Le Washington Post et le New York Times: les meilleurs ennemis

 

Jamais depuis le scandale du Watergate, les médias américains n’avaient autant influencé la vie politique du pays explique Joe Pompeo dans Politico: Au centre de cette effervescence éditoriale, une rivalité entre deux mastodontes de la presse, le New York Times et le Washington Post dirigés par deux rédacteurs-en-chef au sommet, Dean Baquet et Marty Baron, dont les carrières ont influencé le journalisme aux Etats-Unis.

 

Les Leaders de l’ère Trump

L’ensemble des médias américains profitent depuis des mois de l’effet Trump, le « Trump Bump », que ce soient les journaux, magazines, chaînes télé, à travers l’enchaînement « breaking news », analyses et reportages autour et à l’intérieur de la Maison Blanche et Washington.

Mais pour ce qui est des informations relatives aux agences de renseignement et de la sécurité intérieure, Le Times et le Post, avec leurs équipes de correspondants expérimentés, ont l’avantage des grandes institutions.

Ce sont les journalistes de ces deux grands quotidiens qui, grâce des relations de confiance tissées avec le monde du renseignement, notamment le FBI et la CIA, depuis des années, qui ont réussi à obtenir la plupart des fuites sur les soupçons de collusions entre les Russes et les aides de campagne de Trump – Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale forcé de démissionner, Jeff Sessions, Jared Kushner, …

S’ils ont souffert ces dernières années d’une baisse des ventes et des revenus publicitaires face à la multiplication et à la spécialisation de nouveaux médias en ligne, ils réaffirment aujourd’hui leur leadership sur l’information, grâce notamment à la compétition féroce qu’ils entretiennent l’un envers l’autre.

Le scandale de la messagerie privée de Hillary Clinton? C’est le New York Times qui l’a sorti en mars 2015. La vidéo d’Access Hollywood? C’est David Fahrenthold du Post qui l’a révélé un mois avant les élections (il vient de remporter le Pulitzer pour son enquête sur les oeuvres de charité de Donald Trump). La cadence des scoops s’est accélérée depuis l’investiture du président jusqu’à cette semaine du mois de mai où chaque jour a eu son lot de révélations soit de la part du Post (Trump révèle des informations confidentielles aux Russes dans le bureau ovale), soit de la part du Times (Trump a demandé à Comey de laisser tranquille Michael Flynn). 

 

Des carrières croisées qui ont marqué le journalisme américain

Les deux rédacteurs-en-chef sont des amis de longue date qui se sont rencontrés au New York Times à la fin des années 90 et ont appliqué trois fois pour le même poste – Rédacteur en chef au Miami Herald et à deux reprises pour le New York Times).

Après avoir débuté comme stagiaire dans le Times Pycayyne, le journal de sa ville natale, la Nouvelle Orléans, Dean Baquet est parti pour le Chicago Tribune (1984-1990) où son équipe a remporté le Pulitzer du reportage d’investigation (sur la corruption au conseil municipal de Chicago) en 1988; il a rejoint le New York Times pendant dix ans (1990-2000) puis a traversé le pays pour devenir directeur de la rédaction du Los Angeles Times (2000-2007); période au cours de au cours de laquelle le quotidien californien a remporté 13 Pulitzers.
Il est revenu au Times en 2007, a monté patiemment les échelons, a réussi à se débarrasser de Jill Abramson, et est devenu le premier rédacteur en chef afro-américain.

 

 

Marty Baron, moins convivial et plus circonspect, a commencé au Miami Herald (1976-79) puis est parti au Los Angeles Times pendant 17 ans (1979-1996) avant de rejoindre le New York Times (1996-2000) et de retourner au Miami Herald comme rédacteur en chef (2000-2001). Il y remporte son premier Pulitzer pour la couverture de la bataille juridique autour du petit Elian Gonzalez, déchiré entre un père resté à Cuba et sa famille exilée en Floride.

Il part occuper les mêmes fonctions au Boston Globe (2001-12), considéré comme l’un des tournants majeurs du quotidien de New England, « Baron était un juif originaire de Floride dans une rédaction dominée par des Catholiques irlandais ». C’est pourtant lui qui va apporter au journal son « couronnement journalistique », repris brillamment dans l’excellent long métrage, lui-même oscarisé, « Spotlight »: La croisade d’une équipe de journalistes décidée à révéler les décennies d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique, grâce le silence complice de la hiérarchie, qui lui vaudra le Pulitzer en 2003.

 

Première couverture de l’enquête du Boston Globe sur les abus sexuels au sein de l’Eglise en 2003

A deux reprises Marty Baron et Dean Baquet ont été pressentis pour le poste le plus prestigieux, celui de rédacteur en chef du New York Times, attribué à Bill Keller en 2003 puis à Jill Abramson en 2011 mais finalement offert à Dean Baquet en 2014.
Entre temps, Marty Baron s’est déjà distingué comme rédacteur en chef du Washington Post, en remportant le plus prestigieux des Pulitzers, en collaboration avec le Guardian, pour ses articles sur les activités de surveillance de la NSA basés sur les fuites de Edward Snowden, au nez et à la barbe du New York Times, snobé par le lanceur d’alerte. 

 

Comme Joe Pompeo le note:

Au moment où Trump est devenu un candidat sérieux à la présidence, le Post était prêt à se battre. C’est pendant les derniers mois mouvementés de la campagne de 2016 que le Post et le Times ont émergé comme les acteurs dominants d’un moment ou les journaux, malgré leurs problèmes financiers, sont les garants d’une certaine responsabilité.

Désormais, leur compétition définit non seulement leur carrière mais à un certain degré, le sort de l’administration Trump. Chaque matin, tous les deux partent travailler en sachant qu’ils doivent travailler mieux et plus vite pour battre l’autre, sachant l’inévitable retour en flammes des supporters de Trump.

 

Un parti républicain misérable

 

 

« Qu’est-ce qui est encore moins populaire que Donald Trump? A peu près tout ce que font Paul Ryan et Mitch McConnell » commente cette semaine Jonathan Chait dans une tribune du New York magazine.

 

Très critiques à l’égard du candidat républicain pendant les Primaires et la campagne de 2016, Paul Ryan, porte parole de la Chambre de Représentants, et Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, sont devenus en quelques mois, les avocats de la nouvelle administration et les complices de son programme « nationaliste économique », « America First ».

 

L’année dernière, Donald Trump a réussi le pari fou, sans aucune expérience politique et avec un passé démocrate, de remporter la candidature républicaine et gagner les élections présidentielles.
Une aubaine pour le Grand Old Party, après huit ans dans l’opposition, de mettre enfin en place un programme conservateur avec l’aide du président, d’une majorité au Congrès, d’une trentaine de législatures et de gouverneurs à travers le pays: l’abolition et le remplacement d’Obamacare (leur unique obsession depuis 2010), la réforme fiscale et la dérégulation de Wall Street

 

Sauf que Donald Trump a passé les quatre premiers mois de présidence à remplir son propre agenda, « America First », à coups de décrets présidentiels plus polémiques les uns les autres, pour satisfaire sa base électorale, la seule légitimité du président le plus mal-aimé de l’histoire du pays, dont l’administration est minée par les scandales et les critiques.
Et aucune importante législation n’a été votée par le Congrès.

 

Entre temps, les leaders du GOP ont tout accepté pour pouvoir faire avancer leur programme, quitte à remettre en cause les principes conservateurs et malgré les oppositions au sein de leur propre majorité.

 

Paul Ryan a affirmé que la travel ban contre les ressortissants musulmans « n’était pas une loi contre la religion », a précipité le passage de l’American Health Care Act devant la Chambre de Représentants sans attendre les conclusions du Comité du budget et a défendu « A New Foundation for American Greatness », la proposition fantaisiste et erronée du budget 2018 qui n’a rien à voir avec le conservatisme fiscal.

 

Mitch McConnell faisait lui partie des 22 sénateurs républicains, dont les campagnes sont financées par l’argent de l’industrie du pétrole et du gaz, qui ont envoyé une lettre ouverte au président fin mai, en lui demandant de se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

 

Le GOP contemporain est aujourd’hui le seul parti majoritaire d’une démocratie occidentale à rejeter les conclusions de la science sur le changement climatique et à « s’opposer à l’assurance-maladie, comme principal bénéfice de la citoyenneté ».

 

Certes, le parti doit faire face à la réalité de la présidence de Trump et à l’importance de sa popularité auprès des électeurs républicains. Certes, comme l’avance Charlie Sykes, « le conservatisme américain est devenu anti-libéral, uni par la haine des médias et de la gauche ».

 

Mais que dire du renvoi du directeur du FBI, James Comey, de Sally Yates, la ministre de la justice par interim, des attaques incessantes contre les médias, contre la décision des juges de la cour d’appel fédéral (la travel ban), les critiques envers les pays alliés, notamment européens, l’Otan, le soutien sans failles à la Russie, le partage d’informations confidentielles avec des officiels russes dans le bureau ovale?

 

Comme en conclut Charles P Pierce dans Esquire:

Aujourd’hui, aucune personnalité influente du parti républicain n’est prête à dénoncer les désillusions de l’abruti dans son bureau ovale. (Rappelez vous son discours de jeudi, quand il a parlé de sa réforme fiscale qui passait facilement au Congrès? Il n’y a pas de réforme fiscale. Est-ce que quelqu’un lui a rappelé?). La réponse à ce genre de comportement à été jusqu’ici d’être complice des fictions de la Maison Blanche. Notre république est vraiment devenue bananière.

Manuel du bon journaliste dans l’Amérique de Trump

CNN boycottée par la Maison Blanche qui l’accuse de propager des « fake news » sur le président, les médias discrédités quotidiennement par Donald Trump et son plus proche conseiller qui en parle comme « le nouveau parti d’opposition ».
Le début d’année a été difficile pour les journalistes américains, entre effroi et colère, mais nombreux se sont entendus mardi sur le mémo publié par Steve Adler, le rédacteur en chef de Reuters, qui peut être utilisé comme le manuel du bon journaliste dans l’Amérique de Trump.

La formule est simple: Travailler avec la même rigueur et ténacité que dans des Etats totalitaires comme la Turquie, les Philippines, l’Egypte, l’Irak et la Russie, où les journalistes doivent faire face à « la censure, aux poursuites judiciaires, déni de visa et même à des menaces physiques »
Même dans un environnement hostile, il est possible de faire son travail avec « justesse et honnêteté » en « continuant à collecter des informations rares, et restant impartial ».

Steve Adler s’adresse ensuite à ses confrères qui ont trop tendance ses derniers temps à parler d’eux et de leur travail plutôt que de s’adresser à leur public:

On écrit rarement sur nous et sur les difficultés qu’ont rencontre mais très souvent sur les problèmes qui feront la différence dans la vie et les affaires de nos lecteurs et internautes.

Memo de Stephen Jadler, Rédactuer en Chef de Reuters, sur les « do’s/don’t pour ceux qui couvrent Trump.

 

Nous ne savons pas encore jusqu’où iront les attaques de l’administration Trump ou si elles seront accompagnés de restrictions légales dans la collecte d’informations. Tout ce que nous savons, c’est que nous devons suivre les mêmes règles qui guident chaque jour notre travail.

Ce qu’il faut faire

  1. Couvrir ce qui importe dans la vie des gens et leur apporter les faits dont ils ont besoin pour prendre les bonnes décisions.
  2. Continuer à entretenir ses sources: Si une porte se ferme, ouvres-en une autre.
  3. Abandonne les communiqués et accorde moins d’importance aux accès officiels. Ils n’ont pas autant de valeur qu’on ne le pense. Notre couverture de l’Iran a été exceptionnelle alors que nous n’avions aucun accès. Ce qui nous avions, c’était des sources.
  4. Parcourez le pays et apprenez davantage comment les gens vivent, ce qu’ils pensent, ce qui les aide et ce qui les désavantage, comment est-ce qu’ils comprennent le gouvernement et ses actions, et pas la façon dont nous les interprétons.
  5. Gardez le Thomson Reuters Trust Principles près de vous, et rappelez vous que l’intégrité, l’indépendance, et la liberté est la priorité chez Reuters.

 

Ce qu’il ne faut pas faire

  1. Ne soyez jamais intimidé, mais:
  2. Ne rentrez pas dans des luttes inutiles et éviter d’attirer l’attention sur vous. Si les dessous de l’histoire nous intéressent, ce n’est pas le cas du public en général qui ne sera pas forcément de notre côté même s’il l’a été à un moment.
  3. Ne vous plaignez pas de vos frustrations quotidiennes. Ca arrive dans tous les autres pays, gardez commentaires pour vous afin de ne pas être accusé d’animosité personnelle. Il faut faire cela aux Etats-Unis également.
  4. Ne soyez pas trop pessimistes concernant la situation actuelle de l’information: C’est une opportunité pour nous de pratiquer les compétences apprises dans des endroits du monde bien plus dangereux et montrer l’exemple – et par conséquent apporter des informations et des perspectives plus originales, plus utiles et plus intéressantes que n’importe quels autres groupes de presse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Muslim Ban »: Influence, inexpérience et imbroglio à la Maison Blanche

Le chaos provoqué par la « Muslim Ban«  est la preuve de son succès.
Ce sont les propos de Stephen Miller, 32 ans, l’auteur de la « Muslim Ban », conseiller du président et proche de Steve Bannon, qui a provoqué une crise à Washington et des manifestations dans tout le pays, la détention de centaines d’immigrés, après avoir passé agit seul, indépendamment du contrôle et des conseils toutes les agences gouvernementales concernées.

  • Contrairement aux informations qui circulaient dimanche concernant le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement du président, le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, dont l’influence est critique dans le domaine des Affaires Etrangères, Trump a décidé de garder le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford et rajouté un siège pour son conseiller le plus proche, Steve Bannon. 
  • On l’a appris sur l’émission politique de MSNBC, Morning Joe ce matin, la décision d’interdire l’entrée des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans aux Etats-Unis, « la Muslim Ban », a été prise en petit comité vendredi à la Maison Blanche sous l’autorité de Stephen Miller, 32 ans, engagé par son ami et mentor, Steve Bannon, le conseiller le plus influent du président.
    Le Conseil National de Sécurité n’en n’a pas été informé.
  • Joe Scarborough, l’un des co-présentateurs, s’est entretenu avec Donald Trump, ses conseillers et les anciens de Barack Obama, ce weekend:

    Stephen était vendredi à la Maison Blanche [pour discuter de la « Muslim Ban »] et aurait refusé d’aller consulter les autres agences fédérales ou des avocats, et a voulu faire cela tout seul (…)
    Tu as une très jeune personne à la Maison Blanche assoiffée de pouvoir qui pense pouvoir écrire un décret présidentiel et aller dire à toutes les autres agences gouvernementales d’aller au diable.
    Washington est horrifié ce matin de savoir que Stephen Miller était prêt à agir en dehors du processus de coopération des agences.

    L’essentiel à retenir de toutes les discussions vient du comité charge des Affaires Etrangères qui espère que la jeune équipe de la Maison Blanche s’est bien amusée en essayant de faire des politiques dans leur coin sans les prévenir parce que cela n’arrivera plus jamais.
    La chaîne [de commande] se resserre rapidement (…)

Donald Trump n’aurait pas reconnu au téléphone avoir fait une erreur, mais tous ses conseillers reconnaissent que l’opération s’est très mal passée, au niveau du manque de communication et d’explication avec les médias, et surtout sans aucun contrôle des agences gouvernementales.

L’une des premières erreurs de Donald Trump, inexpérimenté en politique qui pense qu’il peut mettre en place une promesse de campagne sans consulter l’appareil gouvernemental.

Stephen Miller s’est défendu ce matin sur CBS d’avoir mis en place « quelque chose de très réussi qui défit la vieille orthodoxie », s’est félicité de la mise en place « efficace » du décret et a remercié « au nom de la Maison Blanche, les agents des douanes qui ont appliqué la loi. »

L’influence d’un jeune conseiller dans les plus hautes sphères du pouvoir qui a été capable de faire passer une loi aussi importante sans passer par les agences de contrôle montre son inexpérience, et celle du président, et l’influence dont fait l’objet aujourd’hui le Commander-in-Chief, de la part de Steve Bannon, et sa dangerosité.

 

 

 

 

L’abrogation Obamacare, ce que les Américains vont perdre … et gagner

L’abrogation d’Obamacare entamée la semaine dernière par les Républicains pourrait priver d’assurance maladie vingt-cinq millions d’Américains en attendant le vote et la mise en place d’un nouveau programme encore inconnu.
Retour sur les grands points du projet historique d’Obama, les oppositions idéologiques et économiques, les difficultés de sa mise en place, et les conséquences de son démantèlement par les Républicains.

 

Comment Obamacare a révolutionné la santé aux Etats-Unis

  • Signée en 2010, Le Patient Protection And Affordable Care Act oblige depuis le 1er janvier 2014 tous les citoyens américains qui ne sont ni assurés par leur employeur, ni par le gouvernement fédéral (Medicare pour les plus de 65 ans et Medicaid pour les plus défavorisés) à souscrire une assurance maladie sous peine d’une amende de 695 dollars  (2,5%  des revenus d’un individu ou d’un ménage en 2016).
  • Le but est de permettre a 15% de la population de pouvoir souscrire une assurance grâce aux subventions de l’état et financer une partie du programme avec les contributions des jeunes en bonne santé.
    Les entreprises de plus de 50 employés seront désormais obligées de leur offrir une assurance santé
  • Quelle que soit l’assurance souscrite, Obamacare garantit aux patients, sans plafond de remboursement, les services ambulatoires, d’urgence, d’hospitalisation et de rééducation, l’accouchement, santé mentale, les prescriptions médicales, analyses en laboratoire, et enfin la prise en charge des maladies chroniques, et services pédiatriques.
  • Obamacare oblige les assurances à couvrir les enfants à la charge de leur parents jusqu’à 26 ans, garantit à tous le droit de s’assurer quels que soient ses antécédents médicaux, prend en charge les soins de prévention, leur interdit de faire payer plus cher les femmes que les hommes et sont forcées de dépenser 85% de leurs revenus dans les soins médicaux aux dépens des frais administratifs, bonus ou profits reversés aux actionnaires.
  • Selon le site Obamafacts.com, 20 millions d’Américains sont assurés par l’Affordable Care: 12,7 millions à travers une assurance contractée via les agences gouvernementales (healthcare.gov) et le reste qui inclut les extensions de Medicaid, Medicare et les enfants assurés par leurs parents.
  • Selon le Bureau du recensement des Etats-Unis, 15,7% de la population soit 48,7 millions d’Américains n’étaient pas assurés en 2009, avant la mise en place de l’ACA contre 9,2% en 2015, le taux le plus bas enregistré en cinquante ans.
  • Ce programme coûte cher au gouvernement: 3 500 dollars par an en moyenne pour un assuré qui bénéficie des subventions du gouvernement (à travers des réductions d’impôts) et 4 700 dollars par personne pour Medicaid, soit un budget de près 80 milliards de dollars par an. Il a dépassé les 110 milliards de dollars en 2016.

***

 

Malgré les attaques répétées des Républicains

  • Comme l’a résumé Reihan Salam dans Slate

    Alors que les libéraux pensent que les soins de santé sont trop importants pour être laissés aux mains des lois du marché, les conservateurs pensent qu’un processus par tatonnements est le moyen le plus efficace d’obtenir un meilleur système de santé, moins cher et plus efficace.

  • Aucun républicain de la Chambre des Représentants, ni du Sénat n’a voté pour Obamacare en 2009 même si la réforme comporte des similarités avec le programme mis en place par Mitt Romney dans le Massachusetts en 2006.
  • Il existe un consensus entre Républicains et Democrates sur la nécessité du gouvernement fédéral d’aider les plus âgés via Medicare, mais pas sur celle d’aider les jeunes et les plus défavorisés, ce que prévoit Obamacare.
  • Selon l’opposition, Obama n’aurait pas tenu la promesse faite aux citoyens américains qu’ils pourraient garder leur ancienne assurance maladie, ce que les compagnies ont été incapables de tenir, obligées d’adapter leurs offres aux nouvelles réglementations: Dix millions d’assurés ont donc dû souscrire une nouvelle assurance, parfois plus chère que l’ancienne.
  • En juin 2012, la cour Suprême des Etats-Unis a validé Obamacare mais laissé aux Etats le choix d’étendre ou non les services de Medicaid aux plus défavorisés en échange des subventions du gouvernement fédéral.
    Dix-neuf Etats ont refusé l’offre.
  • Obamacare serait « la plus grande expansion de l’avortement depuis Roe vs Wade » car remboursées par certaines assurances, tout comme les moyens de contraception. Les Démocrates ont refusé de donner le choix aux entreprises et organisations d’exclure ces services « pour des raisons morales ».

***

Et les difficultés rencontrées par le programme 

  • Dix-neuf Etats ont refusé d’étendre les services de Medicaid aux plus défavorisés, les obligeant à se rabattre sur le marché des assurances offert par Obamacare, dans lequel ils ont représenté jusqu’à 40% des assurés.
  • Les soins pour les plus défavorisés a un coût financier inattendu pour les compagnies d’assurance qui ont dû augmenter leur prix, entraînant une baisse du nombre d’inscription chez les jeunes et dans les classes moyennes, « qui ne veulent pas payer pour une couverture dont ils n’ont pas besoin ».
    Douze millions d’entre eux ont réussi à éviter de payer une amende en 2014 selon le Wall Street Journal.
  • La mutualisation des risques est le point faible de l’Affordable Care Act puisqu’il oblige les assurances à assurer les patients quel que soit leur état de santé et antécédents médicaux, et leur interdit de faire payer trop cher les personnes âgées.
    Un système impossible à tenir lorsqu’il existe « trop de gens malades » contre « trop peu de gens en bonne santé » qui refusent de payer.
  • En 2016, l’administration Obama a dû revoir à la baisse les prévisions du nombre d’inscriptions à l’Affordable Care Act qui a limité les revenus des compagnies d’assurance, qui se sont progressivement retirées du jeu.
  • En octobre dernier, les compagnies d’assurance ont annoncé une hausse de 22% des « premiums » offerts dans le cadre de l’ACA, une augmentation prévue dès le début de la loi que le gouvernement prévoyait de compenser en augmentant le montant des aides.
  • Un cinquième des individus susceptibles d’adhérer à Obamacare se retrouve aujourd’hui avec un seul et unique choix d’assurance.
    L’Obamacare fonctionne dans certains Etats comme le Massachusetts ou l’Ohio qui ont un marché compétitif de compagnies d’assurance et offrent des premiums à des prix raisonnables, 230 dollars par mois pour un jeune par exemple.
    Le programme a sombré dans d’autres Etats, à l’instar de l’Alabama qui n’offre qu’une seule compagnie d’assurance dont le forfait coûte au minimum 384 dollars par mois.

 

Obamacare va être abrogé …

Les Républicains n’ont pas la majorité absolue au Sénat (60 votes) pour abroger l’Obamacare d’un coup donc ils procèdent en deux temps: En votant la semaine dernière, au Sénat (52/49) puis à la Chambre des Représentants (227 contre 198) la « résolution sur le budget » 
C’est la première partie du processus au cours de laquelle des comités désignés des deux chambres élaborent une loi sur « la réconciliation du budget »qui devrait couper les fonds nécessaires au fonctionnement de L’affordable Care Act et à l’expansion de Medicaid et Medicare.
Un processus qui devrait prendre plusieurs semaines.

Les prochaines mesures devraient être la suppression de l’obligation pour tous les non-assurés de souscrire une assurance (« individual mandate »), la mesure la moins populaire de l’Affordable Care Act, l’extension de Medicaid, et celle obligeant les entreprises de plus de cinquante salariés à assurer leurs employés.

Toutes les mesures de protection du patient comprises dans l’Obamacare – le remboursement des coûts de la contraception, la couverture des jeunes sur l’assurance de leurs parents, l’obligation d’assurer les patients quels que soient leurs antécédents médicaux et les services inclus obligatoirement dans les forfaits d’assurance sont très populaires chez les électeurs démocrates comme républicains et il sera difficile pour le Congrès de s’en débarrasser.
Pour le moment elles devraient
 rester en place pour ceux qui pourront continuer à payer pour une assurance maladie, en attendant que le Congrès décide ou non de s’en séparer.

Enfin, ils seront amenés à proposer des solutions de remplacement, qui devraient « être plus efficaces et moins chères » selon le président-élu. 

 

… Pour être remplacé par des offres moins chères et plus diversifiées.

Selon The Urban Institutele démantèlement de l’ACA impliquerait:

  • Une augmentation de 103% du nombre de non-assurés (30 millions de personnes en deux ans), passant 28,9millions aujourd’hui à 58,7millions en 2019, dont 22 millions à cause de la suppression des subventions alloués pour souscrire à une assurance.
  • 12,9 millions de personnes ne seraient plus éligibles pour Medicaid en 2019 
  • 82% des personnes susceptibles de perdre leur assurance appartiennent aux classes moyennes, 38% ont entre 18 et 34 ans, et 56% seraient non-hispaniques blancs. Enfin 80% des adultes qui perdraient leur assurance n’aurait pas de diplômes. 
  • 27% des Américains aujourd’hui assurés pourraient perdre leur assurance si les compagnies avaient le choix de ne pas prendre en charge les clients à cause de leur état de santé. 

Trump a promis qu’une alternative serait rapidement définie, débattue et votée, « presque en même temps que l’abrogation de l’Affordable Care Act » mais c’est un processus long – l’Obamacare a été débattue pendant quatorze mois!
La majorité républicaine au Congrès aimerait prendre le temps nécessaire pour repenser le système de sécurité sociale dans son entier qu’ils entendent fonder sur un « accès universel » plus qu’une « couverture universelle »: moins de contraintes pour les compagnies d’assurance qui offriront davantage de choix pour satisfaire les besoins et les finances des consommateurs.

Le contraire de ce qu’a affirmé Donald Trump au Washington Post ce weekend: le président-élu a affirmé avoir pratiquement terminé le projet de remplacement qui vise, sans davantage de détails, à assurer « tout le monde » avec des solutions plus économiques, en forçant notamment les compagnies pharmaceutiques à négocier leurs prix directement avec le gouvernement concernant Medicaid et Medicare.
Trump est confiant qu’une fois le nouveau plan dévoilé, il obtiendra le ralliement des Démocrates et des Républicains.

 

La seule compensation pour les Démocrates, c’est de savoir que leurs collègues devront répondre des conséquences de leurs actes lors des élections de mi-mandat en 2018. Trump sait combien d’Américains, et nombre de ses électeurs, tiennent à leur assurance santé, et qu’il sera attendu au tournant de l’une de ses promesses de campagne les plus importantes. 

Ingérence russe dans les présidentielles américaines: Et si c’était de l’intox?

Les sanctions très sévères prises par Barack Obama à l’encontre de la Russie, accusée d’avoir piraté le Parti Démocrate durant la campagne présidentielle pour favoriser Donald Trump aux dépens de Hillary Clinton, sans avoir offert de preuves tangibles, met aujourd’hui les médias americains dans une situation délicate.
Certains journalistes évoquent le scandale des armes de destruction massive: un mensonge orchestré par l’administration Bush, appuyé à l’époque par l’enquête d’une journaliste du New York Times, qui avait justifié l’intervention de l’armée américaine en Irak.
Parmi eux, Glenn Greenwald et Matt Taïbbi mettent aujourd’hui en garde leurs confrères contre l’éventualité d’un nouveau fiasco.

 

Le renvoi de 35 dignitiares russes liés aux services de renseignements du sol américain et la réponse stratégique de Poutine de ne pas envenimer la situation en attendant l’investiture de Donald Trump, ferait presque passer Barack Obama pour l’agresseur et son confrère russe pour une oie blanche.

La plupart des quotidiens du pays consacraient leur une hier à la décision dramatique du gouvernement américain en considérant comme acquise la culpabilité du Kremlin dans cette affaire de piratage. Rares ont été ceux à admettre qu’il n’existe pourtant aucune preuve tangible aujourd’hui que le gouvernement russe est à l’origine du « hackage » du Parti Démocrate si ce n’est le rapport de la CIA et du FBI, publié jeudi, qui reste très flou sur les méthodes employées et les acteurs engagés dans ces actes criminels.

Comme le constate Matt Taïbbi dans Rolling Stone hier, ce rapport ne livre aucune indice sur ce qui a mené les services de renseignements à déterminer que:

  • Le gouvernement russe était le commanditaire du piratage 
  • Le piratage était destiné à influencer les élections présidentielles, qui plus est, en faveur de Donald Trump.


Comme les médias conservateurs l’avancent, personne, ni Poutine, ni le parti Républicain, ni même sans doute Trump, avaient prévu la victoire de leur candidat.

Le problème avec cette histoire, c’est que comme dans la débâcle de celle des armes de destruction massive en Irak, elle s’inscrit dans un environnement extrêmement politisé dans lequel les motifs de tous les acteurs impliqués sont suspects. Rien n’est logique ici.

La seule façon d’y voir plus clair serait de fournir des preuves que l’administration Obama et les services de renseignements refusent de révéler « par peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes » – malgré les demandes répétées des journalistes, conservateurs et libéraux depuis des semaines.

Plus inquiétant, pour certains supporters de Clinton, l’idée que « la Russie a piraté les élections » renvoie au piratage des votes le jour des élections – des suspicions levées après le recomptage des voix dans le Michigan et le Wisconsin, qui ont confirmé la victoire de Trump dans ces Etats. 
Selon le site Yougov, la moitié des électeurs démocrates pensent que le gouvernement russe aurait modifié les résultats du scrutin le 8 novembre – « un nombre aussi inquiétant que les 62% d’électeurs de Trump qui croient les propos d’Alex Jones, un présentateur télé conspirationniste, selon lesquels des millions de sans papiers auraient voté illégalement aux élections présidentielles.

Cette affaire a également des enjeux partisans, et l’intervention de Glenn Greenwald, la semaine dernière sur le plateau de Tucker Carlson, sur Fox News, pour dénoncer les accusations du gouvernement américain contre les agissements russes, a été critiquée par certains médias libéraux qui l’accusent de prendre la parti de Trump et de Poutine. 

Le fondateur de The Intercept en a conclu qu’accuser la Russie d’ingérence n’était finalement qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président.

Il n’existe aucune preuve tangible pour appuyer les accusations du FBI, de la CIA et du gouvernement américain, et en tout état de cause, il est impossible de tirer de conclusion définitive sur l’ingérence de Vladimir Poutine et du gouvernement russe dans les élections présidentielles américaines – une précaution que beaucoup de journalistes et de rédactions n’ont pas prise.  

Comme le rappelle Matt Taïbbi en conclusion de son article:

Nous devrions avoir appris de l’épisode Judith Miller [journaliste du New York Times qui a révélé l’existence d’armes de destruction massive en Irak avant de reconnaître que ses sources l’avaient manipulée].
Non seulement les gouvernements mentent, mais ils n’hésiteront pas à ruiner les agences de presse au passage. Ils utiliseraient n’importe quel pigeon pour arriver à leur fin.
Je n’ai aucun problème à penser que Vladimir Poutine a tenté d’influencer les élections américaines.
C’est un gangster de bas étage qui est capable de tout. Et pareil pour Donald Trump qui s’est rabaissé durant la campagne jusqu’à aller demander aux Russes de rendre publique les emails de Hillary Clinton. Donc tout est possible.
Mais on s’est déjà trompés dans des histoires similaires, qui ont eu des effets désastreux. Ce qui rend encore plus surprenant le fait qu’on n’essaye pas un peu plus d’éviter de se faire avoir à nouveau.

 

« La guerre de noël »: Merry Christmas ou Happy Holidays?

Chaque année aux Etats-Unis, les célébrations de noël donnent lieu à la même polémique construite de toutes pièces par les Conservateurs qui accusent les « progressistes laïcs » de menacer la tradition chrétienne.
Au centre de la discorde, les partisans de « Joyeux Noël » menacent de boycott les enseignes et grands magasins qui lui préfèrent le terme plus neutre de « joyeuses fêtes ». 

Retour sur cette discorde qui a trouvé un allié de choix cette saison avec le président-élu, Donald Trump.

 

Bill O’Reilly et Fox déclarent la guerre aux « joyeuses fêtes »

A New York, au mois de décembre, il est rare de trouver une vitrine sans père noël, guirlande ou un magasin sans une odeur bougie à vanille qui ne passe en boucle des « Christmas carols »: Noël, c’est la fête commerciale de l’année avec des décorations et des célébrations jusqu’à l’écoeurement.
Mais pour certains cette mise-en scène n’est pas suffisante.

En 2004 un reportage intitulé « Noël Assiégé » dans l’émission « The O’Reilly Factor » sur Fox News accuse les établissements publics, la grande distribution et publicitaires de vouloir « laïciser » la fête chrétienne au nom du « politiquement correct » imposée par une société de plus en plus diversifiée et multiculturelle.
A l’époque, Fox News est devenue la chaîne d’infos la plus regardée du pays, l’antenne officielle du gouvernement Bush, et beaucoup d’Américains croient à leurs propos comme parole d’évangile.
Certains magasins et grandes surfaces du pays ont effectivement demandé à leurs employés d’utiliser « joyeuses fêtes » avec leurs clients plutôt que « joyeux noël » et le maire de New York, Michael Bloomberg, à parler des « sapin de fêtes » plutôt que de « sapin de noël » – au delà cela, rien d’anormal.

 

Le catalogue de la chaine de grandes surfaces Lowe qui parle de « family tree » plutôt que « christmas tree »


Pour O’Reilly, l’un des champions de cette polémique, « la guerre de noël » est une menace contre la tradition et la foi chrétienne partagée par une grande partie des Américains, dans un climat post-11 Septembre encore très sensible: 

« Les progressifs laïcs réalisent que l’Amérique d’aujourd’hui n’approuvera jamais le mariage gay, l’avortement partiel, l’euthanasie, la légalisation des drogues, la redistribution des revenus à travers l’impôt et d’autres approches progressives à cause l’opposition religieuse

L’American Family Association, considérée comme homophobe par le Southern Poverty Law Center, créé une liste annuelle des magasins considérés comme « naughty or nice » (« méchants ou gentils ») suivant l’effort qu’ils font pour célébrer « l’esprit » de noël. Une année, les centres commerciaux Lowe ont reçu une « Action Alert » par l’association pour s’être référés à « des arbres de famille » plutôt des « arbres de Noël » dans leurs catalogues – ils ont se sont excusés publiquement auprès de leurs clients.

La liste de l’American Family Association « naughty-or-nice » des magasins

 

D’une « guerre des cultures » à une farce télévisée

A partir de 2005, la polémique autour de « la guerre de noël » est devenue une « farce annuelle » entre programmes télé conservateurs et progressistes, un « moyen pour les producteurs de remplir les plages télés durant les vacances de fin d’année » et un moyen pour les associations religieux et familiales de se faire un peu de publicité.

La guerre de Noël est symbiotique, elle produit beaucoup d’effets sur les parts d’audience et sur le trafic sur internet: Les libéraux moquent les conservateurs et les Conservateurs se défendent d’être ridicules et de ne pas reconnaître la réalité de cette « guerre de noël ».

Une polémique qui a tourné en rond jusqu’à la fin des années 2000, quand les médias et le public ont commencé à s’en lasser, que Barack Obama est arrivé au pouvoir et a donné aux Conservateurs des soucis bien plus importants que cette guerre des symboles.

 

Mais rebelote l’année dernière quand Starbucks, la compagnie libérale de Seattle, cauchemar progressiste des Républicains, aurait relancé la guerre de noël en décidant de changer le motif de ses gobelets en papier « spécial fêtes ».

Gobelets de noël 2016 chez Starbucks

En 2015, le géant du café à emporter a décidé de remplacer les thèmes de noël sur fond rouge qui animaient les fins d’années depuis 1997 par un simple fond rouge avec l’emblème de la sirène.
Une décision qui a provoqué un tollé dans l’ensemble du pays, que certains ont vu comme un nouvel assaut contre la magie de noël, et une polémique à laquelle le président-élu ne pouvait se retenir de participer en appelant au boycott de la compagnie.

Impossible de savoir quelles ont été les retombées économiques de cette controverse mais cette année, Starbucks est revenu à des motifs traditionnels, treize différents qui ont été réalisés par des clients et amateurs de café.

Les très controversées gobelets de noël – version 2015

 

Bill O’Reilly: « On a gagné la guerre de noël »

Cette année, Jon Stewart n’est plus là pour « jouer l’ennemi » de O’Reilly et ce dernier a déclaré cette semaine, toujours sur Fox News, que « La guerre de noël avait été remportée par ‘les bons’ mais qu’il restait tout de même des insurgés »: la plupart des compagnies qui ont fait preuve de « non sens » dans le passé, dont Starbucks et Lowe, sont finalement rentrées dans le rang.

Il était satisfait de voir que Donald Trump « est lui aussi sur le coup ».
Lors d’un meeting de la tournée « USA Thank you Tour » dans le Michigan la semaine dernière, le président a promis à des supporters très enthousiastes qu’on allait « recommencer à dire joyeux noël ».
Il a prévenu que « ces magasins qui ont des cloches, des murs rouges, de la neige mais pas d’insignes ‘joyeux noël’ allaient s’y remettre rapidement » avant que O’Reilly rajoute avec humour, « ou ils seront déportés ». On a du mal à rire.

Noël reste le jour férié  (« federal holiday ») le plus suivi aux Etats-Unis puisque 90% des Américains le fêtent et y compris 80% des non religieux. La moitié de la population considère toujours cette fête comme religieuse tandis qu’un tiers seulement la voit comme une fête culturelle.

Il n’y a jamais vraiment eu de « guerre de noël » mais plus une paranoïa des Conservateurs et religieux du pays contre une société de plus en plus laïque et multiculturelle – Sauf peut-être pour cet écureuil de Seattle qui a volé toutes les lampes d’un sapin de noël, 150 au total, en espace de 24 heures, et d’autres rôdeurs ont attaqué les illuminations d’un des grands sapins de la ville de Boston – et la ville de Toronto est également victime des assauts répétés d’écureuils sur les décorations. 

 

Etats-Unis: Le parti démocrate doit-il dépasser le « libéralisme identitaire »?

La stratégie du parti démocrate qui repose traditionnellement sur la défense et la mobilisation des identités (de race, de genre ou de sexe) serait responsable, selon certaines critiques, de la défaite d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.
Un appel à dépasser ce « libéralisme identitaire » oppose une fois de plus les Démocrates et les Républicains, alors que Bernie Sanders, qui a fait campagne sur les difficultés économiques du pays des classes moyennes, pourrait bien incarner une nouvelle voie.

Dimanche dernier, Mark Lilla, professeur d’Humanités à Columbia University, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « The End of Identity Liberalism » dans lequel il explique que la politique identitaire (Identity Politics) qui a eu une influence majeure sur les liberals et progressistes américains depuis les années 70, les aurait empêchés de « devenir une force fédératrice capable de gouverner ».

Un thème postélectoral récurrent nous rappelle Matthew Yglesias dans Vox:

Quand le parti démocrate remporte des élections, l’opposition dénonce la « politique identitaire » comme une forme de totalitarisme, tandis que quand ce même parti perd les élections, l’opposition avance que les arguments fondés sur l’identité sont responsables de leur perte.

Les démocrates considèrent depuis des décennies la promotion et la défense des minorités comme un enjeu électoral majeur qui a leur permis de s’attirer la plupart des votes afro-américains,  latinos, LGBT, et féminins lors des dernières élections. « Des principes pédagogiques très louables moralement » selon Lilla qui ont permis aux minorités de s’émanciper mais qui peuvent se révéler « désastreux au fondement des politiques démocratiques actuelles ».

La critique de Clinton a été exploitée par l'équipe de Trump
La critique de Clinton a été exploitée par l’équipe de Trump

L’erreur de Clinton a été de ne pas inclure les classes ouvrières blanches et les groupes religieux comme des minorités à part-entières, qu’elle a contraire stigmatisé en les traitant de « déplorables » – et qui ont répondu en soutenant majoritairement son adversaire.

Mais pour le professeur de Columbia, il ne s’agit pas seulement de la faillite d’une tactique électorale mais d’une vision plus générale de la société, de la tension entre identité individuelle et collective au sein d’une démocratie aussi diversifiée que celle des Etats-Unis.

Mais la fixation sur la diversité dans nos écoles et dans la presse a produit une génération de libéraux et de progressistes narcissiques, inconscients de ce qui se passe en dehors de leur groupe prédéfini et indifférent à la nécessité d’essayer comprendre l’ensemble des Américains quelque soit leur style de vie.

Plutôt que d’intégrer dès le plus jeune âge, à travers l’enseignement et l’éducation, les « concepts de classes, de guerre, d’économie et du bien commun », on apprend « aux enfants à parler de leur identité individuelle avant même d’avoir construit la leur » et quand ils arrivent à l’université, « beaucoup d’entre eux pensent que le discours sur la diversité est plus important que le discours politique ».
Et l’auteur de noter combien cet intérêt pour la diversité dans les campus a déteint sur les médias « libéraux » et sur leur façon d’analyser la société et de réaliser « comment le prisme de l’identité a transformé le traitement de l’information ».

Ce qui nous amène à la politique et à l’échec que vient d’essuyer le « libéralisme identitaire » après la défaite de Hillary Clinton. « Les politiques nationales dans les périodes pérennes ne s’appuient pas sur les différences entre les individus mais sur leurs points communs » et sur l’idée de programmes qui bénéficient à tous, comme l’a défendu avec succès Bill Clinton dans les années 90 et Ronald Reagan, dix ans plus tôt, à l’origine du slogan « Make American Great Again ».

Depuis leur défaite, les démocrates ne cessent de stigmatiser les « angry white male » en accusant Donald Trump d’avoir transformé « des désavantages économiques » en « colère raciste » – la thèse dite du whitelash.
Cette interprétation des résultats électoraux à travers le concept identitaire atteint ici ses limites, et comprendre le malaise d’une frange de la société en utilisant le concept économique et sociologique de classes pourrait être bien plus constructif.

Le professeur appelle donc à un post-identity liberalism qui

  • Se concentre sur « l’élargissement de la base électorale en attirant les Américains en tant qu’Américains et s’intéressant aux problèmes qui affectent la majorité d’entre eux »
  • Consiste à former des citoyens « au courant de leur système de gouvernement et des forces et évènements majeurs de leur histoire ».
  • Défend l’idée d’une démocratie qui offre des droits mais qui a aussi des devoirs de rester informé et de voter
  • Une presse libérale post-identitaire qui commencerait à se renseigner sur les parties du pays qui ont été ignorées, et d’essayer d’éduquer les Américains sur les forces majeures qui influencent les monde politique, surtout dans leur dimension historique

Un programme qui ressemble assez à ce que la France enseigne à ses élèves, collégiens et lycéens, et ce qu’une presse, même aujourd’hui limitée, continue d’essayer d’offrir à ses lecteurs – mais l’histoire politique, économique et sociale de la France est très différente de celle des Etats-Unis, et la composition démographique de l’Hexagone encore plus éloignée.

La réponse de Matthew Yglesias aux arguments de Mark Lilla:

La réalité, pourtant, est celle que la politique n’est pas et ne sera jamais un séminaire sur les politiques publiques. Les gens ont des identités, et les gens se mobilisent politiquement autour de ces identités. Il n’y a pas d’autre moyen de faire de la politique que de faire de la politique identitaire

Et par politique identitaire, il entend « atteindre les groupes non-blancs et rien d’autre » et que l’histoire politique et électorale des Etats-Unis a été façonnée par cet appartenance identitaire. Il va plus loin en reprenant les propos de Christopher Achen et Larry Bartels dans leur récent ouvrage Democracy for Realists qui affirment que l’identité est le facteur décisif sur lequel un électeur américain va choisir son candidat, bien avant son charisme, son programme ou son appartenance politique.

Alors que la revue conservatrice The National Review défend le point de vue de Mark Lilla, elle défend également « une voix de la raison » initiée par Bernie Sanders, qui affirmait récemment dans une critique à peine cachée contre le parti démocrate, qu’il fallait aller « au delà de la politique identitaire »:

Ce n’est pas convaincant que quelqu’un dise « je suis une femme, donc votez pour moi ». Non, ce n’est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une femme qui a les tripes d’affronter Wall Street, les compagnies d’assurances, les compgnies pharmaceutiques, et l’industrie de l’énergie fossile ».

Selon l’ancien prétendant à la candidature démocrate, il faut équilibrer les arguments économiques et identitaires pour convaincre le maximum d’électeurs et gagner les élections – et notant au passage que le parti démocrate a perdu son aura auprès des classes moyennes et ouvrières qui ont donné la victoire à Trump.

Ce sera le grand enjeu du parti démocrate ces prochaines années.

***

Pour continuer la lecture, d’autres articles pour vous éclairer

 

Clinton peut-elle encore gagner les élections?

C’est ce qu’a laissé entendre hier soir le New York magazine en révélant qu’un « groupe d’informaticiens et d’avocats » avait contacté l’équipe de campagne de Clinton pour la pousser à demander un nouveau décompte des votes dans trois états dans lesquels ils auraient des doutes sur une éventuelle manipulation ou piratage des résultats: le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Une véritable breaking news à la veille du weekend de Thanksgiving, alors que la date de limite de ce type de requêtes expire vendredi dans le Wisconsin, lundi en Pennsylvanie et mercredi prochain dans le Michigan.
Selon ces experts, qui sont rentrés en contact jeudi dernier avec les proches de Clinton, la candidate aurait reçu « 7% de votes en moins dans les comtés qui utilisent des machines de votes électroniques comparés à ceux qui s’appuient sur des scanners optiques ou des bulletins de vote. »
La journaliste insiste néanmoins sur le fait qu’aucune preuve de piratage ni de manipulation n’a été détectée et que seule une étude indépendante pourrait lever le voile sur « ces modèles suspicieux ».

Rappelons que le président Obama a accusé durant la campagne présidentielle le gouvernement russe d’avoir piraté le Comité Démocrate National alors que le candidat républicain avait insisté sur les défaillances du système électoral américain en affirmant que les élections étaient truquées – ce que sa rivale a d’ailleurs toujours critiqué.

Aujourd’hui, Trump accumule 290 grands électeurs contre 232 pour Clinton, une marge relativement importante même si le Michigan (16 grands électeurs) n’a pas encore déclaré de vainqueur à cause de résultats trop serrés.
Le Wisconsin a été remporté avec une marge de 27 000 voix seulement par le candidat républicain et la Pennsylvanie avec une avance de 68 000 voix. Si le Michigan penche finalement pour Clinton et qu’un nouveau décompte des voix dans les deux états donnaient une majorité à la candidate démocrate, elle remporterait le collège électoral.
Une éventualité incroyable au terme d’une campagne déjà mémorable, pour toutes les mauvaises raisons.

Hillary Clinton a concédé la victoire à son rival il y a tout juste deux semaines, et malgré le traumatisme de ces résultats, le pays, la Maison Blanche et la nouvelle majorité ont déjà commencé une transition que « le président souhaiterait la plus douce possible ».
Quant au futur Commander-in-Chief, il a affirmé aujourd’hui, par l’intermédiaire de Kellyanne Conway puis au New York Times, qu’il ne comptait pas poursuivre d’enquêtes sur la Fondation Clinton et sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.
Il affirmé « vouloir passer à autre chose » en affirmant que son adversaire « avait déjà assez souffert » et qu’il « n’avait aucune envie de s’en prendre aux Clintons ».
Un message qui contraste avec l’un de ses fameux slogans de campagnes, « lock her up », l’un des préférés de ses supporters qui n’ont pas apprécié  ce revirement et l’ont fait savoir hier – 17 000 commentaires sont parus à la suite de l’article paru sur Breitbart News en une après midi.

Si l’ancienne candidate démocrate demandait un nouveau décompte des voix, elle ouvrirait une boîte de Pandore qu’il serait difficile de refermer.

L’article du New York magazine a provoqué la réaction de plus 30 000 internautes sur Facebook et partagé près de 12 000 fois en quelques heures seulement, et a sans doute du raviver l’espoir chez de nombreux supporters de Clinton.

En vain?

Vox a rapidement noté les limites des explications apportées par le groupe de scientifiques. Concernant les différences de votes entre machines électroniques et celles qui utilise du papier (bulletin ou scanner): « C’est tout à fait possible que les machines électroniques soient utilisées dans les comtés qui favorisent Trump – par exemple, ceux avec beaucoup d’électeurs blancs des zones rurales, qui ont massivement soutenu Trump un peu partout dans le pays ».
Les autres raisons d’être sceptique sur ces allégations, c’est que le Wisconsin appartient au Midwest qui a largement voté pour Trump aux élections, que le Michigan utilise des bulletins de vote, et pour lequel les experts n’ont pas expliqué la légitimité d’un nouveau décompte, et enfin et surtout, le fait que les proches de Clinton, prévenu il y a plus de cinq jours, n’ont entrepris aucune démarche.
Même constat pour Nate Silver de 538 qui qualifie ces allégations de BullShit

et Nate Cohn du New York Times,

L’info était reprise ce soir par Breitbart News, qui laissait entendre que l’équipe de campagne de Clinton venait de rencontrer ces experts – ce qui n’a été confirmé par aucun des parties.
Clinton a concédé l’élection et avait affirmé lors du dernier débat présidentiel, au cours duquel Trump avait menacé de ne pas reconnaître les résultat du vote, que c’était contraire à la tradition politique américaine.
L’ancienne candidate devrait sans doute en rester là.

New York Times – Donald Trump: L’interview

Le New York Times avait annoncé l’interview exclusive du futur président hier, indépendamment de la réunion off the record que ce dernier a tenu hier avec les présentateurs et excécutifs des grandes chaînes d’infos américaines, qu’il a violemment critiqué pour avoir eu « tout faux » durant cette campagne.

Ce matin, Donald Trump avait décidé d’annuler la rencontre avec la Gray Lady à cause d’un désaccord sur les termes de leur entretien avant de finalement accepter de se rendre cet après midi dans les locaux du New York Times sur la 42ème rue.

twitter.com/AshleyAtTimes
Les locaux du New York Times cet après midi en attendant l’arrivée de Donald Trump – Twitter.com/AshleyAtTimes

Quels sont les points importants à retenir de cette interview on the records à laquelle ont participé le directeur, rédacteur en chef et certains journalistes du quotidien.

  • Les problèmes relationnels avec le New York Times
    Trump s’est plaint d’avoir été traité « de manière très dure » par le quotidien pendant les dix-huit mois de campagne, tout en admettant « avoir un respect immense pour le quotidien » et en être « un lecteur fidèle » et a souhaité « que les choses changent » pour « rendre son travail plus facile ». Il a même proposé au président du journal, Arthur Sulzerberg de l’appeler s’il pense qu’il a tort.

    • Le Kiosque: Donald Trump a le sang chaud qui le pousse à utiliser Twitter la plupart du temps à mauvais escient et notamment contre le New York Times. En leur accordant cette rencontre exclusive, la première puisqu’il n’a pas encore donné de conférence de presse, il tente sans doute d’apaiser ses relations moribondes avec l’un des médias les plus influents du pays. 

 

  • Clinton
    Trump a affirmé ne pas vouloir « infliger davantage de souffrance » à son ancienne rivale: « je veux passer à autre et je n’ai pas envie de m’attaquer aux Clinton » a-t-il affirmé, « elle en a enduré pas mal » et « a assez souffert » pour qu’il ne juge pas nécessaire de poursuivre, pour le moment, les investigations contre la Fondation Clinton et sur la gestion de sa messagerie privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat.
    Il a d’ailleurs déclaré qu’il aurait préféré remporté le vote populaire plutôt que le vote électoral pour lequel il n’est pas un « grand fan ».

    • Le Kiosque: Rappelez-vous les commentaires élogieux de Trump à l’égard de Clinton en 2008 avant de perdre les Primaires Démocrates contre Obama, et de « l’amitié » qu’il entretenait avec le couple présidentiel et dont les deux filles, Ivanka et Chelsea étaient d’ailleurs des amies proches.
      C’est une « branche d’olivier » tendue vers l’ancienne candidate démocrate après une campagne d’une violence inouïe et egalement un moyen de la neutraliser pour l’empêcher d’être trop critique à son égard.
      Le problème pourrait venir maintenant de ses alliés et ses supporters, dont certains vouent une haine tenace à l’encontre de Hillary Clinton, notamment ses supporters

 

  • Breitbart News, Steve Bannon et l’alt-right movement
    « Breitbart est juste une publication (…) plus conservatrice que ne l’est le New York Times (…) Mais Breitbart reste un organe de presse qui a réussi » à attirer des millions de lecteurs.
    Quant à son ancien rédacteur en chef, Steve Bannon devenu le bras droit de Trump, ce dernier affirme de lui que « si [il avait sû] qu’il était raciste ou alt-right ou quelque chose comme ça, [il ne l’aurait] jamais engagé » avant d’affirmer que Bannon « a du mal à accepter les accusations » dont il fait l’objet.
    Enfin il a désavoué et condamné le mouvement alt-right, et notamment ce diner de Washington D.C. au cours duquel des saluts nazis ont été aperçus lors des applaudissements.

    • Le Kiosque: Breitbart a été un moyen efficace pour Bannon d’accéder à Trump, et utilise depuis des années une stratégie de provocation pour créer de l’audience qui l’a finalement propulsé au pouvoir. Ce dernier s’est définit à plusieurs reprises comme un partisan du « nationalisme économique » et non d’un « nationalisme blanc »: il déteste Paul Ryan et le parti Républicain dont ce dernier est le porte-parole des Républicains à la Chambre des Répresentants et les élites.
      Bannon représente un danger aussi important pour la majorité et l’establishment républicain que pour l’opposition démocrate

 

  • Le Congrès Républicain
    Trump s’est dit confiant dans la capacité à travailler avec les deux chambres à majorité républicaine. « [Les Républicains] m’adorent en ce moment, mais il y a quatre semaines, ils n’étaient pas amoureux de moi »

    • Le Kiosque: Ce sera l’un des intérêts de cette présidence, à savoir si oui ou non le parti républicain suivra l’agenda dicté par le président et son bras droit, Steve Bannon, qui ont des vues bien différentes sur l’immigration et l’économie.

 

  • Climat
    Il s’est ouvert à la possibilité de ne pas forcément se retirer de l’Accord de Paris sur le Climat qui a été adopté en décembre 2015 par 195 délégations, signé à New York le 22 avril dernier et entré en vigueur il y a 10 jours – une proposition importante de son programme.

    • Le Kiosque: L’une des questions les plus délicates pour Trump qui s’est engagé à retirer les Etats-Unis de cet Accord, mais dont la décision qui pourrait provoquer des réactions négatives de la population, qui va à l’encontre de la protection de l’environnement et qui favoriserait le réchauffement climatique.

 

  • Politique étrangère
    A propos de la Syrie, Trump est le seul à penser que les Etats-Unis devraient s’allier à la Russie pour battre ISIS, plutôt d’essayer de renverser Assad selon le New York Times et voudrait essayer de trouver un traité de paix entre Palestiniens et Israéliens, notamment à travers le rôle de son gendre Jared Kushner qui soi-disant « [connaîtrait] bien la région »

 

  • Conflits d’intérêts entre son business et présidence
    Il a affirmé avoir confié la gestion de ses affaires à ses enfants dans un blind trust alors que ces derniers participent activement à l’équipe de transition en charge de former la future administration.
    « Le président ne peut avoir de conflit d’intérêt » même si Trump a rencontré cette semaine ces hommes d’affaires indiens qui construisent un complexe résidentiel sous la bannière Trump.
    « En théorie, je pourrai parfaitement gérer mes affaires et m’occuper du pays en même temps » a-t-il continué.