné avec une marge de trois millions de votes: Le Washington Post a rencontré Rosa Ortega, 37 ans, une « résidente permanente » du Texas qui a pu voter pendant des années affirmé être citoyenne américaine sur sa fiche d’inscription électorale.
     
    Lorsque la police a frappé à sa porte en octobre 2015, elle a expliqué qu’elle pensait pouvoir voter parce qu’elle avait la carte verte.
     
    Ca n’a pas convaincu l’assistant du ministre de la justice texan, Jonathan White, qui a réussi à la faire inculper et convaincu les jurés de lui donner une « punition juste »: huit ans de prison.
     

    Pourquoi! Pourquoi moi? Huit ans de prison pour avoir fait une erreur en signant un feuille de papier. Je ne savais pas ce que je faisais. Je n’ai aucun casier criminel.

     
    Mme Ortega a réussi à voter à presque toutes les élections depuis 2004 sans que les autorités s’en inquiètent.
     
    Le jury qui l’a condamné a voulu faire d’elle un exemple pour « protéger la démocratie américaine » et sachant qu’elle est mère de trois enfants et vit aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans.
    Elle a fait appel et attend aujourd’hui une réponse

     
    * « She voted illegally. But was the punishment too harsh? » The Washington Post

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  • La phrase du Jour

     Tom Perez, le président du parti démocrate, a affirmé que « les républicains n’en n'[avaient] rien à foutre du peuple » et qu’il ne comptait pas revenir sur ses propos « Sorry not Sorry »
     

    Tom Perez / Twitter

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  • Couverture du Jour

    New York magazine consacre son numéro à la stratégie déployée par le Démocrates pour remporter les élections de 2018 et incarnée par cette figure du parti, Jon Ossoff, 30 ans, un néophyte de la politique, qui vient de remporter un siège de Représentant dans l’Etat de Géorgie contre Newt GinGrich.
     
    * « Will Anti-Trump Fury help Flip the Electoral Map for Democrats? »New York magazine
     

Le Kiosque du 31.03.17

 

  • L’enquête sur l’ingérence russe n’en finit pas

    L’histoire semble redondante mais elle est déterminante pour comprendre l’embarras dans lequel se trouve aujourd’hui la Maison Blanche vis-à-vis de la Russie.
     
    * Il existe aujourd’hui deux enquêtes sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles et d’éventuelles collusions entre des associés de Trump et des agents russes:
    L’une menée par une commission mixte du Sénat, indépendante qui a assuré cette semaine l’intégrité de son enquête.
    Une commission parlementaire et permanente, en charge du renseignement enquête également sous la direction du Représentant républicain Devin Nunes.
     
    * Samedi 4 mars: Donald Trump accuse le président Obama de l’avoir mis illégalement sur écoute, lui et certains membres de son équipe de campagne durant la période de transition (9 novembre 2016 – 20 janvier 2017)
     
    * Lundi 20 mars: Le directeur du FBI, James Comey affirme qu’il n’existe aucune preuve que Obama aurait demandé la mise sur écoutes du président-élu.
     
    * Mardi 21 mars: Deux représentants de la Maison Blanche, fraichement nommés, organisent une réunion secrète avec Devin Nunes à la Maison Blanche et lui présentent des documents confidentiels, appelés « Incidental collection »: ce sont les communications de citoyens américains interceptées par les agences de renseignement lors d’écoutes réalisées sur des officiels étrangers.
    La Maison Blanche s’est volontairement impliquée dans une enquête soi-disant « indépendante » de la Commission parlementaire, dans laquelle plusieurs membres de l’administration sont des suspects potentiels, pour orienter les soupçons contre le président Obama et valider les accusations du président Trump.
     
    * Mercredi 22 mars: Devin Nunes va présenter ces informations au président et organise une conférence de presse devant la Maison Blanche dans laquelle il annonce avoir reçu des informations « alarmantes » sur le président de la part de sources « secrètes », des lanceurs d’alerte – le tout sans en informer les membres de la Commission parlementaire
    « White House Officials Helped Give Nunes Intelligence Reports »The New York Times
     
    * Lundi 28 mars: Ses collègues de la Commission demandent à Devin Nunes de se retirer de l’enquête, ce qu’il refuse, en recevant le soutien de la Maison Blanche et du porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan.
     
    * Jeudi 30 mars: Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président, accepte de témoigner (« J’ai des choses à raconter, et j’ai vraiment envie de les dire ») devant les deux commissions chargées d’enquêter sur les ingérences russes, en échange d’une immunité si .
    Mike Flynn avait affirmé à la télévision le 25 septembre dernier: « Quand on vous donne l’immunité, ça veut dire que vous avez probablement commis un crime »
    « Mike Flynn Offers to Testify in Exchange for Immunity »The Wall Street Journal
     
    Et ce matin le président continue à le défendre en affirmant que son ancien conseiller est victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias et Démocrates

    « Flynn est un électron libre qui n’a rien à perdre. Le camp de Trump devrait s’inquiéter »

    Twitter

     
    * Cet excellent portrait de Michael Flynn dans le New Yorker: « Michael Flynn, General Chaos »New Yorker

     

***

  • Jusqu’ici tout va bien, sauf pour la Maison Blanche

    La Russie est plus que jamais est au centre de toutes les discussions, et l’exécutif est chaque jour un peu plus fragilisé par les révélations quotidiennes des médias.
     
    Mais tous ces scandales ont été déclenchés par le président et certains de ses conseillers et Secrétaires qui n’ont cessé de mentir sur leurs relations avec des représentants russes – même lorsqu’il n’y avait rien à cacher.
     
    Plutôt que de se concentrer sur la mise en place de son très ambitieux programme, l’administration s’est engluée dans ses propres affaires qui devraient prendre des mois à être éclaircies et qui mobilisent d’importantes ressources au Congrès américain.

    Il existe d’autres menaces et problèmes de taille dans le monde auxquels doivent faire face les Etats-Unis – notamment la Corée du Nord.
     
    Autrement, Comme Joe Scarborough l’affirmait ce matin, les médias n’ont jamais été aussi solides et rentables, tout comme le pouvoir judiciaire et ses juges qui ont préservé leur intégrité et indépendance face aux attaques répétées de la Maison Blanche, et le pouvoir législatif qui vient d’obliger la Maison Blanche à retirer l’une de ses promesses phares de la campagne, l’American Affordable Care Act.

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  • Trump durcit le ton avec les rebelles

    The NEw York Post – Edition du 30 mars 2017

    Depuis le retrait de l’American Health Care Act, la Maison Blanche menace ceux qu’elle estime être responsables: Les Représentans républicains du Freedom Caucus, proches du Tea Party.
     
    * Il y a eu Steve Bannon, qui a tapé du poing sur la table durant les négociations en expliquant à ces élus qu’il n’avaient pas d’autres choix que de se ranger derrière le président et la majorité républicaine. Sans succès.
     
    * Le weekend dernier, le président a fait semblant d’être ouvert aux Démocrates et à l’idée d’une coalition politique pour faire passer son programme sans le soutien du Freedom Caucus. Aucune réaction des intéressés.
     
    * Il a remis le couvert hier, sur Twitter, en utilisant « une stratégie que les membres du Congrès redoutent », c’est cibler personnellement des élus:
     

    Si @Jim_Jordan et @Raul_Labrador s’étaient ralliés, on aurait un excellent système de santé et une réforme et des réductions d’impôts … Ou sont @RepMarkMeadows, @Jim_Jordan et @Raul_Labrador? #RepealANDReplace

     
    * Donald Trump s’est dit prêt à considérer les membres du Freedom Caucus comme des adversaires politiques au même titre que les Démocrates en prévision des élections de mi-mandat: Il mettrait tout l’appareil politique du parti républicain a disposition de candidats qui lui sont fidèles contre eux.
     

    Le Freedom Caucus va saper tout le programme républicain s’ils ne se rallient pas et vite. Nous devons les batters, et les Dems, en 2018

     
    Labrador, l’un des responsables du Freedom Caucus, a répondu hier après midi:
     

    « Le Freedom Caucus est resté à tes côtés quand les autres t’ont lâché (…) Souviens toi qui sont tes vrais amis. Nous essayons de t’aider ».

     
    Ces élus de la droite dure bénéficient d’une base électorale très fidèle mais qui soutient également le président: C’est une stratégie risquée pour l’administration que d’essayer de les isoler et de les dénoncer mais aussi pour ces élus d’avoir l’air de saper sa présidence et son programme.
     
    * « Trump goes after Freedom Caucus ringleaders »Politico

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  • Un département d’Etat vide

    Les premières semaines de Rex Tillerson comme Secrétaire d’Etat ne sont pas très rassurantes pour le Département et les fonctionnaires qu’il dirige avec qui il n’a eu presque aucun contact, préférant la compagnie et les conseils de son cercle restreint qui n’a aucune expérience en matière de gouvernement et de politique étrangère. Il n’a pas bronché devant les 30% de réductions budgétaires prévues par « America First » pour l’année 2018 – et qui a peu de chances de passer.
     

    Huit semaines après être devenu le premier diplomate du président Trump, l’ancien chef d’ExxonMobil est isolé, séparé du corps des bureaucrates du Département d’Etat à Washington et à travers le monde.
    Son style de gestion très distant a créé une confusion croissante chez les représentants étrangers qui ont du mal à comprendre où les Etats-Unis se situent sur des sujets clés.
    Il suscite la méfiance des employés de carrière du Département d’Etat (…)
    Une situation qui menace de saper le pouvoir et la portée du Département d’Etat, la cible d’une réduction budgétaire de 30% de la part de l’administration Trump.

     
    Comme la Maison Blanche, Tillerson se méfie de l’appareil bureaucratique et semble vouloir se passer le plus possible de leur participation et de leur conseils dans la gestion du Département d’Etat: Il a nommé peu de fonctionnaires aux postes clés qui seraient susceptibles de l’aider à Washington et dans ses déplacements à l’Etranger.
     
    Il refuse de communiquer, ni de voyager avec la presse (pour faire des économies).

     
    Il suit les mêmes habitudes que lorsqu’il travaillait pour Exxon Mobil sauf qu’il s’agit ici du Département d’Etat des Etats-Unis et que les citoyens ont le droit de savoir ce qu’il s’y passe.
     
    *  « Secretary of State Rex Tillerson spends his first weeks isolated from an anxious bureaucracy »The Washington Post

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  • Les cinquante meilleurs Podcast selon le Time

    Le Time nous a offert une sélection des meilleurs Podcasts:
     
    * S-Town, par les producteurs de Serial qui a l’air génial – Crime
    * Alice isn’t Dead, par les créateurs de Welcome to Night Vale – Fiction, mystère
    * Missing Richard Simmons, mal-aimé par le New York Times qui dénonce une violation de la vie privée
    * Pod Save America, par des « Obama Bros », c’est très orienté et free style mais intéressant.

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  • Article du Jour

    Superbe reportage du New York Times sur ces Juifs ultra-orthodoxes qui décident de quitter leur communauté, leurs familles et leurs amis, fermés au monde extérieur et l’unique association qui les accueille, « Foodsteps »
     
    * « The High Price of Leaving Ultra-Orthodox Life »The New York Times magazine

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  • Couverture du jour

    « La présidence Trump est dans un trou … et c’est mauvais pour l’Amérique et pour le monde »
     

    C’est tentant d’être soulagé que la présidence de Trump soit un fiasco. Pour ceux qui doutent de son programme et s’inquiètent de son manque de respect pour les institutions, leur meilleur espoir est aujourd’hui qu’il accomplisse quelque chose. Cette logique est séduisante mais mauvaise. Après des années de blocage, Washington doit avancer. Le sommet qui arrive avec Xi Jinping, le président chinois, prouve combien l’Amérique reste la nation indispensable. Une président vulnérable peut être dangereux

     
    * « The Presidency is in a hole. And that is bad for America – and the World »The Economist
     

28.03.17: Trump charbonne – « ConservaKids » – la Russie Again! – Raiders à Las Vegas – 60 Minutes vs Fake News

 

 

  • Trump détruit la politique environnementale de Barack Obama

    Trump va modifier aujourd’hui les lois mises en place par Barack Obama visant à limiter les émissions de gaz à effets de serre pour aider la production d’énergie du pays.
    Le message est clair: la protection de l’environnement n’est plus une priorité dans les prises de décision du gouvernement, contrairement à l’approche de on prédécesseur.

    Un conseiller de la Maison Blanche:

    Cette politique s’inscrit dans la volonté du président Trump de rendre les Etats-Unis indépendants en matière d’énergie. Sur les questions de changement climatique, on veut prendre notre propre direction et la suivre de notre forme et de notre façon

    Donald Trump est un climatosceptique, comme la plupart des Républicains, qui a promis à l’industrie du charbon de faire tout son possible pour les aider – et remporter leur suffrages aux dernières élections.

    Selon Bloomberg, il pourrait stabiliser les emplois des 75 000 qui restent aujourd’hui dans l’industrie du charbon mais ne peut pas faire repartir une industrie en déclin depuis plusieurs décennies.

    L’Agence de Protection de l’Environnement est en charge de réécrire ces nouvelles régulations, qui passe par le démentèlement du programme « Clean Power Plant » qui visait a réduire les émissions de gaz à effet de serre ces quinze prochaines années – les usines vont pouvoir davantage polluer. Les décrets de Trump vont mettre des années à appliquées et font face à des barrières légales importantes.

    * « Trump moves decisively to wipe out Obama’s climate change record »The Washington Post
    * « Can Trump Truly Revive Coal Jobs and Industry? »Bloomberg

 

  • Une enquête qui part à volo

    Imaginez un inspecteur de police qui rencontre secrètement les suspects d’une enquête dont il est en charge pour leur révéler des preuves confidentielles susceptibles de les innocenter – sans avoir la certitude que ces preuves sont vérifiables, et révéler ensuite l’existence de ces preuves à la presse.

    C’est ce qui passe en ce moment avec l’enquête, soit disant indépendante, de la Commission parlementaire en charge du renseignement, qui doit déterminer les éventuelles collusions entre des membres de l’équipe de Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle. 

    Le Républicain Devin Nunes, président de cette Commission permanente et mixte a rencontré secrètement la semaine dernière à la Maison Blanche des conseillers du président qui lui ont présenté des documents prouvant que le président et d’autres auraient été victimes de surveillance après le 08 novembre 2016.
    Les agences de renseignements qualifient ces situations de « Improper surveillance » quand elles interceptent des communications entre des citoyens américains et des individus, souvent des officiels étrangers, qui sont mis sur écoute – comme pour Michaël Flynn, conseiller à la Sécurité nationale, qui s’est entretenu à plusieurs reprises avec l’ambassadeur russe des Etats-Unis, lui même, objet d’une surveillance des services de renseignements. Et qui a mené à sa démission.

    Le lendemain de cette visite à la Maison Blanche, Mr Nunes a convoqué la presse pour communiquer ces informations, sans en informer le reste de la Commission.

    Ses collègues ont demandé qu’il abandonne l’enquête mais ce dernier affirme n’avoir rien fait de mal et refuse de démissionner en expliquant hier sur Fox News que « les Démocrates veulent que j’abandonne parce qu’ils savent que je suis efficace quand il s’agit d’aller au fond du problème ».

    * « Nunes admits meeting with source of Trump surveillance documents on White House Ground »Washington Post

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  • La Russie, encore et encore

    Le problème entre Trump, ses conseillers et la Russie, c’est que chaque semaine apporte son nouveau lot de révélations, qui semblent avoir été volontairement passées sous silence par les intéressés.

    Jared Kushner a accepté de témoigner devant les sénateurs, également en charge d’enquêter sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, pour avoir arrangé des rendez-vous entre des conseillers de son beau-père et l’ambassadeur russe aux Etats Unis, Sergey Kislyak, pendant la période de transition.

    Une information qu’il n’avait pas révélé jusqu’a ce qu’une fuite d’une agence de renseignement l’implique.

    Gardons cela en tête, la seule raison pour laquelle c’est un problème c’est parce que ces gens ne disent jamais toute l’histoire lorsqu’on leur demande. Une erreur qu’ils continuent à faire et refaire.

    Etant donné les responsabilités de Jared Kushner durant la campagne, « ses rencontres avec des officiels russes peuvent être tout à fait appropriées ».

    Sauf que l’on sait que Michael Flynn, le chef de la sécurité nationale a menti sur ses discussions avec l’ambassadeur russe fin décembre 2016 après les sanctions imposées par Obama et qui ont directement mené à sa démission.

    Dernière chose, le président a accusé hier Hillary Clinton de collusions avec la Russie, et qualifié les accusations à son égard, « Trump Russia Story » de « canular ».

    Twitter

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  • Les émissions grand public vulnérables face aux « fake news »

    L’émission d’information la plus connue aux Etats-Unis, « 60 minutes », fait parler d’elle cette semaine après la diffusion d’un reportage sur les « fake news » dans lequel elle a invité Mike Cernovitch, célébrité Twitter, défenseur de « l’identité mâle blanche » et supporter de Donald Trump – qui affirmait au New Yorker l’année dernière « utiliser les tactiques de trolling pour construire sa marque ».

    Durant l’interview, le journaliste de CBS s’est laissé déstabilisé par la rhétorique enfantine de Cernovitch, notamment à propos des rumeurs sur la santé d’Hillary Clinton pendant la campagne: « Je peux affirmer ce que je veux jusqu’à ce que tu m’apporte les preuves que c’est faux ».
    Un exercice périlleux qui a montré « comment est-ce que les médias grands publics ne sont pas préparés à la rhétorique des médias pro-Trump ».

    Comme l’explique Charlie Warzel dans Buzzfeed News:

    Tu ne peux pas confronter les médias pro-Trump, qui fonctionnent à l’envers, sans comprendre leur règle de base: Les nouveaux médias de droite ne sont pas seulement une force d’opposition – c’est une institution parallèle qui fonctionne dans la propre réalité.

    Cernovitch le dit lui-même en parlant de la maladie de Parkinson dont souffre Hillary:

    Je ne croirais à rien de ce que dit Hillary Clinton. Je ne crois pas un seul de ses mots. Les médias disent qu’ils ne prendront pas Donald Trump à la lettre.

    C’est pour cela que l’on vit dans deux univers différents.

    Cernovitch affirme avoir « massacré » le journaliste et sans doute convaincu d’autres téléspectateurs et internautes de la validité de ses positions.

    * « 60 minutes interview Shows How Unprepared The Mainstream Media is For Pro-Trump Media »Buzzfeed News
    * « Trolls for Trump »New Yorker

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  • « Enough of the Conservakids »

    Townhall, un site web d’information conservateur, en a ras la casquette des « Conservakids » comme Tomi Lahren, virée, MIlo Yiannopoulos, bani, ou encore ce jeune lycéen qui figurait la semaine dernière en une du Boston Globe pour ses vidéos pro-Trump

    Pour je ne sais quelle stupide raison, les conservateurs sont toujours très excités quand un connaisseur pubert qui sait à peu près s’exprimer arrive et répète un simulacre de doctrine conservatrice (…)

    Non pas que je critique les jeunes (…)  Ils ont des points de vue importants, surtout dans le monde unique dans lequel ils évoluent, comme les universités ou les entreprises (…) Mais c’est notre faute de les laisser nous représenter au monde.

    Et de prendre l’exemple de la fameuse Tomi Lahren, dont « le profil dans les médias et médias sociaux a explosé grâce à ses « vidéos très agressives » mais le fait d’être partout devant la caméra cache le fait qu’elle n’a pas encore mature dans sa pensée conservatrice. »

    Il n’y a rien de plus que la certitude qu’ont les Millenials de leur prétention à une supériorité morale, surtout combinés à des postures hilarantes et prétentieuses comme les véritables défenseurs de leurs principes et contre la pression d’ennemis imaginaires.

    * « Enough of the Precocious Conservakids »Townhall.com

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  • Les Raiders qui déménagent à Las Vegas

    Dévastés les supporters de Oakland d’apprendre le départ de leur équipe de football américain, les légendaires Raiders – le maillot le plus connu de la NFL – vers … Las Vegas.

    L’équipe était déjà partie de la Bay Area en 1982, pour s’installer à Los Angeles, sous la direction de Al Davis, le père de l’actuel propriétaire, Mike Davis, qui a son tour a suivi le chemin de l’argent.

    Lundi, la NFL a voté 31 contre 1 pour le transfert de la franchise à Sin City – une éventualité que personne n’imaginait il y a encore quelques années étant donné la réputation de la ville, une population limitée pour soutenir une équipe mais l’opportunité d’offrir un nouveau stade de 1,9 milliards – financé à hauteur de 750 millions de dollars par la ville – a clos le marché – et devrait être finit d’ici 2020.

    L’équipe restera donc au moins deux ou trois saisons à Oakland avant de déménager – un moindre mal pour les supporters, qui auront le temps de se préparer au départ.

    C’est la troisième équipe de NFL en moins de 14 mois à déménager, toutes ont quitté des villes moyennes (Les Rams de Saint Louis, Les Chargers de San Diego et les Riaders de Oakland) pour des villes plus riches qui offraient de plus grandes enceintes capables d’accueillir plus de monde et plus d’argent (respectivement Los Angeles pour les deux premières et Las Vegas pour la dernière) – sans être assurés de pouvoir fidéliser des supporters.

    * « NFL approves move of Raiders from Oakland » – The Los Angeles Times

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  • Couverture du Jour

    « Scary movie: Hightened Competition from small screen, flat attendance & early VOD Gambit puts Hollywood on edge » – Variety

    Les propriétaires de cinéma, responsables de studios, réalisateurs et cinéphiles sont de plus en plus inquiets (…) Les goûts et les demandes des consommateurs changent et Hollywood a du mal à s’adapter.
    Certains vétérans de l’industrie ne sont pas convaincus que le business peut s’en sortir.
    Structurellement, ces studios, les agences et les exposants qui les entourent sont trop éparpillés, lents et empêtrés dans un réseau vertigineux de pratiques et associations commerciales désuètes pour répondre de manière efficace à l’ère numérique

Le kiosque du mardi 21 mars 2017: Un nuage noir sur la Maison Blanche – Ivanka débarque – Thinx mal en point – Morning Joe – Tomi « pro Choice »

 

 

  • « The Presidency under a cloud »

    L’audition du chef du FBI, James Comey, et de la NSA, Mike Rogers, hier par une commission parlementaire pour répondre aux allégations lancées par le président sur Twitter il y a deux semaines, s’est finalement retourné contre lui: Non seulement la Bureau n’a trouvé aucune preuve que l’ancien président aurait mis sur écoute le candidat républicain en 2016 (« Aucun président n’a le droit de faire cela ») mais les deux hommes ont confirmé l‘existence d’une enquête sur les relations entre la Russie et les aides de Trump pendant la campagne présidentielle.

    De Richard Nixon à Bill Clinton, l’histoire suggère que ça n’est jamais une bonne chose pour un président d’avoir le FBI, et ses ressources illimitées et larges pouvoirs d’investigations, derrière lui.

    Dans une tribune intitulée « All the President Lies » publiée dans le New York Times, David Leonhardt dénonce les mensonges du président, « the L-Word » que le Wall Street Journal refuse toujours aujourd’hui d’utiliser pour laisser au lecteur le choix de croire ce qu’il veut.

    La neuvième semaine du président a débuté par le FBI qui vient de le traiter de menteur.
    J’ai déclaré auparavant que tout ce qui n’est pas vrai ne devrait pas être interprété comme le « L-Word », parce que ça connote une intention et quelqu’un peut déclarer quelque chose de faux sans le faire volontairement. (…)
    Mais l’actuel président des Etats-Unis ment.
    Il ment comme jamais aucun autre politicien américain ne l’a fait avant lui (…) Il dit tellement de contre-vérités qu’il est inutile d’essayer de savoir lesquelles doivent être débattues ou non – tout autant que cette idée selon laquelle la plupart des supporters de Trump aiment le voir mentir.
    Trump trompe volontairement les gens. Comme il l’a dit il joue avec leurs fantasmes.

     

    Nous y reviendrons aujourd’hui dans « A la une des quotidiens »

    * « How the FBI tailing Trump could dog his presidency »Politico
    *
    « All The President Lies »New York Times 

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  • Mais qui est Roger Stone?

    Roger Stone, un confident de Donald Trump depuis des années (voir l’excellent documentaire de Frontline, « The Choice ») s’est targué pendant la campagne présidentielle d’être en relation avec Julian Assange, le fondateur de Wikileaks: il a annoncé dès le mois d’août dernier que John Podesta serait sa prochaine cible de l’organisation, et mi-septembre qu’elle diffuserait très bientôt de nouveaux documents accablants contre Hillary Clinton.

    Wikileaks a révélé quotidiennement durant le dernier mois de campagne les emails de Mr Podesta.
    Il a également affirmé avoir été en communication avec le hacker Guccifer 2.0 qui se serait procuré ces documents avant de les offrir à Wikileaks.

    L’intéressé a nié depuis tout contact avec l’organisation, et l’organisation nié tout contact avec Stone.

    Mais les différentes déclarations de Stone ont alimenté les suspicions selon lesquelles des individus dans l’orbite de Trump ont joué un rôle dans la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John Podesta.

    Aujourd’hui, c’est le FBI qui s’intéresse à cette personne excentrique qui vient d’ailleurs de sortir un ouvrage sur la victoire de Trump le 8 novembre dernier. 

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  • Ivanka Trump rentre à la Maison Blanche

    On la savait influente, elle aura désormais son bureau dans la West Wing de la Maison Blanche aux côtés de celui de Dina Powell, récemment promue conseiller adjoint à la sécurité nationale, pour promouvoir les initiatives qu’elle défend depuis plusieurs … mois: La législation sur les congés parentaux et d’autres problèmes qui affectent l’équilibre des femmes entre leur travail et la maison.

    Elle n’a pas de titre officiel mais disposera d’un office, de matériels de communication fournis par le gouvernement et d’un accès à des informations confidentielles.

    Ivanka Trump gérait jusqu’ici sa marque de vêtements et lifestyle, Ivanka Trump, dont elle s’est retirée après l’élection de son père et pour laquelle elle possède toujours intérêts financiers.

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  • « Touches pas à mes flingues et touches à mon corps non plus »

    Tomi Fahren

    La jeune commentatrice de 24 ans, star des réseaux sociaux vient d’être suspendue une semaine du site d’infos conservateur The Blaze, créé en 2011 par Glenn Beck, dans laquelle elle présente une émission pour avoir affirmée être … « pro-choice » dans un programme de grande écoute sur une chaîne concurrente la semaine dernière – une position contraire à la grande majorité des conservateurs qu’elle a qualifiés au passage d’hypocrites.

     

    Je suis une « constitutionnelle », quelqu’un qui aime la Constitution. Je suis pour un gouvernement limité. Donc je ne peux pas être assise avec vous aujourd’hui et être une hypocrite et dire que je soutiens un gouvernement limité et que je pense que ce gouvernement devrait décider ce que les femmes font de leur corps.
    Je suis assise avec vous, et je vous dis qu’en tant que Républicaine, je suis pour un gouvernement limité, touches pas mes flingues et touche pas non plus a mon corps.

     

    Glenn Beck, le fondateur de The Blaze, qui a engagé Lahren il y a deux ans, a affirmé qu’elle souffrait « d’honnêteté intellectuelle ».
    Effectivement, il y a trois mois, Tomi Lahren déclarait que les avortements étaient des meurtres, et celles qui les subissaient, des tueurs d’enfants – en s’en prenant au passage à Lena « Freakin' » Dunham.

    * « Glenn Beck publicly battles Tomi Lahren, his most Famous Employee » – The Daily Beast

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  • Morning Joe vs Trump: La guerre est déclarée

     

    NEW YORK, NY – December 12, 2016: Co-hosts Mika Brzezinski and Joe Scarborough of MSNBC’s « Morning Joe » in the studio in New York on December 12, 2016.

    Le magazine Variety diffuse aujourd’hui une interview du power couple des  journalistes télé, Joe Scarborough and Mika Brzezinski (plutôt libérale) du Morning Joe (conservateur assumé), qui fut ces dernières années, l’émission préférée de Donald Trump et bénéficié d’un accès privilégié dans la Trump Tower.

    Mais depuis l’investiture du 20 janvier, et les débuts catastrophiques de Trump à la Maison Blanche, l’entente cordiale, parfois critiquée et enviée par d’autres journalistes, a tourné au vinaigre.

    Le président ne suit plus Mr Scarborough sur Twitter (« ce qui est plus saint ») et Morning Joe n’a pas loupé le président sur chacun de ses dérapages; Ils ont effectivement les critiques les plus dures envers le nouveau président et son dministration – notamment Steve Bannon et Stephen Miller.

    La journaliste Mika Brzezinski a d’ailleurs été la première a annoncé, il y a un mois ne plus vouloir recevoir Kellyanne Conway dans l’émission et depuis la conseillère s’est fait plus rare sur les plateaux télés

    * « MSNBC’s Joe Scarborough, Mika Brzezinski on Trump and why ‘everyone sjould ban Kellyanne Conway from TV’  » – Variety

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  • Thinx dans la tourmente.

    New York magazine

    On a eu droit à une campagne de pub assez agressive dans la station de métro de Bedford à Williamsburg et le sud de Manhattan l’année dernière pour le lancement très politisé de Thinx, ce sous-vêtement féminin utilisée pendant les règles qui permet se débarrasser des tampons et serviettes hygiéniques, pour « casser les tabous du corps féminin ». Le produit a fait le tour des magazines féminins tout comme sa co-fondatrice, la très engagée, Miki Agrawal, accusée aujourd’hui … de harcèlement sexuel contre ses employées.

    Selon New York magazine, qui l’a interviewée l’année dernière, l’une des activités préférées de Mme Agrawal, c’est de briser les tabous, de « parler de choses dont elle n’est pas supposée parler ».

    Selon une plainte déposé par une ancienne employée, ces discussions se seraient orientées vers la taille de sa poitrine la boss, ses piercings sur les seins, ses exploits sexuels, aurait fait des avances à ses employés, verbales et physiques, et se serait exposées à plusieurs reprises, nues, devant eux.

    Non seulement la plupart des employées étaient mal payées (10 sur les 35 que compte la compagnie sont parties depuis janvier selon Racked) mais les deux seuls avoir réussi à négocier leur salaire à la hausse auraient deux hommes.

    Mme Agrawal a quitté son poste de CEO la semaine dernière tout en affirmant qu’elle restait la « She-eo » et publié un droit de réponse sur les récentes allégations de Jezebel qui décrivaient les conditions très difficiles de travailler avec elle, intitulé « My Think Ride » dans lequel elle admet avoir faits « des tonnes d’erreurs » mais à la fois réussi à « bâtir une entreprise qui aide aujourd’hui des millions de femmes. »

    * « Sexual Harrassment Claims against She.E.O » – New York magazine

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  • Un Iphone Rouge

    Apple lance aujourd’hui le iphone 7 rouge en collabration avec RED pour collecter des fonds au profit de la recherche contre le Sida, à laquelle est associée la compagnie californienne depuis plusieurs années, mais c’est la première fois qu’un iphone est complètement recouvert de rouge.

    Il sera disponible chez Apple à partir du vendredi 24 mars pour 750 dollars.

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  • Couverture du Jour

    Très belle couverture de New Yorker dans une étagère de l’artiste, « Shelf Life » de Lucy Giuterriez

Lundi 6 mars 2016: Nouvelle « TweetStorm » à l’origine du « DeepStateGate »; Washington devient fou!; Arkansas champion de la peine de mort!

1. « DeepStateGate »

C’est devenu une habitude pour le président de se lancer dans une tweet storm, le samedi lorsque le gendre et la fille de Donald Trump, qui observent le chabbat, ne sont pas à ses côtés pour le raisonner.
Avant hier, il a accusé sans preuves, son prédesseur Barack Obama, de l’avoir mis sur écoutes pendant la campagne présidentielle – ce que l’intéressé à nié, via son porte parole, Kevin Lewis.

La semaine dernière avait pourtant bien commencé pour le président avec une adresse réussie devant le Congrès, bien accueillie par la presse, censée marquer un nouveau départ pour cette administration … jusqu’aux nouvelles révélations embarrassantes, mercredi dans le Washington Post, sur les accointances entre Jeff Sessions, le ministre de la Justice et l’ambassadeur russe.

Trump se sent assiégé et pense que sa présidence est minée par les forces visibles et anonymes d’un groupe de critiques proche d’Obama, de bureaucrates fédéraux et de personnalités du renseignement – sans oublier les médias, qu’il a appelé « l’ennemi du peuple ».
Cette colère à l’encontre de ce que beaucoup à la Maison Blanche appellent le « Deep State » grandit chaque jour, alimentée par des rumeurs relayées par des alliés de Trump au sein du renseignement et par des allégations non confirmées de commentateurs de droite.
Le « Deep State » est une expression populaire de la droite pour décrire ces réseaux intriqués hostiles à Trump.

 

Les accusations proférées par Donald Trump à l’encontre de Barack Obama (« un malade ») sont très graves: Si elles ont eu lieu, ce serait le plus grand scandale politique depuis le Watergate, et si ce sont des affabulations, ce serait le pire épisode de cette nouvelle présidence.

* « Inside Trump’s fury: The president rages at leaks, setbacks and accusations »Washington Post

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2. « Washington devient fou! »

C’est le titre de l’éditorial du Wall Street Journal ce matin: 

La bagarre politique entre la Russie, la campagne de Trump et les services de renseignements américains a atteint un point où les questions fondamentales sur les institutions américaines et la confiance dans le gouvernement américain sont en jeu. Les démocrates tentent de capitaliser sur les fuites anonymes des agences de renseignements des Etats-Unis pour détruire la présidence Trump et le président réagit avec une fusillade d’accusations non prouvées.

 

Le président est désormais en lutte directe avec son prédécesseur, les services de renseignements, notamment le FBI, accusé ici d’avoir mené illégalement ces écoutes l’année dernière.
En comparant les exactions dont il aurait été victime au scandale du Watergate, Trump accuse le FBI d’avoir enfreint la loi, remet en cause son intégrité et celle de la communauté du renseignement.
Le chef de l’agence fédérale, James Comey, a demandé ce weekend au Département de Justice de condamner les accusations du Commander-In-Chief, ce qu’il n’a toujours fait, sans doute à sa demande.
L’administration a demandé la mise en place d’une commission parlementaire pour enquêter sur ces accusations – une commission a déjà été mise en place pour faire toute la lumière sur les relations entre l’équipe de Trump et les Russes pendant les élections – et refuse de répondre à davantage de questions sur les propos du président.
* « Washington Goes Nuts »Wall Street Journal

 

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3. »Circuler, il n’y rien à voir »

L’origine de ces accusations? Breitbart, le site alt-right, dont l’ancien président est l’un des plus proches conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, a publié vendredi un article sur les propos de Mark Levin, un présentateur radio, affirmant que Obama aurait mis sur écoute le candidat républicain.
Le président préfère se référer aux théories conspirationistes d’un média d’extrême droite plutôt qu’à ses propres services de renseignements, ce qui montre les relations délétères entre le chef de l’Etat et la communauté du renseignement.

Comme l’explique Karne Tumulty dans le Washington Post

La tactique audacieuse de Trump, qui a peu d’égard pour les normes et conventions, n’est pas nouvelle. Quand il veut changer de sujet, il le fait souvent en craquant l’allumette d’une sombre théorie du complot. Mais les enjeux sont bien plus importants aujourd’hui et les conséquences réelles et sérieuses, alors que les questions sur l’ingérence de Moscou dans les élections présidentielles, continuent de grandir

 

Les fuites des agences gouvernementales sur les relations entre des proches de Trump (Jeff Sessions et Michael Flynn) exposées par les « fake » médias, preuve que l’ancienne administration a espionné Donald Trump et son entourage est une tentative désespérée de la Maison Blanche pour détourner l’attention sur les relations du président avec la Russie – et le dernier scandale impliquant le ministre de la Justice, et supporter de la première heure de Donald Trump, Jeff Sessions.

Le président était d’ailleurs satisfait samedi après midi et dimanche matin que toute l’attention soit portée sur ses tweets et non pas sur Jeff Sessions, qui doit toujours expliquer à une commission judiciaire pourquoi est-ce qu’il a « oublié » de prévenir ses collègues sénateurs des deux rencontres qu’il a eu avec l’ambassadeur russe durant les élections.

Enfin, Steve Bannon est encore au centre de toutes les discussions, car cet énième vient servir la mission qu’il s’est donné de « déconstruire l’Etat administratif » qui comprend le « Deep State », les agences de renseignements, les médias, etc…
La Maison Blanche, qui a découvert les tweets du président en même temps que le reste du pays, essaye désormais de contenir le sandale le plus grave de cette jeune présidence.

« Mark Levin to Congress: Trump ends the wiretapping innuendo game by dealing hinself in » Breitbart
« The Obama Camp Disingenuous Denial on FISA surveillance of Trump »The National Review

« A Conspiracy Theroy Journey from Talk Radio to Trump Tower »New York Times
*
« Trump’s charge that he was wiretapped takes presidency into new territory » – Washington Post

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4. Ce que Trump préfère ne pas montrer

Trump veut prouver qu’il est un homme d’action et invite la presse dans le bureau ovale dès qu’il signe un nouveau décret présidentiel ou un mémo.
Il lui arrive de signer des ordres plus controversés et dans ces cas là, il préfère rester discret. La semaine dernière il a révoqué une régulation mise en place par Barack Obama visant renforcer la vérification des antécédents (« background check ») des acheteurs d’armes: la mesure obligeait la Sécurité Sociale (SSA) a communiqué au FBI, en charge de la base de données des « background check », la liste des handicapés mentaux et ceux incapables d’être autonomes pour les interdire de se procurer une arme à feu.
La National Rifle Association a convaincu les Républicains qu’il s’agissait d’un entrave au sacro-saint Second Amendement

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5. L’Arkansas s’apprête à exécuter huit condamnés à mort

Après douze ans d’interruption, l’Etat du midwest a annoncé l’exécution extraordinaire de huit condamnés à mort en dix jours fin avant l’expiration fin avril d’une des trois drogues utilisées pour l’injection létale, le Midazolam.
Le gouverneur, Asa Hutchinson, a prévu d’exécuter deux condamnés par jour entre le 17 et 27 avril. « Si l’Arkansas respecte l’échéance, ce sera le plus grand nombre d’exécution sur une période aussi courte jamais enregistré par un Etat depuis le rétablissement de la peine de mort en 1977 » et alors que la peine de mort est en constante baisse dans les 31 Etats américains qui autorisent la peine capitale.

Depuis que des laboratoires pharmaceutiques ont limité aux Etats-Unis la vente de leurs produits destinés aux exécutions, les Etats ont des stocks limités, et expliquent la précipitation du gouverneur.

* « Arkansas Rushes to Execute 8 Men in the Space of 10 Days »The New York Times

 

 

6. Couverture du Jour

David Letterman

New York Magazine

Vendredi 3 mars 2017: « Russessions »: un ambassadeur radioactif à Washington, Pence pincé et les nouveaux défis de CNN

1. « Russessions »

 

Jeff Sessions l’a échappé belle cette semaine et évité une seconde démission embarrassante pour l’administration Trump qui doit gérer une fois de plus les mensonges d’un de ses membres sur ses relations avec l’ambassadeur russe des Etats-Unis.
Mr Sessions s’est défendu d’avoir menti à son collègue, le sénateur démocrate Al Franken, lors de son audition devant le Sénat, avant d’être confirmé ministre de la justice, quand il a affirmé n’avoir eu aucun contact avec des agents russes pendant les élections. 

Le Washington Post a révélé qu’il a rencontré l’ambassadeur russe à deux reprises en 2016, en pleine campagne électorale, en septembre notamment, alors que les rumeurs se confirmaient sur l’ingérence russe dans les élections.
Trump a défendu Mr Sessions en déclarant qu’il « aurait pu formuler sa réponse de manière plus précise et que ça n’était pas intentionnel » avant d’accuser les Démocrates de « chasse aux sorcières » sur Twitter.

Mr Sessions s’est retiré de l’enquête menée par le FBI et le Département de Justice sur d’éventuelles relations entre les proches de Trump et le Kremlin l’année dernière – accusations formellement démenties par la Maison Blanche.
La procureure générale adjointe, Dana Boente, dirige désormais l’enquête et décidera ou non de nommer un procureur spécial pour enquêter sur les relations entre Trump et la Russie

Il y a deux semaines, le conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn a dû démissionner pour avoir menti au vice président sur des coups de fil et rendez-vous passés fin décembre 2016 avec l’ambassadeur de Russie, Mr Kislyak. 
« Flynn et Sessions ont été sanctionnés parce qu’ils ont voulu cacher leurs communications avec la Russie, et non pas à cause des communications elles-mêmes. »

Comme le note le journaliste Chris Matthews:

On apprend la vérité sur ces rencontres sans fin avec les Russes grâce à de très bons reportages. La couverture heure par heure est impressionnante et c’est la seule raison pour laquelle l’administration admet les choses. Trump n’a rien fait contre Flynn avant qu’il soit exposé par la presse. Le ministre de la justice ne s’est pas retiré jusqu’à ce que les informations soient publiés dans les journaux, car il s’agit d’une administration dirigée par une vérité qui vient d’ailleurs

« Sergey Kislyak, the Russian ambassador at the heart of Russia Scandals », explained via Vox
* « Jeff Sessions will recuse himself from Russia probe » via Mother Jones

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2. Sergey Kislyak, L’ambassadeur « radiocatif » de Washington

Jeff Sessions est le deuxième membre du cabinet de Mr Trump à reconnaître avoir eu des contacts avec l’ambassadeur russe, Sergey Kislyak, après les révélations du Washington Post mercredi soir.
« Les connections très haut placées de Mr Kislyak l’ont mis au centre d’une polémique tentaculaire qui fait de lui l’ambassadeur le plus célèbre, mais politiquement le plus radioactif à Washington » constate le New York Times en première page aujourd’hui. Ambassadeur depuis 2008, Mr Kislyack qui connait le tout Washington, réputé pour ses dinners grandioses, est considéré comme la « principale autorité russe aux Etats-Unis ».
Politico parle du diplomate le « plus dangereux de la capitale », très « expérimenté dans la collecte d’information », qui défend la ligne dure du Kremlin »; certains agents du renseignement américain avancent même qu’il serait un espion au service du FSB, les servies secrets russes.

Lors d’une conférence à la Standford Business School en novembre dernier il déclarait: « Les Etats-Unis et la Russie traversent la pire phase de leurs relations depuis la fin de la guerre froide (…) Vous essayez de contenir la Russie … Vous essayer de réprimer la Russie à travers des sanctions économiques très dures ».

La ministre des Affaires étrangères russes a qualifié en conférence de presse les rumeurs de « vandalisme médiatique »: « Je vais vous révéler un secret militaire: les diplomates travaillent, et leur travail consiste à faire des contacts avec le pays hôte ».

Il devrait quitter ses fonctions prochainement et être remplacé par un général.
« Pour Mr. Kislyak, Washington n’est plus ce que c’était. Il se sent seul, il a dit à ses associés qu’il était surpris que voir les gens qui le fréquentait autrefois l’éviter aujourd’hui. »

* « Russian Ambassador Sergey Kislyak su Washington’s most dangerous diplomat »Politico
* « Sergey Kislyak, Russian Envoy, Cultivated Powerful Network in U.S. »New York Times

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3. Un graphique des scandales russes qui touchent la Maison Blanche

 

 

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4. Un autre scandale mais cette fois-ci d’un petit poucet

The Indianapolis Star – Edition du 3 mars 2017

Une fois n’est pas coutume, « The Talk of the Town » hier soir est venue, non pas des mastodontes de l’info comme CNN, le Washington Post ou le New York Times, mais du coeur de l’Amérique: l’Indianapolis Star a révélé le piratage de la messagerie privée de Mike Pence qu’il utilisait à des fins professionnelles lorsqu’il était gouverneur d’Indiana – une procédure légale dans cet Etat.

L’information pourrait être anodine si les Républicains n’avaient pas passé ces deux dernières années à accuser Hillary Clinton d’avoir mis en danger les Etats-Unis en utilisant une messagerie privée quand elle était Secrétaire d’Etat – elle a fait l’objet d’une enquête criminelle du FBI qui l’a disculpée mais évoqué une « grossière erreur de jugement ».

L’actuel gouverneur d’Indiana, Eric Holcomb a publié 29 pages de communications du compte AOL de Mr Pence, à la demande d’une requête officielle et conformément à la loi sur la liberté de l’information (FOIA), « mais a refusé d’en publier certaines que l’Etat considère comme confidentielles ou trop sensibles pour le public. »
Son compte personnel à été piraté cet été.

Hillary Clinton a géré des informations bien plus importantes et confidentielles que Mike Pence mais leurs messageries étaient également vulnérables à des cyber attaques et surtout « Pence a beaucoup critiqué Clinton pendant la campagne présidentielle de 2016, en l’accusant d’avoir voulu cacher des emails au public américain et de s’être exposé aux dangers de potentiels hackers ».

* «  Pence used personal email for state business — and was hacked. » via Indianapolis Star
* « Why Mike Pence’s private email account is way different from Hillary Clinton’s » via The Washington Post

 

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5. CNN veut remporter le digital

 

« Au dela de sa guéguerre avec le président (« On sait tous la vérité »), Zucker veut dominer les infos télévisées en ligne grâce à ses 100 millions d’internautes mensuels, une stratégie pour battre Buzzfeed et Vice, amener des stars comme Anthony Bourdain et W. Kamau sur le net, et le lancement de Casey Neistat, la Vlog Star qu’il a engagé sur les conseils de son fils »

The Hollywood Reporter – Casey Neistat (accroupi), John Tapper, Jeff Zucker, W. Kamau Bell et Anthony Bourdain


Jeff Zucker
, le président de CNN monde, ancien dirigeant de NBC Entertainement qui a donné sa chance à Trump avec « The Celebrity Apprentice » – le président affirme lui avoir pistonné le job à CNN –
travaille sur plusieurs fronts: maintenir l’audience et la visibilité de la chaîne câblée face à ses concurrents (Fox NEws, MSNBC) et s’attaquer à la jeune garde de Buzzfeed et Vice qui officient principalement en ligne.


En devenant le punching ball de Donald Trump après lui avoir consacré des centaines d’heures d’antennes pendant les élections, CNN a boosté son audience de 50% chez les 25-54ans, augmenté les révénus publicitaires de la chaîne de 100 millions de dollars et engrangé près d’un milliard de dollars de profits en 2016.

Sachant que « l’effet Trump » (« Trump Bump ») ne durera pas, Mr Zucker veut renforcer sa domination sur le net, où la plate-forme d’infos arrive numéro un avec 105 millions de visiteurs uniques par mois (CNN Politics, CNN Tech et CNN Money) – devant Yahoo News (93 millions), The New York Times (85 millions) The Huffington Post (80 millions) et Buzzfeed ( 77 millions).

Mais l’audience de CNN traîne chez les « Millenials » qui préfèrent une approche plus légère de l’information comme chez Buzzfeed ou Vice.
Pour rajeunir son public, Zucker a engagé Casey Neistat, une star de YouTube (sa chaîne « The Vlog » comptait 6 millions d’abonnés) dont il a racheté la compagnie en novembre dernier pour 25 millions de dollars. Anthony Bourdain, ancien devrait également continuer l’aventure télé de sa célèbre émission culinaire (« Parts Unknown ») sur internet avec davantage de contenu vidéo, photo et interactif (« Explore Parts Unknown »).

« CNN Chief Jeff Zucker dévoile son plan pour dominer le numérique »The Hollywood Reporter

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6. Couverture du Jour: 

Très belle couverture du New York Times magazine consacrée cette semaine au « Département de la justification » américain et à « l’avenir uncertain de la vérité et de la justice dans premier organisme d’application de la loi du pays.

* « Department of Justification » via New York Times magazine

  • The New York Times magazine – Edition du 5 mars 2017: « Department of Justification »