Les Racines du Brexit selon Le Guardian

 

A lire en anglais cette excellente analyse des origines du Brexit à travers la responsabilité des différents partis politiques vis-à-vis de leurs électeurs et devant les changements socio-économiques et ethniques du Royaume-Uni ces cinquante dernières années.
Gary Younge est un envoyé spécial du Guardian et commentateur pour The Nation

La presse américaine rêve d’un duo Warren-Clinton

Même si Clinton n’a pas encore désigné son Vice Président, une grande partie de l’opinion publique (libérale) et de la presse du pays appellent à la nomination d’Elizabeth Warren, l’une des figures les populaires et charismatiques du parti démocrate.

Les éditoriaux s’enchaînent depuis le début du mois de juin et si certains avancent que le sénateur Tim Kaine est le favori pour le poste, beaucoup continuent d’argumenter publiquement en faveur de Warren.
La sénatrice du Massachusets, qui s’est rangée du côté de Clinton après les primaires californiennes, a vu sa côte de popularité grimper au fur et à mesure de ses attaques au vitriol contre Donald Trump.
Depuis, les journalistes se sont pris au jeu d’un tandem Clinton-Warren, si on l’on juge leur première apparition publique la semaine dernière, ca promet!

Les deux femmes sont apparues côte-à-côte lors d’un meeting dans l’Ohio au cours duquel elles ont « pris d’assaut la scène » et ravi un public convaincu.

Comment Elizabeth Warren s’est-elle rendue indispensable?

Figure très populaire au sein du parti démocrate, notamment grâce à ses positions libérales et progressistes, Warren a refusé de se présenter aux primaires démocrates contre Clinton, préférant rester neutre durant toute la longue campagne – et laissant cette tache à Bernie Sanders qui s’est brillamment défendu.

La sénatrice est clairement à la gauche des positions de Hillary Clinton, plus proche des idées radicales de Bernie Sanders – ce qui lui a valu d’ailleurs beaucoup de critiques lorsqu’elle a décidé de se ranger derrière la candidate du parti démocrate au début du mois de juin.

Mais pour tous les démocrates et libéraux qui espéraient sa candidature, et les supporteurs de Bernie indécis vis-à-vis de Clinton, un poste de Vice-Président est une solide consolation, car elle poussera, en cas de victoire, l’administration Clinton vers des postions plus progressistes et libérales. Clinton a donc tout intérêt à la mettre en avant.

Elizabeth Warren n’a pas peur des débats et des confrontations, surtout via-à-vis de Donald Trump qu’elle attaque et ridiculise régulièrement, via Twitter. Trump la surnomme « Pocahontas » et l’a traitée de raciste car elle revendique des origines native-américaines, Warren a décrit la campagne du candidat républicain comme « raciste, sexiste, et xénophobe » le qualifiant de « bully », « faible », « nul »
L’un des remparts de Clinton contre les attaques de Trump semble être donc le soldat Warren.

Surtout, l’intransigeance de Warren semble redonner des couleurs humaines à Clinton, très critiquée pour son manque d’humanité, et à qui il faudrait des années de campagne pour convaincre les démocrates-libéraux et irréductibles de Sanders de son honnêteté.

 

Facebook moins informatif et plus friendly

Le mastodonte des médias sociaux a annoncé dans un post ce matin qu’il allait désormais modifier les contenus du fil d’information (news feed) de ses abonnés.
A partir du mois prochain, le contenu partagé entre amis sera privilégié par rapport au contenu diffusé par les médias.
Ceux qui utilisent Facebook à des fins amicales et sociales seront ravis au contraire de ceux qui l’utilisent comme une revue de presse instantanée.

Au delà des utilisateurs, ce sont surtout les organes de presse qui sont touchés par ce changement.
Aujourd’hui, la plupart des internautes accèdent à l’information à travers les médias sociaux, et les milliers de post diffusés chaque jour sur le news feed – bien plus qu’en accédant directement aux sites d’information.
Pour le site journalistique Poynter, c’est un revers pour les éditeurs, qui comptent sur leur pages Facebook pour attirer du traffic sur leur propres sites.

Ce changement du fil d’information va vraisemblablement être capital pour les organes de presse qui s’appuient sur Facebook comme source majeure de traffic « rapporté ». Ca touchera davantage les éditeurs dont les revenus proviennent des annonceurs (qui misent sur une large quantités de pages vues) que ceux dont les revenus viennent des utilisateurs (qui sont moins dépendants des aléas des utilisateurs de plateforme comme Facebook)

A lire sur le Nytimes.com

Rapport Benghazi: Hillary finalement disculpée

Les Républicains en charge du comité Benghazi chargé d’inculper Hillary Clinton de faire toute la lumière sur l’attaque et la destruction l’ambassade américaine en Libye en Septembre 2011 au cours de laquelle l’ambassadeur Chris Stevens a trouvé la mort ont rendu leur rapport aujourd’hui qui disculpe Hillary Clinton, à l’époque secrétaire de la première administration Obama.

La rapport de plus de 800 pages « met fin à l’une des enquêtes parlementaires les plus longues, les plus coûteuses [7 millions de dollars] et les vicieuses de l’histoire du Congrès américain » (NYTimes) sans apporter de développement majeur à ce que les enquêteurs avaient conclu à l’époque, c’est-à-dire un défaut des forces de sécurité américaines en sous effectif et dépassés face aux rebels islamistes.

C’est un soulagement pour la candidate démocrate qui a du témoigné à deux reprises pendant plus de onze heures devant le comité Benghazi à Washington, mais qui ne la disculpe pas de l’une des trouvailles de cette enquête parlementaire, à savoir l’usage d’une adresse email privée lors de ses quatre années passées en tant que secrétaire d’Etat – pour laquelle elle fait l’objet d’une enquête du FBI.

L’un des articles les plus complets parus sur Benghazi dans Vanity Fair  (Aout 2013) et l’excellent reportage multimédia de David Kirkpatrick dans the New York Times (Décembre 2013)

Qui s’en met plein les poches sur le dos des étudiants américains?

Les Universités? Non pas si simple nous explique dans un long reportage publié cette semaine The Center for Investigative Reporting.
Ce sont le gouvernement américain et Wall Street qui profitent aujourd’hui de l’immense dette de 1,3 trillions de dollars due par près de 42 millions d’Américains, allant de jeunes gradués jusqu’aux quinquagénaires.
Il n’en n’a jamais été ainsi comme le démontre ce schéma, publié par l’université  qui montre l’évolution des prêts alloués par l’état fédéral depuis depuis 1992, dont le montant a presque triplé en 25ans.

"The Evolution of Student Debt in the US: An Overview" publié par Sandy form the Urban Institute of the George Washington UNiversity
« The Evolution of Student Debt in the US: An Overview » publié par Sandy form the Urban Institute of the George Washington UNiversity

Comment en est-on arrivé là?
Lorsque le gouvernement fédéral s’est désengagé du contrôle direct des prêts accordés aux étudiants, a offert aux banques et sociétés financières privées de gérer, à leur place, le remboursement de ces prêts. Ces Institutions ont fait fortune en instaurant un veritable industrie du prêt étudiant, en empochant les intérêts de millions d’étudiants, et garantissant un statu quo à Washington grâce à des lobbys ultra puissants.

Au même moment, les changements sociétaux ont poussé les prêts à la hausse: Les revenus des classes moyennes ont stagné, le coût des universités a augmenté et les états se sont progressivement désolidarisé du financement des universités publiques.
Si ces états avaient continuer de financer les établissements publics supérieurs au même taux que celui des années 80, il auraient investit quelques 500 milliards de dollars (…) A peu près le même montant qui est aujourd’hui par les étudiants inscrits dans les collèges et universités du pays

Il n’y pas seulement Wall Street qui profite de cette manne d’argent mais aussi le gouvernement, qui selon la même étude percevrait selon les années jusqu’à 20% de chaque prêt!

Et de citer Elizabeth Warren, l’une des figures progressistes du parti démocrate, et peut être future VP d’HIllary Clinton: « Les Etats-Unis on transformé les jeunes Américains qui essayent d’étudier en centre de profit capable d’apporter des revenus supplémentaires pour le gouvernement fédéral.

L’enfant prodige du Stare Down

Stare Down signifie tenir le regard en Anglais et dimanche soir, les commentateurs d’un match de baseball universitaire en ont eu un droit à un épique grâce au réflexe et à l’humour de ce jeune spectateur qui s’est pris au jeu – pour notre plus grand plus plaisir.

La video a été regardée plus 30 millions de fois sur facebook et Youtube.

Le Brexit ou les conséquences anti-démocratiques du referendum?

 

Le Referendum est la pratique électorale par excellence de la démocratie directe: Il interroge l’ensemble de la population en âge de voter sur une question simple à laquelle l’électeur répondra par oui ou par non.

Le problème posé par le referendum du Brexit est que personne n’a vraiment envisagé qu’il soit voté, et dès l’annonce des résultats, de nombreux électeurs ayant voté en faveur du non, ont commencé à regretter leur choix. Ce que les médias anglo-saxons ont appelé le « regrexit »

Comment expliquer une telle réaction alors que déjà 3 millions de signatures ont été cumulé depuis 5 jours dans le pays pour un nouveau referendum?
Certes les résultats ont été très serrés et le Leave avec 51.9% des suffrages ne l’a emporte que de 1,3 millions sur les 33,5 millions de britanniques ayant voté ce jour là.
Certes les médias avaient tous indiqué, et Nigel Farage le grand partisan du Leave, que le In gagnerait.

Emily Badger nous explique dans le Washington Post que beaucoup d’électeurs n’ont pas compris les enjeux d’un tel vote, surtout lorsque l’on sait les mensonges des partisans du Leave – qui le reconnaissent aujourd’hui sur tous les télés – relayés par de nombreux médias et tabloids dans l’une des pires campagnes politiques du Royaume Uni.
Elle reprends les propos de David A. Bell, un historien du Princeton, qui mettait en garde en 2011 dans The New Republic le premier ministre grec Papandreou sur la tenue d’un referendum sur le sort de la de la Grèce en Europe dont le résultat peut souvent apparaître « comme anti-démocratique« :

Cette tendance n’est pas fortuite, elle est presque inévitable étant donné le mécanisme même du referendum: D’abord, il prend des problèmes assez techniques normalement attachés aux législateurs qui ont le temps et l’expertise pour pouvoir les comprendre, et les donnent aux électeurs qui n’en n’ont pas. Ensuite, et surtout lorsqu’il s’agit de mesures constitutionnelles, le referedum noue les mains des législateurs de manière parfois destructive. Enfin et c’est le plus important, il limite la légitimité des politiques en en subjuguant leur travail au véto populaire, et en le présentant comme une expression de la souveraineté populaire – en dépis du fait que le fonctionnement routinier d’une consitution démocratique est l’expression la plus importante de cette souveraineté

Ce dernier effet est encore pire quand ce sont les politiques eux-mêmes qui proposent des referendums. En théorie, encore, les intentions sont toujours honorables, et s’accordent avec la tradition et une politique progressive. En pratique, les politiques dans cette position reourent à une tradition parlementaire bien connue, qui les empiechent de statuer sur des décisions difficiles. Si des politiqeus décident d’un vote populaire pour prendre des mesures, alors qu’un parlement pourrait suffire, il ou elle remet en question l’autorité démocratique du parlement.

Presque exactement ce qui vient de se passer au Royaume-Uni

La presse américaine célèbre une victoire historique sur l’avortement

Page d'accueil du New York Times - 27 juin 2016
La Cour Suprême des Etats-Unis vient de rendre un verdict historique aujourd’hui en consolidant le droit à l’avortement aux Etats-Unis. Dans une décision que le New York Times considère comme la plus importante sur la question  depuis 1992, les restrictions arbirtraires imposées par létat du Texas sur les cliniques pratiquant l’avortement ont été jugées inconstutionnelles.

Si cette loi avait été approuvée, les cliniques de ce genre, il en existe 41 au Texas, auraient été réduites à 10 seulement dans un état qui compte plus de 27 millions d’habitants. Surtout ce verdict s’applique aux 26 autres états qui ont déjà voté des mesures restrictives similaires (Oklahoma, Kansas, Lousianne, Missouri, MIssissipi, Alabama and Missouri) ou partiellement à l’égard d’institutions médicales pratiquant des IVG.
Naturellement ce sont les Justices les plus progressistes, parmi lesquelles 3 femmes, Ruth Ginsburg, Sonia Sotomayor et Elena Kagan, qui ont permis à 5 votes contre 3 de préserver un droit de plus en plus contesté ces dernières années.

Comme le montre le graphique extrait de la page d’accueil du site internet du nytimes.com, les cliniques qui pratiquent l’avortement sont devenues rarissimes dans certains états, grâce à des lois techniques, qui rendent plus compliqué le maintien, le financement ou enocre la pratique de l’avortement.

Aujord’hui ces lois sont anti-constitionnelles et tous les états du pays devront s’adapter à cette nouvelle constitutionnalité.

 

OJ Simpsons: L’excellent documentaire de ESPN

OJ: Made in America

L’affaire OJ Simpson qui a divisé l’Amérique au début des années 90 a fait l’objet d’un regain d’attention cette année. Après une mini-série fiction de 10 épisodes, The People vs OJ: An American Crime Story, diffusée sur la chaîne câblée FX (The Americans, American Horror Story), c’est au tour de la chaîne sportive ESPN d’offrir sa version du phénomène Simpson avec OJ:Made in America

Dirigé par Ezra Edelman, le documentaire en cinq parties – sur plus de huit heures – apporte de nouveaux éclaircissements sur le « procès du siècle » mais aussi « sur les enjeux déterminants de la race, de la célébrité, et de la mysogynie qui s’entremêlent autour de Simpson »

Petit rappel des faits: OJ Simpson a été l’un plus grand footballeurs américains de sa génération qui s’est lancé dans le cinéma après sa retraite (Y a-t-il un flic…), a fait des millions grâce à ses contrats publicitaires, et bénéficié d’une immense sympathie auprès de la population américaine. Ce, Jusqu’à l’assassinat de son ex- femme, Nicole Brown Simpson, et d’un ami de cette dernière, Ronald Goldman un soir de juin 1994.
OJ Simpson, que tout accusait (précédents de violences conjugales, preuves trouvées sur les lieux du crime et le fameux gant de cuir) a finalement été acquitté en novembre 1995. Le verdict a divisé l’Amérique.

Encensé par la critique, le documentaire a suscité de nombreuses réactions dans la presse, pas forcément à l’avantage de Simpson:

Extrait du New York Magazine:

Il y a deux perceptions totalement différentes du procès selon que vous êtes afro-américain ou blanc, mais aussi beaucoup d’autres enjeux relayés par de plus petits groupes – ceux intéressés par les problèmes de race dans le sport américain, ceux qui voulait faire des violences domestiques la nouvelle gangrène du pays, le culte de la célébrité à Los Angeles financée par les tabloids, les débuts de la téé-réalité [le procès et son verdict ont été retransmis en direct], et enfin ceux qui ont perçu la naïveté d’un pays qui essaye de réconcilier des siècles d’injustice raciale en faisant du procès d’un homme, le jeu d’une morale nationale

 

 

Pour Le Guardian, Cameron est le big loser du Brexit

D

 

Grand partisan du IN, Le Guardian enchaîne depuis hier les articles au vitriol à l’encontre de celui qui a permis l’impensable, le départ du Royaume-Uni de l’Europe. Après l’annonce de sa résignation, il laisse derrrière un héritage catastrophique pour le pays, pour le continent et pour les générations de jeunes anglais à grande majorité europhiles

« Un membre né dans la classe dirigeante incapable de gouverner »

« Souvenez vous bien, à l’heure où la pound est en train de s’effondrer et les marchés de glisser que ce référendum a été demandé par David Cameron pour se débrasser de Nigel Farage et ses Tories extrémistes. Personne n’a jamais réclamé ces élections mais des régles des problèmes internes de son parti, il en a demandé un. Il parié sur l’avenir de la Grande Bretagne et de l’Europe pour assurer sa propre position. Avec toute l’arrogance d’un membre de la promo étolienne, il pensait pouvoir gagner. Au contraire, il s’est écrasé d’une telle manière que les répercussions vont durer des années et bousculer la vie de dizaines de millions de vies à travers le continent »

Le ton est donné.

Maintenant qu’il a perdu son immense pari, il a perdu son job – sauf que c’est le reste du pays qui paye le prix. Il na jamais été, juste prétentieux. Ca n’a jamais été de la chance, juste du téflon, désormais usagé

Plus pragmatique, Martin Kettle note que ‘l’euroscepticisme modéré » de Cameron ne l’a « jamais aidé à trouver des réponses aux critiques de l’Europe, boostés ces dernières années par l’austérité et l’immigration ». Bien qu’il ait milité pour le maintien, au sein de son propre parti a majorité favorable au départ, « il n’a pas réussi a défendre la participation du Royaume Uni dans l’Europe jusqu’a la denrière minute »