08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
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  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

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