Skip to content →

Dimanche 19 février 2017: Les médias, ennemis du peuple US; La Suède « not good »; 31 jours de Trump; Frank Lloyd Wright et les 80’s

 

  1. Donald Trump ennemi des Etats-Unis

    Le président-candidat Trump a donné un meeting hier à Melbourne en Floride ou il a reçu le soutien de neuf mille supporters et en a profité pour développer sa stratégie anti-médias, au lendemain d’un tweet incendiaire et après une conférence de presse hallucinante jeudi.
    Vendredi, le Commander-in-Chief s’est encore une fois attaqué aux médias – précisément les trois grandes chaînes nationales, NBC, CBS, ABC et la chaîne d’infos, CNN ainsi que le « failing @nytimes » – en les qualifiant d’« ennemis du peuple américain » dans un tweet qui résonne comme une déclaration de guerre contre le quatrième pouvoir et la liberté d’expression inscrite dans le Premier Amendement.  Hier à Melbourne, il a cité les critiques, prises hors de leurs contexte original, de Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs du pays, contre la presse, « partie intégrante d’un système corrompu », a accusé les chaînes télés de ne pas filmer la foule qui s’était rassemblée pour le soutenir et a même invité un supporter sur scène pour faire ses louanges. 

  2. Les réactions ne se sont pas faites attendre

    Vendredi après midi, de nombreux journalistes comparaient les propos belliqueux de Trump contre les médias avec ceux de Nixon, en 1972, qui affirmait, en privé: « la presse est l’ennemie, l’establishment est l’ennemi, les professeurs sont les ennemis. » 
    Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, l’a traité de « fake president » pour avoir osé s’attaquer au premier Amendement. #NotTheEnnemy était la tendance sur Twitter vendredi et samedi.
    Une énième provocation de Trump pour rester le centre d’attention et de répulsion des journalistes à la veille de « President Day ». On notera encore une fois, et c’est devenu une habitude, le silence des Républicains qui préfèrent se taire plutôt que de devenir la cible du président sur Twitter.
    On plaint déjà le pauvre Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui va devoir répondre aux questions des journalistes mardi prochain.

     

  3. Les « alternative facts » de Suède

    Le sujet de plaisanterie ce matin c’est la Suède, citée la veille par le président:


    Il faut qu’on protège notre pays. Regardez ce qu’il se passe en Allemagne. Regardez ce qu’il se passe en Suède. La Suède Qui l’eût crû? Ils en ont accueilli trop. Ils ont des problèmes qu’ils n’ont jamais vu venir.

    Rien n’est arrivé en Suède cette semaine mais Trump a regardé l’émission de Tucker Carlson la veille sur Fox News à laquelle participait Ami Horowitz, documentariste de droite, qui présentait son dernier projet sur les violences commises par les réfugiés en Suède. Le pays a laissé entrer 200 000 réfugiés depuis 2015 mais aucune augmentation significative de la violence a été notée dans le pays.
    L’ancien premier ministre suédois, Carl Bildt, est allé sur Twitter pour moquer le président.

    Twitter

    D’autres Suédois plein d’humour reprenaient les propos de Trump avec le hashtag #lastNightInSweden

    Twitter /JeannaLStars

    Ce n’est pas la première fois que Donald Trump répète ce qu’il voit à la télé sans prendre la précaution de vérifie, et le troisième fait alternatif relayé par l’administration après le « Green Bowling Massacre » de Kellyanne Conway, le « shooting d’Atlanta » de Sean Spicer.

     

  4. Le chef de cabinet confirme les menaces de Trump sur la presse

    Samedi matin, Reince Priebus, chef de cabinet du président, invité de l’émission « Face the Nation » sur CBS, a affirmé que les Américains devaient prendre sérieusement les attaques de Trump contre les médias:

    Le problème c’est toutes ces fausses histoires qui circulent comme celle du New York Times, que [les proches de Trump] auraient eu des contacts avec la Russie [durant la campagne] ou celle du Wall Street Journal, que la communauté des renseignements ne divulguerait pas certaines informations [au président]. Les deux histoires sont fausses, exagérées, c’est du grand n’importe quoi.

    Ces « fake news » reposent pourtant sur des « vraies fuites » selon les propos du président en conférence de presse jeudi. La solution pour Mr Priebus serait tout simplement de citer le nom des sources:

    Je pense que les médias devraient arrêter de citer des sources anonymes. Mettez des noms sur vos feuilles de papier et imprimer les. Si les gens ne veulent pas mettre leur nom à côté des déclarations, ces déclarations ne devraient pas être publiées.

  5. Le premier mois de Trump en chiffres selon AP

    Merci Associated Press pour ce recap en chiffre du premier mois de Donald Trump:
    24: Décrets présidentiels et mémo signés (y compris le retrait du Traité Trans-pacifique et les lois pour l’abolition d’Obamacare)
    1: Un décret présidentiel bloqué, celui qui interdit pendant trois mois l’entrée sur le territoire américain de ressortissants de sept pays différents
    4: Lois qui ont été votées dont cette qui bloque la régulation interdisant de déverser les déchets de charbon dans les rivières alentours.
    6: Le nombre moyen de tweets quotidiens du compte Twitter personnel de Donald Trump
    25,1 millions: Les abonnés de Trump sur Twitter
    15,5 millions: Les abonnés du POTUS sur Twitter
    4: Visites de chefs d’Etats étrangers
    1: Visité annulée d’un chef d’Etat étranger (Mexique)
    1: Juge de la Cour Suprême nommé, Neil Gorsuch
    2: Mauvais choix du président: Andrew Puzder à renoncé à être  ministre du travail et Michael Flynn a démissionné de son poste de conseiller à la sécurité nationale.
    14: Membres du cabinet présidentiel qui ont été approuvés sur les 24.
    39%: des Américains soutiennent les actions du président Trump selon un sondage de Pew Research
    3: Weekends à Mar-a-Lago de Trump depuis son investiture

     

  6. La garde nationale pour chasser les « illégaux »

    Le mémo, publié vendredi par Associated Press, est l’ébauche d’un décret présidentiel qui obligerait des soldats de la garde nationale, la réserve de l’armée américaine, à servir la politique anti-immigration du président. Elle prévoit la mobilisation de cent mille soldats aux côtés des agents de l’immigration qui travaillent sur le long de la frontière mexicaine pour arrêter les immigrés sans papiers: les « Border Patrol » et les désormais fameuses unités de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) qui opèrent également dans les villes sanctuaires du pays.
    La Maison Blanche a démenti la décision mais pas l’authenticité du mémo.

  7. Jared Kushner contre CNN

    CNN est le média le plus détesté du président, « very fake news », et de son genre, Jared Kushner, 35ans, l’un de ses plus proches conseillers: Il s’est plaint du « traitement injuste » du chef de l’Etat auprès d’un des dirigeants de Time Warner, la compagnie parente de la chaîne d’infos, et jusqu’au président de CNN, Jeff Zucker. Ce dernier a offert à Mr Trump sa carrière à la télévision avec l’émission The Apprentice lancée en 2004 lorsqu’il était président de NBC Entertainement. Depuis le début de la campagne, les deux hommes sont en froid.
    En jeu dans cette dispute, la fusion de Time Warner avec le géant de la téléphonie, AT&T – un projet critiqué par le candidat républicain pendant la campagne et qu’il pourrait bloquer.

    Time Warner soutient l’indépendance de la chaîne câblée dont l’audience a augmenté de 50% cette année chez les 25-54 ans.

  8. On vous conseille: « The last original Frank Lloyd Owners » Wall Street Journal

    Durant sa carrière, l’architecte américain Frank Lloyd Wright a imaginé les plans d’un millier de structures différentes, dont la moitié a vu le jour: Eglises, écoles, gratte-ciels, hôtels, musées (le Guggenheim) et quelques trois cents maisons, dont cinq restent aujourd’hui encore aux mains des premiers propriétaires, deux couples, un veuf et deux veuves tous nonagénaires: ils ont tous réussi à convaincre l’architecte de leur construire leur maison, toutes sont restées en l’état cinquante ans plus tard et continuent de les inspirer quotidiennement.

  9. La couverture du jour:

    Le guide télé du Guardian s’intéresse cette semaine à notre passion pour les années 80 avec une couverture hommage à Stranger Things dont la deuxième saison sera diffusée sur Netflix, en octobre prochain.
    L’idée: Hollywood est devenu très conservateur ces trente dernières années dans les thèmes de ses films qui doivent plaire à un public oriental et occidental, et sont très chers à promouvoir: Le plus petit dénominateur commun à ces exigences est le « blockbuster franchisé ».
    « C’est pourquoi les salles de cinéma sont remplies de films de super-héros interchangeables plutôt que des films plus modestes encrés dans la vie de tous les jours comme The Breakfast Club »

    The Guardian – Guide. Février 2017

Published in Revue de presse