15.10.17

 

1. « The Unexpected Addict »

 

 

  • Le 03 août dernier, le Birmingham News lançait sur son site internet un appel pour localiser des proches d’April Nicole Carpri, une femme de 34 ans, dont le corps, retrouvé mort chez elle trois semaines plus tôt dans la ville de Elsen, était disponible pour être enterré.
    Deux mois plus tard, elle est en une du même quotidien d’Alabama sous le titre « The Unexpected Addict » ou « comment l’héroïne a détruit une conseillère en toxicomanie ».
     

    Ses amis ont toujours du mal à comprendre comment Capri a terminé dans une tombe anonyme. Il y a seulement quatre ans, cette diplômée de l’Université d’Alabama avait un métier, une maison en banlieue, un mari et un enfant. Elle a tout perdu à cause de l’héroïne alors qu’elle a réussi à ce que de nombreux patients en décrochent. Carpri est l’une des 150 personnes mortes cette année dans le comté de Jefferson d’une overdose de drogue. La plupart causée par de l’héroïne ou du fentanyl, un puissant opiacé de synthèse.

    * « The Unexpected Addict: How Heroin destroyed an Alabama drug counselor » – The Birmingham News

 

  • Une énième de l’épidémie d’opiacés qui frappe le pays depuis des années et provoqué la mort de 62 000 en 2016.

 


2. Facebook et la démocratie américaine

 

 

  • L’introduction de Mike Allen/Axios avant son interview avec la COO du groupe, Sheryl Sandberg en dit long:
     

    L’histoire de la décennie ressemble à un roman: Un ennemi des Américains a cherché à manipuler notre écosystème de médias sociaux, qui n’est soumis à aucune régulation, pour tenter d’influencer le cours des élections et faire élire comme président une ancienne star de la télé-réalité, obsédée par Twitter – dans ce qui restera l’une des plus grandes surprises de l’histoire des Etats-Unis.

 

  • The Atlantic prend le relais avec une excellente analyse de ce que « Facebook a infligé à la Démocratie américaine » et « pourquoi ce phénomène était si difficile à anticiper ». Plusieurs facteurs entrent en jeu:
    Dès 2012, une étude a montré qu’une initiative de Facebook (« Get out the Vote » qui visait à inciter les jeunes à voter) pouvait avoir des répercussions électorales importantes, surtout dans le cadre du collège électoral des Etats-Unis dans lequel un petit nombre d’Etats ont un impact disproportionné sur le résultat à l’échelle national. Même si la compagnie s’est toujours défendue d’être neutre et de ne pas utiliser ses produits pour influencer le vote des électeurs, d’autres s’en sont chargés à leur place.

    Le fil d’informations de Facebook qui fonctionne comme un « journal personnalisé » empêche les internautes de confronter leurs opinions à celles différentes des leurs ce qui tend à créer une « bulle de filtrage » qui rend impossible tout débat national. L’équipe de Trump en charge de la campagne numérique a brillamment utilisé ces deux facteurs: Elle a dépensé 70 millions de dollars de publicités sur Facebook lors des quatre derniers mois de campagne, en diffusant des centaines de milliers de pages d’informations et de désinformations, destinés à des populations ultra-ciblées – qui les a rendu difficile à identifier. Sachant que Facebook est aujourd’hui le leader dans la distribution d’informations, l’impact a été total.
     

    Le problème n’est pas qu’un Républicain ait battu un Démocrate, c’est est que les fondements du système électoral – les nouvelles que les gens voient, les évènements auxquels ils croient, les informations qu’ils lisent – ont été déstabilisés.

    * « What Facebook did to American Democracy » – The Atlantic

 

 


L’économie du Dollar Store

 

  • Dans un pays de plus en plus fracturé économiquement entre les grandes villes et les côtes riches et dynamiques et l’intérieur pauvre, déserté et malade, les « dollar stores », ces grandes surfaces à très bas prix, apparaissent un peu partout dans les régions les plus défavorisées, les zones rurales de l’intérieur du pays, comme Dekatur, une petite ville de mille habitants située dans l’Arkansas, où même Walmart, la plus importante chaîne de supermarchés à du fermer ses portes.
    Les deux chaînes les plus importantes, Dollar General, (14 000 magasins à travers les Etats-Unis) et Dollar Tree (plus de treize mille enseignes) dépassent à elles deux les 22 375 magasins de CVS, Rite Aid et Walgreens, les plus grandes chaînes de pharmacies américaines.
     

    « Les dollar stores parient sur le fait que nous allons avoir une classe pauvre permanente aux Etats-Unis » explique Garrick Brown, directeur de la recherche sur les ventes à la société Cushman & Wakefield. « On part du principe que les emplois ont disparu, qu’ils ne reviendront jamais, et que les choses ne s’arrangeront pas dans ces endroits.

     
    Dollar General, qui compte ouvrir un millier de nouveaux magasins cette année dans le cadre d’une stratégie d’expansion de 22 milliards de dollars dans les communautés rurales et pauvres, représentent « non pas un déclin mais un renouveau économique, ou du moins une survie » pour ses habitants.

    * « Dollar General Hits a Gold Mine in Rural America »Businessweek

 

 


Hollywood: What & Who’s next?

  • Le problème du harcèlement sexuel était jusqu’ici l’un des secrets les mieux gardés à Hollywood où la mentalité de producteurs comme Weinstein est, de son propre aveu, ancrée dans les années soixante-dix où tout était soi-disant permis – Roman Polanski le paye toujours.
    D’autres têtes devraient tomber, les complices dénoncés, mais c’est peut-être et enfin le signal d’un changement drastique de comportements à Hollywood vis-à-vis des femmes – The Los Angeles Times

 

  • Des enquêtes ont été ouvertes à New York et à Londres pour corroborer les témoignages des plus récentes victimes.
  • Le frère de Harvey Weinstein, Bob Weinstein pourrait être lui aussi viré de la compagnie qui pourrait rapidement tomber en banqueroute si ses projets, comme ceux commencés avec Amazon, étaient suspendus.

 


A VOIR:

    • Le documentaire de Netflix sur l’écrivaine et essayiste américaine « Joan Didion: The Center Will Not Hold » dont les écrits provocateurs dans les années 70 et 80 sur des sujets de société ont inspiré des générations de jeunes Américains.

  • Le documentaire de l’excellente émission d’investigation Frontline de PBS sur « la guerre contre l’EPA » mené par son directeur, le climatosceptique Scott Pruitt, contre les lois de protection de l’environnement mises en place par Barack Obama ces huit dernières années.

 

 


La Couverture du Jour

 

  • L’homme le plus puissant au monde n’est pas Donald Trump mais Xi Jinping, le président chinois, écrit The Economist dans son éditorial de cette semaine.
    Selon le magazine, certes, l’économie chinoise reste derrière les Etats-Unis qui disposent également de la plus importante armée au monde, mais « le leader du monde libre s’entend mal avec les autres leaders étrangers et est incapable d’imposer son agenda politique à la maison ».
    Au contraire, le président du plus grand Etat autoritaire plus de succès à l’étranger. Son contrôle sur la Chine n’a jamais aussi puissant depuis Mao, qui gouvernait un pays chaotique et très pauvre. M. Xi est l’un des moteurs de l’économie mondiale.* « Xi Jinping has more clout than Trump. The World should be wary » – The Economist
     

12.10.17

 

Calamité

  • Les violents incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, et ses immenses vignobles, en début de ce semaine ont été les plus meurtriers de ces dernières décennies avec 31 morts, des centaines e blessés et 400 disparus. 
     

 


L’interview

 

  • Donald Trump a donné une interview à son ami et fervent supporter, Sean Hannity, devant une foule de « deplorables » mercredi soir, diffusée sur Fox News
  • Il y a réitéré l’idée de retirer à la chaîne NBC News son autorisation de diffusion, une énième attaque contre la liberté d’expression critiquée par la gauche et la droite, et notamment le sénateur républicain Ben Basse, qui lui a demandé s’il avait décidé de rompre le serment prêté le jour de son investiture, celui de protéger la Constitution américaine et le Premier Amendement.
    Donald Trump oublie trop souvent qu’il est le président de tous les Américains et qu’il doit en tant que tel, accepter et non pas attaquer ou essayer de censurer les critiques: Il veut toujours avoir raison, quel que soit l’adversaire et gagner à tout prix, quel qu’en soit le prix.

 

 


Obamacare saboté

 

  • Devant l’incapacité du Sénat à abroger et remplacer Obamacare, Trump a annoncé hier soir qu’il allait signer un décret présidentiel, le 49ème depuis son investiture, visant a diversifier les offres d’assurance qui ne seront plus soumises aux conditions strictes de l’Affordable Care Act et geler les subventions destinées aux assureurs, qui permettaient de rendre les prix des cotisations abordables pour les plus démunis.
     

    • Il sera désormais possible de souscrire des assurances moins chères qui offrent moins de services en dehors de ceux offerts par Obamacare, jusqu’ici disponibles pour les petites entreprises uniquement, destinés aux jeunes individus en bonne santé. Si tous les jeunes se retirent du marché des assurances d’Obamacare, fondé sur un système de solidarité qui aide à financer les frais des plus âgés, les frais d’assurance de ces derniers vont exploser.
    • Trump veut également saboter Obamacare en gelant toutes les subventions visant à promouvoir le programme, ce qui représente des dizaines de milliers d’emplois, et envisagerait de faire fermer temporairement le site de l’Affordable Care Act.

 


La NRA s’entête

 

  • Dix jours après la tuerie de Las Vegas, la pire de l’histoire moderne du pays qui a fait 59 morts, la NRA a annoncé qu’elle s’opposait à une législation du Congrès qui interdirait la production, la possession et le transfert des « bump stocks« , ces appareils qui permettent à des armes semi-automatiques, autorisées, de tirer en rafale, comme des fusils d’assaut, interdits à la vente. C’est une loi qui « va trop loin » selon la NRA, opposée fermement à ce qu’une loi soit votée contre les armes à feu, et préférant que l’ATF (Le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) mette en place des règles plus drastiques concernant la vente de ces dispositifs – or l’ATF avait conclu en 2010 que les bump stocks n’étaient soumis à aucune régulation. – The Hill

 

 


#ROSEARMY

 

  • Rose McGowan, l’une des victimes de Weinstein, qui dénonce sans relâche depuis une semaine le silence et la complicité d’Hollywood, s’en est pris personnellement à Ben Affleck sur Twitter après que ce dernier ait tardivement condamné le producteur et prétendu ne jamais avoir rien su. 
  •  

  • Après une suspension temporaire de 12 heures sur Twitter pour avoir communiqué un numéro de téléphone – provoquant la colère des internautes et de Jennifer Chastain d’autant que Trump avait la même chose sans répercussion il y a quelques années – Rose est repartie de plus belle en s’attaquant aux complices de Weinstein, à tous qui n’ont rien fait ou rien dit et qui ont volontairement, laisser le producteur harceler des jeunes femmes pendant des décennies.

    Cet après midi, elle a affirmé avoir perdu un contrat pour une série avec Amazon parce qu’elle avait demandé à la compagnie de ne pas travailler avec Weinstein en expliquant à l’un des producteurs, Roy Price, qu’il l’avait violé. Ce dernier, qui n’avait pas jugé l’histoire de McGowan crédibles à l’époque, a été suspendu cet après midi pour d’autres accusations de harcèlement sexuel. L’actrice a demandé à Jeff Besos d’arrêter de « financer des violeurs, des pédophiles et des harceleurs sexuels. » – The Los Angeles Times

 

  • Un a été lancé à partir de ce soir minuit pour protester contre « les voix des femmes réduites au silence ». L’analyse de Buzzfeed sur cette décision

 


Weinstein, le déni complet

 

  • Après les révélations des accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein dans le New York Times la semaine dernière, on s’attendait à ce que les langues se délient et que d’autres femmes brisent le silence. Mais on était loin d’imaginer un scandale d’une telle ampleur à cause du nombre de victimes, une trentaine de femmes à ce jour, et du statut de star de certaines d’entre elles, comme Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow, ce qui prouve le climat délétère qui doit régner dans ce microcosme soi-disant glamour.

 

  • A VOIR: Samantha Bee s’en est donné à coeur joie dans son émission hebdomadaire hier:

    Arrête ton char, le Cosby blanc. N’accuses pas les années soixante et soixante-dix pour tes terribles prises de décisions. C’est du harcèlement sexuel en série, et pas un tatouage de singe (…) La prochaine fois que tu as besoin de te masturber, demandes toi juste « Est-ce que je suis devant une employée ou une collègue » And si la réponse est oui, ne le fais pas, tout simplement

     

  • Weinstein continue de nier les faits et qualifie les agressions sexuelles d’actes sexuels consentis et les harcèlements de mensonges. Il ne serait pas en « très bonne forme » ces derniers jours et serait entré dans un centre de soin en Arizona hier.

 

  • La polémique continue entre Ronan Farrow​ et NBC News​ qui a refusé de publier son enquête de dix mois qu’elle lui avait commandé sur le producteur, dans laquelle il révélait les viols, agressions sexuelles et harcèlements commis sur une dizaine de femmes – l’investigation a fait un carton cette semaine dans le New Yorker​. – The New York Times

 


La couverture du Jour

 

  • Le Time a mis Weinstein en couverture de sa dernière édition: « Producteur. Prédateur. Paria. » Mais comme dirait Anthony Bourdain, ancien chef et auteur à succès, dont la campagne, Asia Argento, a elle aussi été victime de Weinstein à la fin des années 90, « est-ce qu’on pourrait tout simplement parler de violeur? »
     

 

 

11.10.17

 

La déchéance continue

 


 

  • Les témoignages sur les harcèlements et agressions sexuelles qu’aurait commis Harvey Weinstein, l’une des personnalités les plus influentes d’Hollywood sur des actrices, mannequins et assistantes s’accumulent depuis la publication d’une première enquête publiée la semaine dernière dans le New York Times; le quotidien a publié hier les témoignages accablants de personnalités aussi célèbres que Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow.
    Le prédateur semblait choisir de jeunes filles méconnues qu’ils menaçait si elles osaient parler.

 

  • Weinstein a réussi pendant des années à faire pression sur ses victimes, ses collègues et sur quiconque oserait publier des révélations sur ses agissements tout en continuant à harceler et agresser de nouvelles proies.
    Ronan Farrow qui travaillait depuis plusieurs mois sur les rumeurs concernant le producteur affirme que NBC aurait refusé de publier son enquête explosive qu’il a finalement proposé au New Yorker, et suggère que la chaîne aurait subi des pressions, tout comme le journaliste, que Weinstein a personnellement menacé de poursuivre.
    Sachant que Weinstein réclame au New York Times 50 millions de dollars pour diffamation – après la publication de l’article qui l’a finalement fait tomber – on a peu de doute sur les propos de Farrow.

 

  • La prochaine étape de ce scandale: ceux qui ont laissé agir impunément cet homme pendant tant d’années. – Vox

 


La croisade de Bannon

 

  • Depuis qu’il a quitté son poste de conseiller du président, Steve Bannon a entamé une croisade contre l’establishment du Parti Républicain qu’il veut détruire – « Personne n’est à l’abri, on va s’attaquer à tout le monde » – et remplacer par ses propres candidats: « une coalition de populistes, conservateurs et libertariens », partisans d’une droite dure, loyale envers le président et fidèle à son programme « America First ».

 

  • Bannon a tout pour réussir: il est à la tête de Breitbart, le site alt-right qui cartonne auprès de la base électorale de Trump, il dispose du financement illimité de la famille Mercer, il croit sincèrement au principe de nationalisme économique défendu par le président et vient juste de remporter une victoire décisive en Alabama en soutenant Roy Moore, l’outsider contre le candidat officiel du parti, Luther Strange.

 

  • L’intégrité du parti républicain, très affaibli par son incapacité à faire passer des lois et constamment attaqué par le président, est menacée mais avec les deux majorités du Parlement, il reste le seul garant du succès des grandes réformes promises par Trump. Le président ne peut pas s’aliéner sa majorité qui pourrait finalement profiter aux Démocrates aux élections de 2018

 

  • Le mouvement politique de Bannon est similaire à celui du Tea Party après l’élection d’Obama sauf que ce dernier s’est transformé en un groupe parlementaire et n’a pas réussi à convertir le reste du parti républicain. Ce qui fait dire à certains représentants républicains que le phénomène Bannon pourrait bien s’affaiblir ces prochains mois …
    A voir…

 


Le Clean Power Plan est mort …

 

  • L’une des mesures phares de Barack Obama contre le réchauffement climatique – une limitation drastique des émissions de dioxyde de carbone et des subventions destinées aux compagnies productrices d’énergies renouvelables et propres – vient d’être abandonnée par l’Agence de Protection de l’environnement.

 

  • Son directeur, Scott Pruitt, un climatosceptique soutenu par une majorité de Républicains, explique avoir pris cette mesure – qui va à l’encontre du protocole de Kyoto et du traité de Paris adoptés par l’ensemble de la communauté internationale, car elle n’avait selon qu’un objectif: La ruine de l’industrie minière.
    Pour les républicains, la question du changement climatique reste un problème national – qui ne devrait pas se soumettre aux principes de traités internationaux – et surtout partisan, qui serait utilisé par la gauche pour tenter de réorganiser le secteur de l’énergie aux Etats-Unis. Un argument absurde puisque l’industrie minière n’a jamais été aussi faible et que les énergies renouvelables sont l’un des secteurs les plus dynamiques du pays.

 

  • Le dernier argument apporté par la revue conservatrice National Review est juste hallucinante: selon elle, les électeurs américains, à travers leurs élus, ont eu plein d’opportunités de limiter les émissions de dioxyde de carbone pour limiter le changement climatique mais le Congrès n’est jamais passé à l’acte, donc ce n’est pas au président d’en décider autrement.
    Annuler le Clean Power Plant répond davantage à une question de principe, limiter les pouvoirs de l’agence fédérale et du président pour laisser le Congrès décider quitte à ce qu’il ne prenne aucune décision, qu’à une protection de l’environnement.* « Goodbye, Clean Power Plan »National Review

 

 


Vive le Clean Power Plan est mort …

  • Légalement, les conditions imposées aux Etats par le Clean Power Plant peuvent être annulées mais ça peut prendre des années avant qu’elles disparaissent complètement: Ces dernières années, les compagnies d’électricité ont fait des choix structurels qui vont davantage vers les énergies renouvelables, les centrales électriques et autres parcs éoliens plutôt que vers l’exploitation minière et ces investissements mettront des années à porter leur fruit ce qui rend leur abandon peu probable.
    L’industrie est déjà en train d’adhérer à des alternatives plus propres et moins chères que les centrales au charbon même sans la pression du gouvernement fédéral.
    * « Trump administration Formally Proposes to Rescind Obama’s Clean Power Plan »Businessweek

 

 


On vit une époque formidable

 

  • Deondre Harris, un afro-américain roué de coups par des suprémacistes blancs lors de la manifestation d’extrême droite et néo-nazie à Charlottesville, a été inculpé par un juge de la ville pour coups et blessures – qu’il a asséné pour se défendre. L’avocat du plaignant, Harold Ray Crews, serait allé directement demandé la décision auprès du juge sans attendre les résultats de l’enquête de police, qui prouverait que le « nationaliste du sud » n’a pas été blessé.
    La vidéo du passage à tabac de Harris a permis d’identifier deux des six agresseurs. Les réactions devraient s’accumuler contre ineptie – The Washington Post

 

  • Entre 30 et 40% des pompiers qui combattent les incendies de forêts en Californie sont des … détenus. Ils sont été condamnés pour des peines légères et se sont portés volontaires pour travailler en dehors de la prison, et gagnent deux dollars de l’heure lorsqu’ils sont en exercice. La Californie est l’Etat qui le plus recours à ce programme avec quelques quatre mille participants qui lui permettent d’économiser 80 millions de dollars par an.

 

  • Lors d’une réunion des représentants de la sécurité nationale l’été dernier, Trump a demandé que l’arsenal nucléaire des Etats-Unis – à son niveau le plus bas depuis les années – soit dramatiquement augmenté, « pour ne plus être au niveau le plus bas » sans aucune idée des conséquences au niveau international, ni de l’état de actuel de l’armée qui n’a jamais été aussi puissante. Aucune augmentation n’a néanmoins été prévue.
    C’est à la suite de ce meeting que Tillerson a qualifié le président de « moron » – NBC News

 

  • Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, qui défendait la liberté d’expression des joueurs il y a deux semaines, a changé d’avis, sans doute à cause des audiences en baisse des matches de football et du faux coup d’éclat de MIke Pence dimanche dernier, et affirmé dans une lettre envoyée aux propriétaires des équipes, que « comme beaucoup de supporters » le pensent, « les joueurs devraient respecter l’hymne national ». Il semble que les menaces de Trump aient finalement porté leurs fruits
    The New York Times

 

 

 


La couverture du jour

 

 

  • C’est la énième couverture sur Trump mais l’interview effectué par Randall Lane, le rédacteur en chef de Forbes donne une bonne idée du caractère de Trump et de sa manière de diriger le pays et de gérer les problèmes, en gros en dehors des réalités.
     

    « Les nombres importants ont toujours attiré Trump, qu’ils soient vrais ou non »

    Il a numéroté les étages de la Tour Trump pour qu’elle paraisse plus haute, est obsédé par l’audience de The Apprentice et a menti sur la superficie de son penthouse. Tout cela explique l’inexplicable – le besoin d’exagérer la taille de la foule ou insulter celui qui va sortir des sondages défavorables.Les entreprises américaines ont largement adhéré les mégadonnées … mais Trump s’est vanté pendant des décennies de conduire ses propres recherches – anecdotiques – et puis achète ou vend en suivant son instinct. Les nombres ne sont là que pour justifier son flair.

     

    Il gouverne exactement de cette manière, en soutenant les promesses de campagne qui défient toute logique

     

  • * « Inside Trump’s Head: An Exclusive Interview With the President, And the Single Theory That Explains Everything » – Forbes

10.10.17

 

1. Cali brûle 

 

  • Les images des comtés ravagés de Napa, Mendocino et Sonoma, dont la plus importante ville Santa Rosa semble avoir été incinérée, révèlent l’étendue des dégâts des incendies qui se sont déclarés dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord de la Californie et provoqué la mort de dix-sept personnes, de centaines de blessés, 180 disparus et du départ précipité à pied et en voiture de vingt mille habitants.
  •  

  • Les incendies, aidés par des vents violents soufflant à plus de 80km/hr ont ravagé 46 000 hectares de forêts, zones habitables (deux mille habitations, commerces) et les centaines de vignobles de Napa Valley.
    Ce sont les feux les plus destructeurs que l’historie de la Californie. L’état d’urgence décrété hier par le gouverneur Jerry Brown est maintenu.
  •  

  • Aucune mention du président sur cette autre catastrophe naturelle aux implications économiques importantes, puisque les vignobles de Napa Valley sont directement menacés

 


Le Day Care de Washington

 

  • L’échange salé entre le président et le sénateur du Tennessee Bob Corker dimanche reste « the talk of the town » à Washington, et si la plupart des parlementaires et sénateurs républicains appellent au calme (« cool it off »), aucun n’a condamné les propos de leur confrère.
    Comme à chaque polémique, les proches de Trump en ont profité pour donner des leçons de morale (Kellyanne Conway, Sarah Sanders) et Bannon a même appelé à la démission du sénateur.

 

  • Le comité éditorial du Wall Street Journal, l’un des rares médias à ne pas être considéré comme « fake news » par la Maison Blanche, a défendu les propos de Corker qui disait du président après les évènements de Charlottesville cet été qu’il « n’avait montré jusqu’ici aucune preuve de stabilité, ni de compétence » et qu’il devait adopter ces qualités s’il voulait réussir – des commentaires qui expliquent en partie la dispute de ce week-end.
     

    Ces hommes et femmes soutiennent la politique du président, du moins la plupart, et ils continuent de travailler pour la bonne cause et celle de leur pays. Ce qu’ils redoutent et veulent éviter, c’est le manque de discipline du président, ses excès d’humeur, son narcissisme et l’habitude de traiter les leaders étrangers comme s’ils s’agissait de Rosie O’Donnell.

    * « The Truth about Trump and Corker » – The Wall Street Journal

 

 


 

Comment rivaliser avec les géants Google et Facebook?

 

Data: eMarketer; Note: 2017 values projected; Chart: Andrew Witherspoon / Axios

 

  • Comment les médias peuvent-ils rivaliser avec les mastodontes Facebook et Google qui se partage littéralement les revenues publicitaires et l’offre de contenu en ligne sur le marché américain?  – Axios :
     

    La réalité est que nous avons laissé ces plateformes se développer pendant tellement longtemps, que n’importe quelle autre compagnie devra batailler ferme et longtemps avant qu’elle ait assez d’influence pour pouvoir les concurrencer

     

  • Le chemin va être long et difficile et ce sont sans doute les erreurs de ces compagnies, comme celles d’avoir favorisé l’élection de Trump ou laissé les Russes acheter des publicités pour influencer le cours de la campagne présidentielle en 2016, qui pourraient internautes et annonceurs à directement s’adresser aux autres médias.
     
    En attendant, les différentes stratégies consistent à:

    • Continuer de publier des articles critiques à l’encontre de ces plateformes pour pousser les politiques à limiter leur pouvoir et influence.
    • En essayant d’être moins dépendant de ces plate formes – Le New York Times, le Guardian, Quartz et Forbes ont abandonné les « Instant Articles » de Facebook, et même s’ils continuent d’y investir pour sponsoriser leur contenu, les engagement générés par ce genre de contenu « web » (avec le lien vers le site hôte) sont en baisse contrairement aux photos et vidéos.
    • De la même manière, Netflix est devenu l’ennemi public numéro des plateformes de streaming et autres chaînes câblées qui retirent leur programme pour aller vers Hulu ou créer leur propre réseau.

 
 


Le chemin de croix de Zuck

 

  • Depuis que la compagnie a été accusée d’avoir fait gagner Trump le 08 novembre dernier et après une rentrée marquée par des révélations toujours plus incriminantes, Zuckerberg met tout en oeuvre pour réparer ses erreurs: un message personnel bidon après Yom Kippour, le recrutement d’un millier d’employés chargés de vérifier les publicités diffusées sur la plateforme mais aussi des campagnes de publicité « simplettes » pour « tenter » de rassurer les internautes … On se demande bien qui il va réussir à convaincre.
     

 

  • Mais c’était sans le coup de génie de Zuck, devenu en quelques semaines un professionnel de la communication – Vanity Fair
     

    Dans un geste aussi grotesque que le président qui lance des rouleaux de papiers toilette devant une foule de survivants de l’ouragan [Maria à Puerto Rico la semaine dernière], Marck Zuckerberg a organisé son propre PR Nightmare lundi quand il a choisi de faire une démonstration de la nouvelle application Facebook Spaces – qui permet aux utilisateurs d’explorer de vraies destinations sous la forme d’avatars – dans un Puerto Rico ravagé.

     

    Mark et Rachel à Puerto Rico lundi

Les « real housewives » du président

 

 

  • Dans une interview donnée à l’émission « Good Morning America » à l’occasion de la sortie de son livre « Raising Trump », Ivana Trump, la première épouse du président et mère de ses trois aînés, Donald Jr, Eric et Ivanka, a affirmé qu’elle ne communiquait pas trop souvent avec son ex-mari, « une fois tous les quatorze jours », histoire de ne pas rendre jalouse Melania, « car au bout du compte », c’est elle « la première femme de Trump », c’est elle « la première dame ».

 

  • Le jour même, la porte parole de l’actuelle « First Lady », Melania Trump, généralement discrète voire absente, a répondu dans un communiqué que, contrairement aux allusions de sa rivale, elle aimait beaucoup sa vie à Washington et qu’elle comptait « utiliser son rôle pour aider les enfants et non pas vendre des livres »:
     

    Les déclarations d’une ex n’ont clairement aucune substance, ça n’a pas pour objectif que d’attirer l’attention et faire du bruit

     
    A croire que Ivana a bien retenu les leçons de son ex-mari qui doit jubiler de voir les femmes se battre pour s’attribuer la place de première dame.

 


La fin du « marécage doré »?

 

Illustration by Oliver Munday; Source photograph by Raymond Hall / GC Images via Getty / NEW YORKER

 

  • L’edito de Lena Dunham dans le New York Times ce matin sur le scandale Harvey Weinstein:
     

    « Cette industrie libérale [qu’est Hollywood] a rapidement condamné Bill O’Reilly, Roger Ailes et le président et refuse de considérer les abus sexuels comme une discussion de vestiaire. Pourquoi donc un tel silence, surtout de la part des hommes, quand on apprend que l’un des nôtres aime humilier et traumatiser les femmes? »

     
    Les acteurs et actrices qui ont finalement condamné Weinstein: Matt Damon, Ben Affleck, Jennifer Lawrence, Nicole Kidman, Charlize Theron, Jessica Chastain, Kate Winslet, Michael Keaton, Mark Ruffalo, … La seule à avoir défendu Weinstein est son amie Donna Karan de DKNY

    Quand à l’accusé, il a « désespérément demandé l’aide » de ses puissants confrères de studios, chaînes et d’agences d’acteurs pour l’empêcher de se faire virer et lui donner le temps de se soigner, en vain. La compagnie a même décidé de changer de nom.

 

  • Rose MCGowan, l’une des victimes de Weinstein, a demandé la démission de l’ensemble conseil d’administration de The Weinstein Company, dont certains membres auraient clairement été complices et a dénoncé plus largement la nature macho de Hollywood:
     

    Les hommes à Hollywood doivent changer de comportement le plus vite possible. Le pouvoir de Hollywood diminue car la société a changé et évolué mais le comportement des hommes à Hollywood est resté le même; il faut les prévenir qu’aucune femme ne leur appartient. Le genre de comportement et d’état d’esprit comme dans la série « Entourage » est aussi obsolète que leur nature pseudo-macho

     

  • A RETENIR: Ca fait des années que des médias (le New York Times, Defamer, New York magazine) essayent de sortir une histoire sur le comportement « dégueulasse » de Weinstein et en sont incapables faute de preuve tangibles selon les médias, sous la pression de Weinstein selon les critique.
  •  

  • A LIRE: L’enquête de Ronan Farrow, le fils de Mia, dont la soeur aurait été victimes d’attouchements sexuels de la part de Woody Allen quand elle était petite, publiée dans le New Yorker ce matin qui apporte les témoignages de nouvelles victimes qui affirment avoir été violées
    + L’article du New York Times dans lequel Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie affirment avoir été harcelés par le producteur.

    * « From agressive overtures to sexual assault: Harvey Weinstein’s accusers tell their stories »The New Yorker
    * « Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie and Others say Weinstein Harassed Them »The New York Times

 


« Click Bait »

    • J’ai demandé à « Gorge Profonde » un fan de la première heure – qui a assisté à l’une des premières séances de StarWars à Paris à la fin des années 70 – de nous décrire le clip du dernier StarWars:

      C’est l’Empire Contre Attaque avec 10 At-At au lieu de 3 et le gros con ridicule à la place de Darth Vador pour proposer à la poufette de rejoindre le côté obscur… Sans parler de l’espèce de Hamster et son cri de phoque dans le cockpit du Faucon Millenium… Disney vient de réhabiliter/adouber Jar-Jar Binks et les Ewoks… 

 

 


Le reste de l’actu

  • La présentatrice afro-américaine de ESPN, Jemele Hill, qui s’est faite tapée sur les doigts pour avoir qualifié Donald Trump de « white supremacist » le mois dernier a finalement été suspendue pour deux semaines après avoir critiqué Jerry Jones, le propriétaire de l’équipe de football américain des Cowboys de Dallas, qui a menacé de mettre la touche les joueurs qui « déshonoreraient » le drapeau, s’ils s’agenouillaient durant l’hymne national.

 


Couvertures du Jour

  • En remise en question de la culture bro de Hollywood, Variety célèbre cette semaine les femmes de pouvoir à Los Angeles: 
     

09.10.17

 

1. « Christophe Colomb, ton bateau coule »

 

 

  • Aujourd’hui c’est Columbus Day, un jour censé célébrer la découverte de l’Amérique, que de nombreux Américains, surtout d’origine italienne, célèbrent depuis la fin du XVIIIème siècle, et officialisé comme « national Holiday » en 1934 par le président Roosevelt – seuls les Etats de Hawaii, Alaska, Oregon, Dakota du Sud et Vermont ne le célèbrent pas.

 

  • Mais Christophe Colomb n’a rien d’un héros pour les victimes de la colonisation espagnole, les communautés amérindiennes du pays, hallucinées à l’idée qu’un explorateur italien ait pu « découvrir » des terres qu’ils habitaient depuis des siècles » et surtout responsable du génocide dont elles ont été ensuite les victimes.
    La critique de cette vision européano-centrique de l’histoire de l’Amérique n’a cessé de se renforcer, surtout depuis les années 90 quand certaines villes libérales (Boston, Denver, Berkeley et dernièrement Los Angeles en Californie) ont commencé à rebaptiser la fête nationale, le « Indigenous Day » en hommage aux premières populations du continent.
    Aujourd’hui, ce sont les statues de Christophe Colomb que certains veulent voir déboulonner.

 

  • Le mois dernier, une des statues de Christophe Colomb a été vandalisée à Central Park, et depuis, celle qui trône sur l’une des places les plus fréquentées de la ville, Columbus Circle, est surveillée 24heures sur 24.
    Entre temps, le maire de Blasio a demandé à une commission d’enquêter sur les « symboles de haine » – plaques et statues qui célèbrent des personnages ambivalents – qui parsèment la ville, y compris celle du navigateur, au grand dam de la communauté italienne qui le célèbre avec ferveur chaque année.

 


2. Corker vs Trump

 

 

  • Ce week-end, le président américain a accusé le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker, de ne pas se représenter pas en 2018 parce qu’il aurait refusé de soutenir sa campagne, et lui aurait refusé une place au sein de son administration.

 

  • La réponse cinglante de Corker dimanche matin a été retweetée 140 000 fois et aimé près de 400 000 fois en 36 heures:
     

    C’est triste que la Maison Blanche soit devenu une garderie pour adultes. Quelqu’un a sûrement a oublié de venir travailler ce matin

    Dans une interview accordée au New York Times le même jour, Corker a affirmé que le « reality show de Trump » pouvait conduire le pays « à une Troisième Guerre Mondiale », qu’il était « inquiet » du président, comme « tous ceux qui aiment ce pays » et qu’il parlait au nom de la plupart de ses collègues républicains du Congrès.

  •  

  • Encore beaucoup de bruit pour rien et une attaque contre un membre du Congrès, qui plus est de sa majorité, en pleine discussion sur la réforme fiscale, n’est pas de bonne augure pour un président qui n’a toujours pas réussi à passer l’une des mesures phares de son programme devant le Congrès: Corker n’a rien à perdre et tout à gagner en dénonçant l’attitude de plus en plus aggressive du président* « Trump Campaign’s embrace of Facebook shows company’s growing reach in elections »The Washington Post

 


3. Les profits de Facebook

  • Les excuses naïves de Zuckerberg, enregistrées après Yom Kippour, dans lesquelles il s’excuse de ne pas avoir bien fait son travail l’année dernière en laissant des internautes mal-intentionnés utiliser Facebook pour diviser le pays, plutôt que le rassembler, ont omis un détail important: Les 450 millions de dollars engrangés en publicités par Facebook durant les élections présidentielles.
    C’est sans la raison pour laquelle peu d’attention ont été portées sur le contenu de ces publicités et l’identité des annonceurs.

 

  • Sur cette somme colossale, 70 millions ont été dépensés par l’équipe de campagne de Trump, et sur les quatre derniers mois seulement.
     

    Sans que le public le sache, le site servait de plate forme à un intense barrage de publicités destinées aux supporters de Trump qui ont eu un maximum d’impact autour des débats présidentiels

     

  • Non seulement, le réseau social a été vital pour l’élection de Trump mais elle il a aussi servi de relais payant aux trolls russes pour évoquer des sujets controversés qui devaient servir le candidat républicain, et tout ça parce que ça lui a fait gagner des centaines de millions de dollars. D’où la nécessité d’imposer davantage de transparence dans le fonctionnement de cette organisation dont on a du mal à envisager encore l’étendue du pouvoir.
     

    Les larges sommes investies par la campagne de Trump auraient pu atteindre tous les utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis, ou envoyer plusieurs publicités aux électeurs clés. Le bombardement en ligne, plus important et cher que celui de Clinton, était invisible aux médias et à l’électorat, grâce à des messages très personnalisés qui permettent aux annonceurs de cibler plus facilement leur audience.

 


4. Le flop politique du week-end

 

 

  • La guerre culturelle s’est invitée à nouveau dans les stades à l’initiative du vice président Mike Pence qui est venu assister dans son Etat d’Indiana à la rencontre entre les Colts et les 49ers de San Francisco quelques minutes seulement: il a quitté le stade parce que des joueurs des 49ers s’étaient agenouillés durant l’hymne national – ce qu’ils font depuis septembre 2016, alors accompagnés du quarterback Colin Kaepernick.
     
  • Pence s’est justifié en expliquant qu’il refusait de voir des athlètes « déshonorer le drapeau » alors qu’ils protestent symboliquement contre les violences policières et le racisme dans leur. On a rapidement appris que la décision avait été préméditée, sans doute fomentée par le président, et qu’elle aurait coûté près d’un demi-million de dollars de logistique et de transport aux contribuables américains.
  •  

  • Comme l’explique Paul Waldman dans le Washington Post
     

    Hier, le vice président Mike Pence a défendu l’hymne national contre des joueurs de football qui protestent contre le racisme et les violences policières. Si ce genre de comportement vous dégoûte, mauvaise nouvelle: L’administration va continuer à exploiter cette guerre culturelle ces trois prochaines années.

     

  • Hier soir, Jerry Jones, le propriétaire des Dallas Cowboys est tombé dans le piège tendu par l’administration et a menacé de mettre sur la touche tous les joueurs qui « déshonoreraient » le drapeau. Une décision saluée par le président.

 


5. Harvey Weinstein, suite et fin

 

  • L’article du New York Times détaillant les accusations de harcèlement sexuel du magnat d’Hollywood, Harvey Weinstein, contre de jeunes actrices, assistantes et mannequins sur plus de trente ans, a secoué le monde du cinéma qui est plutôt discret sur l’affaire provoquant la colère des victimes les plus célèbres du producteur, Ashley Judd et Rose McGowan.
  •  

  • Shanon Waxman, fondatrice et rédactrice en chef de The Wrap, accuse le New York Times, où elle travaillait en 2004 d’avoir étouffé son enquête sur les allégations faites à l’encontre de Weinstein et raconte que Matt Damon et Russel Crowe l’auraient personnellement contacté pour démentir que Fabrizio Lombardo, à la tête de Miramax en Italie, avait été engagé dans l’unique but de « s’occuper des femmes de Weinstein » quand celui-ci voyageait dans le pays.
    Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times a démenti que le quotidien ait refusé de publier une telle histoire parce que The Weinstein Company était l’un de ses annonceurs mais plutôt parce que l’histoire ne reposait que sur le témoignage « off the record » d’une des victimes. 

 

 

 


6. Couverture du jour

 

  • Un hommage aux victimes de la tuerie de Las Vegas, “October 1, 2017: One Day in a Nation of Guns,” de David Plunkert.

 

 

 

 

06.10.17

 

1. Bientôt le Rexit?

 

by DAVE GRANLUND (Cagle Cartoons) 2017

 

  • Donald Trump n’a toujours pas digéré les révélations des « fake médias » de cette semaine concernant son Secrétaire d’Etat – qui aurait voulu démissionner en juillet dernier et aurait traité le président de « moron », surtout que Rex Tillerson n’a pas personnellement démenti ces propos relayés (et moqués) dans tous les journaux et sur les réseaux sociaux: Non seulement on lui a volé la vedette, mais à ses dépens et ça ne passe pas pour le président qui n’a plus aucune confiance en son ministre. 

 

  • Les jours de Rex Tillerson, qui devait rester à son poste au moins jusqu’à la fin de l’année, sont semble-t-il ,comptés: Il pourrait être remplacé par Mike Pompeo, 53 ans, actuel directeur de la CIA, avec qui Trump s’entend un peu mieux. Mais le directeur de cabinet, John Kelly qui a ramené un petit de normalité à la Maison Blanche depuis sa nomination cet été, voudrait éviter le grabuge d’un éventuel remaniement ministériel.

 

  • Hier lors d’une séance photo à la Maison Blanche entouré de dignitaires de l’armée américaine, Donald Trump a parlé de « calme avant la tempête » sans préciser sans préciser de quoi il s’agissait (Daesh, l’Iran ou la Corée du Nord ?), « Vous verrez bien » a-t-il répondu.
    Pour beaucoup, Trump a voulu faire dans le dramatique juste pour créer un peu de buzz autour de lui et faire parler les médias.

 


2. « Access Hollywood » un an plus tard

 

 

  • La « surprise d’octobre » censée mettre un point final à la campagne de Donald Trump, la désormais fameuse vidéo de l’émission « Access Hollywood » dans laquelle se vante d’attraper les femmes par leur entrejambe, découverte par le journaliste David Fahrenthold et diffusée par le Washington Post il y a tout juste un an, n’a pas eu, malgré l’énormité des propos, l’effet escompté.
    Pour Steve Bannon, ça a d’ailleurs le moment de vérité qui a déterminé qui était loyal envers Trump [lui, sa famille, Reince Priebus] et qui ne l’était pas [la plupart des Républicains, à commencer par Paul Ryan].
     

    « Les gens s’en foutaient. Ils savaient que c’était une discussion de vestiaire que Donald Trump avait avec un mec … Et ils ont passé outre. Ca n’a eu aucun impact sur la campagne. Mais si vous aviez vu les médias mainstream ce jour là, il tombait littéralement dans l’enfer de Dante. »

     

  • Pour fêter cet anniversaire, l’association de défense des femmes Ultraviolet diffuse en boucle la vidéo pendant toute la journée, sur grand écran et … à côté de la Maison Blanche. – The Hill

 


3. « Dirty Harvey »

 

 

  • Harvey Weinstein, l’un des plus puissants producteurs d’Hollywood, est accusé par le New York Times d’avoir harcelé ces trente dernières années, des dizaines de femmes, dont Ashley Judd et Rose McGowan, en échange de booster leur carrière. 
    Huit de ses victimes, des actrices, assistantes ou mannequins, auraient conclu des arrangements à l’amiable avec les sociétés de production et de distribution de films qu’il a co-fondé avec son frère (Miramax entre 1979 et 2005 puis The Weinstein Company) et dont la dernière remonterait à 2015.

    Weinstein, qui se présente « en public comme une figure libérale, défenseur de la cause féminine récompensé pour ses travaux artistiques et humanitaires » a reconnu dans le Times que « son comportement [avait] pu blesser ses collègues », s’en est excusé et a promis qu’il se soignait tout en démentant les accusations du quotidien.
     
  •  

  • Ce matin, le producteur a annoncé qu’il prenait un congé illimité mais aussi qu’il comptait poursuivre le New York Times pour 50 millions de dollars sous prétexte que le quotidien ne lui aurait pas laissé assez de temps pour se défendre de faits « qui remontent à plus de trente ans et dans une douzaine de pays différents »

 

  • Pour éviter les répercussions du scandale, les Démocrates, qui ont reçu beaucoup d’argent de Weinstein ces dernières années, se sont engagés à lui rendre toutes les donations et condamné son comportement, qui était soi-disant  un secret de polichinelle à Hollywood.* « Decades of Sexual Harassment Accusations against Harvey Weinstein » – The New York Times

 


4 .YouTube reste le roi

 

  • Netflix, Hulu et Amazon et autres services de vidéos à la demande qui représentent aujourd’hui une industrie de 8,21 milliards de dollars, qui devrait atteindre 14 milliards en 2021, ont poussé de nombreux téléspectateurs à suspendre (« cord-cutters ») leur abonnement au câble – assez cher aux Etats-Unis, entre 50 et 200 dollars par mois – et la tendance devrait se renforcer puisque de 16,7 millions en 2016, ils devraient passer à 40 millions en 2021.
    Quant aux « cord-nevers », ceux qui n’ont jamais souscrit d’abonnement pour regarder la télé, ils étaient 32,5 millions l’année dernière et seront 41 millions dans quatre ans.
    * « Amazon, Netflix and Hulu’s Most Popular Shows Revealed » The Hollywood Reporter

 

  • Netflix a dépensé 6 milliards de dollars en 2016 pour la création et achat de contenu contre 4,5 milliards pour Amazon, et si Netflix, qui vient d’augmenter son abonnement de 10% cette semaine, continue de cartonner, c’est YouTube qui reste le roi des « streamers » avec 186 millions d’abonnés.
    Et la plate forme de Google ne compte pas s’arrêter là avec YouTube Red, le service de vidéo à la demande à dix dollars par mois qui offre de la musique illimitée sans publicités, des créations originales après leur sortie en salle ou directement produites par la compagnie. Pour l’instant le répertoire est assez limité mais avec les 65 milliards de Google, leur offre devrait s’enrichir ces prochains mois
    * « YouTube Grows Up: Inside the Plan to take on Netflix and Hulu »The Hollywood Reporter

 


5. « La grandeur a un prix »

 

 

  • Dernière création de Showtime, un documentaire sur l’un des personnages les plus controversés du tennis mondial, le légendaire entraîneur de tennis, Nick Bollettieri qui a formé entre autres André Agassi, Venus et Serena Williams, Anna Kournikova, Monica Seles, Jim Courier
  • La particularité de Bollettieri est qu’il n’a aucune formation d’entraîneur ce qui l’a empêché de travailler pour une fédération et/ou une université, mais qui l’a poussé à fonder une Académie, où les jeunes prodiges du tennis sont venus vivre et s’entraîner loin de leurs parents.
    « Si je n’avais pas cassé ces règles, le tennis ne serait pas où il en est aujourd’hui »

 


6. Le reste de l’actu

 

  • La Californie devient officiellement un « Etat sanctuaire« 

    La « Senate Bill 54 » (SB54) signée par le gouverneur Jerry Brown abolit une loi qui obligeait les forces de police locales à prévenir les services d’immigration en cas d’arrestation d’un immigré en situation irrégulière pour possession de drogues et autres infractions.
    Une décision mal perçue chez les Républicains comme en témoigne ce commentaire de Red State:

    Pour résumer: La Californie défie ouvertement une loi fédérale pour protéger des criminels vivant illégalement dans l’Etat, les relâcher plus rapidement et ne sera plus obligé de prévenir les autorités fédérales quand ils sortent et errent les rues.

    « California Is Now Officially A Sanctuary State »Redstate

***

 

  • Donald Trump a décidé aujourd’hui d’autoriser les entreprises à ne plus rembourser les méthodes de contraception de leur employés – l’une mesures les plus controversées d’Obamacare – si ça va à l’encontre de leurs croyances religieuses. N’importe quel patron ou conseil d’administration peut aujourd’hui avancer le prétexte de la religion pour priver les femmes d’un de ses droits fondamentaux.
    Les associations religieuses ont bien entendu salué la décision – Politico

***

 

  • Las Vegas a interdit en 2012 la présence de pistolets pour enfants ou en plastique sur son fameux « Strip », l’avenue principale de la ville, afin de la rendre plus sûre tout en autorisant le port d’arme – les vraies, celles qui tuent – en public, comme ça l’est pour les casinos, bars, hôtels et bureaux de vote. – Charlotte Observer

 


7. Couverture du Jour

 

 

  • Mike Moore, l’avocat qui a mis à plat l’industrie du tabac (« Big Tobacco ») aux Etats-Unis et négocié le règlement juridique le plus cher de l’histoire (206 milliards de dollars sur 25 ans en 1998), voudrait désormais s’attaquer à l’industrie des opiacés qui a engrangé des milliards de dollars ces vingt dernières et créé l’une des pires crises sanitaires que l’Amérique ait connu, responsable de la mort de 60 000 personnes l’année dernière.

 

  • La plainte stipule que ce sont les compagnies qui ont provoqué cette épidémie en minimisant les risques de dépendance et d’overdose des anti-douleurs tels que l’OxyContin, le Percocet, ou le Duragesic. Les opiacés ne sont pas seulement risqués lorsqu’on en abuse, mais tout simplement lorsqu’on en prend.

 

  • Comme il l’a fait lors pour l’industrie du tabac, Moore veut travailler avec le plus d’Etats possibles afin de collecter les preuves nécessaires pour réclamer des milliards de dollars de dommages et intérêts et de faire plier l’industrie des opiacés. Certains villes et Etats américains ont déjà porté plainte contre certaines de ces entreprises (Purdue Pharma, Endo, and Johnson & Johnson’s Janssen Pharmaceuticals) mais une action collective est bien plus efficace aussi bien financièrement que symboliquement.* « The Lawyer Who Beat Big Tobacco Takes On the Opioid Industry » – Bloomberg Businessweek

05.10.17

 

I. Enfin une mesure?

 


 
 
« Après des années de résistance, le parti républicain pourrait soutenir une mesure visant à renforcer le contrôle des armes à feu » titre ce matin le New York Times, celle visant à interdire la vente des  « bump stocks », une pièce qui s’attache aux armes semi-automatiques afin de les stabiliser et de pouvoir atteindre une cadence de tir similaire à celle d’une mitrailleuse automatique, soit 800 balles par minutes – les armes à feu automatiques sont interdites aux civils depuis 1986.

L’interdiction de ce genre d’accessoires, dont la plupart des parlementaires ont appris l’existence cette semaine, serait un premier pas significatif mais négligeable par rapport à d’autres priorités: le contrôle systématique des antécédents judiciaires de tout futur détenteur d’armes, la restriction sur les ventes d’armes semi-automatiques, ou sur la possession d’armes à feu par individu – Paddock en possédait légalement plus de quarante. 
 
78% des Américains ne possèdent par d’armes à feu, 19% des Américains possède 50% des armes en circulation et 3% possède le reste, c’est-à-dire, 50% des armes à feu soit plus de cent millions.
 
Time magazine consacre sa couverture au « cauchemar américain » et note:

La difficulté de faire évoluer le débat sur les armes, c’est qu’il porte davantage sur ce qu’elles représentent: Les libertés adorées, le respect de l’indépendance. Les armes à feu sont un rejet du politiquement correct qui se glisse partout. Même le mouvement le plus minime visant à contrôler des armes mortelles apparaît pour certains Américains comme une atteinte à leurs droits 

 
Selon Politico:

Il existe un sentiment croissant de futilité du débat. Le contrôle est une cause perdue même dans un gouvernement divisé donc avec une présidence et un Congrès aux mains des Républicains…

 
Bill O’Reilly, ancien présentateur de Fox News, viré pour harcèlement sexuel, a twitté hier que Las Vegas était « le prix de la liberté », ce à quoi The Nation répond:

« L idée ancrée chez les Américains que les armes sont le symbole de la liberté est vraiment anormale. Ca signifie que, par définition, la capacité à créer de la violence serait le symbole, voire la condition préalable à la liberté, masculine, il faut le préciser. Ces valeurs n’ont pas été inventées par le taré de la Maison Blanche; c’est le symptôme d’un pays et d’un électorat qui préfèrent les armes à feu à la vie des enfants. »

 
 
 


II. Les questions de la droite pro-Trump

 

Selon l’excellente newsletter Right Richter, la réaction des médias pro-Trump à la tuerie de Las Vegas s’inscrit dans une stratégie de plus en plus courante qui vise non plus apporter une autre histoire – comme pour les théories sur le meurtre de Seth Rich – mais à la manière d’un avocat de la défense, en questionnant les résultats de l’enquête et en dénonçant certaines inconsistances avec la version officielle et celle des médias mainstream.

 

Dans le cas de Las Vegas, le site du Gateway Pundit a affirmé que le tueur est un « taré d’extrême gauche », Alex Jones d’Info Wars a d’abord cru aux revendications de Daech, puis a expliqué que, selon des sources anonymes, la chambre d’hôtel de Stephen Paddock était recouverte de propagande antifa. – propos contredits par les clichés diffusés sur le Daily Mail.
Mike Cernovitch demande lui la preuve par l’image et s’interroge pourquoi est-ce que l’hôtel n’a diffusé aucune image – parce que la police ne peut diffuser les images d’une enquête en cours.

 

Peu importe si le public le croit. Ce qui importe, c’est de rendre la situation tellement confuse que l’Américain moyen, déjà sceptique vis-à-vis des médias mainstream, ne pas chercher à comprendre les faits et passer à autre chose.
Jusqu’à la prochaine fois

 
 
 


III. Tous des « Morons »


 
C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être sauf en Trumplandia: Les révélations de NBC News hier matin sur la menace de démission du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en juillet dernier qui aurait traité son boss de « moron » (« débile »), lors d’une réunion au Pentagone, a provoqué depuis vingt quatre heures un torrent de tweets de Trump contre la chaîne qualifiée « fake news », « pire que CNN », « Fake News Network »; il a demandé qu’elle présente ses « excuses à l’Amérique » et même appelé la Commission du Renseignement du Sénat à enquêter dessus.
 
Entre temps, le démenti du porte parole de Rex Tillerson sur les révélations de NBC News – dont « tout le monde sait que c’est vrai » – n’a pas calmé Trump.
 
A LIRE: L’analyse géniale de Axios​ sur le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui avait accompli jusqu’ici la carrière parfaite à la tête de la 2ème compagnie la plus riche au monde ExxonMobil​ et qui se retrouve dans une administration hostile, avec un président qui ne l’aime pas, qui marche constamment sur ses plates-bandes, et coincée à son poste car il est l’un des garants de la stabilité de la Maison Blanche, des Etats-Unis et du monde…
 
Le sénateur républicain Bob Cocker a déclaré hier dans les couloirs du Congrès américain:

« le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, et le chef de cabinet, John Kelly étaient les personnes qui sauvaient la Maison Blanche du chaos. »

 
 


IV. Débat: Le Gerrymandering, L’autre poison de l’Amérique

La Cour Suprême des Etats-Unis s’attaque cette semaine au problème du « Gerrymandering » partisan, le découpage électoral utilisé pour avantager à un parti politique aux dépens de l’adversaire, et doit statuer si la pratique  est conforme ou non à la Constitution.
 
Ils étudient le cas (Gill v. Whitford) du Wisconsin dont le dernier découpage électoral, voté en 2011 par un parlement républicain, a été annulé par un cour fédérale l’année dernière qui a donné raison aux plaignants et conclu que le nouveau découpage visait a diluer les votes démocrates dans l’Etat pour les empêcher d’atteindre une majorité dans la plupart des districts (« Craking ») et à en regrouper beaucoup dans un petit nombre de district, qu’il remporteront avec une importante marge (« packing »).
 
Les défenseurs du nouveau découpage du Wisconsin affirment que ce n’est pas à la Cour Suprême de statuer sur un problème politique quand les opposants affirment qu’il viole le 14th Amendement

Les Juges « conservateurs » (Thomas, Gorsuch, Roberts et Alito) préféreraient rester en dehors du problème tandis que les « libéraux » (Sotomayor, RBG, Kagan, Breyer) auraient tendance à vouloir éliminer cette pratique, le jugement reviendra sans doute à Anthony Kennedy, qui avait pris le coté des conservateurs en 2004, la dernière fois que la question leur a été étudiée.

Si Kennedy change d’avis, les Républicains auraient bien plus à perdre que les Démocrates étant une utilisation importante du gerrymandering ces dernières années

* « This Supreme Court Case could Radically Reshape Politics » – NPR

 

 


V. Environnement: Le fracking dans votre jardin

Dans le Colorado, pour boucler votre fin de mois, vous pouvez louer votre sous-sol à une entreprise qui se chargera d’en extraire les ressources énergétiques. Encore mieux, vous pouvez personnellement obliger vos voisins à faire de même.

Young et ses voisins ne peuvent pas faire grand chose contre le forage horizontal. Les résidents du quartier de Wildgrass possèdent leur petit coin de paradis mais n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe en dessous. Une loi obscure du Colorado autorise qu’un quartier tout entier soit obligé de louer les minéraux en dessous de leur propriété du moment qu’une personne y consent.
La pratique, appelée « groupement forcé » a permis de développer les ressources de pétrole et de gaz dans la banlieue de Denver, en pleine expansion. Ca existe dans d’autres Etats mais la Colorado est le plus favorable au forage

Depuis que la compagnie Extraction Oil & Gas veut exploiter les sous-sols de la banlieue chic de Wildgrass, certains habitants ont organisé une campagne contre la réalisation du projet, par peur des accidents, parce que les royalties ne compenseront pas la chute des prix immobilier, et parce que surtout, ils en ont les moyens.

* « These Suburbanites May Have no Fracking Choice » – Bloomberg Businessweek

 

 


VI. La power list de New York City

 

Après la liste du « New Establishment » publiée lundi par Vanity Fair, c’est au tour de Variety de publier sa liste des cinquante personnalités qui font bouger Manhattan, « dont l’influence se mesure davantage à leur nombre d’abonnés sur Twitter que leur compte en banque ».
 
On retiendra parmi elles
* Lauren Duca, journaliste à Teen Vogue et auteur de l’article « Donald Trump is gaslighting America »;
* Jessica Williams, ancienne du Daily Show et réalisatrice du très acclamé « The Incredible Jessica James » sur Netflix
* Ana Navarro, une commentatrice républicaine sur CNN qui incarne la résistance contre Trump
* Dee Rees, réalisatrice de Pariah qui vient de vendre sa série « MudBound » à Netflix pour 12,5 millions de dollars
* Maggie Haberman, journaliste star du New York Times qui connait Trump mieux que quiconque

 


VII. Nuggets

 

  • Le parlementaire républicain Tim Murphy, proche du mouvement Pro-Life contre l’avortement, a annoncé ne pas se représenter en 2018 au poste de Représentant du 18ème district de Pennsylvanie après la diffusion dans le Pittsburgh Post-Gazette d’un de ses SMS demandant à sa maîtresse d’avorter au cas où elle serait enceinte.

 

  • Equifax, la compagnie de crédit, dont les informations personnelles de 140 millions d’individus ont été piratées au début de mois de septembre s’est vue accorder depuis un contrat exclusif avec l’Internal Revenue Service, l’agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu, pour un montant de 7,5 millions de dollars, pour vérifier l’identité des contribuables et prévenir la fraude. – Politico

 

  • Article passionnant sur l’enquête des journalistes de Politico concernant l’usage des jets privés de Tom Price, le ministre de la Santé, qui a mené directement à démission la semaine dernière – Politico

 


VIII. A Lire: La couverture la plus connue de Rolling Stone

 

 

A l’occasion des cinquante du magazine, et de sa vente, Vanity Fair revient sur l’amitié entre le chanteur des Beatles et le jeune fondateur du magazine de la contre culture américaine marquée par deux couvertures qui sont restées dans l’histoire, les deux avec le couple John Lennon-Yoko Ono, mais 

 

 



IX. Couverture du Jour


Elle cartonne dans la sixième saison de American Horror Story, a remporté un Emmy pour sa prestation dans American Crime: The People vs. O.J. Simpson, et va jouer dans une nouvelle série sur Netflix, Ratched, inspirée par l’infirmière du film « Vol au dessus d’un nid de coucou »

 

 

03.10.17

 

1. « Ce serait le début de la fin »

 

  • L’horreur de Las Vegas – 59 morts et 527 blessés – ne changera rien au problème des armes à feu comme les précédentes tueries de masse aux Etats-Unis.
    Hier, dans un discours sobre, le président américain a dénoncé « le mal absolu », s’en est remis à Dieu pour traverser cette période difficile sans évoquer une quelconque réforme des lois actuelles, synonyme du « début de la fin » de Trump selon Steve Bannon:

    • Il perdrait de nombreux électeurs, encore plus passionnés et intransigeants sur la protection de leur Second Amendement que sur l’immigration, où une loi d’amnistie des Dreamers est encore envisageable.
    • Il perdrait le soutien de la NRA, qui l’a soutenu depuis le début de sa campagne et qui très influente auprès de ses électeurs.

     

  • Mais Trump reste imprévisible et compte tenu de la presse favorable qu’il a reçu lors des deux accords bi-partisans obtenus avec les Démocrates (sur le plafond de la dette et les Dreamers) et il existe une infime chance pour qu’il trouve un terrain d’accord avec « Chuck et Nancy », les représentants des minorités démocrates au Congrès, sur un renforcement du contrôle des armes à feu.* « Bannon warns: ‘end of everything’ if Trump supports gun controls »Axios

 

  • Les couvertures des quotidiens américains ce matin, entre colère, désillusion et lassitude
  • David Becker téléchargeait les photos du concert sous une des tentes quand il a entendu les premiers coups de feu – Le récit dans Time magazine

 


2. Sans mobile apparent

 

  • A part sa couleur de peau, blanche, Stephen Craig Paddock n’a pas le profil typique du tueur de masse à cause de son âge (64 ans), de sa situation professionnelle (un retraité) et financière (il avait beaucoup d’argent) et inconnu des services de police – ce qui lui a permis d’amasser un arsenal.
    Sans motivation précise, la police de Las Vegas a utilisé le terme controversé de « loup solitaire » pour caractériser Paddock

 

  • Les républicains et la droite en général, incapable d’adresser le problème des armes et effrayés à l’idée de s’aliéner la très puissante NRA, ont trouvé le coupable idéal: les troubles psychiatriques du meurtrier.
    « Diagnostiqué ou pas, la tuerie de Vegas est un problème de santé mentale » explique la rédactrice du site internet conservateur RedState car « les soins psychiatriques sont très chers et le contrôle des armes ne l’est pas » …et le drame de Las Vegas fait partie des risques liés au Second Amendement, qui « honore le droit des individus à se défendre soi-même ».

 

  • Pour Donald Trump, le responsable est « le mal » qu’il a cité à trois reprises dans son discours lundi, « aucune mention des armes à feu, de la santé mentale ou de terrorisme domestique » mais a dénoncé « le mal absolu » ce qui est … inutile – The Atlantic

 

  • Les comédiens des « Late Night shows » ont réagi avec beaucoup d’émotion, notamment Jimmy Kimmel, originaire de Las Vegas:
     

    Quand quelqu’un avec une barbe nous attaque, on met les téléphones sur écoute, on vote un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis de certains ressortissants étrangers, on construit des murs, on prend toutes les précautions nécessaires pour s’assurer que ça ne se reproduira pas mais quand un Américain achète une arme à feu et tue d’autres Américains, on ne peut rien faire pour empêcher cela (…)
    Je ne comprends pas pourquoi nos soi-disants élus continuent à laisser passer ce genre d’e tragédies et surtout pourquoi est-ce qu’on leur permet de laisser faire ça.

    Tous ont dénoncé le manque de réaction des politiciens et du Congrès. Pour Stephen Colbert, « la barre est tellement basse en ce moment, que le Congrès peut devenir un héros en faisant passer la moindre chose »; pour Trevor Noah, « Si après un massacre vous dites [en référence à Sarah Sanders, porte parole de la Maison Blanche, en conférence de presse l’après midi même] que ce n’est pas le moment de parler [du contrôle des armes] alors qu’il y a des fusillades tous les jours, quand est-ce que c’est le bon moment? »

 

  • Si les services de renseignement ont rapidement exclu la piste de Daesh malgré les revendications de l’organisation terroriste, beaucoup de médias européens ont relayé l’information en première page. Bizarre.

 


3. Les tueries de masse

 

  • Axios a réalisé un graphique des tueries de masse depuis 2013 aux Etats-Unis
     
  •  

  • Vox a résumé le problème des armes à feu en 17 cartes.

 

  • La première tuerie de masse « moderne » a eu lieu en 1966 à l’université du Texas de Austin. Son auteur, Charles Whitman, marié, 25 ans, était considéré par ses proches comme « un fils idéal, un bon boy scout, un excellent Marine, un étudiant modèle, un travailleur et un mari aimant, et un sniper hors pair qui a tué quinze personnes (dont sa mère et sa femme) et blessé 33.
    * « 96 Minutes » – Texas Monthly

    Une photo de Charles Whitman en couverture du Time magazine en aout 1966
  • Depuis 1968, plus de civils américains sont morts tués par d’autres concitoyens que l’ensemble des soldats tombés au combat. – Axios

 

    • Showtime a diffusé la semaine dernière le premier des huit épisodes de « Active Shooter: America Under Fire », une série documentaire sur les pires tueries de masse de ces dernières décennies (Aurora, San Bernardino, Charleston, le Washington D.C. Navy Yard, Santa Monica, Oak Creek, Orlando et Columbine.) qui donne la parole aux survivants, premiers secours, familles des victimes.

 

 

 


4. Facebook, Rien ne va plus

 

 

 

  • Zuckerberg a promis qu’il serait plus efficace cette année pour « rassembler et non pas diviser les internautes », ce qui signifie empêcher un pays étranger d’essayer d’influencer la vie politique américaine comme la fait avec brio la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016 puisque on a appris que les cent mille dollars qu’elle a dépensé à l’époque en milliers de publicités sur le réseau social aurait atteint quelques dix millions d’internautes.
    Les publicités évoquaient des sujets sensibles sur l’immigration illégale, les droits des homosexuels, la messagerie privée d’Hillary Clinton et incitaient les internautes à aimer des pages évoquant les mêmes thèmes. 

    * « Facebook’s Russia-Linked Ads Came in Many Disguises » The New York Times

 

  • Entre temps, la compagnie a engagé un millier d’employés pour contrôler le contenu et le financement des publicités sur sa plate formeRecode

 


5. « Je travaillerais jusqu’à ma mort »

 

 

  • Autre récit de l’excellente série « The Forgotten: The issues at the heart of Trump’s America »

    Les gens vivent plus longtemps, et des vies plus chères, souvent sans filet de sécurité. Si bien qu’un nombre record d’Américains âgés de plus de 65 ans travaillent – environ un sur cinq. Cette proportion n’a cessé d’augmenter ces dix dernières années, plus vite que n’importe quel groupe. Aujourd’hui neuf millions seniors travaillent contre quatre millions en 2000.

    * « The New Reality in Old America »The Washington Post

 

 


6. Le calvaire des enseignants-chercheurs

 

 

  • La série passionnante « Outside in America » du Guardian, qui s’intéresse à des individus au bord de la crise et engage les lecteurs à réagir à leur histoire et proposer des solutions, aborde cette semaine la pauvreté dans l’enseignement supérieur, notamment chez les enseignants-chercheurs, dont certains sont obligés de se prostituer ou dormir dans leur voiture pour survivre.
     

    Le nombre d’enseignants-chercheurs a augmenté en même temps que le financement des universités publiques a baissé de 25% entre 1990 et 2009. Les établissements privés ont tout intérêt à engager ces professeurs à mi-temps: Ils sont moins chers que ceux à plein temps, ne reçoivent aucune aide sociale ou payent pour leurs recherches, et leurs heures peuvent être limitées pour qu’ils ne puissent pas toucher une assurance maladie. 
    C’est pour cela qu’on les appelle les « fast food workers du monde académique »

    * « Facing Poverty, academics turn to sex work and sleeping in cars »The Guardian

 


7. Le Netflix des news

 

  • « Je pense que l’avenir sera un Spotify ou un Netflix dédié à l’information » affirme Mark Little, fondateur de Storyful qui vient de créer à Dublin, une nouvelle entreprise média avec Aine Kerr, appelée Neva Labs, qui servirait « d’assistant personnel » censé l’information dont vous avez besoin, et qui devrait ouvrir en 2018 – The Irish Times
     

    La compagnie veut utiliser l’intelligence artificielle pour restaurer la vérité et la confiance dans la distribution de l’information à un moment où les entreprises de haute technologie ont été critiqué pour leur rôle dans la diffusion de « fake news »

     

  • Little et Kerr ont présenté leur projet sur Medium:
     

    La quantité d’informations qui inonde notre vie quotidienne à dépassé notre capacité à la traiter (…) On veut aider ceux qui s’intéressent à l’actualité à éviter d’être surchargé d’informations ou d’être distraits inutilement en contrôlant « raisonnablement » leur expérience en ligne. On veut construire les outils et filtres dont les individus ont besoin dans un monde où le seul garant de son information est lui-même.

    * « Notes on a new beginning » – Medium

 


 

8. Couverture du Jour

 

  • La couverture du dernier California Sunday magazine sur la galère financière des étudiants américains: « The College Try »
     

 

02.10.17

 

1. Las Vegas

Couverture du Las Vegas Review Journal ce matin.

 

  • C’était l’effroi en se réveillant ce matin à l’annonce du « pire massacre de l’histoire [moderne] des Etats-Unis »
  • Stephen Paddock, un blanc de 64 ans, a ouvert le feu hier soir depuis sa chambre du 32 ème étage du Mandalay Bay Hotel sur un foule de 20 000 personnes venue assister à un concert de musique country. Le meurtrier s’était déjà suicidé quand l’équipe du SWAT a finalement défoncé la porte de sa chambre, une heure après les premiers coups de feu. 
  • Paddock, un régulier des casinos sans aucun casier judiciaire et détenteur d’un port d’armes à feu, séjournait dans cet hôtel depuis jeudi et aurait semble-t-il prémédité son coup étant donné la présence d’une dizaine de mitraillettes dans sa chambre.

  • Comme à chaque massacre, les ventes d’armes vont s’envoler, la plupart des politiques vont appeler à prier pour les victimes et leurs familles, les Démocrates et les médias vont appeler à davantage de contrôle sur la circulation et la vente d’armes Hillary l’a évoqué sur Twitter et s’est faite critiquée parce que « ce n’est pas le moment ».
    Quant au le Congrès à majorité républicaine, il s’apprêtait lui, à assouplir les lois sur les armes.

 

  • GoFundMe a mis en place une cagnotte pour les victimes de Las Vegas qui a déjà récolté près d’un million de dollars en quelques heures. 

 

 


2. « Garde ton énergie Tillerson »

 

  • L’un des activités favoris de Trump avec ses ministres et autres collaborateurs: Les contredire et/ou les humilier en public. Le dernier en date est Rex Tillerson, le discret Secrétaire d’Etat et sa gestion de la crise avec le régime nord-coréen.
    Le New York Times rapportait samedi que l’administration Trump essayait sa propre version de ce que l’administration Obama a fait avec l’Iran: Utiliser une série de « backchannels », des communications secrètes, qui après des années de négociation, ont permis de trouver un accord sur le nucléaire.
  • Mais Trump en a décidé autrement hier en insultant à nouveau Kim Jung Un de « Little Rocket Man » et critiquant la perte de temps du « merveilleux » Tillerson à essayer de négocier – « Clinton a échoué Bush a échoué, et Obama a échoué. Pas moi » – et donnant l’impression qu’il était fixé sur l’option militaire.
  • Après Tom Price, le ministre de la Santé vendredi, Rex Tillerson pourrait être le prochain à quitter l’équipe de Trump, même si ce dernier lui a réitéré sa confiance aujourd’hui.

 


3. La stratégie du « Crazy Guy »

 

  • Dimanche, l’un des journalistes les plus connectés de Washington, Jonathan Swann révélait dans Axios une discussion du président américain sur l’éventualité d’un retrait de l’accord de libre échange entre les Etats-Unis, comment est-ce que le faire passer pour un fou aux yeux des puissances étrangères pouvait donner aux diplomates américains un avantage dans les négociations.
    Une tactique utilisée avec la Corée du Nord, sur le traité NAFTA avec le Mexique et le Canada, avec les pays de l’Otan.
    Sauf que « les menaces de Trump ne peuvent produire que des résultats à court terme, s’il ne va pas jusqu’au bout » et jusqu’ici, il n’a proféré que des menaces.

 


4. Les fausses excuses de Zuck

 

  • Samedi soir, après le Yom Kippour, le Jour du Grand pardon, le plus importante fête religieuse juive, Mark Zuckerberg a présenté des excuses sur Facebook « à ceux qu’il a blessé cette année à cause de son travail qui a été utilisé pour diviser les gens plutôt que les rassembler » – une référence aux élections présidentielles au cours desquelles la compagnie a vendu des publicités à des agents russes et qui ont été utilisées pour servir des thèmes haineux et polémiques.
    Il a promis de « faire mieux » l’année prochaine.

 

  • Pour Ellen Goodman du Guardian, tout cela est bien gentil mais ce ne sont pas les pires péchés commis par Facebook depuis plusieurs années: En premier lieu ce sont ses algorithmes qui ont enfermé ses utilisateurs dans de véritables bulles qui empêchent tout débat d’opinion et tend à les polariser un peu plus politiquement. Puis il y a ce pillage des revenus publicitaires de la presse générale et locale qui doit désormais payer Facebook pour pouvoir atteindre de nouveaux lecteurs.
  • La journaliste propose des solutions immédiates:
    • Dévoiler le contenu des publicités achetées par les Russes par souci de transparence auprès de ses utilisateurs. 
    • Facebook doit commencer à faire des choix éditoriaux (bloquer certains sites sur sa plate-forme, et leur promotion), les exposer et les défendre (et s’exposer aux problèmes de la liberté d’expression)
    • Créer un fond pour l’actualité locale, de plus en plus isolé et sous-financée – ce qu’a déjà commencé Google.

      * « So, Mark Zuckerberg wants to repent for Facebook’s sins? He can start here » The Guardian

 


5. Le Deploraball à sa Super PAC

 

 

  • Les organisateurs du « Deploraball« , la fête organisée par les supporters de Trump en janvier dernier à Washington pour célébrer la victoire de leur héros et rendre hommage à ses électeurs, les « Déplorables », Jeff Giesea, Mike Cernovich, and Jack Posobiec ont décidé de continuer l’aventure en créant une super-PAC, un Comité d’action politique) appelée #Rev18 – pour « Revolution 2018 ». 
    Les trois se sont distancés de l’alt-right de Richard Spencer (et ses penchants nazis) et préfèrent le terme de « new right » qui consiste principalement à être « anti-establishment » et pro-Trump et dont l’objectif est de s’attaquer aux candidats du parti républicain aux prochaines élections de mi-mandat en novembre 2018 et les remplacer par les leurs qui défendent la « souveraineté et la prospérité américaines, et mettent le citoyen américain avant tout ».
  • L’initiative rejoint celle de Steve Bannon, ancien conseiller du président retourné à Breitbart News, qui a fait parler de lui la semaine dernière avec la victoire de son candidat « insurgé », Roy Moore, en Alabama contre celui des Républicains, Luther Strange, et qui a promis de continuer la lutte contre le GOP ces douze prochains mois, à travers une autre super PAC, financée par le milliardaire Robert Mercer, Great America Aliiance.
  • Les élections « mid-terms » promettent d’être sanglantes, moins pour les luttes en Démocrates et Républicains que pour celles entre l’establishment et les « insurgés ».

    * « A new pro-Trump Super Pac Takes aim at the Republican Establishment’The Atlantic

 

 


6. « Dirty John »

 

 

  • C’est l’enquête de la semaine dans le Los Angeles Times, qui a débuté hier en une du quotidien et jusqu’à dimanche prochain, disponible également en Podcast.
    La série en six parties raconte l’histoire d’amour entre un « con-artist », John Meehan et une riche entrepreneuse californienne, Debra Newell, mariés après seulement quelques mois, contre l’avis des enfants de cette dernière, suspicieux de l’attitude de Meehan.

    * « Dirty John » – The Los Angeles Times 

 

 


7. les 100 du New Establishment

 

  • C’est la liste annuelle de Vanity Fair sur le « New Establishment » qui recense les figures influentes des affaires, de la culture, hautes technologies, … Et en 2017, « on dirait que tout le monde se mêle des affaires des autres, et la liste annonce les futures luttes de différentes industries et les Titans qui les dirigent, toujours plus liés les uns aux autres. »
  • On retiendra l’arrivée de:
    #95: Mike Allen & Jim Vandehei pour Axios,
    #79: Susan Fowler, la Whistle Blower de Uber qui a lancé la discussion sur le sexisme dans les entreprises de la Silicon Valley,
    #59: Jordan Peel, le réalisateur de Get Out (252 millions de dollars au Box Office),
    #44: Lauren Powell Jobs, veuve de Steve Jobs, à la tête de Emerson Collective, qui possède The Atlantic.

 

  • Mais surtout l’influence de Washington:
    #40: « Les antagonistes des fins de soirées » dont je parle très régulièrement dans le Kiosque et qui sont l’une des oppositions les plus intelligentes et influentes contre le président Trump: Stephen Colbert, Kimmy Kimmel, Samantha Bee, Seth Meyers et Jon Oliver.
    #32: Maggie Haberman & Glenn Trush, dont je parle aussi souvent dans le Kiosque. Ils sont devenus ces derniers mois les journalistes les connectés de Washington, dont les articles apparaissent régulièrement en une du New York Times. Ils viennent de signer un bouquin avec Random House – Et Nate Silver de 538 n’aime pas forcément ce qu’ils font.
    #19: Alex Baldwin et Kate McKinnon, ont tous les deux remporté un Emmy cette année pour leurs prestations dans l’émission satirique « Saturday Night Live »
    #10: Marty Baron & Dean Baquet, respectivement rédacteur et chef du Washington Post et du New York Times qui cartonnent
    #6 Robert Mueller: le procureur spécial qui enquête sur Donald Trump et les membres de son équipe de campagne sur d’évnetuelles collusions avec la Russie.

 

  • Le classement de tête est déprimant: En première position, Jeff Bezos (Amazon) puis Zuck (Facebook), Tim Cook (Apple), Larry Page (Google/Alphabet) et Elon Musk (Tesla)

 

 


8. Un distributeur de pilules …

 

  • … Du lendemain a été installé dans les toilettes de l’université de Stanford en Californie. Les étudiantes peuvent désormais acheter des préservatifs « internes et externes » à 3,99 dollars le paquet de trois et la pilule My Way – un pilule qui réduit les chances de tomber enceinte si prise dans les 72 heures après les rapport sexuels – à seulement 25 dollars, au lieu de 41 dollars en pharmacie.
    L’initiative a été lancé par plusieurs étudiants « activistes » du campus qui ont reçu l’accord de l’administration.
  • D’autres universités offrent également des pilules du lendemain dans leurs distributeurs: l’Université de Californie à Davis et Santa Barabra ou encore Shippensburg University en Pennsylvanie. Autant dire que ces établissements sont considérés comme les « progressifs » du pays, et que la pilule reste difficile à trouver dans certaines régions des Etats-Unis.

 


9. Couverture du Jour

 

  • La couverture du jour, c’est celle du New Yorker illustrée par le dessinateur et scénariste de Los Angeles, Bruce Eric Kaplan intitulée, « Party Rentals »

29.09.17

 

1. Bannon part en guerre

 

  • La personnalité qui a dominé la vie politique américaine cette semaine est l’un de ses plus fervents et bruyants « disrupters »: Steve Bannon qui fait à nouveau la couverture de Businessweek, deux ans après une première cover story qui l’avait qualifié « d’agent le plus dangereux de Washington ».
  •  

  • Il compte utiliser la victoire de son candidat, Roy Moore, dans les partielles républicaines d’Alabama mardi, contre celui du parti soutenu par Trump, pour punir ses adversaires politiques, l’establishment du parti républicain (Paul Ryan et Mitch McConnell) tout en restant fidèle au président, qui reste le meilleur ambassadeur de sa doctrine populiste. 
  •  

  • Steve Bannon veut développer et consolider l’aile populiste du GOP en recrutant des candidats « insurgés » pour affronter sur leurs terres les candidats républicains sortants (Mississippi, Tennessee, Arizona, Nevada, Michigan et du Maine) et essayer d’y décrocher les mêmes victoires que celle d’Alabama.
    Et il le crie haut et fort à qui veut bien l’entendre: « On part en guerre (…) Et ce n’est pas une bataille d’oreillers, c’est une vraie guerre. »
  •  

  • Pour ce faire, il peut compter sur la fortune de la famille Mercer, qui a investi dans Breitbart en 2012, dans la campagne de Trump en 2016 et qui figurent aujourd’hui parmi les plus importants donateurs conservateurs. * « Alabama Victory Provides Blueprint for New Bannon Alliance »New York Times

 


2. Vers un troisième bloc parlementaire?

 

  • Contrairement au « Freedom Caucus », le groupe parlementaire ultra-conservateur, directement inspiré du mouvement du Tea Party, les futurs « insurgés » n’ont « aucune vision idéologique cohérente » si ce n’est une haine de la classe dirigeante, et de son leader, Mitch McConnell:
     

    Bannon: On va rendre Mitch McConnell tellement toxique. On va tout simplement dire aux gens: Si McConnell vous soutient, vous êtes fini … Ca va foutre les jetons à tout le monde.

 

  • Politico appelle cela « le scénario cauchemardesque des Démocrates et des Républicains« : la formation d’un « bloc Trump » au Sénat aux élections de mi-mandat en 2018 qui provoque un dysfonctionnement total du Congrès américain.
     

    Mais certains analystes politiques commencent à s’interroger sur les conséquences pour le « Disrupter-in-Chief », qui est à la fois un symptôme, l’instigateur et la victime du dysfonctionnement de Washington. Les Républicains qui ont affronté Trump lors des primaires du parti affirment que les forces qu’il réussit à déchaîner peuvent lui échapper et l’empêcher d’achever son programme au Congrès américain et ternir son héritage politique. 

    * « Steve Bannon is looking for retribution after Alabama win. And he’s recruiting »CNN Politics
    * « Moore’s win conjures 2018 nightmare – for both parties »Politico

 


3. Washington Jet Set

 

  • Tom Price, le ministre de la santé de Trump, a dépensé un million de dollars en frais des transports lors de ses différents déplacements à l’étranger ces six derniers mois. Des dépenses importantes qui contredisent l’une des missions que s’est donnée la nouvelle administration et son président: « vider le marécage » (« Drain the Swamp ») de Washington.
    Même si Price s’est engagé à rembourser ces frais, il est sur la sellette et Trump devrait se prononcer sur son sort aujourd’hui.

 

  • L’analyse qu’en donne le National Review est juste et devrait être prise en compte par les Républicains et les Démocrates.
     

    Au delà du « parfait scandale populiste », on sent bien que ce qui bloque les Américains, ce ne sont pas forcément les divergences de point de vue politiques (…) mais le ressentiment envers cette arrogance et ce bon-droit d’un groupe que les Américains pensaient pendant longtemps ne pas avoir: La classe dirigeante.
    Ils ne vivent pas comme nous. De temps en temps, l’un d’entre eux les embarrasse tellement qu’il est jeté aux loups – feu Anthony Weiner – mais les habitants des quartiers dorés de Washington et New York retombent toujours sur leurs pieds. Si vous échouez misérablement à Washington, vous finirez … autre part à Washington, à faire de l’argent comme lobbyiste ou consultant. Au pire vous terminerez à enseigner un séminaire à la Kennedy School et vous profiterez des plaisirs que la vie à Harvard a à offrir.

    * « Washington Jet Set »National Review

 

 


4. Immigration: Où sont les bad hombres?

 

  • L’immigration, c’est le thème numéro un de l’administration Trump, qui lui a permis de remporter les suffrages de l’électorat blanc et rural inquiet des bouleversements démographiques du pays: En attendant l’éventuelle construction d’un mur, le président a renforcé les moyens et les effectifs des « border patrols », des agents de l’Immigration & Customs Enforcement (ICE) afin qu’ils puissent arrêter et expulser les « trois millions de trafiquants de drogues, criminels qui vivaient illégalement sur le territoire américain ». 
  •  

  • Mais les derniers chiffres de l’ICE sont loin des résultats espérés par l’administration: 211 000 immigrés ont été expulsés entre octobre 2016 et novembre 2017 contre 240 000 l’année précédente, même si les arrestations ont augmenté de 43% depuis l’investiture de Trump. C’est son prédécesseur, Barack Obama qui garde le statut de « Deporter-In-Chief ».
  •  

  • Les raisons:
    • La force de persuasion de Trump qui a fait dramatiquement baissé le nombre d’étrangers prêts à entrer illégalement aux Etats-Unis
    • La réaction des associations de défense d’immigrés, soutenues par les aides financières et techniques de professionnels et capables de venir rapidement en aides aux prisonniers et détenus.
    • Le flot d’arrestations s’accumulent dans les cours fédérales avec près 600 000 cas en attente et « ça pourrait prendre des années avant que des migrants arrêtées sous Trump soient physiquement expulsés »

      * « Deportations slow under Trump despite increase in arrests by ICE »The Washington Post

5. Le business de la mort

 

  • La Virginie Occidentale, l’Etat le plus touché par la crise des opiacés, responsable de la mort 62 000 personnes aux Etats-Unis l’année dernière, a déboursé entre octobre 2016 et novembre 2017, presque 900 000 dollars à des entreprises privées pour le transport de ses cadavres.
     

    Plus de 880 personnes sont décédées d’une overdose de drogues en Virginie Occidentale l’année dernière – un nombre record. L’Etat à le pire taux de morts par overdose dans le pays. Chaque overdose demande au minimum deux transports, du lieu du décès à la morgue, puis de la morgue aux pompes funèbres. Chaque corps doit être autopsié et un rapport toxicologique doit être effectué pour déterminer les drogues qui ont causé la mort.

     

  • Pire, une société qui détient le monopole de cette activité au niveau de l’Etat, aurait surchargé ses honoraires, multiplié les erreurs de facturation pour un montant total de 140 000 dollars entre 2010 et 2014 sur plus de trois millions de dollars engrangés depuis 2003.* « Opioid Crisis Drives A Grim Business in West Virginia: Body Transport »Huffington Post

 

 

 


6. Merkel trollée

 

 

  • Comment la firme américaine, Harris Media, qui a organisé les campagnes agressives de Donald Trump, Sarah Palin et Mitch McConnell a aidé le parti raciste allemand à récolter près six millions de voix 
     

    Ces sites, et les publicités en ligne qui en font la promotion sont monnaie courante dans la politique américaine: A tous les niveaux, présidentiel, du Congrès et même local, des experts en stratégie numérique construisent des sites internet d’opposition pour aider leurs clients à affaiblir leurs adversaires. Mais en Allemagne, où les campagnes négatives ressemblent davantage à un désaccord politique, c’était sans précédent. 

     

  • Ce genre de campagnes a eu des effets dévastateurs aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, l’Allemagne vient d’être touchée et la France sera sans doute la prochaine: les partis traditionnels vont devoir s’adapter à ces rhétoriques racistes et violentes et trouver la réponse adéquate sans tomber dans le même piège.* « Germany’s Right-Wing Populists Are Importing U.S.-Style Campaign Tactics »The Atlantic 

 


7. A écouter: « The Disappearance of Maura Murray »

 

 

  • Le dernière séri-docu de Oxygen sur la disparition de Maura Murray par la journaliste Maggie Freleng: En février 2004, l’étudiante de 21 ans prévient ses professeurs qu’elle doit s’absenter quelques jours à la suite d’un décès familial qui n’a jamais eu lieu. Elle vide sa chambre, retire tout l’argent qu’elle possède et quitte la ville. Quatre heures plus tard, elle est victime d’un accident de voiture et sans attendre l’arrivée rapide de la police, réussit à se volatiliser sans laisser de traces, ni de message…
  • L’article du Amherst Bulletin sur la série.

 


8 .Couverture du Jour

 

 

  • Impossible de passer à côté du dernier numéro de The Economist, le magazine anglais qui a annoncé pendant des années la banqueroute française, et qui depuis le traumatisme du Brexit, a trouvé en Emmanuel Macron, le sauveur de l’Europe.
     

    Qui dirige l’Europe? Au début, la réponse était évidente. Angela Merkel est destinée à remporter une quatrième victoire aux élections, la Grande Bretagne hors-jeu, l’Italie à plat et la France paralysée par la perspective que Marine Le Pen devienne le Donald Trump français. Cette semaine, tout a changé. Mme Merkel a remporté les élections avec une marge tellement réduite qu’elle apparait diminuée (…) De l’autre côté du Rhin, avec un parlement dominé par un nouveau parti qui lui est dévoué, le président français Emmanuel Macron regorge d’ambitions (…)Un leader s’impose qui semble courageux, discipliné et réfléchi. Courageux à cause de la réforme du travail mets du temps à créer de l’emploi et qui récompense les successeurs politiques de ceux qui font le sale boulot.

    * « The Spotlight shifts from Germany to France » – The Economist