Jill Stein, la candidate du Green Party, relève de Bernie Sanders?

Capture d'écran d'une photo d'un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l'on ne voit que des Pancartes "Bernie" ou "Bernie or Bust" - Publiée sur le site 27 Juillet 2016
Capture d’écran d’une photo d’un rassemblement de Jill Stein à Philadelphie où l’on ne voit que des Pancartes « Bernie » ou « Bernie or Bust » – Publiée sur le site 27 Juillet 2016

L’élue du parti vert américain ne remportera pas les élections du 8 novembre mais se verrait bien influencer ses résultats en continuant, seule, la révolution initiée par Bernie Sanders  – au grand dam des démocrates.
Le Spoiler Effect
Fondé en 2001, le Green Party of the United States (GPUS) affilié à gauche exerce une influence toute relative sur les décisions politiques du pays, que ce soit à Washington ou au niveau des états – A l’exception des élections présidentielles américaines où les « Greens » tentent désormais de s’imposer comme une alternative au duel classique Démocrates-Républicains, souvent frustrant pour les électeurs.
Et cette cuvée 2016 pourrait apporter un succès critique à ce petit parti compte tenu de l’impopularité des deux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump.

Une éventualité qui effraie les démocrates, encore traumatisés par les élections de 2000, perdues par Al Gore dans l’Etat de Floride à une centaine de voix près contre George Bush. Le candidat des Verts de l’époque, Ralph Nader, en refusant d’appeler ses électeurs à voter démocrate, en restant dans la compétition et collectant plus 95 000 voix aurait « gaché » toutes les chances de victoire du candidat démocrate.

Cette stratégie du « Spoiler Effect » qui fait toujours débat aujourd’hui est l’une des conséquences directe du système bipartisan: elle consiste en la participation au sein d’un même camp politique (la gauche ou la droite) d’un « spoiler candidate », un candidat secondaire, qui va concourir contre le principal candidat, et dès lors fragiliser ses chances de victoire au profit de leur rival politique.

« Jill not Hill »
Cette année, la candidate du GPUS et potentiel « Spoiler Candidate », Jill Stein, qui n’avait recueillie que 470 000 voix en 2012, a vu dans Bernie Sanders un allié de choix. A la recherche d’une collaboration avec le sénateur du Vermont, elle a proposé sa place à la tête du Green party après sa défaite aux primaires démocrates afin qu’il puisse poursuivre sa campagne et se présenter aux élections de Novembre.

Sanders n’a pas fait suite à son offre.

Résultat: début Juillet, la candidate a violamment critiqué le choix de Bernie Sanders de soutenir Hillary Clinton – sans même reconnaître les acquis que ce dernier a réussi à faire passer dans l’agenda démocrate. Elle a aussi saisi l’occasion pour aller courtiser ceux qui se sont sentis trahis par le ralliement de Sanders à l’establishment politique qu’il avant tant critiqué des mois durant.

Aujourd’hui elle veut rassembler tous ceux qui « veulent continuer le mouvement » et poursuivre la « révolution » avec ou sans Bernie Sanders.
Et le flot de supporteurs mécontents et désabusés venus prêter allégance n’a pas désempli depuis.
J’ai l’impression d’être un travailleur social, être présent ici et parler aux supporteurs de Bernie. Ils ont le coeur brisé. Il se sentent délaissés et trompés par le parti démocrate a-t-elle affirmé, selon les propos rapportés par The Atlantic ce matin.

Pour autant, Jill Stein n’a pas l’expérience de Sanders, et sa position reste avant tout contestataire comme l’explique le  Time qui l’a interviewé récemment:

Stein se présente davantage comme une dissisdente et pasionaria de la tribune plutôt qu’une politicienne. Elle appelle Clinton une Va-t-en-guerre, Donald Trump un fanatique et refuse de dire qu’elle est le pire des deux candidats (…) La semaine dernière, elle a affirmé à un blog libéral que Bernie Sanders foutaient ses supporteurs dans la merde en soutenant Clinton. La lutte qu’elle mène avec son armée de militants couverts de badges, microphones à la main en système plus qu’elle ne cherche à remporter des positions. Sa zone de prédilection, ce sont les rassemblements bruyants de libéraux dans les parcs plus que les couloirs du pouvoir politique 

Une tribune de choix à la Convention Démocrate
Lors de la convention démocrate, elle a tenu des meetings quotidiens dans les rues de Philadelphie, ou on pouvait des dizaines de pancartes « Bernie or Bust » et presque aucune dédiée au Parti des Verts. Mardi soir, elle a accompagné les dizaines de militants qui ont décidé de quitter la convention après que Sanders ait appelé à l’unité du parti et à voter Hillary Clinton.

Toute la légitimité de Jill Stein aujourd’hui repose sur le désenchantement d’électeurs qui découvrent, comme Bernie Sanders l’a signifié mardi, que la campagne, la politique et la démocratie sont une affaire de Compromis. Elle a néanmoins réussi à faire parler d’elle cette semaine à philadelphie – une stratégie essentiellement si elle veut comme le « troisième parti » aux élections de novembre

Il est difficile de quantifier aujourd’hui le nombre d’électeurs que pourrait récupérer Jill Stein des nombreuses défections qu’a reçu Bernie Sanders. Selon le site de sondage en ligne Yougov.com, elle récolterai  3% des intentions de vote, un score respectable qu’elle devrait sans doute augmenter d’ici le mois de novembre.

Rappelons enfin que la grande majorité des supporteurs de Sanders (90%) lui sont restés fidèles et suivront le mot d’ordre qu’il a répété à plusieurs reprises  sur la scène du Wells Fargo Center: voter démocrate.

 

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