Le kiosque du 30.06.17

 

 

1. « We’re OK, the Country’s not »

 

  • L’info de la semaine à Washington, ce sont les tweets incendiaires et sexistes de Donald Trump à l’encontre de la présentatrice de l’émission politique de MSNBC « Morning Joe », Mika Brzezinski, qui s’était moquée jeudi matin de la fausse couverture du magazine Time – sur laquelle apparaît Trump – accrochée dans plusieurs clubs de golf du président.
  •  

  • Vendredi, les deux présentateurs ont dénoncé dans le Washington Post « la constante obsession de Trump avec le sang des femmes » en référence aux remarques désobligeantes du candidat républicain contre Megyn Kelly en 2015.
  •  

  • Dans leur émission ce matin, ils ont affirmé que trois conseillers du président, dont Jared Kushner, leur auraient conseillé il y a quelques mois, de supplier le président de demander à son ami, le patron du tabloïd The National Enquirer, de ne pas diffuser un article révélant leur relation – ce qu’ils ont refusé de faire.
  •  

  • La plupart des Démocrates et quelques Républicains ont condamné les propos défendus bec et ongle par une Maison Blanche qui agit de plus en plus comme une forteresse assiégée par « les médias libéraux et les élites du pays ».
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  • Encore une fois: Si n’importe quel politique ou journaliste, présentateur, entrepreneur avait insulté le « petit QI » d’une collègue ou d’une employé et s’était moqué de « son lifting », il aurait été critiqué, forcé de s’excuser et peut-être même viré.
    Pas Donald Trump.
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  • Le tabloïd new yorkais Daily News y a consacré sa couverture ce matin avec l’aigle américain en berne et le titre « Humiliation »

 

 


2. Mac vs Apple

 

  • Monkey Survey, le site de sondages en ligne, qui a correctement prévu la débâcle des conservateurs anglais début juin, s’est demandé quels auraient été les résultats des élections présidentielles américaines si les électeurs américains avaient été remplacés par des utilisateurs de Windows ou Mac, ou iOS ou Android?
  • Les utilisateurs de Windows auraient fait gagner Trump et ceux du Mac auraient encore plus largement fait gagner Hillary Clinton.

 

 

surveymonkey.com

 


3. Les fédéraux à Chicago

 

Couverture du Chicago Sun-Times le 30 juin 2017

 

  • Chose promise, chose due: Trump menaçait depuis des mois (pendant la campagne présidentielle, après son élection et en janvier) d’envoyer les « fédéraux » à Chicago si les autorités locales, le Chicago Police Department et le maire démocrate, Rahm Emanuel, étaient incapables d’arrêter le « carnage » qui ravage la ville.
  •  

  • En 2016, Chicago a recensé 762 homicides, « plus que les décès par armes à feu de New York et Los Angeles réunis, les deux autres plus grandes villes d’Amérique » et les problèmes de violence et de criminalité continuent à la même cadence cette année avec jusqu’ici 333 homicides et 1 760 fusillades.
  •  

  • Le Département de Justice américain a annoncé aujourd’hui l’envoi de vingt agents de l’ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) qui vont faire équipe avec la police locale dans d’une unité spéciale, la « Chicago Crime Gun Strike Force » qui sera opérationnelle dès demain pour le début du long week-end du 4 juillet, fête de l’indépendance, et chaque année,  l’un des plus meurtriers de la « Wind City »

 


4. La Chine à la rescousse des Etats-Unis?

 

  • Malgré la récente déconvenue de Donald Trump avec la Chine, incapable de détendre son voisin nord-coréen, et l’aversion du président américain pour la mondialisation, obnubilé par son programme nationaliste économique « America First », le géant du milieu continue d’investir massivement chez les Yankees:
     

    En 2016, les entreprises chinoises ont dépensé 46 milliards de dollars d’investissement direct à l’étranger aux Etats-Unis, trois fois plus que les 15 milliard dépensés en 2015 (…) Les entreprises chinoises emploient 140 000 travailleurs dans tout le pays, neuf fois plus qu’en 2009 (…)
    La plupart de l’activité économique générée à travers les Etats-Unis est produit de la mondialisation, qui a aidé a booster des économies partout dans le monde, y compris en Chine, et qui permet désormais à une classe de gens et d’entreprises fortunés de ces économies d’investir aux Etats-Unis, en créant des emplois dans des régions en difficulté comme dans l’Ohio. (…)
    Des centaines de représentants chinois y travaillent [dans l’Ohio], ont ramené leur famille de Chine, achètent des maisons et des voitures et inscrivent leurs enfants dans les écoles locales..

  •  

  • « Will China save the American Economy? »The Atlantic

 

 


5. Le nouveau Martin Luther King?

 

Page One du New York Times, le 11 juin 2017

 

  • Il a fait la couverture de l’édition dominicale du New York Times au début du mois, le révérend William Barber, qui officie dans la petite église de Goldsboro en Caroline du Nord, est l’une des personnalités religieuses les plus influentes et politisées du pays – et de gauche.
     

    Le mélange de piété et de politique offert par Barber pourrait apporter un nouveau souffre de vie et de direction à la gauche politique américaine pour s’opposer au programme de Trump.

     

  • L’ ancien amateur de football américain à la carrure imposante est souvent comparé à Martin Luther King, grâce à des sermons « qui mélangent les principes d’amour, de justice et de compassion avec une vision américaine de la morale inscrite dans la constitution » et capables de « surpasser les valeurs morales longtemps revendiquées par les conservateurs. »
  •  

  • Avec son mouvement de désobéissance civile, « Moral Mondays », créé en 2013 pour protester contre le programme du gouverneur républicain de Caroline du Nord, Pat McCroy, il veut former « une armée d’activistes dans les Etats les plus conservateurs et mettre le problème de la pauvreté au centre de la politique américaine », une sorte de continuation du travail inachevé de Martin Luther King, assassiné en 1968, peu après avoir annoncé le lancement d’une campagne pour améliorer la vie des pauvres.
     

    Barber porte son message à travers le pays, depuis des chaires, devant des syndicats et des militants « millenial », dialogue sur le podcast de Bernie Sanders et est souvent l’invité de la chaîne libérale MSNBC. Sa plus grande prestation a été celle de la convention nationale démocrate au cours de laquelle il a reçu une standing ovation lorsqu’il a appelé une « armée de défibrillateurs moraux » à « choquer le coeur de la nation »

     

  • « Rev. William Barber builds a moral movement »The Washington Post
    « Religious liberals sat out of politics for 40 years. Now they want in the game »The New York Times

 


6. La vidéo du Jour

 

  • La dernière campagne publicitaire de la National Rifle Association joue sur les profondes divisions idéologiques dont souffre le pays depuis l’élection de Trump pour recruter de nouveaux membres.
  • On y voit une Amérique en quasi-guerre civile, dans laquelle « les médias, les écoles, les élites d’Hollywood et le président Obama » sont responsables des violences contre le président Trump et ses supporters, et « le seul moyen d’arrêter ça, c’est de combattre cette violence de mensonges avec le poing fermé de la vérité ».


 

 

 


7. Le reste de l’actualité

 

  • Neil Gorsuch, juge de la Cour Suprême des Etats-Unis nommé il y a quelques mois par le nouveau président pour remplacer le conservateur Anthony Scalia, est très à droite sur la religion, les armes et les droits des homosexuels. Il avait pourtant affirmé lors de son audition devant le Sénat qu’il n’existait pas de juge démocrate ou républicain. – The Los Angeles Times
  •  

  • Consommation d’opioïdes: la police de Dayton dans l’Ohio affirme avoir utilisé de la Naxolone, le médicament miracle qui renverse le effets de l’overdose, à vingt reprises sur le même toxicomane. Un abus dénoncé par un politicien de Middletown qui suggère que les forces devraient arrêter de répondre aux overdoses d’opioïdes pour éviter de gâcher les ressources de la police. – Dayton Daily News

 

 


8. La couverture du Jour

 

  • Difficile d’énumérer les couvertures qu’a fait Trump ces dix-huit derniers mois. Cette semaine, il est en couverture de New York magazine et The Economist.
  • Qu’apprend-on de nouveau? Trop rien si ce n’est que Trump exploite les divisions (villes contre campagnes, travailleurs contre étudiants) pour satisfaire sa base électorale très loyale et les scandales de la Maison Blanche, jusqu’ici relayés et limités à Washington devraient bientôt se répandre dans le reste du pays.

 

Le Kiosque du 29.06.17: Morning Joe vs Trump; Les libraires-secouristes; Iphone a 10 ans; #OscarsStillSoWhite; Roy Cohn

 

 

1. Trumplandia: Oeil pour oeil, dent pour dent

 

 

    • Hier, Donald Trump a attaqué le Washington Post, propriété du géant Amazon, après s’en être pris la veille à l’ensemble des « fake médias », y compris le New York Times, CNN et les grandes chaînes d’infos nationales (NBC, ABC, CBS) dans ce qui constitue une fois de plus « le plus grand dénigrement des médias depuis Nixon ».

 

  • L’attaque contre Jeff Bezos, le fondateur et PDG d’Amazon, aurait été provoquée par un article paru en une du Washington Post hier, qui affirme que les sénateurs républicains ne prendraient pas le président au sérieux, après la décision de Mitch McConnell, chef de la majorité du Sénat de retarder le vote sur la réforme de la réforme de l’assurance santé.

    « Plutôt que d’essayer de convaincre les Américains sur le vote de la réforme d’Obamacare, Trump passe son temps à vendre son mépris envers les médias » – CNNMoney

 

  • La vidéo filmée en caméra cachée par James O’Keefe, un activiste pro-Trump, dans laquelle un producteur de CNN affirme que sans preuve tangible l’affaire Trump-Russie pourrait bien être « du n’importe quoi » qui rapporte de l’audience à la chaîne, qualifiée de « disgrâce pour tous les médias et le journalisme », a été mise en ligne sur le compte Instagram du président mercredi et abondamment reprise par Fox News depuis.
    Comme l’explique Hadas Gold dans Politico, Donald Trump et ses alliés pensent désormais qu’il a gagné du terrain dans sa guerre contre les médias

 


2. Trumplandia: Des tweets qui touchent le fond

 

  • Pas si vite!
    Les tweets incendiaires de ce matin contre deux présentateurs, aujourd’hui fiancés, de l’émission politique « Morning Joe » sur MSNBC, autrefois confidents et aujourd’hui très critiques à l’encontre du président, ont dépassé les limites de la décence et ont été condamnés par la plupart de la classe politique et des médias (même de droite) mais salué par le présentateur star de Fox News, Sean Hannity ainsi que Breitbart et autres trolls sur internet.

    J’ai entendu que l’émission Morning Joe (que je ne regarde plus) me critique. Comment expliquer alors que la folle Mika [Brzezinski] avec son petit QI et Joe [Scarborough] le « psycho » soient venus à Mar-a-Lago trois soirs de suite lors du nouvel an pour me voir. Ce que j’ai refusé parce que son lifting saignait encore.

     

  • Melania Trump, la femme du président, qui s’est engagée contre le harcèlement en ligne (« cyber-bullying ») a justifié les propos de son mari, qui, « lorsqu’il est attaqué réplique dix fois plus fort » et Sarah Sanders, la porte parole adjoint de la Maison Blanche a également expliqué que son boss répondait avec la même agressivité contre ceux qui l’insultent.
  • Même le Daily Mail a qualifié ces propos de « coup très bas ».

 


3. Image du Jour

 

  • Le dessin du jour signé John Mavroudis paru sur le site du New Yorkerclin d’oeil au faux numéro du magazine Time avec Trump en couverture, accrochée selon le Washington Post, dans différents clubs de golf du milliardaire.

 

 

 

 

 


4. #OscarsStillSoWhite

 

Extrait de la couverture du LA Times ce matin

 

  • Comme l’Académie des Oscars s’était engagée à le faire l’année dernière après la polémique lancée en 2015 sur Twitter contre des #OscarsSoWhite, diversifier ses membres, majoritairement masculins, blancs et âgés, elle a accueilli cette année un record de 774 professionnels de l’industrie, contre 683 en 2016.

    La nouvelle promotion compte 298 femmes, ce qui augmente leur représentation de 27 à 28%.
    232 sont des gens de couleur, ce qui augmente la présence des minorités de 11 à 13%.
    En juillet dernier, le Times a estimé que l’Académie devait ajouter 85 personnes de couleurs et 395 femmes dans ses rangs chaque année pour atteindre ses objectifs.

     

  • L’Académie qui compte 6 687 membres semble tenir ses promesses énoncées dans son programme « A2020 », censé profondément diversifier l’Académie d’ici à 2020, mais elle est encore aujourd’hui très « blanche » (à 87%) et masculine (à 72%)Los Angeles Times

 

 


5.  Quand les bibliothécaires jouent les secouristes

 

  • « Ce n’est pas une secouriste. C’est juste une jeune bibliothécaire qui a sauvé six personnes depuis avril. C’est beaucoup pour une libraire. » explique le secouriste qui vient d’être appelé sur la scène d’une énième overdose dans le McPherson Square Park, situé dans l’un des quartiers difficiles de Philadelphie.
  • C’est là ou travaille Chera Kowalski, une bibliothécaire, témoin dans sa vie quotidienne de l’une des pires crises de santé publique de l’histoire des Etats-Unis: les overdoses liés à la consommation d’opioïdes et d’héroïne qui est devenu la principale cause de mort accidentelle dans le pays: Depuis avril, elle a sauvé la vie de six toxicomanes en leur administrant Narcan, un médicament miracle qui renverse les effets de l’overdose.
  • « Dans au moins trois grandes villes, Philadelphia, Denver et San Francisco – les employés de bibliothèque savent désormais, ou doivent apprendre, comment utiliser la drogue Naxolone (dit Narcan)  anti-overdoses » explique Julie Todaro, présidente de l’Association Américaine des Libraires: « On doit savoir quels sont les premières étapes à suivre pour aider à résoudre ce problème
  • « The Opiod epidemic is so bad that librarians are learning how to treat overdoses » – CNN

 

 


6. Le iphone a dix ans

 

Apple

 

  • En 2007, Steve Jobs présentait le smartphone qui allait révolutionner l’industrie du téléphone et des communications et à l’époque les journalistes avaient bien du mal à décrire cet objet ultra moderne, avec un seul bouton et ce nouvel écran digital:

    « C’est un iphone, un téléphone portable et serveur internet portatif réunit dans un tout petit paquet »

    Quartz a réuni les meilleures descriptions de l’époque

 

  • The Economist:

    Aucun produit n’a autant changé la vie des gens dans l’histoire récente. Sans le iphone, commander un taxi, partager des photos, envoyer des messages en direct et autres essentiels de la vie moderne seraient moins répandus. Si elle n’avait pas vendu plus de 1,2 milliards d’appareils et engrangé des revenus de plus d’un billion de dollars, Apple ne serait pas la plus importante entreprise au monde. Des milliers de développeurs de logiciels seraient plus pauvres, puisque les applications leur rapporte près de 20 milliards de dollars chaque année.

 


7. A lire

 

  • « Comment-est ce que la symbiose impitoyable entre Trump et Roy Cohn a changé l’Amérique »: Une enquête de Vanity Fair sur la relation entre l’un des avocats et défenseurs du maccarthisme et le jeune entrepreneur née à New York au début des années 80.

    Le pouvoir de Cohn provenait largement de sa capacité à effrayer d’éventuels adversaires avec des menaces bidons et des faux procès. Et le prix de ses services? Une loyauté à toute épreuve. Trump – qui est resté loyal envers Cohn pendant des années – aura été l’un des derniers bénéficiaires et les plus durables du pouvoir de Cohn. (…)L’essence de l’influence de Cohn sur Trump était la triade suivante:
    1. Ne jamais payer, ne jamais se rendre.
    2. Contre attaquer et porte plainte.
    3. Quoi qu’il se passe, même dans la pire des situations, crier victoire et ne jamais s’avouer vaincu.

     

  • « How Donald Trump and Roy Cohn’s Ruthless symbiosis changed America » – Vanity Fair

 

 

 


8 . A écouter

 

  • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a débuté au New York Post puis Politico qui suit depuis des années Donald Trump, qu’elle connait très bien – C’est l’une des plus connectées de Washington et ses articles apparaissent très en Page One de la « Grey Lady ».
    C’est le quotidien d’une journaliste qui couvre une présidence extraordinaire entre la capitale et New York. Passionnant.
  • « I Have to Ask: The Maggie Haberman » – Slate

 


9. La couverture du jour

 

  • La septième et avant dernière saison 7 de Game of Thrones débarque sur HBO le 16 juillet prochain.

 

 

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

Le Kiosque du 27.06.17: Alt-Lite vs Alt-Right; YouTube trollé; WeSearchr; Le vote de l’AHCA reporté

1. Le vote sur l’assurance santé reporté après le 4 juillet

 

  • Décidément, cette réforme de l’assurance santé à du mal à passer.
    Après un premier échec et un passage de justesse avec une voix de différence à la Chambre des Représentants en mai dernier puis une réécriture de la part de treize sénateurs républicains pendant plusieurs semaines qui n’a convaincu personne, les leaders du Sénat ont eu la sagesse de reporter le vote après le 04 juillet, la date limite qu’ils s’étaient fixés.
  • La décision survient au lendemain de la diffusion du rapport de l’Office du Budget qui prévoit que 22 millions d’Américains perdraient leur assurance ces dix prochaines années.
  • Les Républicains veulent coûte que coûte remplacer Obamacare mais cinq des 52 Sénateurs Républicains se sont prononcés contre le vote de la réforme, ce qui les empêche d’atteindre la simple majorité de 51 sénateurs nécessaires à son passage.

 

 


2. Les scénaristes bluffés par Trump

 

Netflix, House of Card, Saison 5

 

  • AP s’intéresse à l’influence de la présidence de Trump sur les séries politiques américaines:
     

    Que ce soit en dépeignant la noble géopolitique de « Madam Secretary », les manipulations de « House of Cards », les talents maladroits de « Veep » ou le fléau du terrorisme dans « Homeland », les scénaristes doivent relever le défi de rester pertinent et créatif tout en restant dans le plausible. Jusqu’à la présidence de Trump.
    D’un jour à l’autre, l’inattendu et l’impensable sont devenus la nouvelle réalité, avec des vrais drames en direct qui menacent de dépasser les rêves les plus fous des meilleurs auteurs.

  •  

  • La plupart de ces séries n’avaient pas prévu la victoire de Trump, et la nouvelle présidence qui casse tous les codes de la politique traditionnelle, enchaîne les scandales, a compliqué le travail des scénaristes, incapables d’anticiper la situation de la Maison Blanche dans six mois et de penser aux scénarios des prochaines saisons. 
  •  

  • Le scénariste et producteur de House of Card, Frank Pugliese:
     

    On ne sait pas encore ce que c’est que l’ère Trump. Donc au lieu de se concentrer sur Trump, on parle de ce qui a produit Trump. Si on s’intéresse à cela, ça nous permet de comprendre qui nous sommes et comment peuvent évoluer les personnages.
    Notre boulot est de rechercher et d’explorer ce qui est possible, et le pousser à l’extrême pour divertir et attirer l’attention. C’est toujours ce que l’on essaye de faire.

  • « Real-life drama in age of Trump challenges TV’s storytellers » – AP

 


3. Guerre civile chez les fachos

 

Des supporters « Alt Right » devant le Lincoln Memorial ce week-end

 

  • Rien ne va plus chez les supporters d’extrême droite de Trump qui se réunissaient ce week-end à Washington dans deux meetings séparés pour « unifier la droite » – SPLC
  •  

  • D’un côté, les « nationalistes blancs et antisémites de « l’alt right » autour de Richard Spencer, qui prononçait un discours sur la liberté d’expression près du Lincoln Memorial et s’en sont pris à leurs adversaires moins zélés de l’ « Alt lite », accusés d’être des sous fifres du président incapables de le critiquer: « Ces gens ne sont pas des penseurs politiques. On ne doit pas les écouter. C’est que de la publicité. » Il étaient une centaine.
    Le mois dernier, Spencer avait organisé une marche aux flambeaux à Charlottesville en Virginie pour protester contre le retrait d’une statue du général Robert Lee, une figure des Etats Confédérés.
  •  

  • Selon Will Sommer, qui publie une newsletter hebdomadaire sur la droite américaine, le « racisme et antisémitisme assumé » de Spencer va trop loin pour presque tout le monde aux Etats-Unis, même les supporters les plus fidèles de Trump »
  •  

  • De l’autre, les « nationalistes citoyens » de « l’alt lite » autour de Mike Cernovitch, se sont rencontrés près de la Maison Blanche pour défendre la sacro-sainte liberté d’expression. Eux affirment n’être ni racistes, ni antisémites.
  •  

  • C’est le même Cernovitch qui a offert mille dollars à quiconque arriverait à interrompre la pièce de théâtre « Jules César » début juin, dans laquelle l’empereur romain assassiné a toutes les apparences du président américain. Laura Loomer, une employée de la revue d’extrême droite canadienne, The Rebel, s’est exécutée, est montée sur scène avant d’être arrêtée.
  • « White nationalist find Lincoln Memorial, and opposing voices » – The Washington Post

 

 


4. WeSearchr, le « Go Fund Me » d’extrême droite

 

WesearchR.com
  • Ce qui nous amène directement à cette plate forme de crowdfunding, Wesearchr, réservée au financement d’un journalisme, voire trolling d’extrême droite, qui a récolté dix mille dollars pour payer les frais d’avocats de Laura Loomer.

 

  • Comment ça marche:
    Les utilisateurs sont appelés des « Askers », « des demandeurs » qui lancent un appel aux dons (« Proposed Bounty ») à travers une question ou un défi posé, auxquels peuvent répondre « des chercheurs, journalistes, trolls ou lanceurs d’alerte ».

    L’appel de dons pour Laure Loomer
  • Les internautes investissent dans le projet qui les intéresse et lorsque la somme demandée est récoltée, la question devient une « Wanted Bounty » et tout le monde peut soumettre sa réponse.
    C’est WeSearchr qui décide si le défi a été remporté et celui qui l’a rempli reçoit 75% des dons, 10% est donné au « demandeur » et la compagnie garde 15%.
  •  

  • Le site propose également le financement d’une opération « Make Journalism Great Again » qui laisse les rédacteurs du site choisir eux-mêmes les thèmes ou questions à poser.
  •  

  • WeSearchr affirme être « une entreprise journalistique » qui publie des informations qui ont une valeur « journalistique » et dans l’intérêt du public et les appels de dons qui cherchent des informations qui ne sont ni publiables, ou qui n’ont pas d’intérêts journalistique ne seront pas approuvées.
  •  

  • On trouve beaucoup d’appels aux dons pour le payement de frais d’avocats, de manifestations, et une petite perle: « Apporter la preuve de l’homosexualité d’Emmanuel Macron » initiée par l’équipe de Wesearchr en mars dernier qui affirme que le président serait en couple avec Mathieu Gallet, le PDG de Radio France que et le magazine Closer aurait des photos des deux hommes main dans la main dans une forêt.

 


5. Youtube trollé

 

La chaîne Youtube de Lauren Southern

 

  • Après Facebook, Twitter, c’est au tour de YouTube d’être utilisé par des activistes d’extrême droite pour « manipuler les médias avec des coups d’éclat censées faire le tour d’internet, et de plus en plus dangereux » selon Buzzfeed News.
  • Parmi elles, Lauren Southern, qui a eu la bonne idée ce mois-ci de rejoindre un groupuscule d’extrême droite, Génération Identitaire, sur un bateau en Méditerranée pour protester contre le sauvetage des réfugiés qu’ils dénonce comme un « trafic d’êtres humains » – le tout en direct sur Periscope et suivi par un millier d’internautes.
     

    Southern appartient à ce vaste univers de personnalités d’extrême droite actives sur internet qui se sont alignées sur la jeunesse politique américaine  « new right » ou « alt right » ou « new far right ». Ce groupe essaye de s’allier avec d’autres factions d’extrême droite à l’étranger en continuant le trolling dans le monde réel.

     

    • Southern est un peu la Tomi Lahren canadienne, qui a travaillé pour Rebel Media, le Breitbart d’Ontario,  « une source courageuse d’informations, d’opinion et d’activisme » basée à Toronto.
      Elle aime créer la polémique, notamment lors de ses interventions dans des universités américaines pour parler du « retour de la femme traditionnelle »  et est devenue une figure de l’extrême droite en Amérique du Nord ces derniers mois.
    • Elle a le même nombre d’abonnés que Mike Cernovitch sur Twitter, 300 000 sur YouTube, 97 000 sur Facebook, est amie avec Milo Yiannopoulos, a récemment quitté son travail et créé un compte Patreon, destiné à financer ses vidéos, et être présente là ou ça se passe, « une manifestation, une élection ou même la Maison Blanche ».
    • Ce qui la différencie des autres trolls d’internet: Créer des polémiques sur le terrain, dans le monde réel, caméra à l’épaule, provoquer des réactions et retransmettre en direct l’évènement puis réaliser une vidéo pour sa chaîne YouTube le lendemain.
      Elle affirme faire du journalisme militant « gonzo » – en référence à Hunter S. Thompson, auteur de « Las Vegas Parano ». Elle était au Deploraball de Richard Spencer en janvier à Washington D.C., aux émeutes de Berkeley en avril.

 

 


Couverture du Jour

  • Chaque année, le magazine de la chaîne sportive ESPN consacre son dernier numéro de juin au corps (« The Body Issue ») en mettant en couverture des athlètes nus.
  • Cette année, nous avons le droit à la joueuse de tennis Caroline Wozniacki, le joueur de football américain Ezekiel Elliott, le joueur de baseball Javier Baez, et le joueur de basket Isaiah Thomas.

Le Kiosque du 26.06.17: AHCA – Un tabloid pro Trump – SF & les SDFs – Le Missouri réactionnaire

 

1. Assurance santé: Trump sur la défensive

 

 

  • L’actualité politique de cette semaine, c’est le passage de la réforme de l’assurance santé (« Repeal and Replace Obamacare ») devant le Sénat américain, rendue publique jeudi dernier et compte déjà cinq adversaires parmi les sénateurs républicains (qui disposent d’une majorité de 52 sièges au Sénat).
    Les treize sénateurs qui ont travaillé dessus pendant plusieurs semaines et dans le plus grand secret après son vote à la Chambre des Représentants sont ouverts à la négociation et espèrent rallier une majorité avant le 4 juillet prochain, fête de l’indépendance.
  •  

  • Trump leur mis a la pression ce week-end sur Twitter en affirmant à ses 32 millions d’abonnés qu’il « n’imaginait pas que les sénateurs républicains laissent le peuple américain souffrir plus longtemps d’un Obamacare en lambeaux. »
  •  

  • Mais le cas échéant, le groupe pro-Trump « America First Policies », formé par d’anciens associés de la campagne du candidat et de son colistier, pour promouvoir et faire passer le programme législatif du président, est prêt à dégainer pour plus d’un million de dollars de campagne publicitaire contre l’un d’entre eux, Dean Heller, sénateur du Nevada qui sera diffusé dans son propre Etat, s’il ne revient sur ses critiques formulées vendredi dernier contre l’American Health Care Act.
    Heller est dans une position vulnérable dans le Nevada qui a voté Hillary Clinton- The Hill

 

 

 


2. San Francisco n’arrive pas résoudre son problème de SDF

 

Couverture du San Francisco Chronicle – lundi 26 juin 2017

 

  • San Francisco a dépensé 275 millions de dollars entre juin 2016 et juin 2017 pour aider et loger les sans domicile fixe de la ville, 34 millions de dollars de plus que l’année précédente (juin 2015-16) et moins que les 305 millions de dollars prévus pour la prochaine année fiscale qui commence ce mois ci.
     

    Les équipes de nettoyage étaient plus occupées que jamais à ramasser près de 679 tonnes de poubelle dans les camps de sans-abri et près de cent mille seringues usagées.
    Mais malgré tout l’argent et l’effort, la réalité de la rue ne s’est pas vraiment améliorée et la situation à San Francisco n’a jamais été pire (…)
    Les plaintes des résidents contre les campements, les seringues et les excréments sont en augmentation.
    En 2016, il en a eu 22 608, cinq fois plus que l’année précédente.

  •  

  • San Francisco est aujourd’hui l’une des villes les plus chères du pays à cause de loyers très élevés et du coût de la vie quotidienne qui doit faire face à une population sans-abri, de plus en plus importante, et dont les campements font désormais partie du paysage urbain, au grand dam des habitants.
     

    La pauvreté est horrible pour ceux qui vivent dans la rue. Elle est aussi dérangeante pour ceux qui la contemplent à leur porte. Dans une ville aussi libérale et riche, le budget pour 2017-18 est de 10 milliards de dollars, pourquoi est-ce que tout amélioration semble impossible reste une question très frustrante.

 

San Francisco Chronicle

 

 

 


3. Le Missouri, l’Etat le plus réac’ d’Amérique?

 

Abort73.com est l’une des associations « pro life » américaines

 

  • C’est l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, l’un des plus religieux, des plus conservateurs et aujourd’hui l’un des plus réactionnaires à l’encontre du droit des femmes à disposer de leur corps:
     

    Le Sénat du Missouri considère une loi qui permettrait à tous les employeurs et propriétaires de s’attaquer aux femmes qui prennent la pilule ou avortent. La loi, soutenue par le gouverneur de l’Etat, Eric Greitens, a été votée par la Chambre des Représentants du Missouri mardi.

  •  

  • Appelée SB 5 (« Senate Bill 5 »), la loi est censée annuler une ordonnance passée par « les politiciens radicaux » de St Louis, qui interdisait toute discrimination liée aux choix en matière de santé sexuelle et reproductive, et qui au grand dam de son gouverneur aurait transformé la capitale de l’Etat en une « ville sanctuaire de l’avortement ».
     

    Mr Greitens affirme que cette ordonnance interdisait des associations pro-vie (y compris des « pregnancy crisis centers » qui tentent de convaincre les femmes de ne pas avorter en se présentant comme des centres médicaux) d’engager des femmes « pro-vie ». Ces gens qui dirigent ces centres étaient selon eux discriminés pour leurs croyances religieuses. 

     

  • Si SB 5 est confirmée, les propriétaires et employeurs seront autorisés à demander à leurs employées ou locataires si elles utilisent des moyens de contraception ou ont déjà subi un avortement, et même si elles ont eu un enfant conçu hors mariage et à les virer (de leur logement ou de leur emploi) sur ces choix intimes et personnels ne correspondent par à leurs croyances religieuses.
    Heureusement pour les Missouriennes, le « Federal Pregnancy Discrimination Act » interdit toute discrimination contre les femmes qui ont déjà pratiqué un avortement, mais rien ne les protège contre la pilule.
  •  

  • NARAL, l’association pro-choice du Missouri a condamné « les efforts continus du gouverneur et de ses collègues du Grand Old Party pour restreindre l’accès des femmes aux soins de santé (…) une attaque scandaleuse contre les femmes et leurs familles ».
  •  

  • Cette discrimination repose sur le principe de liberté religieuse, qui offre à chacun le droit de punir celles ou ceux qui ne pensent pas ou qui ni ne croient de la même manière.
    Si les Républicains sont opposés à toute forme d’ingérence de l’Etat dans certaines sphères de la société – port d’arme, environnement, assurance santé – ils en sont friands dès qu’il s’agit du droit des femmes. 
  • « Women on birth control could be barred from working if Missouri lawmakers get their way » – Newsweek
    « Missouri is One Step Closer to Disqualifying You For Jobs Because You Take Brith Control » – Bustle

 

 


4. Le National Enquirer: Tabloid pro-Trump

 

 

  • Excellente enquête de Jeffrey Toobin dans le New Yorker sur le soutien inconditionnel de l’un des plus importants tabloïds américains envers Donald Trump et sa présidence
  •  

  • The National Enquirer est la revue star de America Media Inc. qui possède la plupart des tabloïds en vente à l’entrée de 200 000 caisses de supermarchés américains (The Star, Globe, Examiner, OK!) et dont le directeur général, David Pecker, ancien directeur de Hachette, est un ami de longue date de Trump.
     

    Les tabloïds de Pecker ont peu d’abonnés et quasiment aucune publicité. La plupart de leur revenue proviennent d’achats impulsifs en attendant son tour aux caisses.

     

  • The Enquirer, créé en 1926, avec une circulation hebdomadaire de 325 000 exemplaires – en déclin depuis les années 70 – a décidé pour la première fois de son histoire de soutenir un candidat à la présidence, Donald Trump: Une décision « personnelle » selon Mr Pecker qui vise aussi à satisfaire ses lecteurs, dont la plupart soutiennent le président.
     

    [Jeffrey Tobbin] lui a dit que critiquer Trump n’était pas la même chose que critiquer American Media.
    « Pour moi ça l’est » a répondu Pecker, « cet homme est l’un des amis ».

     

  • Depuis 2013, Pecker aimerait élargir America Media Inc. avec le rachat de Time Inc, qui possède Time magazine, People, et Fortune:

    A l’époque, il semblait improbable que le chef d’un empire de tabloïds de supermarchés devienne le propriétaire d’un des plus grands titres du journalisme américain. Mais l’idée que Pecker prenne la tête de Time Inc, comme celle de Trump président des Etats-Unis, est passé de ridicule à une éventualité (…)
    Il utiliserait ces magazines, et les journalistes qui y travaillent pour avancer les intérêts du président et attaquer ses adversaires.

  •  

  • « The National Inquirer’s fervor for Trump » – The New Yorker

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Des manifestants qui défilaient avec un drapeau aux couleurs des fiertés homosexuelles avec l’étoile de David dessus, lors de la « Dike March » de Chicago, ont été sommés de sortir du cortège « pour leur soutien contre le sionisme ». Ils étaient trois et ont réussi à faire parler d’eux un peu partout dans les journaux, souvent pour critiquer les organisateurs qui auraient affirmé au Wind City Times, un journal local de Chicago, que la marche était anti-sioniste et pro-palestinienne. Les drapeaux américains étaient semble-t-il eux aussi interdits. – Slate
  •  

  • Le juge Anthony Kennedy, 81 ans, dont 29 passés à la Cour Suprême des Etats-Unis pourrait annoncer sa retraite aujourd’hui, lors de la dernière séance de l’année à Washington, et si c’est le cas, offrir à la présidence de Donald Trump une influence extraordinaire sur la direction du pays.

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture de l’Independance Day américain, très belle cette année, avec « Bright Star » dessinée par Kadir Nelson dans le New Yorker

 

Le kiosque du 23.06.17: « Pire erreur politique »; Communication toxique; Black Lives Matter; Facebook change de mission

 

1. « La pire erreur politique »

    • Le renvoi du directeur du FBI le 14 mai dernier, décidé par le président contre l’avis de son entourage – à l’exception de son genre Jared Kushner – aura miné ce début de présidence et la bonne marche de l’enquête du FBI qui aurait pu prouver son innocence dans les soupçons de collusions avec les Russes durant la campagne présidentielle américaine:

      Cela restera la plus grosse erreur politique de l’ère moderne. Pour l’un des conseillers du président, il s’agit de la pire erreur depuis que Richard Nixon a refusé de s’excuser auprès du peuple américain pour le Watergate et décidé d’étouffer l’affaire.

       

    • Le président est encore une fois responsable de cette situation: S’il avait condamné dès le départ l’ingérence russe en soutenant les conclusions des agences de renseignement, s’il était resté silencieux sur l’enquête du FBI en laissant James Comey faire son travail et s’il avait évité de l’intimider publiquement sur l’existence d’éventuels enregistrements juste après son limogeage, cette affaire n’aurait pas pris de telles proportions.

 

  • La crise permanente autour de la Maison Blanche, relayée 24h/24 par l’ensemble de la presse, a finalement peu d’influence sur les 38% d’Américains qui continuent de soutenir coûte que coûte le président et pensent que le « Deep State » veut sa peau.

 

  • Pour David Brooks, éditorialiste au New York Times, les médias doivent garder la tête froide et se rendre qu’aucune preuve de la culpabilité du président et de sa campagne n’a encore été mise en évidence:

    C’est inquiétant lorsqu’on commence à remplacer la politique de la démocratie par la politique du scandale. En démocratie, les problèmes comptent et vous gagnez en persuadant les citoyens. Vous reconnaissez la légitimité de vos adversaires comme un compromis inévitable. Dans le scandale, depuis le Watergate, inutile de persuader. Les victoires politiques se remportent uniquement en détruisant vos adversaires politiques accusés d’avoir mal agi. La politique devient alors une question de supériorité morale et de destruction personnelle.

  • « Let’s not get carried away » – The New York Times

 

 


2. « Une communication toxique »

 

L’image diffusée par CNN lors du daily briefing de la Maison Blanche interdit aux caméras, le 22 juin 2017
    • « Cinq moins dans la présidence de Trump et les relations entre la Maison Blanche et les médias ne tiennent plus qu’à un fil » constate Dylan Byers sur CNN
      Les journalistes sont considérés comme « l’ennemi du peuple » et tout est fait pour entraver leur travail, à savoir informer le public sur ce qu’il se passe à Washington: diminuer la fréquence et la durée des conférences de presse, ne pas répondre aux questions posées ou rester très évasif.

 

    • La tension est montée d’un cran hier lorsqu’on leur a interdit de filmer la conférence de presse de la Maison Blanche assurée par Sarah Huckabee Sanders: CNN a décidé de diffuser la totalité de la conférence en direct avec un fond d’écran avisant le public qu’il n’était pas autorisé à voir ces « daily briefings ».

 

    • Trump menace depuis des semaines de supprimer ce qui était devenu l’un des programmes télé les plus regardés de l’après midi, grâce notamment aux échanges musclés entre le porte parole, Sean Spicer et les médias.

 

  • Le président veut contrôler directement et personnellement sa communication comme il l’a toujours fait et avec brio, explique Jack Schafer:

    Trump ne veut pas vraiment être président … En fait il aurait voulu être directeur de la communication de la Maison Blanche … Contrôler et arranger les messages qui sortent de la Maison Blanche c’est la plus grande obsession de Donald Trump. Il aimerait se conduire comme il l’a fait pendant des décennies à New York  quand il alimentait les articles des tabloïds [à son sujet].

 


3. Facebook réévalue sa mission

    • L’année difficile que vient de passer le mastodonte des médias sociaux, – accusé d’avoir aidé l’élection de Trump et participé à la diffusion massive de fake news, a poussé son fondateur et visionnaire, Mark Zuckerberg, à faire un peu de « soul searching » sur l’ambition de Facebook.

 

    • S’il affirmait il y a dix ans vouloir construire un « monde plus ouvert et plus connecté », Zuckerberg a revu ses ambitions à la baisse et affirme désormais vouloir offrir à ses utilisateurs « le pouvoir de construire une communauté et de se rapprocher les uns des autres ».
      Un message un peu plus humble et conscient des divisions qu’a pu provoquer Facebook au sein des communautés et qu’elle assume tout en attribuant une part de responsabilité aux internautes qui doivent prendre eux aussi conscience des répercussions de la désinformation et limiter son usage.

 

  • L’interview de Zuckerberg donnée à CNN est disponible ici et son manifeste publié en février

 


4. Panique au Wall Street Journal

 

Jay Salomon sur C-Span en 2014 – Credit C-SPAN, via Associated Press

 

    • L’agence Associated Press a révélé mardi qu’un reporter du Wall Street Journal, Jay Salomon, responsable du bureau des affaires étrangères, travaillait pour un homme d’affaires étranger qui était également l’une de ses principales sources, pour lequel il aurait négocié une vente avec un gouvernement étranger.

 

    • Mr Salomon serait devenu actionnaire d’une jeune compagnie dirigée Farhad Azima, un magnat de l’aviation, iranien, qui a négocié dans le passé des transports des armes pour le compte de la CIA.

 

    • Le quotidien new yorkais a viré le journaliste pour avoir violé ses obligations et les standards éthiques de la rédaction, dénoncé ses actions et son manque de jugement.

 

    • C’est dans le cadre d’une enquête sur Mr Azima que AP est tombé sur une correspondance électronique piratée entre ce dernier et le journaliste, confirmée par d’autres témoins: Il aurait servi d’intermédiaire en 2015 pour un contrat d’armements et de surveillance de la compagnie de Mr Azima avec les Emirats Arabes Unis destiné à l’espionage de certaines activités en Iran, Syrie et Yemen.

 

 


5. Où est passé Black Lives Matter?

 

Adam Maida for Buzzfeed News

 

    • « Qu’est-il arrivé à Black Lives Matter? » s’interroge cette semaine Buzzfeed News:

      L’élection et la présidence de Donald Trump ont provoqué la plus grande effusion d’activisme libéral depuis une dizaine d’années. Après une ascension fulgurante, le mouvement se déchire aujourd’hui sur son leadership et sur la direction à suivre.

       

    • Si certains groupes de défense des libertés ou associations de gauche sont entrés en résistance en organisant des manifestations et appels à l’action, et ont réussi à s’imposer en s’appropriant les nouveaux défis posés par la présidence de Donald Trump, Black Lives Matter a perdu  » de nombreuses opportunités qui s’étaient ouvertes » grâce à Barack Obama, notamment celle d’un « président conscient de l’autorité morale des jeunes activistes afro-américains. »

 

    • Selon la direction de l’organisation, l’organisation est moins visible sur la scène nationale par qu’elle se concentre sur des objectifs politiques qui nécessitent davantage « d’intégrité, de dignité et d’intégration ».
      Pour le journaliste:

      Black Lives Matter est toujours là. Ses groupes sont toujours organisés. Mais Black Lives Matter est en train de perdre l’influence et l’élan qui lui avaient permis de provoquer un débat national sur les politiques en matière de justice criminelle.

 

  • Entretenir et développer sur le long terme une organisation née dans la rue implique une stratégie claire sur différents points …:
    • L’organisation
      A l’intérieur du mouvement avec les différents chapitres présents dans la plupart des villes américaines, et à l’extérieur avec les autres associations de défense des Afro-Américains et organisations de gauche
    • Le financement
      Accepter ou non l’argent de fondations, mettre en place des levées de fond et donations pour payer ses militants et promouvoir le mouvement.
    • La communication
      Donner la parole aux personnalités médiatiques du mouvement quite à déplaire aux anonymes qui travaillent dans l’ombre
    • La direction
      Sur quels politiques concentrer l’action de l’organisation et relayer un message qui soit clair pour tous les militants et supporters
  • … Que Black Lives Matter doit définir rapidement pour continuer à lutter et à exister.
  • « What happened to Black Lives Matter? » – Buzzfeed

 

 

 

Le Kiosque du 22.06.17: Dem:0-Rep:4 – Le Guardian US mal en point – Uber – Michael Moore & John Oliver

 

1. Démocrates 0 – Républicains 4

  • La défaite des Démocrates dans le 6ème disctrict de Géorgie et en Caroline du Nord mardi soir est le signe que les Républicains, malgré les déboires des premiers mois de présidence de Trump, ont toutes les chances de remporter les élections de mi-mandat en 2018 et pourquoi pas la réélection de Donald Trump en 2020 a affirmé Michael Bloomberg cette semaine sur CNN.
  •  

  • Le milliardaire a prévenu les Démocrates: « Tout l’argent du monde ne peut acheter une élection » et si l’ancien maire de New York refuse de considérer cette élection comme un référendum sur la jeune présidence de Trump – les élections parlementaires comme celles-ci se jouent davantage sur des enjeux locaux – il leur conseille de se concentrer sur une victoire en 2020 plutôt qu’une résistance systématique de l’administration actuelle.
  •  

  • Comme l’affirmait Michael Moore sur Twitter hier
     

     Celui qui pense que le parti qui a gagné le vote [populaire] dans six des sept dernières élections [présidentielles], qui ne dispose d’aucun pouvoir et qui a perdu quatre élections en 2017 va gagner l’année prochaine, n’a rien compris.
    Le Comité National Démocrate n’a aucune idée de comment gagner parce qu’ils n’ont aucun message, aucune stratégie, aucun leader, ne se battent pas et n’aiment pas la résistance.

  •  

  • Les Démocrates  n’ont rien appris de leur défaite aux élections présidentielles de 2016, continuent à faire les mêmes erreurs en attendant des résultats différents, et le bouc émissaire est Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants.

 

 


2. Travis Kalanick, les dessous d’une disgrâce

 

The NEw York Times – Credit Chris Koehler

 

  • Comment une poignée d’actionnaires a réussi à se débarrasser du fondateur et directeur de la start-up la plus chère au monde:
     

    La décision de Travis Kalanick de démissionner de son poste de directeur général de Uber Technologies a choqué ses 12 000 employés et le reste de la Silicon Valley, mais c’est la culmination de semaine de machinations de la part des plus gros investisseurs pour virer le co-fondateur d’une compagnie évaluée à 70 milliards de dollars

     

  • Un véritable putsch de la société californienne Benchmark, l’un des plus gros investisseurs de Uber, qui a envoyé deux représentants surprendre Kalanick mardi à Chicago, en lui présentant une série d’exigences dont celle de sa démission immédiate, imposée par cinq grands actionnaires de la compagnie, et que le jeune entrepreneur de 40 ans a finalement accepté après un coup de fil passé à Arianna Huffington, l’une des membres du conseil d’administration, et des heures de négociations – il garde un siège au conseil des directeurs.

 

  • Ce sont les scandales (harcèlement sexuel, discrimination, vol de brevet, utilisation frauduleuse de software), l’incapacité de Kalanick à redresser l’image de la compagnie, et la difficulté de trouver un Directeur d’exploitation (COO) à cause la présence même de Kalanick dans l’entreprise qui a poussé les investisseurs à organiser ce coup.

    Le drame qui s’est déroulé dans l’hôtel n’avait rien de soudain. C’est le résultat de plusieurs au cours desquels à peu près tous les soutiens de Mr Kalanick se sont retournés contre lui. Un par un, les dirigeants, membres du conseil, investisseurs et même les amis proches ont pris leurs distances  devant la série de scandales éthiques et légales auxquels Uber a du faire face.

  • Les successeur potentiels de Uber dans Axios
  •  

  • « How Uber Backers orchestrated Kalanick’s Ouster as CEO » – The Wall Street Journal
    « Inside Travis Kalanick Resignation as Uber’s CEO » – The NEw YOrk Times

 

 


3. John Oliver et HBO poursuivis

 

Youtube / Coal: Last Week Tonight with John Oliver (HBO)

 

  • Le présentateur de « Last Week Tonight » sur HBO a consacré sa dernière émission à l’industrie minière aux Etats-Unis, un thème de prédilection du président qu’il s’est promis de ressusciter en dépit de tout logique historique, économique et même sanitaire: Le secteur ne compte plus que 50 000 mineurs, est en déclin depuis des décennies à cause d’une baisse structurelle de la consommation au profit des énergies renouvelables et d’une robotisation de son exploitation, sans compter les problèmes de santé et de sécurité rencontrés par les mineurs.
  •  

  • L’une des compagnies ciblées dans l’émission, Murray Energy Corporation, a prévenu à l’avance HBO que toute tentative de diffamation, et de harcèlement contre elle ou son dirigeant, Mr Murray, ferait l’objet d’une plainte a expliqué John Oliver dimanche soir.
  •  

  • Ce qui a motivé John Oliver pour attaquer Mr Murray, « vieux Dr Evil », qu’il a accusé de maltraiter ses employés, de les mettre en danger et de dénoncer les plaintes systématiques de la compagnie contre les médias.
    Une plainte en diffamation a été déposée cette semaine contre HBO en Virginie Occidentale.
  •  

  • « John Oliver, a giant squirrel and a defamation lawsuit by coal industry titan »Washington Post

 


4. Glow, le dernier programme glam rock 100% féminin de Netflix

 

 

  • La nouvelle « dramedie » en dix épisodes suit le parcours de jeunes actrices en difficulté qui acceptent de participer à des programmes de catch et s’inspire directement d’une émission populaire éponyme des années 80, G.L.O.W., pour the Georgeous Ladies of Wrestling.
  • Le programme hebdomadaire, diffusé le dimanche entre 1986 et 1990, « reste un phénomène extraordinaire à beaucoup d’égards en dépit de ses préjugés, de ses conditions de travail bizarres et ses risques d’accident »: les membres étaient aussi de jeunes actrices en difficulté, jolies, à qui des producteurs ont demandé de se battre sur un ring après leur avoir donné des noms loufoques comme MTV, Jailbait, Little Egypt, Babe the Farmer’s Daughter ou Ninotchka.      .
  • GLOW a eu beaucoup de succès auprès des enfants et adolescents (les « fratboys » américains) car si les actrices suivaient un scénario, les luttes étaient bien réelles et souvent improvisées: « esthétiquement aussi féministe que Charlie Angels mais bien plus valorisant » explique le New Yorker
  • Vous pouvez regarder le documentaire consacré au programme original “G.L.O.W.: The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling.” et disponible demain sur le Netflix américain.

 

 


5. Le Guardian US en eaux troubles

 

Campagne de publicité du Guardian US en 2013

 

  • Le Kiosque en parlait fin mars: L’édition américaine du Guardian est fragilisée comme le décrit cette semaine Buzzfeed News dans une longue enquête:
     

    La rédaction du Guardian US n’est pas devenue la voix de la gauche de Bernie pendant les élections. Elle n’a pas réussi à sortir des scoops importants durant la campagne. Des années après avoir gagné un Pulitzer pour l’histoire de Edward Snowden, le Guardian US a dû réduire ses coûts, laissant des employés inquiets concernant les problèmes de gestion, les lutte internes, l’accusation de harcèlement sexuel et des perspectives financières impossibles à atteindre. 

     

  • Le Guardian US est né en 2011 de la branche américaine du quotidien, Guardian America, qui rapportait déjà beaucoup de trafic, et a voulu atteindre public américain en adoptant un ton différent de celui des autres grands quotidiens du pays.
  •  

  • L’affaire Snowden en 2013 qui lui a offert le Pulitzer en 2014 a imposé The Guardian US dans le champ médiatique, qui a triplé de volume et élargit sa ligne éditoriale avec l’apport de financements mais une pression supplémentaire pour rapporter plus de trafic et culminé à 42 millions de visiteurs mensuels en juin 2016. 
  •  

  • Une restructuration de la compagnie mère et une baisse des revenus publicitaires en ligne en ont décidé autrement et la rédaction est passée en quelques mois de 140 à 80 employés avec des objectifs désormais inatteignables (32 millions de dollars de revenus pour 2016-17 soit deux fois plus que l’année précédente).
  •  

  • Le Guardian n’a pas réussi à concurrencer le New York Times et le Washington Post qui enchaîne les scoops depuis des mois – une remarque qui s’applique d’ailleurs à tous les autres quotidiens et magazines américains – ni à utiliser la campagne électorale pour représenter et défendre la gauche progressiste américaine incarnée par Bernie Sanders, assez critiqué par le Times et le Post qui eux ont choisi Clinton. 
    Un constat un peu injuste puisque le Guardian été l’un des seuls grands médias à soutenir et couvrir la campagne du sénateur du Vermont, jusqu’à sa défaite en juin de l’année dernière
  •  

  • « How the Guardian lost America » – Buzzfeed News

 


6. Couverture du jour

  • Le Time s’intéresse au procureur Robert Mueller qui a repris l’enquête du FBI sur les soupçons de collusions entre la Russie et l’équipe de Trump durant les élections présidentielles américaines, qu’il aurait élargi pour inclure d’éventuelles tentatives d’entrave à la justice du président – pour avoir viré James Comey.
     

    Mueller doit être prudent, mesuré, honnête et ouvert. S’il trouve des infractions, il doit les expliquer clairement. S’il n’en trouve aucune, il doit l’affirmer avec autant de transparence et de conviction. L’Amérique a besoin de leaders qui soient justes: Mueller peut aider en étant un exemple.

Le Washington Post et le New York Times: les meilleurs ennemis

 

Jamais depuis le scandale du Watergate, les médias américains n’avaient autant influencé la vie politique du pays explique Joe Pompeo dans Politico: Au centre de cette effervescence éditoriale, une rivalité entre deux mastodontes de la presse, le New York Times et le Washington Post dirigés par deux rédacteurs-en-chef au sommet, Dean Baquet et Marty Baron, dont les carrières ont influencé le journalisme aux Etats-Unis.

 

Les Leaders de l’ère Trump

L’ensemble des médias américains profitent depuis des mois de l’effet Trump, le « Trump Bump », que ce soient les journaux, magazines, chaînes télé, à travers l’enchaînement « breaking news », analyses et reportages autour et à l’intérieur de la Maison Blanche et Washington.

Mais pour ce qui est des informations relatives aux agences de renseignement et de la sécurité intérieure, Le Times et le Post, avec leurs équipes de correspondants expérimentés, ont l’avantage des grandes institutions.

Ce sont les journalistes de ces deux grands quotidiens qui, grâce des relations de confiance tissées avec le monde du renseignement, notamment le FBI et la CIA, depuis des années, qui ont réussi à obtenir la plupart des fuites sur les soupçons de collusions entre les Russes et les aides de campagne de Trump – Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale forcé de démissionner, Jeff Sessions, Jared Kushner, …

S’ils ont souffert ces dernières années d’une baisse des ventes et des revenus publicitaires face à la multiplication et à la spécialisation de nouveaux médias en ligne, ils réaffirment aujourd’hui leur leadership sur l’information, grâce notamment à la compétition féroce qu’ils entretiennent l’un envers l’autre.

Le scandale de la messagerie privée de Hillary Clinton? C’est le New York Times qui l’a sorti en mars 2015. La vidéo d’Access Hollywood? C’est David Fahrenthold du Post qui l’a révélé un mois avant les élections (il vient de remporter le Pulitzer pour son enquête sur les oeuvres de charité de Donald Trump). La cadence des scoops s’est accélérée depuis l’investiture du président jusqu’à cette semaine du mois de mai où chaque jour a eu son lot de révélations soit de la part du Post (Trump révèle des informations confidentielles aux Russes dans le bureau ovale), soit de la part du Times (Trump a demandé à Comey de laisser tranquille Michael Flynn). 

 

Des carrières croisées qui ont marqué le journalisme américain

Les deux rédacteurs-en-chef sont des amis de longue date qui se sont rencontrés au New York Times à la fin des années 90 et ont appliqué trois fois pour le même poste – Rédacteur en chef au Miami Herald et à deux reprises pour le New York Times).

Après avoir débuté comme stagiaire dans le Times Pycayyne, le journal de sa ville natale, la Nouvelle Orléans, Dean Baquet est parti pour le Chicago Tribune (1984-1990) où son équipe a remporté le Pulitzer du reportage d’investigation (sur la corruption au conseil municipal de Chicago) en 1988; il a rejoint le New York Times pendant dix ans (1990-2000) puis a traversé le pays pour devenir directeur de la rédaction du Los Angeles Times (2000-2007); période au cours de au cours de laquelle le quotidien californien a remporté 13 Pulitzers.
Il est revenu au Times en 2007, a monté patiemment les échelons, a réussi à se débarrasser de Jill Abramson, et est devenu le premier rédacteur en chef afro-américain.

 

 

Marty Baron, moins convivial et plus circonspect, a commencé au Miami Herald (1976-79) puis est parti au Los Angeles Times pendant 17 ans (1979-1996) avant de rejoindre le New York Times (1996-2000) et de retourner au Miami Herald comme rédacteur en chef (2000-2001). Il y remporte son premier Pulitzer pour la couverture de la bataille juridique autour du petit Elian Gonzalez, déchiré entre un père resté à Cuba et sa famille exilée en Floride.

Il part occuper les mêmes fonctions au Boston Globe (2001-12), considéré comme l’un des tournants majeurs du quotidien de New England, « Baron était un juif originaire de Floride dans une rédaction dominée par des Catholiques irlandais ». C’est pourtant lui qui va apporter au journal son « couronnement journalistique », repris brillamment dans l’excellent long métrage, lui-même oscarisé, « Spotlight »: La croisade d’une équipe de journalistes décidée à révéler les décennies d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique, grâce le silence complice de la hiérarchie, qui lui vaudra le Pulitzer en 2003.

 

Première couverture de l’enquête du Boston Globe sur les abus sexuels au sein de l’Eglise en 2003

A deux reprises Marty Baron et Dean Baquet ont été pressentis pour le poste le plus prestigieux, celui de rédacteur en chef du New York Times, attribué à Bill Keller en 2003 puis à Jill Abramson en 2011 mais finalement offert à Dean Baquet en 2014.
Entre temps, Marty Baron s’est déjà distingué comme rédacteur en chef du Washington Post, en remportant le plus prestigieux des Pulitzers, en collaboration avec le Guardian, pour ses articles sur les activités de surveillance de la NSA basés sur les fuites de Edward Snowden, au nez et à la barbe du New York Times, snobé par le lanceur d’alerte. 

 

Comme Joe Pompeo le note:

Au moment où Trump est devenu un candidat sérieux à la présidence, le Post était prêt à se battre. C’est pendant les derniers mois mouvementés de la campagne de 2016 que le Post et le Times ont émergé comme les acteurs dominants d’un moment ou les journaux, malgré leurs problèmes financiers, sont les garants d’une certaine responsabilité.

Désormais, leur compétition définit non seulement leur carrière mais à un certain degré, le sort de l’administration Trump. Chaque matin, tous les deux partent travailler en sachant qu’ils doivent travailler mieux et plus vite pour battre l’autre, sachant l’inévitable retour en flammes des supporters de Trump.

 

Le Kiosque du 18.06.17

 

 

 

1. L’avocat de Trump

  • Jay Sekulow, l’avocat choisi par le président pour le représenter et défendre sur les plateaux télés, étaient dans toutes les émissions dominicales ce matin, et a répété à qui voulait bien le croire que son client n’est pas l’objet d’une enquête du FBI car ils n’avaient reçu aucune lettre officielle du Bureau le confirmant.
  • Les échanges ont été musclés avec les journalistes qui tous cité le tweet du président qui affirmait vendredi sur Twitter que le FBI enquêtait sur lui et qu’il était victime d’une chasse aux sorcières. 

 

 


2. Pendant ce temps-là, il s’enrichit

  • Le président américain a un début de présidence compliqué mais il peut se rassurer, la Trump Organization tourne à plein régime depuis l’annonce de sa candidature à la présidence des Etats-Unis il y a tout juste deux ans – selon ses dernières déclarations financières:
  •  

  • Le Trump International Hotel de Washington, loué au gouvernement fédéral, qui a ouvert l’année dernières à quelques encablures de la Maison Blanche, lui a déjà rapporté 20 millions de dollars de revenus.
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  • Mar-a-Lago, sa station balnéaire de Palm Beach en Floride, qu’il visite régulièrement le weekend, lui a rapporté 37 millions de dollars en 2016, plus que l’année précédente (30 millions de dollars) et plus du double qu’il y a deux ans (16 millions de dollars)
  •  

  • Last but not Least: Le best-seller de Donald Trump, « The Art of The Deal », publié en 1987, lui aurait rapporté l’année dernière un million de dollars de royalties contre 100 000 dollars l’année précédente – Dennis Roadman, l’ancien joueur de basket américain en a rapporté plusieurs exemplaires aux dignitaires nord-coréens lors de sa visite dans le pays de Kim Jong-un cette semaine.
    Les ventes de son dernier ouvrage « Crippled America » lui ont rapporté 5 millions de dollars.
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  • Son patrimoine est évalué à 1,4 milliards de dollars
  •  

  • « Trump Reports assests of at least 1.4 billion in financial disclosure »Politico

 

 


3. Arianna Huffington à la rescousse de Uber

  • Arianna Huffington, co-fondatrice et ancienne rédactrice-en-chef du Huffington Post qu’elle a quitté à l’automne dernier pour se lancer dans sa nouvelle startup, Thrive Global, spécialisée dans l’information sur le bien-être et la santé, est également membre du conseil d’administration de Uber.
  •  

  • La compagnie de transport évaluée à 68 milliards de dollars a enchaîné les scandales depuis six mois et forcé son fondateur et directeur général, Travis Kalanick, 40 ans, à prendre un congé illimité à partir de cette semaine:
     

    Mais quand beaucoup y ont vu une compagnie qui représente le pire de la culture « bro » essentiellement masculine de l’industrie de haute technologie, Huffington pense qu’il existe une autre raison à ce harcèlement sexuel rampant et autres conduites inappropriées au sein de la compagnie: Trop de travail  (…) ce qu’elle appelle un « la culture d’entreprise qui carbure à l’épuisement [de ses employés]. C’est l’une des désillusions qui motive les entreprises, surtout ici dans la Valley, que le burnout est nécessaire à la croissance et au succès ».

     

  • Mme Huffington qui occupe aujourd’hui un rôle proéminent au sein du conseil d’administration essaye de transformer la culture d’entreprise de Uber, l’une des plus détestée de la Silicon Valley, en plus aimable, douce et reposée; ce qui n’est pas sans poser des problèmes et des critiques.
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  • « Arianna Huffington’s fix for Uber: Work less, sleep more »The Washington Post

 

 


4. Abcès fatal

 

Le bus dans lequel est installé une clinique dentaire d’urgence

 

  • Deamonte Driver, 12 ans, originaire de Baltimore, est mort en 2007 d’un abcès dentaire, un phénomène très rare aux Etats-Unis pour ceux qui ont accès aux soins médicaux grâce à leur assurance santé, mais un fais divers qui n’est « pas surprenant » chez les populations les plus pauvres et vulnérables: Dans le Maryland, ils sont un demi-million à recevoir le programme d’aide fédéral « Medicaid », comme la famille Driver, ou à ne bénéficier d’aucune aide médical et dentaire.
  •  

  • Deamonte et sa famille habitaient le comté afro-américain le plus affluent du pays, mais « comme dans le reste de l’Amérique, il existe de profondes inégalités et elles n’ont jamais été plus évidentes que dans la bouche des pauvres. »
  •  

  • « Parce que la mère n’a pas su comprendre comment fonctionnait le système médical complexe du Maryland », trouver un dentiste est devenu un défi majeur même avec l’aide d’associations: A la mort de Deamonte, seulement 20% des dentistes acceptaient le programme Medicaid pour les plus défavorisés
  •  

  • Depuis, une clinique mobile, le « Deamonte Driver Dental Project » installée dans un bus, qui peut accueillir jusqu’à trois patients en même temps, a été lancée en novembre 2010 par une association de dentistes afro-américains grâce aux subventions de l’Etat, pour venir à ces populations, et notamment aux enfants.
  •  

  • « How can a child die of toothache in the US? »The Guardian

 


5. « The Aspirational Class »

  • Les modes de consommation des classes aisées occidentales ont évolué, et aujourd’hui, « être riche est devenu tellement désuet que les riches choisissent de ne plus exposer leur condition. »
  •  

  • La sociologue Elizabeth Currid-Halkett s’intéresse à la nouvelle élite, « The Aspirationals » dans son dernier ouvrage, « the Sum of Small Things: A Theory of the Aspirational Class »:
     

    Diplômés de l’enseignement supérieur, ils se définissent davantage par leur capital culturel que par leur revenus, ces individus achètent bio, portent des « tote bags » NPR [la radio publique américaine] et donnent le sein à leurs enfants. Ils veulent être discrets, consomment sans faire d’éclats – mangent du poulet élevé en plein air et des tomates anciennes, portent des T-shirts en cotton bio, des chaussures TOMS et écoutent le podcast Serial. Ils utilisent leur argent pour engager des nounous et femmes de ménage, pour éduquer leur enfant dans les meilleures conditions, faire du yoga et des pilates.

     

  • Les recherche de Currid-Halkett ne sont pas une découverte si vous habitez à Paris (les bo-bos) ou dans les quartiers hipsters de New York, Los Angeles ou Austin mais ses arguments sont intéressants:
    • « La démocratisation de la consommation ostentatoire » rend la distinction plus difficile pour les plus aisés.
    • Donc la « la consommation discrète est la nouvelle consommation ostentatoire » et plutôt que de dépenser en produits de consommation, elle dépense dans biens et services très chers et qui ne se voient pas.
    •  

  • « The Aspirational Class »Quartz

 

 


6. Massacre à Allende

  • Le National Geographic & Propublica ont publié une enquête, à partir de nombreux témoignages de villageois, de membres du gang et de la DEA] sur le massacre, provoqué par les Etats-Unis, qui a eu lieu dans un village du Mexique, à une cinquantaine de kilomètres du Texas, en mars 2011.
     

    Jose Juan Morales, qui enquête sur les disparus pour du procureur de [l’Etat de] Coahuila: « On a le témoignage de gens qui ont participé au crime. Ils décrivent une cinquantaine de camions qui sont arrivés à Allende, avec des membres du cartel [de Los Zetas]. Ils sont rentrés dans les maisons, les ont pillées puis les ont brûlées. Ensuite ils ont kidnappé les gens qui vivaient dans ces maisons et les ont amené dans un ranch, en dehors d’Allende. D’abord ils les ont tués. Ils les ont mis ensuite dans hangar rempli de foin. Il les ont arrosés de carburant et ont mis le feu et alimentant les flammes pendant des heures et des heures.

     

  • On estime à plusieurs dizaines (chiffres officiels) voire centaines le nombre de victimes (les associations), hommes, femmes et enfants. Les leaders du cartel ont ordonné le massacre en représailles contre certains membres suspectés d’avoir collaboré avec la Drug Enforcement Administration américaine.
  •  

  • Après avoir arrêté et forcé l’un des opérateurs du cartel à coopérer avec eux pour neutraliser les localiser les dirigeants de l’organisation, le DEA a fait le pari de coopérer avec les forces de police locales, qui ont immédiatement informé les leaders qui ont décidé de se venger. 
  •  

  • Ni le maire, ni la police ne sont intervenus le soir du massacre et n’ont rien fait pour empêcher le pillage et la destruction de certaines maisons et commerces du village les jours qui ont suivi.
     

    Tout le monde en avait peur. Los Zetas étaient plus forts que le gouvernement. Ils étaient économiquement plus forts. Mieux organisés. Mieux armés. Tout le monde en avait peur, et ceux qui ne l’étaient pas étaient corrompus.

     

  • « How the US Triggered a massacre in Mexico »National Geographic & Propublica

 

 

 

 

Le Kiosque du 16.06.17: Trump en mode auto-destruction – Les « Dreamers » sains & saufs – « The Invisibles » – Sale semaine pr les journalistes –

 

1. Trump attaque son Département de Justice

    • Rod Rosenstein, l’adjoint du ministre de la justice Jeff Sessions, est celui qui a « recommandé » par écrit au président le renvoi du directeur du FBI, James Comey, en mai dernier, et nommé le procureur indépendant Robert Mueller pour reprendre l’enquête du FBI sur les soupçons d’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines – Jeff Sessions s’étant récusé de toute enquête sur le sujet en mars dernier.

 

    • Hier, Rod Rosentein a officiellement mis en garde « les Américains » sur la véracité des fuites révélées dans les médias en les poussant « à être sceptiques vis-à-vis de ces sources anonymes »: Une tentative de discrédit contre les informations relayées dans les journaux, généralement utilisée par Donald Trump, qui visait clairement à démentir le scoop du Washington Post qui affirme que le FBI sur le président.
      C’est la première fois que le Département de Justice publie un tel communiqué.

 

    • Dans une série de tweets particulièrement agressifs, Donald Trump s’en est pris ce matin à Rod Rosenstein, dont il a questionné l’intégrité:

      L’homme qui m’a poussé à virer le directeur du FBI enquête sur moi pour avoir viré le directeur du FBI!
      C’est une chasse aux sorcières.

 

    • Un énième tweet qui met le président dans l’embarras car:
      • Donald Trump reconnaît qu’il est l’objet d’une enquête qui vise à déterminer s’il a tenté d’entraver l’exercice de la justice.
      • Donald Trump contredit les explications données le mois dernier à un journaliste de NBC News sur les raisons du renvoi de James Comey: « Je l’aurai viré quelles que soient les recommandations [de Rod Rosenstein] ».

 

  • Les attaques du président visent autant Mueller que contre le Département de Justice, Jeff Sessions et son adjoint.

 

 


2. Une spirale infernale

  • Politico rapporte les inquiétudes croissantes de l’entourage de Trump sur son comportement:

    La plus grande menace pour Trump et sa présidence sont sa conduite et son comportement obsessionnel depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Le Parlement et le FBI peuvent prouver que Trump et son équipe ont enfreint la loi avant son investiture, mais ses conseillers sont inquiets que les actions qu’il a prises depuis soient considérées comme une entrave à la justice.

     

  • Le sénateur républicain Lindsey Graham:

    Il pourrait être le premier président de l’histoire à tomber parce qu’il ne peut s’empêcher de parler correctement d’une enquête, qui pourrait très bien l’innocenter s’il restait en dehors.

     

  • S’en prendre directement et aussi rapidement au procureur indépendant, Robert Mueller, « qui n’a même pas fini de réunir son équipe, ni d’installer ses bureaux en dehors du Département de Justice » est un signe de fébrilité et de nervosité du président rapporte le New York Times:

    « C’est un peu tôt pour commencer à critiquer le procureur » affirme Philip Allen Lacorava, un procureur du Watergate et Républicain. « C’est une attaque nucléaire préventive. Si tu as peur de ce que les procureurs vont trouver, tu essayes de discréditer à l’avance tout ce qu’il vont rapporter en les attaquant.

 


3. Les « Dreamers » sains et saufs

 

NBC Chicago

 

    • Lorsque l’administration Trump annonce une bonne nouvelle – qui ne consiste à pas à détruire l’héritage de son prédécesseur, Barack Obama – c’est généralement une promesse de campagne qu’il ne tiendra pas. 

 

    • Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé hier qu’il ne déportera pas les « Dreamers », ces jeunes immigrés arrivés sans papiers sur le sol américain lorsqu’ils étaient enfants, souvent accompagnés de leur parents, et légalement autorisés à y rester et travailler grâce au programme mis en place sous Obama, le DACA (« Deferred Action for Childhood Arrivals »).

 

    • C’est une victoire pour les défenseurs des droits des immigrés et des libertés civiles qui militent depuis des mois contre les politiques anti-immigration du président.

 

    • C’est une défaite pour les supporters de Trump et partisans d’une rhétorique anti-immigration qui considèrent le DACA comme une « accès illégal vers l’amnistie » et qui s’étaient vus promettre le contraire par le président.

 

    • Explications:

      Menacer un certain groupe apprécié de la plupart des Américains d’expulsion est un risque politique majeur. Dans certains cas, ces immigrés n’étaient pas au courant qu’ils étaient entrés illégalement sur le territoire. Beaucoup fréquentent des établissements scolaires américains depuis la maternelle

 

 


4. Vivre sans carte d’identité

    • Super enquête du Washington Post sur « The Invisibles », cette population défavorisée qui ne possède aucune pièce d’identité (« ID »): pas de acte de naissance, ni carte de sécurité sociale ou de permis de conduire – la carte d’identité nationale telle qu’on la connaît en France n’existe pas, et peu d’Américains disposent d’un passeport.

 

    • 11% des adultes américains ne possèdent aucun papier d’identité:

      Pour les pauvres Américains, les « IDs » sont quelque chose de vital – un moyen d’obtenir services et des opportunités, du logement social à l’éducation. Dans les Etats qui obligent leurs habitants à disposer d’une « ID » pour voter, ils ne peuvent pas exercer leur droit. « C’est un grand problème pour les populations qui sont sans domicile fixe et pauvres. Sans ID, tu n’existes pas » explique Maria Foscarinis, directrice du « National Law Center on Homelessness & Poverty »

       

    • Les démarches administratives pour obtenir une identification sont très longues et compliquées et contribuent à mettre au ban de la société des centaines de milliers de citoyens en grande difficulté.

 

 

 


5. Dure semaine pour les journalistes

    • Yahoo, le portail internet des années 90, qui n’a pour seule légitimité que les boites emails de centaines de millions d’internautes – piratées à deux reprises sous la direction de Marissa Meyer qui vient d’annoncer son départ – a été rachetée par le géant de la téléphonie mobile, Verizon, et va en devenir l’unité digitale, rebaptisée Oath: (le voeux)
      • Les conséquences de cette méga-fusion pour Yahoo: 2 100 de licenciements
      • Parmi eux, 39 employés du HuffPost, propriété de AOL, elle-même propriété de Verizon. Le HuffPost vient de subir un rebranding complet sous la direction de Lydia Polgreen, rédactrice en chef depuis le début de l’année, après le départ de Ariana Huffington en août

 

    • Vocativ, le site internet « qui utilise la technologie intelligente, d’excellents journalistes et la sagesse du public pour trouver des histoires originales » dans le « deep web » fondé en 2013 a viré toute sa rédaction pour « se concentrer uniquement sur la vidéo qui sera distribuée sur les médias sociaux et autres plate-formes » a annoncé son un porte parole mercredi.

 

  • Time Inc, dont le célèbre magazine vieux de 90 ans est publié à trois millions d’exemplaire chaque semaine, a également du se séparer de trois cent employés dans les rédactions du Time, Sports Illustrated et Fortune, et se concentrent également sur le numérique et la vidéo, le contenu qui se partage le plus facilement sur les réseaux sociaux
  • « Why So Many journalists Got Laid Off at HuffPost et Vocativ » – The Daily Beast

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Alex Jones vient de diffuser un enregistrement secret de l’interview controversé qu’il a donné avec Megyn Kelly censé être diffusé dimanche soir sur NBC News. Une version plus courte de cette entrevue avec le conspirationniste sera offerte et l’émission donnera la parole aux familles des victimes du massacre de Sandy Hook, que Alex Jones qualifie de « inside job ». – The New York Post

 

  • Fox News vient de changer son slogan « Fair and Balanced » (« Juste et modéré »), un objectif que la chaîne a semble-t-il eu du mal à atteindre, pour un slogan plus proche d’une réthorique « trumpienne », « Most Watched. Most Trusted. » – Politico

 

  • Jeff Bezos est devenu l’homme le plus riche du monde et sa compagnie Amazon vient de racheter les chaînes de supermarchés Whole Food pour 13,7 milliards de dollars – The Wall Street Journal

 

  • L’audition de James Comey a réuni 19 millions d’Américains la semaine dernière contre seulement 12 millions pour Jeff Sessions mardi. Politico

 

  • Le président Trump a offert à Lynne Patton la gestion de l’agence gouvernementale en charge du logement pour l’Etat de New York et du New Jersey; elle travaille pour le milliardaire et sa famille depuis 2009, a organisé certains de ses tournois de golf, et s’est occupée du mariage du fils, Eric Trump. – Daily News

 


7. Couverture du Jour

  • Rachel Maddow est devenue la star de l’info ces derniers mois avec son émission quotidienne sur MSNBC, The Rachel Maddow Show, malgré un style parfois ennuyeux.
  • Elle profite bien entendu du « Trump Bump » mais elle est l’une des journalistes les plus respectées de la télé américaine, qui ne cache pas son aversion pour le président.
  • Son portrait dans le Rolling Stone de cette semaine: