Les unes – mardi 31 janvier

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  • Encore un nouveau coup d’éclat volontaire de Trump qui a viré hier manu militari la ministre intérimaire de la Justice, Sally Yates après qu’elle ait ordonné à son Département de ne pas appliquer le décret qui interdit l’accueil des réfugiés et citoyens de sept pays musulmans pour une période de trois mois sur le territoire américain.
  • Le renvoi de Sally Yates a renforcé la détermination des Démocrates à stopper la nomination du dernier juge de la Cour Suprême, qui sera annoncé par Donald Trump aujourd’hui
  • La tactique de Trump clairement vise à renforcer les divisions entre ses électeurs et ses détracteurs, et plus il ira loin dans l’application de mesures polémiques, plus il aura le soutien de ses « déplorables » et l’opposition plus importante de ses critiques.
  • Le Los Angeles Times rapporte l’espoir que suscite la première semaine de Donald Trump chez beaucoup d’habitants de l’Etat voisin, l’Arizona, plutôt conservateur, qui partage ses frontières méridionale avec le Mexique. Là bas, les gens attendent encore davantage du nouveau président
  • Les Boy Scouts Américains ont annoncé lundi qu’ils accepteraient des membres « basés sur le genre mentionné sur leur demande d’application » et accepteront donc des garçons transgenres dans leur rang. Une décision qui est la bienvenue dans ces temps très moroses d’exclusion et d’intolérance. (Dallas Morning News)

Mardi 31 janvier 2017: President Steve Bannon?

  • Sally Yates, ministre de la Justice intérimaire, a été virée hier soir par Donald Trump, après avoir ordonnée à son département, les tribunaux, juges et avocats représentants le gouvernement américain, de ne pas appliquer le décret de Donald Trump concernant la détention et déportation des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans. « Je ne suis pas convaincue que la défense du décret avec les responsabilités [du ministère de la justice], ni de la légalité de ce décret ».
    Sally Yates, nommée en 2015, assumait temporairement ses fonctions à la tête du département de Justice en attendant la confirmation par le Sénat de Jeff Sessions, choisi par Donald Trump. Elle a été remplacée par Dana Boente qui a expressément demandé lundi soir l’application de la « MuslimBan » par le département de Justice.
  • L’article du New York Times, intitulé « Président Steve Bannon? »
    Illustration by Selman Design; Photos by Damon Winter/The New York Times

    résume la situation actuelle de la présidence et du rapport d’influence autour de Donald Trump, sous la coupe de l’ancien directeur de Breitbart News
    « C’est comme si Barack Obama avait fait du rédacteur en chef de Buzzfeed News, son principal conseiller et lui avait donné une place plus importante que les principaux généraux et président des agences gouvernementales au Conseil National de Sécurité du pays » résumait hier un commentateur politique de « The 11th Hour » sur MSNBC
    Une crise gouvernementale inutile mais volontairement provoquée par Bannon qui entend « détruire l’establishment » comme il l’avait affirmé au Daily Beast en 2013.

  • Selon Axios, les conseillers les plus influents du président, Steve Bannon et Stephen Miller sont ravis de cette première semaine, des quinze décrets signés par Donald Trump et de l’application rapide et efficace la #MuslimBan. Les manifestations seraient un signe de réussite, les critiques de la désinformation des médias, qualifiés de nouveau « parti d’opposition » et n’ont que faire de celles des Républicains « qu’ils n’aiment pas et n’aimeront jamais ».
  • Les deux seuls sénateurs républicains les plus critiques envers la « MuslimBan », John McCain et Lindsey Graham, capables de faire vaciller la majorité républicaine du Sénat, forte de 52 Républicains, 48 Démocrates (dont deux Indépendants) représentent aujourd’hui la principale opposition au président au sein de la majorité.
  • Les décrets du président seraient décidés par un cercle très restreint, obsédé par d’éventuelles fuites, indépendamment des conseils de son cabinet » et en consultant s’ils le jugent nécessaires les leaders du Congrès, Paul Ryan et Mitch McConnell. 
  • Dans sa conférence de presse hebdomadaire, le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a suggéré à la centaine de diplomates américains qui s’opposent à la Muslim Ban de se soumettre au décret ou de démissionner, au nom de la « sécurité de l’Amérique ».
    Diplomates et membres consulaires utilisent depuis 1983 un réseau qui leur est réservé, appelé « dissent channel » dans lequel ils peuvent exprimer leurs opinions ou conseils en opposition, ou non, avec la position de la Maison Blanche et sans risques de représailles.
    Sean Spicer ne connaissait peut-être pas son existence.
    Ils sont soixante dix mille Américains à travers le monde à avoir prêté serment de ne servir aucun parti, ni président mais le pays, et sont inquiets aujourd’hui des menaces de la Maison Blanche.
  • La veille, c’était au tour de Kellyanne Conway de demander le renvoi des tous les journalistes qui s’en sont pris à Donald Trump durant la campagne, et continuent d’essayer de saper sa présidence, sur Fox News, dans l’émission de Chris Wallace, visiblement surpris par ces déclarations:
    « Je suis allée sur trois chaînes différentes dimanche [dernier] et j’ai parlé pendant trente-cinq minutes. Et vous savez qu’est-ce qu’ils ont retenu? Le fait que j’ai utilisé le terme de « faits alternatifs »…et pas que je m’en sois pris à l’un des présentateurs pour lui dire qu’il ne couvrait pas les faits qui étaient importants. »
  • L’Association de Défense des Libertés Civiles, ACLU, aurait récoltée ce weekend 356 300 donations en ligne totalisant 24 millions de dollars après avoir réussi à obtenir l’interdiction de la déportation d’immigrés par un juge de Brooklyn samedi soir.
    Ils récoltent généralement quatre millions de dollars par an.
  • Les P.-D.G.s de l’industrie tech ont bien raison d’être inquiets des dernières mesures anti-immigration du président dont ils devraient être la prochaine cible. Le risque imminent concerne la restriction du programme de visas professionnels, H-1B, qui leur permet de recruter chaque année des dizaine de milliers d’ingénieurs venus du monde entier pour satisfaire une demande d’emplois qui ne désemplie pas. Donald Trump dans son programme « America First » veut donner la priorité aux travailleurs américains, et si appliqué, le décret présidentiel donnerait la priorité aux salaires les plus élevés. Une réforme qui obligerait des compagnies comme Microsoft, Apple ou Amazon a repensé les modalités de recrutement de leur main d’oeuvre et de ses compétences selon Bloomberg Businessweek.
  • Samantha Bee organisera un « évènement alternatif » en marge du diner de la White House Correspondents Association, celui au cours duquel l’ancien président Obama avait humilié l’actuel président Donald Trump en 2011, et qui, selon certains journalistes, l’aurait poussé à poursuive une carrière politique.

    Aucun doute que Bee, la comédienne la plus drôle de la télé américaine en ce moment, réussisse ce « counter-event » pour proprement « griller » le président. Elle pourrait attirer une foule de comédiens et journalistes tant les rapports de ces derniers avec l’administration sont tendus.
    Donald Trump pourrait également décider de ne pas assister au (vrai) gala, lui qui a refusé d’assister à celui du Alfalfa Club le week end dernier pour rester travailler à la Maison Blanche avec son acolyte, Steve Bannon.
  • Donald Trump annoncera demain son choix concernant le neuvième et dernier juge de la Cour Suprême des Etats-Unis. Trois prétendants ont été identifiés et tous seraient défavorables à l’avortement. Les sénateurs démocrates ont déjà annoncé qu’ils utiliseraient l’obstruction parlementaire pour empêcher sa nomination, en rappelant à leurs adversaires qu’ils n’ont pas pas même considéré le choix d’Obama, Merrick Garland, l’année dernière. Le leader de la majorité républicain au Sénat, Mitch McConnell a répondu que les choix des présidents Clinton, Ruth Bader et Stephen Breyer, avaient été acceptés comme ceux de Barack Obama, Sonia Sotomayor et Elena Kagan.
  • Les frères Koch, financiers du parti républicain qui sert leurs intérêts depuis des décennies, pourraient bien en résistance, via le « Koch Network » si l’administration Trump décidait d’aller à l’encontre de leurs positions « libertariennes » et venait à taxer les échanges avec l’extérieur. Le réseau de deux frères milliardaires est très puissant, riche et organisé par des activistes qui sont influents au sein chez électeurs républicains. Ils pourraient bien faire pression sur les parlementaires aux prochaines élections de mi-mandat en 2018 si Trump continuait sa politique de « nationalisme économique », et pour lesquelles ils ont prévu de dépenser entre 300 et 400 millions de dollars.

Les unes – 30 janvier 2017

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  • La plupart des quotidiens reviennent sur le chaos provoqué le manque d’expérience de la Maison Blanche qui a signé décret, sous l’autorité d’un jeune conseiller de 32 ans, Stephen Miller, en évitant de soumettre et coordonner son application avec les autres agences gouvernementales, à l’origine de l’imbroglio politique et juridique dans les aéroports.
    Tous les aéroports internationaux des Etats-Unis ont fait l’objet de manifestations sans précédents, à Indianapolis (Indiana), à Atlanta (Géorgie), Miami (Floride), Baltimore (Maryland), Boston (Massachusetts), Détroit (Michigan), les Twin Cities (Minnesota), Saint Louis (Missouri),  Newark (New Jersey), Cleveland (Ohio), Washington (D.C.), Portland (Oregon), Philadelphie (Pennsylvanie), Dallas et Houston (Texas), Seattle (Washington), …
    Des immigrés et réfugiés étaient encore détenus ce weekend dans les aéroports de Chicago (O’Hare International Airport) mais tous auraient été libérés ce matin.
  • Trump continue à dire qu’il ne s’agit pas d’une « MuslimBan » et s’est justifié de l’effet de surprise en voulant éviter que les « bad dudes » se précipitent dans le pays.
  • L’une des conséquences positives de la Marche des femmes, qui a eu lieu il y a dix jours à Washington et dans le reste du pays, plusieurs d’entre elles penseraient désormais à se présenter aux élections locales selon le Denver Post

« Muslim Ban »: Influence, inexpérience et imbroglio à la Maison Blanche

Le chaos provoqué par la « Muslim Ban«  est la preuve de son succès.
Ce sont les propos de Stephen Miller, 32 ans, l’auteur de la « Muslim Ban », conseiller du président et proche de Steve Bannon, qui a provoqué une crise à Washington et des manifestations dans tout le pays, la détention de centaines d’immigrés, après avoir passé agit seul, indépendamment du contrôle et des conseils toutes les agences gouvernementales concernées.

  • Contrairement aux informations qui circulaient dimanche concernant le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement du président, le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, dont l’influence est critique dans le domaine des Affaires Etrangères, Trump a décidé de garder le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford et rajouté un siège pour son conseiller le plus proche, Steve Bannon. 
  • On l’a appris sur l’émission politique de MSNBC, Morning Joe ce matin, la décision d’interdire l’entrée des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans aux Etats-Unis, « la Muslim Ban », a été prise en petit comité vendredi à la Maison Blanche sous l’autorité de Stephen Miller, 32 ans, engagé par son ami et mentor, Steve Bannon, le conseiller le plus influent du président.
    Le Conseil National de Sécurité n’en n’a pas été informé.
  • Joe Scarborough, l’un des co-présentateurs, s’est entretenu avec Donald Trump, ses conseillers et les anciens de Barack Obama, ce weekend:

    Stephen était vendredi à la Maison Blanche [pour discuter de la « Muslim Ban »] et aurait refusé d’aller consulter les autres agences fédérales ou des avocats, et a voulu faire cela tout seul (…)
    Tu as une très jeune personne à la Maison Blanche assoiffée de pouvoir qui pense pouvoir écrire un décret présidentiel et aller dire à toutes les autres agences gouvernementales d’aller au diable.
    Washington est horrifié ce matin de savoir que Stephen Miller était prêt à agir en dehors du processus de coopération des agences.

    L’essentiel à retenir de toutes les discussions vient du comité charge des Affaires Etrangères qui espère que la jeune équipe de la Maison Blanche s’est bien amusée en essayant de faire des politiques dans leur coin sans les prévenir parce que cela n’arrivera plus jamais.
    La chaîne [de commande] se resserre rapidement (…)

Donald Trump n’aurait pas reconnu au téléphone avoir fait une erreur, mais tous ses conseillers reconnaissent que l’opération s’est très mal passée, au niveau du manque de communication et d’explication avec les médias, et surtout sans aucun contrôle des agences gouvernementales.

L’une des premières erreurs de Donald Trump, inexpérimenté en politique qui pense qu’il peut mettre en place une promesse de campagne sans consulter l’appareil gouvernemental.

Stephen Miller s’est défendu ce matin sur CBS d’avoir mis en place « quelque chose de très réussi qui défit la vieille orthodoxie », s’est félicité de la mise en place « efficace » du décret et a remercié « au nom de la Maison Blanche, les agents des douanes qui ont appliqué la loi. »

L’influence d’un jeune conseiller dans les plus hautes sphères du pouvoir qui a été capable de faire passer une loi aussi importante sans passer par les agences de contrôle montre son inexpérience, et celle du président, et l’influence dont fait l’objet aujourd’hui le Commander-in-Chief, de la part de Steve Bannon, et sa dangerosité.

 

 

 

 

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous

Les unes – 29 janvier 2017

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  • La décision d’un juge de Brooklyn d’interdire la détention et la déportation de deux immigrés irakiens rentrés légalement sur le territoire américain a rassuré une partie de la population effrayée par la première semaine du nouveau président qui a démarré en fanfare avec quinze décrets présidentiels.
    Celui signé vendredi à la va-vite, la « MuslimBan » a volontairement pris de court les immigrés de sept pays musulmans, installés aux Etats-Unis pour leur travail, leurs études, leur carrière professionnelle: Des étudiants, des employés, des sportifs de haut niveau, des scientifiques et même un réalisateur iranien, Asghar Farhadi, qui n’aura pas la chance de participer à la cérémonie des Oscars qui ont été débarqués des avions qui les ramenaient sur le sol américain.
  • Comme le note le Los Angeles Times, « le président Trump a rempli sa première semaine de décrets qui ont fait la une des journaux conformément à ses promesses de campagne. Mais tous les décrets ne sont pas appliqués de la même façon. Certains agissent comme une loi immédiatement. D’autres demandent le financement du Congrès pour être mis en place et d’autres s’apparentent à une performance théâtral typique des débuts de présidence » 
  • Conséquences de la crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis: De nombreux Mexicains habitant la province de Sorona, située à la frontière de l’Arizona, et qu’ils traversent fréquemment pour faire leurs courses, ont décidé de boycotté les produits américains et d’acheter désormais chez eux. Un manque à gagner important pour les villes et commerces frontaliers estimé à un milliard de dollars selon le Arizona Daily Star.
  • L’Etat de Pennsylvanie a enregistré neuf cent morts par overdose en 2016, trois fois plus que le nombre d’homicides sur la même année, et 30% de plus qu’en 2015 avec un record de neufs décès en 36 heures début décembre. Une épidémie renforcée par l’utilisation de Fentanyl, une drogue synthétique extrêmement puissante, qui est mélangée avec l’héroine, pour plus d’effets et plus de victimes. 

Les unes – 28 janvier 2017

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  • C’était la 44ème « Marche pour la Vie » à Washington, vendredi, au cours de laquelle sont intervenus, à la demande du président, le vice président Mike Pence, connu pour ses positions anti-avortement et une première dans l’histoire de ce rassemblement, et Kellyanne Conway devant une foule de dizaines de milliers d’Américains qui avaient toutes les raisons de se réjouir de la Nouvelle Administration.
    Le VP, un catholique évangéliste, a affirmé que la « vie l’emportait désormais aux Etats-Unis » et a même parlé de « célébration du progrès » malgré l’opinion de la majorité de la population (57%) qui est favorable aujourd’hui à l’avortement.
  • Les autres unes étaient consacrées à la mesure qui a choqué une grande partie de l’Amérique et du monde, ravi les « déplorables », Paul Ryan et Mitch McConnell, respectivement porte parole de la Chambre des Réprésentants et de la majorité au Sénat.
    Le plus grand changement en terme de politique d’immigration depuis 1970.
  • Il y avait aussi cette première rencontre entre Theresa May et Donald Trump, qui n’ont pas cessé de se dire qu’ils s’appréciaient, qu’ils s’adoraient, et qu’ils allaient une alliance formidable durant leur conférence de presse.
  • Un seul maire, celui de Miami-Dade, se soumettra désormais au décret imposé par le président qui donne aux forces de l’ordre locales la responsabilité d’appliquer les lois fédérales en termes d’immigration. Carlos Gimenez s’est engagé à incarcérer les immigrés sans-papiers avant de préciser qu’il appliquerait la loi pour les criminels uniquement.

Le kiosque du dimanche 29 janvier 2017

  • Un juge fédéral de Brooklyn a bloqué hier la détention et déportation de deux immigrés irakiens touchés par le décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain de personnes issues de sept pays musulmans grâce à l’action rapide des avocats de l’organisation ACLU, The American Civil Liberties Union. Cette association mène la résistance contre Donald Trump et a remporté une première victoire décisive hier au nom les droits des immigrés, des réfugiés, et la défense des valeurs de la Constitution Américaine.

  • On en parle beaucoup cette semaine dans le Kiosque parce qu’il est le bras droit du président, c’est un nationaliste d’extrême droite que Bloomberg Businessweek a qualifié à l’automne 2015 d’homme politique « le plus dangereux des Etats-Unis: Steve Bannon.
    Il a écrit le discours inaugural de Donald Trump qui répète à maintes reprises « America First » conformément au concept « nationalisme économique » qu’il défend, et la plupart des décrets présidentiels; il aurait initié une approche agressive avec la Chine, le Mexique et les médias, qu’il déteste par dessus tout et considère désormais comme le parti d’opposition. / Axios
    On vous conseille l’un de ses rares discours prononcés en 2014 proposé par Buzzfeed News.
  • Ce dernier déclarait jeudi au New York Times que la presse américaine était le nouveau parti d’opposition: les mêmes propos ont été répétés par le président à une chaîne de télé vendredi, preuve de l’immense influence de Bannon sur Trump, la Maison Blanche et le reste du pays.
  • Les Républicains, tous opposés au Mur de Donald Trump pendant la campagne électorale se sont tous ralliés à la cause et seraient prêts à dépenser quinze milliards de dollars à le construire. Paul Ryan, porte-parole de Chambre des Représentant et son homologue du Sénat, McConnell affirment vouloir appliquer la loi dite du « Secure Fence Act » voté en 2006 qui prévoyait 700 miles de « barrière physique » entre le Mexique et les Etats-Unis, et jamais construite.
    Comme le signale Bloomberg Businessweek, « on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le mur, comment il sera financé, combien cela coûtera, et combien de temps prendra sa construction »… Mais le monde entier est au courant qu’il y aura bientôt un mur.
  • Pour obliger le Mexique à rembourser la construction du mur estimée à 15 milliards de dollars selon le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, Donald Trump a lancé l’idée d’une taxe sur tous les produits importés du Mexique – qui reviendrait à faire payer les consommateurs américains – avant que le porte parole de la Maison Blanche, Sean spicer ne rétracte les propos du président.
    Le total des produits frais et boissons importés du Mexique en 2016 est estimé à 21 milliards de dollars selon Bloomberg avec une majorité de fruits et légumes, bières et vins.
    Les internautes américains partageaient leur appréhension (#muchosad) hier sur les réseaux sociaux à l’idée d’une augmentation des avocats (et du guacamole), des bières et de la téquila, indispensables pour une soirée réussie aux Etats-Unis.
    En comparaison, le Mexique n’importe que 17,7 milliards de dollars de produits et boissons venants des Etats-Unis
  • Pas très content le Wall Street Journal de ce début de crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis, étant donné les enjeux commerciaux et économiques entre les deux pays. L’éditorial du quotidien économique parle de la « petite guerre mexicaine de Donald Trump » et compare son attitude envers le Mexique avec celle « d’Obama envers Israël ».
  • La conférence de presse entre Theresa May et Donald Trump a permis aux journalistes anglais de poser les questions qui fachent au président américain, contrairement à leurs confrères Outre Atlantique qui sont depuis lundi soigneusement évités par Trump et le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Résultat?
    La première question généralement accordée à l’Associated Press, a été offerte dans la briefing room de la Maison Blanche à Lifezette, un site « culturel et politique » créé en 2015 par l’animatrice radio et intervenante sur Fox News, Laura Ingraham, et qui a diffusé des fakes news durant la campagne présidentielle sur Hillary Clinton, aujourd’hui disparues du site.
    Lundi, c’était le New York Post, le tabloid new yorkais
  • Toutes sortes de marche sont prévues dans les semaines et mois qui viennent à New York et dans le reste du pays. Une a lieu cet après midi à Battery Park dans le sud de Manhattan contre la politique anti-immigration de Donald Trump. Un « tax March » est prévue le 15 avril; une Marche des Immigrants est organisée à Washington samedi 6 mai. On vous tiendra bien entendu au courant.
  • Malia Obama a participé à des manifestations contre le projet du Dakoka Access Pipeline  pendant le festival de Sundance lundi dans l’Utah.
  • L’article le plus lu sur internet cette année, parmi une sélection de 46 millions publiés en 2016 selon le site Chartbeat, c’est celui du site FiveThirtyEight concernant les chances de victoire des deux candidats, et updaté plusieurs fois par jour pendant deux mois et qui se sont révélées incorrectes. 

Les unes – 27 janvier 2017

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  • La crise diplomatique entre Donald Trump et le président mexicain, Enrique Pena Nieto, est à l’affiche des toutes les unes, après que ce dernier ait annulé son voyage officiel à Washington D.C. à la suite des tweets incendiaires du Commander-in-Chief, mentionnés en couverture du Wall Street Journal.
    Le président des Etats-Unis a ré-affirmé que le « border wall » serait remboursé par le Mexique, d’une manière ou d’une autre, et pourquoi pas par l’imposition d’une tax de 20% sur les tous les produits importés du Mexique.
  • Certains quotidiens s’intéressent au sort des familles de réfugiés syriens (The Atlanta Journal-Constitution), irakiens (Seattle Times) installées aux Etats-Unis, dont certains membres, restés au pays, n’auront sans doute pas la possibilité de les rejoindre.
  • La peur a envahi de nombreux foyers et familles de migrants sans papiers vivant aux Etats-Unis, directement menacés de déportation par Donald Trump, et qui craignent d’être séparés les uns des autres, comme dans le Michigan (Detroit Free Press) et en Californie (Los Angeles Times).
  • Des manifestations ont eu lieu à philadelphie hier en marge de « la retraite républicaine » au cours de laquelle Donald Trump s’est exprimé (Philadelphia Inquirer) et à Boston dans le Massachusetts contre la nouvelle politique anti-immigration du président (the Boston Globe)

Après les villes sancturaires, la contre-attaque des « restaurants-sanctuaires »

Malgré la politique anti-immigration de Donald Trump, les maires des villes-sanctuaires américaines continueront à protéger leurs populations immigrées et sans-papiers. Des centaines de restaurateurs se sont également engagés à défendre leurs employés contre les menaces de déportation qui pourrait déstabiliser le marché de la restauration.
La résistance s’organise.

 

Le décret-loi contre les villes sanctuaires

Trente-neuf villes, 364 comtés et quatre Etats (Californie, Rhode Island, Vermont et Connecticut) aux Etats-Unis protègent leurs habitants contre les lois fédérales sur l’immigration qui ne sont pas appliqués par les agents municipaux et forces de l’ordre locales – à moins d’un crime « sérieux ». Ces villes, parmi les plus importantes du pays (New York, Los Angeles, Washington D.C., Chicago, San Francisco, Houston, Detroit, Miami) ont toutes réaffirmé leur engagement auprès de leurs habitants au lendemain de la victoire de Donald Trump.

 

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Elles sont aujourd’hui dans la ligne de mire du président qui les accusent publiquement, en conférence de presse et interviews, de défendre des criminels aux dépens de la sécurité du peuple américain. Il seraient onze millions de migrants sans-papiers aux Etats-Unis aujourd’hui, dont trois millions, que le président voudrait expulser dans plus brefs délais.

 

Metro News New York – Edition du jeudi 27 janvier 2017

Le décret présidentiel signé mercredi par Donald Trump impose aux agences locales et de l’Etat de servir désormais d’agents de l’immigration, prévoit une suppression des subventions fédérales aux villes-sanctuaires qui refuseraient de soumettre leur migrants sans-papiers à la déportation et donne à John Kelly, le Secrétaire à la Sécurité Intérieure, le pouvoir de les désigner comme des « juridictions-sanctuaires ».
Il est allé jusqu’à demander au Département de « Homeland Security » de publier une liste hebdomadaire de tous les crimes commis par les « aliens »

Comme le résumait hier le journal gratuit Metro News NY, ces villes se retrouvent au pied du mur et doivent choisir entre « Defund or Deport »

Les juridictions sanctuaires à travers le pays violent volontairement la loi fédérale pour empêcher les étrangers d’être déportés des Etats-Unis (…) Ces juridictions ont causé énormément de mal au peuple américain et à notre République.

Les maires contre-attaquent et défendent leur position

Certains maires de ces villes-sanctuaires ont dénoncé les propos mensongers du président, à l’instar du maire de Los Angeles, Eric Garcetti,

L’idée que nous ne coopérons pas avec le gouvernement fédéral ne corresond pas à la réalité. Nous coopérons régulièrement avec les autorités migratoires – surtout dans les affaires qui impliquent des crimes sérieux (…) Ce que nous ne faisons pas, c’est demander à nos policiers locaux d’appliquer les lois fédérales sur l’immigration – une pratique officielle du Los Angeles Police Department (LAPD) depuis quarante ans. Et c’est pour le bien de tous car la confiance qu’il existe entre la police et les habitants est essentielle à l’efficacité des forces de l’ordre.

La plupart se sont engagés à perdre leurs subventions plutôt que de céder aux pressions de Donald Trump.
Le maire de Boston, Martin J. Walsh, a promis d’utiliser tout son pouvoir pour protéger ses résidents, a offert son office comme refuge en dernier recours et a reçu le soutien de son rival aux élections municipales qui auront lieu cette année. De Blasio, le maire de New York a promis de « défendre tous les habitants quels que soient leur origine et leur statut aux yeux de l’immigration. »

Le maire de San Francisco, Ed Lee et celui de Okland, Mr Liccardo, ont affirmé dans une déclaration commune que « la Bay Area restera solidaire de ses valeurs d’intégration, de compassion et d’égalité et unie contre les efforts visant à diviser nos résidents, nos cités, et notre pays.

Les estimations des subventions que pourraient perdre les villes sancturaires sous le président Trump. Reuters / 2017

Les lois du gouvernement fédéral ne peuvent de priver un Etat ou une ville de toute subvention pour l’obliger à adopter sa politique selon le dixième Amendement qui stipule clairement une séparation des pouvoirs entre Washington, les Etats et les villes.

 

Les risques pour le marché de la restauration 

Les plus opposés à ces mesures anti-immigration sont les restaurateurs indépendants, des propriétaires de petits commerces qui sont eux mêmes arrivés illégalement sur le territoire ou qui ont embauché des employés immigrés sans papiers.
Une association de défense du personnel de la restauration (Roc United) a créé en décembre dernier le mouvement des « restaurants-sanctuaires » rejoint par une association de défense des immigrés (Presente.org) et des centaines de restaurateurs qui se sont engagés, entre autres, à « interdire le harcèlement d’individus basé sur son statut d’immigré/réfugié, sa race, son genre, ou son orientation sexuelle au sein de leurs restaurants ».

Les droits des travailleurs de la restauration. sanctuaryrestaurants.org


Une lettre ouverte à Donald Trump, affichée sur le site restaurantraise.org, depuis le 30 novembre dernier demande au président de protéger leur secteur, l’un des plus dynamiques du pays, qui repose sur le travail de douze millions d’employés dont 25% seraient des travailleurs immigrés « undocumented ».

Nous devons protéger chacun de nos employés et nous dépendons beaucoup, surtout dans les zones métropolitaines, de travailleurs immigrés. Beaucoup vivent dans ce pays depuis des décennies, payent leurs impôts et participent à notre industrie; certains ont même acquis leur propres restaurants et offrent des emplois. L’industrie de la restauration doit maintenir un certain nombre de travailleurs, parmi lesquels des immigrés et des non-immigrés, et des gens de toutes races, religions, genres et orientations sexuelles.

Eater rapporte les chiffres d’une enquête de Pew Analysis daté de 2008: 20% des 2,6 millions et 28% des 360 000 plongeurs seraient des travailleurs « sans-papiers » et leur déportation pourrait plonger le marché de la restauration, déjà touché par un manque d’effectif, dans la crise.