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Alex Jones: Brillant artiste ou dangereux complotiste?

 

Brian Jones, présentateur fou furieux d’Info Wars, un site internet et talk show politique alt-right dédié aux théories du complot que la victoire de Donald Trump a permis de propulser dans les médias mainstream, ne serait, selon son avocat qu’un personnage, « un artiste » qui réalise des performances.
 
Les prestations d’Alex Jones sont impressionnantes car elles sont toujours furieuses, colériques, exaltées, parfois incompréhensibles et rapidement fatigantes.
 
Libertarien enragé, originaire du Texas, comme beaucoup de ses confrères, il pense que l’American way of Life est menacé par les assauts de Washington, du gouvernement, des élites, des Démocrates, des médias, ces forces derrière « le nouvel ordre mondial » qu’il dénonce à travers ce que nous appelons les théories du complot dont il est l’un des plus importants défenseurs et représentants aux Etats-Unis.
 
 

Les théories du complot qui ont fait la réputation de Mr Jones:

  • Le PizzaGate: une pizzeria de Washington aurait un réseau pédophile géré par John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton.
  • Le massacre de l’école élémentaire de Sandy Hook n’a pas existé
  • Le gouvernement américain [Obama] aurait commandité le massacre de la discothèque The Pulse à Orlando en juin 2016.
  • Le FBI est responsable des attentats du marathon de Boston
  • L’ancien juge de la Cour Suprême des Etats-Unis, Anthony Scalia a été assassiné
  • 9/11 était un « inside job » plannifié par le gouvernement

 

Ca fait vingt ans qu’il véhicule la « paranoïa américaine moderne » selon laquelle le gouvernement en veut à sa « sacro-sainte » liberté individuelle sur ses shows radio et télé et a fini par convaincre des millions d’auditeurs et téléspectateurs, notamment chez les jeunes.
 

Alex Jones avec une mitraillette

 
Il est arrivé avant les autres et c’est ce qui renforce son influence dans la sphère des médias conservateurs et d’extrême droite: il est l’un des premiers à avoir utilisé la provocation attirer son audience et la désinformation pour la séduire. Une recette utilisée aujourd’hui par de nombreux sites alt-right, notamment Breitbart News.
 
Il n’est pas non plus un conservateur pur et dur: dans une interview accordée au magazine Esquire en 2013, il affirmait être pour le mariage pour tous, pour l’avortement, contre la peine de mort (« même s’il y croit ») car c’est une prérogative du gouvernement, et prenait la défense des immigrés sans-papiers soit-disant exploités par les grandes entreprises – avec l’accord tacite de l’Etat.
 
 

 
 
Ses propos ont eu tellement de succès qu’ils sont arrivés aux oreilles de Donald Trump le candidat républicain, qui est apparu dans son émission en décembre 2015 et y a salué « l’incroyable réputation » de l’animateur.
Quelques jours après sa victoire en novembre dernier, le président-élu a remercié personnellement Alex Jones du soutien que lui et son show (dont 90% des auditeurs seraient des supporters de Trump) lui avaient apporté – c’est d’ailleurs l’une des rares fois où l’on a d’ailleurs aperçu un Mr Jones plutôt calme et humble.

 
Si son avocat affirme que les crises de colères d’Alex Jones ne sont en fait que les performances d’un brillant artiste, c’est uniquement parce que son ex-femme l’accuse d’être une « personne instable » pour justifier la garde de leurs trois enfants.
Mr Jones avait utilisé la même excuse, il a parlé de « performance artistique » pour justifier début avril la violence de ses propos « déplacés » à l’encontre du parlementaire démocrate Adam Schiff qu’il a traité « archetypal cocksucker », « son of a bitch » et de « sucking globalist dick » (on vous laissera le traduire). 

 

L’acteur-animateur s’est également excusé il y a quelques semaines pour avoir soutenu la théorie conspirationiste du « pizzagate », selon laquelle une pizzeria de Washington D.C. abritait un réseau pédophile dirigé par l’ancien directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

Une « hoax » qui a bien failli mal se terminer puisque qu’un jeune de 28 ans a débarqué en décembre dernier un arme à la main pour tenter de faire la lumière sur ces rumeurs.
Emprisonné, il pourrait passer plusieurs années en prison.
 
Mais Alex Jones n’en reste pas moins fidèle à ses idées (« défendre la République, les frontières, le Second Amendement, … ») et à la façon de les communiquer, quitte à devoir présenter ses excuses plus tard: hier, il s’est défendu d’être un acteur, a reconnu utiliser des déguisements pour mieux faire passer certains messages, mais il est sérieux et croit dur comme fer en ce qu’il dit le reste du temps.

 

Published in fake news Médias Trumplandia