A la une des quotidiens américains, mardi 28 février 2017

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  • 20 centres communautaires et écoles juives ont été l’objet d’alertes à la bombe dans l’ensemble du pays lundi (New York, Michigan, Virginie, Rhode Island, New Jersey, Pennsylvanie et Caroline du Nord). Depuis le début de l’année, c’est la cinquième vague de menaces contre des établissements juifs selon la Anti-Defamation League qui a recensé plus de 90 alertes à la bombe.
    Deux cimetières ont également été profanés ces dix derniers jours, dans le Missouri et en Pennsylvanie.

    Alertes à la bombe contre des établissements juifs depuis le début de l’année aux Etats-Unis. Los Angeles Times
  • Un juge du comté de Douglas en Géorgie a condamné un couple à de longues peines de prison (vingt ans dont treize fermes pour Jose Torres et treize dont six fermes pour Kayla Norton) pour avoir harcelé, insulté et menacé des Afro-Américains lors d’un virée de deux jours en 2015 et sous l’emprise d’alcool et munis de drapeaux confédérés. Un jugement exemplaire pour un crime raciste perpétré un mois après le massacre de neuf Afro-américains dans une église de Charleston, en Caroline du Sud.
  • Après des mois de sécheresse, certaines régions de l’Etat de Californie placées en alerte rouge ont profité des pluies diluviennes de ces dernières semaines qui ont endommagé le déversoir de l’un des plus grands barrages des Etats-Unis, celui d’Oroville au nord de Sacramento.

     (KCRA via AP)
  • Les Démocrates, majoritaires dans la Chambre Haute et basse de Californie ont déposé une demande d’information (sous le Freedom of Information Act) concernant les raids menés par l’Immigration & Customs Enforcement, y compris les noms et dossiers des personnes détenues. « Immigration battle twist » dans le San Francisco Chronicle.
  • Le Tampa Bay Times publie le dernier volet de sa série en trois épisodes sur les problèmes des armes à feu en Floride et des enfants qui en sont victimes.
    « in Harm’s Way »: 1. « One Child is shot every 17 hours » ; 2. « Curiosity leads to a lifetime of scars » ; 3. « Lawmakers Grapple with Solutions »

Mardi 28 février 2017: Budget, « Bannonisme », Breitbart & Briefing Room

  1. Une assurance santé très complexe

    Devant l’Association des Gouverneurs réunie à la Maison Blanche, Donald Trump a reconnu l’extrême complexité de la réforme de l’Assurance Santé américaine, Obamacare et qu’il faudrait plusieurs à l’administration et la majorité républicaine plusieurs mois avant de proposer le programme de remplacement.

  2. Tout pour le militaire

    La Maison Blanche travaille sur une proposition de budget qui augmenterait les dépenses militaires de près de 54 milliards de dollars (10% de son budget actuel) pour l’année fiscale 2018 qui serait financé par une réduction de l’aide internationale et des dépenses intérieures – des agences gouvernementales.
    Les coupes budgétaires des agences fédérales sont l’une des priorités de la nouvelle administration dont le fonctionnement et l’influence devraient considérablement diminuer – Trump a nommé à la direction de ces agences des individus qui ont lutté contre les organismes qu’ils sont censées défendre. 
    Les premières ciblées devraient être le Département d’Etat et l’Agence de Protection de l’Environnement et celles épargnées concernent les forces de l’ordre (Department of Homeland Security, Justice, FBI, DEA, ICE,..).
    Les agences recevront lundi prochain les propositions de budgets qui devront être validées par le Congrès en mai prochain. 
    C’est le début du démantèlement de « l’Etat administratif » annoncé par Steve Bannon lors de la Conservative Political Action Conference.

  3. “History is seasonal, and winter is coming.”

    Il ne s’agit pas d’un dialogue de Game of Thrones mais d’une prédiction de Steve Bannon toute droite sortie d’une théorie « élégamment simple ou dangereusement simplifiée » des « cycles historiques » pensée par William Strauss et Neil Howe selon laquelle l’histoire se répète et qu’une crise est sur le point de toucher l’Amérique.
    Dans un édito publié ce weekend dans le New York Times (« What Does Steve Bannon Want? »), Christopher Caldwell, journaliste de la revue conservatrice The Weekly Standard, tente de définir « le Bannonisme » pour comprendre la direction de la nouvelle administration – et non pas Trumpisme. Steve Bannon, « considéré comme très brillant tout au long de sa carrière » est un jeune loup de la politique – il a commencé à s’y intéresser après les attentats du 11 septembre – dont les idéaux ultra-conservateurs sont encore « purs » contrairement à ses collègues qui fréquentent Washington depuis plusieurs décennies.
    Ce qui différencie Bannon des autres Républicains, c’est son amour du nationalisme qui se décline à travers les notions de « souveraineté », de « nationalisme économique », et plus pratiquement d’opposition à la mondialisation et à l’Europe ou de soutien au Brexit: Il croit en l’idée et en la « raison d’être » d’un nation américaine.
    Il rejoint l’argument du Tea Party selon lequel les Etats-Unis ont perdu leur souveraineté et les citoyens leurs prérogatives démocratiques aux dépens d’une classe dirigeante, « l’état administratif » qui « s’enrichit avec ses alliés capitalistes ».
    Mr Bannon rejette le capitalisme actuel, libéral et mondialisé, adopté par les Républicains, et affirme qu’il doit retrouver ses fondations judéo-chrétiennes face à un ennemi désigné, l’Islam.

    Mais selon Mr Coldwell, Bannon reste un intellectuel politisé excité par les grandes théories – une combinaison qui a produits des résultats imprévisibles dans le passé.

  4. « The Breitbart Embassy »

    Un journaliste de Vice témoignait récemment de sa rencontre avec Steve Bannon à Washington en 2014, à l’occasion du article pour Rolling Stone sur les médias de droite. Invité à la « Breitbart Embassy », un établissement au coeur de Capitol Hill qui sert de rédaction pour le site, de pied-à-terre luxueux pour Bannon et de lieu de socialisation, il y a croisé l’actuel ministre de la justice, Jeff Sessions, Laura Ingraham, journaliste conservatrice et Nigel Farage, l’ancien leader du parti indépendant anglais (UKIP) qui a mené et remporté la campagne du Brexit en juin dernier – tous acquis à la cause Breitbart.
    Le journaliste n’a pas cru bon les interviewer et s’est concentré sur la « vraie personnalité » de Bannon qui avait à l’époque une vision aussi sombre de l’Amérique que celle défendue par le président lors de son discours d’inauguration – qu’il a rédigé.
    « Il y avait beaucoup d’informations et peu étaient encrées dans la réalité » mais une récurrence dans ses paroles, celle de l’existence d’un électorat mondial anti-élitiste.

    En écoutant l’interview aujourd’hui, je suis étonné de m’entendre autant rire et acquiescer à ce qu’il dit. Sa volonté de faire disparaître l’establishment semblait plus cocasse que sinistre.
    Je n’ai clairement pas compris ce qu’il essayait de me dire.

  5. Breitbart promeut dans la théorie conspirationniste

    Pour les besoins du Kiosque, je suis abonnée à la newsletter de Breitbart il y a quelques mois et j’ai reçu cet email hier:

     

    Newsletter de Breitbart reçue le 27 février 2017

    « Cher lecteur, 
    Je ne veux pas vous alarmer – mais préparez vous à agir. Si vous avez de l’argent sur votre compte…, une retraite ou un compte de courtage. Si vous avez un centime dans le système financier, c’est la dernière chance de vous protéger.
    Ces dix derniers mois, un agent des renseignements Jim Rickards a traversé la planète et rassemblé des détails sur l’évènement à venir (…) Nous pourrions être les témoins d’un « gel de 326 trillions de dollars » du système financier international. 
    Ce sera volontaire. Ce sera destructeur au delà de tout ce que l’on peut imaginer.
    Quand ça arrivera. Ca peut prendre 48 heures. Ca va non seulement bouleverser la vie de millions d’Américains.
    Ca pourrait détruire la présidence de Donald Trump avant qu’elle ne commence.

    James Rickards est un avocat et analyste financier et auteur de plusieurs ouvrages sur les catastrophes financières. L’idée de ce message, c’est qu’il existe imminent de gel du système financier qui pourrait déstabiliser l’ordre mondial, ruiner les citoyens et la présidence de Trump et dont les responsables appartiennent à « L’élite ».

    Une vidéo est disponible avec les instructions à suivre pour éviter d’être touché par cette apocalypse financière.

  6. Sean Spicer a-t-il modernisé la briefing room?

    Jamais les journalistes et le public américain n’avaient été aussi passionnés par les conférences de presse quotidiennes de Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche.
    Sa relation avec les journalistes a plutôt mal commencé le samedi 21 janvier, le lendemain de l’inauguration de Donald Trump, jour de la Marche des Femmes sur Washington, deux jours avant sa première conférence officielle, lorsque le président lui a demandé d’aller convaincre quiconque que la « foule [de la veille avait] été la plus importante jamais observé lors de l’inauguration d.un président. Point barre. »

    L’épisode avait choqué l’audience et faire rire des millions d’Américains quand Melissa McCarthy a incarné, à la surprise de tous, Sean Spicer sur Saturday Night Live la semaine suivante: il est devenu un « Day Time TV Star ».

    Effectivement depuis un mois, Sean Spicer a transformé la briefing room, cette anti-chambre de la « West Wing » où il répond chaque jour aux questions des journalistes. Depuis son arrivée, il a ouvert la conférence à d’autres médias, plus à droite et accepté des journalistes en dehors de Washington (qui interviennent directement par Skype). Il a cassé la tradition qui donne la priorité aux questions des médias traditionnels (AP, les chaînes d’infos nationales, les grands quotidiens) et donné la part belle aux médias plus conciliants envers le président.

    L’Independant Journal Review a relevé toutes les questions acceptées par Sean Spicer lors de son premier mois et les résultats ne sont pas étonnants: Fox National Network arrive en tête (Fox News, Fox News Radio & Fox Business) suivi de NBC, CBS, ABC, les autres chaînes nationales. Parmi les dix médias les plus interrogés, trois sont clairement à droite, Fox News, Newsmax et OAN; Le Washington Post à eu le même nombre de questions que son petit confrère, le Washington Times (conservateur) et le New York Times n’est pas dans la liste des vingt.

  7. Bataille entre Sean Spicer et Le New York Times

    Les relations entre la « Gray Lady » et la Maison Blanche sont tellement tendues que le quotidien new yorkais a dû rectifier un article paru en ligne samedi intitulé « Trump Ruled the Tabloid Media. Washington is a Different Story » sur le lieu de naissance de Sean Spicer: « Il était né en Nouvelle Angleterre et élevé à Rhode Island; il n’est pas né en Nouvelle Angleterre. (Mr Spicer a refusé de répondre aux questions et de confirmer son lieu de naissance) »


    Mr Spicer est aujourd’hui le seul lien entre la Maison Blanche et les journalistes – étant donné le blackout médiatique sur de nombreux Départements (celui de l’Etat par exemple qui n’a pas donné de conférence de presse en un mois), les agences fédérales et la stratégie du président de s’adresser directement au public via Twitter ou en conférence de presse.
    Mr Spicer n’a pas l’air de vouloir coopérer avec la presse même sur des questions aussi simples que son lieu de naissance – Rappelez vous la polémique enclenchée par Donald Trump à l’encontre de Barack Obama qui a été obligé de publier son certificat de naissance en 2011.

    Sean Spicer est ensuite aller provoquer l’auteur de l’article, Glenn Trush du New York Times sur Twitter

    Adressé au NYTimes & Glenn Trush, « Vous êtes incapables de trouver où est ce que je suis né sans jamais avoir demandé ». Twitter
    « J’avais l’habitude de te poser des questions mais tu as arrêté de me répondre aux emails, coup de téléphone et questions ». Pourquoi?
    Stephen Becket est intervenu pour révéler le lieu de naissance de Mr Spicer, Long Island dans l’Etat de New York. Twitter

    Ca doit être énervant quand quelqu’un se trompe sur ton lieu de naissance. cc Barack Obama
  8. Dietrich, Idaho: Vers un nouveau scandale juridique

    C’est le verdict injuste capable de déclencher un scandale dans tout le pays: John R.K. Howard, un ancien joueur de football blanc de 19 ans, accusé avec deux amis d’avoir enfoncé, à coups de pied, un cintre dans l’anus d’un jeune noir handicapé qui jouait avec eux dans l’équipe de football du lycée, a été condamné à de la prison avec sursis et des travaux d’intérêt général. Ils étaient trois jeunes adultes à comparaître pour agression sexuelle sur personne handicapée, encouraient une peine prison ferme pour des actes commis en octobre 2015, quand ils étaient encore mineurs.
    Pour les amis de la victime, il s’agit « d’une réprimande envers un enfant privilégié qui s’est attaqué à son coéquipier handicapé qui vient de la seule famille noire de la ville ».
    Le juge a également conclu que l’assaut n’avait rien de raciste – contrairement à de nombreux témoignages d´étudiants.

    Les 330 habitants de la petite ville de Dietrich en Idaho sont depuis quelques mois le centre de l’attention des médias et plus particulièrement la famille McDaniels, et leurs 19 enfants adoptés, dont la moitié sont noirs, et parmi lesquels figure la victime.
    Les parents ont porté plainte contre l’école et onze de ses employés accusés d’avoir laissé faire pendant des mois les insultes et attaques racistes contre leur enfant: ils réclament dix millions de dollars de dommages et intérêts.

  9. Couverture du jour: 

    Ils ne l’ont pas loupé, Brian Cullinan, le comptable de PriceWaterHouse Cooper qui a mélangé les enveloppes hier et donné lieu au plus grand fiasco de l’histoire des Oscars.

    NY Daily News – Edition du 28 février 2017

     

A la une des quotidiens, lundi 27 février 2017: LES OSCARS!

 

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« Je dois remercier Donald Trump car rappelez vous l’année dernière quand les critiques disaient que les Oscars étaient racistes » a déclaré Jimmy Kimmel, le présentateur de ABC et des Oscars en début de cérémonie.

La principale leçon à retenir de cette 89ème cérémonie qui a eu lieu hier à Los Angeles, c’est la diversité de nominés et des vainqueurs: Mahershala Ali est le premier musulman (et afro-américain) à remporter un Oscar, celui de meilleur second rôle masculin pour « Moonlight »; Viola Davis, actrice afro-américaine a remporté la meilleure second rôle féminin (après un Tony Awards et un Emmy Award) our le film de Denzel Washington « Fences ».
L’Oscar du meilleur film a été décerné à l’histoire d’un jeune homosexuel afro-américain.
Effectivement, la polémique #OscarSoWhite qui a entouré les deux dernières cérémonies de 2015 et 2016 dans lesquelles les quatre principales catégories (Meilleur acteur/actrice et second rôle masculin et féminin) n’avaient que des acteurs blancs est désuète cette année.
Grâce à la réalisation de films politiques forts comme « Hidden Figures », « Moonlight » et « Fences » et à un changement de politique initiée par la présidente des Oscars, Cheryl Bone Isaacs, qui a rajeuni et diversifié les membres du Comité venus du monde entier – Lire cet excellent article du New Yorker, « Shake Up at the Oscars ».

Jezebel, le site féminin était visiblement mécontent de la victoire de Casey Affleck comme meilleur acteur pour « Manchester By The Sea » en qualifiant le frère de Ben de « fucking creep » pour avoir harcelé une productrice et insulter plusieurs femmes sur un tournage – accusations démenties par l’intéressé.

Lundi 27 février 2017: Oscars Ewww ; Spicer fouille ses employés; les agents d’immigration revigorés et l’historien Henry Rousso + Un

  1. Les Oscars – Erreur du siècle!

    * Très bon discours d’introduction de Jimmy Kimmel qui a mis les choses au clair dès le début en affirmant qu’il n’allait pas faire de grandes déclarations contre le président et appeler les conservateurs et républicains à discuter les uns avec les autres pour « Make America Great Again ».
    Il s’est quand même attaqué à Donald Trump (« Vous vous rappelez l’année dernière quand on disait les Oscars étaient racistes?) ou sa fille (il a demandé à Meryl Street si sa robe avait été créée par Ivanka? ») à plusieurs reprises: 
    Après deux heures de show, il a tweeté Donald Trump en direct: « Meryl [Streep] says Hi! »

    * Mahershala Ali est le premier musulman et afro-américain a gagné un Oscar pour le film « Moonlight ».

    * Viola Davis gagne l’Oscar du second rôle féminin pour le film « Fences » de Denzel Washington.
    C’est la première actrice afro-américaine à avoir gagné un Oscar, un Emmy et un Tony Awards.
    * Les critiques de Kimmel contre Matt Dammon et Ben Affleck étaient géniales – La meilleure est celle où les deux n’ont pas pu présenter l’Oscar du meilleur scénario, coupés volontairement par la musique de fin de discours orchestrée par Kimmel avant que « Manchester by the Sea » gagne l’Oscar! Awesome!

    * L’Oscar du meilleur film étranger décerné à « The Salesman » du réalisateur iranien Asghar Farhadi, d’origine iranienne, l’un des sept pays touchés par la travel ban de Donald Trump suspendue par la Cour d’appel de San Francisco il y a deux semaines.
    Mr Farhadi a décidé au nom du peuple iranien de ne pas voyager aux Etats-Unis pour la cérémonie.

    * Signe de ralliement anti-Trump et pro-ACLU est le petit ruban bleu porté par Lin-Manuel Miranda (auteur, compositeur interprète de la comédie musicale Hamilton).
    * Karl Lagerfeld s’est excusé publiquement auprès de Meryl Streep qu’il a accusé jeudi dans le magazine Women’s Wear Daily d’avoir demandé un robe au créateur puis changé de styliste pour être rémunéré pour porter sa création sur la tapis rouge. Cette dernière n’a pas accepté les excuses du designer.
    * Kirsten Dunst magnifique toute en noire dans une robe signée Christian Dior…
    * Meilleur court documentaire pour « White Helmets », les civils syriens qui travaillent depuis six ans à Alep pour aider les civils blessés dans les bombardements.

    * Warren Beatty s’est trompé en annonçant le meilleur film de la 89ème cérémonie des Oscars. L’acteur de « Bonnie & Clide » accompagné de Faye Dunaway, a annoncé « La La Land » comme meilleur film.
    Les acteurs, producteurs et le réalisateur sont montés sur scène pour accepter le prix, ont remercié le public avant que le producteur affirme, contre toute attente, que le prix était en fait décerné à « Moonlight » devant la gêne de Mr Beatty et l’embarras de Mr Kimmel.
    Il semblerait qu’on ait donné la mauvaise enveloppe à Warren Beatty, celle de la meilleure actrice

    « Moonlight » a remporté l’Oscar du meilleur film de la 89ème édition des Academy Awards.



  2. Fuites à la Maison Blanche: Les mesures draconiennes de Spicer révélées à la presse.

    La tentative désespérée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, d’arrêter les fuites provenant de sa propre équipe, a elle même fait l’objet d’une fuite, rapportée dimanche après midi par Politico – qui a fait le tour des médias en quelques heures.
    La semaine dernière, le président n’a pas caché sa frustration contre les fuites incessantes de son administration, du FBI et d’autres agences fédérales qui font les choux gras de la presse traditionnelle – celle que Trump appelle « fake news » – depuis son inauguration en janvier dernier.
    Sean Spicer a voulu montrer l’exemple en réunissant en urgence son équipe et demandant à tous les employés présents de donner leur téléphone portable, professionnels et personnels et appareils électroniques pour vérifier leurs communications – et prouver qu’ils n’ont rien à cacher.
    Mr Spicer, accompagné d’avocats, a indiqué qu’il était désormais interdit d’utiliser des applications de textos, style Confide – Voir revue de presse du 9 février 2017 – crypté et s’effacent automatiquement après lecture sans possibilité de le récupérer.
    Ce dernier a également indiqué que des répercussions auraient lieu si le contrôle révélait des fuites et si la tenue du meeting était révélée à la presse.

    L’atmosphère est tendue à la Maison Blanche, les employés de Sean Spicer craignent de perdre leur emploi, et sont régulièrement l’objet de critiques et d’accusations.

  3. Les agents de l’immigration revigorés

    L’article de New York Times paru dimanche en première page du quotidien décrit le zèle des agents de l’Immigration and Customs Enforcement dans la chasse aux immigrés en situation irrégulière depuis le renforcement de la politique anti-immigration du président.
    « Des représentants à Washington affirment que le changement [de priorités entre la période Obama, concentrée sur l’arrestation et la déportation de membres de gangs et criminels et celle de Trump qui veut s’attaquer à des millions de sans papiers] et l’enthousiasme qui l’accompagne semble avoir encouragé des commentaires politiques pro-Trump, plaisanteries déplacées et va-t-en guerre comme les remarques sur leur travail qui serait devenu « drôle »; enfin ceux qui ont choisi une position moins dure sur les immigrés en situation irrégulière seraient condamnés au silence. »
    Ils sont 20 000 employés à travailler (et 10 000 supplémentaires doivent être recrutés) dans 400 offices du pays et 46 pays étrangers, essentiellement blancs et masculins, anciens soldats ou policiers.
    Les raids de l’ICE ont généralement lieu avant le lever du soleil pour éviter d’être repérés et peuvent être traumatisants pour les enfants qui assistent à l’arrestation de leurs parents par des officiers munis de gilets pare-balles et d’armes semi-automatiques. De nombreuses associations de protection des droits de l’homme ont dénoncé l’arrestation arbitraire d’immigrés qui n’ont jamais inculpés auparavant: « Des témoins peuvent être appréhendés s’ils sont suspectés de ne pas être en règles, et même s’ils n’ont commis aucun crime, des « arrestations collatérales ».
    A lire: « Immigration Agents Discover New Freedom to Deport under Trump »

  4. Le calvaire d’un historien français à l’aéroport de Houston, Texas

    L’historien Henry Rousso a publié ce weekend une tribune (« Les Etats-Unis sont-ils toujours les Etats-Unis« ) dans le Huffington Post expliquant les conditions de son arrivée à l’aéroport de Houston, au Texas, où il l’universitaire était l’invité d’un colloque à la Texas A&M University. Mr Rousso a été l’objet du zèle des agents d’immigration de l’aéroport – une expérience que beaucoup d’expatriés ont déjà vécu – qui lui ont confisqué passeport et téléphone portable, interrogé à plusieurs reprises, obligé à prêter serment, lui ont annoncé qu’il était rentré sur le territoire dans une situation illégale, et qu’il serait renvoyé manu militari en France.
    Il aura fallu l’intervention des autorités de l’université pour libérer Mr Rousso après dix heures passées coincé à l’aéroport.

    Pourquoi le contrôle aléatoire est-il tombé sur moi? Je ne le sais pas mais ce n’est pas le fruit du hasard. Mon « cas » présentait un problème avant même l’examen approfondi de mon visa. Peut-être est-ce mon lieu de naissance, l’Egypte, peut-être ma qualité d’universitaire, peut-être mon récent visa de travail expiré, pourtant sans objet ici, peut-être aussi ma nationalité française. Peut-être aussi le contexte. Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ».
    Telle est donc la situation aujourd’hui.
    Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.

    Le Washington Post a évoqué l’épisode hier soir sur le site internet.

  5. Un autre cimetière juif vandalisé

    Après la profanation du cimetière juif de la banlieue de Saint Louis dans le Missouri le weekend dernier, un autre cimetière juif de Philadelphie a été profané samedi: Une centaine de tombes renversées et cassées.
    Après un silence embarrassant, le président a condamné l’antisémitisme lundi et le vice président Mike Pence s’est ensuite rendu dans le Missouri pour condamner les actes de vandalisme et ses auteurs.
    Aucune réaction de la Maison Blanche depuis

A la une des quotidiens US, ce dimanche 26 février

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  • Le Arizona Daily News s’intéresse aux réactions des forces de l’ordre qui travaillent le long de la frontière mexicaine devant la politique très sévère de la nouvelle administration sur l’immigration: Assez optimistes par rapport à la volonté du président de renforcer le contrôle aux frontières et de faire appliquer les lois en vigueur mais plus réservées sur la directive du Department of Homeland Security qui permet aux officiers locaux d’être également des agents d’immigration – l’immigration relevant principalement du pouvoir fédéral et non des Etats.
    La décision d’emprisonner les immigrés en situation irrégulière et non plus de les « arrêter et [de les] relâcher » (« catch and release ») va remplir au maximum les prisons des Etats frontaliers et leur coûter des millions de dollars.
    A lire: « New Trump border orders raise questions for Arizona Sheriffs »
  • L’opération menée par les forces spéciales américaines au Yemen, le 28 janvier dernier, qui s’est soldé par la mort d’un soldat américain pourrait devenir le « Benghazi » de Donald Trump, une semaine seulement après être entré en fonction.
    « Tout ce qui pouvait mal se passer s’est mal passé » expliquait deux jours plus tard le New York Times pour résumer l’opération: le soldat William Owen et 29 civils yéménites ont perdu la vie, trois autres soldats ont été blessés. Un porte parole du président Trump affirme que « quiconque pose remet en question le raid dessert la mémoire du soldat Owens ».

    Une personne critique ces propos, c‘est le père du défunt qui veut en savoir sur les conditions de la mort de son fils et la légitimité d’une telle opération qualifiée de « succès » par le président . Trump était présent à l’arrivée sur la base militaire de Dover mais William Owens n’a pas souhaité rencontrer le président venu accompagné de sa fille. Le raid lancé pour récupérer du matériel électronique susceptible de contenir des informations s’est transformé en une fusillade d’une heure.
    « Slain Seal’s Dad wants answers » paru dans Miami Herald
  • Un enfant est blessé par balles toutes les 17 secondes en Floride – Du jamais dans cet Etat.
    « In harm’s way », un reportage en trois parties du Tampa Bay Times
  • Le Atlanta Journal-Constitution s’intéresse aux 47 accidents impliquant des enfants blessés par des armes à feu ces deux dernières années – et dont plus de la moitié sont morts.

Dimanche 26 février 2017: Tom Perez, président du DNC; Conway dans Elle; Chelsea Clinton Tweete; Facebook, plate forme de l’opposition + Oscars!

 

Un nouveau président pour le parti démocrate

Le protégé d’Obama, son ancien ministre du Travail, Tom Perez a remporté samedi à Atlanta la présidence du Comité National Démocrate, qui vient de passer une année 2016 difficile: coupable d’avoir favorisé Hillary Clinton aux dépens de Bernie Sanders – un indépendant devenu démocrate repassé indépendant – pendant les primaires démocrates, suscitant la fureur des supporters de Bernie, et provoquant la démission de la présidente, Debbie Wasserman le jour de l’inauguration de la Conférence Nationale Démocrate, et surtout responsable avec la candidate de la perte des élections présidentielles. 
Le rival de Perez, Keith Ellison, était soutenu par Bernie Sanders et ses militants, qui ont laissé éclater leur colère à l’annonce des résultats … et suscité l’ironie de Donald Trump, qui a accusé Hillary Clinton d’être derrière cette élection.
Keith Elisson a été nommé dans la foulée vice-président du DNC et les deux hommes ont annoncé vouloir travailler ensemble à unifier le parti entre les tendances progressistes (les jeunes et Bernie Sanders) et celles de l’establishment, accusé de défendre les intérêts des entreprises.

 

Kellyanne Conway dans Elle

Barry Blitt / New Yorker

Virée des plateaux télés pendant une semaine pour avoir enchaîné les faits alternatifs, interdite d’antenne sur Morning Joe qui questionne sa crédibilité, Kellyanne Conway est retournée en terrain conquis mercredi sur Fox News et fait l’objet d’un article plutôt sympathique dans Elle qui rappelle « son extraordinaire influence, et les liens personnels et idéologiques qui l’ont fait tenir pendant les pires moments. »
Première femme à gérer et remporter une campagne présidentielle – même si elle est arrivée sur le tard – Mme Conway prépare cette victoire depuis une vingtaine d’années, grâce à une longue liste de clients et de causes qu’elle a patiemment choyé et défendu, grâce son expérience des élections – elle a ouvert une agence The Polling Company/Woman Trend spécialisée dans les comportements électoraux de la gente féminine, et une attraction presque fatale pour les médias, surtout les plateaux télés.

Une nouvelle Chelsea Clinton

La fille de Bill et Hillary s’est faite remarquée ces dernières semaines sur Twitter où elle a lancé quelques bonnes attaques contre Donald Trump et la nouvelle administration – une attitude qui contraste avec la discrétion observée pendant toute la campagne présidentielle, avec de rares apparitions publiques et des discussions sur les « éléphants et l’hydratation » sur les réseaux sociaux. « Mais la défaite de Hillary Clinton et la victoire de Donald Trump nous ont offert une nouvelle Chelsea: Provocatrice, punchy et qui cherche pour la première l’attention sur la scène politique ».



Pour le New York Post, tout indique Chelsea Clinton a choisi de poursuivre la carrière de ses parents, peut être un poste au Congrès dans l’Etat de New York. Une occasion pour le tabloïd pro-Trump de critiquer la jeune femme de 34 ans: « C’est le problème. L’Amérique est fatiguée des dynasties politiques, et Chelsea est quand même prête a se présenter, avec les casseroles de ses parents: l’avidité, l’idée qu’elle puisse faire de la politique et le plus grand défaut de sa mère, son incapacité à connecter avec le peuple américain.
En attendant de se prononcer sur un quelconque avenir politique, Mme Clinton continue de travailler pour la fondation de ses parents, vient de co-publier un livre « Governing Global Heath » et donne des cours comme professeure adjointe à Columbia University.

« Chelsea Clinton lets loose on Twitter » de Anne Karni dans Politico 

 

Recrudescence de l’opposition anti-Trump sur Facebook

Après la multiplication des sites pro-Trump pendant la campagne présidentielle et ont l’influence qu’ils ont eu sur le résultat des élections, c’est au tour des sites de l’opposition d’utiliser la plate forme pour mobiliser les internautes.
« Le nombre de pages anti-Trump de gauche, la plupart inexistantes avant le 8 novembre, sont désormais aussi populaires que les publications présentes depuis des années ».

La page de Dan Rather, « News & Guts », qui offre une agrégation d’articles et d’informations anti-Trump introduits par des commentaires accrocheurs, a reçu près de un million d’abonnés en trois mois. « Je pense qu’on plaît parce qu’on essaye d’être candide et direct (…) On ne perd pas de temps à débattre sur les mots à utiliser. Je veux qu’on soit direct qu’un coup de poing en pleine figure. » explique l’ancien journaliste
Alors que la plupart des pages pro-Trump relayaient de l’intox, parfois à la limite du ridicule, celles anti-Trump s’appuient sur des sources sérieuses, les médias traditionnels – les fake news du président Trump – qui font l’objet d’un regain d’intérêt de la part des libéraux ces derniers mois – notamment avec une hausse record des abonnements. Les autre pages à suivre sont « Stand Up America » (983 000 abonnés) et « Donald Trump is not my President » (422 000 abonnés)

« Facebook Anti-Trump new surge » de P. Sterne & A. Weprin dans Politico

Le président snobe le White House Correspondant Dinner 

Donald Trump a tenu à annoncer personnellement qu’il ne participera pas au diner de la White House Correspondents’ Association qui a eu lieu tous les ans au mois d’avril – au cours duquel il avait été humilié par Barack Obama en 2011. Le vice-président Mike Pence et Reince Priebus devraient le remplacer.
L’association, fondée par des journalistes en 1914, est en charge des accréditations permettant l’accès aux conférences de presse de la Maison Blanche et du président. Sean Spicer, le porte parole de Maison Blanche a refusé arbitrairement vendredi l’accès de la briefing room à Politico, The New York Times et CNN.



Hier, Bloomberg LP a également annoncé l’annulation du gala d’après diner à l’ambassade française de Washington – l’une des soirées les plus courues, « équivalent des Oscars » de la capitale – prévu le 29 avril prochain.
Un porte parole de la compagnie a affirmé que le « peu d’intérêt suscité par cette soirée, cette année, avait poussé les organisateurs l’annuler » préférant se concentrer sur le dîner.
Vanity Fair s’était retiré de l’organisation du gala plus tôt ce mois-ci; le New York Times et CNN pourraient ne pas participer à la soirée, organisé pour allouer des bourses à des étudiants d’école de journalisme.
La réunion du gotha journalistique, politique et de Hollywood devrait pâle figure cette année, l’évènement n’a pas grand intérêt étant donné les mauvaises relations du président avec la presse.
Samantha Bee, elle, n’a pas encore annulé son « contre » dîner qui aura lieu à Washington le même soir.

Milo fauché par une canadienne de 16 ans

Milo Yiannopoulos, abhorré autant que célébré ces derniers mois pour ses provocations à l’encontre des Musulmans, des femmes et des minorités, a démissionné lundi du site d’infos alt-right Breitbart après la diffusion d’une vidéo datée de 2016 dans laquelle il défendait les relations entre jeunes adolescents et adultes. 
La fameuse vidéo a été retrouvée par une adolescente de 16 ans, originaire du Canada, après avoir appris la participation de Milo à la Conservative Political Action Conference, le rendez annuel des Républicains. Une décision controversée symptomatique selon elle de la dangereuse direction prise par les conservateurs – ces derniers ont expliqué avoir invité le journaliste anglais pour discuter de la liberté d’expression dans les universités.
« Milo incarne cette tendance atroce qu’est devenu ces dernières années, le Conservatisme des Millenials complètement différent du conservatisme traditionnel » qui consiste à attaquer la gauche plus qu’à défendre des principes » explique la jeune fille prénommée Julia.
Elle est tombée sur cette vidéo il y a plusieurs mois, l’a retrouvée et l’a transmise au site conservateur The Reagan Battalion pour davantage de publicité. La vidéo de cinq minutes postée dimanche dernier sur leur compte Twitter a provoqué la chute de Milo (le contrat avec la maison Simon & Schuster et sa présence à la Conservative Political Action Conference annulés) jusqu’à son départ du site ultra-conservateur annoncé en conférence de presse lundi dernier. 
Comme l’explique Vox, « beaucoup de critiques ont essayé et échoué à faire tomber Yiannopoulos, des féministes aux libéraux qui détestent ses messages de haine. Des efforts qui ont souvent eu l’effet contraire et renforcé les soutiens de sa base (…) Mais cette adolescente à réussi à faire tomber Yiannopoulos en énervant la gauche et la droite à la fois. »

The Oscars

Les Oscars devraient être politiques ce soir lors de la 89ème cérémonie du cinéma qui devrait récompenser les deux grands favoris: La La Land et Moonlight. 

Vanity Fair

 

Vendredi 24 février 2017: Bannon et Trump à la CPAC, Un nouveau parti démocrate? Le NYTimes aux Oscars, le WAPO s’affirme + « When We Rise »

 

  1. Steve Bannon intervient à la Conservative Political Action Conference

    Le grand rendez vous annuel des Républicains à Washington s’est ouvert hier dans une ambiance détendue avec la présence de deux des principaux conseillers du président, Steve Bannon et Reince Priebus, le chef de cabinet, qui sont apparus très souriants et complices (voir la une du New York Times), prêts à en débattre avec les « mensonges » du « parti d’opposition » sur leurs relations soi-disant tendues et le premier mois « chaotique » de l’administration Trump.
    Reince Priebus a rendu un énième hommage au parcours du candidat républicain ces dix huit derniers mois, et à sa victoire devant un public tout acquis.
    Comme l’explique Axios, « Bannon, lui, ne s’est pas adouci depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Il est encore plus dévoué au nationalisme économique, plus hostile aux médias, et plus déterminé à protéger le président des forces modérées du parti Républicain.« 

    Il a expliqué les trois priorités de l’administration: « La sécurité nationale et la souveraineté », « le nationalisme économique » et le « déconstruction de l’administration de l’Etat. »

    Un message d’affection, pour terminer, adressé au « parti d’opposition »:

    « Ca ne va pas s’arranger, ça va empirer avec les médias. Les raisons: ils sont corporatistes, mondialisés qui sont opposés à l’agenda nationaliste économique de Trump … Si vous pensez que [les médias] vont vous rendre votre pays sans se battre, vous vous trompez ». 

  2. Trump à la CPAC: CNN, le « Clinton News Network »

    Une semaine plutôt calme pour le président qui s’en est pris ce matin, via Twitter, au FBI, « incapable d’arrêter les responsables des fuites au sein du gouvernement, et dans l’agence elle-même » qui pourraient avoir « des effets catastrophiques sur les Etats-Unis. »
    Il a réitéré ces critiques lors de son discours à la CPAC – qu’il avait boycotté l’année dernière – et appelé à ne plus utiliser les « sources », les sources anonymes, parce qu’elles répandent des « fake news » –  il a qualifié CNN de « Clinton News Network »
    Il s’en est pris à la presse, réaffirmé que les journalistes étaient « l’ennemi de peuple », qu’ils « fabriquaient » des histoires, des sondages dans une rhétorique démagogique du « nous contre eux »:

    « les médias ne représentent pas le peuple, ne le représenterons jamais, et on va faire quelque chose la dessus »

    On ne sait pas trop s’il s’agit d’une énième plainte ou d’une menace à prendre au sérieux contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et le Premier Amendemant. Ce sera l’un des sujets de discussion de ce weekend en tout cas.

    Les discours dans lesquels Trump improvise donnent souvent lieu à des déferlements critiques, rancoeurs, et autres faits alternatifs qui viennent de « je ne sais où »: Aujourd’hui, il s’en est pris à l’un de ses plus vieux alliés, la France: L’un de ses amis, « Jim », lui aurait conseillé « d’éviter la ville lumière » car « Paris n’est plus Paris ».

  3. Betsy DeVos marche sur des oeufs

    Betsy DeVos, Secrétaire d’Etat à l’Education a donné un discours hier à la CPAC au lendemain de la décision de l’administration Trump d’annuler la loi fédérale dite de « Bathroom Guidance », mise en place par Obama, qui autorise les étudiants transgenres à utiliser les toilettes et vestiaires de leur choix dans les établissements scolaires et universitaires.
    Jeff Sessions a pris l’initiative d’abolir cette mesure anti-discrimination, contre l’avis de Mme DeVos, et il revient désormais aux Etats de trancher sur la question.
    Elle a poliment justifié cette décision par la volonté de redonner aux Etats leur pouvoir de décision tout en réaffirmant que son « travail [était] de protéger la flexibilité des étudiants et des professeurs et leurs libertés individuelles. »
    Des manifestations de la communauté LGBTQ ont eu lieu dans plusieurs villes des Etats-Unis hier pour protester contre ce retour en arrière.

    Il ne faut pas sous estimer Betsy DeVos explique le New York Times: « Dans son Etat [le Michigan], elle a acquis la réputation d’une combattante politique efficace, motivée et implacable, qui a utilisé sa fortune pour récompenser ses alliés et punir ses ennemis, et travaillé en coulisses pour faire adopter une loi et se débarrasser des législateurs qui s’y opposent.

  4. Le parti démocrate: Vers un nouveau départ?

    Les 447 membres du Comité National Démocrate éliront samedi à Atlanta leur nouveau président: Les deux favoris sont l’ancien Secrétaire au Travail de Barack Obama, Tom Perez – le plus progressif mais attaché à l’ancienne garde (aka Obama) et le Représentant Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders (redevenu indépendant depuis sa défaite aux Primaires en juin dernier) et Chuck Schumer, porte parole de la minorité démocrate au Sénat.

    Parmi les enjeux du nouveau président: récupérer un parti en ruine après des Primaires sanglantes et le coup de massue des Présidentielles, et répondre à des questions cruciales résumées par FiveThirtyEight.

    « Le parti doit-il s’éloigner de la politique identitaire et se concentrer vers un message économique et populaire et une position plus dure sur l’immigration? Ou doit-il continuer à chercher le soutien de ses électeurs traditionnels, re-mobiliser les électeurs afro-américains après Obama et attirer les jeunes progressistes pro-Bernie? »

    A lire: « Will Keith Ellison move the Democrats to the Left? » de Vinson Cunningham dans le New Yorker

  5. Le New York Times aux Oscars

    Le New York Times diffusera une publicité de trente secondes (à 2,5 millions de dollars) dimanche soir lors de la cérémonie des Oscars pour annoncer le lancement d’une campagne du quotidien autour de la notion de « truth » (« vérité ») – actualité oblige.
    Une première en dix ans et une première tout court sur l’un des programmes télé les plus populaires de l’année, entre 35 et 45 millions de téléspectateurs.
    « La vérité est difficile; la vérité est difficile à trouver; la vérité est difficile à savoir et la vérité est plus importante que jamais » explique le vidéo clip.

    Des immenses affiches sont également placardées à Los Angeles, Washington, New York, San Francisco.

  6. Washington Post se refait une légende

    La nouvelle devise du Washington Post a été dévoilée hier sur son site internet en dessous le titre: « Democracy Dies in Darkness ».

    Une allusion à la nécessité des médias d’information dans le bon fonctionnement d’une démocratie et une critique à peine cachée contre les attaques incessantes du président contre les journalistes américains.
    La décision de « parler de notre mission » a été discutée depuis longtemps dans la rédaction a affirmé un porte parole à Poynter, « nous pensons que c’est une déclaration utile et concise pour expliquer aux millions de nouveaux lecteurs qui nous ont rejoint cette année qui nous sommes. »
    Comme James Warren l’explique dans Poynter: « Donc Democracy Dies in Darkness ressemble un peu à un prêche, une image de soi un peu démesuré de l’industrie en ce moment (…) mais ça marche. »

     

  7. « When We Rise », le nouveau docu-drama de ABC

    La chaîne a réalisé une minisérie en huit épisodes censés couvrir cinquante ans d’histoire LGBT à San Francsico où le tournage a eu lieu et dont les deux premiers épisodes seront diffusés lundi 27 février et ce jusqu’à la fin de la semaine. 
    « When We Rise »
    s’inspire librement de l’ouvrage de l’activiste Cleve Jones, « When We Rise: My Life in the Movement«  qui décrit sur plusieurs décennies (1972-2013) la lutte de quatre activistes de la Bay Area.

    « Ce que Dustin Lance Black a réussi avec l’immense et émotionnellement explosive série télévisée « When We Rise », c’est plus que de simplement raconter l’histoire de la lutte pour l’égalité de la communauté homosexuelle. Il a créé une histoire qui rappellera à tout le monde – homos et hétéros – de tout ce qui menacé par le retour de la haine, des divisions t d’une peur irrationnelle qui a paralysé la Nation » écrit le San Francisco Chronicle.

    Variety a trouvé l’exercice superficiel et cliché mais « le fait qu’une reconstitution pédagogique sur le mouvement des droits des homosexuels soit diffusé en prime time sur une chaîne nationale témoigne d’une révolution – qui continue – qui a transformé la fabrique sociale de cette nation. En l’espace de cinquante ans, l’Amérique est passé d’un pays ou l’homosexualité est traité comme une maladie par les psychologiques avec lobotomies et électrochocs à un pays ou le mariage homosexuel est autorisé partout. »

    La Bande Annonce est un peu mièvre

  8. La lecture du jour

    « The True Story of the Comey Letter Debacle » sur Vanity Fair. La décision incensée de James Comey de réouvrir l’enquête sur la messagerie privée de Hillary Clinton le 28 octobre 2016, onze jours avant les élections présidentielles, et prévenir le Congrès dans une lettre, désormais inscrite dans les livres d’histoire, qui a fait la une des télés, radios et quotidiens lors du weekend d’Halloween, s’expliquerait plus par la volonté du directeur du FBI de consolider son héritage au sein de l’agence plus que de voir les Démocrates perdent.

  9. Couverture du jour

    Découvrir la une du New Yorker chaque semaine est toujours un plaisir mêlé d’excitation et dernièrement Françoise Mouly n’a pas décu ses lecteurs au contraire. La couverture de cette semaine va faire couler beaucoup d’encre (heureusement Donald Trump ne lit pas le New Yorker); elle est signée Barry Blitt, le dessinateur officiel de Donald Trump dans le magazine – il a signé une dizaine de couvertures représentant le candidat puis le président l’année dernière. Reprenant la première couverture originale de 1925, Blitt remplace la traditionnelle mascotte par Vladimir Poutine et le papillon, Donald Trump.
    Plus sérieusement, le journaliste Evan Osnos et le rédacteur en chef David Remnick évoquent dans « Active Measures » les conséquences d’une neutralisation de l’OTAN et le retrait américain de la sécurité européenne qui « donnerait différentes opportunités à Poutine »

Jeudi 23 février 2017: « Bathroom Guidance »; Miller et la 2nd Travel Ban; Breitbart en UE et les Républicains face à Trump.

 

 

  1. Trump suspend les mesures anti-discrimination contre les étudiants transgenres.

    Mercredi, le président Trump a annulé une loi fédérale permettant aux étudiants transgenres d’utiliser les toilettes qui correspondent à l’identité de leur choix, différente de leur identité sexuelle.
    Le président Obama avait statué sur cette question qui divisait Républicains et Démocrates l’année dernière en imposant une « Bathroom Guidance » contestée dans une douzaine d’Etats du pays.
    Jeff Sessions
    , l’ancien gouverneur d’Alabama, dont la nomination comme ministre de la justice a été l’une des plus difficiles de l’administration Trump, est à l’origine de cette décision, qui met Betsy DeVos, nouvelle Secrétaire à l’Education, dans une situation délicate. 

    C’est la première atteinte aux droits civils mis en place par Obama qui seraient, semble-t-il, la cible de Jeff Sessions et une victoire pour les conservateurs.
    Début février la Maison Blanche avait pourtant annoncé que « le président Donald Trump est déterminé à protéger les droits des Américains, y compris la communauté LGBTQ (…) et continue de soutenir les droits LGBTQ, comme il l’a été durant les élections.

  2. La travel ban #2 aura les mêmes résultats que la travel ban #1

    Stephen Miller est finalement réapparu sur les plateaux télés, Fox News, pour discuter de la seconde « Travel ban » qui sera dévoilée la semaine prochaine au public américain. Comme à son habitude, le jeune conseiller du président, 32 ans, a attaqué la décision de la Cour d’appel de San Francisco en affirmant que la première version n’avait aucune erreur et que la nouvelle version aurait les mêmes conséquences politiques pour le pays. Affirmer que les deux décrets anti-immigration sont les mêmes et les différences purement techniques donnent à l’opposition (ACLU) et aux cours d’appel fédérales une excuse parfaite pour suspendre « travel ban #2 » si elle devait être contestée – ce qui a des grandes chances d’arriver.


  3. Sur la radicalisation de Stephen Miller.

    Dans le dernier numéro de New York magazine, le célèbre journaliste atypique, Andrew Sullivan (homosexuel, catholique et conservateur) écrit sur Miller:

    « J’ai l’impression de connaître Stephen Miller … j’ai l’impression de le connaître parce que j’ai été un peu comme lui.
    C’est le type classique: un garçon renfermé de centre droit dont le conservatisme a été radicalisé par des gauchos du système éducatif.
    Je ne blâme pas les libéraux pour le fanatisme inébranlable de Miller.
    Les étudiants de droite sont souvent moqués, isolés et critiqués dans les campus et malheureusement, leur réponse est souvent d’affirmer un peu plus leur haine envers les progressistes. Rapidement, ils adoptent des positions détestables juste pour agacer leurs pairs et professeurs. Après un bout de temps, tu ne défends même plus le conservatisme que tu ne t’attaques à la gauche, et au bout du compte, les questions s’effacent et c’est la haine qui reste. »

    A lire ici sur New York magazine, « The White House Mole » de Nadrew Sullivan

  4. Explosion des sites d’infos de droite 

    Axios a recensé les sites d’infos traditionnels, de gauche et de droite créé depuis les débuts d’internet en 1993.
    La présidence de Bush a été marqué par une croissance des sites plutôt libéraux, surtout autour de l’invasion de l’Irak en 2003, et la tendance s’est confirmée avec la création de nombreux sites conservateurs durant la période Obama.
    Entre 2009 et 2016, les médias traditionnels ont été accusés de ne pas couvrir assez les scandales de l’administration Obama et certains journalistes ont flairé l’opportunité et créé des sites d’infos conservateurs capables d’offrir l’actualité sous un nouvel angle – en dehors de Fox News.

    Conclusion: La plupart des sites d’infos ouverts ces vingt dernières années sont politiquement orientés, et les médias sociaux tendent à polariser davantage l’information offertes aux internautes à travers leurs systèmes d’algorithmes.
    La technologie numérique a facilité l’exploitation des divisions politiques

  5. Breibart privé de continent européen

    Après la victoire inattendue du Brexit en juin dernier puis celle de Donald Trump cinq mois plus tard, deux causes défendues et remportées par le site alt-right, le rédacteur en chef américain de Breitbart, Alex Marlow, avait annoncé l’ouverture de bureaux en France et en Allemagne, en prévision des élections présidentielles de mai prochain dans l’hexagone, et celles d’outre-Rhin en septembre prochain.
    Deux évènements politiques déterminants pour l’avenir de l’Europe, une « hérésie » politique pour Steve Bannon, qui verrait bien Marine Le Pen remporter les élections et Angela Merkel perdre un quatrième mandat. Le rédacteur en chef de Breibart UK depuis trois ans, Raheem Kassam, était en charge du projet.

    Mais selon Politico, « les difficultés à recruter des journalistes, les questions de la langue à utiliser, et le désir d’avoir un impact important lors du lancement ont ralenti les efforts pour mettre en place les éditions françaises et allemandes »: Si Breitbart veux percer dans ces deux pays, ils doivent s’exprimer dans la langue natale et il existe déjà, en France en tout cas, des journaux et sites internet d’extrême droite qui font diligemment leur travail (Valeurs Actuelles, Minute, Egalité et Réconciliation, Boulevard Voltaire).

  6. Video du jour

    L’un des meilleurs journalistes de la télé américaine, avocat de formation, ancien républicain de la Chambre des Représentant et présentateur depuis dix ans de l’émission politique matinale Morning Joe sur MSNBC , Joe Scarborough était l’invité de Stephen Colbert sur CBS mardi soir pour discuter du président.
    Donald Trump est un fervent téléspectateur de l’émission depuis ses débuts, et aujourd’hui Mr Scarborough jouit d’un accès privilégié à la Maison Blanche – tout en restant critique lorsqu’il le juge nécessaire – c’est à dire quotidiennement ces trois dernières semaines.

    Interrogé sur le président:

    « Je suis un républicain et un conservateur [comme Stephen Colbert] mais je suis un Américain avant tout (…) C’est aujourd’hui la responsabilité des Américains, et surtout des Républicains, et surtout de tous les républicains du Sénat, de s’opposer à un président qui remet en question l’autorité judiciaire [ pour la travel ban] et la légitimité d’un juge fédéral et de dire « ce n’est pas normal et nous devons le dénoncer »,  quand il critique la liberté d’expression et le Premier Amendement et les groupes de presse qui font leur travail.
    Il tient a mon parti en particulier de s’opposer et de prendre la parole parce que vous pensez être le centre du monde? Cette position ne vous appartient pas, vous l’occupez le temps d’une présidence grâce aux Américains.
    Le parti républicain doit savoir qu’il y aura un après Donald Trump et ce dernier sera jugé sur les cinquante prochaines années sur leur gestion des problèmes actuels. »

  7. La phrase du jour:

    Sean Spicer interrogé sur les électeurs américains qui envahissent les conseils municipaux pour protester contre le « Repeal & Replace » d’Obamacare:
    « Ce n’est pas parce qu’ils font du bruit qu’ils sont nécessairement nombreux. »
    L’état d’esprit de la majorité républicaine envers les Américains inquiets de perdre leur assurance maladie: « il y a des gens en colère mais il y a aussi beaucoup de manifestants professionnels (…) qui veulent attirer l’attention des médias. »

  8. A ne pas lire: « How to survive the next Four Years like a French Woman »

    Le 150 000 ème article sur la femme française qui fait mieux que tout le monde, et cette fois-ci c’est résister avec élégance dans le New Yorker: « Acheter des habits de qualité », « Flirter constamment », « Toujours garder un parfum à portée de main », « Garder un air mystérieux », « Assumer vos imperfections »

  9. Couverture du Jour:

    L’édition « The Future of Work » sur la nouvelle « working class » américaine à lire ici

    The New York Times magazine – Edition du 26 février 2017

 

 

Mercredi 22 février 2017: Des Républicains choqués; « Deportation Nation »; Obamacare résiste + #OscarsSoWhite

  1. Milo: le clap de fin

    Communiqué de Milo Yiannopoulos pour annoncer sa démission de Breitbart

    Il était sombre le Milo hier, pas vraiment d’humeur à insulter une femme voilée, un transgenre, à lancé à l’actrice afro-américaine Leslie Jones qu’elle est « illéttrée » … Le provocateur a surfé sur la vague « conservatrice », « libertarienne » et « politiquement incorrecte » lancée par Donald Trump depuis deux ans et justifié ses propos haineux sur le principe sacré de la liberté d’expression jusqu’à ce que ses propos sur la pédophilie choquent ses soutiens républicains et jusqu’à ses collègues de Breitbart – et il en faut pour les bousculer.
    Aux Etats-Unis, le Premier amendement, considéré comme une liberté fondamentale de la Constitution et de la société américaine, autorise et protège les citoyens et journalistes à dire ce qu’ils veulent sur à peu près tous les sujets par provocation ou non – contrairement à la France qui interdit la discrimination et les discours de haine. 

    Comme l’a résumé en une phrase Vox

    La polémique [autour de Yiannopoulos] prouve que le racisme, le sexisme, et autres formes d’intolérance sont acceptées dans les cercles conservateurs mais la pédophilie va trop loin.

    Dans sa dernière apparition télévisée avec Bill Maher ce weekend, il a affirmé vouloir « défendre le droit des gens à être, à dire et à faire ceux qu’ils veulent » et critiqué au passage les émeutes du mois dernier à l’université de UC Berkeley qui l’ont empêché de s’exprimer devant des étudiants conservateurs. Ce à quoi les libéraux répondent qu’il ne s’agit que d’une excuse pour déverser sa haine.
    Cela fait d’ailleurs penser à l’affaire Mehdi Meklat qui justifie ses attaques sur les femmes, les juifs, les homos en plaidant « le double de fiction » et qui accuse aujourd’hui la « fachosphère » d’en vouloir à sa vie.
    On vous conseille: « The Fall of Milo Yiannopoulos, explained » sur Vox

  2. « Deportation Nation »

    Le Department of Homeland Security a confirmé mardi que tous ceux qui traversaient illégalement la frontière mexicaine vers les Etats-Unis, seraient renvoyés manu-militari au Mexique, qu’ils soient Mexicains ou pas.
    Les demandeurs d’asile devront attendre la réponse des autorités au Mexique et pas aux Etats-Unis, comme c’est le cas aujourd’hui. Les populations concernées viennent d’Amérique Centrale (et ont souvent fui la violence des pays du Honduras, Guatémala, Salavador, Haiti) et d’Amérique du sud (Equateur et Brésiliens).

    Les deux mémos publiés mardi prévoient une répression agressive contre l’immigration illégale: les agents d’immigration auront le droit de déporter toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis depuis moins de deux ans qu’elle soit arrêtée le long de la frontière mexicaine ou dans le reste du territoire américain et sans passer par un juge, comme c’est le cas aujourd’hui.
    Sont susceptibles d’être déportés: Toute personne (en situation irrégulière) condamnée ou accusée de délits graves et mineurs.
    Les forces de polices locales auront les mêmes droits que leurs collègues de l’immigration pour arrêter des criminels sans papiers des villes sanctuaires.
    D’autres parts, déporter les « DREAMers », ceux qui ont grandi aux Etats-Unis en situation irrégulière, ne sont pas, selon Sean Spicer, « la priorité » de la Maison Blanche.

    Au delà de ces changements drastiques par rapport à la politique d’Obama, ces mémos « n’ont aucune intention d’entraîner des arrestations et déportations de masse » a affirmé un employé du DHS rapporté par The Hill
    Aucun détail n’est donné sur les lieux où seront détenus les immigrés en attendant leur jugement our leur expulsion.

     

  3. Obamacare fait de la résistance

    L’une des promesses de campagnes de Donald Trump et l’obsession des Républicains depuis son vote en mars 2010, c’est le « repeal and replace » d’Obamacare: son abrogation et son remplacement.
    L’abrogation de l’Affordable Care Act, sans autre programme défini et voté par le Congrès pour le remplacer inquiète de nombreux Américains, y compris des électeurs de Trump, qui appartiennent aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire ceux qui bénéficient le plus de l’assurance santé mise en place par Obama.
    Politico comparait hier la résistance du Tea Party en 2009 dans l’Iowa contre Obamacare, et les actions menées cette année par les électeurs Démocrates et Républicains confondus pour préserver cette même loi.

    « Et comme une poignée de législateurs républicains à travers le pays, [Chuck Grassley, sénateur de l’Iowa] doit faire face à la colère des électeurs qui remplissent les conseils municipaux pour tenter de dissuader les Républicains d’abroger la loi du président Obama sur la santé.
    Les militants démocrates [moveon.org et Our Révolution] considèrent cette semaine comme cruciale pour faire entendre leurs revendications, d’autant que les Républicains restent profondément divisés au Congrès sur la façon de démanteler la loi sur la santé et sur celle qui devrait la remplacer.

    Les éléments les plus populaires d’Obamacare, ce sont la possibilité de contracter une assurance quels que soient ses antécédents médicaux et quel que soit son âge et la possibilité pour les enfants de moins de 26 ans d’être sous l’assurance de leurs parents.
    Certains représentants républicains ont annulé et remplacé des conseils municipaux  par des « conference call » depuis la vidéo diffusée la semaine dernière où le Représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffez s’est fait hué par des centaines d’électeurs.
    D’autres affirment que les manifestations sont des mises en scène et les militants sont payés par l’opposition … comme le président hier soir.

    Twitter

     

  4. On vous conseille de lire: « Shake Up at the Oscar » – New Yorker

    Boone Isaacs, première Afro-Américaine présidente de l’Académie des Oscars depuis 2013 a décidé de prendre en main le problème de la diversité à Hollywood et de la représentation des minorités dans les nominations, dénoncé en 2015 par le fameux hashtag  #OscarsSoWhite: Elle a annoncé cette année là, la mise en place de l’initiative A2020 pour diversifier l’Académie en cinq ans. Le renouvellement nécessaire de ses membres ( ils sont six mille à 94% blancs et 70% masculins et âgés d’une soixante d’années) a été considéré par certains comme une purge en réponse aux accusations racistes dont a fait l’objet le comité ces dernières années.
    En juin dernier 683 membres ont été accueillis, un nombre record, dont 45% de non blancs provenant de 59 pays différents – les nouveaux entrants ont besoin de deux lettres de parrainage pour rentrer et qui ont été actifs dans l’industrie ces dix dernières années.

    Une nouvelle composition qui implique la mise en place de nouvelles stratégies des studios de cinéma pour séduire les membres de L’Académie. Passionnant.

  5. La Bourde du jour

    La couverture du Bryan-College Station Eagle: « Trump nomme McMaster pour remplacer Pence »: il s’agissait en fait de remplacer le général Flynn qui a démissionné il y a dix jours, et non le vice président Mike Pence
    La couverture a fait le tour d’internet.

    The Eagle – Edition du mardi 21 février 2017

    Kelly Brown, certainement très embarrassée a publié hier matin « une lettre d’excuses aux lecteurs du Eagle – et à Mike Pence ». Son erreur n’est pas comparable à la une du Chicago Tribune qui annonçait le 3 novembre 1948 la victoire de Thomas Dewey aux élections présidentielles gagnées en réalité par Truman ironise-t-elle, et l’erreur n’était ni un « mensonge délibéré », ni « une vérité alternative ». C’est le résultat d’une deadline sans assez relecture, et « c’est ma responsabilité », précisant au passage un manque d’effectif au sein de sa rédaction.

  6. Couverture du jour:

    Variety offre sa couverture à Jimmy Kimmel qui présentera dimanche sa première cérémonie des Oscars, « le job le plus ingrat du show business ».

    Variety

Vanity Fair – Special Hollywood 1995-2017!

Depuis 1995, Vanity Fair consacre un numéro « spécial Hollywood » et rassemble sur sa couverture les acteurs et actrices qui ont marqué l’année.
Cate Blanchett est apparue quatre fois (1998, 01, 05 et 16) suivie par Gwyneth Paltrow (1995, 01, 04), Kate Winslet (1997, 01, 05), Scarlett Johansson (2004, 05, 06), Amy Adams (2008, 15, 17), Emma Stone (2010, 2013, 2017), Lupita Nyong’o (2014, 16, 17) et Jennifer Lawrence (2011, 12, 16).

Vanity Fair Hollywood Issue 1995

Vanity fair 1995; Première édition Hollywood 

En partant de la gauche: Jennifer Jason Leigh, Uma Thurman, Nicole Kidman, Patricia Arquette, Linda Fiorentino, Gwyneth Paltrow, Sarah Jessica Parker, Julianne Moore, Angela Bassett, et Sandra Bullock.
C’est un premier essai donc forcément, il n’y pas a beaucoup de cohésion dans la photo qui ressemble davantage à des copiés-collés qu’autre chose. On ne comprend pas trop la robe de Gwyneth Paltrow au milieu des autres filles dénudées. Pauvre Jennifer Jason Leigh, la seule accroupie.

***

Vanity Fair Hollywood issue 1996

Vanity Fair 1996

En partant de la gauche: Tim Roth, Leonardo DiCaprio, Matthew McConaughey, Benicio Del Toro, Michael Rapaport, Stephen Dorff, Johnathon Schaech, David Arquette, Will Smith, et Skeet Ulrich.
Même chose l’année suivante, Leo, Matthew, Benicio et même Will Smith qui ressemblent à des adolescents.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1997

Vanity Fair 1997

En partant de la gauche: Cameron Diaz, Kate Winslet, Claire Danes, Renée Zellweger, Minnie Driver (allongée), Alison Elliott, Jada Pinkett, Jennifer Lopez, Charlize Theron, et Fairuza Balk.
La troisième édition est plus professionnelle avec un peu plus d’unité, dommage que Claire Danes penche la tête autant et que Renée Zellwegger ait une pose aussi bizarre.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1998

Vanity Fair 1998 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Joaquin Phoenix, Vince Vaughn, Natalie Portman, Djimon Hounsou, Cate Blanchett, Tobey Maguire, Claire Forlani, Gretchen Mol, Christina Ricci, Edward Furlong, et Rufus Sewell.
Pour la quatrième édition, Annie Leibovitz a trouvé son idée. Seule problème, aucun d’entre ne sourit donc c’est un peu triste.

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Vanity Fair Hollywood Issue 1999 

Vanity Fair 1999 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Adrien Brody, Thandie Newton, Monica Potter, Reese Witherspoon, Julia Stiles, Leelee Sobieski, Giovanni Ribisi, Sarah Polley, Norman Reedus, Anna Friel, Omar Epps, Kate Hudson, Vinessa Shaw, et Barry Pepper.
Nouvelle génération pour cette cinquième où les visages se détendent. A l’exception d’Adrien Brody, Reese Witherspoon, Giovanni Ribisi et Kate Hudson, les autres n’ont pas au autant de succès. C’est un numéro oubliable.

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2000

Vanity Fair 2000 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Penélope Cruz, Wes Bentley, Mena Suvari, Marley Shelton, Chris Klein, Selma Blair, Paul Walker, Jordana Brewster, et Sarah Wynter.
Ici aussi c’est une toute nouvelle génération et dans une ambiance déjeuner sur l’herbe. Paul Walker fait son entrée, l’acteur est décédé d’un accident de voiture en Californie en 2013.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2001

Vanity Fair 2001 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Nicole Kidman, Catherine Deneuve, Meryl Streep, Gwyneth Paltrow, Cate Blanchett, Kate Winslet, Vanessa Redgrave, Chloë Sevigny, Sophia Loren, et Penélope Cruz.
Le plus beau numéro, à mon avis, avec un décor classique et un casting de rêve, et Catherine Deneuve. On se demande ce que fait Chloé Sevigny dans la photo. 

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Vanity Fair Hollywood Issue 2002

Vanity Fair 2002 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Kirsten Dunst, Kate Beckinsale, Jennifer Connelly, Rachel Weisz, Brittany Murphy, Selma Blair, Rosario Dawson, Christina Applegate, et Naomi Watts.
Rupture de style avec une photo qui fait penser à une publicité Gap des années 90. Toutes les actrices sont aujourd’hui des stars et Jennifer Connelly n’a pas changé.
Brittany Murphy est décédée en 2009

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Vanity Fair Hollywood Issue 2003

Vanity Fair 2003 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Tom Hanks, Tom Cruise, Harrison Ford, Jack Nicholson, Brad Pitt, Edward Norton, Jude Law, Samuel L. Jackson, Don Cheadle, Hugh Grant, Dennis Quaid, Ewan McGregor, et Matt Damon.
Très belle couverture avec les plus grands acteurs d’Hollywood de l’époque qui sont restés des acteurs majeurs avec un petit coup de vieux qui leur va à ravir.

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2004

Vanity Fair 2004 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Julianne Moore, Jennifer Connelly, Gwyneth Paltrow, Naomi Watts, Salma Hayek, Jennifer Aniston, Kirsten Dunst, Diane Lane, Lucy Liu, Hilary Swank, Alison Lohman, Scarlett Johansson, et Maggie Gyllenhaal.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2005

Vanity Fair 2005 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Uma Thurman, Cate Blanchett, Kate Winslet, Claire Danes, Scarlett Johansson, Rosario Dawson, Ziyi Zhang, Kerry Washington, Kate Bosworth, et Sienna Miller.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2006:

Vanity Fair 2006 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Scarlett Johansson, Tom Ford, et Keira Knightley.
La plus provocatrice et aussi l’un des plus belles!

 

Vanity Fair Hollywood Issue 2007

Vanity Fair 2007 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Ben Stiller, Owen Wilson, Chris Rock, et Jack Black.
Couverture sympathique.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2008

Vanity Fair 2000 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Emily Blunt, Amy Adams, Jessica Biel, Anne Hathaway, Alice Braga, Ellen Page, Zoë Saldana, Elizabeth Banks, Ginnifer Goodwin, et America Ferrera.
Les couleurs pastel sont magnifiques.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2010

Vanity Fair 2009 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Abbie Cornish, Kristen Stewart, Carey Mulligan, Amanda Seyfried, Rebecca Hall, Mia Wasikowska, Emma Stone, Evan Rachel Wood, et Anna Kendrick.
Nouvelle génération d’actrices à la mode champêtre.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2011

Vanity Fair 2011 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Ryan Reynolds, Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway, James Franco, Jennifer Lawrence, Anthony Mackie, Olivia Wilde, Jesse Eisenberg, Mila Kunis, Robert Duvall, Joseph Gordon Levitt, Andrew Garfield, Rashida Jones, Garrett Hedlund et Noomi Rapace
La mise en scène est particulièrement réussie, le glamour est au rendez vous: une couverture très réussie!

Vanity Fair Hollywood Issue 2012

Vanity Fair 2012 – Photographie Mario Testino

En partant de la gauche: Rooney Mara, Mia Wasikowska, Jennifer Lawrence, Jessica Chastain, Elizabeth Olsen, Adepero Oduye, Shailene Woodley, Paula Patton, Felicity Jones, Lily Collins, et Brit Marling.
Couverture qui ressemble à celle de 2008, très « soie » et pastel. La photo est de Mario Testino.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2013

Vanity Fair 2013 – Photographie Bruce Weber

En partant de la gauche: Ben Affleck, Emma Stone, Bradley Cooper, Eddie Redmayne, Quvenzhané Wallis, Olivia Wilde, et Kerry Washington.
Annie Leibovitz n’a pas pris la photo, c’est peut-être pour cela que le magazine n’a pas réussi à réunir grand monde sur un même shoot.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2014

Vanity Fair – Annie Leibovitz 2015

En partant de la gauche: Chiwetel Ejiofor, Julia Roberts, Idris Elba, George Clooney, Michael B. Jordan, Jared Leto, Lupita Nyong’o, Naomi Harris, Brie Larson, Chadwick Boseman, Margot Robbie, et Léa Seydoux.
Première couverture de Julia Roberts et de Léa Seydoux et l’ensemble est remarquable.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2015

Vanity Fair 2015 – Photographie Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Amy Adams, Channing Tatum, Reese Witherspoon, Eddie Redmayne, Felicity Jones, David Oyelowo, Benedict Cumberbatch, Sienna Miller, Oscar Isaac, and Miles Teller.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2016

Vanity Fair 2016 – Annie Leibovitz

Jane Fonda, Cate Blanchett, Jennifer Lawrence,Viola Davis, Charlotte Rampling, Brie Larson, Rachel Weisz, Lupita Nyong’o, Alicia Vikander, Gugu Mbatha-Raw, Helen Mirren, Viola Davis, Saoirse Ronan and Diane Keaton.
Toutes vêtues de noir. C’est la première couverture de Jane Fonda et de Charlotte Rampling et la quatrième de Cate Blanchett.

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Vanity Fair Hollywood Issue 2017

Vanity Fair  2017 – Annie Leibovitz

En partant de la gauche: Emma Stone,Lupita Nyong’o,Amy Adams, Natalie Portman, Ruth Negga, Dakota Fanning, Elle Fanning, Aja Naomi King, Dakota Johnson, Greta Gerwig, Janelle Monáe.