Trump vient de mettre K.O. sa travel ban

 

Ce week-end, Donald Trump a utilisé les attaques terroristes de Londres pour défendre sa fameuse « travel ban »; une terminologie controversée, démentie pendant des mois par son administration, qui a désormais toutes les chances d’être rejetée par le Cour Suprême des Etats-Unis.
Explications.

 

Oui, il s’agit bien d’une travel ban

  • Samedi soir, le président américain a utilisé les attaques terroristes de Londres pour défendre son décret présidentiel anti-immigration:

    ll faut être intelligent, vigilant et intransigeant. Les cours doivent nous rendre nos droits. La Travel Ban est nécessaire pour renforcer notre sécurité.

  • Dimanche, les médias américains ont surtout relevé l’utilisation de la terminologie controversée de « travel ban » que son administration a essayé tant bien que mal de minimiser ces derniers mois en accusant les médias d’en être à l’origine.

    Ce matin le président a évoqué la polémique et ne s’est pas rétracté, au contraire:

    Les gens, les avocats et les cours peuvent l’appeler comme ils veulent, mais je l’appelle pour ce qu’elle est et pour ce dont nous avons besoin: UNE TRAVEL BAN

  • Il a également reconnu que la première version, « plus dure », bloquée par une cour d’appel fédérale, est celle qu’il a toujours voulu, et que la seconde, elle aussi bloquée, et présentée devant la Cour de Justice des Etats-Unis la semaine dernière, « est édulcorée et politiquement correcte ».
  • Il en a également profité pour critiquer les cours de justice, « lentes et partisanes » qui doivent pourtant décider de l’avenir du décret.

 

Les deux travel ban bloquées

  • La première « travel ban » (Executive Order #13769) signée le 27 janvier dernier interdisait l’entrée sur le territoire américain des réfugiés syriens, bloquait l’entrée des réfugiés provenant de sept pays musulmans, y compris ceux en possession d’un visa, pour trois mois, en attendant de vérifier leur statut.
    Le décret a été bloqué par une cour d’appel de Washington quelques jours plus tard.
  • La seconde travel ban (Executive Order #13780) signée le 6 mars ré-autorise uniquement l’entrée de réfugiés syriens ayant déjà reçu l’accord des autorités américaines et les détenteurs d’une carte verte ou d’un visa en règle provenant des six pays musulmans. La délivrance de nouveaux visas et l’accueil de nouveaux réfugiés syriens est suspendue 
    Le décret a été bloqué à nouveau par un juge de Hawaï une semaine plus tard.
  • Dans les deux cas, les juges ont utilisé les propres commentaires de Trump sur le décret anti-immigration « pour démontrer qu’il s’agissait d’un outil de discrimination déguisé en directive nationale de sécurité » .
    Durant la campagne électorale, Donald Trump avait appelé à « une interdiction totale et complète de l’arrivée de Musulmans aux Etats-Unis ».

 

Une travel ban qui tombe à l’eau?

  • Ce matin, Donald Trump « [a rejeté] tout ce que son administration a fait pour gagner l’approbation de la cour »:
    • Au niveau de la terminologie: Sean Spicer le porte parole de la Maison Blanche, John Kelly, le secrétaire de la sécurité intérieure ont passé des semaines à critiquer la terminologie de « Travel Ban »
    • Au niveau de ses intentions: En qualifiant la seconde version de la travel ban d’ « édulcorée » et de « politiquement correcte », Trump « complique le travail de ses avocats qui doivent persuader les juges qu’il s’agit bien de deux décrets différents. »
  • Même si selon le Washington Post,

    Les avocats du gouvernement ont cherché à convaincre les juges de ne pas prendre en compte les déclarations du président en limitant leurs analyses au texte des décrets.

  • Les journalistes ont sauté sur l’occasion pour mettre le président et son administration en face de leurs contradictions à l’instar de Chris Cuomo, journaliste de CNN:

    Ce sont des faits, ceux du président des Etats-Unis, il s’agit d’une interdiction (« ban ») et ça a toujours été le cas à l’encontre des Musulmans, c’est ce que le président veut. Le débat est clos.

  • Car comme l’a rappelé Susan Rice, ancien secrétaire à la sécurité nationale de Barack Obama, ce week-end:

    Il n’y a aucune preuve qui suggère que l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de Musulmans provenant de six pays va renforcer la sécurité des Etats-Unis.

  • Michael Hayden, ancien directeur de la NSA, explique ce matin qu’il n’y a aucun rapport entre la travel ban et les menaces auxquelles doit faire face aujourd’hui le pays: des menaces domestiques (« homegrown terrorism ») qui sont nées dans les communautés islamistes des Etats-Unis et « le seul moyen de les détecter, c’est d’essayer d’entretenir de bonnes relations avec les communautés musulmanes ».

 

 

L’incident de ce matin pourrait remettre en cause l’une de ses principales promesses de campagnes du président, prouve une nouvelle fois son caractère impulsif et son manque de réflexion, et réaffirme la nécessité de contrôler son utilisation des médias sociaux.

SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.

 

Le kiosque du 04.05.17: Alt Right et les élections françaises – Heritage Foundation – Barack avant Michelle – Morts à la frontière – Kentucky

 

  • Comment l’Alt-Right essaye d’influencer les élections françaises … sans grand résultat

    Sur un forum de messagerie en ligne fréquenté par les extrémistes aux Etats-Unis, un utilisateur anonyme a appelé le mois dernier ses confrères à bombarder les sites de réseaux sociaux en France pour soutenir Marine Le Pen, la candidate française d’extrême droite, en utilisant des memes, des hashtags et autres astuces numériques qui avaient bien marché lors des élections présidentielles américaines l’année dernière. En quelques jours, des centaines d’utilisateurs aux Etats-Unis s’étaient proposé à aider la campagne en ligne.
    Mais les tactiques américaines n’ont pas bien marché de l’autre côté de l’Atlantique

    Les raisons: Les hashtags en anglais, des memes qui ne raisonnent pas dans l’imaginaire français et surtout un pays a ses propres problèmes et façons de faire campagne: Les outils de propagande numériques utilisés par l’alt-right n’ont pas réussi à court-circuité le discours politique en France.
    Par ailleurs la France ne dispose pas d’un médium aussi influent que l’a été Breitbart News dans la campagne américaine.

    * « In French Elections, Alt-Right Messages and Memes Don’t Translate » – The New York Times

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  • Le think tank de la droite américaine en mauvais état

    The Heritage Foundation, créé en 1973 par deux Républicains de Capitol Hill pour influencer les décisions du Grand Old Party au Congrès américain – à travers des rapports courts capables d’être lus en une heure par les sénateurs et Représentants – est devenu en plus de quarante ans le think tank le plus influent de Washington.
    Pourtant « les liens étroits » qu’entretiennent aujourd’hui ces institutions « avec les campagnes et les partis a changé la relation entre [leurs] idées et objectifs politiques ».
    Le départ précipité de l’actuel président de l’Heritage Fondation, Jim DeMint, en place depuis 2013, malgré le pari réussi d’avoir soutenu Donald Trump quand d’autres think tanks avaient choisi Ted Cruz, reflète cette tension et les défis rencontrés par l’institution ces dernières années: Soutien au pouvoir en place ou organisation indépendante chargée de défendre une certaine vision du conservatisme.

    La recherche d’un nouveau leader donne à Heritage la chance de corriger les déviations qu’elle a prises par rapport à son objectif initial et de réaffirmer son identité comme l’usine à idée dont a besoin le mouvement conservateur. 

    Et redevenir un contre-pouvoir indépendant capable d’influencer l’actuel administration

    * « How to make the Heritage Foundation Great Again » – Politico

 

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  • Barack avant Michelle

    « Rising Star » est la dernière biographie de David J. Garrow consacrée au président Obama dans il explique les « calculs que [le jeune Barack] a fait durant les décennies qui ont précédé sa victoire présidentielle » et comment est-ce qu’il a « froidement compartimenté son existence » en conséquence, et dû faire des « sacrifices émotionnels à la poursuite d’un but improbable pour le commun, sauf pour lui. Chaque étape – de son engagement dans la vie de la communauté [afro-américaine de Chicago], à l’Ecole de Droit de Harvard, et même le choix de ceux qu’il a aimé – ne visait pas seulement à vivre sa vie mais à accomplir un destin ».

    On apprend également que Barack Obama a eu une vie amoureuse à Chicago avant Michelle rencontrée en 1989.
    Il a vécu pendant plusieurs années avec Sheila Miyoshi Jager, alors étudiante en anthropologie et blanche comme sa mère Stanley Ann Dunham et dont « les origines hollandaises et japonaises s’inscrivaient dans l’univers multiculturel qu’il essayait de laisser derrière lui ».

    Elle explique à Garrow que Obama avait déjà « un grand besoin d’être aimé et admiré » et qu’elle a vécu une relation très « isolée » puisqu’il compartimentait sa vie sociale de sa vie familiale.

    Ses parents ont refusé la demande en mariage de Barack Obama, faite en 1986, parce qu’elle était trop jeune et parce qu’ils avaient des doutes sur ses ambitions professionnelles.
    A partir de 1987, Barack Obama serait devenu bien plus ambitieux – il parlait déjà de devenir président – et s’est progressivement débarrassé d’une conscience « multiculturelle et internationaliste » pour embrasser l’identité afro-américaine dans laquelle une compagne blanche pouvait être un problème: « L’adoption d’une identité noire était directement liée à la décision de poursuivre une carrière politique » explique Mme Jager, aujourd’hui professeure d’Etudes asiatiques à Oberlin College dans l’Ohio.
    La conclusion de l’immense ouvrage de 1460 pages sur la détermination de Obama: « une volonté inébranlable » mais « appareil creux à l’intérieur »

    * « Before Michelle, Barack Obama asked another woman to marry him. Then politics got in the way. » – The Washington Post

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  • Comment se débarrasser de Trump?

    C’est le grand format du New Yorker cette semaine, « Endgames » ou comment couper court à la présidence de Trump.
    Tout d’abord, un président qui ne termine pas mandat est rare: il y a les décès (huit présidents sont morts en exercice) et la démission de Richard Nixon; deux procédures de destitution ont été enclenchées mais n’ont jamais abouti.

    Il existe deux manières de se débarrasser d’un président: soit en invoquant le XXVème Amendement, décidé par le vice-président et l’Administration, selon lequel le chef de l’Etat est « incapable d’exercer ses pouvoirs », considéré davantage comme « une fantaisie libérale » qu’une éventualité même si Trump est un narcissique sadique.

    L’autre option plus réaliste est celle de l’Impeachment, un « outil de responsabilité politique plus qu’un processus judiciaire » qui peut être voté par la Chambre des Représentants qui aura déterminé que le président à commis une erreur assez grave pour être destitué – c’est elle qui définit la nature de cette erreur à « un moment donné de l’histoire ».
    Pour Bill Clinton, ça été d’avoir menti (perjury) devant un grand jury et seule sa côte de popularité – 70% d’opinions favorables en 1999 – lui ont permis d’être acquitté par un Sénat qui n’a pas atteint une majorité requise de 67 votes sur 100.

    Concrètement, il faudrait un changement de majorité au Congrès américain lors des élections de mi-mandat en novembre 2018 pour que les Démocrates président les commissions parlementaires et sénatoriales capables de trouver des éléments à charge contre le président (conflits d’intérêts, impôts, la Russie) et enclenchent une procédure de destitution si tant est qu’il soit toujours aussi impopulaire auprès des Américains – il a 40% d’opinions favorables, le score le plus bas jamais réalisé depuis que l’institut Gallup réalise ces sondages d’opinions.

     

    * « How Trump Could Get Fired? » – The New Yorker

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  • Kentucky, bientôt le premier Etat américain où il est impossible d’avorter

    Cette année, le gouverneur Matt Bevin, un Républicain fervent militant pro-life a empêché une clinique du Planning familial de procéder à des avortements, a fait fermer un clinique pratiquant l’IVG dans la ville de Lexington et menacé de fermer la dernière [de l’Etat] à Louisville.
    Soutenue par l’American Civil Liberties Union, la clinique a porté plainte contre l’Etat. Le procès aura lieu au mois de septembre.
    La démarche très agressive du gouverneur a fragilisé les militants des droits des femmes, l’ont transformé en héros chez les opposants à l’avortement et les a mené tout à cette question: Le Kentucky est-il en passe de devenir le seul Etat sans aucune clinique pratiquant l’avortement?


    Les assauts répétés des gouverneurs, Représentants et Sénateurs républicains au niveau des Etats et de Washington contre l’avortement remet aujourd’hui en cause ce droit reconnu dans la Constitution américaine depuis 1973.

    Le Kentucky, qui disposait de 17 cliniques pratiquement l’IVG en 1978, fait partie aujourd’hui des sept Etats – avec le Dakota de Nord, le Dakota du Sud, le Missouri, le Mississippi, le Wyoming et la Virginie Occidentale – qui n’en disposent plus que d’une.

    * « Legal fight could make Kentucky Only State With no abortion Clinics » – The New York Times

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  • « Operation Identification »

    Grand reportage multimédia dans le New York Times sur ces milliers d’anonymes qui sont morts en tentant de traverser la frontière mexicaine vers les Etats-Unis en quête d’une nouvelle vie.

    « Ils représentent une fraction des morts recensés le long de la frontière texane. Dans un comté seulement, les restes de cinq cent immigrés ont été retrouvés depuis 2009 »

    Ils sont identifiés par des numéros « Case 0435 » est mort à un kilomètre d’une route qu’il devait essayer de retrouver, « Case 0469 » a été retrouvé avec un bracelet vert, « Case 0519 » portait sur lui une bible en espagnol. Tous ces objets sont gardés dans une morgue de Texas State University située près de San Antonio qui finance un projet Operation Identification avec le département d’anthropologie médico-légal qui essaye d’identifier ces individus, morts pour la plupart de déshydratation.

    * « A Path to America, Marked by More and More Bodies » – The New York Times

 

  • Elizabeth Moss est une new yorkaise

    Extrait d’une interview donnée au New York magazine:

Le kiosque du 21.04.17: Prince 1 an plus tard – Une fille nommée Allah – Erdogan x Giuliani

 

 

 

  • Wikileaks à nouveau menacé

    Les procureurs du gouvernement débattent sur l’éventualité de déposer plainte contre des membres de Wikileaks concernant les fuites de câbles diplomatiques et documents militaires diffusées en 2010, et enquêtent également pour déterminer si le groupe a commis a un crime en révélant les outils de piratage de la CIA.
    Sous le président Obama, le Département de Justice avait décidé de ne pas poursuivre Wikileaks pour avoir révélé les documents ultra-secrets – une décision qui aurait pu mener le gouvernement à poursuivre en justice des organes de presse pour la publication d’informations confidentielles (…) On ne sait pas si les procureurs s’intéressent également au rôle joué par Wikileaks l’année dernière dans la publication des emails du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John D. Podesta, qui ont été, selon les autorités américaines, ordonnés par le gouvernement russe.

     
    A retenir: La « bromance » entre Julian Assange et Donald Trump, qui a marqué les derniers mois de la campagne présidentielle est terminée. Contrairement à son prédécesseur, Barack Obama, qui avait été plutôt clément envers Wikileaks – pas Julian Assange – la nouvelle administration pourrait poursuivre l’organisation, et ouvrir le voie à la pénalisation d’autres organes de presse qui ont beaucoup travaillé ces dernières semaines grâce aux fuites de la Maison Blanche et des Agences de Renseignement.
     
    * « US again weighing Wikileaks charges » – The Washington Post

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  • Des parents autorisés à appeler leur enfant Allah

    Zalykha Graceful Lorraina Allah a finalement un nom.

    Après une bataille juridique de 23 mois, l’Etat de Géorgie à finalement publié un acte de naissance à ce nom, après avoir initialement rejeté la requête de la famille parce que le nom de famille ne correspondait ni à celui du père, ni à celui de la mère.
    Elizabeth Handy et Bilal Walk ont porté plainte contre l’Etat pour obtenir le droit d’appeler leur fille – née le 25 mai 2015 – comme ils l’entendent.
    L’Etat a finalement accepté.
    « C’était une revendication importante pour les droits des parents et une victoire amplement méritée pour Elizabeth et Bilal » explique la directrice de l’association ACLU de Georgie, Andrea Young.
    Young and Handy, qui vivent à Atlanta et ne sont pas musulmans, expliquent avoir choisi le prénom de ZalyKha pour sa noblesse – Les Musulmans seraient en effet offensés d’un tel choix.
    Un imam d’Atlanta, Plemon El-Amin a affirmé jeudi qu’aucun musulman n’appellerai sa fille « Allah », et a conseillé aux parents de ne pas le faire. Parce que les Musulmans pensent qu’il n’existe aucun autre dieu que Allah, tout prénom qui contient « Allah » doit être accompagné d’un préfixe de « serviteur ou création d’Allah » pour éviter la confusion et l’idée que quelqu’un prétende être dieu.

     
    * « Georgia relents, allows couple to name their young daughter ‘Allah’ «  – Atlanta Journal Constitution

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  • Giuliani a rencontré Erdogan

    Fin février, alors que les Etats-Unis et le reste du monde s’adaptaient au président Trump et que la Turquie travaillait à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, ce dernier a accepté de rencontrer des visiteurs américains. Parmi les invités, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York qui a représenté Mr Trump pendant sa campagne, et un autre avocat, Michael Mukasey, qui était ministre de la justice sous le président George W. Bush.Le but de la visite de Mr Giulinani et Mr Mukasey était extraordinaire: Ils espéraient obtenir un accord diplomatique à travers lequel la Turquie défendrait les intérêts américains dans la région. En échange, les Etats-Unis s’engageaient à relâcher deux clients, Reza Zarrab, un businessman turc emprisonné pour corruption à Manhattan, et un proche d’Erdogan. (…) Certains analystes ont suggéré que si Mr Zarrab était libéré et retournait en Turquie, Mr Erdogan serait plus enclin à se ranger derrière les intérêts américains dans la Moyen Orient. (…)Le problème Zarrab n’est pas une affaire d’Etat » explique Hasan Yalcin, directeur de recherches stratégique pour un think tank proche du gouvernement turc, « ce n’est pas un problème sur lequel l’Etat truc se concentre, et la relation entre l’Etat turc et Zarrab n’est que spéculation

     
    * « Why Giuliani was granted a Meeting with Turkey’s President » – The New York Times

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  • Prince, un an après


    Prince est mort il y a un an, et le quotidien de sa ville natale, le Star Tribune de Minneapolis, dans le Minnesota, lui a rendu hommage en une: « Il était l’un des nôtres et il le reste. C’est certain« 

    Ces 365 derniers jours, de superbes peintures murales, des marathons radio de 24 heures et un florilège d’hommages locaux ont essayé de remplir le vide. Mais la mort de Prince le 21 avril dernier a eu un impact émotionnel sur les Twin Cities [Minneapolis et Saint Paul] bien plus important que la victoire des Twin Cities aux World Series [Championnat américain de baseball] de 1991. Si c’était la jubilation, [la mort de Prince] est l’opposé. »C’est comme si une bombe avait explosé » raconte l’ancien batteur Michael Bland. « C’est difficile de quantifier la perte ici dans sa ville natale ».

     
    * « Never Letting Go » – Star Tribune

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  • Construction et Immigration à Los Angeles.

    Eddie Ybarra et Francisco Martinez ont tous les deux la quarantaine, travaillent côte à côte à la construction des murs des deux nouveaux condos dans le quartier de downtown à Los Angeles. Ils conduisent leur pickups pour aller travailler, le garent dans un parking adjacent et tous les deux prennent leur pause déjeuner autour de 10 heures du matin.

    C’est tout ce qu’ils ont en commun.

    Ybarra, né à L.A., mène le style de vie de la classe moyenne depuis plus de vingt ans, appartient à un syndicat de charpentiers, gagne 40 dollars de l’heure en plus d’une retraite, d’une assurance maladie et des congés payés.
    Martinez, né à Guadalajara au Mexique, travaille pour un contracteur qui n’est pas syndiqué, installe des panneaux de métal et autres pièces détachées pour 27,5 dollars de l’heure. Il n’a aucune retraite, sa couverture santé n’assura pas sa famille et dispose de cinq jours de congés payés par an.
    L’histoire de ces deux hommes montre le changement radical qui a placé la construction au centre du débat national sur le déclin des emplois ouvriers et la vision du président sur l’immigration.

     
    A retenir: A Los Angeles, les métiers du bâtiment, autrefois occupés aux deux tiers par des ouvriers blancs et syndiqués est devenu en quelques décennies un secteur dominé dont la plupart des ouvriers sont latino, non syndiqués et qui repose beaucoup sur l’immigration.
     
    * « Why L.A. construction work pays less today » – Los Angeles Times

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La unes des quotidiens

Immigration aux Etats-Unis: Un premier DREAMer expulsé?

 

Donald Trump a promis qu’ils seraient épargnés par le durcissement des lois contre l’immigration, mais le premier cas d’expulsion d’un jeune DREAMer d’origine mexicaine a été signalé cette semaine et si les faits sont avérés, ce sont des centaines de milliers d’autres adolescents et jeunes immigrés qui seraient directement menacés partout dans le pays.

 

 

USA Today a révélé l’affaire en première mercredi 19 avril 2017

Juan Manuel Montes vient de porter plainte contre l’administration Trump devant une cour de Californie mardi pour avoir été illégalement déporté au Mexique alors qu’il bénéficie de la protection du Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), mis en place par Barack Obama, qui protège les mineurs arrivés illégalement sur le territoire américain, sans aucune justification des autorités.

 

le Department of Homeland Security, en charge du contrôle et de la sécurité des frontières et toutes les questions relatives à l’immigration, a reconnu mercredi que le jeune Montes, 23 ans, était effectivement un DREAMer et son statut valide jusqu’à la fin 2018 tout en affirmant que l’intéressé aurait quitté les Etats-Unis pour le Mexique, sans en informer les autorités et l’aurait rendu inéligible pour le programme DREAM.

L’intéressé a démenti les faits: il aurait été arrêté par les forces de l’ICE (Immigration & Enforcement Agency) en Californie le 17 février dernier sans avoir pu présenter sa carte d’identité et son statut de DACA laissé dans la voiture d’un ami. Embarqué de force, sans passer par un juge ni un avocat, il aurait été expulsé le jour même vers le Mexique. 
Le National Immigration Law Center qui représente Montes a demandé il y a plusieurs semaines au DHS de rendre public les conditions de son arrestation – ce que le Département refuse pour des raisons de confidentialité.

 

L’incident, révélé mardi par USA Today, a mis en émoi les communautés immigrées et les 750 000 DREAMers répartis un peu partout aux Etats-Unis, dont un tiers en Californie.
Les réseaux sociaux ont également pris part à la consternation à travers le hashtag #justiceforjuan, des manifestations ont eu lieu devant certains bureaux d’immigration et une pétition en ligne a été envoyée au Secrétaire du Département de la Sécurité Intérieure (DHS en français), John Kelly, qui déclarait au même, dans son premier discours officiel, que la nation américaine était « danger ».

 

Steve King, un Représentant de l’Iowa, a salué le geste des agents de l’immigration via Twitter mardi

 

 

Si Trump a promis durant la campagne d’arrêter et de renvoyer les immigrés en situation irrégulière à commencer par les membres de gangs, les criminels et autres « bad hombres », il a affirmé « avoir un grand coeur » et s’est engagé à défendre le programme DACA mis en place par son prédécesseur.
John Kelly a récemment rassuré les DREAMers que le DACA était « bien en vigueur » et le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, avait également affirmé aux intéressés qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter.

 

USA Today – Edition du jeudi 20 avril 2017

 

Ce serait donc le zèle de certains agents de l’Immigration and Customs Enforcement qui auraient outrepassé les directives présidentielles pour expulser un jeune immigré en situation régulière – qui est toujours assigné à résidence au Mexique, loin de sa famille installée en Californie.

 

C’est absolument scandaleux que des agents de la police des frontières s’autorisent à prendre des décisions qui bouleversent la vie et le futur des individus en toute impunité (…) l’ICE doit être maîtrisée et interdite de violer gravement les droits constitutionnels des gens.

Angelica Salas – directrice de « Coalition for Humane Immigrants Rights (CHIRLA)

 

 

On ne sait pas encore les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais le cas de Montes, arrivé aux Etats-Unis à l’âge neuf ans, est précisément ce que craignaient beaucoup d’associations de défense des droits des Immigrés en situation irrégulière et tant que les faits ne seront pas clairement établis, et la responsabilité de chacun admises par les différents partis, les DREAMers ont toutes les raisons de s’inquiéter.

 

Vox résume la situation:

Tout signe qui prouverait qu’un bénéficiaire du programme DACA a été arrêté par les agents d’immigration serait la preuve que l’administration n’opère aucune discrimination parmi les immigrés en situation irrégulière [les DREAMers ne sont pas résidents permanents] et que les peurs qui existent au sein des communautés immigrés sont tout à fait justifiées.
La crédibilité de l’administration et de ses critiques est en jeu dans cette affaire.
Si le DHS dit la vérité sur l’affaire Montes, le scandale créé par USA today sera exemple parfait du refus de croire aux rapports officiels [agressivement défendus par John Kelly dans un discours cette semaine] même l’opportunité de diffuser les conditions de l’arrestation lui ont été données depuis longtemps (…) mais les explications ne cessent de changer 

 

 

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Le kiosque du 19.04.17

 

 

Sur le Site du Kiosque

  • Jon Ossoff, le jeune espoir démocrate n’a pas réussi à remporter le premier des élections pour le siège du 6ème district de Georgie au Congrès Américain et rencontrera au second tour Karen Handel le 20 juin prochain.
    A lire ICI

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  • Alex Jones
    L’avocat de l’animateur radio/télé le plus enragé de la télé, supporter de Trump, libertarien assumé et champion des théories du complot a affirmé que les colères de son client n’étaient que de la performance – ce que l’intéressé a démenti.
    Retour sur ce personnage très influent de la sphère alt-right et libertarienne
    A lire ICI

 

Dans les quotidiens

  • Colorado, terre des champions de Pinball

    Depuis deux semaines, le pari est devenu un peu plus compliqué.
    « Dans la voiture en allant aux championnats, il m’a dit, ‘Si tu gagnes PAPA (The Professional & Amateur Pinball Association), je t’achèterai un camion de glace’. C’est pour dire à quel point le pari était réaliste. » raconte Escher en parlant de son père. « Maintenant, tout le monde se demande quand est-ce qu’il va m’offrir ce camion de glace ».
    C’est parce que Escher, un enfant de 13 ans scolarisé à la maison et originaire de Longmont, a gagné la division mondiale des Championnats du monde de PAPA [Flipper] qui ont eu lieu à Carnegie en Pennsylvanie le 9 avril dernier, et qui ont fait de lui le meilleur joueur de flipper au monde.
    Il n’est pas tout seul au Colorado. Grâce à des joueurs de rang mondial et une culture de plus en plus importante qui inclut les prochaines « Lyons Spring Classic » et « les Rocky Mountain Pinball Showdown », le flipper est devenu un style de vie pour beaucoup dans l’Etat.

    Escher Lekhoff joue au flipper depuis l’âge de deux ans, a grandi dans la petite communauté d’amateurs de flipper, passé ses weekends et son temps libre à y jouer avec son père, lui aussi joueur de haut niveau, et il est devenu le plus jeune champion du monde cette année en battant 749 autres joueurs lors de deux journées marathon.

    « Personne n’était surpris de voir Escher se qualifier dans un tournoi pour adultes » explique l’un des membres de l’Association Internationale de Flipper. Certains pensent qu’il s’agit d’un jeu de hasard mais il existe de nombreuses techniques qui font gagner les joueurs. Et exécuter ce genre de techniques en compétition peut être intimidant avec les gens autour et les caméras, mais Escher a fait cela toute sa vie donc ça ne lui pose pas de problème.

    * « Pinball Wizard » – The Denver Post

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  • Hollywood dépendant de la Chine

    Los Angeles – La première de « The Great Wall » au mois de février affichait un équilibre calculé entre deux superpuissances. Matt Damon était sur le tapis rouge avec sa co-star chinoise, Jing Tian.
    Le réalisateur Zhung Yimoo a remercié les co-producteurs de Universal Pictures et de Dalian Wanda Group Co., chinois.
    L’after party avait du poulet aigre-doux.
    L’échec du film n’a pas ralenti la collaboration trans-pacifique.
    Hollywood est devenu tellement impliqué avec la Chine que l’industrie du cinéma de peut plus marcher sans elle.
    Les investisseurs chinois et plus d’un milliard de spectateurs potentiels ont rendu la Chine indispensable au business des films.
    Le box office du pays a totalisé l’année dernière 6,6 milliards, le second marché mondial derrière les Etats-Unis avec 11,4 milliards de dollars.
    Dans quelques années, la Chine sera numéro un.Alors que les ventes de tickets ont stagné en Amérique, celle des chinois ont triplé depuis 2011.
    (…)
    Les compagnies chinoises privées ou financées par l’Etat ont investi des dizaines de milliards de dollars dans des films américains durant la dernière décennie.
    La relation a des contraintes.
    Les autorités, la censure et les consommateurs chinois influencent presque tous les aspects du cinéma américain en Chine, des scénarios aux castings et aux suites de films.

    * « Hollywood New Script: You Can’t Make Movie Without China »The Wall Street Journal

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  • L’assassin d’Etan Patz condamné à 25 ans de prison

    « Pedro Hernandez, après toutes ces années, on a finalement découvert le terrible secret que tu cachais dans ton coeur. Je ne te pardonnerai jamais. Le dieu que tu pries ne te pardonnera jamais. Tu es le monstre qui hante nos cauchemars. » Stan Patz, père d’Etan Patz.

    C’est l’une des disparitions les plus célèbres qui hanté New York pendant plus de trente ans: celle d’Etan Patz sur le chemin de l’école dans le quartier de Soho un matin de juin 1979. Il avait six ans, et c’est l’une des premières disparitions d’enfants qui a provoqué un émoi dans l’ensemble du pays, avec la photo du petit Etan diffusé sur les cartons de lait.
    Le mystère est resté entier jusqu’à ce que la police obtienne des nouveaux indices en 2012 et interroge à nouveau Pedro Hernandez, qui travaillait à l’époque dans une épicerie du coin.
    Le témoin a rapidement avoué mais le corps du petit Etan, dissimulé dans des sacs poubelles et ramassé par les bennes à ordure, n’a jamais été retrouvé.
    Pedro Hernandez a été condamné à 25 ans de prison ferme.

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  • Le patron de la Sécurité Intérieure demande aux critiques de la fermer

    Washington.
    Le Secrétaire de la Sécurité Intérieure, John Kelly a conseillé mardi aux Parlementaires et autres critiques des politiques de déportation agressives du président Trump de changereux-mêmes les lois d’immigration de la nation ou de « la fermer ».
    « Si les parlementaires n’aiment pas les lois que nous appliquons, que nous sommes censées appliquer, et que nous avons fait le serment d’appliquer – ils devraient avoir le courage et les qualifications de changer ces lois » a affirmé Kelly.
    « Sinon ils feraient mieux de la fermer et soutenir les hommes et les femmes sur le terrain. »
    Dans un discours assez combattif, le premier depuis que Trump l’a choisi pour diriger les forces d’immigration et la sécurité aux frontières du pays, Kelly a offert l’image d’un Département découragé qui doit faire face à un monde hostile.
    « Ne vous trompez pas » a-t-il déclaré « nous sommes une nation attaquée »
    .
    Le discours, qui a insisté sur les dangers des organisations criminelles transnationales, du terrorisme « maison », des cyberattaques et de la drogue, a été donné avant le voyage de Kelly et Jeff Sessions [ le ministre de la Justice] dans la ville de El Paso, à la frontière mexicaine, jeudi.

    * « DHS Chief tells critics to ‘shut up’ « Houston Chronicle

 

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Les unes des quotidiens du 19 avril 2017

 

 

Le kiosque du 04.04.17: L’équipe Trump démasquée – 8 ans pour fraude électorale – Un « test idéologique » pour rentrer aux US – Pruitt vs Fox News – Blackwater

 

  • Bientôt un « test idéologique » avant d’entrer aux States?

    « Extreme Vetting », le terme utilisé par la nouvelle administration pour justifier la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires dans les aéroports sur les touristes qui se rendent aux Etats-Unis: ils pourraient prochainement être obligés de donner les contacts de leur téléphone portable, les mots de passe de leur compte Facebook ou Twitter, leurs relevés de compte et même répondre aux questions concernant leurs idées politiques.
     

    L’administration souhaite également que ceux qui appliquent pour un visa soient l’objet d’intenses recherches et que les ambassades passent plus de temps à interviewer chaque candidat.
     
    Les changements s’appliqueraient à tous les pays du monde, y compris la France et l’Allemagne

    Les mesures, soi-disant prises pour lutter contre le terrorisme, n’ont pas encore été rendues public et devraient très certainement provoquer une nouvelle polémique lorsqu’elles le seront. Une cinquante d’associations pour la défense des libertés a déjà dénoncé « une attaque directe contre les droits fondamentaux » y compris la liberté d’expression.
     
    L’administration travaille également sur une idée lancée par Trump lorsqu’il était candidat, le « test idéologique » à passer avant d’entrer sur le territoire américain pour arrêter « ceux qui ne croient pas en notre constitution, qui soutiennent l’intolérance et la haine ».
     
    * « Trump administration Considers Far-Reaching Steps for « Extrême Vetting » – The Wall Street Journal

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  • « A new can of Worms »

    The Washington Post

     
    Les Emirats arabes unis ont arrangé une réunion secrète en janvier dernier entre le fondateur de Blackwater, Erik Prince et un russe proche de Vladimir Poutine pour essayer d’établir une communication secrète entre Moscou et le président-élu Donald Trump.
     
    C’était la une du Washington Post hier qui a ouvert un « nouveau panier de crabes » pour l’administration puisque le fondateur de BlackWater, une compagnie militaire privée américaine, frère de Betsy DeVos, la très controversée Secrétaire d’Etat à l’Education, se serait présenté comme un conseiller « officieux » de Trump durant le meeting qui s’est tenu aux Seychelles.
    C’est un proche de Steve Bannon et de Rebekah Mercer, l’une des plus importantes donatrices de la campagne de Trump.

     
    La rencontre a été découverte dans le cadre de l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016 et l’information révélée au quotidien de Washington par une source anonyme.
     
    Sean Spicer a affirmé en conférence de Presse que la Maison Blanche n’avait aucune connaissance de cette rencontre et que Mr Prince n’avait eu aucun rôle dans l’équipe de transition.
    Des propos repris par le porte parole de Mr Prince qui s’en est pris aux agences de renseignements qui feraient mieux de chasser les terroristes plutôt que de surveiller les citoyens américains.
     
    * « Trump Donor met Putin ally in Seychelles »The Washington Post

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  • Des proches de Trump « desmasqués » par une conseillère d’Obama

    Susan Rice, conseillère à la sécurité de Barack Obama – à ne pas confondre avec Condolezza Rice sous le président George W. Bush – aurait demandé avant son départ à ce que les noms de citoyens américains privés relevés « accidentellement » lors des écoutes effectuées par les agences de renseignement (« incendal collections ») sur des officiels étrangers et liés à la campagne de Trump soient « demasqués », c’est-à-dire que leur identité soient dévoilées à ceux qui auraient accès à ces documents, censés être confidentiels. Généralement, ces noms sont enlevés des rapports ou remplacés par le terme « U.S. Person One ».
     
    Ezra Cohen-Watnick, un conseiller du Conseil de la Sécurité Nationale de la nouvelle administration aurait découvert les requêtes de Susan Rice au mois de février et alerté la Maison Blanche, qui a pris le relais de l’enquête. Les rapports en questions « contiennent des informations politiques importantes sur l’équipe de transition de Trump, sur les personnes qu’elle a rencontré, les positions des proches du président-élu sur la politique étrangère et les stratégies de la future administration. »
     
    Ces révélations n’ont rien à voir avec les accusations selon lesquelles Trump aurait été mis sur écoute entre novembre et janvier 2017 mais elles inquiètent les défenseurs des libertés civiles sur les programmes de surveillance des agences de renseignements.
     
    Durant les derniers mois au pouvoir, des représentants de l’administration Obama ont changé le degré de « classification » de certains documents confidentiels pour qu’ils soient accessibles à un plus grand nombre au sein du gouvernement – ce qui pourraient expliquer les nombreuses fuites révélés dans les médias sur l’équipe de transition de Trump, et notamment le général Flynn, qui a du démissionner.
     
    Comme le constate aujourd’hui l’éditorial du New York Post: » il y a deux problèmes en jeu aujourd’hui, l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines, dont tout le monde parle, et les efforts de Barack Obama de saboter l’équipe de Trump ».

     
    * « Top Obama Adviser Sought Names of Trump Associates in Intel »Bloomberg View

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  • Fox News flingue Scott Pruitt

    Ca fait plaisir quand un journaliste de Fox News fait actuellement son travail de journaliste et pas celui de supporter de Donald Trump. Chris Wallace un vétéran du métier et modérateur du dernier débat présidentiel des élections a reçu dimanche dans son émission « Fox News Sunday » le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, Scott Pruitt, l’un des nombreux « climatosceptiques » de la nouvelle administration.
     
    Les questions de Mr Wallace étaient simples et logiques mais ont toutes relevé les contradictions du gouvernement qui affirme agir pour l’environnement tout en abrogeant les lois mises en place par Obama pour protéger justement cet environnement et limiter le réchauffement climatique.
     

    * « Comment voulez défendre l’environnement quand le budget « America First » prévoit des coupes budgétaires de 30% contre l’EPA?

     
    * « Sans le Clean Power Plan [voté sous Obama qui prévoit d’ici à 2030, 3 600 morts prématurés, 300 000 journée de travail et d’écoles et 90 000 cas d’asthmes en moins pas an] commet est-ce que vous allez atteindre ce but?
    La réponse de Mr Pruitt, comme la plupart des justifications sur les lois mises en place par l’ancien président, c’est qu’elles représentent un abus de pouvoir contre les prérogatives des Etats – des considérations politiques qui n’ont rien à voir avec les problèmes de santé en jeu.
     
    Même Breitbart a critiqué la prestation du chef de l’EPA, « une concession inutile envers l’ennemi », qui n’a pas assez défendu ses positions contre l’idée d’un réchauffement climatique et la défense de la politique de Trump « qui est mise en place pour le bien de science, le bien de l’économie et la mission clé de Make America Great Again« .
     

     
    * « The Left and Right agree: Fox News destroyed EPA Chief Scott Pruitt over Climate Change » – The Washington Post

    * « Delongpole: EPA’s Scott Pruitt Gets Eaten Alive by Fox » – Breitbart

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  • Fox reste loin en tête des chaînes câblées

    Malgré les scandales qui ont éclaboussé la chaîne câblée ces derniers mois, des accusations de harcèlement sexuel contre président Roger Ailes, viré cet été, et ce weekend contre son présentateur vedette, Bill O’Reilly (quatre millions de téléspectateurs en moyenne chaque jour), Fox News reste largement en tête de ses consoeurs, devant CNN et MSNBC, avec une moyenne qui oscille entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.
     
    Tous ont profité du « Bump Trump » mais pas autant que le réseau de Rupert Murdoch qui a enregistré le meilleur trimestre de son histoire.
     

    Axios

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  • Article du jour: Huit ans de prison pour fraude électorale

    The Washington Post

    Article très intéressant qui frappe au coeur d’une des dizaines de polémiques initiées par le président sur la fraude électorale qui lui aurait coûté la perte du vote populaire contre Hillary Clinton – qui a gagné avec une marge de trois millions de votes: Le Washington Post a rencontré Rosa Ortega, 37 ans, une « résidente permanente » du Texas qui a pu voter pendant des années affirmé être citoyenne américaine sur sa fiche d’inscription électorale.
     
    Lorsque la police a frappé à sa porte en octobre 2015, elle a expliqué qu’elle pensait pouvoir voter parce qu’elle avait la carte verte.
     
    Ca n’a pas convaincu l’assistant du ministre de la justice texan, Jonathan White, qui a réussi à la faire inculper et convaincu les jurés de lui donner une « punition juste »: huit ans de prison.
     

    Pourquoi! Pourquoi moi? Huit ans de prison pour avoir fait une erreur en signant un feuille de papier. Je ne savais pas ce que je faisais. Je n’ai aucun casier criminel.

     
    Mme Ortega a réussi à voter à presque toutes les élections depuis 2004 sans que les autorités s’en inquiètent.
     
    Le jury qui l’a condamné a voulu faire d’elle un exemple pour « protéger la démocratie américaine » et sachant qu’elle est mère de trois enfants et vit aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans.
    Elle a fait appel et attend aujourd’hui une réponse

     
    * « She voted illegally. But was the punishment too harsh? » The Washington Post

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  • La phrase du Jour

     Tom Perez, le président du parti démocrate, a affirmé que « les républicains n’en n'[avaient] rien à foutre du peuple » et qu’il ne comptait pas revenir sur ses propos « Sorry not Sorry »
     

    Tom Perez / Twitter

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  • Couverture du Jour

    New York magazine consacre son numéro à la stratégie déployée par le Démocrates pour remporter les élections de 2018 et incarnée par cette figure du parti, Jon Ossoff, 30 ans, un néophyte de la politique, qui vient de remporter un siège de Représentant dans l’Etat de Géorgie contre Newt GinGrich.
     
    * « Will Anti-Trump Fury help Flip the Electoral Map for Democrats? »New York magazine
     

03.04.17: A la une des quotidiens US

 

On vous sélectionne les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.
Ce sont les unes du Jour

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  • Reprise du championnat de Baseball

    Pas mal de unes consacrées aujourd’hui à la reprise du championnat le plus long du sport américain le plus lent, et le plus ennuyeux pour ceux qui n’y comprennent rien: le baseball.
    En quelques chiffres pour vous donner encore plus envie:

    – La durée de la Major League Baseball Season est de 7 mois (du 2 avril au 1er novembre)
    – Les World Series, la finale du Championnat durent une semaine (24-30 octobre) au cours de laquelle le gagnant doit remporter 4 matchs et une septième et dernière rencontre, si nécessaire, est prévue le 1er novembre.
    – Il y a 30 équipes dans le championnat MLB, réparties en 2 Divisions (comme pour le football américain): American League et la National League
    Les deux divisions ont chacune trois Ligues: East, Central et West qui comprend cinq équipes chacune.
    162 rencontres pour la saison 2017
    Chacune des équipes rencontre 19 fois les quatre autres équipes sa Ligue, ce qui fait 76 matchs: Dans l’American League East qui comprend les Baltimore Orioles, Boston Red Sox, Tampa Bay Rays, Toronto Blue Jays et New York Yankees; les Yankees vont affronter 19 fois chacune des équipes en alternant à domicile et à l’extérieur
    * Chacun des équipes rencontre les cinq équipes des deux autresLigues de sa divisions 6 ou 7 fois, ce qui totalisent 66 matchs
    * 20 rencontres « spéciales » sont prévues entre les équipes des deux divisions.

    Enfin le tenant du titre, les Chicago Cubs ont perdu contre les St Louis Cardinals.

    Voici les prévisions de USA Today pour la saison 2017.

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02.04.17: A la une des quotidiens US

 

  • Les campagnes rurales malades

    Reportage assez déprimant sur les zones rurales américaines, touchées par le chômage, dans lesquelles de plus en plus d’Américains survivent grâce aux pensions d’invalidité, à l’instar de ce comté d’Alabama, Lamar, où 18,7% des gens en âge de travailler sont handicapés.
    Entre 1996 et 2015, le nombre d’adultes en arrêt maladie est passé de 7,7 à 13 millions et le gouvernement va dépenser cette année 192 milliards de dollars en subventions, soit plus que les « food stamps », la sécurité sociale, aides au logement et au chômage réunis.
    * « Disabled or just desperate » The Washington Post

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  • La Bathroom Bill est prête pour l’Alabama

    L’annulation de la « Bathroom Bill » en Caroline du Nord n’aura aucune incidence sur le projet de loi similaire, appelée SB1 ou « Alabama Privacy Act » qui doit passer devant le parlement du « Cotton State » au mois d’avril et concerne l’accès aux toilettes publiques des entreprises et lieux publics.
    La loi stipule que les toilettes ou vestiaires utilisés par plusieurs personnes à la fois doivent être exclusivement pour les personnes de même « genre » et ouverts à tous, indépendamment de leur genre à la condition qu’un gardien soit présent pour « protéger la sécurité physique et émotionnelle de ceux qui les utilisent. »

    Toute institution publique qui laisseraient des toilettes sans sécurité seraient pénalisés d’une amende de 2 000 à 3 500 dollars
    Associated Press avait estimé le manque à gagner de la « Bathroom Bill » dans le Tar Heel State à 3,7 milliards de dollars sur les dix prochaines années et entrainé jeudi dernier un compromis qui a frustré les conservateurs qui soutenaient la loi et les associations LGBT qui voulaient son abrogation pure et simple.
    D’autres Etats, comme l’Alabama ont proposé leur propre « Bathroom Bill »: Kansas, Missouri, South Caroline, Texas, Minnesota et le Wyoming.
    * « Restroom bill sponsor presses ahead »Birmingham News

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  • Le dilemne des Dreamers

    Les jeunes enfants d’immigrés sans papiers pourraient être confrontés à un choix difficile si leurs parents étaient déportés: les suivre ou rester aux Etats-Unis.
    Ils sont 45 000 dreamers dans l’Etat d’Illinois à être autorisés à travailler et étudier depuis le décret présidentiel (DACA) signé il y a cinq ans par Barack Obama réservés à ceux nés à l’étranger et entrés aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants.

    Ils sont encore 70 000 jeunes immigrés à attendre leur statut Dreamers d’ici au mois de septembre, le quatrième Etat le plus important derrière New York (45 000), le Texas (130 000) et la Californie (240 000) et pour chacun d’entre eux, il y a en moyenne deux immigrés sans papiers dans la même famille.
    On observe partout dans le pays un nombre croissant de foyers dont les membres ont des statuts différents aux yeux de la loi: des parents en situation illégale, des adolescents « dreamers » et leurs jeunes frères et soeurs qui sont citoyens américains nés aux Etats-Unis.
    Rappelons que tous les dreamers ont accepté de donner leurs informations personnelles, et celles de leurs parents, au gouvernement en échange de leur statut ceux qui rend leurs proches d’autant plus vulnérables si Trump venait à élargir les critères de ceux qu’ils déporter du pays.
    * « Divided Houses »Chicago Sun-Times

 

 

28.03.17: A la une des quotidiens américains

On vous sélectionne les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.
Ce sont les unes du Jour

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  • Marie Le Pen en une du Wall Street Journal

    Comment Marine Le Pen a transformé le parti extrémiste et xénophobe de son père en un parti populaire et plus intégré dans le paysage politique français qui devrait passer le premier tour des Présidentielles en avril prochain.
    &nbsp
    « France Fiery Populist Courts the Elite »Wall Street Journal

     

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  • Jeff Sessions aux « villes sanctuaires »: Obéissez!

    « C’est ce qu’on fait » ont répondu lundi les villes de Los Angeles et Santa Ana en Californie.
    &nbsp
    Le ministre de la justice a tenu une conférence de presse hier à la Maison Blanche au cours de laquelle il s’est plaint « des Etats et des villes qui ont adopté des politiques qui vont à l’encontre de l’application de nos lois sur l’immigration (…) notamment le refus de détenir des prévenus qui sont l’objet d’une « demande de détention fédérale ».
    &nbsp
    206 mandats sur les 3 083 délivrés sur une semaine, fin février – début mars n’ont pas été honorés.
    Le « federal detainer request » demande aux autorités locales de détenir les prisonniers 48 heures de plus dans leurs locaux afin que les agents de l’immigration puissent aller les récupérer. Certains forces de l’ordre locales demandent un mandat d’arrêt aux autorités fédérales et relâchent le suspect les cas échéant pour ne pas entraver leurs relations avec les communautés locales.

    &nbsp
    Jeff Session affirme lui que relâcher ces individus mettent en danger la sécurité des populations.
    &nbsp
    * « U.S.: Comply. California: We Do »The Orange Country Register

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  • Un système d’évaluation des médecins sur internet.

    Ca existe déjà sur des sites comme Yelp aussi mais Caqualityratings.org est uniquement destiné à la Californie et surtout à l’évaluation du travail et des soins offerts par plus de 10 000 médecins, de spécialités différentes, selon leur performance – de une à quatre étoiles.
    &nbsp
    Une première puisque les compagnies d’assurance ont également fourni leur données pour compléter le système qui offre davantage d’informations aux futurs patients sur la satisfaction, la qualité et l’efficacité des soins offerts
    &nbsp
    * « Website scores 10,000 doctors in State »San Diego Union Tribune

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  • Les bienfaits du vélo pour Minneapolis

    Malgré ses hivers longs et rudes, le Minnesota, et ses Twin Cites, Saint Paul et Minneapolis, a beaucoup investi pour pousser ses habitants à pédaler et ça marche: Minneapolis est la ville qui possède le plus de pistes cyclables par mètres carré, le plus grand nombre de cyclistes réguliers (4% des voyageurs quotidiens) et l’un des taux les plus bas de victimes d’accidents parmi les 50 plus grandes villes du pays.
    &nbsp
    « Mais c’est la première fois que l’Etat mesure les bienfaits économiques du vélo sur l’industrie, le tourisme, les loisirs et la santé: 780 millions de dollars par an en termes d’activité économique, 5 500 emplois créés par l’industrie pour la production, vente et tourisme liés au vélo et entre 100 et 500 millions de dollars d’économie sur les dépenses de santé grâce aux réductions de l’obésité, maladies du coeur, diabètes et autres.
    &nbsp
    * « Surge in Bicycling pumps out big benefits for Minnesota » Star Tribune 

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  • La « Bathroom Bill » a couté presque 4 milliards de dollars à la Caroline du Nord

    Un an après avoir voté la « Bathroom Bill » ou « H.B.2 » qui impose aux transgenres d’utiliser les toilettes et vestiaires publics selon leur sexe de naissance et non pas le sexe de leur choix, la Caroline du Nord pourrait perdre 3,7 milliards de revenus d’ici à 2028 selon un rapport de l’Associated Press.
    &nbsp
    Cette somme rassemble tous les évènements, conférences, expansions commerciales et économiques qui ont été et seront annulés à cause de cette loi, votée contre l’avis du Département de Justice de l’époque.
    &nbsp
    La NBA, la NCAA (les championnats de sport universitaires extrêmement populaires et très rentables) n’ont prévu aucun match en Caroline du Nord cette année; les musiciens, Bruce Springteen, Pearl Jam, Ringo Starr et le Cirque du Soleil ont également de s’arrêter dans le « Tar Heel State ». Des entreprises comme Paypal ou Deutsche Bank ont également renoncé à s’y installer
    &nbsp
    * « North Carolina’s bathroom bill cost the state at least $3.7 billion » – Washington Post