Bill Clinton, le boulet d’Hillary

L’ancien président a provoqué une vive polémique le semaine dernière en rencontrant « inopinément »  la ministre de la Justice américaine Loretta Lynch alors qu’Hillary fait toujours l’objet d’une enquête du FBI concernant la gestion de ses emails lorsqu’elle était secrétaire d’Etat.
Cette rencontre pose un conflit d’intérêts évident entre le cours de la justice et les intérêts de la candidate démocrate, qui s’est d’ailleurs entretenue plus de trois aujourd’hui dans les bureaux du FBI à Washington.
Une bourde reprise à coeur joie par les Républicains et Donald Trump qui s’est dit « horrifié » et « sidéré » de l’apprendre
Loretta Lynch s’est depuis excusée publiquement sans toutefois se récuser et a affirmé qu’elle suivrait les recommandations du FBI et de la justice concernant l’affaire.

Comme le remarque Ryan Lizza hier dans le New Yorker, Hillary Clinton s’est sortie jusqu’ici de deux des trois principaux obstacles qu’elle a rencontré lors de sa campagne: Bernie Sanders et le Rapport Benghazi. Le dernier rempart avant une possible victoire en novembre est cette enquête fédérale sur l’utilisation d’un serveur pour l’envoi d’emails professionnels.

Pour Dan Balz, du Washington post, « Bill Clinton a fais du gâchis (…) qui place sa femme et les démocrates, dans un moment très délicat et jette le doute sur les perceptions de l’intégrité du Président Obama et de son administration »

Certains commentateurs vont même jusqu’à se demander si Bill Clinton est toujours aussi apte lorsqu’il s’agit d’aider la campagne de sa femme, car ce n’est pas la première bourde qu’il a faite depuis le début de la campagne. Au mois d’Avril, il avait violemment réagit aux protestations de militants de Black Lives Matter venus l’interroger sur les conséquences de sa politique carcérale mise en place dans les années 90 – et dont les afro-américains ont été les principales victimes.
Bill Clinton, c’est encore et toujours le sandale Monica Lewinsky qui aurait pu passer discrètement si Donald Trump n’avait été le candidat républicain présumé, sans scrupules, qui  compte bien racler les fonds de tiroir pour affaiblir son adversaire.