Mardi 31 janvier 2017: President Steve Bannon?

  • Sally Yates, ministre de la Justice intérimaire, a été virée hier soir par Donald Trump, après avoir ordonnée à son département, les tribunaux, juges et avocats représentants le gouvernement américain, de ne pas appliquer le décret de Donald Trump concernant la détention et déportation des réfugiés et citoyens originaires de sept pays musulmans. « Je ne suis pas convaincue que la défense du décret avec les responsabilités [du ministère de la justice], ni de la légalité de ce décret ».
    Sally Yates, nommée en 2015, assumait temporairement ses fonctions à la tête du département de Justice en attendant la confirmation par le Sénat de Jeff Sessions, choisi par Donald Trump. Elle a été remplacée par Dana Boente qui a expressément demandé lundi soir l’application de la « MuslimBan » par le département de Justice.
  • L’article du New York Times, intitulé « Président Steve Bannon? »
    Illustration by Selman Design; Photos by Damon Winter/The New York Times

    résume la situation actuelle de la présidence et du rapport d’influence autour de Donald Trump, sous la coupe de l’ancien directeur de Breitbart News
    « C’est comme si Barack Obama avait fait du rédacteur en chef de Buzzfeed News, son principal conseiller et lui avait donné une place plus importante que les principaux généraux et président des agences gouvernementales au Conseil National de Sécurité du pays » résumait hier un commentateur politique de « The 11th Hour » sur MSNBC
    Une crise gouvernementale inutile mais volontairement provoquée par Bannon qui entend « détruire l’establishment » comme il l’avait affirmé au Daily Beast en 2013.

  • Selon Axios, les conseillers les plus influents du président, Steve Bannon et Stephen Miller sont ravis de cette première semaine, des quinze décrets signés par Donald Trump et de l’application rapide et efficace la #MuslimBan. Les manifestations seraient un signe de réussite, les critiques de la désinformation des médias, qualifiés de nouveau « parti d’opposition » et n’ont que faire de celles des Républicains « qu’ils n’aiment pas et n’aimeront jamais ».
  • Les deux seuls sénateurs républicains les plus critiques envers la « MuslimBan », John McCain et Lindsey Graham, capables de faire vaciller la majorité républicaine du Sénat, forte de 52 Républicains, 48 Démocrates (dont deux Indépendants) représentent aujourd’hui la principale opposition au président au sein de la majorité.
  • Les décrets du président seraient décidés par un cercle très restreint, obsédé par d’éventuelles fuites, indépendamment des conseils de son cabinet » et en consultant s’ils le jugent nécessaires les leaders du Congrès, Paul Ryan et Mitch McConnell. 
  • Dans sa conférence de presse hebdomadaire, le porte parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a suggéré à la centaine de diplomates américains qui s’opposent à la Muslim Ban de se soumettre au décret ou de démissionner, au nom de la « sécurité de l’Amérique ».
    Diplomates et membres consulaires utilisent depuis 1983 un réseau qui leur est réservé, appelé « dissent channel » dans lequel ils peuvent exprimer leurs opinions ou conseils en opposition, ou non, avec la position de la Maison Blanche et sans risques de représailles.
    Sean Spicer ne connaissait peut-être pas son existence.
    Ils sont soixante dix mille Américains à travers le monde à avoir prêté serment de ne servir aucun parti, ni président mais le pays, et sont inquiets aujourd’hui des menaces de la Maison Blanche.
  • La veille, c’était au tour de Kellyanne Conway de demander le renvoi des tous les journalistes qui s’en sont pris à Donald Trump durant la campagne, et continuent d’essayer de saper sa présidence, sur Fox News, dans l’émission de Chris Wallace, visiblement surpris par ces déclarations:
    « Je suis allée sur trois chaînes différentes dimanche [dernier] et j’ai parlé pendant trente-cinq minutes. Et vous savez qu’est-ce qu’ils ont retenu? Le fait que j’ai utilisé le terme de « faits alternatifs »…et pas que je m’en sois pris à l’un des présentateurs pour lui dire qu’il ne couvrait pas les faits qui étaient importants. »
  • L’Association de Défense des Libertés Civiles, ACLU, aurait récoltée ce weekend 356 300 donations en ligne totalisant 24 millions de dollars après avoir réussi à obtenir l’interdiction de la déportation d’immigrés par un juge de Brooklyn samedi soir.
    Ils récoltent généralement quatre millions de dollars par an.
  • Les P.-D.G.s de l’industrie tech ont bien raison d’être inquiets des dernières mesures anti-immigration du président dont ils devraient être la prochaine cible. Le risque imminent concerne la restriction du programme de visas professionnels, H-1B, qui leur permet de recruter chaque année des dizaine de milliers d’ingénieurs venus du monde entier pour satisfaire une demande d’emplois qui ne désemplie pas. Donald Trump dans son programme « America First » veut donner la priorité aux travailleurs américains, et si appliqué, le décret présidentiel donnerait la priorité aux salaires les plus élevés. Une réforme qui obligerait des compagnies comme Microsoft, Apple ou Amazon a repensé les modalités de recrutement de leur main d’oeuvre et de ses compétences selon Bloomberg Businessweek.
  • Samantha Bee organisera un « évènement alternatif » en marge du diner de la White House Correspondents Association, celui au cours duquel l’ancien président Obama avait humilié l’actuel président Donald Trump en 2011, et qui, selon certains journalistes, l’aurait poussé à poursuive une carrière politique.

    Aucun doute que Bee, la comédienne la plus drôle de la télé américaine en ce moment, réussisse ce « counter-event » pour proprement « griller » le président. Elle pourrait attirer une foule de comédiens et journalistes tant les rapports de ces derniers avec l’administration sont tendus.
    Donald Trump pourrait également décider de ne pas assister au (vrai) gala, lui qui a refusé d’assister à celui du Alfalfa Club le week end dernier pour rester travailler à la Maison Blanche avec son acolyte, Steve Bannon.
  • Donald Trump annoncera demain son choix concernant le neuvième et dernier juge de la Cour Suprême des Etats-Unis. Trois prétendants ont été identifiés et tous seraient défavorables à l’avortement. Les sénateurs démocrates ont déjà annoncé qu’ils utiliseraient l’obstruction parlementaire pour empêcher sa nomination, en rappelant à leurs adversaires qu’ils n’ont pas pas même considéré le choix d’Obama, Merrick Garland, l’année dernière. Le leader de la majorité républicain au Sénat, Mitch McConnell a répondu que les choix des présidents Clinton, Ruth Bader et Stephen Breyer, avaient été acceptés comme ceux de Barack Obama, Sonia Sotomayor et Elena Kagan.
  • Les frères Koch, financiers du parti républicain qui sert leurs intérêts depuis des décennies, pourraient bien en résistance, via le « Koch Network » si l’administration Trump décidait d’aller à l’encontre de leurs positions « libertariennes » et venait à taxer les échanges avec l’extérieur. Le réseau de deux frères milliardaires est très puissant, riche et organisé par des activistes qui sont influents au sein chez électeurs républicains. Ils pourraient bien faire pression sur les parlementaires aux prochaines élections de mi-mandat en 2018 si Trump continuait sa politique de « nationalisme économique », et pour lesquelles ils ont prévu de dépenser entre 300 et 400 millions de dollars.

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