19.09.17

 

1. Un président normal?

 

  • C’était le premier discours de Trump devant les Nations Unies, et comme dans tous les grands discours de politique étrangère – à Hambourg, à Varsovie – le président n’est pas parti en vrille et s’est contenté de lire calmement son prompteur, de répéter que, sous sa présidence, les intérêts américains passeraient en premier.

 

  • Il a surnommé Kim Jung Un « Rocket Man », a qualifié la multiplication des essais balistiques de véritable « mission suicide » et est prêt à « détruire totalement la Corée du Nord ». L’accord sur le nucléaire passé par son prédécesseur avec l’Iran est une honte, et accusé le pays de soutenir le terrorisme.

 

  • Après une fin d’été catastrophique et le départ du pitbull Steve Bannon et de son sous fifre, Sebastien Gorka, la rentrée a été plutôt calme à la Maison Blanche, avec un bureau ovale sous contrôle du chef de cabinet, John Kelly, ancien général de l’armée américaine, qui surveille étroitement les individus et les informations qui parviennent aux yeux et aux oreilles du président.
    Contrairement au chaos qui a régné dans la West Wing les six premiers mois, la cohésion qui règne désormais dans l’entourage du président autour des « modérés » ou « démocrates new yorkais » (Gary Cohn, Dina Powel, Jared Kushner et Ivanka), pousse le président à davantage de compromis, avec les Démocrates, sur la protection des jeunes migrants, sur un retour aux négociations concernant le retrait de l’accord sur le climat, …

 

  • Le meme qu’il a retweeté ce week-end, où il frappe Hillary Clinton avec une balle de golf, a été soufflé par l’un des derniers survivants de la première administration Trump, Dan Scavino, ancien caddy du milliardaire, en charge des médias sociaux durant la campagne et qui a pris le relais à la Maison Blanche.

 


2. Une même image

 

 


3. Mais que cache Facebook?

 

  • Depuis les résultats des élections que Facebook est accusée d’avoir influencé en aidant à propager des fake news contre Hillary Clinton et en laissant une puissance étrangère acheter des centaines de milliers de dollars de publicités pour influencer les débats du pays, et même créer de toutes pièces des manifestations contre les immigrés, la compagnie est dans le collimateur des Démocrates, des Républicains, de Robert Mueller, le procureur indépendant en charge de faire la lumière sur les relations des proches de Trump et les Russes pendant la campagne, et des médias,…

 

  • Sur le 450 millions de dollars dépensés pendant les élections 2016 sur Facebook, journalistes et politiques sont certains que la compagnie a accepté bien plus d’argent que les cent mille dollars qu’elle a reconnu avoir accepté de « fermes à troll » basées en Russie. 

 


4. Le poil à gratter de Trump

 

 

  • Sebastian Gorka, ancien de Breitbart, passé quelques mois par la Maison Blanche avant d’être viré cet été, travaille aujourd’hui comme « chef stratégiste » d’une nouvelle super PAC, MAGA The American Coalition, censée défendre le programme « America First » du président contre les traitres « modérés » qui ont remporté les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche et l’establishment républicain qui risquerait de détourner le président de ses promesses de campagne.
  • La première intervention de Gorka et The American Coalition aura lieu avec Sarah Palin jeudi soir à Montgomery en Alabama ou auront lieu en décembre prochain des élections pour remplacer le sénateur Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la justice.
    Ils viendront défendre Roy Moore contre un autre républicain Luther Strange soutenu par le parti et Donald Trump, qui y sera en meeting vendredi.
  • Les « nationalistes » comme Steve Bannon, Seb Gorka, Ann Coulter qui soutiennent depuis le début le programme d’extrême droite de Trump pourraient devenir les poils à gratter du président s’il s’éloigne trop de ses promesses électorales. C’est aussi un courant important de la droite américaine qui n’est pas prêt de faiblir.

 


5. Justice réparatrice

 

  • Après Los Angeles, San Francisco, Seattle, Denver, de plus en plus de villes américaines remplacent « Columbus Day » – le jour férié célébré le 2ème lundi d’octobre aux Etats-Unis et en Amérique latine en commémoration de la date d’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492 – par « Indigenous Peoples Day » en hommage aux Amérindiens, premiers occupants du continent américain.
  • Comme les statues des confédérés, la glorification de l’histoire (blanche et violente) des Etats-Unis est une devenue une insulte certaines populations afro-américaines et amérindiennes: Dans cette logique, Christophe Colomb n’est plus le grand navigateur qui a découvert l’Amérique mais un « terroriste chrétien », un « violeur », un « esclavagiste » et sa commémoration considérée comme « une célébration du génocide des Amérindiens sponsorisée par l’Etat ». 

 


6. Des fans plus connus que leurs idoles.

 

 

  • Tout le monde a droit à son combat et à sa marche sur Washington (les femmes, les pro-life, les fanatiques des armes), même les « Juggalos », les fans du groupe de musique « horrorcore-rap », Insane Clown Posse, répertoriés comme un gang exerçant des activités criminelles par le FBI depuis 2011: Ils ne sont ni dangereux, ni armés, mais se maquillent le visage en clown psychédélique à l’image de leurs idoles.
    Chaque année, depuis qu’ils sont fichés par l’agence de renseignements, la bande de joyeux lurons organise une marche haute en couleur sur Washington pour mettre fin à cette « oppression ».

    Les militants « Juggalos » rebaptisés à l’occasion « Struggalos » étaient un millier dans la capitale ce week-end et ont réussi leur coup médiatique en réussissant à ce que tous les organes de presse du pays parlent d’eux: Time, Rolling Stone, RT, The Detroit Free Press, The Guardian, The Daily Beast,

     

 


7. Twitter en veille

 

  • Glenn Trusch, correspondant du New York Times à Washington, immortalisé dans le sketch de Saturday night Live avec Melissa McCarthy en Sean Spicer, se débranche de Twitter qui « lui prenait trop temps » et a mis son compte en veille plutôt de l’annuler pour éviter qu’un internaute malveillant reprenne son nom, sa voix et ses 348 000 abonnés.
  • Je me suis toujours demandé comment les journalistes faisaient pour suivre la cadence infernale de Twitter, surtout ceux qui suivent des centaines d’autres utilisateurs et voient des milliers de tweets défiler chaque jour sur leur fil d’information.

 


8. Une donation de 200 millions dollars

 

  • Henry Samueli, entrepreneur américain co-fondateur de Broadcom, une entreprise de fabrication de matériel électronique, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à trois milliards de dollars, a offert deux cent millions de dollars à l’Université publique de Californie à Irvine, située dans le très huppé comté d’Orange en Californie. La donation sera utilisée pour créer le « Susan & Henry Samueli College of Health Science » qui offrira enseignements, recherches de médecine intégrative, qui combine médecine conventionnelle et médecines alternatives dans le traitement des patients.
  • C’est la septième plus importante donation jamais faite à une université publique américaine. 

 


9. Morning Joe Day

 

    • C’est l’émission politique qui cartonne ces derniers mois grâce à l’effet Trump et à un duo haut en couleur, la démocrate Mika Brzezinski et le Républicain Joe Scarborough – qui se sont fiancées cette année – et une tribu de journalistes, experts, et politiques présents tous les matins de 6 à 9 heures du matin sur la chaine MSNBC … depuis dix ans.
    • L’intérêt du show est qu’il confronte différents avis et points de vue sur le plateau, ceux progressistes de Mika et ceux plus conservateurs de Joe, sur des sujets de politique intérieure et internationale assez bien expliqués.
      Ci-dessous une vidéo de l’émission en 2008

           

  • Sur Trump: Mika est très inquiète pour l’avenir du pays tandis que Joe pense que Washington, les institutions et la constitution du pays vont lui permettre de traverser sans trop de dégâts cette présidence.
    Pour Peggy Noonan, l’une des chroniqueuses conservatrices les plus respectées du pays, l’avènement de Donald Trump a « tout ouvert, a cassé beaucoup de traditions et de façons de faire, donc on ne peut plus trop prédire comme on le faisait auparavant ce qui nous attends en terme de candidats présidentiels. On vit une période historique marquée par des changements majeurs »

 


10. Une fiction sur Daech

 

  • « The State », c’est la fiction de National Geographic en quatre épisodes sur les recrues de Daech et leur vie au sein de l’organisation, inspirée par de vrais témoignages.
    La bande annonce est flippante.

 

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