Le Kiosque du 24.07.17

 

1. Les Démocrates ont enfin un programme: Redevenir populaires

 

  • Mieux vaut tard que jamais: Neuf mois après la cuisante défaite aux élections présidentielles américaines, les Démocrates ont dévoilé leur programme censé les aider à regagner une majorité à la Chambre des Représentants ou au Sénat aux élections de mi-mandat l’année prochaine: intitulé « A Better Deal » en référence au fameux « New Deal » de Franklyn Roosevelt, base idéologique du parti démocrate moderne, il redéfinit les priorités « populaires » du parti: Plus d’emplois et une augmentation des salaires, un système de santé plus abordable et limiter les abus de Wall Street.

 

  • Pour Chuck Schumer, chef des Démocrates au Parlement, il s’agit
     

    D’abord d’augmenter le salaire des Américains. Et réduire les dépenses quotidiennes, Enfin, fournir aux travailleurs les outils nécessaires pour l’économie du 21 ème siècle (…) Dans les mois qui arrivent, nous offrirons les idées pour reconstruire l’Amérique des campagnes, pour changer fondamentalement la régulation des activités commerciales pour qu’elles profitent aux travailleurs et non pas aux multinationales.

     

  • Tout en intégrant les erreurs du passé:
     

    Lors des deux dernières élections, les Démocrates, y compris au Sénat, n’ont pas réussi à formuler un programme économique solide et audacieux, favorable aux classes moyennes et ceux qui travaillent dur pour y arriver. Nous n’avons pas assez défendu nos valeurs et montrer que nous étions du côté du peuple, et non pas des groupes d’intérêts. Nous ne referons pas la même erreur. 

     

  • Vox vous explique tout en détail ici

2. L’horreur de l’immigration clandestine

 

  • Le scénario est digne d’un épisode de American Crime ou Bloodline: La police de San Antonio a découvert dimanche matin une quarantaine de personnes cachées dans une semi-remorque garée depuis la veille au soir sur le parking d’une grande surface. Huit d’entre eux étaient morts de déshydratation et une vingtaine a été transportée en urgence à l’hôpital dans un état très critique – deux sont décédés depuis.
    Les passagers sont restés des heures enfermés dans un camion sans air conditionné avec des températures extérieures avoisinant les 40 degrés. 
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  • Pour les autorités, « cet exemple de trafic d’êtres humains qui a mal tourné » n’est pas un phénomène isolé.  – AP
     

    Un récent rapport suggère que la ligne dure sur le contrôle des frontières de l’administration Trump a poussé les immigrés à accepter davantage de risques dans des conditions de passage de la frontière de plus en plus dangereuses (…)
    L’objectif des immigrés qui réussissent à traverser la frontière est de s’en éloigner le plus possible. La plupart espère rejoindre les grandes villes américaines comme Chicago ou New York, où ils ont du travail et de la famille qui les attends. C’est là où les camions entrent en scène. Les passeurs savent qu’il existe des centaines voire des milliers d’immigrés qui essayent désespérément de quitter la zone frontalière. Ils savent combien ils peuvent gagner.
    Plus ils transportent de monde plus les profits seront importants.

     

San Antonio Express-News – Une du lundi 24 juillet 2017

 


3. Recherche Attention Désespérement

 

  • La surmédiatisation de la présidence de Trump a affaibli la visibilité des dirigeants, PDG et autres acteurs de la vie politique et économique américaine et les obligé leur stratégie de communication:
     

    Quand les Américains ont élu Donald Trump en novembre, ils ont provoqué la pénurie d’une denrée mondiale rare: l’attention [des gens].
    L’attention que Trump suscite – sur Twitter, à la télévision, dans la culture et l’imaginaire des citoyens américains, celui des alliés et ennemis du pays – balaye tout sur son passage: du lancement d’une nouvelle application aux nouveaux mouvements sociaux. L’attention est le moyen utilisé par tous ceux qui recherchent de la visibilité, des Kardashians à Amazon, mais aussi les génies qui en ont fait leur spécialité ces dix dernières années: des groupes terroristes comme Daech aux critiques de l’ordre social d’après guerre comme Julian Assange. 
    (…)
    « C’est difficile pour la plupart des produits et des gens de se faire entendre aujourd’hui » explique l’ancien attaché de presse de Mike Bloomberg, « les histoires un peu légères n’ont plus leur place dans l’environnement actuel.

     

  • La seule façon de se faire entendre aujourd’hui, surtout aux Etats-Unis, c’est parler plus fort, d’être plus vulgaire ou de répondre aux propos et provocations du président.
    Pour l’
    ancien directeur de la communication de Obama:

    Trump domine la conversation, ce qui est devenu en soi-même une sorte de prophétie auto-réalisatrice puisque tout le monde pense le seul moyen d’attirer l’attention, c’est de parler de Trump, donc ils parlent de Trump.

    ;
     
    * « How to break through in the Trump Era » – Buzzfeed News

 


4. The Atlantic, plus important que jamais

 

  • The Atlantic, magazine culturel américain fondé en 1857 aurait pû sombrer il y a dix ans, lorsque que 85% de ses profits, générés par la publicité et la vente, ont commencé à chuter, comme l’ensemble de la presse du pays.
    Au contraire, grâce à une entrée précoce dans le numérique [70% de ses revenus publicitaires en ligne sont aujourd’hui du « native advertising »], à l’organisation d’évènements et même du consulting, The Atlantic a augmenté ses profits, continue de se développer, d’embaucher et d’attirer toujours plus de lecteurs sur son site.

     

    Et puis il y a le journalisme. The Atlantic à bousculer l’idée que les internautes ne cherchaient que des sujets courts et tape-à-l’oeil – avec le mot Trump dedans.
    Il y a quelques semaines, le magazine a publié un article de 8 300 mots, qui est devenu viral, « My Family’s Slave » , a attiré plus de 12 millions de visiteurs, et déclenché débats et discussions à travers l’ensemble du pays.
    Un genre de buzz qui a des précédents avec d’autres « cover stories » ambitieuses comme celle de Jeffrey Goldberg, « The Obama Doctrine », sur la politique étrangère du 44ème président; celle désormais classique de Ta-Nehisi Coates, « The Case for Reparations », ou encore celle de Graeme Wood, « What ISIS really Wants »
    « The Atlantic est encore plus vital quand l’Amérique est divisée » explique Jeffrey Goldberg, le rédacteur en chef. Et effectivement dans cette période historique, il est nécessaire. 

     

  • « The Atlantic is ‘most vital when America is most fractured’ Good thing it soars today »Washington Post

 


5. La couverture du jour: « Joe & Mika »

 

  • La cover story du New York magazine est consacrée au power couple de Washington, Joe Scarborough et Mika Brzezinzki: lui est ancien Représentant républicain de Floride, devenu Indépendant le mois dernier, et elle, démocrate, est la fille de Zbigniew Brzezinski, directeur de la sécurité nationale de Jimmy Carter, et tous les deux présentent depuis près de dix ans l’émission « préférée de l’élite politique », « Morning Joe » de 6 à 9 le matin sur MSNBC.

 

  • Pendant la campagne présidentielle, Mika et Joe étaient proches du candidat républicain Donald Trump qui intervenait fréquemment dans leur émission – provoquant l’exaspération de leurs confrères – jusqu’à ce qu’il refuse de condamner l’été dernier le soutien de David Duke, ancien « wizard » du Ku Klux Klan.
    Dès lors, Trump n’a cessé de critiquer les deux présentateurs via Twitter qui lui rendent la pareille chaque matin, en questionnant souvent la santé mentale du président.
     

    Les cyniques avancent que l’opportunisme de Joe et Mika sur Donald Trump est une preuve d’intelligence et qu’ils savent précisément quand soutenir et lâcher une personnalité politique. Mais ils ont l’air vraiment sincères lorsqu’ils parlent de lui à l’antenne, avec des avis opposés: Scarborough reste confiant dans le système américain qui va survivre et défaire la menace que représente Trump, alors que Brzezinski, une démocrate, qualifie régulièrement le comportement de Trump de « dégoutant » et s’inquiète que la République disparaisse avec sa présidence.

    * « Donald Trump is not invited to the wedding »  – New York magazine

 

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Depuis la mise en place d’Obamacare en 2010, le total des revenus des PDGs de soixante dix compagnies d’assurance s’élève à près de 10 milliards de dollars – Axios  

 

  • « Désactive tes notifications » – Wired

    Ces dernières années, de plus en plus gens demandent à ce que la relation entre humains et smartphones soit réévaluée. Si les téléphones nous apportent énormément, la prise qu’il a sur notre attention, notre écoute et notre vie en général est problématique (…) Les smartphones ne sont pas le problème, c’est le bip, la sonnerie, qui nous ramène sans cesse vers lui. (…)
    Il existe une solution: Désactiver ses notifications. Toutes. Vous vous rendrez compte que les petits messages qui remplacent votre écran ne vous servent finalement à rien.

 

  • Le San Diego Union-Tribune revient sur le meurtre de Gianni Versace en 1997:

    La folie meurtrière de cet originaire de San Diego durant le printemps et l’été 1997 s’est soldée par l’assassinat de Gianni Versace sur le perron de sa villa de Miami Beach. Cunanan, 27 ans, est rapidement devenu une sorte de légende criminelle, un caméléon gay et insaisissable qui a suscité la peur et la fascination du public et entretenu une folie médiatique naissante nourrie de sexe, de célébrité et de meurtre.

     

  • Jared brise le silence
    Le fils prodige de la Maison Blanche a donné sa deuxième déclaration officielle et en public cet après midi après avoir été interrogé ce matin par la Commission du Renseignement du Sénat: Une intervention dans laquelle il a déclaré n’avoir eu « aucune collusion » avec les Russes pendant la campagne, ni lui, ni aucun membre de l’équipe du candidat. 

    Mais la démarche de lundi n’est pas sans risque. Il n’a pas témoigné sous serment quand il s’est adressé à la Commission du Sénat, mais mentir devant le Congrès est un crime fédéral. Sa déclaration est univoque, et ne lui laisse aucune marge de manoeuvre si de nouvelles preuves émergent pour contredire ses propos. – The New York Times

 


 

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