La citoyenne Clinton

 

Dans une interview inédite du New York magazine, Clinton revient longuement sur les raisons de sa défaite, sur la soirée dramatique, les réactions des supporters, les critiques des médias, la résistance contre la nouvelle administration, dans laquelle elle compte bien rester présente et active.

Le 8-9 novembre

  • Elle a été aussi étonnée que le reste de l’Amérique, du monde et même de la campagne de Trump lorsque les premiers résultats sont sortis.
  • Le rituel de la défaite:

    Ca été dévastateur (…) J’ai juste pensé à traverser cette épreuve avec le plus de dignité et d’intégrité possible, en me disant qu’on aurait tout le temps de comprendre ce qu’il s’est passé, mais que pour le moment, il fallait passer ce rituel de la défaite: Quand j’étais sûre d’avoir perdue, appeler Trump, appeler Obama, penser à quoi dire le lendemain …
    Il fallait que je passe par cela avant de me dire « Qu’est ce qu’il s’est passé », et pouvoir être colère énervée, être déçue et avoir l’impression d’avoir abandonné tout le monde.

     

  • Elle a reconnu sa défaite seulement le lendemain car il fallait le temps écrire un discours que personne n’avait préparé. Un discours qu’elle a voulu plus agressif et optimiste à la fois pour encourager la nouvelle génération de filles à continuer de se battre.

 

L’inauguration

  • Elle était toujours dans cette posture de perdante quand elle a assisté à l’investiture de Trump

    C’était dur, très difficile (…) Mais à ce moment là on pensait encore qu’il aurait un programme de gouvernement différent de celui de la campagne. 
    Au contraire, il a réaffirmé à tous ses supporters les plus fidèles qu’il resterait le même. « Un carnage dans notre pays » [les propos de Trump pour qualifier la situation des Etats-Unis après huit ans d’Obama] C’était assez choquant. 
    J’ai surpris Michelle Obama qui se demandait ce qu’il se passait. J’étais assise à côté de George et Laura Bush, et même nous ne sommes pas du même bord politique, nous étions atterrés.

     

 

La défaite

  • Elle assume « personnellement » la responsabilité de la défaite:

    « J’étais la candidate, j’étais la personne sur le bulletin de vote. Je me rends compte des défis, problèmes et des insuffisances que nous avons eu. »

     

  • Reste que, selon elle, et comme l’avait avancé le journaliste Nate Silver, « si les élections avaient eu lieu le 27 octobre avant l’annonce de la réouverture de l’enquête sur ses emails, [elle] serait aujourd’hui la présidente. »
    Des propos raillés par de nombreux journalistes de tous bords dont certains ont été particulièrement violents.

 

  • Le livre « Shattered » sorti en avril explique la défaite du 8 novembre par des « dissensions internes catastrophiques », une candidate en dehors de la réalité et une équipe conflictuelle qui a transformé « une victoire possible » en « désastre titanesque »:

    Une campagne passive-agressive qui négligé les avertissements des démocrates sur le terrain dans les swing states, qui a ignoré ceux qui lui conseillaient de travailler davantage à convaincre les indécis (travailleurs blancs et millenials) plutôt d’essayer de mobiliser ses supporters.

     

 

L’ingérence russe et Wikileaks

  • Clinton affirme avoir sous estimé l’impact de Wikileaks qui a diffusé pendant tout le mois d’octobre des emails de son directeur de campagne, « inoffensif, inintéressants, sans importance » mais présentés quotidiennement comme des révélations dans tous les médias.

    Et puis vous avez Trump, dans le dernier mois de campagne, qui parle de Wikileaks quelque chose comme 164 fois; vous avez tous ses mignons partout, et les médias alt-right qui enveniment les choses …

 

  • Sur l’ingérence russe et la réponse des parlementaires.

    L’histoire jugera ceux qui sont au Congrès aujourd’hui et la façon dont ils répondent à ce qui a été une attaque contre le pays. Ce n’était pas le genre d’attaque horrible, une attaque physique comme le 11 septembre ou Pearl Harbor, mais c’est l’attaque d’un adversaire agressif qui essaye depuis plusieurs années de saper notre démocratie, d’influencer notre politique et même nos élections.

 

Le facteur féminin

 

  • En entrant en campagne en 2016, Clinton pensait que le fait d’être une femme poserait moins de problème qu’en 2008. Or les commentaires sur internet et les médias sociaux, ont révélé qu’il y avait toujours ressentiment très profond sur le genre qui n’avait pas été résolu.

    Une femme compétente qui rate une opportunité contre un homme incompétent n’est pas une surprise électorale qui a mal tourné, c’est le quotidien de l’Amérique.

     

  • Clinton raconte que lors du second débat présidentiel, avoir Trump qui rode derrière elle a été l’une des situations les plus difficiles de la campagne « parce que ce qu’il faisait est tellement pernicieux. Me suivre, me scruter. »
    Elle aurait voulu se retourner et lui de dégager mais c’est justement ce qu’il voulait.

    Je l’ai vu détruire toute l’opposition républicaine qui a essayé de le confronter lors des débats, et il réagissait avec tellement de mépris. Il aurait gagné des points et j’en aurai perdu

     

 

Le soutien de ses supporters

  • Clinton explique que partout où elle va, quelqu’un se met à pleurer. Pas seulement après les élections mais « encore aujourd’hui, dans les restaurants, dans l’avion, dans les épiceries, dans les bois, les gens font la queue pour prendre des selfies, pour l’embrasser, pour se réconforter »

    Je n’ai jamais vu cela. Ca ne s’arrête pas (…) Parce que les gens sont profondément meurtris.
    Effectivement ce sont surtout des femmes. Mais les hommes l’expriment autrement. Les hommes me disent « J’ai voté pour vous et je ne comprends pas ce qu’il s’est passé ».
    Mais pour les femmes qui m’ont soutenu ou qui se sentent coupables de ne pas l’avoir fait, pas parce qu’elles ont voté pour quelqu’un d’autre mais qu’elles n’ont pas voté.

     

 

 

Le futur

  • La victoire de Trump a provoqué un électrochoc qui est « incroyable » avec la marche, les protestations, la résistance.
  • Grâce à l’argent soulevé pendant la campagne, elle à créé une nouvelle organisation, Onward Together, pour “resister, insister, persévérer, et s’inscrire.”
    Il s’agit non seulement de financer l’opposition au gouvernement Trump mais aussi préparer la relève, former les femmes à être candidate avec Emerge America (13 000 d’entre elles ont déjà franchi le pas), sensibiliser les jeunes à la politique avec Run for Something.
  • Elle compte également réitérer le message adressé aux jeunes filles lors de sa défaite:

    Vous êtes importantes et puissantes et vous méritez toutes les opportunités que le monde a à offrir. Notre futur dépend de cette croyance. N’ayez pas peur de vos ambitions, de vos rêves, et même de votre colère. Ce sont des forces utiles. Soyez intelligentes, essayez, échouez, essayer à nouveau, et restez attachée à vos valeurs, et n’abandonnez pas.

Etats-Unis: Le parti démocrate doit-il dépasser le « libéralisme identitaire »?

La stratégie du parti démocrate qui repose traditionnellement sur la défense et la mobilisation des identités (de race, de genre ou de sexe) serait responsable, selon certaines critiques, de la défaite d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.
Un appel à dépasser ce « libéralisme identitaire » oppose une fois de plus les Démocrates et les Républicains, alors que Bernie Sanders, qui a fait campagne sur les difficultés économiques du pays des classes moyennes, pourrait bien incarner une nouvelle voie.

Dimanche dernier, Mark Lilla, professeur d’Humanités à Columbia University, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « The End of Identity Liberalism » dans lequel il explique que la politique identitaire (Identity Politics) qui a eu une influence majeure sur les liberals et progressistes américains depuis les années 70, les aurait empêchés de « devenir une force fédératrice capable de gouverner ».

Un thème postélectoral récurrent nous rappelle Matthew Yglesias dans Vox:

Quand le parti démocrate remporte des élections, l’opposition dénonce la « politique identitaire » comme une forme de totalitarisme, tandis que quand ce même parti perd les élections, l’opposition avance que les arguments fondés sur l’identité sont responsables de leur perte.

Les démocrates considèrent depuis des décennies la promotion et la défense des minorités comme un enjeu électoral majeur qui a leur permis de s’attirer la plupart des votes afro-américains,  latinos, LGBT, et féminins lors des dernières élections. « Des principes pédagogiques très louables moralement » selon Lilla qui ont permis aux minorités de s’émanciper mais qui peuvent se révéler « désastreux au fondement des politiques démocratiques actuelles ».

La critique de Clinton a été exploitée par l'équipe de Trump
La critique de Clinton a été exploitée par l’équipe de Trump

L’erreur de Clinton a été de ne pas inclure les classes ouvrières blanches et les groupes religieux comme des minorités à part-entières, qu’elle a contraire stigmatisé en les traitant de « déplorables » – et qui ont répondu en soutenant majoritairement son adversaire.

Mais pour le professeur de Columbia, il ne s’agit pas seulement de la faillite d’une tactique électorale mais d’une vision plus générale de la société, de la tension entre identité individuelle et collective au sein d’une démocratie aussi diversifiée que celle des Etats-Unis.

Mais la fixation sur la diversité dans nos écoles et dans la presse a produit une génération de libéraux et de progressistes narcissiques, inconscients de ce qui se passe en dehors de leur groupe prédéfini et indifférent à la nécessité d’essayer comprendre l’ensemble des Américains quelque soit leur style de vie.

Plutôt que d’intégrer dès le plus jeune âge, à travers l’enseignement et l’éducation, les « concepts de classes, de guerre, d’économie et du bien commun », on apprend « aux enfants à parler de leur identité individuelle avant même d’avoir construit la leur » et quand ils arrivent à l’université, « beaucoup d’entre eux pensent que le discours sur la diversité est plus important que le discours politique ».
Et l’auteur de noter combien cet intérêt pour la diversité dans les campus a déteint sur les médias « libéraux » et sur leur façon d’analyser la société et de réaliser « comment le prisme de l’identité a transformé le traitement de l’information ».

Ce qui nous amène à la politique et à l’échec que vient d’essuyer le « libéralisme identitaire » après la défaite de Hillary Clinton. « Les politiques nationales dans les périodes pérennes ne s’appuient pas sur les différences entre les individus mais sur leurs points communs » et sur l’idée de programmes qui bénéficient à tous, comme l’a défendu avec succès Bill Clinton dans les années 90 et Ronald Reagan, dix ans plus tôt, à l’origine du slogan « Make American Great Again ».

Depuis leur défaite, les démocrates ne cessent de stigmatiser les « angry white male » en accusant Donald Trump d’avoir transformé « des désavantages économiques » en « colère raciste » – la thèse dite du whitelash.
Cette interprétation des résultats électoraux à travers le concept identitaire atteint ici ses limites, et comprendre le malaise d’une frange de la société en utilisant le concept économique et sociologique de classes pourrait être bien plus constructif.

Le professeur appelle donc à un post-identity liberalism qui

  • Se concentre sur « l’élargissement de la base électorale en attirant les Américains en tant qu’Américains et s’intéressant aux problèmes qui affectent la majorité d’entre eux »
  • Consiste à former des citoyens « au courant de leur système de gouvernement et des forces et évènements majeurs de leur histoire ».
  • Défend l’idée d’une démocratie qui offre des droits mais qui a aussi des devoirs de rester informé et de voter
  • Une presse libérale post-identitaire qui commencerait à se renseigner sur les parties du pays qui ont été ignorées, et d’essayer d’éduquer les Américains sur les forces majeures qui influencent les monde politique, surtout dans leur dimension historique

Un programme qui ressemble assez à ce que la France enseigne à ses élèves, collégiens et lycéens, et ce qu’une presse, même aujourd’hui limitée, continue d’essayer d’offrir à ses lecteurs – mais l’histoire politique, économique et sociale de la France est très différente de celle des Etats-Unis, et la composition démographique de l’Hexagone encore plus éloignée.

La réponse de Matthew Yglesias aux arguments de Mark Lilla:

La réalité, pourtant, est celle que la politique n’est pas et ne sera jamais un séminaire sur les politiques publiques. Les gens ont des identités, et les gens se mobilisent politiquement autour de ces identités. Il n’y a pas d’autre moyen de faire de la politique que de faire de la politique identitaire

Et par politique identitaire, il entend « atteindre les groupes non-blancs et rien d’autre » et que l’histoire politique et électorale des Etats-Unis a été façonnée par cet appartenance identitaire. Il va plus loin en reprenant les propos de Christopher Achen et Larry Bartels dans leur récent ouvrage Democracy for Realists qui affirment que l’identité est le facteur décisif sur lequel un électeur américain va choisir son candidat, bien avant son charisme, son programme ou son appartenance politique.

Alors que la revue conservatrice The National Review défend le point de vue de Mark Lilla, elle défend également « une voix de la raison » initiée par Bernie Sanders, qui affirmait récemment dans une critique à peine cachée contre le parti démocrate, qu’il fallait aller « au delà de la politique identitaire »:

Ce n’est pas convaincant que quelqu’un dise « je suis une femme, donc votez pour moi ». Non, ce n’est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une femme qui a les tripes d’affronter Wall Street, les compagnies d’assurances, les compgnies pharmaceutiques, et l’industrie de l’énergie fossile ».

Selon l’ancien prétendant à la candidature démocrate, il faut équilibrer les arguments économiques et identitaires pour convaincre le maximum d’électeurs et gagner les élections – et notant au passage que le parti démocrate a perdu son aura auprès des classes moyennes et ouvrières qui ont donné la victoire à Trump.

Ce sera le grand enjeu du parti démocrate ces prochaines années.

***

Pour continuer la lecture, d’autres articles pour vous éclairer

 

Le Kiosque du mercredi 9 novembre 2016

I’m with her

Je suis arrivée aux Etats-Unis il y a neuf ans à l’occasion d’un stage à l’Institut d’Etudes Françaises de New York University.

Quelques semaines seulement après mon arrivée, je suis allée voir un meeting de Barack Obama à Washington Square destiné à tous les étudiants du campus.
J’ai compris la moitié de son discours mais je me rappellerai toujours ce charisme, cette aisance à s’exprimer et a suscité la ferveur d’une foule inspirée par ce jeune sénateur de l’Illinois qui incarnait ce dont le pays avait tant besoin, le changement, à travers un seul et unique slogan : « Hope »

C’était fin septembre 2007.
Un peu plus d’un an plus tard, il remportait les élections présidentielles américaines. J’étais à Paris ce 4 novembre 2008 pour renouveler mon visa et j’ai raté une soirée historique où l’Amérique a élu pour la première fois de son histoire un président afro-américain.
Après deux mandats de George W Bush marqués par le 11 septembre, la guerre en Afghanistan et l’invasion très critiquée de l’Irak, les Etats-Unis se jetaient dans l’aventure avec un jeune président démocrate bien décidé à changer son pays.

Quatre ans plus tard, il a fallu convaincre ceux qui l’avaient soutenu en 2008 que « l’espoir » devait « continuer » et au bout d’une campagne qui s’est resserrée dans les dernières semaines, Barack Obama a été largement réélu pour un second mandat.

Nous voici aujourd’hui à la fin de cette aventure et beaucoup d’entre nous regrettent déjà ce président qui a exercé avec brio ses fonctions, qu’il a essayé de préserver des attaques constantes des républicains, qu’il a utilisé pour rassurer les citoyens devant l’horreur des mass shootings et qui fait figure d’exemple pour des générations d’Américains.

Lorsque Hillary Clinton s’est représentée en 2015, il y avait forcément un air de « déjà vu » avec une candidate qui avait déjà perdu en 2008 et qui à côté d’Obama représente la vieille garde du parti démocrate.

Les premiers mois des Primaires n’ont eu d’intérêt que pour les outsiders : Bernie Sanders et Donald Trump.
On connaît la suite, ni les médias, ni ses adversaires n’ont vraiment pris au sérieux le milliardaire new yorkais qui a assommé un par un, dans les urnes et sur Twitter les candidats officiels de « son parti » sans réussir à convaincre, même après sa nomination officielle comme candidat du Grand Old Party au mois de juillet.

La campagne d’Hillary Clinton a elle été empoisonnée par les scandales : la messagerie privée utilisée lorsqu’elle était Secrétaire D’Etat, la Fondation Clinton qui aurait abusé de la position d’Hillary dans l’administration d’Obama pour attirer les donateurs fortunés et plus tard monnayer ses discours et ceux de son mari devant le gratin de Wall Street.
Qu’elle gagne ou pas ne changera rien à l’opinion de millions d’Américains, démocrates et républicains, convaincus d’avoir à faire à une politicienne « corrompue ».b4d7614f30fed57acbceb3109512c18e

Mais il faut essayer de dépasser les attaques continuelles dont elle a fait l’objet ces dix-huit derniers mois alimentées par des Républicains qui n’ont jamais accepté ses ambitions politiques depuis qu’elle a été first lady en 1992 et qui ont réussi à ce qu’une partie de l’opinion publique la déteste.

Effectivement, Hillary Clinton a fait preuve de manque de jugement, changé ses positions quand l’opportunité se présentait, sur l’environnement, le partenariat transpacifique, le droit des homosexuels et a parfois précédé son époque plus qu’elle ne l’a anticipée

Effectivement, elle plus au centre que Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, mais son programme reste celui d’une démocrate réaliste quant à sa marge de manœuvre politique dans un pays bloqué politiquement depuis huit ans face à des Républicains déjà prêts à lancer une procédure d’Impeachment à son encontre et qui ont prévu de bloquer la nomination du neuvième et dernier juge de la Cour Suprême si elle venait à être présidente.

Ecoutez plutôt l’étudiante Hillary Rodham lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’université de Wellesley en 1969, lorsqu’elle prononce un discours qui contredit celui du sénateur républicain qui vient juste d’intervenir, l’inspiration qu’elle a puisé en allant voir Martin Luther King avec son pasteur à Chicago en 1962, les leçons qu’elle a apprise lors de convention nationale démocrate de Chicago en 1968, l’enquête sur le Watergate à laquelle elle participé fraichement diplômée de Yale, le combat qu’elle a mené en faveur des enfants handicapés, des femmes et des minorités.
C’est elle qui a essayé durant la première administration Clinton de reformer la sécurité sociale aux Etats-Unis avant d’être rapidement remise à sa place de pot de fleur du président.

Elle a commencé sa carrière politique quand son mari a terminé la sienne et a été autant appréciée en tant que gouverneur de New York que Secrétaire d’Etat.
C’est quand elle a affirmé ses ambitions présidentielles que les diffamations, rumeurs et attaques de la part des Républicains sont reparties de plus belles, et n’ont cessé depuis d’essayer de l’affaiblir.
Elle n’a jamais renoncé.

Le combat d’Hillary est celui d’une femme qui s’est toujours placée à l’égal des hommes et qui a été haïe pour cela.

Il est temps de lui donner enfin la parole et les moyens.

Hillary Clinton peut apporter un plus de justice sociale et économique à ce pays, elle peut être une inspiration pour les générations à venir.
Je me trompe peut être mais en attendant qu’elle prouve le contraire, I’m with Her.

« Voter Suppression »: les stratégies de démobilisation des électeurs américains

Dans une campagne ou toutes les règles du jeu politique ont été bafouées les unes après les autres, des supporters de Trump et membres de son staff ont décidé de s’attaquer aux électeurs de Clinton en les empêchant par tous les moyens de voter le 8 novembre.
Un travail de « démobilisation électorale », appelé « voter suppression » qui a été entrepris depuis des années par les Républicains, à l’encontre des minorités.

Les règles de vote différentes selon chaque état

Les Etats-Unis d’Amérique ont des règles électorales différentes selon les états, et contrairement à la France, aucun d’entre eux n’offre de carte d’électeur. La principale pièce d’identification est le permis de conduire qui garantit de fait l’inscription à un registre de vote, si l’individu est un citoyen américain de plus de 18 ans, alors que d’autres états autorisent l’inscription le jour même de l’élection, dans le bureau de vote.

L’inscription électorale peut s’accompagner d’une affiliation à un parti politique (démocrates, indépendant, républicains) ou non (non-affilié) dans une trentaine états qui permettent aux électeurs de voter lors des Primaires qui précèdent la campagne présidentielle. L’affiliation à un parti politique n’implique pas nécessairement le vote pour ce même parti le jour des élections, et un individu a le droit de voter le parti adverse.

ballotpedia.org
ballotpedia.org

34 états obligent ses citoyens à apporter une pièce d’identité le jour des élections pour pouvoir voter, certains avec une photo (driver licence, carte d’identité émise par l’état, passeports), d’autres sans (facture de téléphone, relevé de banque) tandis que 18 autres états ne demandent aucun document prouvant l’identité de l’électeur. Le contrôle s’effectue avec une signature, ou des informations personnelles, comme leur nom et adresse, qui doivent être inscrites sur le registre de vote.

La politisation des Voter ID Laws

Aux Etats-Unis, les conditions d’identification des électeurs, propres à chaque états, se sont renforcées et politisées ces dernières années. En 2000, la majorité des états ne demandait aucun document d’identification aux électeurs, et 16 ans plus tard, la tendance s’est inversée, et une majorité des états requiert une forme d’identification à ses citoyens pour pouvoir exercer leur droit de vote.

Le renforcement de la législation dite des voter ID laws a été présenté comme un effort de « lutte contre la fraude électorale et [la protection de] l’intégrité de l’élection » par la grande majorité des républicains qui les ont mis en place – les démocrates y voient un moyen d’empêcher les plus vulnérables de pouvoir voter:

Les experts électoraux affirment que les minorités, les pauvres et les étudiants qui ont tendance à voter démocratique, sont parmi ceux qui sont le moins susceptibles d’avoir un permis de conduire valide, la pièce d’identité la plus couramment demandée. Les personnes âgées, un autre groupe qui a moins de chances d’avoir un permis, figurent parmi les « électeurs pivots », ceux susceptibles de changer d’avis

Ces mêmes républicains auraient ces deux dernières années, dans treize différents états, réduit la durée des votes anticipés et provoqué des attentes interminables dans les bureaux de vote cette semaine. Ils ont également rendu plus difficile les modalités d’inscription aux registres électoraux

Le programme Interstate Crosscheck

« Ce qui risque de miner la démocratie en novembre, c’est la culmination d’une décennie d’efforts des Républicains de supprimer le droit de vote sous l’apparence de lutter contre la fraude électorale » explique le magazine Rolling Stone cet été qui prend l’exemple de Intersate CrossCheck: un programme mis en place en 2005 dans le Kansas censé vérifier qu’un électeur n’est enregistré que dans un état du pays pour éviter qu’il puisse voter à deux reprises.
Le programme, aujourd’hui partagé par 28 états, a recensé près de 7 millions de personnes soupçonnées d’être enregistrées dans deux états différents alors que seulement 4 personnes ont été depuis reconnus coupables de ce genre de fraude électorale grâce à CrossCheck

Alors que les noms, prénoms, deuxième prénoms, date de naissance et les quatre derniers du numéro de sécurité sociale doivent correspondre d’un état à un autre pour être considéré un double enregistrement, les analyses des données de Crosscheck par Rolling Stone montrent que de nombreuses comparaisons n’incluent ni deuxième prénom, ni date de naissance, ni numéro de sécurité sociale.
les premières victimes de cette « méthodologie enfantine » selon un expert seraient des individus aux noms afro-américains, latinos et asiatiques.

Chaque électeur que l’état liste comme ayant un double enregistrement reçoit une carte anonyme écrite en minuscule. L’électeur doit vérifier son adresse et renvoyer au secrétariat de l’état. Si la carte n’est pas renvoyée, le processus qui consiste à supprimer votre nom du registre de vote commence.

Il est impossible de savoir le nombre d’électeurs qui ont été victimes de cette « purge électorale » mais elle contribue à diminuer « la mobilisation des électeurs, [qui] favorise traditionnellement le GOP ».

La « voter suppression » façon Trump

Dans l’une des enquêtes les plus intéressantes de cette campagne électorale, Bloomberg Businessweek a eu accès à la stratégie mise en place ces dernières semaines par les plus proches conseillers de Trump, Jared Kushner, son gendre, Steve Bannon son directeur de directeur et Brad Pascale.

« Ni la campagne de Trump, ni la Convention Nationale Républicaine ne s’est concentrée sur la mobilisation de 47 millions d’électeurs blancs sans diplôme qui représente la source la plus accessible de nouveaux votes (…) Au contraire, la campagne de Trump a conçu une autre stratégie, par la négative. Au lieu d’élargir l’électorat, Bannon et son équipe essayent de le rétrécir. « On a trois opérations en cours qui visent à limiter l’électorat (…) Trois groupes dont Clinton a besoin si elle veut gagner les élections: Les libéraux blancs idéalistes, les jeunes femmes, les afro-américains »

Pour ceux qui ont suivi le dernier débat présidentiel, Trump y a évoqué les emails de Wikileaks et le Traité Trans-pacifique (destinés aux libéraux blancs idéalistes), les accusations des femmes à l’encontre de Bill Clinton (destinés aux jeunes femmes) et les « super prédateurs » (destinés aux Afro-Américains).
Les proches du candidat républicain ont choisi de cibler leurs attaques sur ces trois groupes en utilisant spots télés, radios et médias sociaux pour véhiculer des messages anti-Clinton et qui sont prêts à utiliser la désinformation pour démoraliser l’électorat susceptible de voter Clinton.

Internet et les fausses informations

Les américains les appellent les « trolls », ce sont des internautes qui lancent des rumeurs, campagnes de dénigrement et toutes formes cyberbullying sur internet et les réseaux sociaux.
Beaucoup se réclament du mouvement alt-right, proche de Breitbart News et Drudge Report, ces médias trash-conservateurs qui ont atteint le grand public durant cette campagne présidentielle.

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Depuis plusieurs jours ces derniers postent de fausses informations, sous forme de publicité utilisant notamment le logo de Hillary Clinton, pour tenter de garder les électeurs de Clinton en dehors des bureaux de vote le 8 novembre.
Comme exemple de désinformation: la possibilité de voter par texto, ou l’extension du vote jusqu’au 9 novembre, la nécessité d’apporter un acte de naissance pour pouvoir voter.

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Exemple de désinformation sur Twitter appelant à apporter toutes sortes de pièces d’identification pour pouvoir voter

De nombreux utilisateurs ont dénoncé ces messages, et les posts incriminés ont été supprimés des réseaux sociaux et le compte de leur auteur annulé.

Intimidation dans les bureaux de vote

Depuis que le candidat républicain affirme que les élections sont truqués, certains de ses supporters se sont regroupés pour aller « surveiller » les bureaux de vote le jour J et veiller a « prévenir toute fraude électorale » – ceux que les démocrates ont interprété comme des tentatives d’intimidation des électeurs: aller les interroger sur le choix de leur candidat, les photographier dans les bureaux de vote, ou même leur bloquer l’entrée.

Dans le swing state d’Ohio, le juge fédéral a d’abord donné raison aux démocrates en pénalisant toute tentatives d’harcèlement de ces poll watchers avant que la cour d’appel de cet état annule la décision.

Les démocrates ont déposé plainte contre le comité national républicain dans cinq autres états contre ces tactiques visant à empêcher certaines minorités ou populations de voter, mais aucune n’a réussi à passer. Les Républicains ont nié ces accusations en faisant valoir le manque de preuve tangibles

 

Il faut attendre demain soir pour évaluer l’efficacité des stratégies de démobilisations, législatives, physiques et numériques mises en place par les républicains, conservateurs et supporteurs de Trump qui ont marqué cette campagne presque autant que les stratégies de mobilisation défendues par les Démocrates.

Le kiosque du dimanche 6 novembre 2016

ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

FBI ne poursuivra pas Clinton

Le FBI vient d’annoncer qu’il n’engagerait aucune poursuite contre Hillary Clinton à la suite des derniers emails retrouvés dans l’ordinateur d’Anthony Weiner, le futur ex-mari de l’une de ses plus proches conseillères, Huma Abedin.
La campagne d’Hillary Clinton a été secouée la semaine dernière après que le directeur du FBI ait décidé de prévenir membres de la Chambre des Représentants et du Sénat de l’éventuelle réouverture d’une enquête si les agents venaient à trouver des documents confidentiels dans l’ordinateur de Weiner. Ce qu’ils n’ont pas réussi à faire.
Les conclusions de l’enquête close en juillet dernier restent les mêmes pour la candidate démocrate.

Très bonne vidéo destinée à Ivanka Trump

Plus que deux jours

Le New York Times offre un accès illimité à son site internet pendant 72 heures entre le 7 et le 9 novembre pour suivre les élections les plus folles que l’Amérique ait jamais connu.
On vous conseille d’ailleurs ce très bel article sur les derniers jours de la campagne de Donald Trump publié ce matin:

Les derniers jours de la campagne de Donald Trump offrent un contraste détonant entre un staff qui se veut calme et confiant et le besoin et la vulnérabilité d’un candidat autrefois fanfaron qui n’est plus sûr de gagner.
En surface, il y a ce semblant de stabilité qui cache l’une des armes les plus efficaces de Clinton: les éruptions auto-destructrices de Trump qui ont miné sa campagne. Sous les apparences, les turbulences continuent et rendent difficile à franchir les obstacles de la route vers la Maison Blanche.
Les contrastes ont dominé sa campagne. Les conseilles de Trump lui ont finalement retiré son compte Twitter qu’il a utilisé – et souvent à ses dépends – pour éliminer ses rivaux. Mais en privé, Mr Trump songe déjà à la façon dont il va punir ses ennemis après les élections, notamment à travers la création d’une super PAC avec la vengeance comme mission.

Chris Christie out!

Chris Christie, gouverneur du New Jersey et fervent supporter de Trump, a vu « sa carrière politique se terminer cette semaine » après que deux de ses proches conseillers aient été reconnus coupable dans le procès du bridgegate, un scandale impliquant la fermeture de voies sur le Washington bridge en septembre 2013 pour créer des embouteillages monstres dans la ville de Fort Lee pour punir son maire démocrate de ne pas l’avoir officiellement soutenu lors de sa réélection comme gouverneur – qu’il a par ailleurs remporté.
Christie a échappé de justesse à un procès alors que tous les témoins s’accordent sur sa responsabilité dans l’affaire, et l’éventualité aujourd’hui de décrocher un poste dans l’administration Trump s’il venait à remporter les élections mardi, est nulle.
Personnalité charismatique, l’ancien procureur fédéral qui représentait l’avenir du parti il y a quelques années et un candidat sérieux pour les élections présidentielles de 2016, est aujourd’hui une disgrâce auprès de ses électeurs, de ses conseillers et du parti républicain.
Son mandat de gouverneur se termine en janvier 2018.

 

Les Russes s’invitent au marathon de New York

C’était jour de marathon aujourd’hui à New York, et le New York Times rapporte qu’un agent sportif russe fait l’objet d’une enquête fédérale pour avoir tenté de corrompre certains organisateurs du marathon pour permettre à ses athlètes d’utiliser des produits dopants lors de la célèbre course. L’intéressé à nié ces accusations. « L’enquête s’inscrit dans une investigation plus large du Département de Justice sur des réseaux de dopage qui ont déjà mené à des sanctions contre des représentants et athlètes russes » sur le territoire américain.

Le serial killer de Caroline du sud

Avis de recherches lancés par les familles des disparues, Charles David Carver et Kala Victoria Brown
Avis de recherches lancés par les familles des disparues, Charles David Carver et Kala Victoria Brown

Les circonstances sont dignes d’un film d’horreur.
Une femme enchaînée « comme un chien » a été retrouvée jeudi par la police à l’intérieur d’un conteneur en métal dans la propriété d’un agent immobilier, Todd Kohlhepp, en Caroline du sud.
Kala Brown, 30 ans et son petit ami, Charles David Carter, 32 ans avaient disparu deux mois plus tôt de l’appartement qu’ils partageaient à Anderson, suscitant la panique des familles et amis qui avaient très rapidement engagé des recherches avec le soutien des autorités.
Ce sont elles qui sont parvenus à localiser et libérer Brown dans le comté de Spartanburg, à une centaine de kilomètres de 100 km du lieu de leur disparition, grâce aux signaux des téléphones portables des victimes et des médias sociaux.
Le cadavre de Charlie Carver, qui aurait été abattu par Kohlhepp devant Brown, a été retrouvé sur la propriété et le sheriff a confirmé son identification.
L’accusé, âgé de 45 ans, a déjà fait 14 ans de prison pour viol lorsqu’il était mineur, est toujours inscrit comme délinquant sexuel. Ce dernier a avoué être responsable d’un quadruple homicide en 2003, les « Superbike Murders » et a indiqué aux policiers deux autres corps. Avec le meurtre de Charlie Caver, Kohlhepp aurait tué à sept reprises.

Trump News, info ou intox?

Depuis cet été, de nombreuses rumeurs affirment que Donald Trump envisagerait de créer son propre réseau d’information, Trump News, pour concurrencer directement les grandes chaînes nationales et Fox News … dans l’éventualité d’une victoire le 8 novembre prochain.

L’idée était de faire avancer le programme de l’administration Trump à travers une chaîne de télé qui lui soit dévoué. Un projet très ambitieux qui nécessite non seulement un immense investissement financier mais aussi l’accord des réseaux câblés pour accueillir la chaîne et la création de programmes quotidiens capables de faire de l’audience.
Trump aurait confié ce projet long et coûteux à sa fille, Ivanka, et son gendre, Jared Kushner, propriétaire du New York Observer.

Le semaine dernière, le New York Times a rapporté que ce dernier avait « discuté la possibilité d’un réseau de télévision appartenant à la marque Trump avec un professionnel aguerri à ce genre de marché ».

Même s’il a affirmé au Washington Post en septembre dernier ne pas y être intéressé, Trump pourrait se lancer dans cette aventure en comptant sur la fidélité des millions d’électeurs et de citoyens américains qui l’ont élu face aux cadors du parti républicain.

Homme de télé à succès, Trump est très à l’aise sur scène et le mouvement populaire qu’il a enclenché devrait se prolonger au-delà des élections qu’il perde ou qu’il gagne – ce qu’il a laissé entendre au dernier débat en « entretenant le suspens » sur sa décision ou non d’accepter le résultat des élections.
Le lendemain du dernier débat, Jonah Goldberg, du journal conservateur National Review, a qualifié cette instance « d’horrible » et de « stratégiquement stupide – à moins que le but soit d’aliéner ses supporters des médias grand public pour créer un réseau télé pour les laisser-pour-compte »

Pour le New York magazine,

« Cette théorie expliquerait pourquoi Trump a donné le contrôle de sa campagne à un media mogul, Steve Bannon, [ancien directeur en chef du site d’extrême-droite Breitbart News au mois d’août], pourquoi est-ce qu’il a inutilement attaqué les membres de son propre parti, et pourquoi est-ce qu’il a failli démoraliser ses propres électeurs en leur répétant que les élections étaient truquées. Ce sont des décisions logiques si le but final est de récupérer la loyauté d’une large minorité du pays aux dépens des organes républicains et la regrouper autour d’une enseigne médiatique qu’il peut contrôler

 

Qu’en est-il de Fox News, la chaîne de Rupert Murdoch qui a pris fait et cause pour le candidat républicain depuis le début de sa candidature et dont l’ancien président, a rejoint son équipe de campagne après s’être viré cet été pour des accusations de harcèlement sexuel?

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Selon le site Salon, Roger Ailes aurait réussi à « détourner les Républicains » et supporters de Trump de « leur chaîne préférée » qui n’est plus digne de confiance selon un dernier sondage réalisé auprès de citoyens conservateurs.

Les relations entre la chaîne et le candidat ont été plus que houleuses depuis les primaires Républicaines, notamment à cause de sa présentatrice vedette, Megyn Kelly, insultée à plusieurs reprises par Trump l’année dernière, accusée par ses confrères journalistes de défendre Clinton pour avoir critiqué Trump à plusieurs reprises et hier encore, attaquée par Newt Gringich pour avoir aborder les accusations faites par 11 femmes à l’encontre du candidat.

« Si vous êtes fatigués du parti pris des médias grand public (autrement dit la super PAC de Hillary la corrompue) connectez vous sur mon programme Facebook en direct » a annoncé Trump à la veille du dernier débat présidentiel – modéré par un Chris Wallace, un journaliste de Fox News.
Selon The Fiscal Times, 8,9 millions d’internautes se seraient branchés sur le compte Facebook de Donald Trump ce soir là, et que beaucoup ont comme les prémices de sa future aventure post-électorale.

Depuis lundi, il a d’ailleurs lancé sur le réseau social, Trump Tower Live, une émission quotidienne  et en direct de 30 minutes jusqu’au jour des élections, programmée avant chacun de ses meetings, également retransmis « pour contourner les médias libéraux ».
La première diffusée lundi a été vue plus d’un million et demi de fois, et ridiculisée par le New York Times pour son amateurisme et sa propagande pro-Trump.

 

 

Donald Trump: La vengeance à tout prix?

Dans un article publié hier sur Mother Jones, le Journaliste David Corn constate que « Trump est complètement obsédé par la vengeance » et rapporte plusieurs discours, qui précèdent sa candidature à la présidence, au cours desquels il en fait l’apologie.

Ce qui nous amène cette idée développée dans l’excellent reportage diffusé sur l’émission Frontline de PBS, « The Choice » selon laquelle les ambitions présidentielles de Donald Trump se seraient confirmées après avoir été humilié par Barack Obama lors du dîner de gala annuel des correspondants à Washington en 2011.

Le milliardaire américain fait depuis plusieurs semaines la tournée des plateaux télés pour alimenter la polémique sur le lieu de naissance du président qui est en pleine campagne pour sa ré-élection l’année suivante.

La semaine du gala, Obama a créé la surprise en rendant finalement public son birth certificate qui prouve qu’il est bien né en 1961 à l’hôpital d’Honolulu à Hawaï.
Cette campagne du « birther » a profondément ennuyé le président, obligé de devoir se justifier devant la nation entière qu’il est bien un citoyen américain, saisit l’occasion ce soir là d’avoir Trump dans l’audience pour partager lui rendre la monnaie de sa pièce, avec humour.

Pendant cinq longues minutes et devant un parterre de journalistes, célébrités et tout le gratin que compte la capitale, Obama moque l’obsession que Trump lui a voué pendant des mois, lui demande s’il est aussi fasciné d’autres théories du complot (Roswell, le meurtre du Tupac), ridiculise son émission de télé-réalité The Apprentice … et ses ambitions présidentielles.

Pour certains journalistes dont les auteurs de « The Choice », mais également l’entourage de Trump, la volonté de se présenter aux élections présidentielles est née ce jour-là d’une « revanche personnelle », celle de « prendre la place du premier président noir » qui l’a humilié aux yeux du monde entier.
Roger Stone, l’un de ses plus proches conseillers politiques de Donald Trump, explique dans le documentaire que ce qu’il « redoute plus que tout », c’est « l’humiliation et la honte » et « c’est pour cela qu’il a tendance à humilier et à faire honte aux autres »

« Plutôt d’avoir repoussé Mr Trump » explique le New York Times, ça n’a fait que « précipiter ses efforts pour se doter d’une légitimité dans le monde politique » – ce qu’il a fait avec le parti républicain pendant ces cinq dernières années.

Rarement on aura vu une personnalité publique et politique de cette envergure entretenir une telle rancoeur contre tous ceux qui l’ont critiqué, moqué et qui a pu prendre des formes extrêmes:

les attaques sur le physique de Rosie O’Donnell

Contre la femme de Ted Cruz,

Contre la famille Khan, dont le fils est mort en Afghanistan,

sur la nationalité du Juge Gonzalo Curiel,

sur la taille de « little Marco » [Rubio],

ou encore Alicia Machado

David Corn a retrouvé plusieurs discours de Trump dans lequel il développe sa théorie de la « punition » qui est un trait de caractère positif et nécessaire pour réussir dans la vie

« Il faut savoir être quitte avec les gens. S’ils vous arnaquent, arnaquez-les dix fois plus fort »

Et dans un autre discours:

« L’une des choses à faire pour réussir: Si quelqu’un vous frappe, vous devez leur rendre la pareille cinq fois plus fort qu’il ne l’aurait imaginé. Il faut savoir être quitte. La raison pour laquelle vous le faites, est tellement importante (…) Vous devez le faire parce que si ils vous font cela, c’est qu’il peuvent vous surpasser. C’est pas forcément une question de personne, ce qui peut être très satisfaisant, pour être honnête avec vous, je l’ai fait plein de fois. Mais les autres qui regardent et qui se disent, « laissons Trump tranquille » ou « laissons tomber » (…) Il faut savoir répliquer, et frapper fort »

Aujourd’hui Donald Trump applique ces mêmes idées en tant que candidat républicain, qui en baisse dans les sondages, acculé par la presse, son propre parti et les Démocrates est prêt à répondre coups-à-coups quitte à faire croire à ses électeurs que le système électoral est truqué et qu’un complot politico-médiatique veut sa destruction.

Son ultime revanche s’il vient à perdre les élections? Il l’a dit avec aplomb hier devant 50 millions de téléspectateurs, il refusera d’admettre la victoire de sa rivale.

 

 

 

Dernier débat présidentiel: Clinton gagne et Trump s’en va-t-en-guerre


La tension était extrême ce soir avant le dernier débat entre les deux candidats et, alors que tous les commentateurs s’attendaient à des échanges encore plus injurieux que lors de la seconde confrontation, on a eu le droit à un débat « classique » entre Clinton et Trump.

Hillary Clinton a remporté cette dernière confrontation avec une constance et un calme olympien qui lui ont permis de faire valoir son programme tout en diminuant avec tact et respect celui de son adversaire.

Trump a fait preuve de diplomatie ce soir jusqu’à ce qu’il soit questionné sur les polémiques qui ont miné sa campagnes ces dernières semaines.

Le modérateur, Chris Wallace de Fox News a parfaitement exécuté son rôle de médiateur en abordant les polémiques qui poursuivent les deux candidats: les emails de Clinton et sa fondation, les accusations de harcèlement sexuel contre Trump.

Mais la leçon de ce soir c’est qu’on a vu s’affronter une politicienne consciente des intérêts et enjeux de son pays et un candidat incapable d’approfondir sur les problèmes domestiques et internationaux à part accuser da rivale de tout et n’importe quoi.

On retiendra de cette confrontation l’ambiguïté de Trump quant aux résultats des élections, pour lesquelles il avisera le jour J, sur les accusations qu’il porte envers Hillary sur le mur qu’elle aurait souhaité construire sur la frontière mexicaine, sur sa réticence à condamner les russes pour le piratage d’informations confidentielles du gouvernement américain, et l’utilisation de Wikileaks pour essayer de déstabiliser sa rivale.

On a rarement vu Clinton si solide et confiante durant tout le débat, préparée a toutes les attaques et qui a su répondre avec pédagogie aux questions du modérateur et avec fermeté envers son rival.

Ce qui inquiète les médias ce soir, c’est la réticence qu’a exprimé Trump sur le résultat des élections, qu’il semble vouloir gérer à sa manière, comme le juge de l’émission de télé-réalité The Apprentice qu’il a présenté pendant plusieurs années: « Je vous donnerai mon avis en temps donné ».
Ce que sa rivale a d’ailleurs dénoncé comme « une rhétorique dangereuse »

Il est difficile de prédire les évènements à venir les prochains jours mais Trump a clairement fait sécession avec l’ensemble du système politique, électoral et médiatique du pays, et qui devrait déstabiliser les élections s’il décide de ne pas rétracter ses propos ou si le parti républicain refuse de prendre part à cette polémique – la plus dangereuse depuis sa nomination en tant que candidat républicain.

Encore une fois ce soir, Donald Trump a réussi son coup en attirant toute l’attention des médias sur une possible contention de l’élection du futur président, celle qu’il critique d’être si plaisante à l’égard de sa rivale.

Ce soir tout le monde parle de lui mais Hillary Clinton qui a gagné haut la main ce dernier débat et sans doute l’élection présidentielle.

 

 

 

Wall Street Journal: Obama a favorisé la campagne de Clinton

Le Wall Street Journal n’a jamais soutenu de candidat à la présidentielle et ne dérogera pas à la règle, contrairement à d’autres quotidiens conservateurs du pays.

Dans son éditorial de mardi, il a d’ailleurs ouvertement accusé l’Administration Obama d’avoir aidé la campagne d’Hillary Clinton dans l’affaire de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.

Même sans un Quid Pro Quo, l’épisode montre que le Département d’Etat des Etats-Unis a aidé la campagne de Clinton

Des propos directement repris par l’équipe de campagne de Trump dans un communiqué publié ce matin.