Nate Silver: Hillary 52.8% / Trump 47.1%

Capture d'écran de l'article de FiveThirtyEight "Who will win the presidency" publié vendredi 29 Juillet 2016
Capture d’écran de l’article de FiveThirtyEight « Who will win the presidency » publié vendredi 29 Juillet 2016

Nate Silver, le journaliste-statisticien, connu pour avoir prédit  bien à l’avance les victoires d’Obama en 2008 et 2012, annonçait hier la victoire d’Hillary Clinton contre Donald Trump le 8 Novembre prochain.

Les démocrates remporteraient plutôt confortablement les élections présidentielles avec 52.8% contre 47.1% pour les Républicains.
Point important: Hillary Clinton serait vainqueur du vote électoral avec une majorité absolue de 275  grands électeurs sur les 538 qui élisent le président – et du vote populaire avec 46.2% des voix.

Les pronostics de Nate Silver ont toujours été favorables à la victoire de Clinton, mais ses chances se sont dramatiquement réduites ces dernières semaines et devraient se resserrer au fur et à mesure de la campagne.

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The Intercept: Clinton, les démocrates et l’influence des lobbys

The Intercept revient dans cet article sur le rôle des lobbyistes dans la campagne d’Hillary Clinton. Un sujet très sensible chez les démocrates, pour laquelle Hillary Clinton a été très critiquée, notamment par Bernie Sanders durant les Primaires du parti.

On apprend que le Comité National Démocrate a abandonné au mois de février dernier un arrêt mis en place par Obama en 2008 qui autorise les lobbys et les PAC (Political Action Committees) à financer directement la campagne des candidats.
Ces groupes d’influence étaient présents à Phildelphie, dans les tribunes VIP du Wells Fargo Center comme les sponsors de toutes sortes d’évènements et conférences, dans laquelle ils ont pu défendre leurs intérêts.

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Twitter, l’autre champ de bataille des présidentielles américaines

Le Wall Street Journal nous offre un tableau comparatif des performances de Hillary Clinton et Donald Trump sur Twitter, l’autre champ de bataille de ces élections présidentielles.

Donald Trump est très actif sur Twitter. C’est son outil de communication préféré depuis 2009 et il totalise aujourd’hui plus de 32,000 tweets, soit 13 tweets par jour depuis 7 ans.
Hillary Clinton
 n’utilise Twitter que depuis 2013 mais à une fréquence plus importante que Donald Trump avec 18 tweets quotidiens.

C’est le staff d’Hillary qui est en charge de la rédaction de ses tweets contrairement à Donald Trump qui est à l’origine de la plupart des siens – avec les dérapages que cela implique.
Mais c’est ce qui peut expliquer aussi le succès du milliardaire américain avec plus de 10,5 millions d’abonnés contre la candidate démocrate qui en comptabilise 8 millions.

Parmi les tweets les plus fameux:

Tweet de Donald Trump qui a créé une polémique à cause de la nature antisémite du photomontage (Etoile de David)
Tweet de Donald Trump qui a créé une polémique à cause de la nature antisémite du photomontage (Etoile de David)

 

Tweet de Donald Trump daté du 16 Avril 2016 rapidement effacé: "Si Hillary est incapable de satisfaire son mari, qu'est-ce qui la convainc qu'elle peut satisfaire l'Amérique"
Tweet de Donald Trump daté du 16 Avril 2016 rapidement effacé: « Si Hillary est incapable de satisfaire son mari, qu’est-ce qui la convainc qu’elle peut satisfaire l’Amérique »

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Trump, le parfait « Bully »

C’est la dernière vidéo anti-Trump diffusée hier lors de la clotûre de la Convention démocrate à Philadelphie. Elle critique un autre facette de la personnalité très controversée de Trump, « le bully », celui qui harcèle, insulte et agresse ses camarades d’école – un personnage très récurrent dans la culture populaire américaine.
Aux côtés des « bullies » de Maman j’ai raté l’avion ou de Retour vers le futur on appréciera les épisodes au cours desquels Trump se moque d’un handicapé, insulte des citoyens ou menace spectateurs et journalistes.

« We Rise Together »: Hillary clinton accepte la nomination démocrate

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Jill Stein, la candidate du Green Party, relève de Bernie Sanders?

Capture d'écran d'une photo d'un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l'on ne voit que des Pancartes "Bernie" ou "Bernie or Bust" - Publiée sur le site 27 Juillet 2016
Capture d’écran d’une photo d’un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l’on ne voit que des Pancartes « Bernie » ou « Bernie or Bust » – Publiée sur le site 27 Juillet 2016

L’élue du parti vert américain ne remportera pas les élections du 8 novembre mais se verrait bien influencer ses résultats en continuant, seule, la révolution initiée par Bernie Sanders  – au grand dam des démocrates.
Le Spoiler Effect
Fondé en 2001, le Green Party of the United States (GPUS) affilié à gauche exerce une influence toute relative sur les décisions politiques du pays, que ce soit à Washington ou au niveau des états – A l’exception des élections présidentielles américaines où les « Greens » tentent désormais de s’imposer comme une alternative au duel classique Démocrates-Républicains, souvent frustrant pour les électeurs.
Et cette cuvée 2016 pourrait apporter un succès critique à ce petit parti compte tenu de l’impopularité des deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump.

Une éventualité qui effraie les démocrates, encore traumatisés par les élections de 2000, perdues par Al Gore dans l’Etat de Floride à une centaine de voix près contre George Bush. Le candidat des Verts de l’époque, Ralph Nader, en refusant d’appeler ses électeurs à voter démocrate, en restant dans la compétition et collectant plus 95 000 voix aurait « gaché » toutes les chances de victoire du candidat démocrate.

Cette stratégie du « Spoiler Effect » qui fait toujours débat aujourd’hui est l’une des conséquences directe du système bipartisan: elle consiste en la participation au sein d’un même camp politique (la gauche ou la droite) d’un « spoiler candidate », un candidat secondaire, qui va concourir contre le principal candidat, et dès lors fragiliser ses chances de victoire au profit de leur rival politique.

« Jill not Hill »
Cette année, la candidate du GPUS et potentiel « Spoiler Candidate », Jill Stein, qui n’avait recueillie que 470 000 voix en 2012, a vu dans Bernie Sanders un allié de choix. A la recherche d’une collaboration avec le sénateur du Vermont, elle a proposé sa place à la tête du Green party après sa défaite aux primaires démocrates afin qu’il puisse poursuivre sa campagne et se présenter aux élections de Novembre.

Sanders n’a pas fait suite à son offre.

Résultat: début Juillet, la candidate a violamment critiqué le choix de Bernie Sanders de soutenir Hillary Clinton – sans même reconnaître les acquis que ce dernier a réussi à faire passer dans l’agenda démocrate. Elle a aussi saisi l’occasion pour aller courtiser ceux qui se sont sentis trahis par le ralliement de Sanders à l’establishment politique qu’il avant tant critiqué des mois durant.

Aujourd’hui elle veut rassembler tous ceux qui « veulent continuer le mouvement » et poursuivre la « révolution » avec ou sans Bernie Sanders.
Et le flot de supporteurs mécontents et désabusés venus prêter allégance n’a pas désempli depuis.
J’ai l’impression d’être un travailleur social, être présent ici et parler aux supporteurs de Bernie. Ils ont le coeur brisé. Il se sentent délaissés et trompés par le parti démocrate a-t-elle affirmé, selon les propos rapportés par The Atlantic ce matin.

Pour autant, Jill Stein n’a pas l’expérience de Sanders, et sa position reste avant tout contestataire comme l’explique le  Time qui l’a interviewé récemment:

Stein se présente davantage comme une dissisdente et pasionaria de la tribune plutôt qu’une politicienne. Elle appelle Clinton une Va-t-en-guerre, Donald Trump un fanatique et refuse de dire qu’elle est le pire des deux candidats (…) La semaine dernière, elle a affirmé à un blog libéral que Bernie Sanders foutaient ses supporteurs dans la merde en soutenant Clinton. La lutte qu’elle mène avec son armée de militants couverts de badges, microphones à la main en système plus qu’elle ne cherche à remporter des positions. Sa zone de prédilection, ce sont les rassemblements bruyants de libéraux dans les parcs plus que les couloirs du pouvoir politique 

Une tribune de choix à la Convention Démocrate
Lors de la convention démocrate, elle a tenu des meetings quotidiens dans les rues de Philadelphie, ou on pouvait des dizaines de pancartes « Bernie or Bust » et presque aucune dédiée au Parti des Verts. Mardi soir, elle a accompagné les dizaines de militants qui ont décidé de quitter la convention après que Sanders ait appelé à l’unité du parti et à voter Hillary Clinton.

Toute la légitimité de Jill Stein aujourd’hui repose sur le désenchantement d’électeurs qui découvrent, comme Bernie Sanders l’a signifié mardi, que la campagne, la politique et la démocratie sont une affaire de Compromis. Elle a néanmoins réussi à faire parler d’elle cette semaine à philadelphie – une stratégie essentiellement si elle veut comme le « troisième parti » aux élections de novembre

Il est difficile de quantifier aujourd’hui le nombre d’électeurs que pourrait récupérer Jill Stein des nombreuses défections qu’a reçu Bernie Sanders. Selon le site de sondage en ligne Yougov.com, elle récolterai  3% des intentions de vote, un score respectable qu’elle devrait sans doute augmenter d’ici le mois de novembre.

Rappelons enfin que la grande majorité des supporteurs de Sanders (90%) lui sont restés fidèles et suivront le mot d’ordre qu’il a répété à plusieurs reprises  sur la scène du Wells Fargo Center: voter démocrate.

 

The New York Daily News: « Lock Him Up »

Front page of the New York Daily News for July 28, 2016: Donald Trump on Wednesday urged Russian hackers to find the thousands of emails his Democratic rival Hillary Clinton erased from her private server. Critics accuse him of encouraging espionage and cyberattacks against the United States. LOCK HIM UP!
Front page of the New York Daily News for July 28, 2016: Donald Trump on Wednesday urged Russian hackers to find the thousands of emails his Democratic rival Hillary Clinton erased from her private server. Critics accuse him of encouraging espionage and cyberattacks against the United States. LOCK HIM UP!

« Enfermez le! » 

Dans un photomontage digne d’un James Bond, The New York Daily News appelle à des sanctions contre Donald Trump après sa conférence de presse où il a demandé l’aide de Vladimir Poutine afin retrouver les 30 000 emails « personnels » qu’Hillary Clinton a effacé de sa messagerie lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat – emails qui selon toute vraisemblance auraient du être saisis par le FBI dans le cadre de son enquête sur l’utilisation d’un serveur privée plutôt qu’un serveur sécurisé du gouevernement à Washington entre 2009 et 2013.

Des commentaires que les démocrates ont dénoncé comme un autre exemple de l’irresponsabilité de Donald Trump à exercer la fonctoin suprême.

Barack Obama: « Don’t boo, vote! »

Barack Obama, Joe Biden et MIchael Bloomberg mercredi 27 Juillet 2016, troisième jour de la Convention nationale du parti démocrate

Contrairement à son rival, Donald Trump, laissé pour compte par son propre parti, Hillary Clinton a élargit hier la liste de ses soutiens au sein des démocrates avec les interventions du vice-président Joe Biden, de Barack Obama, et celle de Mickael Bloomberg, l’ancien maire de New York, étiqueté « indépendant ».

La rhétorique visait à rassurer les électeurs sur la situation politique et économique du pays, sur la « grandeur » de la nation et « l’exceptionnalisme américain ». Des thèmes traditionnellement défendus par les républicains et que Trump a choisit de mettre de côté au profit d’une vision très noire des Etats-Unis

 

Le discours d’Obama était moins personnel et émouvant que celui de Michelle mais plus pragmatique dans ses attaques contre Donald Trump, et son tableau « pessimiste d’une Amérique fondée la colère, la haine et les divisions » dans laquelle « un seul homme » serait capable de changer les choses.
Les changements qui restent à accomplir doivent au contraire inclure l’ensemble des Américains.
Aux huées qui ont entouré l’évocation de Donald Trump, il a répondu avec une déjà phrase prononcée en 2008, et qu’on ré-entendra sans doute lors cette campagne: « Don’t boo, vote! » 

Sur les jugements répétés dont Hillary est fréquemment l’objet, le président les explique comme la conséquence de quarante années de vie publique et politique passées au peigne fin, et au cours desquelles si elle échoué, c’est parce qu’elle a d’abord essayé, et c’est l’un des raisons pour lesquelles elle reste « la plus qualifiée » au poste de Commander-In-Chief.

Confiant dans l’avenir de son pays, Obama a rappelé les conditions économiques dramatiques, la récession de 2008, de son début de présidence, au cours duquel il a quand même multiplié les succès (Obamacare, le nucléaire iranien, la détente avec Cuba, la mort de Ben Laden et le retrait d’Irak) et qui a rendu le pays plus fort et plus prospère que jamais:
America is already great! America is already strong!


Joe Biden
, le vice président, très à l’aise sur scène, a sans doute été le plus convaincant hier soir, en évoquant à travers la perte de son fils, Beau, des suites d’un cancer l’année dernière, les situations dramatiques (« Broken Places ») dans laquelle des millions de familles et d’individus peuvent tomber un jour. Il a salué le courage et la détermination des classes moyennes, « le coeur » et « l’âme » d’une Amérique « forte » et « unie »

Il s’est lui aussi attaqué à Trump, à son cynisme sans limite, son manque d’empathie et de compassion qui peuvent se résumer à cette expression dont il est le si fier et qui a fait sa gloire ‘Vous êtes viré!’ (…)
Cet homme n’a aucune idée de ce que c’est que la classe moyenne, il n’a aucune de la grandeur de l’Amérique, il n’a d’ailleurs aucune idée, point à la ligne.
(…) Jamais dans l’histoire des Etats-Unis, le candidat d’un parti national n’a eu aussi de connaissance et d’expérience concernant la sécurité du pays »


Enfin, l’invité surprise de cette convention, Michael Bloomberg , un ancien républicain devenu indépendant, a appelé les électeurs américains à faire front contre « un dangereux démagogue ». L’homme d’affaires new yorkais, lui aussi milliardaire, a pris parti pour celle qui « résout les problèmes » et plutôt que pour celui qui « les créé »: Moi aussi je suis new yorkais, et je sais reconnaitre un escroc quand j’en rencontre

 

Les médias célèbrent la nomination historique d’Hillary Clinton

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The Boston Globe: « Vous feriez mieux d’être parfaite si vous êtes une femme et voulez être président »

Le constat est sans appel pour Madeleine May Kunin, gouverneure du Vermont entre 1985 et 1991: la prétention d’une femme à la fonction suprême de l’Etat est autrement plus difficile que d’être sénatrice ou Secrétaire d’Etat, deux positions qu’a successivement occupé Hillary Clinton et au cours desquelles elle disposait d’une opinion plutôt favorable – respectivement 58% entre 2001 et 2009 et de 66% entre 2009 et 2013 .
Cause à effet ou non, sa côte de popularité a chuté dramatiquement ces trois dernières années depuis qu’elle annoncé qu’elle se présenterait aux élections présidentielles américaines de 2016. Elle dispose aujourd’hui de 38% du soutien populaire.
Comment expliquer cette chute dans les sondages alors qu’elle n’a occupé aucune fonction publique depuis 2013?
Selon Kunin:

Nous attendons énormément d’une femme président. Quasiment la perfection. Le moindre faux-pas est décuplé. Si l’on compare la négligence dont a fait preuve Clinton avec ses emails avec chacunes des activités délibérérement trompeuses de Trump que ce soit Trump University, ses banqueroutes, et les plaintes de ses vendeurs, toujours impayés à l’heure d’aujourd’hui. Les hommes semblent porter confortablement leurs défauts et les électeurs sont plus enclins à pardonner aux hommes politiques leurs erreurs: « Les hommes resteront toujours des hommes » mais les femmes, elles, se doivent d’être des déesses

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