28.09.17

 

1. Une réforme fiscale qui n’en n’est pas

 

  • Donald Trump a dévoilé hier l’autre grand défi de son programme présidentiel, la réforme fiscale, qualifiée de « grande victoire pour le peuple américain » censé entraîner « le retour du Miracle de la Classe Moyenne ».
    Le plan de réforme a été préparé depuis plusieurs semaines et dans le plus grand secret par les « Big Six »: Les chefs des majorités républicaines du Sénat (Mitch McConnell) et de la Chambre des Représentants (Paul Ryan), le président du Comité des finances du Sénat, Orrin Hatch, le président de la Commission des voies et moyens, Kevin Brady et deux membres de l’administration Trump, le conseiller économique Gary Cohn et le ministre des finances, Steve Mnuchin
  • La dette des Etats-Unis est actuellement de 14,6 trillions de dollars, et si les taux d’imposition actuels sur les entreprises et les particuliers demeurent, la dette devrait enfler de dix trillions de dollars ces dix prochaines années.
    Le coût du plan de réforme fiscale de Trump est estimé à 5,8 trillions de dollars sur dix ans, et serait remboursé en partie par l’élimination des déductions d’impôts faites aux particuliers et aux entreprises. Pour le reste, environ deux trillions de dollars, ce serait au gouvernement de payer en supprimant notamment les programmes destinés aux classes moyennes.
  • Pour la plupart des médias (Vox, The New York Times, Washington Post, Axios)et l’opposition: Il s’agit plus d’une simplification de la fiscalité et de réductions d’impôts en faveur des populations aisées que d’une réforme fiscale « révolutionnaire » qui profite aux classes moyennes.
  • Les Démocrates sont contre, Bernie Sanders est contre et certains Républicains émettent déjà des doutes sur l’une des mesures phares du plan: l’élimination des déductions d’impôts, locales et fédérales, pour les particuliers et les entreprises.* « $5 Trillion question for Trump tax plan: How do you pay for it? » – AP

 


2. « I don’t benefit »

 

  • Le président a affirmé mercredi qu’il ne profitait pas personnellement de cette réforme et que les riches y gagnaient peu.
    Selon le New York Times, Trump pourrait économiser un milliard de dollars si la réforme fiscale, qui prévoit l’élimination des droits de succession, était votée. En effet, la loi actuelle devrait taxer à hauteur de 40% le patrimoine du président, évalué à 2,86 milliards de dollars.
  • A partir de la seule déclaration d’impôts disponible de Donald Trump (datée de 2005), révélée l’année dernière par le New York Times, le quotidien affirme que les réductions d’impôts sur le revenu lui ferait économiser cinquante millions de dollars et dépenser entre trois et cinq millions de dollars.* « Trump Could Save More Thank $1 Billion Under His New Tax Plan »The New York Times

 


3. Le nouveau calvaire des Républicains?

 

  • Selon Axios, Trump ne serait pas satisfait du plan proposé et pourrait comme pour la réforme de la santé, qu’il avait qualifié de « méchante », mettre les Républicains dans l’embarras:

    La réforme fiscale est devenu un problème existentiel pour Paul Ryan et McConnell. S’ils échouent la-dessus, comme ils l’ont fait pour la réforme de la santé, les deux Chambres pourraient perdre leur majorité républicaine.
    Certains conservateurs républicains s’inquiètent d’un scénario cauchemardesque pour le parti: Pas de suppression de Obamacare, pas de réforme fiscale – et les grandes « réussites » du Congrès seraient le sauvetage financier des compagnies d’assurance (pour l’Affordable Care Act) et une législation sur les Dreamers      

  • A retenir: La réforme fiscale pourrait être encore plus difficile à passer que la suppression d’Obamacare … qui a échoué

 


4. Twitter à la casserole

 

  • Après le mois de septembre mouvementé que vient de passer Facebook, c’est au tour de Twitter de rendre de s’expliquer sur des comptes bidons, ouverts par des Russes se faisant passer pour des Américains politiquement engagés qui ont propagé rumeurs et mensonges contre les démocrates durant la campagne présidentielle.
  • Dans un post de blog, Twitter affirme que RT, la chaîne internationale de propagande russe a dépensé 274 000 dollars en 2016 sur environ deux cent comptes ayant la publicité de 1 823 tweets destinés au marché américain, et plus précisément aux abonnés des médias « mainstream » susceptibles d’être influencés.
  • Aujourd’hui la compagnie a rencontré les membres de la commission du Renseignement du Sénat qui enquête sur l’ingérence russe lors des élections de 2016 et l’un de ses membres, le sénateur démocrate Mark Warner s’est dit très déçu par le manque de coopération de Twitter: Tous les comptes bidons ont été découverts parce qu’ils correspondent aux comptes bidons révélés par Facebook la semaine dernière. 
  • La compagnie va devoir retourner au travail et montrer davantage de coopération avec la commission. 

    * « Top Senator slams « inadequate » Twitter briefing »Axios

 

 


5. Google a 19 ans

 

 

  • Pour fêter les 19 ans d’existence de Google, Recode nous offre un petit recap en 19 points de la compagnie, parmi lesquels on retiendra que:
    • Le premier Doodle (« gribouillage » en anglais) de Google, le changement temporaire de logo sur la page d’accueil, a été dessiné en 1998, date de la création du site, pour le festival Burning Man, auquel participaient les deux fondateurs
    • Google emploie 72 000 personnes, devrait engranger 73,8 milliards de dollars de revenus publicitaires numériques, soit 33% du total mondial – Facebook en comparaison est à 36 milliards de dollars cette année.
    • La plupart des employés sont blancs (56%), ce sont des hommes (69%) et asiatiques (35%). Les Latinos représentent 4% des employés contre 2% pour les Afro-Américains
    • Google est propriétaire de cinq des dix applications de téléphones portables les plus utilisées aux Etats-UNis: YouTube, Google Play, Google Maps, Gmail et Google Search.
    • Ce à quoi ressemblait Google.com en 1998

 


6. Reconversion Instagram

 

  • Busy Philipps, 38 ans, a laissé tomber sa carrière d’actrice – commencé vingt ans plus tôt – pour devenir la sensation de lnstagram Stories, l’option qui vous laisse poster des vidéos de moins d’une minute sur votre compte Instagram pendant 24 heures seulement.
    « A Chaque nouveau lancement de réseaux sociaux, il existe les premiers qui vont définir son potentiel »: les monologues intérieurs de Chrissy Teigen en direct sur Twitter (2009), les leçons de life-coaching de Dj Khaled sur Snapchat en 2016, et depuis 2017, la vie quotidienne de Busy Philipps à Los Angeles, avec ses deux enfants, un mari réalisateur, une meilleure amie, Michelle Williams, rencontrée sur le tournage de Dawson Creek en 2001, et beaucoup d’humour.
  • Contrairement aux vies glamour et bling bling des « instagirls » (Kylie Jenner et les soeurs Hadid), Busy Philipps est l’anti-héros qui a su se réinventer une carrière en dehors des studios hollywoodiens en créant des vidéos, souvent hilarantes, qui cartonnent. Elle vient de signer avec une maison d’éditions, et consécration, fait l’objet d’un super article dans le New Yorker aujourd’hui.* « How Busy Philipps became the breakout star of Instagram stories »The New Yorker

 


7. Battle of the Sexes

 

  • La fédération internationale de ski décidera la semaine prochaine si la championne américaine de ski, Lindsey Vonn, peut disputer une course de la Coupe du monde de ski alpin avec les hommes. Elle en a fait régulièrement la demande ces dix dernières années, à chaque fois rejetée.
    La championne s’entraîne régulièrement avec des hommes, qu’elle bat, mais n’a jamais essayé avec les champions masculins, et « c’est pour ça qu’elle le faire » et « apporter un peu de publicité à ce sport »
    Il ne s’agit pas de changer les règles mais d’offrir l’opportunité unique à une championne qui a gagné plus de courses que n’importe quelles autres femmes dans sa catégorie

 

 


8. Couverture du Jour

  • Celle du Time consacrée, une fois de plus, à Trump et à la dernière polémique qu’il a déclenché à propos des « fils de pute » de joueurs – dont le premier d’entre eux, Colin Kaepernick, qui s’agenouillent durant l’hymne national.
    Il ne s’agit de revenir sur cette énième controverse, mais plutôt de la remettre dans une stratégie classique du président qui consiste à rassurer sa base électorale de « déplorables » contre les minorités, démocrates au nom d’une guerre culturelle qui menace les Etats-Unis:Mais le débat autour du sport n’était pas seulement une diversion mais une réaction tout droit sortie du manuel de science politique de Trump. Confronté à des crises, il en créé de nouvelles, provoque des conflits qui émulent ses supporters et choquent ses adversaires. Dans ce cas là, il a repéré une question sensible qui oppose sa base rurale, blanche et conservatrice aux riches athlètes noirs et élites libérales très critiques envers la NFL, des logos racistes de ses équipes aux dangers des traumatismes crâniens.* « Inside Donald Trump’s Latest Battle Against the NFL »Time

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