Le kiosque du weekend: 29-30.07.17

 

C’est le kiosque du week-end et les lectures à retenir de cette semaine du 24 au 30 juillet 2017.

 

1. L’étrange histoire du Brillante Virtuoso

    • Bloomberg Businessweek nous emmène dans la Corne de l’Afrique, l’une des régions les plus dangereuses au monde sous la menace constante des pirates Somaliens qui attaquent et pillent les navires et parfois kidnappent leurs passagers.
      En juillet 2011, le Brillante Virtuoso, un cargo transportant 141 000 tonnes de fioul, estimé à cent millions de dollars a été piraté et incendié – mais l’équipage récupéré sain et sauf.

 

  • David Mockett, en charge depuis le Yemen de l’enquête de la compagnie d’assurance anglaise Lloyd a rapidement établi des criminels, et non pas des pirates, étaient responsables de l’attaque dans une tentative de fraude à l’assurance – Des conclusions qu’il n’a pas eu le temps de rendre puisqu’il a été assassiné dans un véhicule piégé, sur les ordres du propriétaire du bateau, Marios Iliopoulos, un armateur grecque, qui n’a reçu aucune indemnité mais n’a jamais été condamné.

    Ca faisait sept heures que les pirates avaient embarqué sur le cargo et un ensemble d’acteurs internationaux s’étaient déjà activés: les sauveteurs des ports des environs, pour essayer de récupérer des millions de dollars de l’épave; des enquêteurs de l’armée américaine, pour savoir si les pirates somaliens avaient adopté de nouvelles tactiques, plus violentes, et plus urgent encore, un agent d’assurance londonien, pour découvrir ce qui s’était passé à bord de la propriété à 100 millions de dollars de son client.
    Car si le détournement du Brillante Virtuoso n’est pas un exemple de piraterie qui a mal tourné, c’est la fraude la plus spectaculaire de l’historie du transport maritime.

  • * « The Hijacking of the Brillante Virtuoso »Bloomberg Businessweek

 

 


2. Le calvaire des femmes yézidies

 

  • Long reportage du Guardian sur le calvaire enduré par les femmes de cette tribu religieuse installée depuis des siècles au nord de l’Irak: Après l’invasion de Daech en août 2015, certaines qui n’ont pas réussi à fuir ont servi d’appât pour recruter les soldats islamistes et de monnaie d’échange une fois vendues, à un voire plusieurs propriétaires: elles sont devenues des esclaves sexuelles.
    Celles qui ont pu s’échapper témoignent.

    Selon l’unique parlementaire yézidie irakienne, Vian Dakhil, 6 383 Yézidis, la plupart des femmes et des enfants – ont été réduites en esclavage et transportées dans des prisons de Daech, des camps d’entraînement militaire, dans les maisons des soldats à travers l’Est de la Syrie et l’Ouest de Lirak, où elles ont été violées, battues, vendues et enfermées. au milieu de l’année 2016, 2 590 femmes et enfants ont échappé ou ont été transportées clandestinement en dehors du Califat et 3 793 étaient toujours captives.

 

 


3. « Faire des films à partir de n’importe quoi »

 

  • Sur la tendance actuelle de Hollywood à adapter systématiquement des histoires, des produits, des jeux vidéos, voire des jeux pour enfants qui sont déjà des marques et produits déposés, « Intellectual Property » en anglais, et dont il suffit d’acquérir les droits pour pouvoir en faire en film.

    Tripp Vinson [producteur à Hollywood depuis 14 ans] ne voyait pas comment les Legos pouvaient devenir le sujet d’un long-métrage. Il a été encore plus surpris que le film rapporte 69 millions de dollars la semaine de sa sortie, engendre 470 millions dans le monde entier et reçoivent de très bonnes critiques (…)

    Vinson a donc recherché du matériel déposé pour son prochain film. Il voulait quelque chose dont le public serait déjà familier, quelque chose qui soit connu de tous mais être renouvelé. Il a commencé à cherché dans le domaine public. Il a réussi avec les adaptations de Jules Verne et des frères Grimm, du vieux matériel qui a la chance d’être gratuit. Il n’a rien trouvé.
    Ensuite il est allé regarder les jeux vidéos les plus connus. Quelque chose dans la patte de « Tomb Raider » ou « Resident Evil », qui a fait plus d’un milliard de dollars au Box Office (…)
    Enfin il est allé chercher du côté des jeux pour smartphones. Une enquête a révélé que les plus populaires d’entre eux pouvaient être téléchargés de dizaines, centaines de millions de fois, à l’instar de Fruit Ninja, qui depuis ses débuts en 2010 a été téléchargé plus d’un milliard de fois.
    Vinson pense que [cette tendance] a commencé en 2007 après la grève des scénaristes de la Writers Guild. « Avant la grève, les studios faisaient une vingtaine de films chaque année » explique-t-il. « Avant tu pouvais écrire un thriller, après la grève, ils ont dramatiquement réduit le nombre de films.

    Ce n’est devenu que des adaptations.
    « Avec moins de choix, les studios sont devenus plus prudents. »
    La façon de se démarquer est de lancer dans quelque chose que les consommateurs connaissent déjà. Quelque chose de familier. Tu ne construit pas quelque chose à partir de rien. 

 

 


 

4. Le financement occulte de l’alt-right

 

  • Enquête sur l’un des fondateurs du mouvement alt-right, William Regnery II, « héritier d’une immense fortune mais malheureux en affaires, [qui] a essayé pendant quinze ans de lancer un mouvement politique raciste et a échoué » jusqu’à ce que Donald Trump réussisse à « légitimer » la pensée alt-right.

    Comment est-ce que la pensée raciste, autrefois taboo, est devenue une force à part entière de la politique américaine. Une armée d’internautes, désorganisée mais tentaculaire, souvent appelée « alt-right », a offert un écho extraordinaire au « Suprémacisme blanc ».
    Et avec la candidature de Donald Trump, ça s’est propagé un peu partout.

    Mais le mouvement avait déjà une infrastructure – organisations, journaux, conférences, de l’argent – mise en place depuis des années. Elle a été en partie fondée par un multi-millionnaire William H. Regnery II, le raciste le plus puissant dont vous n’avez jamais entendu parler (…)
    « Mes contributions ont été bien plus rentables que celles [bien plus importantes] que les frères Koch ou Soros Inc. »

 


5. C’est l’histoire d’un garçon

 

 

  • Le premier quotidien d’Oregon consacre son édition dominicale à l’histoire de ce jeune transgenre, née dans le corps d’une fille qui est devenu un garçon à l’âge de 14 ans après fait son coming out à sa famille.

    Il avait 12 ans quand le nom « fille » a commencé à sonner faux pour lui. Mais il ne savait pas encore qui il était. « Je suis un fantôme sans corps. » Il évitait les miroirs mais la réflection de son corps le suivait partout. Il y avait les miroirs dans le couloir à côté de la table de la cuisine. Eteint, l’écran plat de la télé reflétait le corps qu’il essayait de cacher. Même sur la surface en verre de la table basse, remplie de snacks, il pouvait voir sa silhouette. Sa tête était ronde comme son corps. Et ça le dégoûtait. « Ce n’est pas moi ».
    Sa famille l’appelait YaYa. S’habiller était un moyen de disparaître, il portait une queue de cheval, un sweatshirt gris trop large chaque jour et mettait sa capuche pour cacher ses cheveux.

 

 

 


6. Universités américaines: Liberté d’expression en danger.

    • C’est généralement un cheval de bataille de la droite américaine: la protection de la sacro-sainte liberté d’expression face à la tendance croissante des universités et campus américains, des « bastions progressistes », à défendre – jusqu’à l’absurde – le politiquement correct et autres « triggers warning » pour respecter la sensibilité de certains étudiants.

 

  • Teresa Buchanan, qui formait les enseignants au département d’éducation de l’Université d’Etat de Louisiane (LSU), une grande gueule au comportement et langage parfois limite aux yeux de ses étudiants, en a fait les frais: elle à été accusée de harcèlement sexuel et virée en 2014 après avoir expliqué à classe que « [les femmes] pouvaient obtenir tout ce qu’elles voulaient de leur marie tant que le sexe était bon ».

    Si les anciennes générations aiment se moquer de la génération estudiantine actuelle qualifiée de « snowflakes » [néologisme pour caractériser les jeunes des années 2010 plus susceptibles et moins fragiles que les anciens], les autorités administratives considèrent comme nécessaire de respecter les sensibilités pour garder les étudiants jusqu’à la fin de leur cursus. Depuis que les Etats ont réduits les budgets liés à l’éducation, ce sont les frais de scolarité qui financent le fonctionnement des universités.
    Les subventions de LSU ont baissé de moitié depuis 2008 – et tout est fait pour garder les étudiants, des « enquêtes sur l’atmosphère dans les classes » jusqu’à la mesure des relations [entre professeurs et élèves]/ C’est un système qui considère les étudiants comme des consommateurs qu’il faut satisfaire, et va à l’encontre de la nécessité de rigueur qui peut décourager les étudiants les plus faibles, ou pire, de rencontres désagréables qui poussent d’autres à changer d’établissement, comme Rachel Grinn [qui a obtenu le renvoi de Buchanan] l’a envisagé.

    * « You can fired for Saying That? » – Elle

 


7. A voir: Le vote de McCain

  • Comme l’on rappelé de nombreux médias, trois sénateurs républicains ont décidé du sort de Obamacare, et parmi eux, deux femmes,
    Ouvertement critiquées par le président, elles ont tenu bon
  • McCain avait averti les journalistes peu avant les délibérations finales dans la nuit de mercredi à jeudi, du « spectacle à venir » et McCain n’a pas loupé avec une mise en scène dramatique de son refus de voter pour la version allégé de l’abrogation d’Obamacare,
  • CNN revient en vidéo sur le moment fatidique où McCain vote contre le « Skinny Repeal » d’Obamacare avec les réactions dépitées de Mitch McConnellMarco Rubio, et le soulagement de Senator Chuck SchumerElizabeth Warren et U.S. Senator Bernie Sanders.
    Génial!

       

 


 

8. A Savoir

  • La veuve de Steve Jobs, Powell Jobs a racheté une majorité des parts de l’hebdomadaire The Atlantic, fondé en 1857, via son organisation Emerson Collective, qui investit dans les startup de médias numériques, « et renforce la tendance des puissants de la Silicon Valley à investir dans les startups média de la Côte Est. – Axios

 

  • Honolulu, Hawaï: La mairie a voté une loi qui punit de $35 toute personne prise/surprise en train de texter en traversant la rue. – Buzzfeed

 

  • Chicago, Illinois

    Il y a quatre ans, Chicago n’avait pas atteint les 400 meurtres avant Thanksgiving. Cette année, la ville a déjà dépassé ce chiffre. Chicago est en passe d’avoir une année encore plus sanglante que 2016 où la violence atteint un niveau pas vu depuis 20 ans – Chicago Tribune

Le Kiosque du 27.06.17: Alt-Lite vs Alt-Right; YouTube trollé; WeSearchr; Le vote de l’AHCA reporté

1. Le vote sur l’assurance santé reporté après le 4 juillet

 

  • Décidément, cette réforme de l’assurance santé à du mal à passer.
    Après un premier échec et un passage de justesse avec une voix de différence à la Chambre des Représentants en mai dernier puis une réécriture de la part de treize sénateurs républicains pendant plusieurs semaines qui n’a convaincu personne, les leaders du Sénat ont eu la sagesse de reporter le vote après le 04 juillet, la date limite qu’ils s’étaient fixés.
  • La décision survient au lendemain de la diffusion du rapport de l’Office du Budget qui prévoit que 22 millions d’Américains perdraient leur assurance ces dix prochaines années.
  • Les Républicains veulent coûte que coûte remplacer Obamacare mais cinq des 52 Sénateurs Républicains se sont prononcés contre le vote de la réforme, ce qui les empêche d’atteindre la simple majorité de 51 sénateurs nécessaires à son passage.

 

 


2. Les scénaristes bluffés par Trump

 

Netflix, House of Card, Saison 5

 

  • AP s’intéresse à l’influence de la présidence de Trump sur les séries politiques américaines:
     

    Que ce soit en dépeignant la noble géopolitique de « Madam Secretary », les manipulations de « House of Cards », les talents maladroits de « Veep » ou le fléau du terrorisme dans « Homeland », les scénaristes doivent relever le défi de rester pertinent et créatif tout en restant dans le plausible. Jusqu’à la présidence de Trump.
    D’un jour à l’autre, l’inattendu et l’impensable sont devenus la nouvelle réalité, avec des vrais drames en direct qui menacent de dépasser les rêves les plus fous des meilleurs auteurs.

  •  

  • La plupart de ces séries n’avaient pas prévu la victoire de Trump, et la nouvelle présidence qui casse tous les codes de la politique traditionnelle, enchaîne les scandales, a compliqué le travail des scénaristes, incapables d’anticiper la situation de la Maison Blanche dans six mois et de penser aux scénarios des prochaines saisons. 
  •  

  • Le scénariste et producteur de House of Card, Frank Pugliese:
     

    On ne sait pas encore ce que c’est que l’ère Trump. Donc au lieu de se concentrer sur Trump, on parle de ce qui a produit Trump. Si on s’intéresse à cela, ça nous permet de comprendre qui nous sommes et comment peuvent évoluer les personnages.
    Notre boulot est de rechercher et d’explorer ce qui est possible, et le pousser à l’extrême pour divertir et attirer l’attention. C’est toujours ce que l’on essaye de faire.

  • « Real-life drama in age of Trump challenges TV’s storytellers » – AP

 


3. Guerre civile chez les fachos

 

Des supporters « Alt Right » devant le Lincoln Memorial ce week-end

 

  • Rien ne va plus chez les supporters d’extrême droite de Trump qui se réunissaient ce week-end à Washington dans deux meetings séparés pour « unifier la droite » – SPLC
  •  

  • D’un côté, les « nationalistes blancs et antisémites de « l’alt right » autour de Richard Spencer, qui prononçait un discours sur la liberté d’expression près du Lincoln Memorial et s’en sont pris à leurs adversaires moins zélés de l’ « Alt lite », accusés d’être des sous fifres du président incapables de le critiquer: « Ces gens ne sont pas des penseurs politiques. On ne doit pas les écouter. C’est que de la publicité. » Il étaient une centaine.
    Le mois dernier, Spencer avait organisé une marche aux flambeaux à Charlottesville en Virginie pour protester contre le retrait d’une statue du général Robert Lee, une figure des Etats Confédérés.
  •  

  • Selon Will Sommer, qui publie une newsletter hebdomadaire sur la droite américaine, le « racisme et antisémitisme assumé » de Spencer va trop loin pour presque tout le monde aux Etats-Unis, même les supporters les plus fidèles de Trump »
  •  

  • De l’autre, les « nationalistes citoyens » de « l’alt lite » autour de Mike Cernovitch, se sont rencontrés près de la Maison Blanche pour défendre la sacro-sainte liberté d’expression. Eux affirment n’être ni racistes, ni antisémites.
  •  

  • C’est le même Cernovitch qui a offert mille dollars à quiconque arriverait à interrompre la pièce de théâtre « Jules César » début juin, dans laquelle l’empereur romain assassiné a toutes les apparences du président américain. Laura Loomer, une employée de la revue d’extrême droite canadienne, The Rebel, s’est exécutée, est montée sur scène avant d’être arrêtée.
  • « White nationalist find Lincoln Memorial, and opposing voices » – The Washington Post

 

 


4. WeSearchr, le « Go Fund Me » d’extrême droite

 

WesearchR.com
  • Ce qui nous amène directement à cette plate forme de crowdfunding, Wesearchr, réservée au financement d’un journalisme, voire trolling d’extrême droite, qui a récolté dix mille dollars pour payer les frais d’avocats de Laura Loomer.

 

  • Comment ça marche:
    Les utilisateurs sont appelés des « Askers », « des demandeurs » qui lancent un appel aux dons (« Proposed Bounty ») à travers une question ou un défi posé, auxquels peuvent répondre « des chercheurs, journalistes, trolls ou lanceurs d’alerte ».

    L’appel de dons pour Laure Loomer
  • Les internautes investissent dans le projet qui les intéresse et lorsque la somme demandée est récoltée, la question devient une « Wanted Bounty » et tout le monde peut soumettre sa réponse.
    C’est WeSearchr qui décide si le défi a été remporté et celui qui l’a rempli reçoit 75% des dons, 10% est donné au « demandeur » et la compagnie garde 15%.
  •  

  • Le site propose également le financement d’une opération « Make Journalism Great Again » qui laisse les rédacteurs du site choisir eux-mêmes les thèmes ou questions à poser.
  •  

  • WeSearchr affirme être « une entreprise journalistique » qui publie des informations qui ont une valeur « journalistique » et dans l’intérêt du public et les appels de dons qui cherchent des informations qui ne sont ni publiables, ou qui n’ont pas d’intérêts journalistique ne seront pas approuvées.
  •  

  • On trouve beaucoup d’appels aux dons pour le payement de frais d’avocats, de manifestations, et une petite perle: « Apporter la preuve de l’homosexualité d’Emmanuel Macron » initiée par l’équipe de Wesearchr en mars dernier qui affirme que le président serait en couple avec Mathieu Gallet, le PDG de Radio France que et le magazine Closer aurait des photos des deux hommes main dans la main dans une forêt.

 


5. Youtube trollé

 

La chaîne Youtube de Lauren Southern

 

  • Après Facebook, Twitter, c’est au tour de YouTube d’être utilisé par des activistes d’extrême droite pour « manipuler les médias avec des coups d’éclat censées faire le tour d’internet, et de plus en plus dangereux » selon Buzzfeed News.
  • Parmi elles, Lauren Southern, qui a eu la bonne idée ce mois-ci de rejoindre un groupuscule d’extrême droite, Génération Identitaire, sur un bateau en Méditerranée pour protester contre le sauvetage des réfugiés qu’ils dénonce comme un « trafic d’êtres humains » – le tout en direct sur Periscope et suivi par un millier d’internautes.
     

    Southern appartient à ce vaste univers de personnalités d’extrême droite actives sur internet qui se sont alignées sur la jeunesse politique américaine  « new right » ou « alt right » ou « new far right ». Ce groupe essaye de s’allier avec d’autres factions d’extrême droite à l’étranger en continuant le trolling dans le monde réel.

     

    • Southern est un peu la Tomi Lahren canadienne, qui a travaillé pour Rebel Media, le Breitbart d’Ontario,  « une source courageuse d’informations, d’opinion et d’activisme » basée à Toronto.
      Elle aime créer la polémique, notamment lors de ses interventions dans des universités américaines pour parler du « retour de la femme traditionnelle »  et est devenue une figure de l’extrême droite en Amérique du Nord ces derniers mois.
    • Elle a le même nombre d’abonnés que Mike Cernovitch sur Twitter, 300 000 sur YouTube, 97 000 sur Facebook, est amie avec Milo Yiannopoulos, a récemment quitté son travail et créé un compte Patreon, destiné à financer ses vidéos, et être présente là ou ça se passe, « une manifestation, une élection ou même la Maison Blanche ».
    • Ce qui la différencie des autres trolls d’internet: Créer des polémiques sur le terrain, dans le monde réel, caméra à l’épaule, provoquer des réactions et retransmettre en direct l’évènement puis réaliser une vidéo pour sa chaîne YouTube le lendemain.
      Elle affirme faire du journalisme militant « gonzo » – en référence à Hunter S. Thompson, auteur de « Las Vegas Parano ». Elle était au Deploraball de Richard Spencer en janvier à Washington D.C., aux émeutes de Berkeley en avril.

 

 


Couverture du Jour

  • Chaque année, le magazine de la chaîne sportive ESPN consacre son dernier numéro de juin au corps (« The Body Issue ») en mettant en couverture des athlètes nus.
  • Cette année, nous avons le droit à la joueuse de tennis Caroline Wozniacki, le joueur de football américain Ezekiel Elliott, le joueur de baseball Javier Baez, et le joueur de basket Isaiah Thomas.

Le Kiosque du 19.05.17: Les défis de Trump à l’étranger; Le fantôme de Flynn; Richard Spencer

 

Au sommaire, ce vendredi 19 mai 2017
Bon anniversaire à mes parents, Jean-Noël & Muriel pour leur 44 ans de mariage.

1. Comment Préparer Trump à l’étranger
2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger
3. Le fantôme de Flynn
4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité
5. The White Supremacist: Richard Spencer
6. Le reste de l’actualité

 

 


1. Comment Préparer Trump à l’étranger

  • Les médias américains sont inquiets pour le premier voyage à l’étranger de Donald Trump: huit jours, cinq pays (Israël, Arabie Saoudite, Italie, le Vatican et la Belgique) et des dizaines de réunions inquiètent les proches du président qui n’aime pas voyager et qui chérit ses habitudes, notamment celle de dormir à la Maison Blanche (ces quatre derniers mois), dans la Trump Tower ou dans l’un de ses hôtels.
  • Des précautions ont été mises en place pour rendre ses déplacements les moins pénibles possibles:

Quand le président va s’asseoir pour dîner en Arabie Saoudite, son repas favori – un steak avec du ketchup – sera servi aux côtés de plats locaux. A l’OTAN et pour le sommet du G7, les délégations étrangères savent que Trump préfère les présentations courtes avec des visuels. Pour chacune de ses étapes tout au long du voyage, son équipe a passé des semaines à trouver des moments de répit dans son emploi du temps surchargé.

« Worldwide effort st to keep Trump happy on 1st trip abroad » – AP

 

  • Des conseils pour les leaders étrangers:

Faites court, n’imaginez pas qu’il connaît l’histoire de votre pays ou ses problèmes majeurs. Complimentez-le sur sa victoire pour le vote du collège électoral, et comparez le favorablement par rapport à Barack Obama. N’abordez pas ce qu’il a dit durant la campagne. N’arrivez pas avec une liste de questions mais avec un marché facile à conclure.

* « Tips for Leaders Meeting Trump: Keep it Short and give him a Win » – The New York Times

 

 

 


2. Les défis du président pour son premier voyage officiel à l’étranger

  • Merci Axios pour un récapitulatif des objectifs du président Trump pour chaque étape de son voyage et les questions en suspens de Politico:
Axios
  • Arabie Saoudite (20-21 mai): Discours sur l »Islam + Rencontre avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.
    Appel à la paix dans le monde musulman + lutte contre le terrorisme
    Est-ce qu’il utilisera le terme « terrorisme islamique radical »
  • Israel (22-23 mai): Visite du mur des Lamentations + Rencontre avec Netanyahou 
    Meilleur allié de Trump à l’étranger, Netanyahou n’était pas très content du partage d’informations confidentielles entre Trump et les Russes.
  • Territoires occupés (23 mai): Processus de paix israélo-palestinien + Rencontre avec Mahmoud Abbas.
    L’une des promesses de campagne de Trump: Résoudre le conflit israélo-palestinien avec l’aide de son gendre, Jared Kushner, un juif orthodoxe
  • Vatican (24 mai): Rencontre avec le pape François.
    Trump a qualifié le pape de « honteux » l’année dernière. Espérons qu’il représente un plus dignement les Etats-Unis
  • Belgique, Bruxelles (24/25 mai): Sommet de l’OTAN et réunion avec les 28 pays membres.
    Réaffirmer l’engagement des USA dans l’OTAN et demander aux pays de payer leur contribution
  • Italie (26/27 mai): Sommet du G7
    Réassurer les alliés sur la capacité de Donald Trump a être président.

 

 

 


3. Le fantôme de Flynn

PHOTO ILLUSTRATION BY ELIZABETH BROCKWAY/THE DAILY BEAST
  • Aucun proche de Donald Trump ne lui a donné autant de fil à retordre que Michael Flynn, ancien lieutenant général de armées et ancien patron de la Defense Intelligence Agency, d’où il a été viré par Barack Obama en 2013 à cause de ses problèmes managériaux et le peu d’égard donné aux faits – son surnom était « Flynn Facts ».

 

  • Trump a nommé Michael Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale, l’un des postes les plus importants de son administration, sachant que ce dernier:
    • Avait fait du lobby fin 2016 pour une entreprise turque liée au gouvernement de Erdogan et empoché un demi million de dollars
    • Il était sous le coup d’une enquête fédérale à cet effet.
    • Il ne s’était pas enregistré comme « agent étranger » auprès du Département de la Justice.
    • Barack Obama avait vivement conseillé à Trump au lendemain de sa victoire de ne pas lui faire confiance pour un poste à responsabilités

 

  • Son mandat n’a duré que 24 jours mais les conséquences vont continuer à faire sentir pendant longtemps dans et en dehors de la Maison Blanche car:
    • Durant la période de transition (nov. 2016 et jan. 2017, le général Flynn s’est opposé à la demande de l’administration Obama de signer un plan visant à armer des forces syriennes kurdes pour prendre la ville de Raqqa aux mains de Daech – un choix semble-t-il influencé par le gouvernement turc qui refusait de voir les opposants kurdes se renforcer militairement contre Ankara.
    • Il a rencontré le ministre des affaires étrangères turc en septembre pour discuter la livraison d’un dissident turc exilé aux Etats-Unis Fethulah Gulen et écrit dans The Hill au lendemain de la victoire de Trump que Gulen était « mollah islamique louche » qui devait être livré à la Turquie.

 

  • Comme le rappelle le NYTimes, « les accusations de connivence entre des membres de la campagne de Trump et les espions russes ont compliqué la prise de décisions stratégiques sur la Russie » et en partie à cause de Michael Flynn
  • Le 29 décembre 2016, date à laquelle Barack Obama a imposé des sanctions contre la Russie pour son ingérence dans les élections présidentielles, Michael Flynn était au téléphone avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak en lui promettant qu’elles seraient rapidement levées.
  • Mr Flynn a publiquement menti sur le contenu de ses discussions au vice-président, malgré les alertes de la ministre de la justice par interim de l’époque, Sally Yates. Ce n’est que les révélations du Washington Post qui vont obliger le président à demander la démission de son ami, Michael Flynn.
  • Le lendemain de sa démission, Trump a demandé à Comey de laisser tomber l’enquête qui pourrait incriminer Flynn, et quelques semaines plus tard, lui a envoyé un mot soutien, « Sois fort! »

 

  • « The Ghost of Michael Flynn » – The Atlantic
    « Turkey stopped Military plan Turkey opposed after being paid as a Foreign Agent » – McClathyDC
    « The Damage Mike Flynn Has Done to American Foreign Policy » – The New York Times

 


4. Les supporters de Trump ne suivent pas l’actualité

Photograph by Charlie Neibergall / AP
  • « Les loyalistes de Trump disent qu’ils ne savent pas, ne croient pas ou se foutent des révélations explosives qui ont forcé le département de Justice à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les possibles collusions entre la Russie et la campagne du candidat républicain. »

     

  • C’est la seule force et légitimité du président alors que 61% des Américains pensent être malhonnêtes: La loyauté et le soutien des supporters de Trump n’a pas vacillé depuis son élection et son investiture, quels que soient les scandales qui ont éclaboussé la Nouvelle Administration depuis presque quatre mois.

 

  • Tout le brouhaha médiatique n’a pas convaincu ces électeurs de New York, Iowa, Géorgie qui ont pris le parti de soutenir le président et attendent de lui qu’il applique son programme conservateur – au ralenti ces deux dernières semaines à cause du Comey Gate.
    Certains dénoncent l’irresponsabilité des médias à attaquer l’administration qui fragilise le pays tout entier.

 

  • Beaucoup de ces supporters sont toujours très remontés contre l’ancienne adversaire De Trump, Hillary Clinton, qui aurait un choix bien pire que le milliardaire new yorkais.

 

  • Vox qualifie cette attitude de « ignorance volontaire« , une « force très puissante dans la politique américaine » et l’une des clés pour comprendre pour est-ce que « le discours politique peut être aussi irrationnel »: La politique n’a rien avoir avec les faits mais repose sur le partage d’une même réalité et la tendance intellectuelle à protéger notre appartenance politique plutôt que d’aller rechercher les faits.

 

 

 

 


5. The White Supremacist: Richard Spencer

  • Il appartient à cette génération d’extrême droite qui connait un regain d’attention grâce au nouveau président, celle qui promeut sans complexe la supériorité de la race blanche d’origine et de culture européenne opposée au multiculturalisme et à la Démocratie.

 

  • La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’était l’année dernière, peu après l’élection de Trump, lors d’un dîner organisé à New York où des participants ont été photographié en train de faire le salut fasciste.
    On l’a ensuite vu se faire taper dessus en marge de la cérémonie d’investiture à Washington le 20 janvier dernier: deux poings dans la figure à deux reprises qui ont fait le tour d’internet, et l’ont rendu un peu plus célèbre.

 

  • Il dirige un think tank d’un seul employé, lui-même, appelé « National Policy Institute » qui cache un programme dédié à la survivance et à la supériorité de la race blanche symbolisée par l’empire romain, qu’il voit comme le sanctuaire de tous les Européens du monde entier.

 

  • Il se considère aujourd’hui comme une figure médiatique grand public
  • Pour le magazine Jacobin il représente un phénomène ancien assez commun: le raciste bien éduqué et financièrement à l’abri, un mélange de racisme et d’élitisme blanc ».
  • « His Kampf » – The Atlantic

 

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Antarctique: Reportage multimédia époustouflant sur la fonte de la calotte glaciaire en Antarctique – The New York Times 
  • Implosion: Un rapport du « Shorenstein Center on Media, Politics and Public School » de Harvard conclut que 41% de la couverture médiatique des éditions imprimés du NYTimes, WSJ, WaPo, et les chaînes d’info CBS, CNN, Fox News et NBC étaient consacrées à Donald Trump durant les cent premiers jours, trois fois plus que les anciens président.
  • Washington: James Comey a essayé tant bien que mal d’éviter tout « contact inapproprié » avec Donald Trump pour le convaincre de laisser tomber l’enquête sur les collusions entre son équipe de campagne et les Russes: Le président a sorti le grand jeu, dîners, réunions et même une embrassade devant les caméras. – The New York Times
  • Médias: A lire l’hommage de Bill O’Reilly à Roger Ailes, ancien patron de Fox News, décédé hier matin. Les deux hommes ont construit le formidable succès de la chaîne d’information câblée pendant près de 20ans et les deux ont été virés pour des accusations de harcèlement sexuel à quelques mois d’intervalle. – USA Today
  • Le groupe de hackers « The Dark Overlord » collecte illégalement les informations de patients des cliniques médicales et dentaires du pays pour les vendre ou les diffuser sur internet – Birmingham News

Le Kiosque du 02.05.17: Nouvelle extrême droite US – Bret Stephens au NYT – Milo Inc. – Lobby Lewandowski

 

  • le lobby de Corey Lewandowski

    L’ancien manager de campagne de Donald Trump, remplacé par Paul Manafort en juin 2016, lui même remplacé par Kellyanne Conway deux mois plus tard, est resté très proche du président – qu’il peut apercevoir depuis son bureau de Washington situé en face de la Maison Blanche. Après une courte carrière de commentateur sur CNN, il « conseille » aujourd’hui le secteur privé sur les différents moyens de défendre leurs intérêts auprès du pouvoir mais refuse de s’enregistrer comme un lobbyiste.

    Selon Politico, « non seulement il vend à ses clients du monde entier ses conseils en politique mais aussi des « face time » avec le président Trump, le vice-président Mike Pence et des membres de l’administration »

    Un document de la compagnie internationale de conseil de Corey Lewandowski donné à un politicien de l’Europe de l’Est promet d’arranger des rencontres avec des responsables de haut placés, y compris Trump, Pence, et autres membres clés de l’administration et alliés du président.

    Voici l’interview de Corey Lewandowski (à partir de 4’16 ») peu après l’investiture de Donald Trump réalisée par un journaliste du Guardian qui est « complètement dégouté » lorsqu’on lui demande si son entreprise n’est pas en contradiction avec la promesse du président de se débarrasser des puissants lobbys de Washington. (« Drain the Swamp »).

    * « Lewandowski’s firm appears to offer Trump meetings » – Politico
    Hope against hypocrisy as Trump joins the swamp – The Guardian

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  • La Nouvelle Droite réactionnaire

    New York magazine

    * Importante enquête de New York magazine sur la « nouvelle droite », cette « puissante contre culture » qui a réussi à se hisser au pouvoir pour la première fois dans l’histoire politique américaine: « L’alt-right ou nouvelle droite » combine « les idéaux d’isolationnisme, de protectionnisme et de nationalisme », le tout saupoudré de « nativisme blanc », de militantisme « pro-hommes », d’antisémites, d’adolescents énervés et de théories du complot.

    C’est un mouvement qui est né en réaction à la présidence d’Obama, « à un président noir, à une femme candidate, à l’idée que la diversité et l’inclusion et la plupart des mouvements sociaux du 20ème siècle sont aux antipodes du progrès », que les minorités, dont font partie les femmes et les « forces de la technologie, de la mondialisation et de la finance » se sont imposés aux dépens « des anciens chefs du royaume » [hommes blancs].

    Le mouvement est réactionnaire, hostile à la modernité mais en utilise tous les ressorts technologiques et numériques, notamment les réseaux sociaux (les fameux trolls d’internet)

    * Leur « conception du monde entièrement basé sur le ressentiment » a des cibles privilégiées: Les immigrés, les « globalistes » (en faveur de la mondialisation), les « snowflakes » (les étudiants offensés par les blagues racistes, sexistes et homophobes), les féministes, les interventionnistes (pour une intervention de l’Etat dans les affaires du pays), les journalistes (ou les médias libéraux) et les élites (les « riches marionnettes d’un Occident en décadence »)

    Toute la semaine, on reviendra sur les différents thèmes de cette excellente enquête

    *  » Beyond alt. The extremely reactionary, burn-it-down radical, new fangled far right » – New York magazine

 

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Dean Baquet, le rédacteur en chef du New York Times, a justifié l’arrivée de Bret Stephens, ancien commentateur du Wall Street Journal dans le comité éditorial par la volonté de faire valoir différents points de vue, et retenir la leçon du fiasco des élections présidentielles.

Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre car Mr Stephens a tenu des propos très polémiques par le passé sur des sujets aussi sensibles comme Black Lives Matter ou encore l’épidémie de viol dans les campus américains. 
Sa première colonne, intitulée « Climate of Complete Certainty » sur le thème très cher aux libéraux américains du changement climatique, publiée à la veille de la grande marche pour l’environnement de Washington, a comme prévu défrayé la chronique.

Selon lui, le désastre de la campagne électorale de Hillary Clinton peut s’expliquer par l’importance qu’elle a accordé aux données statistiques et sondages – qui se sont révélés complètement faux – aux dépens du « vieil ordre des consultants politiques » devenu « obsolète ».
Le même raisonnement pourrait s’appliquer à certains militants écologistes dont les arguments sont plus alarmistes que leur confrères scientifiques.

Je ne renie pas le changement climatique et ses conséquences éventuellement catastrophiques. Mais les citoyens ordinaires ont aussi le droit d’être sceptiques vis-à-vis d’un scientisme démesuré.
(…)
Peut-être que s’il y avait moins de certitudes quant à l’avenir du climat, plus d’Américains seraient intéressés par une conversation raisonnée sur ce sujet. 

Les arguments de Stephens étaient faibles et les critiques ne se sont pas faites attendre (1 500 commentaires passionnés), certains abonnés ont même menacé de suspendre leur abonnement au quotidien et les autres journalistes s’en sont donnés à coeur joie (Slate, Washington Post, ThinkProgress)

* « Climate of Complete Certainty » – Brett Stephens / The New York Times
* « Who is afraid of Brett Stephens » – Politico magazine

 

  • somethingnice@nytimes.com
    Credit Lauren Tamaki

    Pas une blague. Pour essayer davantage de supporters de Donald Trump, le « Sunday Review » du New York Times a lancé un appel aux supporters du président pour qu’ils décrivent « les bonnes choses » accomplies par le Commander in Chief pour le pays.
    Une adresse email a été mis en place à cet effet et chaque semaine, on en apprendra davantage sur l’opinion de ces gens.

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  • Milo Inc.

    L’ancien « journaliste » de Breitbart qui a fait de la provocation sa spécialité avant de tomber en disgrâce il y a deux mois après la diffusion d’anciens enregistrements dans lesquels il défendait les relations pédophiles – il a démissionné du site alt-right, la sortie de son autobiographie et une intervention à la CPAC ont été annulées – revient sur le devant de la scène médiatique avec Milo Inc. .
    L’idée? Continuer à lutter contre le politiquement correct, jeter de l’huile sur le feu des tensions existantes entre antifas et pro-Trump, notamment dans les universités, et essayer de se faire une place aux côtés d’autres institutions de la droite réac américaine: The Blaze, The Gateway Pundit, Infowars.

    Milo Inc veut transformer la vie des journalistes, professeurs, politiciens, féministes, militants de Black Lives Matter et autres victimes professionnelles en véritable cauchemar!

    * « Milo Yannopoulos is starting a new, ugly, for profit troll circus » – Vanity Fair

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  • Agressions sexuelles dans les écoles américaines

    Une enquête de plus d’un an effectuée par des journalistes de Associated Press révèle que 17 000 agressions d’ordre sexuel auraient été perpétrées entre élèves dans les écoles primaires du pays entre 2011 et 2015 – un chiffre très important mais loin de refléter la réalité du phénomène car la plupart de ces agressions seraient passées sous silence par les professeurs, pas sanctionnées par l’établissement et ou encore réglées à l’amiable.

    Les établissements ne sont pas tenus de reporter les actes de violence sexuelle, et les dénoncer pourraient leur apporter des problèmes avec la justice, les plaintes des parents et lui infliger une mauvaise réputation.
    Le silence des autorités administratives peut pourtant avoir des conséquences catastrophiques sur les enfants. 

    Du viol à la sodomie, au sexe oral forcé ou des caresses non désirées, la violence sexuelle que AP a recensé est souvent interprété comme du harcèlement, bizutage ou relations consensuelles. Ca arrive partout où les étudiants sont laissés sans surveillance: toilettes, couloirs et vestiaires.
    Aucune école n’est immunisée qu’elle soit située dans une banlieue chic ou dans une ville d’ouvriers.

    Les statistiques montrent que ce genre d’incidents arrive au moment de la puberté, et que 80% sont caractérisées comme des « caresses non désirées », certaines agressions vont jusqu’au viol, comme les deux exemples décrits en détail dans l’article.

    Les journalistes vont même jusqu’à comparer les « agressions sexuelles » entre étudiants-enseignants et entre les étudiants eux-mêmes: « Pour chaque attaque d’un adulte envers un enfant dans un établissement scolaire, il y a sept agressions commises par des adolescents. »

     * « The Hidden Horror of Sex Assault by Students » – Associated Press

 

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  • Couverture du Jour

Le kiosque du lundi 30 janvier 2017

 

  • Des protestations ont eu lieu dans tout le pays dimanche contre la décision de Donald Trump de suspendre l’entrée de tous les réfugiés et des citoyens originaires de Libye, Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan et Yemen sur le territoire américain pendant trois mois; considérée par ses détracteurs comme étant une #MuslimBan, une « interdiction des Musulmans » et que Rudolph Giuliani a d’ailleurs confirmé.
    Une quarantaine de rassemblements ont eu lieu dans les aéroports de New York, Washington, Boston, San Francisco, Dallas, Phoenix, …
  • Deux jours après sa signature et mise en place immédiate, l’administration Trump est incapable de définir précisément l’étendue de cette loi étant donné le manque de coordination avec les agences gouvernementales et les arrêts pris par trois juges fédéraux différents ce weekend. Les déportations ont été interdites mais pas l’entrée sur le territoire et aucun juge n’a tranché sur la constitutionnalité du décret présidentiel.
  • Donald Trump a réaffirmé hier sur la page Facebook que ce décret « [n’avait] rien à voir avec la religion. »

    Cela à avoir avec la terreur et la volonté de protéger notre pays. Il y a plus de quarante pays dans le monde entier peuplés majoritairement de musulmans qui ne sont pas affectés par cette loi. Nous continuerons à délivrer des visas à tous ces pays une fois que nous aurons décidé et mis en place des politiques plus sûres d’ici les trois prochains mois. »

  • Aucun ressortissant de ces pays n’a été impliqué dans un attentat sur le territoire américain ces quarante dernières années, contrairement à d’autres pays musulmans comme l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, dans lesquels les Etats-Unis et Donald Trump ont des intérêts économiques et financiers.
  • Sur les 292 parlementaires républicains, vingt ont dénoncé le décret de président (qui les traités de « faibles »), quinze l’ont supporté et 257 ont préféré garder le silence, contrairement aux 202 parlementaires démocrates qui ont publiquement condamné la démarche de Trump, certains sont allés manifester dans les aéroports.
    Trente neuf seulement n’ont pas réagi.
    Tous devraient se réunir aujourd’hui devant la Cour Suprême des Etats-Unis, à Washington D.C., en signe de protestation.
  • De nombreux journaux dont le Los Angeles Times et le New York Times ont lancé des appels à témoins concernant les immigré(e)s touché(e)s par les mesures de Donald Trump afin partager leurs histoires.
    Les journaux télés et les réseaux sociaux donnaient hier des recommandations légales et pratiques aux centaines d’immigrés titulaires d’une Green Card qui sont toujours coincés dans les aéroports américains, face aux officiers de l’immigration et du Département de la Sécurité Intérieure, qui se sont engagés à appliquer les mesures de président et respecter les directives du Département de Justice
  • Les entreprises américaines ont réagi également ce week end à l’offensive de Trump contre les musulmans. Uber est boycottée après l’entrée de son co-fondateur, et actuel P.-D.G, Travis Kalanick dans le comité économique chargé de conseiller la nouvelle administration. Son concurrent Lyft a lui offert un million de dollars à ACLU, American Civil Liberties Union, qui a réussi à obtenir le premier revers de la #MuslimBan samedi soir ordonné par un juge de Brooklyn. L’association aurait récolté dix millions de dollars de donations ce weekend.
    Starbucks a annoncé vouloir engager dix mille réfugiés ces cinq prochaines années provenant des soixante quinze pays dans lesquels la compagnie est implantée et en commençant par tous ceux qui ont aidé l’armée américaine sur le terrain, comme les interprètes ou personnels de soutien.
  • #StopPresidentBannon
    Le président a réorganisé le Conseil National de Sécurité, une organisation administrative qui dépend directement de lui et qui le conseille sur des questions stratégiques de sécurité nationale, et dont l’influence est importante dans le domaine des Affaires Etrangères.
    Trump a décidé de remplacer le siège permanent de conseiller militaire, appartenant actuellement au Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford par son plus proche conseiller, l’ancien président de Breitbart News, le « Darth Vador » auto-proclamé de la Maison Blanche, auteur du discours d’investiture, de la plupart de ses décrets, et de la politique hostile envers la Chine et le Mexique, un ancien de la Navy et de Goldman Sachs qui haït la presse: Steve Bannon.
    L’influence qu’a pris cette figure du mouvement alt-right, et celle de son ami proche, Stephen Miller, dans la nouvelle administration, aux côtés du président inquiète les Démocrates et certains Républicains (John McCain). Bannon a commencé à collaborer il y a seulement cinq mois avec Donald Trump et ce dernier n’a aucune expérience sur les questions de sécurité. 
  • Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, a réagi hier soir à la première semaine de Donald Trump:« En tant que New Yorkais je suis musulman. En tant que New Yorkais je suis juif. En tant que New Yorkais je suis noir, gay, handicapé, une femme qui contrôle sa santé et ses choix. Parce en tant que New Yorkais, nous sommes une communauté – La communauté new yorkaise comprend tous ceux là. »

            

  • « Ca a pris trois ans à George W.Bush pour passer en dessous des 50% d’opinions favorables, ça a pris huit jours à Donald Trump ». Le président a commencé la présidence lundi dernier avec 51% de soutien dans les sondages et est tombé à 42% ce weekend. 
  • Michael Flynn Jr, le fils du conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump, écarté de l’équipe de transition en décembre dernier après avoir défendu sur Twitter la théorie complotiste à l’origine du « pizzagate » – selon laquelle des suppôts de Hillary Clinton dirigeaient un réseau pédophile au sous-sol d’une pizzeria de Washington – a récidivé ce weekend en qualifiant le décret de Trump de « temporary #MuslimBan ».
    Une bourde qui l’a obligé à effacer son compte Twitter.

  • Hier soir à Los Angeles ont eu lieu les 23ème SAG Awards, les récompenses par le Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision aux États-Unis, le second Roast de Donald Trump après l’officiel diffusé sur Comedy Central en 2011.
    Chacun a eu son mot à dire contre Donald Trump: le casting d’Orange is the New Black, Mahershala Ali de Moonlight, Julia Louis Dreyfus pour Veep, Ashton Kutcher, Brian Cranston, William H Macy, Kerry Washington, Emma Stone, le casting de Stranger Things.

    Le discours le plus drôle a été celui de Lily Tomin, introduite par Dolly Parton, qui a parlé de sa carrière, de ses ratés, de sa partenaire et de sa prochaine pancarte à la prochaine marche. Le plus Rock’n’Roll était celui du casting surexcité et révolté de Stranger Things, via les propos de l’acteur David Harbour et les mimiques de Winona Ryder Le plus émouvant était celui de Mahershala Ali, ci-dessous

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

https://twitter.com/NewYorker/status/788998250326007808?ref_src=twsrc%5Etfw

Débat présidentiel: Les médias conservateurs entre colère et parano

Alors qu’une partie de la population américaine pousse un ouf de soulagement après un premier débat présidentiel remporté haut la main par Hillary Clinton, les médias conservateurs oscillent entre colère et paranoïa.

« un Titanic politique »
John Podhoretz dans le New York Post reconnaît « l’incompétence » dont a fait preuve Trump, qui s’est vanté au passage de ne pas avoir préparé son duel, « un gifle » pour tous ses supporters, dont il fait lui-même partie.

« Au bout de la de la 95 ème minute, Trump était réduit à de la bouillie crépitante, qui déblatairait sur Rosie O’Donnell et sur le fait qu’il n’avait pas encore proféré contre Hillary méchancetés qu’il avait dans la tête (…) Ses supporters devraient être furieux contre lui, et le public en général.
Afficher tant d’incompétence par refus de se préparer sérieusement à ce duel, en refusant d’apprendre à tirer de sa posture populiste contre Clinton, il n’a montré que du mépris pour des gens qui l’ont amené aussi loin – et pour les Américains qui vont avoir à prendre une très importante décision le 8 Novembre prochain. »

 

New York Post - Edition du mardi 27 septembre 2016
New York Post – Edition du mardi 27 septembre 2016

Même constat de David French dans The National Review qui résume bien l’état d’esprit de beaucoup de Républicains lundi soir, « Donald Trump est de pire en pire »:

« A la fin du débat, il était complètement désorienté, sur la défensive sur presque tous les sujets. Pourquoi n’a-t-il pas eu de meilleure réponse sur la polémique du birther? N’a-t-il pas encore fait ses devoirs en politique étrangère? J’ai eu l’impression d’être devant un Titanic politique qui fonçait dans l’iceberg, se retirait, fonçait à nouveau dedans, juste pour s’amuser.

Peu le savent mais Donald Trump s’est proclamé vainqueur ce matin, en tweetant une sélection de sondages en ligne mises en place par plusieurs sites d’infos la veille.

Twitter / @readDonaldTrump
Twitter / @readDonaldTrump

Des sondages, selon The Daily Dot, que les supporters de Trump auraient « manipulé artificiellement » pour « créer une fausse narration » selon laquelle il aurait gagné.

#trumpwon était d’ailleurs l’une des tendances d’hier sur Twitter.

Et si on s’intéresse aux médias Alt-Right, on retrouve le thème souvent du complot des médias libéraux, dont Lester Holt serait une des marionnettes

Facebook / Breitbart
Facebook / Breitbart

Breitbart News, le bras armé de Trump, depuis que son ancien rédacteur-en-chef à pris les rênes de sa campagne au mois d’Août dernier, a immédiatement dénoncé « un débat truqué »

Le site « trash-conservateur » a dénoncé les questions « très amicales » posées par Lester Holt à Hillary Clinton contre celles « hostiles » à l’encontre de Donald Trump. Le modérateur aurait subi des fortes pressions des Démocrates et de l’ensemble des médias libéraux pour attaquer Trump – même si le présentateur de NBC est enregistré comme un Républicain dans l’état de New York.

Breitbart News, le bras armé de Trump

Le site d’infos politico-trash conservateur, autrefois marginalisé, est devenu en quelques mois le bras armé de Donald Trump qui a officialisé cette alliance en nommant son ancien directeur en chef à la tête de sa campagne.

Steve Bannon, « l’agent le plus dangereux du pays »

Anti Establishment
L’annonce de la promotion de Steve Bannon
, « le trublion » médiatique de la droite dure, ce mois-ci, à la tête de la campagne de Donald Trump, résonne comme un pied de nez aux tentatives des Républicains de remettre le candidat dans le droit chemin.
L’homme est connu pour ses attaques contre l’establishment républicain, au premier rang duquel figure, Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants des États-Unis.
Il travaillera de pair avec une autre figure de la droite conservatrice, lui aussi très critique vis-à-vis de Washington, Roger Ailes, l’ancien patron du New York Post, viré cet été pour une histoire de harcèlement sexuel.
Une réorganisation politique qui vise non seulement à renforcer les « grassroots » de l’électorat de Trump mais aussi et surtout à affaiblir la candidate démocrate, qui n’aurait pas pu craindre pires adversaires.

 

Bloomberg BusinessWeek d'Octobre 2015 sur Steve Bannon et "la vaste conspiration de droite"
Bloomberg BusinessWeek d’Octobre 2015 sur Steve Bannon et « la vaste conspiration de droite »

 

Anti Clinton
Dans un portrait publié en Octobre dernier dans Bloomberg Businessweek, l’homme était déjà présenté comme « l’agent le plus dangereux de pays » à la « tête de la nouvelle conspiration de droite » qui « tente d’évincer Hillary Clinton et Jeb Bush ».
A l’époque, Bannon est à la tête de Breibart News depuis 2012, « le site populiste » qui sert de défouloir à « ceux qui pensent que Fox News est trop poli et modéré ».
Sorte de « Dr Jekyll et Mr Hyde » de la droite, il exerce son influence à travers un journalisme agressif et décomplexé et un activisme plus « sophistiqué » grâce au think tank Government Accountability Institute (GAI) qui révèle et diffuse toutes sortes de dossiers à charge contre les politiques de tout bord.
L’ouvrage du GAI paru en Mai 2015 sur L’Argent des Clintons « a eu plus d’influence sur la perception d’Hillary Clinton que n’importe quel autre détracteur républicain », pareil pour son e-book au vitriol contre Les Dollars de Bush paru pendant les Primaires Républicaines.
Bannon, détracteur-en-chef du couple Clinton, est aujourd’hui l’un des plus expérimenté pour combattre Hillary Clinton à travers sa fondation, ses emails, son mandat de Secrétaire d’Etat et tout ce qu’il pourra trouver et utiliser contre elle jusqu’au 08 novembre

 

Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich - By Peter Schweizer published by HarperCollins. Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.
Clinton Cash: The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich – By Peter Schweizer published by HarperCollins.
Un adaptation cinématographique et Bande dessinée a été réalisé cette année.


Dire que Steve Bannon a mauvaise presse est un euphémisme.
Depuis sa promotion la semaine dernière, des affaires de violences domestiques et des suspicions de fraude électorale (il serait enregistré à une fausse addresse en Floride, un « swing state » clé dans le décompte électoral) sont relayées dans tous les médias, même les plus conservateurs.
Plus grave, cet ancien banquier de Goldman Sachs, est régulièrement accusée de lancer de fausses allégations sur ses ennemis.
C’est également ce patron de presse qui a engagé Milo Yiannopolous, ce jeune journaliste anglais à l’origine des attaques racistes et mysogines contre l’actrice Leslie Jones cet été, et qui a été suspendu à vie de Twitter.

Les affinités de certaines journalistes de Breitbart avec le mouvement Alt-Right, en périphérie du conservatisme traditionnel américain, décrit comme raciste et antisémite est devenu le cheval de bataille de Clinton pour convaincre les républicains de la rejoindre.

PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST
PHOTO ILLUSTRATION BY EMIL LENDOF/THE DAILY BEAST

 


BreitBart + Trump = Trumpbart, nouvelle plateforme politico-médiatique?

Donner à Steve Bannon la responsabilité de la campagne de Donald Trump, c’est aussi récompenser le site BreitBart News en lui offrant une plateforme politico-médiatique sans précédent.

Depuis sa création en 2007 par Andrew Breitbart, ancien éditeur du Drudge Report et mort d’une crise cardiaque en 2012, le site d’infos en ligne, originellement destiné à devenir le « Huffington Post de la droite » s’est plutôt distingué dans l’info trash anti-libéral, anti-gouvernement, anti-journalistes et anti-politiciens.

Une recette qui marche puisque il a cumulé en juin presque 14 millions de visiteurs uniques sur son site et 150 millions de pages vues.

Breibart News n’aurait pas pu trouver de candidat plus controversé, conflictuel et politiquement incorrect que Donal Trump et a d’ailleurs rapidement choisi de le soutenir.
Le milliardaire new yorkais confirme avec la promotion de Steve Bannon, le rôle désormais majeur  que joue le site dans ces élections présidentielles, rebaptisé « Trumpbart » par certains médias.
Notons au passage la perte d’influence de Fox News, bastion conservateur et outil de propagande privilégié des candidats républicains aux présidentielles depuis 2000.

Dans un essai publié ce mois-ci dans Vanity Fair, le journaliste Ken Stern explique comment est-ce que « Bannon et Breitbart Media ont été Trump avant Trump, en créant la philosophie politique et l’armée politique qui a été le moteur de l’avènement spectaculaire du candidat dans la politique américaine ».

Au delà de ses titres et thèmes provocateurs, « c’est la première organisation à articuler et représenter, à une échelle globale, une nouvelle philosophie du nationalisme et du populisme qui a trouvé un soutien important dans la société américaine ».
Cette émergence d’un nouveau pouvoir politico-médiatique, dont certains pensent qu’il serait le nouveau projet de Trump en cas de défaite, pourrait bien être l’évènement majeur à retenir de cette campagne présidentielle 2016.