Ces grandes surfaces américaines rongées par la violence

Bloomberg Businessweek consacrait la semaine dernière sa « cover story » au géant du « retail » américain, Walmart, et ses 4,500 grandes surfaces qui font face à une recrudescence sans précédent de violence dans l’ensemble du pays – au grand dam des autorités locales.

BloombergBusinessWeek - Edition du 22 au 28 Août 2016: "A violent Crime happens here every day"
BloombergBusinessWeek – Edition du 22 au 28 Août 2016: « A violent Crime happens here every day »

Des taux de criminalités en grandes surfaces
Selon l’hebdomadaire, un crime violent serait recensé chaque jour dans un Walmart du pays, aux côtés des dizaines de milliers de vols, incidents ou bagarres qui doivent être gérés par la police locale, souvent aux dépens du reste de la communauté.

Par crime violent, on entend des « tentatives d’enlèvements, de blessures à l’arme blanche, de coups de feu et meurtres » à l’instar de ce Walmart du nord est de Tulsa, dans l’Oklahoma, qui recense cinq vol à main armée depuis le début de l’année, le suicide par balle d’un homme suspecté de meurtre l’année dernière dans le parking de la grande surface, ou encore une fusillade qui a fait un mort et un blessé grave sur ce même parking en 2014.

Il n’est pas inhabituel pour le département d’envoyer un bus pour transporter tous les criminels que Ross [Officier du département de police de Tulsa, attaché au bureau de sécurité du Walmart local] arrête à Walmart. Le cahier journal du magasin contient plus de 126 pages et recense quelques de 5000 allées et venues sur ces cinq dernières années. 
L’année dernière, la police a été appelé plus de 2000 fois par les quatre Walmart que compte Tulsa. En comparaison elle n’a été appelée que 300 fois par les quatre Target [autres chaines de « retail » plus petites et un peu plus chères] de la ville.

Effectivement il suffit de taper Walmart et Crime dans le moteur de recherche Google News, et vous trouverez ce mercredi 31 Août, un couple arrêté pour trafic de drogues dans un Walmart du Missouri lundi 29 Août, une femme poignardée par sa mère dans le parking d’un Walmart d’Alabama samedi dernier, ou encore une fausse alerte à la bombe d’un client dans le Wisconsin en Juillet.

Des immenses grandes surfaces difficiles à gérer
En Mai dernier, The Tampa Bay Times s’est lui aussi intéressé à la recrudescence de crimes dans les grandes surfaces de Tampa Bay en Floride: « Sur les 7 000 appels reçus par la police pour vols, la plupart ne dépassaient pas $300, le seuil au dessus duquel un « larcin » devient une infraction grave. Certains appels concernaient des vols de tablettes de chocolat à deux dollars, des goutes pour les yeux à trois dollars ou encore bouteilles d’essence à 10 dollars »v

Capture d'écran des statistiques révélées par le Tampa Bay Times sur l'origine des 16,000 appels passés à la police par les Walmarts de Tampa Bay, en Floride
Capture d’écran des statistiques révélées par le Tampa Bay Times sur l’origine des 16,000 appels passés à la police par les Walmarts de Tampa Bay, en Floride

Incapable de gérer les délits dans ses propres établissements, « les forces de l’ordre deviennent une compagnie de sécurité privée, payée par le contribuable pour Walmart »

Ces grandes surfaces qui vendent de la nourriture, de l’essence, des médicaments, sont considérées comme les centre-villes de certaines petites et moyennes agglomérations.
Ils accueillent 125 millions de consommateurs américains chaque semaine dans des grandes surfaces immenses (en moyenne 20 000 m2) dont certaines sont ouvertes 24 heures sur 24, sept jours sur sept et autorisent parfois leurs clients à stationner dans leur voiture toute la nuit.
Des conditions qui rendent la sécurité d’autant plus difficile.

Walmart tente de prendre le problème en main
Comme le rapporte le Time cet été, « la plus grande enseigne commerciale du pays, un passage presque obligé pour la police, a décidé de faire justice soi-même ».
Elle a mis en place un programme destiné aux coupables de larcins ou à ceux interpellés pour la première fois, qui ont la possibilité de compléter en ligne un programme de prévention contre le vol pour éviter la prison.
Avec « Restorative Justice », Walmart entend réduire l’intervention de la police pour les crimes mineurs en réglant le problème en interne et en offrant à certains une seconde chance.
Il semblerait que l’initiative ait porté ses fruits, à l’instar de la ville d’Arlington en Virginie, où la police aurait signalé 40% d’appels en moins de Walmart depuis la mise en place du programme en Octobre 2015.

Prévenir les vols et la violence a également obligé la direction de Walmart à équiper ses magasins de plus caméra de sécurité et d’agents de sécurité, et de changer régulièrement les équipes de postes.
Si elle se félicite des progrès accomplis, la police elle est plus sceptique.

Capture d'écran d'une photo publiée par le Tampa Bay Times sur Walmart en Mai 2016
Capture d’écran d’une photo publiée par le Tampa Bay Times sur Walmart en Mai 2016

 

Des effectifs diminués et une violence en hausse.
Pour BloombergBusinessWeek, la violence qui gangrène les Walmart du pays est directement liée aux politiques de coupes budgétaires qui ont marqué la politique interne de la compagnie depuis le début des années 2000.
Moins d’employés pour accueillir les clients, d’hôtes et hôtesses de caisses, mise en place de caisses automatiques ont certes augmenté les profits mais considérablement détérioré les magasins et leur sécurité.
« Pour les criminels, ces économies sont apparues comme le signal que tout le monde se foutait de Walmart, que personne ne surveillait et n’avait l’intention de les arrêter. »

Malgré des fonds débloqués pour rénover certains magasins, Walmart refuse de dépenser de l’argent pour augmenter drastiquement les effectifs de sécurité en uniforme, qui restent le rempart le plus efficace contre le vol.
Quelques 250 000 employés seraient nécessaire au million actuellement employés par l’enseigne qui couteraient plus de trois milliards de dollars à l’entreprise, soit un quart de ses profits réalisés en 2015.
Aucun investissement de ce type n’a été envisagé par la compagnie cette année.

 

Vice News Tonight: Le nouveau quotidien d’infos de HBO

Dans un communiqué visuel hype, Vice Media et HBO ont annoncé le lancement d’un journal d’infos quotidien intitulé Vice News Tonight.

Sa devise: « Sans présentateur, Sans publicité, Sans censure. »
« Du Journalisme sans maquillage, la vérité sans animateur » continue le jingle, « Ce ne sont pas les infos du soir, c’est Vice News Tonight »

La grande nouveauté de ce programme, c’est donc le format quotidien d’une demie heure sans sponsors puisque directement diffusé sur la chaîne HBO.
Un point important pour Vice Media dont la plupart des productions est financée par les contributions de grandes compagnies, parfois controversées.

Vice Media a révolutionné la production et la consommation et l’économie de l’information ces dernières années avec des sujets provocateurs et originaux, des formats essentiellement en ligne et gratuits, des chaînes spécialisées et des partenariats prestigieux (HBO).

Comme le note Poynter, au contraire d’Al-Jazeera America, la chaîne d’info télé ouverte en 2013 qui a cessé de paraître en Avril 2016, Vice Media vise une population plus jeune, les Millenials, auprès desquels il jouit d’une confortable audience, et qui devrait faciliter le succès de Vice News Tonight.
Le programme « divertissant » saura-t-il être aussi « informatif »?

Réponse, à partir du 26 Septembre, du lundi au vendredi, sur HBO.

Weiner: Oops, I did it again, and again, and again

C’est la troisième fois en cinq ans qu’Anthony Weiner, ancien député démocrate et prétendant à la mairie de New York, expert en sabordage politique, et accessoirement époux d’Huma Abedin, la conseillère la plus proche d’Hillary Clinton, se retrouve au coeur d’un scandale de « sexting ».

Couverture du New York Post du 29 Août 2016: "op Goes the Weiner"
Couverture du New York Post du 29 Août 2016: « Pop Goes the Weiner »

Scandale de Sexting dans la campagne démocrate
Cette fois-ci, ça tombe très mal, à moins de trois mois des élections présidentielles américaines avec Hillary Clinton confortablement en tête des sondages.
Ce qui explique sans doute la réaction quasi-immédiate de Huma Abedin qui a annoncé ce matin, dans un communiqué officiel, sa séparation avec Anthony Weiner.
Une décision qui aura le mérite de faire taire ceux qui avaient critiqué le soutien « aveugle » de Abedin aux côtés de son mari lors de ses deux derniers scandales.

L’affaire a été révélée hier soir par le New York Post qui en fait sa une ce matin, une sorte de tradition pour le tabloïd new yorkais qui activement participé aux révélations des infidélités « virtuelles » de l’homme politique en 2011 et 2013.

La campagne d’Hillary Clinton ne devrait pas en souffrir étant donné la discrétion légendaire de sa conseillère, Huma Abedin, dont on a pu découvrir la personnalité dans l’excellent documentaire Weiner, sorti en Mai dernier, sur la débâcle de la campagne de son mari en 2013 à la mairie de New York.
La candidate démocrate a pris ses distances avec l’ancien « congressman » dès 2011 et ne s’est plus affichée depuis à ses côtés.

"Weiner", le documentaire sorti le 20 mai 2016 Elyse Steinberg , Josh Kriegman
« Weiner », le documentaire sorti le 20 mai 2016 Elyse Steinberg , Josh Kriegman

Les Républicains se sont montrés plutôt discrets vis-à-vis de ces révélations: Donald Trump, lui aussi la cible d’attaques du New York Post il y a quelques semaines à travers la publication de photos nues de sa femme, a choisi le communiqué officiel en saluant « la sage décision d’Abedin » et en critiquant au passage le « manque de jugement d’Hillary Clinton »


Weiner « laisse filer sa seconde chance à la seconde chance »

Anthony Weiner, 42 ans, était l’un des politiciens les plus prometteurs de sa génération. Membre du parti démocrate, il a obtenu un siège au Congrès américain dès 2008, et promis à un avenir en or quand il a épousé Huma Abedin, déjà conseillère d’Hillary, sous les auspices de Bill Clinton, en 2010.
Ils ont un garçon en 2011.

C’est cette année là que Andrew Breitbart, créateur du site d’info conservateur Breibart News, révèle des photos très graphiques que Weiner aurait posté par erreur puis rapidement effacé de son compte Twitter.
Après avoir laborieusement avoué être à l’origine des clichés, il a démissionné de son poste de député, s’est retiré des médias sociaux et promis à sa femme et ses supporteurs de ne plus jamais recommencé.

Son crime? Envoyer des photos, parfois explicites de son sexe à des jeunes groupies qui le suivent sur Twitter.

 

Couverture du New York Times magazine du 14 Avril 2013 avec Huma Abedin et Anthony Weiner en couverture
Couverture du New York Times magazine du 14 Avril 2013 avec Huma Abedin et Anthony Weiner en couverture


Deux ans plus tard, à la faveur d’un article trop favorable du New York Times magazine sur la solidité du « power couple » Abedin-Weiner, ce dernier a annonce son retour en politique et le début de sa campagne à la mairie de New York – là où commence le documentaire Weiner.

Une campagne plutôt réussie puisqu’il est largement en tête des sondages à quelques semaines des élections jusqu’à ce qu’un nouveau scandale de sexting éclate en Juillet, où il reconnaitra avoir texté de nouvelles photos de son penis sous le pseudo « Carlos Danger ».
Il décide néanmoins de poursuivre sa campagne qu’il perd avec 5% des voix.

C’est donc le troisième scandale qui touche Weiner, dont l’homonyme « wiener » signifie penis en anglais, et cette redondance donne à ces dernières révélations des air des « déjà vu » qui limiteront les conséquences sur la suite de la campagne présidentielle.

Toute éventualité de retour en politique de Weiner semble désormais improbable.

Breitbart News, le bras armé de Trump

Le site d’infos politico-trash conservateur, autrefois marginalisé, est devenu en quelques mois le bras armé de Donald Trump qui a officialisé cette alliance en nommant son ancien directeur en chef à la tête de sa campagne.

Steve Bannon, « l’agent le plus dangereux du pays »

Anti Establishment
L’annonce de la promotion de Steve Bannon
, « le trublion » médiatique de la droite dure, ce mois-ci, à la tête de la campagne de Donald Trump, résonne comme un pied de nez aux tentatives des Républicains de remettre le candidat dans le droit chemin.
L’homme est connu pour ses attaques contre l’establishment républicain, au premier rang duquel figure, Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants des États-Unis.
Il travaillera de pair avec une autre figure de la droite conservatrice, lui aussi très critique vis-à-vis de Washington, Roger Ailes, l’ancien patron du New York Post, viré cet été pour une histoire de harcèlement sexuel.
Une réorganisation politique qui vise non seulement à renforcer les « grassroots » de l’électorat de Trump mais aussi et surtout à affaiblir la candidate démocrate, qui n’aurait pas pu craindre pires adversaires.

 

Bloomberg BusinessWeek d'Octobre 2015 sur Steve Bannon et "la vaste conspiration de droite"
Bloomberg BusinessWeek d’Octobre 2015 sur Steve Bannon et « la vaste conspiration de droite »

 

Anti Clinton
Dans un portrait publié en Octobre dernier dans Bloomberg Businessweek, l’homme était déjà présenté comme « l’agent le plus dangereux de pays » à la « tête de la nouvelle conspiration de droite » qui « tente d’évincer Hillary Clinton et Jeb Bush ».
A l’époque, Bannon est à la tête de Breibart News depuis 2012, « le site populiste » qui sert de défouloir à « ceux qui pensent que Fox News est trop poli et modéré ».
Sorte de « Dr Jekyll et Mr Hyde » de la droite, il exerce son influence à travers un journalisme agressif et décomplexé et un activisme plus « sophistiqué » grâce au think tank Government Accountability Institute (GAI) qui révèle et diffuse toutes sortes de dossiers à charge contre les politiques de tout bord.
L’ouvrage du GAI paru en Mai 2015 sur L’Argent des Clintons « a eu plus d’influence sur la perception d’Hillary Clinton que n’importe quel autre détracteur républicain », pareil pour son e-book au vitriol contre Les Dollars de Bush paru pendant les Primaires Républicaines.
Bannon, détracteur-en-chef du couple Clinton, est aujourd’hui l’un des plus expérimenté pour combattre Hillary Clinton à travers sa fondation, ses emails, son mandat de Secrétaire d’Etat et tout ce qu’il pourra trouver et utiliser contre elle jusqu’au 08 novembre

 

Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich - By Peter Schweizer published by HarperCollins. Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.
Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich – By Peter Schweizer published by HarperCollins.
Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.


Dire que Steve Bannon a mauvaise presse est un euphémisme.
Depuis sa promotion la semaine dernière, des affaires de violences domestiques et des suspicions de fraude électorale (il serait enregistré à une fausse addresse en Floride, un « swing state » clé dans le décompte électoral) sont relayées dans tous les médias, même les plus conservateurs.
Plus grave, cet ancien banquier de Goldman Sachs, est régulièrement accusée de lancer de fausses allégations sur ses ennemis.
C’est également ce patron de presse qui a engagé Milo Yiannopolous, ce jeune journaliste anglais à l’origine des attaques racistes et mysogines contre l’actrice Leslie Jones cet été, et qui a été suspendu à vie de Twitter.

Les affinités de certaines journalistes de Breitbart avec le mouvement Alt-Right, en périphérie du conservatisme traditionnel américain, décrit comme raciste et antisémite est devenu le cheval de bataille de Clinton pour convaincre les républicains de la rejoindre.

PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST
PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST

 


BreitBart + Trump = Trumpbart, nouvelle plateforme politico-médiatique?

Donner à Steve Bannon la responsabilité de la campagne de Donald Trump, c’est aussi récompenser le site BreitBart News en lui offrant une plateforme politico-médiatique sans précédent.

Depuis sa création en 2007 par Andrew Breitbart, ancien éditeur du Drudge Report et mort d’une crise cardiaque en 2012, le site d’infos en ligne, originellement destiné à devenir le « Huffington Post de la droite » s’est plutôt distingué dans l’info trash anti-libéral, anti-gouvernement, anti-journalistes et anti-politiciens.

Une recette qui marche puisque il a cumulé en juin presque 14 millions de visiteurs uniques sur son site et 150 millions de pages vues.

Breibart News n’aurait pas pu trouver de candidat plus controversé, conflictuel et politiquement incorrect que Donal Trump et a d’ailleurs rapidement choisi de le soutenir.
Le milliardaire new yorkais confirme avec la promotion de Steve Bannon, le rôle désormais majeur  que joue le site dans ces élections présidentielles, rebaptisé « Trumpbart » par certains médias.
Notons au passage la perte d’influence de Fox News, bastion conservateur et outil de propagande privilégié des candidats républicains aux présidentielles depuis 2000.

Dans un essai publié ce mois-ci dans Vanity Fair, le journaliste Ken Stern explique comment est-ce que « Bannon et Breitbart Media ont été Trump avant Trump, en créant la philosophie politique et l’armée politique qui a été le moteur de l’avènement spectaculaire du candidat dans la politique américaine ».

Au delà de ses titres et thèmes provocateurs, « c’est la première organisation à articuler et représenter, à une échelle globale, une nouvelle philosophie du nationalisme et du populisme qui a trouvé un soutien important dans la société américaine ».
Cette émergence d’un nouveau pouvoir politico-médiatique, dont certains pensent qu’il serait le nouveau projet de Trump en cas de défaite, pourrait bien être l’évènement majeur à retenir de cette campagne présidentielle 2016.

 

 

The New Yorker: Ouverture de l’US Open

Le New Yorker Célèbre cette semaine en couverture l’US Open qui débute aujourd’hui à Flushing Meadows, dans le Queens à New York.

Couverture du New Yorker - Edition du 29 Août au 05 Septembre 2016: "Serve" de Christoph Nieman
Couverture du New Yorker – Edition du 29 Août au 05 Septembre 2016: « Serve » de Christoph Nieman

Christoph Nieman et L’US OPen
L’illustration de Christoph Nieman, intitulée « Serve » aux couleurs du tournoi, bleu et vert, est accompagnée d’une animation à 360 degrés qui vous permet d’observer l’échange en entier du point du vue du serveur et de receveur.

Le dessinateur est un régulier à la une de l’hebdomadaire avec notamment cette très belle couverture GIF de New York City publiée en Septembre 2014, intitulé « Rainy Day »

Couverture du New Yorker du 14 Septembre 2014 intitulée "Rainy Day"
Couverture du New Yorker du 14 Septembre 2014 intitulée « Rainy Day »

The New Yorker et le tennis
The New Yorker a consacré peu de couvertures au tennis ces dernières années, si l’on compare avec le baseball notamment, mais elles valent tout de même le détour:

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Les Couvertures du 28 Août au 4 Septembre

Globe Magazine: « Quand vous trouverez mon corps … « 

Dernière photo vivante de Gerry Largay prise avant sa disparition le 22 Juillet 2013
Dernière photo vivante de Gerry Largay prise avant sa disparition le 22 Juillet 2013

Globe Magazine, le supplément weekend du Boston Globe, revient cette semaine sur la disparition tragique de la randonneuse Gerry Largay dans les Appalaches en Juillet 2013.
Son corps a été retrouvé deux ans et demi plus tard à moins d’un kilomètre du chemin d’ou elle s’était égarée.

Cette infirmière à la retraite, âgée de 66 ans, grande adepte de randonnée s’était donnée comme projet cet été là de parcourir une partie du Sentier des Appalaches, long de 3 510 kilomètres qui relie le Mont Springer dans l’état du Maine au Mont Katahdin en Géorgie sur la côte est du pays.
Ce parcours, l’un des plus connus et fréquentés au monde, est généralement traversé lors d’une seule saison par les randonneurs les plus expérimentés.

Gerry Largay avait organisé son parcours en deux étapes: Partir de Virginie Occidentale pour remonter jusqu’à au Mont Springer puis redescendre en voiture au point de départ et descendre jusqu’au Mont Kahtadin.
Malgré des mois d’entrainement, elle était incapable de porter de sac-à-dos trop lourd et avait donc décidé avec son mari qu’il l’attendrait à des points de rendez vous endroits au long du parcours pour renouveler équipements et vivres.
Elle serait accompagnée dans cette expédition par une proche, Jane, qui quittera précipitamment la randonnée à cause d’une urgence familiale.

L’aventure a commencé le 23 Avril 2013.
Deux mois plus tard elle avait parcouru 1 500 km (dont la moitié seule) et il ne lui en manquait plus que 300 autres pour finir la première étape

Lundi 22 Juillet 2013, Gerry est partie d’un refuge, le Poplar Ridge Lean-to dans le Maine, après avoir été photographiée par une amie randonneuse, Dottie Rust, qui y avait également passé la nuit.
Ce sera sa dernière photo vivante

 

Il existe des règles dans la randonnée, « Ne pas laisser de trace » en est l’une des plus élémentaires. Tu gardes tes déchets sur toi. Les puristes évitent de planter des tentes. Ne pas faire de feu parce que ça abime trop la forêt.
Mais « Ne pas laisser de trace » peut s’avérer compliqué quand il s’agit de ses besoins naturels. Le conservatoire du Sentier des Appalaches, qui contrôle le parcours, suggère deux possibilités: Creuser un trou à moins 60 mètres du chemin et y enterrer papier toilette et excréments ou les entourer de papier toilette et les garder sur soi dans un sac plastique étanche.
La des randonneurs choisissent plutôt la première solution.
(…)
Le matin du 22 Juillet, Largay a suivi les règles: elle s’est éloignée d’environ 40 mètres.
C’est la première d’un nombre de décisions simples, qui prises indépendamment l’une de l’autre, sont tout à fait censées.
Mais leur succession, ce jour là, va les rendre catastrophiques.

L’endroit choisit par Gerry était particulièrement dense en branchages et arbres morts et c’est ce qui a du la désorienter quand elle a voulu rejoindre le chemin.
Consciente de s’être perdue, elle essaye de joindre son mari pas SMS mais décide de continuer de se déplacer pour pouvoir trouver du réseau, en vain.
Première nuit dehors, sous la tente.

Le lendemain, elle réessaye plusieurs fois de le contacter qu’ils devaient se rejoindre dans l’après midi, en vain.
Seconde nuit seule dans les bois.

Mercredi, le mari de Gerry prévient les autorités de la disparition de sa femme qu’il n’a pas vu depuis le samedi précédent.
Très rapidement des opérations de secours sont mises en place pour la retrouver, pour identifier et interroger des randonneurs qui auraient pu la croiser.
A ce moment personne ne sait ce qui a pu arriver à cette mère et grand-mère de famille.

Globe Magazine
Globe Magazine – Carte des dernières localisations de Gerry Largay avant sa mort

Les recherches s’intensifient le samedi suivant quand Dottie Rust prévient les gardes forestiers de sa rencontre cinq jours plus tôt avec la disparue.
Une centaine de volontaires, amis et famille quadrillent et parcourent les alentours sans trouver aucune trace.

Gerry équipée d’une tente, d’un sac de couchage et d’un peu nourriture va organiser sa survie, seule, dans les Appalaches, comme en témoigne son carnet de bord retrouvée sur son cadavre à l’automne 2015.
Elle a essayé de prévenir les avions et hélicoptères qui survolaient la région à sa recherche mais aucun n’a réussi à percevoir la veste rouge qu’elle agitait pendant des heures ou des feux qu’elle a initié.

Deux semaine après sa disparition, elle a tenté une nouvelle fois de joindre son mari par SMS, toujours pas de réseau.
Elle serait morte entre le 10 et le 16 Août 2013 après avoir survécue pendant au moins 19 jours seule dans les montagnes du Maine.

Son corps a été découvert par hasard le 14 Octobre 2015 avec une note accrochée à son sac de couchage:  » Si vous trouvez mon corps, s’il vous plait, prévenez mon mari et ma fille Kerry. Pourriez vous leur annoncer que je suis morte et leur indiquer où vous avez trouvé mon corps – peu importe depuis combien de temps. » 

Globe Magazine / Benjamin Keller - Le campement ou Gerry Largay est morte
Globe Magazine / Benjamin Keller – Le campement ou Gerry Largay est morte

Gerry Largay est morte à 700 mètres du Railroad Road qui croise Sentier des Appalaches avant de devenir une route, et à moins de trois kilomètres du refuge qu’elle avait quitté le matin du 22 Juillet.

Dans les derniers jours, Gerry Largay s’inquiétait des soucis et des problèmes qu’elle devait causer à sa famille. Sur son campement, elle a coupé en petits morceaux et enterré sa carte de crédit pour que personne ne l’utilise. Elle a gardé son permis de conduire pour pouvoir être identifiée. Elle a rangé avec soins les pots et poêles et soigneusement rangé son carnet dans un sac hermétique, avec les instructions, George, s’il te plait, lis XOXO.
Elle a plié ses lunettes et rangé dans son étui sous sa tente. Puis elle s’est glissée dans son sac de couchage pour la dernière fois.

Dans son journal, Gerry s’excuse auprès de sa famille, plus importante à ses yeux que n’importe quelle randonnée. Elle a écrit une lettre à chacun d’eux dans laquelle elle évoque la joie d’avoir vivre eux et comment passer à autre chose.

Ce sont plus que des lettres d’amour explique son mari ce sont des lettres de vie

CasualSexProject.com: le site internet dédié au « One-Night Stand »

Capture d'écran du site internet casualsexproject.com
Capture d’écran du site internet casualsexproject.com

The New Yorker nous emmène à la rencontre de Zhana Vrangalova, assistante de recherches en psychologie à NYU qui s’intéresse depuis des années à la sexualité, et plus particulièrement au « casual sex », celui pratiqué au hasard des rencontres, « en dehors des normes d’un relation sérieuse ».

En 2014, elle a créé un site spécialement dédié à la question, casualsexproject.com, où presque 5 000 internautes viennent quotidiennement s’informer, discuter et partager leurs « coup d’un soir » et autres « comportements sexuels non-traditionnels ».

Le site, tout en couleurs, avec peu d’illustrations, offre aux lecteurs les récits d’internautes du monde entier, de toutes les tranches d’âges sur leurs expériences sexuelles de toutes sortes: « One night stand », « Fuck-buddies », « Friends-with-benefits », « Sex with an Ex », « Short Fling », « Group Sex ».

Ce qui m’embêtait, c’était le manque de diversité dans les discussions sur les rapports sexuels occasionnels (…) toujours perçu comme quelque chose réservé aux étudiants et presque toujours mal vu comme quelque qui abaisserait les femmes explique la jeune chercheuse de 32 ans.

Les recherches sur le sujet sont très minces (à l’exception des romans psychologiques) et souvent formelles (comme les enquêtes à l’échelle nationale) si bien qu’elle fait figure d’experte dans un champ d’études encore inexploré.

Loin de prétendre à « une approche scientifique et objectif d’une collection de données », casualsexproject.com casse les idées reçues sur les pratiques sexuelles de chacun et permet des discussions intimes, sans jugement sur ce sujet.

A LIRE ICI

A VOIR LA

« Cocks no Glocks » contre les armes à feu dans les campus américains

Rassemblement à l'université du Texas jeudi 25 Août 2016 contre les armes à feu. Instagram /
Rassemblement à l’université du Texas jeudi 25 Août 2016 contre les armes à feu. Instagram /

« Des bites, pas des flingues » pouvait-on lire et entendre et partager (#cocksnoglocks) hier, premier jour de rentrée sur le campus de l’université du Texas, où plusieurs dizaines de milliers d’étudiants étaient rassemblés hier pour protester contre une loi votée par l’état l’année dernière qui autorise tout individu de plus de 21 ans à porter une arme dans l’enceinte universitaire, qu’elle soit ou non visible.

Intitulée « The Campus Carry Law », la loi appliquée dans toutes les universités du Texas permet donc à tout détenteur d’une license port d’arme cachée de se munir son arme en classe, en amphi ou dans un stade, ne ferait selon ses détracteurs qu’augmenter les risques de violence.
Rappelons que les établissements scolaires et universitaires ont été les ciblés privilégiées des « mass shooting » ces vingt dernières années: De Columbine – Colorado (1999 – 12 morts) à Virginia Tech – Virginie (2007 – 32 morts) en passant par Sandy Hook -Connecticut ( 2012 – 26 morts) et UC Santa Barbara (2014 – 6 morts).

Un collectif, a l’origine de la protestation, a imaginé un slogan assez fort pour pouvoir être entendu et a plutôt réussi son coup en choisissant « Cocks no Glocks: Campus (Dildo) carry », en français « Des bites pas des flingues: le port (du godemiché) sur le campus ».
Sur leur page Facebook, ils ont imaginé un Texas où les « cocks » remplaceraient les « glocks » mais critiquent surtout la position de l’Université à qui il appartient en dernier recours de permettre le port d’armes à feu, et qui serait donc responsable de cette nouvelle règlementation dans leur enceinte:

« L’état du Texas a décidé qu’il n’était pas du tout insensé de permettre des armes mortelles dans les classes, en revanche il impose des règles strictes sur l’expression sexuelle libre afin de protéger votre innocence. Vous êtes susceptibles d’un avertissement pour amener un godemiché en classe avant d’être inquiété pour y apporter une arme à feu.
A dieu ne plaise le pénis.

A partir du premier jour de classe le 24 Avril et tout au long de la journée, nous attacherons des immenses godemichés à nos sacs à dos en protestation.
Tout le monde peut participer en solidarité: les anciens, les étudiants d’autres universités, les non-Texans. Bienvenue à tous les dildos!
« Vous apportez un flingue en classe? Et bah moi j’apporte mon énorme godemiché »

New event art donated by Aubrey Langford. "A Well Armed Populace is the Best Defense Against Fear" / Facebook
New event art donated by Aubrey Langford.
« A Well Armed Populace is the Best Defense Against Fear » / Facebook

La manifestation a fait parler d’elle au Texas et dans le reste du pays, avec une couverture plutôt bienveillante des médias, et aurait réussi à réunir presque 4 000 godemichés!

Regain d’attaques racistes et mysogines contre l’actrice Leslie Jones

Leslie Jones vient de passer l’été le plus éprouvant de sa vie, pour les bonnes et mauvaises raisons.

Leslie Jones à la première de Ghosbusters à Los Angeles en Juillet dernier et au mois d'Août en fan officiel de l'équipe US à Rio - AFP/Twitter
Leslie Jones à la première de Ghosbusters à Los Angeles en Juillet dernier et au mois d’Août en fan officiel de l’équipe US à Rio – AFP/Twitter


Une année en fanfare

L’actrice de 48 ans, la dernière recrue la plus âgée du programme mythique de Saturday Night Live, dans lequel elle a tenu l’une des têtes d’affiches cette année, a fait partie du casting du nouveau Ghostbusters de Paul Feig, a été invitée en deuxième semaine des Jeux Olympiques de Rio sur NBC grâce à ses commentaires hilarants, tout en se faisant encensée par la presse américaine.

Le harcèlement sur Twitter
Ce succès n’a pas été de tout repos.
Elle a été victime d’une campagne raciste et mysogine sur Twitter au mois de Juillet dernier pour avoir repris le rôle de Winston Zeddemore du Ghosbusters original sorti en 1984, et qui l’a obligé à suspendre son compte.
Leslie Jones avait alors contre-attaqué en rendant public certaines des attaques les plus haineuses à son égard et n’hésitant pas à répondre directement à ses agresseurs.
James Dorsey, le CEO de Twitter, est publiquement intervenu pour mettre en place de précaution à l’égard de ce genre de dérapages: Parmi les coupables de cet « cyberbullying », Milo Yannopoulos, un blogger, interdit à vie de Twitter, qui travaille notamment pour le site trash conservateur Breibart.com

Le genre d'insultes reçues par Leslie Jones sur son compte Twitter en Juillet dernier qu'elle a reposté pour témoigner
Le genre d’insultes reçues par Leslie Jones sur son compte Twitter en Juillet dernier qu’elle a reposté pour témoigner

 

Son site internet piraté cette semaine
Leslie a depuis réouvert son compte, fait un carton auprès de ses fans en soutenant à sa façon les athlètes américains à Rio pour finalement y participer, invitée par NBC, où elle a remporté tous les suffrages.
Aux grands regrets d’un horde de « haters » qui sont repartis à la charge contre l’actrice cette semaine en piratant son site internet, justleslie.com, pour y poster des photos d’elle nue et d’autres informations personnelles comme sa carte d’identité ou son passeport.
Une vidéo du singe Harambe, mis à mort en Juin dans le zoo de Cincinnati (Ohio) après qu’un bébé soit tombé dans sa fosse, a été également diffusé sur sa page d’accueil.
Le site a été rapidement suspendu et le Department of Homeland Security a ouvert une enquête.


Un « hate crime » 

Pour le site salon.com, les responsables de ce lynchage ne sont pas des internautes isolés, mais plutôt une droite jeune, blanche et raciste, engagée dans les élections présidentielles américaines qui espère voir gagner Donald Trump en novembre prochain – l’ancien rédacteur en chef de Breibart.com, Stephen Bannon a été nommé au mois d’Août chef de campagne du candidat républicain.
Interrogé par le New York Times, Brendesha Tynes, professeure d’éducation et de psychologie à l’University of Southern California qualifie ces attaques d’ « inquiétant problème anti-noire (« black women ») aux Etats-Unis » à travers lequel  » la moindre perception d’une infraction entraine du harcèlement ».
Il n’existe aux Etats-Unis aucune législation qui condamne les discours haineux ou racistes, contrairement à la France, au nom du premier amendement de la Constitution Américaine

Capture d'écran du compte Twitter de Leslie Jones
Capture d’écran du compte Twitter de Leslie Jones


Soutien unanime de son public et de Hollywood

Leslie jones a reçu beaucoup de soutien sur Twitter (#StandWithLeslie) de la part de ses collègues, de Paul Feig, actrices et chanteuses, de certains médias (The Telegraph, Perez Hilton) et même du maire de New York, Bill de Blasio.
Tous dénoncent des attaques « horribles » et
« injustifiées », véritable piqûre de rappel de la situation encore très vulnérable des artistes afro-américaines dans la culture populaire aux Etats-Unis

Tweet du maire de New York, Bill de Blasio, soutenant Leslie Jones le 24 Août 2016
Tweet du maire de New York, Bill de Blasio, soutenant Leslie Jones le 24 Août 2016