La tragédie oubliée de Boston

Il y a cent ans, la ville de Boston a connu l’une des pires tragédies de son histoire, qui a causé la mort de 46 personnes, le Boston Globe est revenu ce weekend sur cet évènement qui a été depuis oublié.

C’était le mardi 7 novembre 1916, Election Day entre le président sortant Woodrow Wilson et un juge de Cour Suprême, Charles Evans Hughes, lorsque le tramway « car 393 » entame son itinéraire du quartier de South Boston à la gare routière « South Station » rempli pour la plupart d’ouvriers qui travaillent dans les usines aux alentours.

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Le wagon qui ne possède que 34 places assises accueille en cette fin de journée quelques 70 passagers excités par une longue soirée électorale en perspective.
Le jour est déjà tombé, et douze minutes après leur départ, le crissement des roues qui freinent sur les rails s’accompagne d’un mouvement de panique à l’intérieur du wagon.

Les passagers s’aperçoivent qu’ils ont franchi les portails de sécurité qui bloquent l’entrée du pont à bascule, et qu’ils déraillent dangereusement sur le côté, tout en freinant pour empêcher que le wagon poursuive sa route tout droit dans l’eau.
Entre temps certains ont eu le réflexe de sauter dans la nuit tombée, mais d’autres sont restés coincés dans le « car 393 » qui approche lentement mais sûrement du bord, vacille en équilibre quelques secondes avant de tomber dans le canal.

L'accident du car 393 - for the Boston Globe
L’accident du car 393 – for the Boston Globe

Quelques-uns ont pu s’extraire du tramway englouti dans l’eau gelée et l’obscurité la plus complète, en brisant les vitres situées au dessus sièges fixés aux parois.
Le travail des secours est rendu difficile par la pénombre et l’impossibilité de discerner le tramway tombé dans le fleuve, 10 mètres plus bas.
Vers minuit, 44 des 46 victimes ont été remontées à la surface, la dernière est retrouvée flottante au mois mai suivant.

Cet après midi là, le chauffeur et le contrôleur avait été affectés en urgence pour accommoder davantage de passagers pour le rush du soir. Aucun des deux ne connaissait l’itinéraire, et le chauffeur n’a pas aperçu les différentes signalisations indiquant que le pont était fermé à la circulation: ni le panneau « Stop » à l’entrée du pont, ni la lanterne rouge laissée allumée sur le portail en fer qui bloque son entrée.
Le chauffeur n’a eu quelques mètres seulement pour tenter d’arrêter l’engin avant de sauter. Il a été arrêté le soir même pour homicide mais reconnu non-coupable l’année suivante alors que le toute ville a bénéficié de la mise en place de panneaux de circulation bien larges et visibles.

L’itinéraire en tramway a été supprimé en 1953 et remplacé le lendemain par un autobus qui suit encore aujourd’hui la même route.

L’article de Eric Moskowitz est à lire ICI et des photos et journaux sur la tragédie, LA

Le Kiosque du lundi 31 Octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight lundi 31 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight lundi 31 octobre 2016

Un FBI extrêmement imprudent accusé d’abus de pouvoir

Les règles en politique n’ont pas vraiment changé ces dernières années. C’est l’adhésion à ses normes qui a changé, et d’une manière de plus en plus destructive

Selon les résultats de mardi prochain, on saura si oui ou non l’annonce faite à 11 jours des élections de la découverte de nouveaux emails « pertinents » qui ont conduit à la réouverte d’une enquête sur la messagerie privée de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, lui a fait perdre les élections au profit de Donald Trump.

The Daily News - Edition du 31 octobre 2016
The Daily News – Edition du 31 octobre 2016

La position du directeur du FBI est aujourd’hui sur la sellette à la suite de cette décision très controversée qui a provoqué la furie non seulement des démocrates, mais des médias, et même de certains républicains qui défendent avant tout le bon fonctionnement d’une démocratie.

Mr Comey aurait clairement abusé de ses pouvoirs et tenter d’influencer le cours des élections, selon Richard Painter qui a décidé de réagir:

Le rôle du FBI est d’enquêter, pas d’influencer les résultats des élections. De tels actes sont interdits sous le Hatch Act, qui empêche l’utilisation d’une position officielle pour influencer les élections.  C’est pourquoi le FBI aurait du garder sous silence ces informations jusqu’à ce que les élections soient terminées (…) C’est pourquoi samedi, j’ai enregistré une plainte contre le FBI avec le Bureau of Special Counsel, qui enquête sur les violations du Hatch Act, et avec le bureau du Governement Ethics

Mr Comey n’en est pas à sa première attaque contre Hillary Clinton, qu’il a disculpé en juillet dernier tout en offrant à Donald Trump l’un de ses slogans de campagne, lorsqu’il a jugé la gestion de sa messagerie privée « extrêmement imprudente »
Mme Clinton pourrait lui renvoyer le compliment aujourd’hui

Selon le Wall Street Journal, cette initiative aurait été prise dans un climat délétère au sein du Federal Bureau of Investigation, notamment après que le Justice Department ait refusé qu’il enquête sur la fondation Clinton accusée d’avoir « donner accès et faveurs politiques aux donateurs » lorsque la candidate était Secrétaire d’Etat.

En prévenant directement les parlementaires et sénateurs vendredi de la découverte de nouveaux emails, il a outrepassé les recommendations de l’autorité en place, le département de Justice, pour faire cavalier seul contre la candidate démocrate.

Dimanche, Harry Reid, le leader démocrate du Sénat a envoyé une lettre au directeur du FBI en l’accusant de s’assoir sur « des informations explosives » qui pourraient prouver la connexion entre Donald Trump et la Russie et demande que ces informations soient révélées.

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Une Amérique en auto-destruction

L’annonce faite vendredi a semble-t-il eu peu de conséquences sur les sondages, « dans une course entre deux candidats tellement différents que les opinions ont été forgées il y a des semaines voire des mois » explique le New York Times  ce matin

Après une campagne moribonde, où une partie de la classe politique américaine s’est couchée devant un milliardaire injurieux, misogyne et raciste, marquée par les accusations de corruption, d’attouchements et d’agressions sexuelles, les piratage d’emails et fuites de Wikileaks, et au cours de laquelle, une agence fédérale decide de s’inviter dans la campagne et au mépris de toute jurisprudence, beaucoup d’électeurs ont déjà fait leur choix, sont fatigués de devoir en changer, mais une chose est sûre: Le pays en est ressorti encore plus divisé et fait aujourd’hui pâle figure sur la scène internationale.

Le seul bienfait de cette « surprise d’octobre » a été de calmer la paranoïa du candidat républicain et de sa horde de white angry males qui répétaient jusqu’à vendredi midi que les « élections truquées » et qui aujourd’hui se félicitent du soutien inattendu du FBI dans leur campagne.

Votes anticipés et Clinton garde un léger avantage

Les votes anticipés ont débuté ces dernières semaines et 21 millions d’Américains se sont déjà prononcés dans des dizaines d’états et presque un quart des bulletins ont été enregistrés dans certains swing states comme la Floride, le Colorado ou le Nevada, et les démocrates se seraient davantage motivés que les républicains.

Les démocrates s’inquiètent pourtant d’un déficit du vote afro-américain par rapport aux élections de 2012, alors que les soutiens des Millenials se sont dissipés ces deux dernières semaines.

Quant à Donald Trump, il jubile depuis trois jours alors que les sondages révèlent une petite hausse en sa faveur et qu’un dernier sondage réalisé par le Washington Post donne à Clinton un avantage de seulement un petit point contre Donald Trump.

Le Kiosque du samedi 29 octobre

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight vendredi 28 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight vendredi 28 octobre 2016

La surprise d’octobre a finalement eu lieu, hier midi, à l’encontre de la candidate démocrate, quand le président du FBI, James Comey, a annoncé la découverte de nouveaux emails qui pourraient relancer l’enquête sur la messagerie privée de Clinton et peut-être cette campagne moribonde à l’avantage de son adversaire, Donald Trump.

En enquêtant sur le conjoint de Huma Abedin, Anthony Weiner, qui fait l’objet d’une enquête du Federal Bureau of Investigation pour avoir échangé des « sextos » déplacés avec une jeune fille de quinze, plus tôt cette année, les enquêteurs ont mis la main sur l’ordinateur que partageait les époux avant leur séparation en septembre juillet dernier.

Ils ont trouvé dans cet ordinateur des emails qui pourraient être en rapport à l’enquête close par le FBI en juin dernier qui avait pourtant disculpé Hillary Clinton.
Cette dernière a demandé James Comey de rendre public toutes les informations qu’il avait en sa possession pour clore cette ultime polémique.

A onze jours des élections. Difficile à croire, comme le commente ce matin de le New York Times

L’incapacité de Mr Comey à apporter des éléments probants sur un nouveau et potentiellement important développement, à moins de deux semaines des élections, est déconcertante. Comme Mr Comey l’a déclaré en juillet, « Les Américains méritent ces détails s’ils participent à l’intérêt public ». Ils méritent encore plus ces détails aujourd’hui.

Mais comme le note Newsweek,

Si Comey n’avait pas averti le Congrès et on avait su après les élections qu’il était en possession de nouveaux documents, la crédibilité du directeur et de l’agence auraient été remis en question.

Les médias libéraux étaient en colère hier et ce matin pour le manque de précision qui a accompagné cette Breaking News, alors que des membres du Justice Department auraient tenté de convaincre Comey de ne pas « commenter sur une enquête en cours » et de ne pas prendre « des mesures qui pourraient influencer les élections » rapporte le Washington Post ce matin.

Premier cas de fraude

Une femme a été arrêtée hier dans la ville de Des Moines, dans l’Iowa pour avoir voté deux fois, dans deux bureaux de vote différents de peur « que son bulletin de vote pour Donald Trump soit changé pour un bulletin pour celui d’Hillary Clinton: « Je n’avais pas l’intention de le faire deux fois, c’était l’adrénaline du moment » a-t-elle déclaré avant d’ajouter « les élections sont truquées »

 

Les dangers du citizen journalism

Tout le monde a voulu ces derniers mois s’inviter dans la campagne présidentielle, Donald Trump avec beaucoup de succès, les hackers russes, le Kremlin, Wikileaks, et pas plus tard qu’hier le FBI.
Dans New York magazine, la journaliste Jesse Singal s’intéresse au rôle que le « Citizen Journalism » a joué ces derniers mois et « les rumeurs et fausses interprétations » qu’il a pu prendre, notamment avec la diffusion des emails privés du directeur de campagne de Clinton, John Podesta.
Elle compare les « histoires écrites par des gens qui ont connaissance de ce qu’ils couvrent, qui peuvent expliquer la signification d’un certain email dans un contexte », « d’anciens bureaucrates, professeurs de science politique, et quiconque qui a la connaissance pertinente et quelque chose d’intéressant à dire » – 5% de l’ensemble du contenu généré par ces fuites avec « le reste » qui consiste en « des incompréhensions, insinuations et fausses déclarations » qui « endommagent » selon elle « la capacité de la démocratie à fonctionner  »

Comment les états ont détruit Obamacare

Le gouvernement a annoncé cette semaine une hausse de 22% des prix des assurances maladies proposées par Obamacare dans l’ensemble du pays à la grande joie de Donald Trump qui a promis de l’abroger s’il devenait le président.
Une étude plus approfondie montre que les états ont leur part de responsabilité dans le succès de ce programme.
Dans le Massachusetts et l’Ohio par exemple, les prix des premiums sont restés bas (230 dollars / 200 Euros par mois pour un plan acheté par un jeune de 27 ans) grâce à une compétitivité entre les compagnies d’assurance. En Alabama où il n’existe qu’une seule compagnie d’assurance, les mêmes services seront facturés 384 dollars / 350 Euros par mois.
Il existe « des preuves selon lesquelles certains états ont saboté leur propre marché d’assurances en refusant de s’aligner avec les ambitions d’Obamacare. »
« Mais le point n’est pas que Obamacare aurait parfaitement marché si les états avaient coopéré, ou que tous les marchés [d’assurances] auraient bien fonctionné. C’est que a réforme de la santé aurait été dans une bien meilleure position si les états avaient participé à la mise en place du programme.
Malheureusement, beaucoup ne l’ont pas fait et ne comptent pas le faire. »

 

Le Kiosque du vendredi 28 octobre 2016

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LECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Le FBI annonce la réouverture de l’enquête sur les emails de Clinton à 10 jours des élections: La surprise d’octobre?

Trump reprends un peu dans les sondages

Les prévisions de FiveThirtyEight vendredi 28 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight vendredi 28 octobre 2016

Des journées difficiles en perspectives

Les 11 prochains jours vont demander beaucoup de sang froid de la part des citoyens américains et des journalistes face aux menaces répétées de Trump et de ses supporters le jour des élections
Donald Trump, certain de ses chances de victoire 8 novembre prochain est allé jusqu’à questionner l’intérêt de ces élections, « vous n’avez qu’a les donner directement à Trump » a-t-il affirmé.

Tout est donc permis et pourquoi la désinformation destinée aux électeurs afro-américains, s’est vanté hier après midi le staff de campagne du candidat républicain, qui a prévu d’utiliser Facebook pour faire passer, exclusivement à cette communauté, des pubs, affiches et articles anti-Clinton.

Des rumeurs de falsifications de bulletins de vote circulent un peu partout sur internet et comme le réseau social de Zuckenberg ne prend aucun responsabilité sur le contenu des informations partagées, les manipulations sont un moyen radical d’effrayer un peu les électeurs, et certains sont même prêts à prendre les armes en cas de défaite de Donald Trump.

Des milices « non-partisanes » mais clairement du côté républicain ont appelées a surveiller (pour intimider?) les bureaux de vote le Jour-J par crainte des dérapages de violence et de fraude.
On sent clairement un climat de panique qui commence à grossir dans le pays, mené de front par les supporters de Trump, et qui pourraient en dissuader certains d’aller voter. Une situation qui semble surréaliste dans un pays comme les Etats-Unis.

Bill Clinton Inc

Les dernières révélations de Wikileaks sur le business de « Bill Clinton Inc. » n’a pas déstabilisé la campagne de Clinton, mais ne l’a certainement pas renforcé: Les emails de John Podesta, ancien conseiller de Bill Clinton et directeur de campagne d’Hillary, révèlent dans un mémo daté de 2011 que l’ancien président a touché des millions de dollars pour sa fortune personnelle alors qu’il négociait des dons pour sa fondation. Un conflit d’intérêt évident qui a rapidement inquiété Chelsea Clinton à l’époque, qui a rapidement mis le haut-là lorsqu’elle a accédé au Conseil d’Administration de l’organisation de ses parents, et après des discussions avec les conseillers de son père.

Les emails de George Bush

L’utilisation d’une messagerie privée lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat entre 2009 et 2013 est depuis 18 mois l’une des attaques privilégiées des Républicains contre Hillary Clinton, et la raison pour laquelle, selon Trump et 99% de ses supporters, elle devrait être locked up – c’est même devenu un slogan de la campagne du candidat républicain.
Cette pratique était courante à Washington: « entre 2003 et 2009, la Maison Blanche de Bush a perdu 22 millions d’emails » dont ceux « écrits pendant l’une des périodes les plus noires de l’histoire récente de l’Amérique, quand l’Administration Bush cherchait le soutien sur ce qui s’est avéré être une aventure catastrophique en Irak » – Ils ont été retrouvés sous Barack Obama, mais empêché le cours de nombreuses enquêtes, notamment les fausses preuves d’armes de destructions massives que Sadam Hussein aurait caché; elle avaient été « mal-étiquetés » et seront disponibles après le délai imposé, en 2021.

Les patriotes contre le gouvernement

Incompréhension et effroi hier lorsqu’un jury de l’Oregon a acquitté les sept « patriotes », six hommes et une femme, impliqués l’hiver dernier dans une rébellion anti-gouvernement pendant laquelle ils ont occupé par la violence et l’intimidation une réserve760 km2 de terres appartenant à l’Etat et dont ils demandaient la rétribution au pouvoir local.
La protestation à l’intérieur du Malheur National Wildlife Refuge s’est arrêtée au bout de six semaines avec l’arrestation des militants et qui sont ressortis libres hier soir des accusations de complot fédéral et possession d’armes: Ils se défendaient contre l’abus de Washington et n’ont posé aucun menace envers la communauté.
C’est Duck Dynasty à qui on donne le droit de défier armes à la main le gouvernement – une gifle sans précédent pour Washington dans cette affaire très médiatisée et qui pourrait entraîner d’autres standoffs de ce type dans les contrées rurales et isolées du pays.

« Internet était choqué » de cette décision « alors que les militants de Black Lives Matters sont considérés comme des terroristes par les gens de droite » et alors que ceux qui protestent contre la construction de la Pipeline sur les terres des Amérindiens de Standing Rock se sont font arrêtés par la force dans le Dakota.

« Let’s find you something to watch »

C’est la nouvelle rubrique offerte par le New York Times cette semaine, Watching, un site internet qui vous recommande des programmes et des films que vous aimerez, et ou-est ce qu’ils sont disponibles – internet, location, séances de ciné, chaînes câblés, etc… Vous pouvez choisir vos thèmes préférés « beaucoup de blagues », « personnage féminin de caractère », « Sombre », « visuellement superbe » – tout l’intérêt étant que vous obtenez la sélection de critiques sérieuses.
Chaque jour, le quotidien offre ses « recommandations », avec les critiques, l’intérêt de le voir et tous les supports sur lesquels il est disponible et fait également office de programme télé

Twitter ferme Vine

Dans une annonce faite hier sur Medium, Twitter a annoncé la fermeture prochaine de son application de partage de vidéos, Vine, créé en 2013, qui peuvent être diffusées sur Facebook et Twitter. Malgré l’immense succès des premières années (200 millions d’utilisateurs actifs en décembre 2015), Vine, dont les vidéos ne dépassent pas les 6 secondes, a été rattrapé par les géants Instagram, qui propose d’enregistrer des vidéos plus longues (jusqu’à 60 secondes) et Snapachat, chouchou des Millenials, avec qui la compétition est devenue trop inégale.

Serial agresseur

Le Wisconsin State Journal rapportait hier qu’un étudiant de l’Université de Wisconsin-Madison, Alex Cook, a été inculpé d’agression sexuelle la semaine dernière par une jeune femme qu’il connaissait. L’annonce de sa mise en examen a entraîné une douzaine d’autres étudiantes à reporter le même genre d’accusation contre Cook qui est désormais sous le coup de 14 différentes charges qui vont de l’agression sexuelle à l’étranglement, séquestration, dont certains faits remontent à Mars 2015.

 

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

https://twitter.com/NewYorker/status/788998250326007808?ref_src=twsrc%5Etfw

le Kiosque du jeudi 27 octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight jeudi 28 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight jeudi 28 octobre 2016

 

Trump snobe les dernières levées de fond des Républicains

John Pororetz du New York Post parle « de l’ultime humiliation de Trump envers le GOP »: On a appris hier la décision du candidat républicain de ne plus accepter les dernières levées de fond nécessaires aux dernières semaines de course à la présidence en décidant de snober ces réunions:

Ca résume parfaitement les 16 mois durant lesquels Trump a joyeusement terrorisé les représentants républicains, les forcé à s’adapter à ses caprices avant un dernier bras d’honneur (…) Et avec douze jours à venir ce n’est pas probablement le dernier coup qui brisera les rotules du président du comité républicains et élus qui lui ont lui le double traitement « oui on te soutient mais on ne t’aime pas vraiment

 

Une autre bimbo harcelé par Trump

Le tabloid anglais Daily Mail révèle ce matin que « Donald, alors marié, a fait des approches répétées à une candidate de The Apprentice, ancienne modèle de Playboy, Brande Roderick et constamment évoqué combien il avait envie de la baiser. »
Quand on regarde les remarques faites au cours de l’émission à propos de la playmate, on a peu de mal à imaginer les commentaires déplacés du milliardaire rapportés anonymement par des techniciens qui travaillaient alors pour le programme de NBC.

Une scission post-électorale

Le Wall Street Journal envisage une éventuelle scission du parti républicain après les élections:

La campagne de Trump, comme les vagues de changements qui l’ont précédées [ces quatre dernières décennies: George Wallace Southerners, Ronald Reagan Democrats, Pat Buchanan pitchfork populists and tea-party foot soldiers] a attiré de nouveaux électeurs vers le Parti Républicain mais en a aussi éloigné un bon nombre. Il a provoqué une importante scission qui sera difficile à refermer et qui pourrait même diviser les partis en deux camps, l’un formé par les récents relents populistes et l’autre plus traditionnel des modérés et conservateurs.
Si Trump gagne, il dirigera vraisemblablement le GOP vers un chemin bien plus populiste comme celui choisi pour sa campagne, qui pourrait bien s’aliéner l’establishment, les intellectuels conservateurs et les hommes d’affaires. Il n’a cessé dernièrement de rabaisser ceux en désaccord avec lui sur les échanges, l’immigration et la politique étrangère. Ils devront décider si le parti reflète toujours leur idéaux ou non.

Le Patient Zéro disculpé

New York Post - Edition du 4 octobre 1987: "L'homme qui nous a apporté le Sida"
New York Post – Edition du 4 octobre 1987: « L’homme qui nous a apporté le Sida »

Gaétan Dugas, steward d’Air Canada, a reçu le surnom de « Patient Zéro » après sa mort en 1984, et selon une étude scientifique qui a révélé à l’époque qu’il aurait contracté le virus du sida en Afrique ou Haïti et qu’il aurait été à l’origine de sa propagation sur le continent nord-américain dans les années 80 à cause des dizaines, voire de partenaires qu’il aurait contaminé.
De nouvelles recherches génétiques, « soutenues par un enquête historique fascinante » l’ont « déclaré innocent mercredi »: L’épidémie a mis le pied sur le sol américain à partir du début années 70 en provenance du Zaïre jusqu’à Haïti avant d’arriver à New York en 1971 pour atteindre San Francisco en 1976 – Bien avant le patient zéro.
Les recherches ont également montré que le « Patient zéro » signifiait en fait le « Patient O » pour « Outside Southern California », où les recherches sur la maladie ont débuté.
Le virus du sida a fait plus de 500 000 morts aux Etats-Unis principalement dans la communauté homosexuelle.

Rolling Stone dans la tourmente.

Après Gawker, c’est au tour du magazine Rolling Stone d’être assis sur le banc des accusés après la publication en 2014 du récit d’un viol en réunion dans une fraternité de l’Université de Virginie.
Malgré la faiblesse des sources, l’unique témoignage anonyme de la victime, qui a toujours refusé de nommer ses agresseurs et empêcher la journalistes de contacter ses témoins, Rolling Stone a quand même publié l’histoire, A Rape on Campus au mois de novembre.
Les incohérences du récit ont été dénoncées dans les jours qui ont suivi par l’Université, la fraternité, les amis de la victime, et même d’autres journalistes et qui ont poussé le magazine a publié une lettre d’excuses début décembre 2014 et retiré l’article de son site.
Ca n’a pas empêché une membre du personnel de l’université, incriminée dans le reportage pour ne pas avoir prêté attention au drame de la victime, de porter plainte en diffamation – et dont le procès a commencé cette semaine, ainsi la plainte de la fraternité qui demande 25 millions de dollars de dommages et intérêts au magazine – qui aura lieu l’année prochaine.
L’article original est ICI, la contre-enquête, What Went Wrong, du département de journalisme de Columbia University publié sur Rolling Stone en avril 2015.

 

Trump News, info ou intox?

Depuis cet été, de nombreuses rumeurs affirment que Donald Trump envisagerait de créer son propre réseau d’information, Trump News, pour concurrencer directement les grandes chaînes nationales et Fox News … dans l’éventualité d’une victoire le 8 novembre prochain.

L’idée était de faire avancer le programme de l’administration Trump à travers une chaîne de télé qui lui soit dévoué. Un projet très ambitieux qui nécessite non seulement un immense investissement financier mais aussi l’accord des réseaux câblés pour accueillir la chaîne et la création de programmes quotidiens capables de faire de l’audience.
Trump aurait confié ce projet long et coûteux à sa fille, Ivanka, et son gendre, Jared Kushner, propriétaire du New York Observer.

Le semaine dernière, le New York Times a rapporté que ce dernier avait « discuté la possibilité d’un réseau de télévision appartenant à la marque Trump avec un professionnel aguerri à ce genre de marché ».

Même s’il a affirmé au Washington Post en septembre dernier ne pas y être intéressé, Trump pourrait se lancer dans cette aventure en comptant sur la fidélité des millions d’électeurs et de citoyens américains qui l’ont élu face aux cadors du parti républicain.

Homme de télé à succès, Trump est très à l’aise sur scène et le mouvement populaire qu’il a enclenché devrait se prolonger au-delà des élections qu’il perde ou qu’il gagne – ce qu’il a laissé entendre au dernier débat en « entretenant le suspens » sur sa décision ou non d’accepter le résultat des élections.
Le lendemain du dernier débat, Jonah Goldberg, du journal conservateur National Review, a qualifié cette instance « d’horrible » et de « stratégiquement stupide – à moins que le but soit d’aliéner ses supporters des médias grand public pour créer un réseau télé pour les laisser-pour-compte »

Pour le New York magazine,

« Cette théorie expliquerait pourquoi Trump a donné le contrôle de sa campagne à un media mogul, Steve Bannon, [ancien directeur en chef du site d’extrême-droite Breitbart News au mois d’août], pourquoi est-ce qu’il a inutilement attaqué les membres de son propre parti, et pourquoi est-ce qu’il a failli démoraliser ses propres électeurs en leur répétant que les élections étaient truquées. Ce sont des décisions logiques si le but final est de récupérer la loyauté d’une large minorité du pays aux dépens des organes républicains et la regrouper autour d’une enseigne médiatique qu’il peut contrôler

 

Qu’en est-il de Fox News, la chaîne de Rupert Murdoch qui a pris fait et cause pour le candidat républicain depuis le début de sa candidature et dont l’ancien président, a rejoint son équipe de campagne après s’être viré cet été pour des accusations de harcèlement sexuel?

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Selon le site Salon, Roger Ailes aurait réussi à « détourner les Républicains » et supporters de Trump de « leur chaîne préférée » qui n’est plus digne de confiance selon un dernier sondage réalisé auprès de citoyens conservateurs.

Les relations entre la chaîne et le candidat ont été plus que houleuses depuis les primaires Républicaines, notamment à cause de sa présentatrice vedette, Megyn Kelly, insultée à plusieurs reprises par Trump l’année dernière, accusée par ses confrères journalistes de défendre Clinton pour avoir critiqué Trump à plusieurs reprises et hier encore, attaquée par Newt Gringich pour avoir aborder les accusations faites par 11 femmes à l’encontre du candidat.

« Si vous êtes fatigués du parti pris des médias grand public (autrement dit la super PAC de Hillary la corrompue) connectez vous sur mon programme Facebook en direct » a annoncé Trump à la veille du dernier débat présidentiel – modéré par un Chris Wallace, un journaliste de Fox News.
Selon The Fiscal Times, 8,9 millions d’internautes se seraient branchés sur le compte Facebook de Donald Trump ce soir là, et que beaucoup ont comme les prémices de sa future aventure post-électorale.

Depuis lundi, il a d’ailleurs lancé sur le réseau social, Trump Tower Live, une émission quotidienne  et en direct de 30 minutes jusqu’au jour des élections, programmée avant chacun de ses meetings, également retransmis « pour contourner les médias libéraux ».
La première diffusée lundi a été vue plus d’un million et demi de fois, et ridiculisée par le New York Times pour son amateurisme et sa propagande pro-Trump.

 

 

Le Kiosque du mercredi 26 octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016
Les prévisions de FiveThirtyEight mercredi 26 octobre 2016

L’obsession et le cauchemar de Trump

Le New York Times a diffusé hier une interview de Donald Trump dans laquelle il éviscère Arsenio Hall, un ancien acteur comique, aujourd’hui disparu des écrans, parce qu’il a « souffert la plus grave forme d’humiliation publique: Le déclin de sa célébrité. La perte de son statut de star. Et c’est en fait, le pire cauchemar de Trump »

Les enregistrements révèlent un homme obnubilé par sa propre célébrité, inquiet de perdre son statut et méprisant envers ceux qui tombent en disgrâce. Ils capturent le plaisir viscéral qu’il prend à se battre, son manque d’intérêt pour l’histoire, le refus de se remettre en question et l’idée que peu de gens méritent son respect

Son étoile vandalisée

On se demande qu’est ce qu’il a du ressentir en apprenant que son étoile sur le Hollywood Walk of Fame,reçue en 2007 pour son émission The Apprentice, a été vandalisée tôt ce matin.
Ce n’est pas la première fois que celle-ci est attaquée depuis le début de sa candidature, on se souvient notamment d’un swastika peinte fin janvier, puis la touche « silencieux’ en juin et un mur placé tout autour de la dalle de marbre en septembre;
Une pétition a même été lancée pour retirer l’étoile de Trump mais refusée par le Hollywood Historic Trust.

Trump a encore des chances de gagner

C’est ce que constate le dernier sondage publié par Bloomberg Politics en Floride qui donne un avantage de deux points à Donald Trump dans ce must-win state qui avait été remporté par Obama en 2012 avec une marge de moins de 1%.
Il reste treize jours avant les élections et les deux candidats doivent entretenir la flamme des électeurs après l’excitation du dernier débat pour lequel Clinton et Trump se sont tous les deux déclarés vainqueurs.
Tout peut arriver ces deux prochaines semaines, de nouvelles révélations de Wikileaks, des nouvelles polémiques autour des candidats qui vont faire du terrain dans les états très disputés de Pennsylvanie, de Floride, et d’Ohio.

Megyn Kelly vs Newt Gingrich vs Bill Clinton.

Megyn Kelly a mené une interview très houleuse avec Newt Gingrich hier soir dans son émission The Kelly Files dans laquelle l’ancien porte-parole de la Chambre des Représentants a accusé la présentatrice star de Fox News « d’être fascinée par le sexe plutôt que la politique ».
« Je ne suis pas fascinée par le sexe mais je suis fascinée par la protection des femmes et comprendre ce qui peut nous arriver à la Maison Blanche et que les électeurs américains aimeraient savoir qui ils vont élire » a-t-elle répondu.
Gingrich s’en est ensuite pris à Bill Clinton en pressant Kelly de reconnaître qu’il « était un prédateur sexuel ».

 

Al-Jazeera défend Wikileaks

Wikileaks, accusée par la presse américaine de faire le jeu de Trump avec ses attaques répétées contre Clinton peut compter sur le soutien de nombreux médias conservateurs et d’extrême droite, mais aussi sur celui de Al-Jazeera, qui défend l’organisation de tout parti pris contre les démocrates.
Le site s’intéresse au contraire à la connivence des médias libéraux avec Clinton, révélés dans certains emails « problématiques », notamment un article de Politico qui aurait été envoyé à Podesta, le directeur de campagne de la candidate démocrate, avant publication – une « erreur » admise par Politico cet été.
L’auteur de l’article prend soin de citer les propos d’autres sites d’infos dits « libéraux » (Vox, Salon) mais parle quand même de « corruption politique au coeur du comité national démocrate » qui a favorisé son leader, Clinton, aux dépens de l’outsider et ancien indépendant, Sanders, durant les Primaires démocrates.
Wikileaks n’aura finalement que confirmer « le manque de confiance du public américain envers les médias (…) un signe de leur méfiance vis-à-vis du système politique dans son ensemble ».

 

Le Kiosque du mardi 25 octobre 2016

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ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

Les dernières prévisions

Les prévisions mardi 25 octobre sur FiveThirtyEight
Les prévisions mardi 25 octobre sur FiveThirtyEight

Silicon Valley derrière Clinton

A l’exception de Peter Thiel, le co-fondateur du service de paiement en ligne Paypal, milliardaire qui a aidé Hulk Hogan a percevoir 150 millions de dollars de dommages et intérêts contre Gawker, provoquant la faillite du site de gossips et supporter de Trump, l’ensemble majorité de la Silicon Valley soutient la candidate démocrate qui aurait perçu selon FiveThirtyEight  99% des dizaines millions de dollars donnés par les employés et cadres et entreprises durant la campagne.
Une tendance qui montre l’influence croissante importante du secteur des hautes technologies sur Washington, et notamment dans les domaines du commerce et des visas de travail, les fameux H1B, donnés au compte goutte chaque année et que Trump voudrait limiter un peu plus au contraire de Clinton.

Les emails de Sanders pas très flatteurs envers sa rivale

Dans un récente interview, Bernie Sanders n’a pas semblé surpris sur les propos peu flatteurs tenus sur lui par les proches de Hillary durant les Primaires démocrates, extraits des emails piratés de John Podesta, son directeur de campagne. « Faites moi confiance, s’ils mettaient la main sur nos emails – ce qui devrait sans doute arriver – je suis sure qu’il y aurait des déclarations encore moins flatteuses sur le staff de Clinton, c’est ce qui arrive en campagne » a déclaré le sénateur du Vermont qui a trouvé bien plus d’intérêt à comprendre le fonctionnement de la campagne de sa rivale, « très différent du sien ».

Les démocrates libéraux et l’après élection

En campagne hier dans le New Hampshire, Elizabeth Warren et Hillary Clinton ont prévenu Donald Trump que les « nasty women » votent et appelé les électeurs à voter dès aujourd’hui dans les états qui le permettaient.

Alors que la victoire de Clinton se précise, les démocrates réfléchissent déjà à l’après élection et à la formation de la prochaine administration en cas de victoire. Et les démocrates libéraux, plus progressistes, font déjà pression autour de la candidate pour s’assurer des postes influents en janvier 2017. Parmi eux, Mme Warren devrait servir de poil à gratter de Clinton pour la nomination des ministères publics et offices du pays, Bernie Sanders du Vermont et Sherrod Brown de L’Ohio. L’un des postes les plus conviés serait celui du Secretary of the Treasury, le ministère des finances, qui gère notamment les relations du gouvernement avec Wall Street.

« Les deux partis s’attendent à un 8 novembre compliqué »

« Donald Trump ne capitulera pas sans se battre, ni ses supporters » constatait ce matin Salon, qui cite un sondage de IPSOS-Reuters réalisé en ligne entre le 14 et le 20 octobre selon lequel 49% des Républicains n’accepteront pas la résultat des élections si leur candidat perd.
Un scénario exceptionnel pour un pays démocratique, fomenté depuis des mois par le candidat républicain qui répète à qui veut l’entendre que les élections sont truquées, que certains bureaux de vote pourraient l’être, et que la candidature même de Clinton dans ces élections est inadmissible car elle devrait être emprisonnée.
Face à ces menaces, Républicains et démocrates se préparent à l’éventualité de batailles juridiques le jour des élections.

Obamacare très mal en point

Le gouvernement américain a annoncé hier après midi une hausse conséquente des prix des différentes forfaits maladies proposées par le Affordable Care Act, l’un des plus importants programmes mis en place par Barack Obama durant sa présidence.
On savait le programme fédéral à la peine à cause du désengagement de nombreuses compagnies d’assurance, qui recherchent avant tout le profit. Les premiums offerts par Obamacare devraient augmenter en moyenne de 22% sur l’ensemble du pays, avec des disparités selon les états (110% en Arizona et 69% en Oklahoma) et un assuré sur cinq n’aura plus qu’un choix possible d’assurance.
10 millions d’Américains ont souscrit à Obamacare grâce à des aides de l’état et des déductions fiscales et on peut s’attendre voir ce nombre se réduire dramatiquement à partir du 1er novembre date de renouvellement annuel des contrats.

« Obamacare est mort » affirmait hier soir Donald Trump dans un meeting de Tampa en Floride, « notre pays n’a pas les moyens, et vous n’avez pas les moyens » a-t-il renchérit en promettant qu’il serait capable d’offrir aux Américains « d’excellents soins de santé à très bas prix » sans davantage de précisions.

La peine de mort vit ses derniers jours

Dans son éditorial de lundi, le comité de rédaction du New York Times explique que « bien que la peine de mort soit toujours considérée comme constitutionnelle par la Cour Suprême, l’appétit des Américain pour cette pratique barbare diminue chaque année ».
Pour la première fois depuis un demi-siècle, moins de la moitié des Américains déclarent désormais soutenir selon un sondage Pew Research réalisé le mois dernier. Sur les 14 000 meurtres commis l’année dernière aux Etats-Unis, 49 seulement ont reçu « la pire des sanctions », le chiffre le plus bas depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976.
Les condamnés à mort le seraient à cause de trois facteurs communs: des procureurs zélés, des mauvais avocats commis d’office, et un parti pris racial ».
Place désormais à la Cour Suprême, la seule capable d’abolir la peine de mort.

Adnan Syed bientôt libre

Adnan Syed, emprisonné depuis 17 ans pour le meurtre présumé de sa petite amie, qui fut l’objet il y a deux ans du Podcast Serial, qui a aidé l’accusé à obtenir un nouveau procès, devrait pouvoir sortir de prison prochainement en attendant une date du juge. Il a aujourd’hui 35 ans

 

 

 

 

 

 

 

La croisade de Brigitte Gabriel contre l’islam

Dans un article publié sur Buzzfeed News, en septembre dernier, le journaliste David Noriega s’intéresse à Brigitte Gabriel, « la leader la plus influente du lobby américain contre l’islam » qui « vous charmera » dit-il « avant de vous effrayer ».

Cette journaliste, auteur, conférencière, activiste d’extrême droite et islamophobe est née dans une communauté maronite du Liban au milieu des années soixante avant de connaître adolescente la guerre civile libanaise au cours de laquelle des militants islamiques l’auraient obligées, elle et sa famille, à se réfugier en Israël en 1978 pour émigrer aux Etats-Unis en 1989.

J’ai perdu le Liban, mon pays d’origine, à cause de l’Islamisme radical. Je ne veux pas perdre mon pays d’adoption, l’Amérique.

La rhétorique islamophobe de Brigitte Gabriel n’est pas nouvelle comme en témoigne cet afa-logo-150article du New York Times daté de 2011 qui mentionne ses prises de parole devant des supporters du Tea Party: « l’Amérique a été infiltrée à tous les niveaux par des radicaux qui veulent frapper l’Amérique » qui « se sont radicalisés dans des mosquées radicales des villes et des communautés de notre pays ».

Déjà, à l’époque et à travers son association ACT! for America, elle est devenue l’une des voix les plus influentes « sur le circuit des détecteurs auto-proclamés du terrorisme qui affirment que les musulmans posent un immense danger » aux Etats-Unis.
Ce qui la singularise dans le champ de la lutte contre l’Islam, c’est une audience bien plus conséquente que ses confrères. ACT! for America créée en 2007 pour « promouvoir la sécurité nationale et enrayer le terrorisme » revendique 300 000 membres répartis en 1000 conseils à travers le pays.

 

La nomination de Donald Trump comme candidat républicain et sa rhétorique islamophobe, son refus du politiquement correct, ont donné davantage de légitimité aux propos de Brigitte Gabriel et de son association dans le paysage politique même si elle est considérée comme un hate group par des organisations de surveillance de l’extrême droite américaine.

L’un des membres du comité de direction de l’association, un vétéran de l’armée américaine, Michael Flynn, a d’ailleurs rejoint les rangs du candidat républicain au poste de conseillers en sécurité nationale.
Selon le Dallas Morning News, « le général favori de Donald Trump » affirme dans son dernier ouvrage, un New York Times best-seller, que l’islam est une idéologie politique cachée derrière une religion » et l’a même comparé à « un cancer ».

Les deux ouvrages à succès publiés par Mme Gabriel, Parce qu’ils haïssent et On doit les arrêter laissent peu de place au doute sur sa vision des musulmans dans la société: elle considère tous comme des radicaux.
Il n’y a pas de majorité de musulmans inoffensifs qui n’ont rien à voir avec l’Islam radical et des extrêmistes influencés par des organisations étrangères comme ISIS ou al Qaïda, les « musulmans ordinaires qui vivent parmi eux représentent une menace dissimulée » explique David Noriega.

Nos ennemis sont les voisins d’à côté, les médecins qui pratiquent dans nos hôpitaux, et les employés qui partagent notre déjeuner

L’organisation s’est récemment vantée d’être « la NRA de la sécurité nationale » et critique tous ceux qui l’a qualifient d’extrêmiste de « politiquement correct »: Elle et son organisation « ne sont pas contre l’islam. Nous sommes contre l’islam radical et l’idéologie politique derrière le terrorisme ».

Elle a qualifié l’intervention de Khizr Khan, le père de ce soldat américain musulman mort en Irak en 2004, qui a ouvertement critiqué Donald Trump durant la convention nationale démocrate au mois de juillet d’hypocrite: « Brandir la constitution est une fausse représentation puisque sa religion lui enseigne que les lois humaines doivent être supprimées et remplacées par celles du Coran ».

Une sombre affaire de viol sur une fille handicapée de 5 ans, vraisemblablement par trois mineurs réfugiés à Twin Falls dans l’Idaho a déclenché une hystérie collective entretenue par les rumeurs de nombreux sites d’infos conservateurs et orchestrée notamment par Act! for America, Brigitte Gabriel. De nombreux habitants ont dénoncé l’arrivée de ces réfugiés musulmans au sein de leur communauté, affirmé que « ISIS était présent » ainsi que « les frères musulmans ».

Jusqu’ici l’état avait eu peu de problèmes avec les immigrés, compte aussi d’un chômage très faible qui les a communautés réfugies à s’intégrer plus facilement. La fais divers et le passage Trump ont clairement changé la donne.