Le Kiosque du samedi 31 décembre 2016

Pour ce dernier Kiosque de l’année, on vous une excellente lecture et une très bonne année 2017

  • Premier profile de Barack dans le New York Times

    Voici le premier profil de Barack Obama lorsqu’il a été élu à la tête de la Harvard Law Review, « considérée comme la plus prestigieuse du pays », le « premier président noir en 104 ans d’histoire » à atteindre « la position la plus importante pour un étudiant de l’Ecole de Droit de Harvard ».

    The New York Times – Edition du 6 février 1990

    Interrogé sur cette promotion, le jeune Barack, déjà très philosophe, affirmait alors:

    « Le fait d’avoir élu est une preuve de progrès (…) C’est encourageant (…) Mais il est important de rappeler que des histoires comme la mienne ne doivent pas être utilisées pour dire que tout est OK pour les noirs. Il faut se rappeler que pour chaque cas comme le mien, il existe des centaines de milliers d’étudiants noirs avec au moins autant d’aptitudes qui n’ont pas eu la même chance. »

  • Le Michigan interdit d’interdire les sacs plastiques

    Une loi a été votée cette semaine dans le Michigan par Brian Calley, le suppléant du gouverneur Rick Snyder, parti en vacances, qui « interdit les gouvernements locaux d’interdire, de réguler, ou d’imposer des frais sur l’utilisation de sacs plastiques et autres containers ».
    Les villes et municipalités n’auront par exemple plus le droit d’interdire la distribution gratuite de sacs plastiques en caisse, comme c’est le cas à Paris ou à San Francisco, ou de taxer commerçants et consommateurs quand ils achètent des bouteilles en plastiques à l’instar de New York, où la « bottle bill », en vigueur depuis 1983, impose une taxe de 5 cents à tous containers en plastique, en papier, verre, aluminium et métal de moins d’un gallon (3,75 litres).

    Une mesure à contre-courant de ce qui se fait dans de nombreuses villes du pays (San Francisco, Austin, Chicago) et du reste du monde pour lutter contre la pollution.
    Une victoire pour les commerçants mais un échec pour les défenseurs de l’environnement qui pourront se réconforter avec leurs confrères d’Idaho, d’Arizona et du Missouri qui ont signé des lois similaires.

     

  • Amy Schumer flingue les « guns » 

    La comédienne Amy Schumer, fervente défenseuse du contrôle des armes avec son oncle, Chuck Schumer, qui a remplacé en novembre Harry Reid comme représentant de la minorité démocrate au Sénat, a frappé fort dans le dernier épisode de son émission de Comedy Central, Inside Amy Schumer.
    Elle incarne dans un sketch une présentatrice de TéléShopping qui vend des revolvers, une idée cadeau « qui coule de source » car « ce qu’il y a de génial avec les armes, c’est que presque tout le monde peut l’acheter. »

    Amy Schumer de rappeler que même les citoyens qui ont un casier judiciaire peuvent en acheter librement sur internet ou dans des foires aux armes, et ajoute même avec humour qu’ils ont la taille parfaite pour remplir les chaussettes de noël des enfants.
    La comédienne finit son sketch en expliquant aux téléspectateurs qu’après la pub, « [elle vendra] les noms des sénateurs et membres du Congrès dont l’influence peut-être achetée pour bien moins chère qu’on ne le pense », une référence aux parlementaires qui reçoivent de l’argent du lobby des armes comme Ted Cruz, Marco Rubio ou encore Paul Ryan, dont les noms sont alors affichés sur l’écran.
    Comme le note le site Upworthy, le sketch hilarant, terrifiant, et bien trop réel »

     

     

  • Pas gentils les parisiens

    Un joli conte de fin d’année dans le Daily News qui nous régale avec le témoignage de l’une de ses journalistes sur la rudesse des Français.
    Jeanette Settembre racontre être « allée à Paris » mais a [fini par manger] comme un New Yorkais » car sa « première expérience dans la ville lumière a été surtout marquée par un flot d’impolitesse – particulièrement dans les restaurants. » Mais promis, elle est arrivée dans la capitale « bien décidée à ne pas croire tous les stéréotypes selon lesquels les Français sont froids ».
    Qu’est ce qui a donc poussé cette jeune touriste américaine – qui ne connaît que « Bonjour », « Merci » et « Au revoir » – à cran? L’incapacité des serveurs à parler anglais, et de ne pas faire l’effort d’essayer ou encore d’avoir attendue vingt minutes pour que sa commande soit prise.

    Dans un bistrot français, nous sommes arrivés dix minutes en avance pour notre réservation et on a refusé de nous asseoir même s’il y avait des tables de libre. Alors nous sommes partis et avons décidé d’aller dans un restaurant italien à côté. Heureusement, j’ai réussi à trouver endroits plus chaleureux et délicieux – dont la plupart n’étaient pas français – durant ma semaine de séjour.

 

 

Ingérence russe dans les présidentielles américaines: Et si c’était de l’intox?

Les sanctions très sévères prises par Barack Obama à l’encontre de la Russie, accusée d’avoir piraté le Parti Démocrate durant la campagne présidentielle pour favoriser Donald Trump aux dépens de Hillary Clinton, sans avoir offert de preuves tangibles, met aujourd’hui les médias americains dans une situation délicate.
Certains journalistes évoquent le scandale des armes de destruction massive: un mensonge orchestré par l’administration Bush, appuyé à l’époque par l’enquête d’une journaliste du New York Times, qui avait justifié l’intervention de l’armée américaine en Irak.
Parmi eux, Glenn Greenwald et Matt Taïbbi mettent aujourd’hui en garde leurs confrères contre l’éventualité d’un nouveau fiasco.

 

Le renvoi de 35 dignitiares russes liés aux services de renseignements du sol américain et la réponse stratégique de Poutine de ne pas envenimer la situation en attendant l’investiture de Donald Trump, ferait presque passer Barack Obama pour l’agresseur et son confrère russe pour une oie blanche.

La plupart des quotidiens du pays consacraient leur une hier à la décision dramatique du gouvernement américain en considérant comme acquise la culpabilité du Kremlin dans cette affaire de piratage. Rares ont été ceux à admettre qu’il n’existe pourtant aucune preuve tangible aujourd’hui que le gouvernement russe est à l’origine du « hackage » du Parti Démocrate si ce n’est le rapport de la CIA et du FBI, publié jeudi, qui reste très flou sur les méthodes employées et les acteurs engagés dans ces actes criminels.

Comme le constate Matt Taïbbi dans Rolling Stone hier, ce rapport ne livre aucune indice sur ce qui a mené les services de renseignements à déterminer que:

  • Le gouvernement russe était le commanditaire du piratage 
  • Le piratage était destiné à influencer les élections présidentielles, qui plus est, en faveur de Donald Trump.


Comme les médias conservateurs l’avancent, personne, ni Poutine, ni le parti Républicain, ni même sans doute Trump, avaient prévu la victoire de leur candidat.

Le problème avec cette histoire, c’est que comme dans la débâcle de celle des armes de destruction massive en Irak, elle s’inscrit dans un environnement extrêmement politisé dans lequel les motifs de tous les acteurs impliqués sont suspects. Rien n’est logique ici.

La seule façon d’y voir plus clair serait de fournir des preuves que l’administration Obama et les services de renseignements refusent de révéler « par peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes » – malgré les demandes répétées des journalistes, conservateurs et libéraux depuis des semaines.

Plus inquiétant, pour certains supporters de Clinton, l’idée que « la Russie a piraté les élections » renvoie au piratage des votes le jour des élections – des suspicions levées après le recomptage des voix dans le Michigan et le Wisconsin, qui ont confirmé la victoire de Trump dans ces Etats. 
Selon le site Yougov, la moitié des électeurs démocrates pensent que le gouvernement russe aurait modifié les résultats du scrutin le 8 novembre – « un nombre aussi inquiétant que les 62% d’électeurs de Trump qui croient les propos d’Alex Jones, un présentateur télé conspirationniste, selon lesquels des millions de sans papiers auraient voté illégalement aux élections présidentielles.

Cette affaire a également des enjeux partisans, et l’intervention de Glenn Greenwald, la semaine dernière sur le plateau de Tucker Carlson, sur Fox News, pour dénoncer les accusations du gouvernement américain contre les agissements russes, a été critiquée par certains médias libéraux qui l’accusent de prendre la parti de Trump et de Poutine. 

Le fondateur de The Intercept en a conclu qu’accuser la Russie d’ingérence n’était finalement qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président.

Il n’existe aucune preuve tangible pour appuyer les accusations du FBI, de la CIA et du gouvernement américain, et en tout état de cause, il est impossible de tirer de conclusion définitive sur l’ingérence de Vladimir Poutine et du gouvernement russe dans les élections présidentielles américaines – une précaution que beaucoup de journalistes et de rédactions n’ont pas prise.  

Comme le rappelle Matt Taïbbi en conclusion de son article:

Nous devrions avoir appris de l’épisode Judith Miller [journaliste du New York Times qui a révélé l’existence d’armes de destruction massive en Irak avant de reconnaître que ses sources l’avaient manipulée].
Non seulement les gouvernements mentent, mais ils n’hésiteront pas à ruiner les agences de presse au passage. Ils utiliseraient n’importe quel pigeon pour arriver à leur fin.
Je n’ai aucun problème à penser que Vladimir Poutine a tenté d’influencer les élections américaines.
C’est un gangster de bas étage qui est capable de tout. Et pareil pour Donald Trump qui s’est rabaissé durant la campagne jusqu’à aller demander aux Russes de rendre publique les emails de Hillary Clinton. Donc tout est possible.
Mais on s’est déjà trompés dans des histoires similaires, qui ont eu des effets désastreux. Ce qui rend encore plus surprenant le fait qu’on n’essaye pas un peu plus d’éviter de se faire avoir à nouveau.

 

Les unes du 30 décembre 2016

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Aujourd’hui, ce sont les sanctions de Barack Obama contre Poutine en tête d’affiche des quotidiens du pays avec des réactions mitigées devant la sévérité des sanctions prises à l’encontre de la Russie accusée par le président sortant de cyber-attaques contre le parti démocrate pendant la campagne présidentielle en faveur de Donald Trump. Les Etats-Unis ont déjà été victimes de ce genre d’agresssion mais n’ont jamais réagi de la sorte.

Notre couverture du jour, celle du NY Daily News:

The NY Daily News – Edition du 30 décembre 2016

On évoque également le cessez-le-feu conclut Syrie entre le gouvernement de Bachar el Assad et les forces rebelles, avec l’aide de la Russie, et un absent de marque, les Etats-Unis..
Viennent ensuite les reportages sur les nombreux disparus qui ont marqué une année 2016 difficile pour beaucoup d’Américains.

A un niveau plus régional, le Chicago Tribune s’alarme de la recrudescence d’homocides dans la Wind City cette année avec 750 morts, le chiffre le plus élevé depuis 1997

 

Le Kiosque du 30 décembre 2016

Une sélection de ce qui s’est passé depuis notre dernière revue de presse, la semaine dernière.

 

Alliance des extrêmes contre le « Trumpism »

Samantha Bee, la comédienne qui présente une émission hebdomadaire satirique sur PBS a reçu la semaine dernière Glenn Beck, ancien chouchou du Tea Party, l’un des présentateurs télé ultra-conservateurs les plus virulents et polémiques de l’ère Obama.
Pourtant, depuis le début de l’année, cet ancien de Fox News, désormais à la tête de son propre réseau d’information, The Blaze, a adopté un ton bien plus modéré. Surtout, il a été l’un des rares conservateurs à oser critiquer Donald Trump allant même jusqu’à souhaiter l’élection de sa rivale, Hillary Clinton, provoquant la fureur et les critiques de ses confrères.
Il s’est aussi excusé d’avoir insulté Barack Obama et les Démocrates et a même publié une tribune dans le New York Times pour défendre Black Lives Matter mais paye le prix fort pour cette rédemption: Non seulement il est haï par ses anciens confrères, il risque de perdre l’empire que son zèle ultra-conservateur avait aidé à construire.

Lors de sa rencontre avec Samantha Bee, ce dernier a réitéré la nécessité de rester uni pour efficace contre Donald Trump et insisté sur les dangers d’une trop grande polarisation de la population et des médias autour de Trump – y compris les propos de Full Frontal à ce sujet:

Je ne pense pas que tu aies l’intention de faire du mal. J’ai déjà causé du mal et je n’ai aucune intention de recommencer. Je sais ce que j’ai fait. J’ai aidé à diviser la population. Et s’il te plaît, ne fais pas les mêmes erreurs que j’ai faites.

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Quel avenir pour « Pantsuit Nation »?

Le mouvement pro-Hillary créé par Libby Chamberlain sur Facebook au mois d’octobre a rassemblé plus de quatre millions d’abonnés qui ont pu partager pendant des semaines et en « privé » leur enthousiasme et leurs espoirs en attendant la victoire de leur candidate et jusqu’à son improbable défaite.
En l’espace d’une journée, la page est devenue le refuge de tous les déceptions, les craintes et les peurs de cette « nation de tailleur pantalons » avant de se transformer en plate forme de protestation et de solidarité.

Mais l’avenir de cette communauté est remis en cause depuis que sa fondatrice a annoncé sur le réseau social qu’elle publierait en mai 2017 une sélection des meilleurs commentaires:

Comme je l’ai répété à plusieurs reprises, je crois que « Pantsuit Nation » est devenu plus important le matin du 9 novembre qu’il ne l’était le matin du 8 novembre. Notre prochaine mission vise à changer le cours de l’histoire. Nous le ferons à travers vos histoires.

Un choix peu apprécié par les centaines de milliers de membres du groupe qui n’avaient pas prévu que leur commentaires soient publiés, sans leur consentement, pour un projet auquel elles n’ont jamais adhéré – d’autant que le groupe Facebook était privé et accessible uniquement sur invitation. Chamberlain a depuis promis qu’elle demanderait à chacun des commentaires sélectionnés, l’accord de leur auteure.

 

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Milo Yiannopoulos sort un bouquin

The Hollywood Reporter a annoncé cet après midi que le « hater » en chef, et accessoirement, l’un des rédacteurs du site alt-right Breibart, avait signé un contrat avec la maison d’éditions Simon & Schuster pour la sortie en 2017 d’un ouvrage autobiographique intitulé « Dangerous » pour lequel il aurait reçu une avance de 250 000 dollars.

L’annonce a propulsé le journaliste britannique en tête des tendances sur Twitter cet hier après midi, alors même qu’il a été interdit à vie de s’y exprimer cet été à la suite d’une campagne raciste et misogyne lancé à l’encontre de l’actrice afro-américaine Leslie Jones.
Milo a expliqué à l’hebdo cinéma qu’il « pouvait dominer Twitter sans même y avoir un compte » et que plutôt que de saper sa carrière, la mesure drastique prise par Jack Dorsey lui a donné d’autant plus d’exposition médiatique:

« Est-ce Madonna a souffert d’être bannie de MTV dans les années 90?
Est-ce que toute la presse négative autour de Trump l’a empêchée d’être élu? (…)
Tous les angles d’attaques que les forces du « politiquement correct » ont initié contre moi ont lamentablement échoué. Je suis plus puissant, plus influent, et plus fabuleux que jamais et ce livre est le moment pour Milo de devenir mainstream.
Les guerriers de la justice sociale devraient avoir peur, très peur »

Le livre est déjà disponible en pré-vente sur Amazon, sans savoir quel sera son contenu.

Le Chicago Review of Book a annoncé dans la foulée qu’il ne publierait aucune critique des ouvrages de la maison d’édition en 2017, « en réponse à cette validation de haine » – une position immédiatement dénoncée par Breitbart comme « une guerre des discours ».

 

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The Intercept accuse le Guardian et le Washington Post de propager des fake news

Ces derniers jours, dans un article publié sur son site, The Intercept et une interview dans l’émission du très conservateur Tucker Carlson sur Fox News, le journaliste-militant, Glenn Greenwald a affirmé que le Washington Post et le Guardian propageaient des fake news. Une accusation lourde pour un personnage respecté dans le monde des médias malgré ses positions anti-gouvernementales et pro-lanceurs d’alerte.

La semaine dernière, Glenn Greenwald s’est attaqué au Washington Post sur Fox News. Le quotidien a révélé début décembre que le FBI et la CIA avaient conclu que les piratages russes du Comité National Démocrate et de John Podesta – et leur diffusion par Wikileaks – visaient non seulement à déstabiliser la campagne présidentielle mais l’influencer en faveur de Trump.

Greenwald a affirmé qu’il fallait prendre ces accusations avec beaucoup de précautions étant donné le manque de preuve – si elles existent, elles n’ont pas été rendues publiques par les agences de renseignement par « peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes ». Dès lors, accuser la Russie n’est qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président – des propos que Tucker Carlson a accepté avec un grand sourire.

Dans article publié hier matin, il a accusé The Guardian d’avoir menti sur des propos qu’aurait tenu Julian Assange et a souligné comment « ces fausses déclarations – des fabrications – se sont propagées un peu partout sur internet par des journalistes, qui ont poussé des centaines de milliers de gens (voire des millions) à consommer de l’intox »

Capture d’écran de l’article de Julian Assange dans le Guardian, le 24 décembre 2016

. Une dénonciation qui visa à « souligner, une fois de plus, que ceux qui dénoncent avec véhémence les fausses informations, et veulent que Facebook et d’autres géants de la technologie suppriment du contenu pour mieux les combattre, sont souvent les auteurs les plus agressifs et intéressés ».

L’article du Guardian reprend l’interview qu’a eu une journaliste italienne de La Reppublia avec Assange. Ce dernier y affirme que « l’élection de Clinton aurait été une consolidation du pouvoir en place pour la classe existante aux Etats-Unis » tandis que la « nouvelle structure » plus « fragile » qui déstabilise les réseaux de pouvoir existants, est :susceptible d’apporter de nouvelles opportunités de changement aux Etats-Unis », pour le meilleur ou pour le pire. 

Ce que le journaliste du Guardian a interprété comme une éloge d’Assange et une attaque contre Clinton.

Une fraude journalistique pour Glenn Greenwald, reprise par le site pro-russe RT et Breitbart, le site alt-right dont il a par ailleurs salué « l’intégrité » car il a « donné la voix aux gens qui en sont normalement démunis » et qui a eu « plus de succès que les médias libéraux à trouver de nouveaux moyens de défier l’establishment ».

 

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Comment aider Planned Parenthood avec humour?

En achetant ce tote disponible sur le site Power and Light Press pour la modique somme de quinze dollars et dont les recettes seront reversées à Planned Parenthood, directement menacé par la prochaine administration Trump.
Le sac en toile a le mérite de rappeler les différents services gratuites offerts par l’association un peu partout à travers le pays, avec les hashtags #standwithplannedparenthood et #wewontgoback:

« mammograme, frottis, examen gynécologique, test et traitement de maladies sexuellement transmissibles. Information et conseil sur la santé sexuelle et reproductive, test de dépistage du cancer, test de grossesse. Services prénatales, et accès abordable aux moyens de contraception. »

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Mort du père de la « Red Solo Cup »

Solocup.com

La « red Solo Cup » est aux Américains ce que le ballon (de rouge) est aux Français, un large gobelet en plastique qui a accompagné les fêtes arrosés de millions d’adolescents et d’étudiants.

Le créateur de ce verre jetable, Robert Leo Hulseman, est mort la semaine dernière à 84 ans, près de quarante ans après la mise sur le marché de ce qui deviendra le produit phare de The Solo Cup Company, une entreprise familiale créée par son père en 1936.

Son succès? Il est large, résistant (en polystyrène) et pas cher – disponible dans tous les délis et « 99 cents » store des Etats-Unis, et « bien sûr, sa couleur rouge, qui cache ce que l’on boit vraiment » – Boire dans la rue, parcs et plages est interdit aux Etats-Unis.
La compagnie est spécialisé dans tous les containers à emporter (plastique et papier) mais la red cup reste le best-seller incontesté et a même fait l’objet d’une chanson.

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« Reasons to love New York – Right now »

New York City est plus qu’un ville, c’est une bulle de huit millions d’habitants avec son rythme effréné, une activité qui ne s’arrête jamais, ses délis ouverts 24/7, une population multiculturelle et multi-ethnique, très riche et très pauvre à la fois, et ses 80% d’électeurs qui ont choisi Hillary Clinton le 8 novembre dernier aux dépens d’un des leurs, Donald Trump.
On est New Yorkais avant d’être Américain.

Pour nous aider à comprendre cette relation unique qui lie les New Yorkais à leur ville, New York magazine, l’une des publications phares de Gotham, réalise chaque année depuis 2005 un classement des « raisons d’aimer New York » – généralement accompagné d’une très belle couverture.
Une sélection faite par ceux qui y habitent pour ceux qui y habitent dont on a gardé le meilleur
, histoire de comprendre la magie et la force entre une ville et ses habitants – à l’aube d’une des présidences les controversées de l’histoire du pays.

 

2016 – Douzième édition

  • 1. Parce que Trump a peut–être remporté l’Amérique, mais la ville nous appartient 
  • 2. Parce même nos manifestants sont jeunes
  • 3. Parce que la rue met au défit les dictateurs
  • 4. Parce qu’on sait où Trump habite
  • 5. Et parce qu’un complexe immbilier de l’Upper West Side a retiré son logo 
  • 6. Parce que le maire à finalement trouvé un adversaire à sa taille
  • 7. Parce que trois anciens élèves du lycée James Madison vont aider l’Amérique à traverer cela – Bernie Sanders, Chuck Shumer et Ruth Barder Ginsburg
  • 8. Parce que seul un homme marrié trois fois, accro au sex, élevé aux tabloïds, ancien patron de casino, vendeurs d’appartements, qui joue au capitaliste darwinien, au milliardaire immobilier et au présentateur de télé réalité, qui a besoin d’être aimé, qui ne prend aucune responsabilité, ne s’excuse jamais, a réussi à convaincre la moitié de l’Amérique, essentiellement via Twitter, qu’il a son franc parler, qu’il est proche de  l’Américain moyen, prêt à lutte contre la corruption, avec des solutions encore à dévoiler pour rendre l’Amérique plus forte, au moins pour les gens comme eux, pourrait choquer même le plus blasé des New Yorkais
  • 9. Parce que Kate McKinnon a pris le rôle d’Hillary Clinton au sérieux
  • 10. Parce que Alex Baldwin est assez Trump pour pouvoir se moquer de Trump
  • 11. Parce que Leonardo di Caprio utilise le City Bike
  • 15. Parce que bien sûr les kiosques internet gratuits ont été utilisés pour regarder du porno
  • 17. Parce que Bill Cunnigham les a tous photographiés
  • 24. Parce que New York n’aurait jamais rêvé construire un mur

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2014

2015 – Onzième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2014
Picture by Humza Deas

2014 – Dixième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2013

 

2013 – Neuvième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2011
Illustration Paul Sahre

2012 – Huitième édition

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New York Magazine – Reasons to love New York 2011
Photographie par Danny Kim

2011 – Septième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2010

2010 – Sixième édition

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New York Magazine – Reasons to love New York 2009 – Photographie par Mitchell Funk

2009 – Cinquième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2008 – Illustration Rodrigo Corral

2008 – Quatrième édition

 

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2007

2007 – Troisième édition

 

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New York Magazine – Reasons to love New York 2006

2006 – Deuxième édition

 

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2005 – Première édition

New York Magazine – Reasons to love New York 2005
  • Parce qu’on peut boire jusqu’à 4 heures du matin
  • Parce qu’on peut se faire livrer de la drogue directement chez nous
  • Parce qu’on peut pousser les touristes si on est retard au boulot
  • Parce que Tompkins Square abrite encore des junkies
  • Parce que « fuck » est intrinsèque à notre dialecte
  • Parce que tout le monde est gay
  • Parce que nos tabloïds sont considérés comme des journaux
  • Parce que Woody Allen est permis
  • Parce que si tu veux un chat, t’as qu’à aller au déli du coin pour en voler un.

 

 

« Le monde a peur de l’Amérique de Trump. C’est une bonne chose! »

L’élection de Donald Trump est considérée par beaucoup de Républicains comme un désaveu criant des Américains contre la politique étrangère de Barack Obama qui aurait affaibli et discrédité les Etats-Unis sur la scène internationale.

Dans une tribune publiée début décembre dans le New York Times, Mark Moyar, un historien de la guerre du Vietnam et directeur d’un think tank conservateur, The Foreign Policy Initiative se félicite de voir le monde trembler à nouveau devant l’Amérique de Donald Trump.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les relations internationales seraient dictées par la peur ou l’indifférence que suscite les Etats-Unis dans le monde et envers les autres pays. A chaque fois que l’Amérique est apparue inoffensive ou conciliante, elle l’a payé par un revers diplomatique ou l’agression d’une de ses zones d’influence.
L’historien donne plusieurs exemples:

  • En 1950, la Corée du Nord a envahi la Corée du Sud après que le président Truman (1945-53) ait décidé de retirer la Corée du Sud de son périmêtre de défense.
  • Lyndon B. Johnson (1963-69) a tenté d’éviter un guerre au Vietnam en attendant la même réaction du Nord-Vietnam qui a répondu en agressant le Sud du pays
  • La « timidité » du président Jimmy Carter (1977-81) aurait « précipité des nations dans le communisme » et la prise d’otage de l’ambassade américaine en Iran
  • « La passivité d’Obama devant les provocations et son incapacité à faire respecter « la ligne rouge » avec la Syrie [qui visait à prévenir l’utilisation d’armes chimiques sur les populations civiles et dont Assad s’est finalement servi pour tuer 1 500 personnes] ont mené la Russie, la Chine et d’autres adversaires à gagner du terrain aux dépens des Etats-Unis »

Au contraire, la « théorie du fou » développé par Nixon dans les années soixante-dix qui laissait croire aux chefs d’Etats étrangers qu’il était irrationnel et incontrôlable pour les dissuader de toute action contraire aux intérêts américains, a été efficace jusqu’au scanadale du Watergate.

« En 1980, comme en 2016, les Américains ont élu quelqu’un qui a été clair sur ses intentions d’effrayer les nations ennemies. Aujourd’hui même les Démocrates libéraux applaudissent Reagan pour avoir mis l’Union Soviétique à ses pieds [sic]. Pourtant, en 1980, les positions dures et nationalistes de Reagan sur la politique étrangère provoquait les mêmes condamnations de « belligérance » qui émanent des critiques éclairés un peu partout dans le monde à l’encontre de Trump.

Cette approche réaliste des relations internationales est partagée par de nombreux conservateurs, qui ont vivement critiqué ces dernières années l’attentisme, voire le désintérêt de l’Administration dans l’évolution géopolitique mondiale, et incapable de s’affirmer devant les « tough guys », Vladimir Poutine, Erdogan, ou récemment Duterte.

Pour ses défenseurs, Obama a réussi à faire économiser des milliards de dollars au Trésor américain et épargner les vies de milliers de soldats en refusant de s’engager dans des conflits majeurs à l’étranger; il a également redoré le blason des Etats-Unis sur la scène internationale, terni par huit ans de Bush Jr et ses slogans néo-conservateurs de « choc des civilisations » ou « d’axe du mal ». 

Pour Moyar, l’amour vache doit à l’avenir guider les Etats-Unis dans sa gestion des relations internationales et de l’ordre mondial:

En tant que pays le plus puissant au monde, et le seul dont le leadership peut sauver l’ordre mondial, les Etats-Unis doivent se soucier davantage du respect international qu’il inspire plutôt que de l’affection qu’il suscite auprès des élites  internationales. La future administration est obligée de retourner vers ce précepte après huit de sécheresse. Les Américains et leurs alliés devraient être soulagés. Les ennemis de l’Amérique ont le droit d’avoir peur.

Internationaliser la technique de bullying masteurisé par Donald Trump contre tous ses détracteurs ou critiques durant la campagne, et l’appliquer cette fois-ci à l’encontre des pays étranger et de leurs leaders, les effrayer pour mieux les contrôler, c’est une autre façon pour les Conservateurs américains « de redonner sa grandeur à l’Amérique ».

 

Quand les magazines fêtaient noël

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Il fut un temps où la période de noël était le prétexte à des couvertures provocatrices, drôles ou simplement belles dont nous vous offrons une sélection. 

 

Fortune magazine – 1937
 Joseph Binder, City of Stars

Fortune – 1937 Joseph Binder, City of Stars

 
Quick – 1952

Quick -1952

 

The New Yorker – 1960

The New Yorker – 1960

 

Esquire – 1963
L’une des couvertures les plus connues du magazine masculin lors de ses années de gloire. Le champion de boxe Sonny Liston imaginée par le légendaire George Lois

Esquire

 

The New Yorker – 1965

 

Evergreen – 1969
« La paix dans le monde et de la bienveillance envers les hommes (en uniforme) »
Evergreen est un magazine littéraire américain publié entre 1957 et 1973

Evergreen – 1969

 

Time – 1974
« Joyeuse Récession. Mais il y a quand même de bonnes nouvelles »


Esquire – 1974
En couverture, Rudolph Noureev et Rudolph « The Reindeer »

Esquire – Décembre 1974

 

Time – Décembre 1975

Time – Décembre 1975

 

Ms. magazine – Décembre 1975

Ms. magazine – décembre 1975


Jet – 1976
Marvin Gaye sur la couverture de noël du magazine Jet

Jet avec Marvin Gaye en 1975

 

Time – Décembre 1985

Time – Décembre 1985

The New Yorker – 1990

the New Yorker – 1990

 

Baltimore City Paper – 1999
Pour cette édition de noël signée Shepard Fairey sous la direction artistique de Joe Macleod, pas de logo sur la couverture, un simple message.

Baltimore City Paper

 

The New Yorker – 2008
Couverture façon Mondrian de Bob Staake intitulée

The New Yorker – 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Kiosque du 18-21 décembre 2016

 

« Last Men Standing »

San Francisco Chronicle – Edition du dimanche 18 décembre 2016

Une enquête émouvante dans l’édition dominicale du San Francisco Chronicle sur ces homosexuels contaminés par le virus du Sida et survivants d’une épidémie qui a décimé leur communauté dans les années 80 et 90. De cette condamnation à mort à laquelle ils ont échappé in extremis, ces hommes en ont gardé des séquelles psychologiques, physiques et matérielles qui les a longtemps empêcher de vivre, de se projeter dans l’avenir ou d’aimer tout simplement.

Tous ces hommes ont aujourd’hui entre 50 et 70 ans, délaissés par les pouvoir publics, isolés par la communauté,  ont du mal à se réinsérer dans la société.
La lutte contre le Sida passe désormais par la prévention et l’accès du plus grand nombre aux traitements médicaux qui permettent aux malades de vivre normalement et plus longtemps.
Les autorités se soucient moins des patients qui vivent depuis plus de trente ans avec la même maladie qui les a rendu incapable de travailler et  qui les a isolés du monde.

Le San Francisco Chronicle est parti à la rencontre d’une poignée d’entre eux – Ils seraient encore plusieurs milliers à San Francisco à avoir échappé à la mort – qui vivent souvent reclus, traumatisés par la perte d’un ou plusieurs conjoints, de dizaines d’amis, et dont la vie s’est arrêtée le jour où ils ont appris leur séropositivité.

Quand il a appris qu’il était infecté par le virus qui propage le SIDA il y a plus de trente ans, Peter était sûr que sa vie était foutue. Depuis, il n’a pas seulement perdu son amant et ses amis, mais ses sources de revenus, sa communauté, sa maison

Un documentaire, « Last Men Standing » a également été réalisé par le quotidien et ses journalistes et dont voici la bande-annonce.

 

Flint, le cauchemar continue

 

Sunday Free Press – Edition du 18 décembre 2016

Les familles de Flint ont appris la semaine dernière que la proportion d’enfants et de nourrissons contaminés au plomb a doublé depuis que la ville a changé sa source d’approvisionnement en eau potable en 2014.
Près de dix mille enfants pourraient être touchés.

L’intoxication au plomb peut limiter le développement cognitif de l’enfant – difficultés à apprendre ou à se sociabiliser – et de manière irréversible.

La semaine dernière, la maire de Flint, Karen Waever, a déclaré à nouveau l’état d’urgence et demandé l’aide du gouvernement fédéral pour parer aux éventuels problèmes qu’auront à faire face ces enfants dans le système éducatif et le remboursement des soins médicaux.
La ville, placée sous la tutelle d’un « organisme d’urgence » depuis sa faillite en 2011, a décidé en 2014 de suspendre l’achat d’eau potable à la ville de Detroit pour traiter directement l’eau de la rivière Flint – et faire économiser cinq millions de dollars à la ville.
Mais les canalisations érodées et chargées en plomb d’un système d’épuration obsolète ont contaminé l’eau d’une centaine de milliers d’habitants.

Pendant deux ans, et malgré les plaintes de la population, la mairie et le gouverneur de l’Etat ont continué d’affirmer que l’eau ne présentait aucun danger, tout en déconseillant aux enfants et personnes âgées de la boire.
Malgré l’état d’urgence signalé par le gouverneur puis le président Obama en janvier 2016, la ville a pu retournée s’approvisionner par la ville de Détroit le mois dernier seulement. Pendant presque un an, la population a utiliser des bouteilles d’eau minérales fournies par les autorités pour les besoins alimentaires et quotidiens.

Entre temps, Flint a reçu des millions de dollars du Michigan pour rénover le système d’épuration de la ville, rembourser les soins de santé et dédommager la population. 

 

OxyContin veut rendre accro le monde entier

The Los Angeles Times – Edition du 18 décembre 2016

OxyContin, introduit comme un produit miracle anti-douleur, sur le marché américain en 1996 est à l’origine d’une épidémie d’opiacés qui ravage le pays depuis une dizaine d’années.
Purdue Pharma qui produit l’Oxycontin a depuis été obligée de reconnaitre le caractère très addictif de ses pilules et condamnée à payer 635 millions de dollars pour avoir menti sur les dangers de ses produits.
Des campagnes de prévention contre ce genre d’opiacés mises en place partout dans le pays et un contrôle renforcé des prescriptions a entraîné une baisse des ventes de 40% depuis 2010.

Et pour compenser cette perte de milliards de dollars enregistrée sur le sol américain, la famille Slacker, propriétaire de la compagnie pharmaceutique a prévu d’exporter son produit partout dans le monde rapporte le Los Angeles Times.

Un réseau international de compagnies détenues par la famille arrive rapidement en Amérique Latine, en Asie, au Moyen Orient, en Afrique, et d’autres régions, et pousse élargir l’utilisation d’anti-douleurs dans des endroits qui ne sont pas préparés aux ravages des abus d’opiacés et à sa dépendance.

La compagnie utilise les mêmes méthodes marketing très agressives qu’elle avait utilisée aux Etats-Unis pour promouvoir l’Oxycontin tout en sachant les effets catastrophiques qu’ils peuvent avoir sur la population: Séminaires de formation des médecins « pour les pousser à dépasser « l’opiophobie » et les encourager à prescrire des anti-douleurs, des prix réduits pour les patients et campagnes de publicité nationales.

L’enquête du quotidien s’intéresse aux différentes stratégiques utilisées sur les continents par Purdue Pharma pour imposer ses produits narcotiques à la grande consommation en minimisant les risques liés à sa consommation.

Le Kiosque du samedi 17 décembre 2016

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Un boycott qui tombe à l’eau

Star Tribune – Edition du vendredi 16 décembre 2016

L’équipe de football (américain) de l’université du Minnesota a menacé de boycotter cette semaine le dernier match de l’année, le « Holiday Bowl », pour protester contre la suspension de dix de ses joueurs accusés d’agressions sexuelles – une sorte de tradition désormais dans ce sport, et à tous les niveaux, du lycée en passant par l’université jusqu’à la NFL.

Les joueurs-étudiants exigeaient la réintégration immédiate de leurs collègues, des excuses du président de l’Université et de celui du département d’Athletics et qu’ils « soient tenus responsables de leurs actions ».
L’affaire fait écho à des dizaines d’autres cas d’agressions sexuelles commis par des joueurs de football et autres athlètes dans les campus américains cette année.
Aucun des dix joueurs n’a été inculpé mais « la loi fédérale oblige les universités à enquêter sur des allégations d’agression sexuelle » et l’établissement est resté sur sa position, en expliquant à ses athlètes qu’elle ne changera « ni ses valeurs, ni son code de conduite » pour « le bien d’un match de football ».

Devant ce refus catégorique, le reste de l’équipe a décidé de mettre fin ce matin au boycott et a repris l’entrainement pour participer le 27 décembre au HolidayBowl à San Diego.
Dans une déclaration commune, elle a condamné toute forme de violence à l’égard des femmes, souhaité un bon rétablissement à la victime et expliqué que leur intention était avant tout de défendre leurs copains et de s’assurer qu’ils soient traités justement ».

Une femme affirme avoir été agressée sexuellement au début du mois de septembre par plusieurs « Golden Gophers » de l’équipe de football.
« Elle a dit que les contacts sexuels qu’elle a eu avec deux joueurs étaient consensuels mais pas avec quatre » affirme le rapport de police. Selon le Star Tribune, « plusieurs joueurs ont dit aux autorités que c’était consensuel, et selon un enquêteur qui a regardé la vidéo qu'[un des joueurs] a pris de l’incident, elle n’a pas l’air d’être de refuser le rapport sexuel et rien n’indique qu’elle veut arrêter, et tout ce la apparaît bien consensuel ».

L’entraineur de l’équipe, qui avait pris fait et cause pour ses joueurs, déclarait dans un tweet jeudi soir « respecter leurs droits et supporter leurs efforts pour rendre le monde meilleur [sic]. »

 

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Arrêtée pour vol à 86 ans

The Life and Crimes of Doris Payne

Doris Payne, 86 ans a été arrêtée par la police de Dunwoody, une riche banlieue d’Atlanta, après avoir essayé de voler un diamant d’une valeur de deux mille dollars.
Rien d’exceptionnel si ce n’est l’âge avancé de l’accusée.
Mais lorsque les autorités se sont renseignées sur d’éventuels antécédents, elles n’ont pas été déçues puisque Mme Payne est une « légende internationale » dans le milieu du crime et a même fait l’objet d’un documentaire, « The Life and Crimes of Doris Payne » réalisé en 2013.

Sa spécialité? Les vols de bijoux.
Et partout dans le monde: Los Angeles, Miami, New York, Paris, Monaco, Tokyo. « Il n’y a pas un jour où [elle n’a] pas réussi [à] voler ce [qu’elle veux] » a-t-elle affirmé pour un butin total estimé à 2 millions de dollars sur une carrière de plus de soixante-dix ans.

Elle a régulièrement été arrêtée, a passé plusieurs années en prison, sortie prématurement pour bonne conduite, avant de retourner vers son hobby. Même si elle est toujours fichée par la Jewelers Security Alliance, une association américaine qui travaille l’industrie de la joaillerie en les aidant à coincer les criminels, elle n’a jamais eu de mal à continuer à voler.
Elle sera présentée devant le juge lundi.

 

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Les enfants de la crise des opiacés

The Star Ledger – Edition du jeudi 15 décembre 2016

Le Star Ledger, premier quotidien du New Jersey consacrait sa couverture cette semaine à la crise des opiacés qui en train de ravager le pays et d’entraîner une recrudescence d’overdoses. Dans cet Etat, on a recensé 1,587 overdoses en 2015 (21% de plus qu’en 2014) dont 918 causées par l’héroïne – le chiffre le plus élevé jamais enregistré – et 417 liées à l’usage de fentanyl, une drogue encore plus puissante.
C’est sans compter le recours à Narcan, ce produit importé d’Irlande, qui agit comme une antidote instannée à l’overdose, qui a été utilisé plus 18 000 fois par les secours ces deux dernières années.

Le Wall Street Journal a publié une longue enquête sur ces milliers enfants en bas âge qui ont perdu leurs parents et se retrouvent placés soit dans la famille proche soit dans des familles d’accueil.
Dans le Vermont, le nombre d’enfants placés sous le système de protection de l’enfance a augmenté de 40% entre 2013 et 2016; le nombre d’enfants qui grandissent dans des foyers a augmenté de 24% entre 2012 et 2016 en Virgine Occidentale.
Une grande partie de ces enfants souffriront toute leur vie des traumatismes causés par la mort de leur parents, l’addiction et les abus dont ils ont été témoins et parfois victimes.

 

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Les abonnements de Vanity Fair qui s’envolent

Le magazine a publié une très mauvaise critique du Trump Grill, le steak house à l’intérieur de la Trump Tower et poussé l’insulte jusqu’à le qualifier d’un « des pires restaurants des Etats-Unis » provoquant l’ire de son propriétaire, le président-élu.
Comme d’habitude, ce dernier est allé sur Twitter pour insulter le rédacteur en chef du magazine Graydon Carter et critiques les « mauvais chiffres » du magazine, qui aurait « des gros problèmes » et serait proche de la « mort ».

Non seulement, Donald Trump a fait de la pub à Vanity Fair, mais il a rapporté beaucoup d’argent à Condé Nast, la compagnie propriétaire du magazine qui annoncé 13 000 nouveaux abonnés en vingt-quatre heures, « le plus important nombre d’abonnements jamais vendu en une journée ».
Selon Poynter, la critique gastronomique a été lue par plus d’un million d’internautes. 
Le New York Times a également vu ses abonnements augmenter après les élections et les attaques répétés de Trump.

« La guerre de noël »: Merry Christmas ou Happy Holidays?

Chaque année aux Etats-Unis, les célébrations de noël donnent lieu à la même polémique construite de toutes pièces par les Conservateurs qui accusent les « progressistes laïcs » de menacer la tradition chrétienne.
Au centre de la discorde, les partisans de « Joyeux Noël » menacent de boycott les enseignes et grands magasins qui lui préfèrent le terme plus neutre de « joyeuses fêtes ». 

Retour sur cette discorde qui a trouvé un allié de choix cette saison avec le président-élu, Donald Trump.

 

Bill O’Reilly et Fox déclarent la guerre aux « joyeuses fêtes »

A New York, au mois de décembre, il est rare de trouver une vitrine sans père noël, guirlande ou un magasin sans une odeur bougie à vanille qui ne passe en boucle des « Christmas carols »: Noël, c’est la fête commerciale de l’année avec des décorations et des célébrations jusqu’à l’écoeurement.
Mais pour certains cette mise-en scène n’est pas suffisante.

En 2004 un reportage intitulé « Noël Assiégé » dans l’émission « The O’Reilly Factor » sur Fox News accuse les établissements publics, la grande distribution et publicitaires de vouloir « laïciser » la fête chrétienne au nom du « politiquement correct » imposée par une société de plus en plus diversifiée et multiculturelle.
A l’époque, Fox News est devenue la chaîne d’infos la plus regardée du pays, l’antenne officielle du gouvernement Bush, et beaucoup d’Américains croient à leurs propos comme parole d’évangile.
Certains magasins et grandes surfaces du pays ont effectivement demandé à leurs employés d’utiliser « joyeuses fêtes » avec leurs clients plutôt que « joyeux noël » et le maire de New York, Michael Bloomberg, à parler des « sapin de fêtes » plutôt que de « sapin de noël » – au delà cela, rien d’anormal.

 

Le catalogue de la chaine de grandes surfaces Lowe qui parle de « family tree » plutôt que « christmas tree »


Pour O’Reilly, l’un des champions de cette polémique, « la guerre de noël » est une menace contre la tradition et la foi chrétienne partagée par une grande partie des Américains, dans un climat post-11 Septembre encore très sensible: 

« Les progressifs laïcs réalisent que l’Amérique d’aujourd’hui n’approuvera jamais le mariage gay, l’avortement partiel, l’euthanasie, la légalisation des drogues, la redistribution des revenus à travers l’impôt et d’autres approches progressives à cause l’opposition religieuse

L’American Family Association, considérée comme homophobe par le Southern Poverty Law Center, créé une liste annuelle des magasins considérés comme « naughty or nice » (« méchants ou gentils ») suivant l’effort qu’ils font pour célébrer « l’esprit » de noël. Une année, les centres commerciaux Lowe ont reçu une « Action Alert » par l’association pour s’être référés à « des arbres de famille » plutôt des « arbres de Noël » dans leurs catalogues – ils ont se sont excusés publiquement auprès de leurs clients.

La liste de l’American Family Association « naughty-or-nice » des magasins

 

D’une « guerre des cultures » à une farce télévisée

A partir de 2005, la polémique autour de « la guerre de noël » est devenue une « farce annuelle » entre programmes télé conservateurs et progressistes, un « moyen pour les producteurs de remplir les plages télés durant les vacances de fin d’année » et un moyen pour les associations religieux et familiales de se faire un peu de publicité.

La guerre de Noël est symbiotique, elle produit beaucoup d’effets sur les parts d’audience et sur le trafic sur internet: Les libéraux moquent les conservateurs et les Conservateurs se défendent d’être ridicules et de ne pas reconnaître la réalité de cette « guerre de noël ».

Une polémique qui a tourné en rond jusqu’à la fin des années 2000, quand les médias et le public ont commencé à s’en lasser, que Barack Obama est arrivé au pouvoir et a donné aux Conservateurs des soucis bien plus importants que cette guerre des symboles.

 

Mais rebelote l’année dernière quand Starbucks, la compagnie libérale de Seattle, cauchemar progressiste des Républicains, aurait relancé la guerre de noël en décidant de changer le motif de ses gobelets en papier « spécial fêtes ».

Gobelets de noël 2016 chez Starbucks

En 2015, le géant du café à emporter a décidé de remplacer les thèmes de noël sur fond rouge qui animaient les fins d’années depuis 1997 par un simple fond rouge avec l’emblème de la sirène.
Une décision qui a provoqué un tollé dans l’ensemble du pays, que certains ont vu comme un nouvel assaut contre la magie de noël, et une polémique à laquelle le président-élu ne pouvait se retenir de participer en appelant au boycott de la compagnie.

Impossible de savoir quelles ont été les retombées économiques de cette controverse mais cette année, Starbucks est revenu à des motifs traditionnels, treize différents qui ont été réalisés par des clients et amateurs de café.

Les très controversées gobelets de noël – version 2015

 

Bill O’Reilly: « On a gagné la guerre de noël »

Cette année, Jon Stewart n’est plus là pour « jouer l’ennemi » de O’Reilly et ce dernier a déclaré cette semaine, toujours sur Fox News, que « La guerre de noël avait été remportée par ‘les bons’ mais qu’il restait tout de même des insurgés »: la plupart des compagnies qui ont fait preuve de « non sens » dans le passé, dont Starbucks et Lowe, sont finalement rentrées dans le rang.

Il était satisfait de voir que Donald Trump « est lui aussi sur le coup ».
Lors d’un meeting de la tournée « USA Thank you Tour » dans le Michigan la semaine dernière, le président a promis à des supporters très enthousiastes qu’on allait « recommencer à dire joyeux noël ».
Il a prévenu que « ces magasins qui ont des cloches, des murs rouges, de la neige mais pas d’insignes ‘joyeux noël’ allaient s’y remettre rapidement » avant que O’Reilly rajoute avec humour, « ou ils seront déportés ». On a du mal à rire.

Noël reste le jour férié  (« federal holiday ») le plus suivi aux Etats-Unis puisque 90% des Américains le fêtent et y compris 80% des non religieux. La moitié de la population considère toujours cette fête comme religieuse tandis qu’un tiers seulement la voit comme une fête culturelle.

Il n’y a jamais vraiment eu de « guerre de noël » mais plus une paranoïa des Conservateurs et religieux du pays contre une société de plus en plus laïque et multiculturelle – Sauf peut-être pour cet écureuil de Seattle qui a volé toutes les lampes d’un sapin de noël, 150 au total, en espace de 24 heures, et d’autres rôdeurs ont attaqué les illuminations d’un des grands sapins de la ville de Boston – et la ville de Toronto est également victime des assauts répétés d’écureuils sur les décorations.