Le kiosque du 23.06.17: « Pire erreur politique »; Communication toxique; Black Lives Matter; Facebook change de mission

 

1. « La pire erreur politique »

    • Le renvoi du directeur du FBI le 14 mai dernier, décidé par le président contre l’avis de son entourage – à l’exception de son genre Jared Kushner – aura miné ce début de présidence et la bonne marche de l’enquête du FBI qui aurait pu prouver son innocence dans les soupçons de collusions avec les Russes durant la campagne présidentielle américaine:

      Cela restera la plus grosse erreur politique de l’ère moderne. Pour l’un des conseillers du président, il s’agit de la pire erreur depuis que Richard Nixon a refusé de s’excuser auprès du peuple américain pour le Watergate et décidé d’étouffer l’affaire.

       

    • Le président est encore une fois responsable de cette situation: S’il avait condamné dès le départ l’ingérence russe en soutenant les conclusions des agences de renseignement, s’il était resté silencieux sur l’enquête du FBI en laissant James Comey faire son travail et s’il avait évité de l’intimider publiquement sur l’existence d’éventuels enregistrements juste après son limogeage, cette affaire n’aurait pas pris de telles proportions.

 

  • La crise permanente autour de la Maison Blanche, relayée 24h/24 par l’ensemble de la presse, a finalement peu d’influence sur les 38% d’Américains qui continuent de soutenir coûte que coûte le président et pensent que le « Deep State » veut sa peau.

 

  • Pour David Brooks, éditorialiste au New York Times, les médias doivent garder la tête froide et se rendre qu’aucune preuve de la culpabilité du président et de sa campagne n’a encore été mise en évidence:

    C’est inquiétant lorsqu’on commence à remplacer la politique de la démocratie par la politique du scandale. En démocratie, les problèmes comptent et vous gagnez en persuadant les citoyens. Vous reconnaissez la légitimité de vos adversaires comme un compromis inévitable. Dans le scandale, depuis le Watergate, inutile de persuader. Les victoires politiques se remportent uniquement en détruisant vos adversaires politiques accusés d’avoir mal agi. La politique devient alors une question de supériorité morale et de destruction personnelle.

  • « Let’s not get carried away » – The New York Times

 

 


2. « Une communication toxique »

 

L’image diffusée par CNN lors du daily briefing de la Maison Blanche interdit aux caméras, le 22 juin 2017
    • « Cinq moins dans la présidence de Trump et les relations entre la Maison Blanche et les médias ne tiennent plus qu’à un fil » constate Dylan Byers sur CNN
      Les journalistes sont considérés comme « l’ennemi du peuple » et tout est fait pour entraver leur travail, à savoir informer le public sur ce qu’il se passe à Washington: diminuer la fréquence et la durée des conférences de presse, ne pas répondre aux questions posées ou rester très évasif.

 

    • La tension est montée d’un cran hier lorsqu’on leur a interdit de filmer la conférence de presse de la Maison Blanche assurée par Sarah Huckabee Sanders: CNN a décidé de diffuser la totalité de la conférence en direct avec un fond d’écran avisant le public qu’il n’était pas autorisé à voir ces « daily briefings ».

 

    • Trump menace depuis des semaines de supprimer ce qui était devenu l’un des programmes télé les plus regardés de l’après midi, grâce notamment aux échanges musclés entre le porte parole, Sean Spicer et les médias.

 

  • Le président veut contrôler directement et personnellement sa communication comme il l’a toujours fait et avec brio, explique Jack Schafer:

    Trump ne veut pas vraiment être président … En fait il aurait voulu être directeur de la communication de la Maison Blanche … Contrôler et arranger les messages qui sortent de la Maison Blanche c’est la plus grande obsession de Donald Trump. Il aimerait se conduire comme il l’a fait pendant des décennies à New York  quand il alimentait les articles des tabloïds [à son sujet].

 


3. Facebook réévalue sa mission

    • L’année difficile que vient de passer le mastodonte des médias sociaux, – accusé d’avoir aidé l’élection de Trump et participé à la diffusion massive de fake news, a poussé son fondateur et visionnaire, Mark Zuckerberg, à faire un peu de « soul searching » sur l’ambition de Facebook.

 

    • S’il affirmait il y a dix ans vouloir construire un « monde plus ouvert et plus connecté », Zuckerberg a revu ses ambitions à la baisse et affirme désormais vouloir offrir à ses utilisateurs « le pouvoir de construire une communauté et de se rapprocher les uns des autres ».
      Un message un peu plus humble et conscient des divisions qu’a pu provoquer Facebook au sein des communautés et qu’elle assume tout en attribuant une part de responsabilité aux internautes qui doivent prendre eux aussi conscience des répercussions de la désinformation et limiter son usage.

 

  • L’interview de Zuckerberg donnée à CNN est disponible ici et son manifeste publié en février

 


4. Panique au Wall Street Journal

 

Jay Salomon sur C-Span en 2014 – Credit C-SPAN, via Associated Press

 

    • L’agence Associated Press a révélé mardi qu’un reporter du Wall Street Journal, Jay Salomon, responsable du bureau des affaires étrangères, travaillait pour un homme d’affaires étranger qui était également l’une de ses principales sources, pour lequel il aurait négocié une vente avec un gouvernement étranger.

 

    • Mr Salomon serait devenu actionnaire d’une jeune compagnie dirigée Farhad Azima, un magnat de l’aviation, iranien, qui a négocié dans le passé des transports des armes pour le compte de la CIA.

 

    • Le quotidien new yorkais a viré le journaliste pour avoir violé ses obligations et les standards éthiques de la rédaction, dénoncé ses actions et son manque de jugement.

 

    • C’est dans le cadre d’une enquête sur Mr Azima que AP est tombé sur une correspondance électronique piratée entre ce dernier et le journaliste, confirmée par d’autres témoins: Il aurait servi d’intermédiaire en 2015 pour un contrat d’armements et de surveillance de la compagnie de Mr Azima avec les Emirats Arabes Unis destiné à l’espionage de certaines activités en Iran, Syrie et Yemen.

 

 


5. Où est passé Black Lives Matter?

 

Adam Maida for Buzzfeed News

 

    • « Qu’est-il arrivé à Black Lives Matter? » s’interroge cette semaine Buzzfeed News:

      L’élection et la présidence de Donald Trump ont provoqué la plus grande effusion d’activisme libéral depuis une dizaine d’années. Après une ascension fulgurante, le mouvement se déchire aujourd’hui sur son leadership et sur la direction à suivre.

       

    • Si certains groupes de défense des libertés ou associations de gauche sont entrés en résistance en organisant des manifestations et appels à l’action, et ont réussi à s’imposer en s’appropriant les nouveaux défis posés par la présidence de Donald Trump, Black Lives Matter a perdu  » de nombreuses opportunités qui s’étaient ouvertes » grâce à Barack Obama, notamment celle d’un « président conscient de l’autorité morale des jeunes activistes afro-américains. »

 

    • Selon la direction de l’organisation, l’organisation est moins visible sur la scène nationale par qu’elle se concentre sur des objectifs politiques qui nécessitent davantage « d’intégrité, de dignité et d’intégration ».
      Pour le journaliste:

      Black Lives Matter est toujours là. Ses groupes sont toujours organisés. Mais Black Lives Matter est en train de perdre l’influence et l’élan qui lui avaient permis de provoquer un débat national sur les politiques en matière de justice criminelle.

 

  • Entretenir et développer sur le long terme une organisation née dans la rue implique une stratégie claire sur différents points …:
    • L’organisation
      A l’intérieur du mouvement avec les différents chapitres présents dans la plupart des villes américaines, et à l’extérieur avec les autres associations de défense des Afro-Américains et organisations de gauche
    • Le financement
      Accepter ou non l’argent de fondations, mettre en place des levées de fond et donations pour payer ses militants et promouvoir le mouvement.
    • La communication
      Donner la parole aux personnalités médiatiques du mouvement quite à déplaire aux anonymes qui travaillent dans l’ombre
    • La direction
      Sur quels politiques concentrer l’action de l’organisation et relayer un message qui soit clair pour tous les militants et supporters
  • … Que Black Lives Matter doit définir rapidement pour continuer à lutter et à exister.
  • « What happened to Black Lives Matter? » – Buzzfeed

 

 

 

Le kiosque du 12.06.17: Orlando – la « Dream Team » de Mueller – Le « mini-me » de Trump – Ivanka traumatisée – Uber sans tête – Lily

 

1. Le massacre d’Orlando, un an après

  • Le 12 juin 2016, Omar Mateen, un gardien de sécurité de 29 ans, est entré armé dans un club gay de Orlando en Floride et tué 49 personnes et blessé 58 autres considéré comme un attaque terroriste et un crime haineux: C’est le pire massacre que l’Amérique ait connu et le pire acte de violence envers la communauté homosexuelle.
  • Des commémorations ont lieu très tôt ce matin et toute la journée dans la ville d’Orlando.

 


2. Mueller assemble une Dream Team

    • Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre l’équipe de Donald Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle vient de s’entourer d’avocats spécialisés en droit pénal les plus réputés, expérimentés et respectés du pays, preuve du sérieux avec lequel il entend conduire ses recherches.

 

  • Fox News ne l’entend pas de cette manière: la chaîne d’info est furieuse que ce soit Bob Mueller, un « pote » de trente ans de Jamey Comey, qui reprenne la direction de l’enquête – même si la décision a été prise par le ministre adjoint de la justice, en toute indépendance.

    C’est dangereux, surtout si tu regardes l’expérience des avocats qu’il a recruté. Ce mec a rassemblé une série d’avocats spécialisés dans des affaires criminelles pour enquêter sur l’administration Trump.

     

   

 

 

 


3. Dan Scavino, le « mini-me » de Trump

 

Twitter

 

    • Il est méconnu du public mais on peut le lire tous les jours sur les réseaux sociaux officiels de la Maison Blanche et du président: Dan Scavino, officiellement « responsable des médias sociaux de la Maison Blanche et assistant du président » et … son ancien caddie.

 

    • C’est un proche de Donald Trump depuis presque trente ans, qui a participé à toute la campagne électorale, dans laquelle il tenait également les reines des médias sociaux pour le candidat – autant dire qu’il l’a aidé à être élu, en enchaînant notamment les polémiques – il est l’auteur de ce tweet malheureux qui présentait une étoile de David à côté du visage d’Hillary Clinton au dessus de la mention « candidate la plus corrompue »

 

    • Il est le seul à la Maison Blanche à encourager aujourd’hui son boss à twitter tout ce qui lui passe par la tête, et quand le président décide d’être discret, c’est son lieutenant qui prend la relève sur son compte Twitter professionnel, et de manière plus agressive sur son compte personnel

 

    • Il est le seul à taper les tweets du président si besoin est – on peut reconnaître les similitudes entre les tweets du président et celui de son ancien caddie.
      Surtout il est l’auteur de ces vidéos parfois très simplistes et dramatiques sur les programmes, argumentaires et les succès de la Maison Banche postées sur les comptes officiels.

 

    • Il a été reconnu coupable de violation du Hatch Act, qui interdit toute activité politique d’un officiel de la Maison Blanche, en souhaitant la défaite de Justin Amash dans les primaires républicaines du 3ème district de l »Etat du Michigan début avril.

 

 

 


4. Ivanka traumatisée et Donald Jr « Trumpé »

 

The Drudge Report

 

    • Son père en a fait la pub ce matin sur Twitter: Sa fille Ivanka était l’invitée de l’émission matinale préférée de la Maison Blanche, Fox & Friends, sur l’inévitable Fox News pour se plaindre de Washington et des attaques dont était l’objet l’administration Trump:

      C’est difficile et je ne m’attendais pas à autant de méchanceté.
      C’est une expérience très intense même si je sais que ça n’allait pas être facile. Mon père et son administration veulent transformer les choses en plus grand, en plus audacieux, et on veut bousculer le statu quo. Donc je ne m’attendais pas à quelque chose de facile, mais j’ai été choquée personnellement par le flot et l’intensité des attaques.
      Mais j’essaye de rester concentrée et de ne pas écouter les rumeurs.

       

    • Concernant l’audition de James Comey, elle adopte la ligne familiale qui consiste à répéter – jusqu’à ce que les gens y croient – que le directeur du FBI a disculpé le président jeudi dernier, même s’il l’a traité de « menteur »

 

  • Son frère, Donald Jr, invité du juge Jeannine Pirro sur Fox News hier, a involontairement corroboré les propos de James Comey:

    Vous connaissez mon père depuis longtemps et quand il vous dit de faire quelque chose, il n’y a pas de place au doute. C’est pas: « J’espère parce que nous amis. C’est j’espère que ça arrive, mais il faut que tu le fasses! C’est exactement ce qu’il a dit à Comey;

 


5. Uber sans tête?

    • Partira, Partira pas? Le conseil d’administration de Uber doit discuter cette semaine de la suspension provisoire du fondateur et actuel CEO, Travis Kalanick, 40 ans, qui est devenu en quelques mois le chef d’entreprise le plus détesté des Etats-Unis, et qui a entraîné avec lui sa compagnie, évaluée à 68 milliards de dollars.

 

    • Les articles et portraits du CEO qui se succèdent dans la presse ces dernières semaines offrent un visage détestable de l’entrepreneur. 

 

  • La compagnie et son fondateur enchaînent les déboires et crises depuis des mois, souvent auto-infligées:
    • En février dernier, une ancienne employée de Uber, Susan J. Fowler publie sur son blog le récit de son « année très, très étrange » passée à Uber, le harcèlement sexuel dont elle a été victime et que « la direction a systématiquement ignoré » malgré les plaintes.
    • Le New York Times a révélé en mars dernier l’utilisation d’un logiciel pour échapper aux autorités et aux régulateurs et pénétrer un nouveau marché où leurs services étaient interdits et qui a déclenché Une enquête fédérale
    • Une vidéo de Kalanick qui réprimande l’un de ses chauffeurs a fait le tour d’internet
    • Google a porté plainte en février contre Uber pour vol de technologies utilisées dans ses voitures sans chauffeurs.
    • La semaine dernière, Recode a révélé que Eric Alexander, le chef des opérations en Asie, avait été viré après avoir obtenu le dossier médical d’une cliente violée par un chauffeur de la compagnie en Inde en 2014 qu’il a partagé avec Kalanick. Ces derniers pensaient que l’agression avait été orchestrée par le rival de Uber en Inde, Ola.
    • Recode a également publié un email de Kalanick daté de 2013 dans lequel il encourage se employés à la débauche lors d’un séjour d’entreprises à Miami.
    • Enfin Uber a perdu trois milliards de dollars l’année dernière

     

  • La compagnie n’a ni COO (Chief Operating Officer), ni CFO (Chief Financial Officer), ni CMO (Chief Marketing Officer) alors que beaucoup de dirigeants sont épuisés et certains vont être virés après les résultats de l’enquête de Eric Holder sur l’entreprise, approuvée par le conseil d’administration.
    • Rachel Holt, la directrice des opérations pour l’Amérique du nord pourrait prendre la relève
    • Le conseil pourrait également décider de mettre en place un comité chargé de gérer la compagnie plutôt qu’une seule personne
    • Certains membres du conseil d’administration pourraient prendre temporairement les rênes, comme Arianna Huffington par exemple

 


6. Première pour Lily

 

 

 

    • The Lily, en référence au premier quotidien américain féministe créée en 1849 par Amelia Bloomer, est le dernier projet du Washington Post pour attirer les « Millenials ». Il s’agit d’un site internet d’actualités, thelily.com écrit par des jeunes femmes et qui leur est destiné (également disponible sur Medium), d’une newsletter féministe en début et fin de semaine « intelligente, rigolote et originale » dont la première a été envoyée ce matin, d’une page Facebook (près de 190 000 abonnés) et d’un compte Instagram

 

    • Le graphisme du site est élégant, en noir et blanc, et aborde des sujets féminins, dans le but « d’informer et d’inspirer, d’offrir des voix et des perspectives différentes sur tous les sujets d’actualité, de politique, de genre, d’égalité, de santé, de culture et témoignages.
      On trouve pas mal de sujets pratiques concernant le travail, la maternité, la santé (les femmes et l’alcool, la dépression) pour les jeunes femmes actives.

 

    • Les quatre journalistes et deux directrices artistiques ont été recrutées en interne au sein du Washington Post et publient une dizaine d’articles par jour avec chacune une illustration spécifique, également utilisé par l’unique sponsor du site, JP Morgan Chase, mentionné en tête du site et dans des « native ads ».

 

  • Pour plus d’infos, voir l’article de Digiday

 

 


Le reste de l’actualité

    • Gianforte, le nouveau Représentant républicain du Montana qui a tabassé un journaliste du Guardian la veille de son élection (et de sa victoire) a été condamné à quatre jours de prison en quarante heures de travaux d’intérêts général.

 

    • Jeff Sessions, le ministre de la justice américain témoignera demain en public devant le Senate Intelligence Committee en public pour répondre aux questions concernant ses contacts avec des représentants russes pendant la campagne présidentielle. – Politico

 

  • Le président Trump donne à Priebus [son secrétaire de cabinet] jusqu’au 4 juillet pour résoudre les problèmes de la Maison Blanche sans quoi « il sera remplacé par du sang neuf » affirme Politico hier soir.Les propos ont été bien évidemment démentis par le porte parole, Sean Spicer.

 

 


Couverture du Jour

    • Celle du Foreign Affairs consacrée à la politique étrangère américaine, bouleversée par la nouvelle administration qui adopte désormais la ligne dite « America First »: la recherche de l’intérêt du pays avant celui des autres ou d’un ordre international.

 

    • Certes, les promesses de campagne dans le domaine sont plus conventionnelles mais pour achever des succès diplomatiques, les Etats-Unis ont besoin d’une stratégie mondiale et régionale et pas des improvisations de dernières minutes ou ni des tweets controversés.

 

 

 

Le Kiosque du 07.06.17

 

 

1. Une administration au bord de la crise de nerfs

  • L’administration Trump est une de cour royale dans laquelle le président s’est entouré d’un nombre restreint de conseiller sur lequel il a tous les droits, qui lui doivent une loyauté absolue, et qu’il soutient, tourmente et humilie publiquement selon ses humeurs.

     

    Il existe certains sujets et comportements qui fâchent sa majesté et heurtent son ego:

    • La Russie: Le poison de cette présidence auquel ont goûté beaucoup de proches du président, notamment l’ambassadeur russe de Washington, Sergueï Kislyak: le soldat Flynn qui a démissionné début février de son poste de secrétaire à la sécurité nationale; Jeff Sessions, à qui Trump ne pardonne pas de s’être récuser de l’enquête du FBI sur la campagne de Trump et qui dû a nommé un procureur indépendant à sa tête, Mr Mueller après le renvoi de James Comey. Sessions a proposé de démissionner pour apaiser la colère du président. 
    •  

    • La couverture médiatique. Trump est celui qui mène le show. Gare à celui qui lui fait de l’ombre comme a pu s’en rendre compte Steve Bannon, critiqué pour avoir fait la couverture de Time magazine deux semaines après l’investiture, Sean Spicer dont les conférences de presse sont devenues trop populaires, Kellyanne Conway qui s’est discréditée sur les plateaux de télés et dernièrement son gendre Jared Kushner, sur qui il a récemment plaisanté: « Jared est devenu bien plus célèbre que moi et ça m’agace » – il vient de faire lui aussi la couverture de Time magazine la semaine dernière.
    •  

    • Manque de charisme/affinités. Trump n’aime ni la médiocrité (Reince Priebus son chef de cabinet) ni ceux qui parlent trop (McMaster, nouveau secrétaire à la sécurité intérieure)
  • La seule qui s’en sort bien, c’est Ivanka Trump, … et Hope Hicks
  •  

  • Ceux arrivés plus tôt sont devenus les principales cibles (Sessions, Spicer, Priebus) et les derniers sont plutôt épargnés (Gary Cohn et Dina Powell)

 

 

 


2. Les 27 mots du président

  •  

    Selon Politico, Donald Trump aurait dû réaffirmer le soutien des Etats-Unis envers l’OTAN dans son discours de Bruxelles le 25 mai dernier qui contenait originellement ce segment:

     

    Devant les menaces multiples auxquelles nous devons faire face, je suis ici avec un message clair: l’engagement américain envers l’alliance de l’OTAN et l’article est inflexible

     

  •  La phrase a été approuvée par le Pentagone deux jours plus tôt, le Conseil National de Sécurité et le Département d’Etat.
  •  

  • Mais elle a disparu du discours de Trumpà la surprise et « la consternation de sa propre équipe de sécurité nationale » rapporte le site d’information – obligeant une fois de plus les haut responsables de l’administration, le vice-président Mike Pence, le conseiller à la Sécurité Nationale et le secrétaire de la défense, Jim Mattis, à réparer la bourde.
  •  

  • La Maison Blanche a admis que le discours avait été modifié au dernier moment et sans consultation mais Sean Spicer, son porte-parole, affirme que cela n’a aucune importance.
    Stephen Miller et Steve Bannon, les conseillers « ultra-nationalistes » du président, auraient convaincu le président de retirer la phrase.

 

 

 


3. Le changement climatique fait aussi polémique dans les écoles

 

  • Plongée dans une salle de classe d’Ohio, où certains élèves refusent l’idée de changement climatique, où « la science n’a pas forcément toujours raison » et où les enseignants sont critiqués pour enseigner les problèmes liés à l’environnement aux élèves.
  •  

    Dans une époque ultra-politisée comme celle de Trump, la guerre culturelle a bien envahi les écoles et les lycées du pays.

     

    « Originellement lié à des intérêts proprement économiques, le climatoscepticisme reflète les idéaux conservateurs de dur labeur, de gouvernement limité et de ce que les gens appellent l’auto-suffisance »

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  • « Ce que les gens pensent du réchauffement climatique ne reflète pas forcément ce qu’ils savent, mais ça reflète qui ils sont » explique une chercheuse de Yale spécialisée dans la polarisation politique.
  •  

  • Les problèmes de changement climatique ne sont pas une priorité dans les régions pauvres des Etats-Unis, ravagées le chômage et l’épidémie d’héroïne; et certains Etats, comme l’Idaho en février, sont même allés jusqu’à enlever son enseignement des programmes scolaires – pourtant l’un des rares endroits où ils seront à même d’en entendre parler.

 

 

 


4. « The Kids are alt-right »

 

Buzzfeed

 

  • La jeune génération qui grandit dans l’Amérique de Trump paye elle aussi les consequences du comportement tout sauf exemplaire du président: « Les enfants citent Trump pour harceler leurs camarades et les enseignants ne savent pas comment réagir » rapporte une enquête de Buzzfeed réalisée sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Le site a relevé une cinquantaine d’incidents dans 26 Etats différents au cours desquels des élèves de primaire s’en sont pris verbalement à leurs copains afro-américains, mexicains, asiatiques ou encore juifs en reprenant les propos controversés du président 

     

    La première année de présidence de Donald Trump laisse les éducateurs désarmés face à la gestion du climat de misogynie, d’intolérance religieuse, d’insultes, d’exclusions qui appartient désormais au discours politique.

     

  • Il est plus compliqué pour les professeurs d’enseigner les valeurs de respect, d’écoute et d’empathie quand le président les malmène quotidiennement et nécessaire d’accepter une dure réalité dans laquelle « l’intolérance religieuse et le racisme influencent la façon dont les enfants parlent, plaisantent et se disputent ».

 

 


5. Breitbart aussi essoufflé que l’administration

Daily Beast

 

  • Le site alt-right, antenne officielle de la nouvelle administration, qui a explosé l’année dernière en soutenant le candidat Trump dès les primaires républicaines, et convaincu des millions d’internautes avec ses articles « politiquement incorrects » passe une période difficile. 
     

    Un business qui repose sur la critique a bien moins de succès quand il est obligé de se défendre

  •  

  • Breitbart a dominé et influencé la campagne présidentielle en 2016 avec des scores triomphants: Avec deux milliards de pages visitées en 2016 et 45 millions de visiteurs par mois, le site a atteint début janvier la 45ème place dans le classement des sites les plus visités devant Fox News (47ème), Huffington Post (50ème), Washington Post (53ème) et Buzzfeed (64ème) et réalisé un record en février en atteignant le 29ème place.
  •  

  • Trois mois plus tard, Breitbart a chuté à la 281ème place
  •  

  • Le site peut difficilement capitaliser sur les scandales à répétition de Trump et son administration qui domine l’actualité depuis des mois, et quand il les couvre, c’est grande conviction. C’est donc une double perte pour Breitbart
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  • Son expansion européenne n’a pas réussi à franchir le continent, en France où avec la perte de Marine Le Pen, et en Allemagne qui devrait ré-élire Angela Merkel.
  • Selon Digiday, ce sont aussi les annonceurs qui boudent le site: 26 marques ont été recensées sur le site au mois de mai contre 242 en mars.

 

 


6. Le reste des informations

  • Forbes a fouillé dans les relevés de compte de la fondation Eric Trump, et contrairement aux propos de l’intéressé, Donald Trump aurait fait payé à son fils cadet la location de son golf de Westchester dans l’Etat de New York pour son gala annuel de charité en faveur des enfants du cancer.
    Les frais d’opération auraient augmenté de 50 000 dollars en 2012 à plus de 300 000 dollars en 2015
  • The Intercept est dans le colimateur de Julian Assange, qui offre 10 000 dollars au reporter imprudent qui a publié le document envoyé par lanceuse d’alerte, Reality Winner, et a mené à son arrestation samedi dernier. Le site internet spécialisé dans la publication de fuites est « responsable de cet échec catastrophique »Politico
  • Pour essayer de convaincre les Républicains de financer le fameux mur qu’il a promis à ses électeurs, le président a proposé de le recouvrir de panneaux solaires et de le rembourser avec l’électricité produite. Il a autorisé les parlementaires à évoqué le projet en mentionnant qu’il s’agissait de l’idée du président – Axios
  • La ville de Portland vient d’autoriser la construction du premier immeuble en bois, de douze étages, appelée « FrameWork » et dont la construction débutera cet automne – AP
  • Tous les éditoriaux au vitriol contre Donald Trump publiés par le Los Angeles Times pendant la campagne présidentielle et après sa victoire aux élections, disponible sur le site, sortira en librairie cet été chez Heyday sous le titre « Our Dishonnest President ».
  • Scott Pruitt, architecte du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et actuel directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, a affirmé dimanche à la télé américaine que les Etats-Unis avaient créé 50 000 emplois dans l’industrie minière. Une erreur grossière puisque l’industrie minière compte actuellement 50 000 emplois: l’augmentation n’a été que de mille emplois.
    On ne sait pas s’il a fait exprès étant donné que Trump s’est donnée pour mission de raviver cette industrie polluante en déclin depuis trente ans.

    Le déclin de l’industrie minière aux Etats-Unis

Vous aussi, créer vos fake news!

 

Les fake news ont toujours existé sur internet mais les réseaux sociaux leur ont offert un rôle de premier plan durant la dernière campagne présidentielle américaine: Une source de revenu importante et un outil de propagande politique et de diffamation redoutable.
Depuis les sites de « make-your-own-fake-news » prolifèrent.

 

  • Les dernières élections présidentielles ont permis à des étudiants de se faire des centaines de milliers de dollars en bombardant les réseaux sociaux de fake news les plus farfelues contre Hillary Clinton et la campagne démocrate.
  • Aujourd’hui, n’importe quel internaute peut créer et propager ses fake news grâce à un site channel23news.com très facile d’utilisation qui donne à votre histoire l’apparence d’un article sérieux, se partage sur Facebook, Twitter et WhatsApp et peut mobiliser plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs.
  • Ce n’est qu’en cliquant sur l’article qu’on apprend en bas de page qu’il s’agit d’une « prank », une blague.

 

  • Buzzfeed News a dénombré une trentaine de sites identiques à celui de channel23news.com qui auraient diffusé plus de 3 000 faux articles en six langues différentes ces douze derniers mois, et ont été partagés 13 millions de fois.
  • Le site d’information a identifié le propriétaire de dix-neuf d’entre eux, un jeune américain de 25 ans originaire du Milwaukee qui cherchait à se faire de l’argent sur internet.
    Depuis la création de son premier site de création de fake news début janvier, il a publié 724 articles qui ont généré 2,5 millions de partages, réactions, et commentaires sur Facebook

 

  • L’un des premiers à avoir inventé ce genre de sites, c’est un français, Nicolas Gouriou, fondateur de Actualités.co en juillet 2014.
    Le principe semble inoffensif: « Rédige une blague et piège tous tes amis. Partage ta blague sur les réseaux sociaux pour piéger tes potes »,
    A l´époque, FranceTvInfo.fr avait dénoncé les dangers de ce genre de sites en plein crise du virus ébola.
    Selon Buzzfeed News, Mr Gouriou possède aujourd’hui onze sites de fausses infos à l’origine de 2 300 articles qui a mobilisé 10,5 millions d’internautes ces douze derniers mois sur Facebook.

 

  • Le principal intérêt de ces sites: De l’argent pour celui qui les gères et du divertissement pour ceux qui l’utilisent, mais le contenu qui est créé est difficile à contrôler et ses conséquences à prédire.
  • Si les fake news les plus populaires sont bénignes (« Beyoncé qui accouche de deux garçons » ou « une loi votée par Obama qui oblige les grand-parents à s’occuper de leurs petits-enfants »), d’autres sont plus vicieuses, à l’instar de ces restaurants indiens de Londres qui ont failli faire faillite après été faussement accusés de vendre de la viande humaine
    Les conséquences peuvent financières, psychologiques et sociales contre des adolescents, ou encore politiques contre des personnalités publiques ou des établissements scolaires, accusés d’actes ou de propos diffamatoires.

 

  • Facebook, montré du doigt pour avoir été incapable de limiter la propagation et l’influence des fake news durant les élections présidentielles américaines, tentent de mettre en place des logiciels qui identifient ces sites et leurs faux articles, et essayent de s’attaquer aux sources de revenus. Mais la tache est immense

Maggie Haberman, la journaliste star de Washington

 

  • Après un article élogieux de CNN le mois dernier, c’est au tour du magazine Elle de faire le portrait de la journaliste Maggie Haberman, l’une des correspondantes du New York Times à Washington, devenue ces derniers mois, l’une des journalistes politiques stars de la capitale et du pays grâce à ses révélations quasi-quotidiennes sur le président.

 

 

  • Elle est née à New York en 1973, a commencé sa carrière en bas de l’échelle: diplômée d’une petite université, elle a débuté comme « copy kid » en 1996 pour le tabloïd New York Post, puis est partie travailler chez son concurrent du NY Daily News, début 2000, a rejoint Politico en 2010 avant d’être engagée par le New York Times en 2015 pour suivre la campagne de Donald Trump – qu’elle suivait depuis une dizaine d’années.

 

  • Citation:

    [Donald Trump] était tout le temps dans « Page Six » [la page mondaine du New York Post] durant les années 80 et 90 et il était souvent la personne au bout du fil qui se faisait passer pour « la source » proche de Trump [et alimentait les rumeurs sur lui].

 

  • Elle est devenue en 2016 la journaliste la plus lue du prestigieux quotidien new yorkais car la plus connectée de la campagne électorale: Elle enchaîne avec son collègue Glenn Trush les articles en une du New York Times et fait figure de héroïne du quatrième pouvoir.

 

  • Selon elle, les journalistes et Washington devraient digérer l’élection de Trump plutôt que de s’exclamer à chaque nouveau tweet, le couvrir « normalement » comme le personnage qu’ils ont suivi pendant la campagne, et qui a 70ans, ne changera pas:
     

    Il est qui il est, et ça ne changera pas. Et certaines situations seront forcément tendues. Mais qui il est est aussi la raison pour laquelle il a gagné même après la fameuse vidéo de Access Hollywood

  •  

  • Elle compare sa présidence « au mandat d’un maire de New York à la fin des années 80, début des années 90 » et essaye de rester la plus objective possible quand il s’agit d’écrire ou de parler de Trump, sans tomber dans la critique facile.

 

  • Annie Karni, une ancienne collège du New York Post:

    « La magie de Maggie Haberman est qu’elle est la reporter la plus influente à Washginton, alors qu’elle n’y habite même pas. C’était la journaliste la plus importante de la campagne de Trump sans avoir voyagé avec lui.  Elle est tellement connectée et bien informée qu’elle n’en n’a pas besoin. »

 

  • Si Haberman et Trush agacent profondément le président, c’est eux à qui le président va parler quand il veut s’exprimer.

 

Le kiosque du 24.05.17

 

Trump et la Russie sur Facebook

  • Plus de 50% des internautes américains trouvent leurs infos politiques sur Facebook.
  • Les accusations de collusion entre la Russie et les Etats-Unis ont été les scoops les plus importants comme le prouve ce graphique
  • Fun Fact: C’est la supposée « Golden Shower » de Trump avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou, révélée par Buzzfeed début janvier qui les a intéressés le plus.

    Axios

 

 

 

Fox News en roue et chute libre

  • Daily Beast

    La chaîne câblée a finalement démenti les rumeurs entourant la mort de Seth Rich le 10 juillet dernier. Le jeune homme qui travaillait pour le Comité National Démocrate, a été assassiné à Washington, lors d’une tentative de vol à main armée qui a mal tourné.

  • Le meurtre a eu lieu quelques jours avant le début de la Convention Démocrate: des conspirationnistes d’extrême droite affirment qu’il aurait été assassiné parce qu’il a fourni à Wikileaks des documents incriminants sur le parti et Hillary. Parmi eux, Sean Hannity, le présentateur star de Fox News, obsédé par cette théorie.
  • La chaîne a relancé les rumeurs le 16 mai dernier, relayées par Mr Hannity, l’émission Fox & Friends, Breitbart et même Newt Gingrich provoquant l’embarras de nombre de ses journalistes, et ne s’est rétractée qu’une semaine plus tard.
  • Cette semaine, les parents de Seth Rich ont publié une tribune dans le Washington post pour mettre fin à ces rumeurs qui tentent de « politiser la mort de leur fils ».
  • Sean Hannity a annoncé hier soir qu’il respecterait les voeux de la famille, et arrêterait de discuter du sujet « pour le moment ».
  • Pour Margarett Sullivan « la rumeur sur Seth Rich est devenu le nouveau « pizzagate », une autre théorie du complot née à Washington ».
    « C’est un mouvement contre la vérité qui s’attaque à la raison et à la réalité des faits (…) qui sont aux fondements même de la démocratie » et qui reçoit en plus l’approbation tacite de la nouvelle administration.
    * « The Seth Rich lie, and how the corrosion of reality should worry every American » – The Washington Post
  • * « Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle » – Le kiosque de New York

 


Matt Boyle, le « Forrest Gump avec une carte de presse ».

  • Portrait dans The Washingtonian du journaliste Matt Boyle, 29 ans, chef du bureau de Washington pour Breitbart, devenu l’un des journalistes les plus connectés de Washington, grâce à un accès direct à la Maison Blanche: Steve Bannon
  • Il a voté Obama en 2008.
  • Comme Breitbart, sa carrière est celle d’un outsider, refoulé de tous les médias de Washington à son arrivée en 2010, qui a fini au Daily Caller, site d’infos conservateur de Tucker Carlson, l’un des journalistes star de Fox News, où il a fait ses armes.
  • En 2012, il rencontre Steve Bannon qui le forme et lui fait explique que les médias de D.C. appartiennent à l’élite mondiale qui travaillent contre les intérêts de l’Américain et ça marche: Matt Boyle devient l’un des journalistes les plus agressifs et productifs de Breitbart, en guerre constante contre l’establishment politique et médiatique, et est promu chef du bureau de Washington en octobre 2015.
  • Il connait bien Donald Trump qui l’appelle « mon Matty » et a décroché une interview exclusive il y a quelques semaines à la Maison Blanche.
  • Difficile de penser qu’il puisse être indépendant dans son travail vis-à-vis de son ancien mentor aujourd’hui conseiller du président, Steve Bannon.
  • * « Meet Matt Boyle, Breitbart’s (Other) Man in the White House » – The Washingtonian

 


Un lynchage dans le Maryland

  • Richard Collins était étudiant de dernière année à Bowie State University dans le Maryland et lieutenant de réserve de l’armée américaine. Il est mort poignardé dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors qu’il attendait un Uber avec deux amis, en dehors du campus.
  • L’assassin, Sean Urbanski, 22 ans, arrêté quelques heures plus tard, est un étudiant a priori sans histoires de l’Université du Maryland (UMD) et membre d’un groupe raciste sur Facebook « Alt Reich: Nation ».
    Dave Zirin, lui aussi étudiant de l’université note dans The Nation, dénonce une recrudescence de messages et menaces racistes un peu partout sur le campus de l’UMD depuis l’élection de Trump: Graffitis, cordes, flyers – un phénomène visible sur l’ensemble du territoire américain.
  • Zirin appelle cet acte de haine par son nom: Un lynchage. Le FBI enquête sur le meurtre pour déterminer s’il s’agit d’un crime raciste.
  • Le chef de la police de UMD a vivement dénoncé ces actes.
  • Beaucoup d’étudiants ont dénoncé le manque de réaction des autorités de l’Université qui n’aurait pas condamné les discours de haine en évoquant la liberté d’expression, et « sans mobilisation contre toutes les formes de haines nationalistes et racistes, du sang innocent va continuer à couler »
  • * « A lynching on the University of Maryland Campus » – The Nation

 


Bannon, le documentaire de Frontline

L’excellent documentaire « Bannon’s War » a été mardi soir dans l’émission Frontline de PBS nous a appris

  • Frontline / PBS

    L’ambition politique de Bannon a toujours contre l’establishment et Washington. Le 9/11 lui a offert un autre ennemi, l’Islamisme radical et un but, la défense des Etats-Unis pour préserver la culture et l’identité judéo-chrétienne assiégée.

  • C’est Bannon qui a transformé Breitbart en puissant média contre Washington et les élites, grâce au financement (10 millions de dollars) de la famille Mercer (soutien de Donald Trump).
    Pas sûr qu’on en serait là Andrew Breitbart, le fondateur du site, n’était pas décédé brutalement d’une crise cardiaque en 2012.
  • Bannon s’est d’abord amouraché de Sarah Palin, lui a dédié un documentaire mais n’a pas réussi à la convaincre de se présenter aux élections présidentielles de 2012
  • Dès l’été 2015, Bannon affirme à une de ses amies qu’il est le manager de campagne de Trump, et met à son service le site alt-right Breitbart qui relait ou devance les mêmes thèmes utilisés par le candidat républicain: L’immigration, les minorités dangereuses, America First.
  • Il a orchestré la travel ban et volontairement anticipé les réactions qu’elle provoquerait pour envoyer un signe fort aux électeurs de Trump: le président tient ses promesses.
  • Bannon a compris que pour rester auprès de Trump, il fallait rester discret et encaisser la responsabilité des échecs du président

 

 


Le reste de l’actualité

  • Le Washington Examiner lance « Trump America », un projet sur quatre ans qui suit neuf comtés qui permis la victoire de Donald Trump
  • Portrait du milliardaire de 79ans, James Leprino, le « Willy Wonka » du fromage, qui tient à son anonymat comme à ses recettes de mozzarella, vendues aux trois grandes compagnies de pizza américaines: Domino’s, Pizza Hut et Papa John’s. Il tient son business depuis 60 ans à Détroit et sa fortune estimée à 3 milliards de dollars. – Forbes
  • Trump a appelé le président philippin Rodrigo Duterte et l’a félicité pour la guerre sanglante qu’il mène contre la drogue: « Vous faites un super boulot! » – The Intercept
  • Les décès accidentels d’enfants par armes à feu: 152 recensés ces trois dernières années sont un casse tête juridique pour les autorités. Dans la moitié des cas, aucune charge n’est retenue contre les parents, dans l’autre, la négligence des parents peut aller jusqu’à plusieurs années de prison.
    1,7 millions de jeunes Américains vivent dans des foyers dans lesquels ils ont accès à des armes chargées et non sécurisées – USA Today & AP
  • Richard Garcia, Un flic du Los Angeles Police Department, filmé en train de tabasser un afro-américain en 2014, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, moins que la peine suggérée. Il pourrait réintégrer son poste au sein de la police – Los Angeles Times

Le Kiosque du 19.05.17: Les défis de Trump à l’étranger; Le fantôme de Flynn; Richard Spencer

 

Au sommaire, ce vendredi 19 mai 2017
Bon anniversaire à mes parents, Jean-Noël & Muriel pour leur 44 ans de mariage.

1. Comment Préparer Trump à l’étranger
2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger
3. Le fantôme de Flynn
4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité
5. The White Supremacist: Richard Spencer
6. Le reste de l’actualité

 

 


1. Comment Préparer Trump à l’étranger

  • Les médias américains sont inquiets pour le premier voyage à l’étranger de Donald Trump: huit jours, cinq pays (Israël, Arabie Saoudite, Italie, le Vatican et la Belgique) et des dizaines de réunions inquiètent les proches du président qui n’aime pas voyager et qui chérit ses habitudes, notamment celle de dormir à la Maison Blanche (ces quatre derniers mois), dans la Trump Tower ou dans l’un de ses hôtels.
  • Des précautions ont été mises en place pour rendre ses déplacements les moins pénibles possibles:

Quand le président va s’asseoir pour dîner en Arabie Saoudite, son repas favori – un steak avec du ketchup – sera servi aux côtés de plats locaux. A l’OTAN et pour le sommet du G7, les délégations étrangères savent que Trump préfère les présentations courtes avec des visuels. Pour chacune de ses étapes tout au long du voyage, son équipe a passé des semaines à trouver des moments de répit dans son emploi du temps surchargé.

« Worldwide effort st to keep Trump happy on 1st trip abroad » – AP

 

  • Des conseils pour les leaders étrangers:

Faites court, n’imaginez pas qu’il connaît l’histoire de votre pays ou ses problèmes majeurs. Complimentez-le sur sa victoire pour le vote du collège électoral, et comparez le favorablement par rapport à Barack Obama. N’abordez pas ce qu’il a dit durant la campagne. N’arrivez pas avec une liste de questions mais avec un marché facile à conclure.

* « Tips for Leaders Meeting Trump: Keep it Short and give him a Win » – The New York Times

 

 

 


2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger

  • Merci Axios pour un récapitulatif des objectifs du président Trump pour chaque étape de son voyage et les questions en suspens de Politico:
Axios
  • Arabie Saoudite (20-21 mai): Discours sur l »Islam + Rencontre avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.
    Appel à la paix dans le monde musulman + lutte contre le terrorisme
    Est-ce qu’il utilisera le terme « terrorisme islamique radical »
  • Israel (22-23 mai): Visite du mur des Lamentations + Rencontre avec Netanyahou 
    Meilleur allié de Trump à l’étranger, Netanyahou n’était pas très content du partage d’informations confidentielles entre Trump et les Russes.
  • Territoires occupés (23 mai): Processus de paix israélo-palestinien + Rencontre avec Mahmoud Abbas.
    L’une des promesses de campagne de Trump: Résoudre le conflit israélo-palestinien avec l’aide de son gendre, Jared Kushner, un juif orthodoxe
  • Vatican (24 mai): Rencontre avec le pape François.
    Trump a qualifié le pape de « honteux » l’année dernière. Espérons qu’il représente un plus dignement les Etats-Unis
  • Belgique, Bruxelles (24/25 mai): Sommet de l’OTAN et réunion avec les 28 pays membres.
    Réaffirmer l’engagement des USA dans l’OTAN et demander aux pays de payer leur contribution
  • Italie (26/27 mai): Sommet du G7
    Réassurer les alliés sur la capacité de Donald Trump a être président.

 

 

 


3. Le fantôme de Flynn

PHOTO ILLUSTRATION BY ELIZABETH BROCKWAY/THE DAILY BEAST
  • Aucun proche de Donald Trump ne lui a donné autant de fil à retordre que Michael Flynn, ancien lieutenant général de armées et ancien patron de la Defense Intelligence Agency, d’où il a été viré par Barack Obama en 2013 à cause de ses problèmes managériaux et le peu d’égard donné aux faits – son surnom était « Flynn Facts ».

 

  • Trump a nommé Michael Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, l’un des postes les plus importants de son administration, sachant que ce dernier:
    • Avait fait du lobby fin 2016 pour une entreprise turque liée au gouvernement de Erdogan et empoché un demi million de dollars
    • Il était sous le coup d’une enquête fédérale à cet effet.
    • Il ne s’était pas enregistré comme « agent étranger » auprès du Département de la Justice.
    • Barack Obama avait vivement conseillé à Trump au lendemain de sa victoire de ne pas lui faire confiance pour un poste à responsabilités

 

  • Son mandat n’a duré que 24 jours mais les conséquences vont continuer à faire sentir pendant longtemps dans et en dehors de la Maison Blanche car:
    • Durant la période de transition (nov. 2016 et jan. 2017, le général Flynn s’est opposé à la demande de l’administration Obama de signer un plan visant à armer des forces syriennes kurdes pour prendre la ville de Raqqa aux mains de Daech – un choix semble-t-il influencé par le gouvernement turc qui refusait de voir les opposants kurdes se renforcer militairement contre Ankara.
    • Il a rencontré le ministre des affaires étrangères turc en septembre pour discuter la livraison d’un dissident turc exilé aux Etats-Unis Fethulah Gulen et écrit dans The Hill au lendemain de la victoire de Trump que Gulen était « mollah islamique louche » qui devait être livré à la Turquie.

 

  • Comme le rappelle le NYTimes, « les accusations de connivence entre des membres de la campagne de Trump et les espions russes ont compliqué la prise de décisions stratégiques sur la Russie » et en partie à cause de Michael Flynn
  • Le 29 décembre 2016, date à laquelle Barack Obama a imposé des sanctions contre la Russie pour son ingérence dans les élections présidentielles, Michael Flynn était au téléphone avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak en lui promettant qu’elles seraient rapidement levées.
  • Mr Flynn a publiquement menti sur le contenu de ses discussions au vice-président, malgré les alertes de la ministre de la justice par interim de l’époque, Sally Yates. Ce n’est que les révélations du Washington Post qui vont obliger le président à demander la démission de son ami, Michael Flynn.
  • Le lendemain de sa démission, Trump a demandé à Comey de laisser tomber l’enquête qui pourrait incriminer Flynn, et quelques semaines plus tard, lui a envoyé un mot soutien, « Sois fort! »

 

  • « The Ghost of Michael Flynn » – The Atlantic
    « Turkey stopped Military plan Turkey opposed after being paid as a Foreign Agent » – McClathyDC
    « The Damage Mike Flynn Has Done to American Foreign Policy » – The New York Times

 


4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité

Photograph by Charlie Neibergall / AP
  • « Les loyalistes de Trump disent qu’ils ne savent pas, ne croient pas ou se foutent des révélations explosives qui ont forcé le département de Justice à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les possibles collusions entre la Russie et la campagne du candidat républicain. »

     

  • C’est la seule force et légitimité du président alors que 61% des Américains pensent être malhonnêtes: La loyauté et le soutien des supporters de Trump n’a pas vacillé depuis son élection et son investiture, quels que soient les scandales qui ont éclaboussé la Nouvelle Administration depuis presque quatre mois.

 

  • Tout le brouhaha médiatique n’a pas convaincu ces électeurs de New York, Iowa, Géorgie qui ont pris le parti de soutenir le président et attendent de lui qu’il applique son programme conservateur – au ralenti ces deux dernières semaines à cause du Comey Gate.
    Certains dénoncent l’irresponsabilité des médias à attaquer l’administration qui fragilise le pays tout entier.

 

  • Beaucoup de ces supporters sont toujours très remontés contre l’ancienne adversaire De Trump, Hillary Clinton, qui aurait un choix bien pire que le milliardaire new yorkais.

 

  • Vox qualifie cette attitude de « ignorance volontaire« , une « force très puissante dans la politique américaine » et l’une des clés pour comprendre pour est-ce que « le discours politique peut être aussi irrationnel »: La politique n’a rien avoir avec les faits mais repose sur le partage d’une même réalité et la tendance intellectuelle à protéger notre appartenance politique plutôt que d’aller rechercher les faits.

 

 

 

 


5. The White Supremacist: Richard Spencer

  • Il appartient à cette génération d’extrême droite qui connait un regain d’attention grâce au nouveau président, celle qui promeut sans complexe la supériorité de la race blanche d’origine et de culture européenne opposée au multiculturalisme et à la Démocratie.

 

  • La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’était l’année dernière, peu après l’élection de Trump, lors d’un dîner organisé à New York où des participants ont été photographié en train de faire le salut fasciste.
    On l’a ensuite vu se faire taper dessus en marge de la cérémonie d’investiture à Washington le 20 janvier dernier: deux poings dans la figure à deux reprises qui ont fait le tour d’internet, et l’ont rendu un peu plus célèbre.

 

  • Il dirige un think tank d’un seul employé, lui-même, appelé « National Policy Institute » qui cache un programme dédié à la survivance et à la supériorité de la race blanche symbolisée par l’empire romain, qu’il voit comme le sanctuaire de tous les Européens du monde entier.

 

  • Il se considère aujourd’hui comme une figure médiatique grand public
  • Pour le magazine Jacobin il représente un phénomène ancien assez commun: le raciste bien éduqué et financièrement à l’abri, un mélange de racisme et d’élitisme blanc ».
  • « His Kampf » – The Atlantic

 

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Antarctique: Reportage multimédia époustouflant sur la fonte de la calotte glaciaire en Antarctique – The New York Times 
  • Implosion: Un rapport du « Shorenstein Center on Media, Politics and Public School » de Harvard conclut que 41% de la couverture médiatique des éditions imprimés du NYTimes, WSJ, WaPo, et les chaînes d’info CBS, CNN, Fox News et NBC étaient consacrées à Donald Trump durant les cent premiers jours, trois fois plus que les anciens président.
  • Washington: James Comey a essayé tant bien que mal d’éviter tout « contact inapproprié » avec Donald Trump pour le convaincre de laisser tomber l’enquête sur les collusions entre son équipe de campagne et les Russes: Le président a sorti le grand jeu, dîners, réunions et même une embrassade devant les caméras. – The New York Times
  • Médias: A lire l’hommage de Bill O’Reilly à Roger Ailes, ancien patron de Fox News, décédé hier matin. Les deux hommes ont construit le formidable succès de la chaîne d’information câblée pendant près de 20ans et les deux ont été virés pour des accusations de harcèlement sexuel à quelques mois d’intervalle. – USA Today
  • Le groupe de hackers « The Dark Overlord » collecte illégalement les informations de patients des cliniques médicales et dentaires du pays pour les vendre ou les diffuser sur internet – Birmingham News

Le Kiosque du 18.05.17

 

 

La mort de Roger Ailes

  • « L’homme le plus influent de la politique et des médias américains », « le père du conservatisme moderne »: les personnalités du monde médiatique et politique rendaient hommage ce matin à la mort de Roger Ailes, à l’âge de 77 ans, annoncée plus tôt par le Drudge Report
  • Roger Ailes a fondé Fox News avec Rupert Murdoch en 1996, qui est rapidement devenu la première chaîne d’information câblée du pays, et l’antenne officielle des Républicains, de George Bush, et plus récemment celle de Donald Trump pendant la campagne présidentielle et sa présidence
  • Il a été écarté de la chaîne cet été à la suite d’accusations de harcèlement sexuel de la part d’autres employées, et notamment de Megyn Kelly qui est passée depuis sur NBC.
  • Une enquête du ministère de la justice est toujours en cours pour déterminer le rôle des dirigeants de Fox News dans la gestion de l’affaire Roger Ailes.
  • * « La chute-éclair de Roger Ailes, le patron de Fox News et de la droite américaine » – Le Kiosque de New York

 

***

 

La Maison Blanche est épuisée

  • A l’annonce des cent jours de Donald Trump, beaucoup de journalistes à Washington comparaient ces trois premiers mois à des années tellement l’enchaînement des affaires, scandales, décrets présidentiels et tweets a inondé quotidiennement l’actualité – même le weekend!
  • Le Washington Post rapporte que « le pire job à Washington en ce moment, c’est de travailler pour Trump »: Le stress des journalistes, même ceux présents dans la briefing room n’est rien comparé à la pression exercée sur ceux qui travaillent à la Maison Blanche qui vient d’essuyer deux semaines d’intenses critiques de la part des médias et de la classe politique.
    L’annonce hier de la nomination d’un procureur indépendant pour poursuivre le travail de James Comey n’a pas détendu l’atmosphère dans « la forteresse assiégée du président ».

    Des employés de la Maison Blanche plaisantent désormais sur les risques de destitution. D’autres moins haut placés ont commencé à contacté des consultants et leur ont laissé leur CV. Un conseiller de premier rang a commencé à parler en privé à ses amis d’un emploi en dehors de la Maison Blanche.

  • Le voyage de Trump à l’étranger qui commence demain devrait détendre l’atmosphère à Washington mais les problèmes sont loin d’être résolus car l’affaire Comey ne fait que commencer – d’autres fuites devraient suivre inspirés par les « mémos » de l’ancien directeur du FBI, et parce que Donald Trump refuse de reconnaître toute responsabilité dans la terrible gestion du ComeyGate/TrumpLeaks/ComeyMemos et continue de rejeter la faute sur ses conseillers.
  • * « The Worst job in Washington right now: Working for Trump » – The Washington Post

 

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Les jours de Sean Spicer sont comptés

  • Pour les commentateurs de journalistes de Washington, Sean Spicer occupe le job le plus difficile de la capitale: Porte parole de la Maison Blanche.
    Il a commencé sur les chapeaux de roue au lendemain de l’inauguration de Trump en mentant sur les chiffres de la mobilisation, malgré toutes évidences. Un premier mensonge qui a scellé ses relations très tendues avec la presse, qui lui a rapidement valu les moqueries de « Saturday Night Live » et Melissa McCarthy et une célébrité éclair qui a ravi le boss … jusqu’à un certain point.

    Les conférences de presse sont devenues le rendez vous incontournable des après-midi de la télé américaine raflant d’avantage d’audience que les soap-opéras traditionnels.
  • Mais les jours de Spicer seraient en danger selon Politico et le New York Times: Trump, qui a prévu des changements au sein de son administration, ne veut plus que Spicer défende ou explique publiquement ses choix et sa présence publique et médiatique devrait être limitée à la Maison Blanche.
  • Trump n’est pas content du travail de son équipe de communication avec qui il s’est retrouvé plusieurs fois en contradiction ces dernières semaines et l’utilise souvent comme son bouc émissaire pour ses propres bourdes – la dernière sur les raisons du limogeage de James Comey.
  • Sarah Huckabee devrait le remplacer.
  • * « Will Sean Spicer be fired? » – Politico

 

***

 

 

« Get me Roger Stone »

  • On vous conseille l’excellent documentaire de Netflix sur Roger Stone, monument de la politique américaine qu’il a considérablement influencé ces quarante dernières années en introduisant les « dirty tricks » et en manipulant à sa guise les médias et ses confrères républicains.
    Conseiller de Nixon, son idole dont il a le portrait tatoué dans le dos, puis de Reagan et de Bush senior, il a été l’un des premiers à capitaliser et monnayer son carnet d’adresse et son influence auprès du pouvoir, à travers notamment la création des PAC, « Political Action Committee », et le rôle croissant des lobbys.
  • il aurait pu avoir une carrière politique à la Maison Blanche s’il n’avait pas trop tiré sur la corde médiatique qui lui est retombée dessus – un scandale sexuel avec sa femme en 1996 qui a fait la une du National Enquirer l’a obligé à se retirer de la vie politique pour un bon bout de temps.
  • Il est le conseiller politique et ami de Donald Trump depuis une trentaine d’années et c’est lui qui l’a poussé à se lancer dans chacune de ses courses présidentielles.
  • Le Trailer du documentaire

 

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Le reste de l’actualité

  • Parti Républicain: Le représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffetz, parmi les hommes politiques les plus influents au Congrès et à Washington annonce son retrait de la vie politique et devrait prendre le rôle de commentateur à Fox News – Politico
  • Washington: La famille de l’employé du comité national démocrate assassiné cet été à Washington, Seth Rich, demandent à Fox News et la compagnie mère, 21st Century Fox, de retirer les théories du complot qu’elle a défendu cette semaine pour expliquer sa mort « suspecte » et de s’excuser – CNN & Le Kiosque
  • Fake News: Alex Jones, le présentateur hystérique d’InfoWars s’est excusé auprès du propriétaire des yaourts Chobani, un kurde installé aux Etats-Unis depuis 25 ans, qu’il avait accusé d’employer des « violeurs immigrés » dans ses usines de Twin Falls dans l’Idaho.
    Hamdi Ulukay a porté plainte contre Jones fin avril et l’affaire a été réglée. CNN & Le Kiosque

 

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La couverture du Jour

le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Le Kiosque du 12.05.17: Trump menace Comey; Seattle vs SF; un journaliste en prison; les médias libéraux: A Droite Toute!

 

Aujourd’hui dans le kiosque du vendredi 12 mai:

1. Trump menace Comey
2. Cette couverture du New Yorker
3. Seattle, San Francisco à visage humain
4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot
5. Les médias libéraux: A droite toute!
6. La ligue de soccer féminin en prime-time

 

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1. Trump menace Comey

Enième tweetstorm de Donald Trump ce matin:
 

  • Il a essayé de dissuader l’ancien directeur du FBI, James Comey, de parler à la presse en évoquant l’existence d’enregistrements de leurs conservations qui serait susceptible de contredire ses propos. Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a refusé de donner davantage d’informations sur les propos du président cet après midi en conférence de presse.
     
    A chaque fois qu’il est pris au dépourvu, le président a tendance à évoquer des preuves, dont il a lui seul le secret, pour mieux intimider ses adversaires: Il a accusé son prédécesseur de l’avoir mis sur écoute et a tenté de discréditer l’ancienne Miss Univers, Alicia Machado, en évoquant des « sex tapes » que personne n’a jamais trouvé.
     
    La Maison Blanche craint des fuites d’information à son encontre de la part des certains agents du FBI qui souhaitent s’attend venger le limogeage de leur boss.
    Quant à Mr Comey, il a refusé l’invitation de la Commission de renseignement du Sénat à témoigner sur les circonstances de son limogeage.

     

    Pour tout comprendre sur la chronologie des évènements entourant le ComeyGate: Un très bon recap ICI

 

  • Le New York Times affirme que Donald Trump a renvoyé James Comey car ce dernier aurait refusé de lui prêter allégeance. Le président aurait fait la demande lors d’un dîner privé le 27 janvier dernier, au lendemain de l’entrevue entre Sally Yates et un conseiller de la Maison Blanche, Donald McGahan, au cours de laquelle la ministre de la justice par intérim a évoqué les mensonges du conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, sur ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et les risques de chantage dont il aurait pu faire l’objet.
     
    Impossible de savoir si le président est au courant que les agents du FBI prêtent serment à la Constitution des Etats-Unis et non pas au chef de l’Etat pour une raison simple:

     

    Un gouvernement qui repose sur des individus – qui peuvent être imprévisibles, faillibles et prompts à faire des erreurs – peut mener trop facilement à la tyrannie d’un côté et à l’anarchie de l’autre. Les pères fondateurs ont voulu éviter ces extrêmes en créant un gouvernement équilibré basé sur principes constitutionnels.

     

  • Il a ensuite menacé de supprimer les briefings quotidiens de la Maison Blanche, les rendez-vous désormais cultes de l’après midi avec Sean Spicer, pour les remplacer par des questions/réponses écrites.
    La raison? La porte parole adjointe, Sarah Huckabee, a affirmé aux journalistes que le limogeage du directeur du FBI était la conséquence directe des recommandations faites par l’adjoint du ministre de la Justice au président mardi. Explications contredites par l’intéressé, Donald Trump, dans une interview diffusée hier sur NBC dans laquelle il explique qu’il avait décidé depuis longtemps de renvoyer Mr Comey, quelles que soient les recommandations qu’il aurait reçu à ce propos.

     


    « Trump warns Comey and Says He May Cancel Press Briefings »
    – The New York Times

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2. Cette couverture du New Yorker

  • Et puis vous avez cette couverture du New Yorker du vendredi après midi qui vous ravie: Barry Blitt est le dessinateur attitré de tout ce qui touche à Donald Trump et il réussit un coup de génie dans son illustration du limogeage de James Comey, « Ejected »

 

 

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3. Seattle, San Francisco à visage humain

  • Seattle et la Silicon Valley/San Francisco sont des villes ultra connectées, riches et portées sur l’avenir mais ont une vision très différente de leur futur.
    Les deux régions de la côte Ouest des Etats-Unis situées à 1 300 km l’une de l’autre sont les deux pôles technologiques les plus importants du pays, connectés l’un à l’autre (Seattle serait devenue le « complément » de la Valley) qui partagent une histoire commune: Elles ont toutes les deux prospéré pendant la Ruée vers l’Or (au milieu du 19ème siècle) et accueilli ces dernières décennies les entreprises les plus dynamiques, créatrices et rentables de l’économie américaine.

 

  • Pourtant les deux villes sont bien distinctes non seulement par leur taille, par leur production – la Silicon Valley est remplie de start-ups, de grandes entreprises spécialisées dans la fabrication de petits pièces, genre micro-processeur, téléphones portables, applications tandis que Seattle accueille les géants de Boeing, Amazon et Microsoft, « des constructeurs d’importants centres de données » mais la scène start up est sous-développée – mais aussi par l’image qu’elles cultivent et qu’elles veulent renvoyer.
    « Les habitants de Seattle refusent de voir leur ville devenir comme San Francsico, dominée par des geeks fortunés » et veulent garder leur statut de seconde ville la plus économiquement intégrée des Etat-Unis – SF est 14ème du classement. »
    « C’est l’une des raisons, à côté des paysages naturels, des logements à bas prix, et de l’absence d’impôts locaux, pour laquelle les « Valleyites » fuient vers le nord. Une meilleure qualité de vie pour deux fois moins cher. »
    * « How America’s two tech hubs are converging » – The Economist

 

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4. Un journaliste arrêté pour avoir fait son boulot

 

  • Ca peut paraître anecdotique si ça n’était pas l’Amérique de Trump où la liberté de la presse est ouvertement et quotidiennement menacée par le gouvernement.
    Le journaliste Dan Heyman a été arrêté dans le Capitole de Virginie Occidentale à Charleston mardi soir après avoir tenté d’interviewer le Secrétaire d’Etat à la Santé Tom Price, emprisonné pendant sept heures et inculpé pour avoir « volontairement interrompu la bonne marche du gouvernement », un délit mineur dans cet Etat.
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  • Le journaliste était présent en toute légalité dans le bâtiment qui sert de siège au Congrès où il a essayé d’arracher une réponse à Mr Price sur Trumpcare, à avoir si la violence domestique serait considérée comme un antécédent médical ou non. Il a tenté de se rapprocher de lui avant d’être écarté par la sécurité.
    Selon les autorités, le journaliste aurait tenté de se frayer un chemin entre les gardes du corps et enfreint les mesures de sécurité.

    Les journalistes un peu trop insistants sont généralement évacués sans risques de poursuites judiciaires; celles de Mr Heyman, demandées par la Mairie, sont conséquentes: une caution de 5 000 dollars et une amende de cent dollars et une peine maximum de six mois de prison pour « délit mineur ».
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  • « Ces choses ne sont pas censées arriver dans une démocratie comme les Etats-Unis. Ce n’est pas ce que nous défendons », affirme l’avocat de Mr Heyman, qui explique que son client ne faisait que son boulot.
    Le Comité de protection des journalistes a quant à lui qualifié cette démarche « de pur affront envers la liberté de la presse ».

    L’histoire a été relayé dans le New York Times et le Washington Post
     
    * « Dan Heyman Interview » – Esquire

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5. Les médias libéraux: A droite toute!

  • Les médias dits « libéraux », ceux qui penchent à gauche et sont très critiques envers le président, qui représentent une grande majorité des médias mainstream aujourd’hui avec en chef de file le New York Times, le Washington Post ou la chaîne câblée MSNBC, profitent depuis la campagne présidentielle de l’effet Trump
    Le caractère peu orthodoxe du personnage fait beaucoup d’audience mais le critiquer est encore plus profitable: tous ces médias ont enregistré des taux records d’abonnements, revenus publicitaires en hausse et non jamais rassemblé autant de téléspectateurs.
  •  

  • Pourtant ces derniers ont décidé depuis les résultats inattendus de l’élection qu’aucun d’entre eux n’a su anticiper, de diversifier leur personnel en recrutant de nombreuses personnalités plus « conservatrices ». L’arrivée d’un climatosceptique, Bret Stephens, dans le comité éditorial du New York Times a choqué beaucoup de lecteurs tout comme celle de Hugh Hewitt au Washington Post. Ce dernier devrait d’ailleurs animer prochainement une émission politique sur … MSNBC, qui fait aujourd’hui sa pub en se targuant d’aller « trop à droite ».
    Quatre raisons selon Slate expliqueraient cette tendance:
       * Aller piquer des téléspectateurs de Fox News qui est en train de traverser la pire crise de jeune existence
       * Apporter davantage de pluralisme dans le traitement de l’information et avoir accès à ce que pensent les conservateurs – éclater autant que possible la bulle libérale qui a aidé Trump à être élu.
       * Coup de pub pour attirer davantage d’annonceurs.
       * Les conservateurs engagés par le Times, le Post ou MSNBC sont ceux qui ont refusé de soutenir Trump et dont l’avenir est dans l’opposition même s’ils restent à droite.
     
    * « Why are liberal media outlets on a conservative hiring spree? Five theories » – Slate

 

  • Les « libéraux » peuvent se rassurer, ils disposent encore de nombreux alliés dans les médias, souvent d’anciens proches de Clinton, mais la représentation de la branche plus « progressive », les proches de Sanders, est plus rare – ils n’ont d’ailleurs reçu aucun soutien durant les primaires démocrates et le reste des élections présidentielles.
    Pour l’Observer, ancienne propriété de Jared Kushner, gendre de Trump, qui penche à droite, l’explication est simple:

Plutôt que de recruter pour combler le manque de « progressistes » dans les médias, MSNBC, The New York Times et autres se sont recentrés vers la droite dans l’espoir de casser la suprématie de Fox News.
Ce changement s’inscrit dans une tendance plus large de l’establishment de la politique et des médias de taxer Bernie Sanders et ses supporters d’extrême gauche. Une catégorisation péjorative qui laisse entendre que les progressistes sont radicaux, en marge et ont peu de soutien.

 

 

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6. La ligue de soccer féminin en prime-time

  • La chaîne féminine Lifetime, spécialisée dans les téléfilms dramatiques, à l’eau de rose, ou « romcom » de seconde zone, et propriété du groupe A&E vient d’acquérir les droits de transmissions télé de la ligue féminine nationale de soccer (NWSL) et d’acheter des parts de la Ligue, ce qui devrait lui garantir davantage d’exposition médiatique pour les années à venir.
    Grâce à ce contrat, la National Women’s Soccer League aura ses matchs retransmis à la télé dans tout le pays, la condition sinequanone pour attirer spectateurs, supporters, et engranger des revenus.
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  • On parle d’un investissement de plusieurs millions de dollars de la part de la part du réseau câblé qui pourrait toucher une audience d’environ cent millions de foyers, plus importante que ESPN, La chaîne sportive américaine.
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  • La ligue féminine créée il y a quatre ans est la plus réussie depuis les échecs de la Women’s United Soccer Association (WUSA) en 2003 et la Women’s Professional Soccer (WPS) en 2011.
    Contrairement à l’équipe nationale très célèbre – la finale de la coupe du monde féminine en 2015 reste le match de football le plus regarde de la télé américaine – le championnat peine à attirer susciter l’intérêt du public et des sponsors. Grâce à une rencontre hebdomadaire diffusée sur Lifetime, la ligue et le réseau espèrent fidéliser davantage.
    Bonne Chance!