29.09.17

 

1. Bannon part en guerre

 

  • La personnalité qui a dominé la vie politique américaine cette semaine est l’un de ses plus fervents et bruyants « disrupters »: Steve Bannon qui fait à nouveau la couverture de Businessweek, deux ans après une première cover story qui l’avait qualifié « d’agent le plus dangereux de Washington ».
  •  

  • Il compte utiliser la victoire de son candidat, Roy Moore, dans les partielles républicaines d’Alabama mardi, contre celui du parti soutenu par Trump, pour punir ses adversaires politiques, l’establishment du parti républicain (Paul Ryan et Mitch McConnell) tout en restant fidèle au président, qui reste le meilleur ambassadeur de sa doctrine populiste. 
  •  

  • Steve Bannon veut développer et consolider l’aile populiste du GOP en recrutant des candidats « insurgés » pour affronter sur leurs terres les candidats républicains sortants (Mississippi, Tennessee, Arizona, Nevada, Michigan et du Maine) et essayer d’y décrocher les mêmes victoires que celle d’Alabama.
    Et il le crie haut et fort à qui veut bien l’entendre: « On part en guerre (…) Et ce n’est pas une bataille d’oreillers, c’est une vraie guerre. »
  •  

  • Pour ce faire, il peut compter sur la fortune de la famille Mercer, qui a investi dans Breitbart en 2012, dans la campagne de Trump en 2016 et qui figurent aujourd’hui parmi les plus importants donateurs conservateurs. * « Alabama Victory Provides Blueprint for New Bannon Alliance »New York Times

 


2. Vers un troisième bloc parlementaire?

 

  • Contrairement au « Freedom Caucus », le groupe parlementaire ultra-conservateur, directement inspiré du mouvement du Tea Party, les futurs « insurgés » n’ont « aucune vision idéologique cohérente » si ce n’est une haine de la classe dirigeante, et de son leader, Mitch McConnell:
     

    Bannon: On va rendre Mitch McConnell tellement toxique. On va tout simplement dire aux gens: Si McConnell vous soutient, vous êtes fini … Ca va foutre les jetons à tout le monde.

 

  • Politico appelle cela « le scénario cauchemardesque des Démocrates et des Républicains« : la formation d’un « bloc Trump » au Sénat aux élections de mi-mandat en 2018 qui provoque un dysfonctionnement total du Congrès américain.
     

    Mais certains analystes politiques commencent à s’interroger sur les conséquences pour le « Disrupter-in-Chief », qui est à la fois un symptôme, l’instigateur et la victime du dysfonctionnement de Washington. Les Républicains qui ont affronté Trump lors des primaires du parti affirment que les forces qu’il réussit à déchaîner peuvent lui échapper et l’empêcher d’achever son programme au Congrès américain et ternir son héritage politique. 

    * « Steve Bannon is looking for retribution after Alabama win. And he’s recruiting »CNN Politics
    * « Moore’s win conjures 2018 nightmare – for both parties »Politico

 


3. Washington Jet Set

 

  • Tom Price, le ministre de la santé de Trump, a dépensé un million de dollars en frais des transports lors de ses différents déplacements à l’étranger ces six derniers mois. Des dépenses importantes qui contredisent l’une des missions que s’est donnée la nouvelle administration et son président: « vider le marécage » (« Drain the Swamp ») de Washington.
    Même si Price s’est engagé à rembourser ces frais, il est sur la sellette et Trump devrait se prononcer sur son sort aujourd’hui.

 

  • L’analyse qu’en donne le National Review est juste et devrait être prise en compte par les Républicains et les Démocrates.
     

    Au delà du « parfait scandale populiste », on sent bien que ce qui bloque les Américains, ce ne sont pas forcément les divergences de point de vue politiques (…) mais le ressentiment envers cette arrogance et ce bon-droit d’un groupe que les Américains pensaient pendant longtemps ne pas avoir: La classe dirigeante.
    Ils ne vivent pas comme nous. De temps en temps, l’un d’entre eux les embarrasse tellement qu’il est jeté aux loups – feu Anthony Weiner – mais les habitants des quartiers dorés de Washington et New York retombent toujours sur leurs pieds. Si vous échouez misérablement à Washington, vous finirez … autre part à Washington, à faire de l’argent comme lobbyiste ou consultant. Au pire vous terminerez à enseigner un séminaire à la Kennedy School et vous profiterez des plaisirs que la vie à Harvard a à offrir.

    * « Washington Jet Set »National Review

 

 


4. Immigration: Où sont les bad hombres?

 

  • L’immigration, c’est le thème numéro un de l’administration Trump, qui lui a permis de remporter les suffrages de l’électorat blanc et rural inquiet des bouleversements démographiques du pays: En attendant l’éventuelle construction d’un mur, le président a renforcé les moyens et les effectifs des « border patrols », des agents de l’Immigration & Customs Enforcement (ICE) afin qu’ils puissent arrêter et expulser les « trois millions de trafiquants de drogues, criminels qui vivaient illégalement sur le territoire américain ». 
  •  

  • Mais les derniers chiffres de l’ICE sont loin des résultats espérés par l’administration: 211 000 immigrés ont été expulsés entre octobre 2016 et novembre 2017 contre 240 000 l’année précédente, même si les arrestations ont augmenté de 43% depuis l’investiture de Trump. C’est son prédécesseur, Barack Obama qui garde le statut de « Deporter-In-Chief ».
  •  

  • Les raisons:
    • La force de persuasion de Trump qui a fait dramatiquement baissé le nombre d’étrangers prêts à entrer illégalement aux Etats-Unis
    • La réaction des associations de défense d’immigrés, soutenues par les aides financières et techniques de professionnels et capables de venir rapidement en aides aux prisonniers et détenus.
    • Le flot d’arrestations s’accumulent dans les cours fédérales avec près 600 000 cas en attente et « ça pourrait prendre des années avant que des migrants arrêtées sous Trump soient physiquement expulsés »

      * « Deportations slow under Trump despite increase in arrests by ICE »The Washington Post

5. Le business de la mort

 

  • La Virginie Occidentale, l’Etat le plus touché par la crise des opiacés, responsable de la mort 62 000 personnes aux Etats-Unis l’année dernière, a déboursé entre octobre 2016 et novembre 2017, presque 900 000 dollars à des entreprises privées pour le transport de ses cadavres.
     

    Plus de 880 personnes sont décédées d’une overdose de drogues en Virginie Occidentale l’année dernière – un nombre record. L’Etat à le pire taux de morts par overdose dans le pays. Chaque overdose demande au minimum deux transports, du lieu du décès à la morgue, puis de la morgue aux pompes funèbres. Chaque corps doit être autopsié et un rapport toxicologique doit être effectué pour déterminer les drogues qui ont causé la mort.

     

  • Pire, une société qui détient le monopole de cette activité au niveau de l’Etat, aurait surchargé ses honoraires, multiplié les erreurs de facturation pour un montant total de 140 000 dollars entre 2010 et 2014 sur plus de trois millions de dollars engrangés depuis 2003.* « Opioid Crisis Drives A Grim Business in West Virginia: Body Transport »Huffington Post

 

 

 


6. Merkel trollée

 

 

  • Comment la firme américaine, Harris Media, qui a organisé les campagnes agressives de Donald Trump, Sarah Palin et Mitch McConnell a aidé le parti raciste allemand à récolter près six millions de voix 
     

    Ces sites, et les publicités en ligne qui en font la promotion sont monnaie courante dans la politique américaine: A tous les niveaux, présidentiel, du Congrès et même local, des experts en stratégie numérique construisent des sites internet d’opposition pour aider leurs clients à affaiblir leurs adversaires. Mais en Allemagne, où les campagnes négatives ressemblent davantage à un désaccord politique, c’était sans précédent. 

     

  • Ce genre de campagnes a eu des effets dévastateurs aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, l’Allemagne vient d’être touchée et la France sera sans doute la prochaine: les partis traditionnels vont devoir s’adapter à ces rhétoriques racistes et violentes et trouver la réponse adéquate sans tomber dans le même piège.* « Germany’s Right-Wing Populists Are Importing U.S.-Style Campaign Tactics »The Atlantic 

 


7. A écouter: « The Disappearance of Maura Murray »

 

 

  • Le dernière séri-docu de Oxygen sur la disparition de Maura Murray par la journaliste Maggie Freleng: En février 2004, l’étudiante de 21 ans prévient ses professeurs qu’elle doit s’absenter quelques jours à la suite d’un décès familial qui n’a jamais eu lieu. Elle vide sa chambre, retire tout l’argent qu’elle possède et quitte la ville. Quatre heures plus tard, elle est victime d’un accident de voiture et sans attendre l’arrivée rapide de la police, réussit à se volatiliser sans laisser de traces, ni de message…
  • L’article du Amherst Bulletin sur la série.

 


8 .Couverture du Jour

 

 

  • Impossible de passer à côté du dernier numéro de The Economist, le magazine anglais qui a annoncé pendant des années la banqueroute française, et qui depuis le traumatisme du Brexit, a trouvé en Emmanuel Macron, le sauveur de l’Europe.
     

    Qui dirige l’Europe? Au début, la réponse était évidente. Angela Merkel est destinée à remporter une quatrième victoire aux élections, la Grande Bretagne hors-jeu, l’Italie à plat et la France paralysée par la perspective que Marine Le Pen devienne le Donald Trump français. Cette semaine, tout a changé. Mme Merkel a remporté les élections avec une marge tellement réduite qu’elle apparait diminuée (…) De l’autre côté du Rhin, avec un parlement dominé par un nouveau parti qui lui est dévoué, le président français Emmanuel Macron regorge d’ambitions (…)Un leader s’impose qui semble courageux, discipliné et réfléchi. Courageux à cause de la réforme du travail mets du temps à créer de l’emploi et qui récompense les successeurs politiques de ceux qui font le sale boulot.

    * « The Spotlight shifts from Germany to France » – The Economist

28.09.17

 

1. Une réforme fiscale qui n’en n’est pas

 

  • Donald Trump a dévoilé hier l’autre grand défi de son programme présidentiel, la réforme fiscale, qualifiée de « grande victoire pour le peuple américain » censé entraîner « le retour du Miracle de la Classe Moyenne ».
    Le plan de réforme a été préparé depuis plusieurs semaines et dans le plus grand secret par les « Big Six »: Les chefs des majorités républicaines du Sénat (Mitch McConnell) et de la Chambre des Représentants (Paul Ryan), le président du Comité des finances du Sénat, Orrin Hatch, le président de la Commission des voies et moyens, Kevin Brady et deux membres de l’administration Trump, le conseiller économique Gary Cohn et le ministre des finances, Steve Mnuchin
  • La dette des Etats-Unis est actuellement de 14,6 trillions de dollars, et si les taux d’imposition actuels sur les entreprises et les particuliers demeurent, la dette devrait enfler de dix trillions de dollars ces dix prochaines années.
    Le coût du plan de réforme fiscale de Trump est estimé à 5,8 trillions de dollars sur dix ans, et serait remboursé en partie par l’élimination des déductions d’impôts faites aux particuliers et aux entreprises. Pour le reste, environ deux trillions de dollars, ce serait au gouvernement de payer en supprimant notamment les programmes destinés aux classes moyennes.
  • Pour la plupart des médias (Vox, The New York Times, Washington Post, Axios)et l’opposition: Il s’agit plus d’une simplification de la fiscalité et de réductions d’impôts en faveur des populations aisées que d’une réforme fiscale « révolutionnaire » qui profite aux classes moyennes.
  • Les Démocrates sont contre, Bernie Sanders est contre et certains Républicains émettent déjà des doutes sur l’une des mesures phares du plan: l’élimination des déductions d’impôts, locales et fédérales, pour les particuliers et les entreprises.* « $5 Trillion question for Trump tax plan: How do you pay for it? » – AP

 


2. « I don’t benefit »

 

  • Le président a affirmé mercredi qu’il ne profitait pas personnellement de cette réforme et que les riches y gagnaient peu.
    Selon le New York Times, Trump pourrait économiser un milliard de dollars si la réforme fiscale, qui prévoit l’élimination des droits de succession, était votée. En effet, la loi actuelle devrait taxer à hauteur de 40% le patrimoine du président, évalué à 2,86 milliards de dollars.
  • A partir de la seule déclaration d’impôts disponible de Donald Trump (datée de 2005), révélée l’année dernière par le New York Times, le quotidien affirme que les réductions d’impôts sur le revenu lui ferait économiser cinquante millions de dollars et dépenser entre trois et cinq millions de dollars.* « Trump Could Save More Thank $1 Billion Under His New Tax Plan »The New York Times

 


3. Le nouveau calvaire des Républicains?

 

  • Selon Axios, Trump ne serait pas satisfait du plan proposé et pourrait comme pour la réforme de la santé, qu’il avait qualifié de « méchante », mettre les Républicains dans l’embarras:

    La réforme fiscale est devenu un problème existentiel pour Paul Ryan et McConnell. S’ils échouent la-dessus, comme ils l’ont fait pour la réforme de la santé, les deux Chambres pourraient perdre leur majorité républicaine.
    Certains conservateurs républicains s’inquiètent d’un scénario cauchemardesque pour le parti: Pas de suppression de Obamacare, pas de réforme fiscale – et les grandes « réussites » du Congrès seraient le sauvetage financier des compagnies d’assurance (pour l’Affordable Care Act) et une législation sur les Dreamers      

  • A retenir: La réforme fiscale pourrait être encore plus difficile à passer que la suppression d’Obamacare … qui a échoué

 


4. Twitter à la casserole

 

  • Après le mois de septembre mouvementé que vient de passer Facebook, c’est au tour de Twitter de rendre de s’expliquer sur des comptes bidons, ouverts par des Russes se faisant passer pour des Américains politiquement engagés qui ont propagé rumeurs et mensonges contre les démocrates durant la campagne présidentielle.
  • Dans un post de blog, Twitter affirme que RT, la chaîne internationale de propagande russe a dépensé 274 000 dollars en 2016 sur environ deux cent comptes ayant la publicité de 1 823 tweets destinés au marché américain, et plus précisément aux abonnés des médias « mainstream » susceptibles d’être influencés.
  • Aujourd’hui la compagnie a rencontré les membres de la commission du Renseignement du Sénat qui enquête sur l’ingérence russe lors des élections de 2016 et l’un de ses membres, le sénateur démocrate Mark Warner s’est dit très déçu par le manque de coopération de Twitter: Tous les comptes bidons ont été découverts parce qu’ils correspondent aux comptes bidons révélés par Facebook la semaine dernière. 
  • La compagnie va devoir retourner au travail et montrer davantage de coopération avec la commission. 

    * « Top Senator slams « inadequate » Twitter briefing »Axios

 

 


5. Google a 19 ans

 

 

  • Pour fêter les 19 ans d’existence de Google, Recode nous offre un petit recap en 19 points de la compagnie, parmi lesquels on retiendra que:
    • Le premier Doodle (« gribouillage » en anglais) de Google, le changement temporaire de logo sur la page d’accueil, a été dessiné en 1998, date de la création du site, pour le festival Burning Man, auquel participaient les deux fondateurs
    • Google emploie 72 000 personnes, devrait engranger 73,8 milliards de dollars de revenus publicitaires numériques, soit 33% du total mondial – Facebook en comparaison est à 36 milliards de dollars cette année.
    • La plupart des employés sont blancs (56%), ce sont des hommes (69%) et asiatiques (35%). Les Latinos représentent 4% des employés contre 2% pour les Afro-Américains
    • Google est propriétaire de cinq des dix applications de téléphones portables les plus utilisées aux Etats-UNis: YouTube, Google Play, Google Maps, Gmail et Google Search.
    • Ce à quoi ressemblait Google.com en 1998

 


6. Reconversion Instagram

 

  • Busy Philipps, 38 ans, a laissé tomber sa carrière d’actrice – commencé vingt ans plus tôt – pour devenir la sensation de lnstagram Stories, l’option qui vous laisse poster des vidéos de moins d’une minute sur votre compte Instagram pendant 24 heures seulement.
    « A Chaque nouveau lancement de réseaux sociaux, il existe les premiers qui vont définir son potentiel »: les monologues intérieurs de Chrissy Teigen en direct sur Twitter (2009), les leçons de life-coaching de Dj Khaled sur Snapchat en 2016, et depuis 2017, la vie quotidienne de Busy Philipps à Los Angeles, avec ses deux enfants, un mari réalisateur, une meilleure amie, Michelle Williams, rencontrée sur le tournage de Dawson Creek en 2001, et beaucoup d’humour.
  • Contrairement aux vies glamour et bling bling des « instagirls » (Kylie Jenner et les soeurs Hadid), Busy Philipps est l’anti-héros qui a su se réinventer une carrière en dehors des studios hollywoodiens en créant des vidéos, souvent hilarantes, qui cartonnent. Elle vient de signer avec une maison d’éditions, et consécration, fait l’objet d’un super article dans le New Yorker aujourd’hui.* « How Busy Philipps became the breakout star of Instagram stories »The New Yorker

 


7. Battle of the Sexes

 

  • La fédération internationale de ski décidera la semaine prochaine si la championne américaine de ski, Lindsey Vonn, peut disputer une course de la Coupe du monde de ski alpin avec les hommes. Elle en a fait régulièrement la demande ces dix dernières années, à chaque fois rejetée.
    La championne s’entraîne régulièrement avec des hommes, qu’elle bat, mais n’a jamais essayé avec les champions masculins, et « c’est pour ça qu’elle le faire » et « apporter un peu de publicité à ce sport »
    Il ne s’agit pas de changer les règles mais d’offrir l’opportunité unique à une championne qui a gagné plus de courses que n’importe quelles autres femmes dans sa catégorie

 

 


8. Couverture du Jour

  • Celle du Time consacrée, une fois de plus, à Trump et à la dernière polémique qu’il a déclenché à propos des « fils de pute » de joueurs – dont le premier d’entre eux, Colin Kaepernick, qui s’agenouillent durant l’hymne national.
    Il ne s’agit de revenir sur cette énième controverse, mais plutôt de la remettre dans une stratégie classique du président qui consiste à rassurer sa base électorale de « déplorables » contre les minorités, démocrates au nom d’une guerre culturelle qui menace les Etats-Unis:Mais le débat autour du sport n’était pas seulement une diversion mais une réaction tout droit sortie du manuel de science politique de Trump. Confronté à des crises, il en créé de nouvelles, provoque des conflits qui émulent ses supporters et choquent ses adversaires. Dans ce cas là, il a repéré une question sensible qui oppose sa base rurale, blanche et conservatrice aux riches athlètes noirs et élites libérales très critiques envers la NFL, des logos racistes de ses équipes aux dangers des traumatismes crâniens.* « Inside Donald Trump’s Latest Battle Against the NFL »Time

27.09.17

 

 

1. Les partielles en Alabama

 

 

  • La victoire de Roy Moore, le candidat anti-establishment soutenu par Breitbart et Steve Bannon contre Luther Strange, le candidat du parti républicain, soutenu par Donald Trump est un mauvais signe pour les candidats du GOP aux élections de 2018 où toute une série de nouveaux prétendants et adversaires pourraient faire campagne contre eux.

 

  • Le candidat le plus proche des idées de Trump était Roy Moore mais le président a dû suivre la direction de son parti dont il a besoin au Congrès pour faire passer son programme … qui ne passe pas.

 

  • Tous les tweets d’encouragement de Trump, qui est même allé en meeting à Huntsville en Alabama vendredi dernier, destinés à Luther Strange ont mystérieusement disparu après sa défaite hier soir. Le président a depuis félicité Roy Moore, « un mec super qui a fait une belle campagne »
     

    L’establishment républicain est tellement faible que même avec le soutien Trump, il est incapable de battre les « Trumpers »

 

  • Morning Joe a rassemblé les propos les plus controversés de Roy Moore:
     

 

  • Breitbat a commenté sur cette victoire qui est aussi un peu la sienne
     

    La victoire de mardi a montré la force et l’attraction de Breitbat News et prouve que les résultats extraordinaires du site en 2016 n’étaient pas un hasard. Breitbart News a réussi à fidéliser son lectorat et préserver une marque authentique.
    Donc Breitbart et Bannon ne sont pas seulement les deux noms les plus haïs de Washington, ils sont aussi les plus craints. Et ça implique que le mouvement politique qui a élu Trump en 2016 sera encore plus bruyant.

     


2. Le Jones Act

 

  • Trump saluait hier en conférence de presse hier le travail formidable des autorités fédérales venues secourir les 3,5 millions de Puerto Ricains qui vivent pour la plupart sans eaux, ni électricité depuis le passage de l’ouragan Maria, il y a une semaine. Une situation calamiteuse qualifiée de crise humanitaire par le gouverneur de l’île.
  •  

  • Le désastre naturel a eu le mérite d’évoquer le problème du Jones Act, une loi sur la marine marchande signée en 1920 par Wilson qui impose que les biens transportés entre les différents ports du pays, le soient uniquement par des bateaux américains, construits aux Etats-Unis et dont le propriétaire et l’équipage sont américains. Une mesure protectionniste qui augmente les coûts de tous les produits importés des Etats-Unis sur l’île et que Puerto Rico pourrait obtenir à un prix plus compétitif s’il elle l’achetait des îles voisines, comme la Jamaïque
  •  

  • Le Department of Homeland Security a suspendu le Jones Act après les passages des ouragans Harvey et Irma, mais n’a pas encore décidé concernant l’ouragan Maria, provoquant la colère du sénateur de l’Arizona, John McCain:
     

    Il est inacceptable de forcer les gens de Puerto Rico à payer deux fois plus cher pour de la nourriture, de l’eau potable, des provisions et des infrastructures à cause des conditions imposées par le Jones Act alors que ces derniers se remettent juste d’un désastre.

     

  • Le Wall Street Journal a lui aussi dénoncé cette loi, l’une des pires du droit américain, qui fait de Puerto Rico, un « territoire de seconde zone »

 

 

 


3. Le retour des Crocs

 

  • Les chaussures les plus moches du monde, créées en 2002 en Floride pour remplacer la traditionnelle chaussure bateau, moins chère et plus commode que la Sebago, font un retour en force cette année sur les podiums, dans les magazines de mode et dans les rayons des supermarchés.
  • Malgré 300 millions de paires vendus et des profits supérieurs à un milliard de dollars ces six dernières années, la Croc, tombée en désuétude depuis 2010, a enregistré une hausse de 50% de ses profits cette année, grâce notamment au succès du modèle classique en mousse et anti-dérapant, vendu 35 dollars.
  • Un investissement de 200 millions de dollars, la fermeture de centaines de magazines peu rentables, des collections plus réduites avec nouvelles couleurs et imprimés, une campagne de publicité avec la star de catch, John Cena et Drew Barrymore et nous voilà envahis à nouveau par cette monstruosité. Heureusement l’hiver arrive.
  • Crocs surfe aussi sur la vague des vêtements dits de « athleisure » – la rencontre de l’athlétisme et du loisir – qui pousse les consommateurs à préférer le confort à l’esthétique comme les autres marques de chaussure moches comme UGG, Tevas, Birkenstocks* « Croc’s billion dollar strategy: Stay Ugly »Washington Post

 


4. Must Read: L’assassinat de Kim Jong Nam

 

  • Longue et passionnante enquête du magazine masculin GQ ce mois-ci sur l’assassinat de Kim Jong Nam, frère aîné de Kim Jung Un et ancien prétendant à la succession du Kim Jong-il, dans un aéroport de Kuala Lumpur en février dernier, par deux jeunes femmes payées pour réaliser un soi-disant canular filmé en caméra cachée.
    La vidéo de l’agression diffusée par la télévision japonaise qui a fait le tour du monde, attribuée très vite son jeune cadet, donne une idée de la sauvagerie du nouveau chef de la Corée du Nord qui a volontairement laissé les traces de son passage « pour tenter d’effrayer le reste de monde ».

     

    Ce que Siti comprendra quelques semaines plus tard, c’est que les Nord-Coréens ont minutieusement préparé chaque détail de son recrutement et de l’assassinat. James son recruteur, introduit comme Japonais était en réalité nord-coréen, a rencontré John, le chauffeur de taxi lors d’une course et lui a demandé de lui trouver des filles. Ce dernier lui a d’abord présenté une Philippine qui demandait trop d’argent, puis une vietnamienne (qui sera utilisé comme la fausse cible de Siti) avant de finalement rencontrer Siti. Dès lors, Siti a été coachée à travers le monde par des hommes entraîné spécialement pour cette mission.

    * « The Untold Storyof Kim Jong-nam’s Assassination » – GQ

 


5. Qu’est ce qui compte?

 

  • Essai intéressant paru dans le New York Times magazine sur l’évolution de ce que nous considérons comme important et ce qui ne l’est pas, dans une période où notre cerveau est constamment distrait par les nouvelles technologies et qui doit faire face à des changements politiques profonds.
     

    La distraction c’est notre arrêt de mort. C’est la façon dont le monde va s’éteindre, non avec une explosion mais une sonnerie, depuis notre Iphone. Jusqu’à récemment, ces distractions étaient faciles à repérer, tu savais les reconnaître immédiatement, et tout le monde était d’accord sur ce compte et ce qui importe moins (…) Mais depuis les élections 2016 – au fur et à mesure que le discours politique s’est envenimé, s’est divisé – on est devenu incapable de s’entendre sur ce qu’on peut prendre à la légère et ce qui importe davantage (…) De gauche comme de droite, c’est devenu un sujet récurrent dans les débats politiques d’appeler toute attaque contre la Maison Blanche une distraction, selon les propres termes de la Maison Blanche (…) La magie du mot « distraction » est qu’elle minimise et discrédite quelque chose sans avoir à se justifier (…) Il est donc de plus en difficile de s’accorder sur la direction vers laquelle doit se tourner notre attention et comment elle doit être utilisée

  •  

  • * « What I care about is important. What you care about is a distraction » The New York Times magazine

 


6. NYT vs 538

 

    • C’est une petite broutille entre excellents journalistes libéraux américains mais qui révèle un an après la victoire surprise de Donald Trump aux élections présidentielles, le ressentiment de certains contre leurs collègues notamment quand il s’agit de Hillary Clinton et sa messagerie privée – qui lui a coûté selon elle, les élections. 
    •  

    • On a appris cette semaine que plusieurs représentants de l’administration Trump, dont son genre Jared Kushner, avaient utilisé une messagerie privée dans le cadre de leurs fonctions officielles. La même erreur qui a été martelé pendant la campagne contre la candidate démocrate lorsqu’elle était le Secrétaire D’Etat de Barack Obama.
    •  

    • Maggie Haberman, journaliste star du New York Times a rapporté l’info mardi et reçu les foudres d’un ancien de la Gray Lady, le célèbre Nate Silver, qui l’accuse avec le Times d’avoir « continuellement abordé les emails d’Hillary Clinton et [d’en avoir] fait le centre d’intérêt de sa campagne ».
      Il rajoute: « Les emails de Clinton ne se sont pas transformés tout seuls en une histoire importante. Le New York Times a joué un rôle là-dedans. »
       
    •  

    • Haberman a répondu en pointant les erreurs de 538 concernant les chances de victoire de Clinton, ce à quoi Nate Silver a répondu avoir reconnu ses erreurs tout en ayant fait eu une marge d’erreur moins importante que celle du New York Times. 
    • Haberman qui suivait Trump a vu sa carrière décoller depuis l’élection de Trump et est passé à d’autres quand d’autres journalistes, tout aussi talentueux restent 

 

 

 


7. Changement de carrière

  • Preet Bahara, procureur fédéral du Sud de l’Etat de New York, considéré depuis sa nomination par Barack Obama en 2009 comme l’un des « procureurs les plus agressifs et bruyants contre la corruption et le crime à Wall Street », viré manu-militari par Donald Trump en mars dernier après avoir refusé de démissionner, a trouvé une nouvelle lubie: Le podcast.
  • « Stay Tuned with Preet Bahara » qui a fait ses débuts sur la radio new yorkaise WNYC cartonne depuis une semaine

 


8. Séries télé: Less is more

 

  • « Chasing the Dragon »: Le succès mondial de la série « Game of Thrones » – dix-quinze millions de dollars par épisode – et « l’émergence de poids lourds du streaming qui n’ont pas les mêmes directives financières que les chaînes de télé traditionnelles, les coûts ont augmenté partout, du repérage des lieux de tournage à la location d’équipements et de studios de post-production. »
  • « Un nombre croissant de services demandent plus de temps et d’argent (…) Le coût des contenus sur des plate-formes à la demande se situe entre cinq et sept millions de dollars de l’heure contre 1,5 à trois millions pour les chaînes du câble » – même si ces chiffres ont déjà augmenté ces cinq dernières années
  • Les compagnies comme Netflix, Amazon ou encore Hulu, dont les budgets sont quasiment illimités sont présentés comme les grands vilains* « TV Series Budgets Hit the Breaking Point as Costs Skyrocket in Peak TV Era » – Variety
  •  

  • « Alors que Hollywood et la Silicon Valley mettent des sommes de plus en plus importantes dans l’écosystème télévisuel, il est difficile de ne pas redouter la façon dont les milliards de dollars ont commencé à redéfinir les priorités et ses résultats (…) Le problème des excès – plus d’argent, plus de séries et plus de chaînes – c’est que toujours plus ne signifie toujours mieux« * « Will Out-of-control episode cost kill Peak TV » – Variety

 


9. Couverture du Jour

 

  • Un hommage au succès planétaire de Game of Thrones dan Variety qui y consacre sa cover story – voir plus haut
     

26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

25.09.17

 

1. Marionnettes

 

  • Les journalistes, commentateurs, internautes, et médias internationaux n’avaient qu’un seul mot à la bouche ce week-end: les propos incendiaires du président contre les « fils de pute » de joueurs qui osent mettre un genou à terre pendant l’hymne national et les témoignages de solidarité des joueurs hier sur le terrain.

 

  • Vendredi soir, Trump, en meeting en Alabama pour soutenir un candidat de l’establishment républicain, Luther Strange contre le favori, Roy Moore, soutenu par Breitbart et l’extrême droite américaine [pour remplacer le siège de sénateur de Jeff Sessions], a donné de « la viande rouge sanguinolente à un troupeau de Déplorables affamés qui l’a dévoré » provoquant la réaction au quart de tour des médias, médias sociaux et de l’opinion publique. Nouvelle démonstration de la facilité avec laquelle Trump manipule les médias et l’opinion publique, et qui n’a eu pour effet que de renforcer les opinions des libéraux et des conservateurs autour de cette pseudo-guerre culturelle sur la liberté d’expression et le patriotisme.

 

  • Dans son éditorial ce matin, le Wall Street Journal s’inquiète de cette « politisation de tout »:

    Les démocraties saines aiment débattre de politique mais laissent une plus grande place à la société civile et la culture qui rassemblent plus qu’elles ne divisent. Avec la politisation de la Ligue Nationale de Football et de l’hymne national, les Etats Divisés d’Amérique affichent un niveau toxique de polarisation et de défiance.

    Et la faute à qui? Au président, qui plutôt de rester au-dessus des débats politiques en cherchant à unifier le pays, ne fait que le diviser pour rassurer sa base de déplorables et détourner l’attention des médias de ses échecs législatifs.

 


2. Et tout le monde en profites

 

  • Les unes des journaux américains ce matin revenaient tous ce matin sur cette épisode d’unité visible chez les joueurs de football et leur équipe: Les témoignages de solidarité ont côtoyé les nombreux éditos enflammés sur la défense de la liberté d’expression, les valeurs de l’Amérique, la beauté du sport,…

 

  • Mention spécial à la une du Chicago Sun-Times dédié au premier Amendement de la constitution

 

  • Comme le note Michael Calderone dans sa newsletter « Morning Media » publié par Politico, ce n’est pas la première fois que l’administration Trump demande à des entreprises privées de condamner les propos de leurs employés. La porte parle de la Maison Blanche avait appelé ESPN à virer sa journaliste afro-américaine Jemele Hill à près avoir traité le président de suprémaciste blanc.

 


3. Le drame de Puerto Rico

 

  • Le président a twitté 17 fois sur la polémique qu’il a remis à jour vendredi soir contre les jours de NFL qui ne respectaient pas l’hymne national mais rien sur l’île américaine de Puerto Rico, ravagée par l’ouragan Irma puis Maria, encore plus destructeur la semaine dernière. Beaucoup des 3,4 millions de résidents de l’île des Caraïbes n’ont plus d’eau, ni électricité, et la nourriture manque – Selon le New York Times, 80% des terres agricoles ont été ravagées.
    Les dégâts matériels et physiques empêchent l’accès aux moyens de communication, et beaucoup sont incapables de prévenir leur proche car les réseaux cellulaires sont en panne. Le gouverneur de Puerto Rico a demandé davantage de moyens ce week-end de la part du gouvernement fédéral qui n’ont pas encore été distribués.


    « Puerto Ricans describe horror in the streets after Hurricane Maria » – HuffPost

 


4. Recherche Reforme désespérément

 

  • Les Démocrates et Conservateurs savent que la dernière proposition dite « Graham-Cassidy » visant à supprimer et remplacer Obamacare est une fraude qui n’a pour but que de rassurer la majorité sur sa capacité à faire passer une mesure majeure: Sans même avoir reçu les chiffres du Comité du Congrès sur le Budget, vingt millions d’Américaines perdraient leur assurance à travers la suspension de subventions destinés à Medicaid (le programme d’aide aux plus défavorisés) et aux assurances privées.
  • Pour convaincre les sénateurs républicains indécis, Lindsey Graham et Bill Cassidy ont révisé leur copie ce week-end et décidé de leur donner davantage de subventions à leur Etat, pour rassurer les électeurs et les empêcher d’en payer le prix aux prochaines élections du mi-mandat l’année prochaine – On parle dont de l’Arizona (John McCain),du Kentucky (Rand Paul), de l’Alaska (Lisa Murkowski) et le Maine (Susan Collins)

 

  • Problème: selon le Washington Post, ces derniers seraient toujours aussi sceptiques à l’encontre d’une proposition qu’il n’aime guère « fondamentalement »

 

  • Ce soir, débat télévisé sur CNN entre Cassidy, Graham d’un côté et les sénateurs indépendants, Bernie Sanders et Amy Kobluchar du Minnesota.

 


5. L’Amérique laissée pour compte

 

  • Pour Mike Allen de Axios c’est l’un des rapports les plus déconcertant de ces derniers mois, celui publié aujourd’hui par Economic Innovation Group qui montre que si les Etats-Unis continuent de s’enrichir, c’est au profit d’une minorité située dans des enclaves géographiques bien délimitées (par le code postal « zip codes ») et au détriment du reste du pays – les « laisser pour compte » si chers à Donald Trump.
  • Les zones favorisées accueillent la plupart des emplois, de la croissance, des travailleurs diplomés en meilleure santé – Seattle, San Francisco, Austin ou plus petites comme Gilbert en Arizona ou Plano au Texas. Les deux tiers des investissements en capitaux sont destinés à la Californie, New York et le Massachusetts.

    Aujourd’hui la plupart des emplois reviennent aux gens diplômés qui habitent dans des communautés dynamiques: C’est un cycle qui s’auto-renforce.

  • Les conditions économiques et sociales des régions défavorisées ne font qu’empirer, surtout dans les anciennes régions industrielles du MidWest et Nord Est – celles qui ont « swingé » pour Donald Trump lors des dernières élections.

    « Ce n’est pas un problème républicain ou démocrate, les deux partis représentent ces régions en difficulté. Mais les disparités financières entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas renforcent les clivages politiques, et aucune solution n’a été proposée jusqu’ici pour remédier à cela. »

 

 

 


6. Rentabilité oblige

 

  • Le New York Times a réalisé un classement des 50 entreprises américaines les plus rentables entre 1926 et 2016 et sans grande surprise, Apple, l’une des plus jeunes, arrive en première position devant Exxon Mobil, Microsoft, General Electric, IBM … Amazon est 14ème, Coca-Cola 15ème, Facebook (la plus jeune) est 28ème et McDonalds est 31ème.

 

 


7. « Carlos Danger » en taule

 

  • C’était l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate, marié à Huma Abedin – la conseillère de Hillary Clinton – l’un des plus jeunes parlementaires du pays, candidat à la mairie de New York …  qui a tout perdu en sextant des mineurs.
    L’un des traits de caractère d’Anthony Weiner, c’est sa pugnacité, que ce soit en politique (l’excellent doc Weiner sur le personnage) ou au coeur du scandale: il ne se laisse jamais abattre.

 

  • Non content d’une première humiliation publique – révélée par Andrew Breitbart, le père du site d’infos – qui l’a fait démissionner du Congrès américain en 2011, il a continué à sexter des mineurs et leur envoyer des photos de ses parties intimes, cette fois-ci sous le pseudo « Carlos Danger » qui a ruiné sa campagne plutôt réussie à la mairie de New York, en 2013 – après avoir juré être guéri en couverture du New York Times magazine.
    Ce n’est pas fini.
    Il a continué ses activités salaces durant la campagne présidentielle de 2016, a été dénoncé et c’est le FBI qui s’en est mêlé et a effectué une perquisition dans l’appartement du couple, où les disques durs des ordinateurs ont été réquisitionnés, et dans lesquels les agents ont trouvé des emails entre Clinton et Abedin. C’est cette découverte qui a poussé James Comey à écrire au Congrès dix jours avant le scrutin pour les informer de l’éventualité de la réouverture d’une enquête sur la messagerie privée de Clinton – un geste qui lui aurait soi-disant coûté les élections.

 

  • Anthony Weiner, 53 ans, vient d’écoper de 21 mois de prison aujourd’hui, dix mille dollars d’amende, sera fiché comme délinquant sexuel pendant trois après la fin de sa détention.
    Le seul content dans cette histoire, c’est le New York Post qui déteste encore plus Weiner que l’actuel maire de la ville, Bill de Blasio.

 


8. The Opposition

  • La dernière émission de la chaîne câblée Comedy Central, intitulée « The Opposition », présentée par Jordan Klepper, devrait être l’équivalent pour la droite alternative de ce que le Colbert Report avait été pour les Républicains. Le comédien reprendra le rôle de reporter qu’il a tenu trois ans dans The Daily Show (avec Trevor Noah) mais cette fois-ci pour dénoncer, à la manière des trolls d’internet, les mensonges et manipulations du pouvoir, des médias grand public, de la classe dirigeante à travers théories du complot, fake news et autres absurdités inspirées par les programmes de vraies célébrités alt-right Alex Jones, Breitbart ou Rush Limbaugh.
    Il sera entouré des chroniqueurs qui joueront les bloggers et animateurs radio racistes tels que Tomi Lahren, Dana Loesch, Milo Yiannopoulos.

 

 

22.09.17

 

1. McConnell perd pied

 

  • La proposition dite « Graham-Cassidy » qui vise à supprimer et remplacer Obamacare devait être votée la semaine prochaine au Sénat. C’est la dernière tentative du parti républicain pour tenir « une » promesse vieille de sept ans, pour prouver aux électeurs et au président qu’il est capable de voter une loi au Congrès; c’est aussi le moment de vérité de Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat:
     

    Il a été humilié par le président Donald Trump et ses manoeuvres politiciennes remises en question. Maintenant, Mitch McConnell a une chance de laisser derrière cet été cruel. La semaine prochaine, le leader de la majorité du Sénat  essayera une nouvelle fois de supprimer la réforme de la santé des Démocrates.
    Au même moment il joue sa réputation politique en Alabama, où son candidat, le sénateur Luther Strange affronte un anti-establishment Roy Moore dans une élection spéciale.
    McConnell, normalement prudent, prend dans les deux cas beaucoup de risques, et deviendra suivant les résultats, un héros ou un loser aux yeux du parti républicain …

    * « McConnell lays it on the line »Politico

 


2. McCain sauve encore Obamacare

 

  • C’était sans compter l’annonce faire par John McCain, héros de la résistance républicaine contre Trump et l’un des plus modérés, cet après midi: il votera contre la réforme de la santé proposée par son meilleur ami, Lindsey Graham car « une loi qui a un impact sur tant de vies mérite un accord bipartisan ».
     

 

  • Jimmy Kimmel, le comédien présentateur d’une émission de fin de soirée sur CBS, est devenu cette semaine l’un plus des ardents adversaires de la proposition, qu’il a critiqué à trois reprises dans des segments qui ont fait le tour d’internet et contribué à remettre la réforme de la santé au coeur des débats, à la télé, sur internet et les médias sociaux.

 


3. #DotardTrump

  • Une journée en Trumplandia via Twitter:
    Les mots doux du meilleur ami du président, Kim Jung Un, qui l’a traité de « Dotard »

     

     
    Après avoir été traité de « gâteux », Don avait besoin de rassurer son ego:
     

 


4. Vers un populisme pur

 

  • David Brooks, l’un des plus célèbres chroniqueurs du New York Times esquisse dans « The Coming War on Business » l’avenir du populisme aux Etats-Unis à travers la figure de Samuel Francis, mentor de Pat Buchanan, adversaire républicain de Bill Clinton aux élections présidentielles de 1992, au cours desquelles il a mené « la première campagne de ce qu’on appelle le « populisme trumpien »:
     

    Trump n’est pas un phénomène isolé; la vague nationaliste a émergé il y des années. Sa base lui reste fidèle car il ne s’agit pas que de lui; Il s’agit d’un mouvement qui se définit contre la soi-disant classe dirigeante. Les Républicains du Congrès s’emmêlent les pinceaux sur la réforme de la santé et d’autres problèmes parce qu’ils ne comprennent pas leurs électeurs. Trump n’est sans doute pas le point culminant, mais la transition vers un populisme encore plus pur.
    Trump est un pro-business. Le prochain populisme s’inspirera sans doute de son nationalisme ethnique et y ajoutera une couche anti-entreprises et anti-technologie. Google, Facebook, Amazon et Apple sont tout ce que Francis détestait – économiquement, culturellement, démographiquement, et « nationalistiquement ».
    Alors que les géants de la technologie sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes et nos esprits, ils vont devenir un enjeu important de la politique américaine. Je ne serai pas surpris de voir émerger un nouveau démagogue, encore plus pur que Francis.

                                                           


5. « Sick Mind »

 


 
 

  • C’est l’un des plus gros gâchis de la NFL: Aaron Hernandez, ancienne star des New England Patriots, retrouvée mort en juin dernier à 27 ans dans sa cellule de prison. Il purgeait une peine à vie pour le meurtre d’un ami en 2013.
  • L’examen de son cerveau révèle que M. Hernandez souffrait d’un stage avancé de CTE (Encéphalopathie Traumatique Chronique), une maladie neuro-dégénérative provoquée par les commotions cérébrales répétées qui touche la plupart des joueurs de football américain – la maladie n’est détectable qu’une fois le patient décédé.
  • La famille a porté plainte contre la ligue de Football – déjà condamnée en 2013 à payer d’un milliard de dollars à ses anciens joueurs – et son ancienne équipe professionnelle, les Patriots, qui n’auraient rien fait pour le protéger. Elle réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts.
  • Malgré les risques reconnus du football américain, il reste le sport numéro des Américains: les joueurs continuent d’y jouer – et de gagner des millions de dollars – et les spectateurs continuent de le regarder.

 


6. La guerre des chaînes d’info

 

  • L’effet Trump a ravivé l’intérêt des Américains pour l’information et ce sont les trois grandes chaînes d’info, Fox News, CNN et MSNBC, désormais au coude à coude en terme d’audience, qui se partagent le gâteau: Fox News a réorganisé sa soirée après les départs de Megyn Kelly (sur NBC) et de Bill O’Reilly (par la petite porte) avec un line up pro-Trump entre huit et onze heures du soir: Tucker Carlson (8-9) puis Sean Hannity (9-10) puis la dernière recrue Laura Ingraham (10-11). Ils affronteront respectivement sur MSNBC, Chris Hayes, Rachel Maddow et Lawrence O’Donnell; et sur CNN, Anderson Cooper (8-9) et Don Lemon (10-12)
  • Les chaînes sont regardées par le président qui en parle souvent en bien ou en mal: elles ne relaient pas seulement l’information, elles font partie intégrante de l’actualité.

    « Morning Media » Politico

 


7. Les faux trublions de LA

 

  • Sean Adl-Tabatabai, 36 ans, et son mari/partenaire Sinclair Treadway, 24 ans, sont les créateurs du site Your News Wire, basé à Los Angeles, qui s’intéresse « aux informations qui ne sont pas données au public » comme le font déjà avec beaucoup d’efficacité Breitbart et InfoWars, et est considéré comme une source de fake news par Google et Snopes [le site qui identifie les sites de fake news].
    Sauf que les deux trublions, supporters de Bernie aux dernières élections, se définissent comme des « libéraux abandonnés » par une presse trop proche du pouvoir qui a sous estimé le sénateur du Vermont durant les Primaires démocrates et qui voient dans Trump, un bouffon et une figure anti-establishment élue pour « détruire le système »
  • Bottom Line: Tout le monde surfe sur la vague des fake news, de l’information alternative, d’une autre perception de la réalité, blablabla … ça attire l’attention des médias comme The Hollywood Reporter surtout quand les auteurs affirme être libéraux … Du grand vide.* « L.A. Alt-Media Agitator (not Breitbart » Clashes with Google, Snopes) » The Hollywood Reporter

 

 


8. A Voir: La guerre de la drogue aux Philippines

    • Reportage de NBC Left Field aux Philippines où la guerre sanglante menée par le président Duterte contre la drogue a fait depuis juin 2016 entre 7 000 et 12 000 victimes, souvent des trafiquants ou toxicomanes fichés et harcelés par la police qui les condamnent à mort s’ils ne cessent leur activité. « Si tu continues à te droguer, t’es mort » préviens un policier, fier de participer au « nettoyage » du pays, encouragé par un président qui n’a jamais été aussi populaire dans les sondages et plus curieux encore, par Donald Trump qui a salué la mission meurtrière du chef de l’Etat philippin.

                   

 


9. La couverture du Jour

 

  • L’industrialisation de la Chine s’accélère et le pays ne sera plus limité à la production de chaussettes et de briquets mais va être capable de produire des biens de haute technologie, du téléphone portable à des voitures sans conducteurs, et représenter un défi encore plus important pour les Etats-Unis.
     

21.09.17

 

1. « Ce qui est mort ne saurait jamais mourir »

 

  • La suppression et le remplacement de Obamacare, encore tabou il y a deux semaines, a fait un retour en force cette semaine au Sénat grâce à la persévérance des sénateurs républicains Graham et Cassidy qui ont offert un nouveau projet de loi, assez similaire aux précédents, qui devrait être voté la semaine prochaine, avant la date limite du 30 septembre, date à laquelle les Sénateurs ne seront plus autorisés à voter une loi avec une majorité simple de 51 voix – mais une majorité absolue de 60.
  • Les sénateurs républicains, John McCain et Lisa Murkowski, n’ont pas encore pris leur décision et un vote ne sera demandé par le chef de la majorité, Mitch McConnell uniquement si la proposition a des chances de passer – Ce dernier est devenu le bouc-émissaire de Trump après les tentatives ratées de « Repeal and Replace » ces derniers mois.
  • Lindsey Graham, co-auteur de la proposition est l’un des meilleurs amis de John McCain, dont le vote sera décisif.
  • Les Démocrates n’ont d’autres solutions que de proposer des amendements pour retarder le vote autant que possible après le 30 septembre.

 

  • Les autres problèmes de la proposition de loi: 
    • Les conservateurs pensent que la loi est toujours trop généreuse avec Planned Parenthood
    • De nombreux parlementaires républicains appartenant à des Etats démocrates (New York et la Californie) pourraient être poussées à voter contre
    • Aucune estimation du Congressional Budget Office sur le coût de cette nouvelle proposition et son impact sur les Américains n’est disponible.

 

 

  • Mardi, le comédien Jimmy Kimmel a publiquement critiqué Bill Cassidy, co-auteur de la dernière proposition de réforme de la santé parce qu’il n’a pas respecté les promesses qu’il lui avait faites sur son plateau en mai dernier – que toute nouvelle proposition n’impose aucune limite de remboursement aux patients et accepte ceux ayant des antécédents médicaux – et il est revenu à la charge hier contre le sénateur de Louisiane, qui l’a accusé de « ne rien comprendre », en affirmant qu’il « défendait l’indéfendable » et que « soit il ne comprenait pas sa propre loi, soit il lui avait menti ».
    Pari réussi pour le présentateur-comédien qui a réussi à ce que les médias sociaux s’emparent à nouveau du sujet de la réforme de la santé.

 


2. A quoi joue Zuckerberg?

 

  • Il a passé une mauvaise année et un mois de septembre pourri: Zuckerberg et Facebook sont devenus ces derniers mois la cible des compagnies de médias, des Démocrates, des Républicains, des Russes, du procureur indépendant Bob Mueller, de Hillary Clinton … et des internautes qui s’en méfient de plus en plus.
  • « C’est pas facile d’être Mark Zuckerberg en ce moment » titre en couverture cette semaine le magazine d’affaires Businessweek:
     

    L’enquête sur la Russie complique les efforts déployés par Zuckerberg pour défendre Facebook après des élections aussi disputées. Même si la compagnie enregistre des profits record – sa valeur a plus que doublé depuis 2015, en atteignant 500 milliards de dollars et en faisant de Zuckerberg la cinquième personne la plus riche du monde – Facebook doit faire face à des critiques pour avoir diffusé de la propagande pro-Trump pendant les élections 2016 et polariser un peu plus le climat politique délétère. (…) 
    Grâce à un ensemble d’actions dotées d’un droit de vote supérieur, il possède 14% de Facebook mais dispose du contrôle des votes de la compagnie … Lors du meeting annuel l’année dernière, il a proposé, et en tant que actionnaire majoritaire de Facebook, a créé une autre classe d’actions qui lui permettrait de garder le contrôle de l’entreprise même s’il vend la plupart de ses actions … La proposition contient une provision qui le maintient à la tête de la compagnie s’il devait rentrer dans le gouvernement. Zuckerberg est réticent à expliquer cette provision, a démenti des objectifs présidentiels mais se verrait travailler au service de la technologie dans un poste du gouvernement.

    * « Mark Zuckerberg Political Awakening »Bloomberg Businessweek.

 


3. Journalistes Stars

 

  • L’élection de Donald Trump a mis en avant certains journalistes de la presse écrite et télé, qui ont suivi le candidat républicain depuis sa candidature en juin 2015 jusqu’à sa victoire et son entrée à la Maison Blanche: Parmi eux, Katy Tur, correspondante de NBC News qui vient de sortir un bouquin sur la campagne, Maggie Haberman et Glen Trush, les stars du New York Times qui viennent de signer l’écriture d’un ouvrage sur le président, David Fahrenthold du Washington Post et Lauréat du Pulitzer 2017.
  •  

  • La conférence de presse quotidienne du porte parole de la Maison Blanche, devenue grâce à Sean Spicer Le rendez vous télé de l’après midi, a elle aussi rendu célèbre certains correspondants de Washington:  April Ryan (American Urban Radio) parce qu’elle a secoué la tête au mauvais moment, Brian Karem du Sentinel qui s’est emporté contre Sarah Sanders mais le préféré serait Jim Acosta, correspondant de CNN:
     

    Pour Acosta, 46 ans, le ton méprisant et solennel à la fois est devenu une véritable signature sous l’administration Trump. Ca n’a jamais été plus apparent que lorsque Acosta s’est pris le bec avec le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller … Des fans laissent du bourbon dans boite aux lettres, l’arrêtent dans la rue pour le remercier de s’opposer à la politique de Trump et à la critique systématique des médias. Après le départ de Miller du podium, ses collègues lui ont tapé dans la main.

    « Jim Acosta is the White House’s Favorite Reporter » – Politico

 


4. Les malheurs de Flint

 

  • Flint, c’est cette ville du Michigan, placée en état d’urgence financière par l’Etat en 2011 sous la direction d’un responsable des finances qui, pour économiser l’argent de la ville, a changé au printemps 2014 le lieu d’approvisionnement en eau potable de la ville, qui dépendant de l’agglomération Detroit avant d’être rattaché à la rivière Flint, dont les tuyaux d’alimentation étaient contaminées au plomb.
    Pendant dix huit mois, les cent mille habitants de Flint ont bu de l’eau impropres à la consommation et ce n’est qu’en septembre 2015 que le gouverneur Rick Snydey a reconnu l’état de crise sanitaire.
    Selon le Detroit Free Press, le taux de fertilité des habitantes a baissé de 12% et les morts foetales augmenté de 58%.
    L’Etat a également confirmé 91 cas de graves contamination, y compris 12 décès liés à la maladie du légionnaire

 


5. Canada Brain

 

  • C’était la menace de nombreux citoyens et célébrités américaines pendant les élections présidentielles 2016: « Si Trump gagne, je déménage au Canada ».
  • Onze mois plus tard, la plupart des menaces sont restées vaines mais pas dans le secteur de la haute technologie: des centaines d’employés américains et étrangers ont quitté la Silicon Valley pour aller travailler à Toronto qui vient de construire MaRS, un immense incubateur de start-ups de 140 000 m2 en plein coeur de la ville.
    « C’est la première preuve concrète que la ligne dure du président sur l’immigration influence la course aux cerveaux à travers le monde » d’autant que le Canada n’est pas le seul à essayer d’attirer les scientifiques américains: la France et la Chine sont aussi dessus.* « Canada’s « reverse brain drain » in the age of Trump »  – Axios

 


6. La transsexualité chez les maternelles

  • Après des mois de débats et polémiques, une maternelle de Californie vient d’autoriser la présence de livres évoquant la transsexualité dans ses classes. Si certains parents acceptent la décision, d’autres pensent que ce sujet controversé n’a pas sa place dans un cours destiné aux enfants de quatre ans. 
  • Un polémique sur mesure pour les conservateurs scandalisés que les parents n’aient pas été prévenus à l’avance qu’un sujet aussi tabou, surtout quand il touche les enfants, soit abordée en classe. La direction de l’école leur a donné raison et les parents seront désormais prévenus si le sujet être à nouveau abordé, mais elle a refusé que ces derniers enlèvent leurs enfants des classes au cours desquelles le sujet pourrait être évoqué.

    * « Rocklin Charter Schools OK transgender books in elementary school »The Sacramento Bee

 


7. Village Voice – Vol. LXII, No. 37

 

 

  • Le dernier numéro de Village Voice (176 pages de souvenirs, colonnes et articles qui ont marqué ses 62 ans d’histoire imprimée) est sorti hier, mercredi 20 septembre, avec Bob Dylan en couverture.
    Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre chez les lecteurs et journalistes de Voice, non seulement parce que le journal est emblématique de East Village et non pas Greenwich Village, dont Dylan est une icône, le chanteur a déjà fait la couverture il y a un mois à peine, et qu’on se serait attendu à quelque chose de plus original et pertinent compte tenu du climat actuel – et des articles au vitriol publiés dans les années 80 sur Donald Trump.
    Dommage
  • Le Village Voice continue de publier mais uniquement en ligne.* « A Scrappy newspaper’s final cover lacks Voice » – CJR

 


8. Couverture du jour

 

  • Piqûre de rappel en couverture de Time magazine destinés aux Démocrates a treize mois des élections de mi-mandat:
     

    Après huit mois de présidence Trump, le parti est au plus depuis la victoire de Reagan dans 49 Etats en 1984 (…) Sur les 98 législatures américaines, les Républicains en contrôlent 67. Pendant la présidence de Barack Obama, les Démocrates y ont perdu 970 sièges (…) L’âge moyen des parlementaires démocrates est de 67 ans, et la plupart des candidats des prochaines élections auront passé les 70 en 2020.

     

20.09.17

 

1. L’autre diplomatie américaine

 

  • En marge de l’Assemblé Générale des Nations Unies à New York, le milliardaire et ancien maire de la ville, Michael Bloomberg a hérité de « Clinton Global Initiative » créée il y a dix ans par le couple Clinton, qu’il a rebaptisée « Bloomberg Global Business Forum« , considérée comme la plate-forme de « l’autre diplomatie américaine » , celle héritée de Barack Obama, et qui réunit cette semaine, anciens et actuels chefs d’Etat, personnalités du monde politique, économique: Bill Clinton, Mike Bloomberg, Tim Cook, Justin Trudeau, Emmanuel Macron, le prince saoudien Salmane ben Abdelaziz, Jack Ma (Alibaba).

 

  • L’évènement sert les intérêts de l’élite capitaliste mondiale, favorable à l’ouverture des frontières, capitaux et des hommes qui a trouvé ces derniers mois un adversaire encore plus détestée qu’elle: le président américain et sa doctrine, America First.
    Comme certains gouverneurs et Etats américains, qui ont décidé de mener leur propre politique environnementale ou diplomatique – la Californie par exemple – les entrepreneurs américains ont également un rôle à jouer comme l’explique Bloomberg à Buzzfeed:

     

    Les nations sont liées les unes aux autres par le commerce et l’investissement, et si les patrons ne sont pas des diplomates, ils peuvent défendre une coopération sur des sujets dans lesquels le secteur privé compte – des infrastructures au changement climatique. Les actions prises par le secteur privé, qui ne remplace pas les canaux diplomatiques officiels, peuvent parfois être plus importantes que les mots ou les tweets des élus.

 


2. Les défis du mur

 

  • Une enquête passionnante de USA Today ce matin sur les défis physiques, financiers, humains et politiques que représente la construction du mur le long de la frontière mexicaine – la promesse de campagne phare du candidat républicain, celle qui a convaincu sa base électorale et sur laquelle il peut difficilement revenir aujourd’hui.

 

  • Sur l’objectif de cet ambitieux reportage multimédia, Nicole Caroll de USA Today:

    Nous étions dans la tribune de presse au meeting de Trump à Prescott Valley en Arizona à l’automne dernier. Les supporters chantaient « Build the wall. Build the wall ». Ils étaient tellement excités à l’idée de ce mur qu’on s’est dit que c’était notre rôle d’aider les gens à comprendre ce que cette mesure impliquait. Notre travail n’est pas de leur dire qui croire, mais d’être sûr qu’ils ont toutes les informations nécessaires pour se faire leur propre avis. C’est notre responsabilité. On a des rédactions dans tous les Etats frontaliers. Nos journalistes sont des experts, On comprend les enjeux.

 

  • Il existe actuellement mille kilomètres de barrières qui séparent les Etats-Unis du Mexique – soit seulement un tiers de la longueur de la frontière, 3 200 km – et dont la moitié uniquement destiné à interdire le passage des voitures.
    Les barrières existantes, hautes de trois mètres, n‘ont rien à voir avec le projet pharaonique de Trump qui veut un « grand et beau » mur censé atteindre 6 à 9 mètres de haut.  
  •  

  • Pendant la campagne électorale, Trump avait promis la construction d’un mur les 2 200 kilomètres restant qui traversent quatre Etats américains et des frontières naturelles importantes comme le Rio Grande (le long de la frontière texane), les falaises abruptes des parcs nationaux ou les déserts arides d’Arizona.
  • En juillet dernier, Trump a annoncé que le mur ne serait construit que sur 1 100 km et que le commencement des travaux coûterait 1,6 milliards de dollars.

 

  • Au Texas, qui partage 1 500 km de frontières avec le Mexique, la construction du mur pourrait entraîner la réquisition – et la compensation financière – de terres appartenant à cinq mille propriétés privées dont une bonne partie le long du Rio Grande. 
    Par ailleurs, la plupart des frontières sont à des centaines de kilomètres des grandes villes, et construire un mur implique d’abord la construction de route pour y parvenir. Il existe des coûts financiers et politiques locaux importants au delà de la construction même du mur.

 

  • Pendant les dix jours passés en hélicoptère le long de la frontière, le journaliste de USA Today n’a pas vu une personne essayer de passer la frontière illégalement ou être appréhendé par la police des frontières.
  • 25% des Républicains du Congrès soutiennent actuellement la construction du mur.* « The Wall » – USA Today

 

  • Mais Ann Coulter, l’une des « commentatrices conservatrices » les plus célèbres et influentes américaines qui a soutenu très tôt Trump durant la campagne présidentielle n’en démord pas et continue de mettre la pression sur le président:

3. Subvention pollution

 

  • Il existe aux Etats-Unis un programme gouvernemental qui « vous envoie un chèque à la fin de l’année pour vous récompenser d’avoir pris la voiture seul pour vous rendre au travail ». Cela s’appelle le « Commuter Parking Benefit » qui déduit de vos impôts les dépenses occasionnées par les places de parking souvent très chères des centres villes.
    Vous ne le touchez que si vous habitez en ville, et plus votre parking est cher, plus le chèque sera important, plus vous gagnez de l’argent plus votre remboursement sera conséquent. Les automobilistes urbains sont donc payés les contribuables pour créer davantage de bruit, d’encombrements et de pollution.

    Le programme coûte chaque année sept milliards de dollars au gouvernement américain selon une étude de l’association « TransitCenter » et met chaque année sur les routes 820 000 voitures supplémentaires qui effectuent sept milliards de kilomètres en plus.

 


4. Les jeunes de plus en plus vieux

 

  • Contrairement à leurs parents nés dans les années soixante-dix, les adolescents américains sont moins portés sur le sexe, la consommation d’alcool et de drogue, la conduite en voiture ou les petits boulots:

    Les jeunes d’aujourd’hui retardent de plus en plus les activités considérées comme des rites de passage à l’âge adulte (…) et le déclin est visible quelles que soient la race, le lieu d’habitation ou l’origine socio-économique que ce soit dans les zones rurales, urbaines et péri-urbaines.

  • Le directeur de l’enquête, Jean Twenge, explique cette évolution des comportements par une structure familiale plus réduite, plus présente et rassurante qui protège davantage l’enfant.* « Not drinking or driving, teens increasingly put off traditional markers of adulthood » – Washington Post

 


5. L’examen Jimmy Kimmel

 

  • Les sénateurs républicains n’en n’ont pas encore fini avec l’abrogation et le remplacement d’Obamacare qu’ils ont échoué à faire passer à deux reprises ces six derniers mois à la grande frustration du président qui voue depuis une haine farouche à Mitch McConnell, incapable de trouver un accord.

 

    • La nouvelle proposition dite « Graham-Cassidy », moins médiatisée mais tout aussi injuste que les précédentes – trente millions d’Américains privés d’assurance – pourrait bien passer si … Jimmy Kimmel, le comédien américain présentateur de l’émission populaire de fin de soirée « Jimmy Kimmel Live » n’avait pas consacré le monologue de son émission d’hier à la critiquer.
    • Début mai, il avait évoqué à l’écran les problèmes de coeur de son nouveau-né et la nécessité pour toutes familles américaines, quels que soient leurs revenus, d’avoir accès à ce genre de soins si nécessaire.
      Il avait reçu le sénateur républicain de Louisiane, Bill Cassidy, qui avait promis que les futurs propositions de réforme de la santé rempliraient les conditions de « l’examen Jimmy Kimmel »: pas de plafond de remboursement, des tarifs préférentiels pour les familles dans le besoin et interdiction de pénaliser financièrement les patients ayant des antécédents médicaux.

 

    • Aucune de ces conditions n’est remplie par la proposition Graham-Cassidy et la vidéo a déjà fait le tour des médias sociaux ce midi: « la croisade de Kimmel devrait devenir une étude de cas sur le pouvoir de la culture populaire contre le barouf de Washington ».

                 

 

  • Vox vous explique comment la nouvelle proposition de loi bénéficie aux Etats Républicains qui n’ont pas accepté les subventions fédérales d’Obamacare en 2010 et au contraire punit les Etats démocrates qui ont appliqué avec le plus d’efficacité Obamacare ces dernières années.

 

 


6. Sean Spicer discrédité

 

  • Aucune des cinq grandes chaînes d’info américaines, ABC News, CBS News, NBC News, Fox News et CNN n’a proposé à Sean Spicer, ancien porte parole de la Maison Blanche et trublion des Emmys Awards un poste de commentateur politique dans leurs programmes à cause, semble-t-il, de son « manque de crédibilité ».

 

  • L’apparition de Sean Spicer dimanche aux Emmys n’a pas plus aux journalistes américains, surtout aux correspondants de Washington qui ont eu à faire à ses mensonges et son agressivité pendant des mois dans la briefing room de la Maison Blanche.

 

  • Même s’il regrette ses mensonges et a entamé depuis quelques semaines une campagne de réhabilitation de son image, la pilule ne passe pas. Seule consolation: les apparitions très rentables devant les compagnies et un séjour à Harvard.

 

  • Petit message de félicitations du président entre deux discours à l’ONU:

 

 


7. Rolling Stone, le procès continue

 

  • Mauvaise nouvelle pour le magazine Rolling Stone, dont la vente a été annoncée plus tôt cette semaine, et qui n’a pas fini de payer les conséquences de la publication en 2014 d’un article « A Rape on Campus » sur un viol collectif qui n’a jamais eu lieu dans l’université de Virginie.
    Le bi-mensuel a été condamné à payer 1,6 millions de dollars de dommages et intérêts à la fraternité où l’agression aurait été perpétrée; 3 millions de dollars à l’adjointe du président de l’université et se prépare à un nouveau procès intenté par deux étudiants de la fraternité qui n’ont jamais été cités dans l’article, mais que des détails physiques auraient pu clairement identifier
  • Une victoire des plaignants pourrait compromettre la vente de Rolling Stone.

 


8. Le tweet du jour

 

  • James Damore est cet ingénieur viré par Google après avoir publié un memo interne dans lequel il explique les inégalités professionnelles entre hommes et femmes par les différences physiques et intellectuelles entre les deux sexes.
    Il a été présenté par l’Alt-right américaine comme le grand défenseur de la liberté d’expression. Au nom de cette liberté d’expression, il tweeté les propos suivants concernant le Ku Klux Klan:
     

 


9. La couverture du Jour

 

  • On s’éloigne de Washington et de la politique avec cette couverture légère et ensoleillée du New York Times magazine dans le numéro consacré aux « voyages »
     

19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

18.09.17

 

1. Twitter Man v Rocket Man

 

  • Sur le dossier nord-coréen, l’obsession de la Maison Blanche ces derniers jours, Susan Glasser  explique dans Politico:

    Qu’il le reconnaisse ou non, Trump a une ligne rouge – une décision que de nombreux représentants de la Défense américaine considèrent comme une escalade dangereuse et auto-infligée de la véritable crise qui a éclaté avec la Corée du Nord (…)
    « Le problème, c’est que l’administration fait croire que si la Corée du Nord finit de développer ses missiles balistiques intercontinentaux, et qu’un missile doté de l’arme nucléaire peut toucher les Etats-Unis, ça change tout. Ce n’est pas vrai et ça ne l’a jamais été » affirme Dennis Blair, ancien directeur du renseignement national.

    « Twitter Man v Rocket Man » – Politico

 

  • Le lauréat du Pulitzer 2017 pour son enquête sur les activités de charité de Trump, David Farenthold s’est récemment intéressé aux difficultés que rencontre son empire, notamment ses clubs et hôtels qui rapportaient beaucoup d’argent en accueillant réceptions, galas et même tournages et qui souffrent aujourd’hui des premiers mois très controversés de la présidence:

    La clientèle change. Les propriétés de Trump accueillent de nouveaux clients qui veulent profiter de lui ou du gouvernement. Mais elles perdent la clientèle sur laquelle elles se sont développées: des groupes non politisés qui veulent juste louer une chambre (…) Sur les deux cent groupes qui ont loué des chambres, conférences ou parcours de golf depuis 2014, 85 ne sont plus des clients de Trump, la plupart pour des raisons autres que politiques, mais une trentaine affirme être partie à cause de la carrière politique de Trump.

    « Trump’s divisive presidency reshapes a key part of his private business »The Washington Post

 

 

 

 


2. Emeutes à St Louis

 

  • Les manifestations, qui ont éclaté vendredi soir à St Louis, dans le Missouri, après l’annonce de l’acquittement de l’officier de police Jason Stockley, responsable de la mort d’un Afro-américain, Anthony Lamar Smith, en 2011, ont duré tout le week-end et nécessité l’intervention musclée de la police anti-émeute, responsable de l’arrestation de quatre vingt personnes.
     

    Comme dans d’autres affaires, [cet acquittement] prouve la difficulté de rendre la police responsable de la mort d’Afro-américains, quelles que soient les preuves. Mais ce qui inhabituel ici, c’est le verdict du juge après que Stockley ait renoncé à un procès, qui donne un aperçu du raisonnement derrière l’acquittement d’un homme qui a dit à son partenaire, en parlant de Smith, « On va tuer ce connard ».
    Le juge a conclu « que les gens disent toutes sortes de choses dans situations très stressantes », que les cinq coups de feu ont été tirés en même temps comme l’avance la défense – alors que l’accusation note un cinquième et dernier coup de feu mortel tiré à quelques centimètres de Smith; que Stockley n’a pas placé un revolver dans la voiture de Smith, après sa mort, pour justifier la légitime défense, malgré le témoignage des collègues de l’officier et ne comprend pas ce qui aurait poussé Stockley à assassiner un automobiliste.
    S’il y a une nouvelle leçon à retenir de cet épisode tragique, c’est cet aperçu de la logique douteuse, des rumeurs qui se transforment en faits et des justifications insensées qui permettent d’innocenter des officiers blancs malgré la preuve qu’ils ont assassiné des automobilistes noirs.

    « This Judge’s Excuses for Acquitting Jason Stockley of Murder are Pathetic »Slate

 

 


3. La communauté LGBT, reine des Emmys

 

  • Stephen Colbert l’annoncé en début de soirée, jamais les Emmys n’avaient nominé autant d’artisites issus des minorités, et les grands gagnants d’hier soir appartiennent à la communauté LGBT avec un second Emmy d’affilé pour Kate McKinnon, star de l’émission satirique Saturday Night Live, qui a remercié au passage Hillary Clinton – qu’elle a imité durant toute la campagne 2016; Lena Waithe, co-auteure avec Aziz Ansari de l’épisode « Thanksgiving » de la série Master of None, inspirée par son propre coming out: « le monde ne serait pas aussi beau si vous n’y étiez pas » a-t-elle lancé dans un discours émouvant. La série « Black Mirror » a remporté un Emmy pour l’épisode « San Junipero »  et enfin une interview exclusive de Stephen Colbert avec RuPaul, la drag queen la plus célèbre de la télévision américaine.
  •  

  • Les autres gagnants de la soirée: les histoires de femmes (« The Handmaid Tale » avec cinq récompenses dont meilleur drame, « Big Little Lies » et « Veep ») et « Saturday Night Live » (neuf récompenses dont Alec Baldwin pour son rôle de Donald Trump, « Cet Emmy est pour vous Mr le président »)

 

  • L’autre évènement de cette soirée, c’était l’apparition de Sean Spicer pour confirmer la taille de la foule présente au Microsoft Theater de Los Angeles, une référence à sa première conférence de presse du 20 janvier à la suite de l’inauguration du président, qui avait poussé McCarthy à l’imiter dans « Saturday Night Live », qui a surpris tout le monde mais déçu beaucoup de journalistes.
    Déçu également, le New York Post, de voir qu’un show normalement consacré au divertissement soit devenu si politisé

 

  • Signe des temps qui changent: « Ces dix-sept dernières années, HBO a reçu le plus de nominations pour les Emmys que n’importe quelles chaînes de télévision ou du câble » et si elle arrive toujours en tête en 2017 avec 110 nominations, elle est directement menacée par Netflix, qui en a reçu 93, alors que la compagnie a commencé ses programmes originaux il y a à peine quatre ans.

    « Emmys 2017: HBO needs to watch its back » – Quartz

 


4. Rolling Stone à vendre

 

  • Créé dans un loft de San Francisco il y a cinquante ans par un jeune hippie passionné de musique, Jann S Wenner, qui en est toujours le rédacteur en chef et propriétaire, le magazine Rolling Stone, l’un des plus emblématiques de la contre-culture américaine dans les années 70, 80 et 90, est aujourd’hui à vendre.
     

    La vente potentielle de Rolling Stone souligne les difficultés du paysage médiatique actuel [pour une publication indépendante] marqué par une baisse de la publicité papier et de la circulation (…)
    La décision des Wenners [père et fils] est aussi le signe de la fin d’une époque marquée par de célèbres rédacteurs en chef. Plus tôt ce mois-ci, Graydon Carter, le rédacteur de Vanity Fair et star mondaine a annoncé son départ du magazine après 25 ans. Robbie Meyers, la rédactrice de Elle, Nancy Gibbs de Time magazine et Cindi Leive de Glamour ont également annoncé leur départ.

 

 


5. « The Cartoon Bank »

 

  • Ou comment Conde Nast a mis la pression financière sur les dessinateurs du New Yorker.
    En 1992, l’un dessinateur du magazine, Bob Mankoff, créé « the cartoon bank », une plate-forme qui rassemble et vend tous les dessins qui n’ont pas été sélectionnés par l’hebdomadaire – elle en compte aujourd’hui 85 000 – dont la plupart des profits étaient distribuées aux artistes.
    Quand Mankoff deivent responsable du service « illustrations » du New Yorker en 1997, il vend la banque de données à Conde Nast, propriétaire du magazine, mais continue d’en être le président jusqu’en 2008, date à laquelle la plate-forme réalise son plus important chiffre d’affaires, sept millions de dollars.

    Il y a une dizaine d’années, ces dessinateurs – des freelances qui se battent chaque semaine pour une quinzaine de dessins qui seront publiés dans le magazine papier – pouvaient compter sur des revenus supplémentaires [à travers ‘The Cartoon Bank’ qui protège et vend leurs illustrations via The New Yorker]. Certains recevaient des chèques de 8 000 dollars par mois, d’autres de 2 000. Aujourd’hui même ceux qui touchent le plus de royalties, ne reçoivent plus que centaines de dollars par mois.

    Depuis, Conde Nast a montré peu d’intérêt pour « The Cartoon Bank », les royalties des dessinateurs ont décliné, le site internet marche à moitié, le personnel qui le gère est inexpérimenté et Condé Nast a décidé de faire davantage de profits sur la vente des dessins (50/50 contre 70/30 pour les dessinateurs auparavant).

    « How Conde Nast Put the Squeeze on New Yorker Cartoonists » – Paste Magazine

 


6. Couverture du Jour

 

  • « Falling Beauty » de Gayle Kabaker dans le numéro automne du New Yorker