Le Kiosque du 27.06.17: Alt-Lite vs Alt-Right; YouTube trollé; WeSearchr; Le vote de l’AHCA reporté

1. Le vote sur l’assurance santé reporté après le 4 juillet

 

  • Décidément, cette réforme de l’assurance santé à du mal à passer.
    Après un premier échec et un passage de justesse avec une voix de différence à la Chambre des Représentants en mai dernier puis une réécriture de la part de treize sénateurs républicains pendant plusieurs semaines qui n’a convaincu personne, les leaders du Sénat ont eu la sagesse de reporter le vote après le 04 juillet, la date limite qu’ils s’étaient fixés.
  • La décision survient au lendemain de la diffusion du rapport de l’Office du Budget qui prévoit que 22 millions d’Américains perdraient leur assurance ces dix prochaines années.
  • Les Républicains veulent coûte que coûte remplacer Obamacare mais cinq des 52 Sénateurs Républicains se sont prononcés contre le vote de la réforme, ce qui les empêche d’atteindre la simple majorité de 51 sénateurs nécessaires à son passage.

 

 


2. Les scénaristes bluffés par Trump

 

Netflix, House of Card, Saison 5

 

  • AP s’intéresse à l’influence de la présidence de Trump sur les séries politiques américaines:
     

    Que ce soit en dépeignant la noble géopolitique de « Madam Secretary », les manipulations de « House of Cards », les talents maladroits de « Veep » ou le fléau du terrorisme dans « Homeland », les scénaristes doivent relever le défi de rester pertinent et créatif tout en restant dans le plausible. Jusqu’à la présidence de Trump.
    D’un jour à l’autre, l’inattendu et l’impensable sont devenus la nouvelle réalité, avec des vrais drames en direct qui menacent de dépasser les rêves les plus fous des meilleurs auteurs.

  •  

  • La plupart de ces séries n’avaient pas prévu la victoire de Trump, et la nouvelle présidence qui casse tous les codes de la politique traditionnelle, enchaîne les scandales, a compliqué le travail des scénaristes, incapables d’anticiper la situation de la Maison Blanche dans six mois et de penser aux scénarios des prochaines saisons. 
  •  

  • Le scénariste et producteur de House of Card, Frank Pugliese:
     

    On ne sait pas encore ce que c’est que l’ère Trump. Donc au lieu de se concentrer sur Trump, on parle de ce qui a produit Trump. Si on s’intéresse à cela, ça nous permet de comprendre qui nous sommes et comment peuvent évoluer les personnages.
    Notre boulot est de rechercher et d’explorer ce qui est possible, et le pousser à l’extrême pour divertir et attirer l’attention. C’est toujours ce que l’on essaye de faire.

  • « Real-life drama in age of Trump challenges TV’s storytellers » – AP

 


3. Guerre civile chez les fachos

 

Des supporters « Alt Right » devant le Lincoln Memorial ce week-end

 

  • Rien ne va plus chez les supporters d’extrême droite de Trump qui se réunissaient ce week-end à Washington dans deux meetings séparés pour « unifier la droite » – SPLC
  •  

  • D’un côté, les « nationalistes blancs et antisémites de « l’alt right » autour de Richard Spencer, qui prononçait un discours sur la liberté d’expression près du Lincoln Memorial et s’en sont pris à leurs adversaires moins zélés de l’ « Alt lite », accusés d’être des sous fifres du président incapables de le critiquer: « Ces gens ne sont pas des penseurs politiques. On ne doit pas les écouter. C’est que de la publicité. » Il étaient une centaine.
    Le mois dernier, Spencer avait organisé une marche aux flambeaux à Charlottesville en Virginie pour protester contre le retrait d’une statue du général Robert Lee, une figure des Etats Confédérés.
  •  

  • Selon Will Sommer, qui publie une newsletter hebdomadaire sur la droite américaine, le « racisme et antisémitisme assumé » de Spencer va trop loin pour presque tout le monde aux Etats-Unis, même les supporters les plus fidèles de Trump »
  •  

  • De l’autre, les « nationalistes citoyens » de « l’alt lite » autour de Mike Cernovitch, se sont rencontrés près de la Maison Blanche pour défendre la sacro-sainte liberté d’expression. Eux affirment n’être ni racistes, ni antisémites.
  •  

  • C’est le même Cernovitch qui a offert mille dollars à quiconque arriverait à interrompre la pièce de théâtre « Jules César » début juin, dans laquelle l’empereur romain assassiné a toutes les apparences du président américain. Laura Loomer, une employée de la revue d’extrême droite canadienne, The Rebel, s’est exécutée, est montée sur scène avant d’être arrêtée.
  • « White nationalist find Lincoln Memorial, and opposing voices » – The Washington Post

 

 


4. WeSearchr, le « Go Fund Me » d’extrême droite

 

WesearchR.com
  • Ce qui nous amène directement à cette plate forme de crowdfunding, Wesearchr, réservée au financement d’un journalisme, voire trolling d’extrême droite, qui a récolté dix mille dollars pour payer les frais d’avocats de Laura Loomer.

 

  • Comment ça marche:
    Les utilisateurs sont appelés des « Askers », « des demandeurs » qui lancent un appel aux dons (« Proposed Bounty ») à travers une question ou un défi posé, auxquels peuvent répondre « des chercheurs, journalistes, trolls ou lanceurs d’alerte ».

    L’appel de dons pour Laure Loomer
  • Les internautes investissent dans le projet qui les intéresse et lorsque la somme demandée est récoltée, la question devient une « Wanted Bounty » et tout le monde peut soumettre sa réponse.
    C’est WeSearchr qui décide si le défi a été remporté et celui qui l’a rempli reçoit 75% des dons, 10% est donné au « demandeur » et la compagnie garde 15%.
  •  

  • Le site propose également le financement d’une opération « Make Journalism Great Again » qui laisse les rédacteurs du site choisir eux-mêmes les thèmes ou questions à poser.
  •  

  • WeSearchr affirme être « une entreprise journalistique » qui publie des informations qui ont une valeur « journalistique » et dans l’intérêt du public et les appels de dons qui cherchent des informations qui ne sont ni publiables, ou qui n’ont pas d’intérêts journalistique ne seront pas approuvées.
  •  

  • On trouve beaucoup d’appels aux dons pour le payement de frais d’avocats, de manifestations, et une petite perle: « Apporter la preuve de l’homosexualité d’Emmanuel Macron » initiée par l’équipe de Wesearchr en mars dernier qui affirme que le président serait en couple avec Mathieu Gallet, le PDG de Radio France que et le magazine Closer aurait des photos des deux hommes main dans la main dans une forêt.

 


5. Youtube trollé

 

La chaîne Youtube de Lauren Southern

 

  • Après Facebook, Twitter, c’est au tour de YouTube d’être utilisé par des activistes d’extrême droite pour « manipuler les médias avec des coups d’éclat censées faire le tour d’internet, et de plus en plus dangereux » selon Buzzfeed News.
  • Parmi elles, Lauren Southern, qui a eu la bonne idée ce mois-ci de rejoindre un groupuscule d’extrême droite, Génération Identitaire, sur un bateau en Méditerranée pour protester contre le sauvetage des réfugiés qu’ils dénonce comme un « trafic d’êtres humains » – le tout en direct sur Periscope et suivi par un millier d’internautes.
     

    Southern appartient à ce vaste univers de personnalités d’extrême droite actives sur internet qui se sont alignées sur la jeunesse politique américaine  « new right » ou « alt right » ou « new far right ». Ce groupe essaye de s’allier avec d’autres factions d’extrême droite à l’étranger en continuant le trolling dans le monde réel.

     

    • Southern est un peu la Tomi Lahren canadienne, qui a travaillé pour Rebel Media, le Breitbart d’Ontario,  « une source courageuse d’informations, d’opinion et d’activisme » basée à Toronto.
      Elle aime créer la polémique, notamment lors de ses interventions dans des universités américaines pour parler du « retour de la femme traditionnelle »  et est devenue une figure de l’extrême droite en Amérique du Nord ces derniers mois.
    • Elle a le même nombre d’abonnés que Mike Cernovitch sur Twitter, 300 000 sur YouTube, 97 000 sur Facebook, est amie avec Milo Yiannopoulos, a récemment quitté son travail et créé un compte Patreon, destiné à financer ses vidéos, et être présente là ou ça se passe, « une manifestation, une élection ou même la Maison Blanche ».
    • Ce qui la différencie des autres trolls d’internet: Créer des polémiques sur le terrain, dans le monde réel, caméra à l’épaule, provoquer des réactions et retransmettre en direct l’évènement puis réaliser une vidéo pour sa chaîne YouTube le lendemain.
      Elle affirme faire du journalisme militant « gonzo » – en référence à Hunter S. Thompson, auteur de « Las Vegas Parano ». Elle était au Deploraball de Richard Spencer en janvier à Washington D.C., aux émeutes de Berkeley en avril.

 

 


Couverture du Jour

  • Chaque année, le magazine de la chaîne sportive ESPN consacre son dernier numéro de juin au corps (« The Body Issue ») en mettant en couverture des athlètes nus.
  • Cette année, nous avons le droit à la joueuse de tennis Caroline Wozniacki, le joueur de football américain Ezekiel Elliott, le joueur de baseball Javier Baez, et le joueur de basket Isaiah Thomas.

Le Kiosque du 26.06.17: AHCA – Un tabloid pro Trump – SF & les SDFs – Le Missouri réactionnaire

 

1. Assurance santé: Trump sur la défensive

 

 

  • L’actualité politique de cette semaine, c’est le passage de la réforme de l’assurance santé (« Repeal and Replace Obamacare ») devant le Sénat américain, rendue publique jeudi dernier et compte déjà cinq adversaires parmi les sénateurs républicains (qui disposent d’une majorité de 52 sièges au Sénat).
    Les treize sénateurs qui ont travaillé dessus pendant plusieurs semaines et dans le plus grand secret après son vote à la Chambre des Représentants sont ouverts à la négociation et espèrent rallier une majorité avant le 4 juillet prochain, fête de l’indépendance.
  •  

  • Trump leur mis a la pression ce week-end sur Twitter en affirmant à ses 32 millions d’abonnés qu’il « n’imaginait pas que les sénateurs républicains laissent le peuple américain souffrir plus longtemps d’un Obamacare en lambeaux. »
  •  

  • Mais le cas échéant, le groupe pro-Trump « America First Policies », formé par d’anciens associés de la campagne du candidat et de son colistier, pour promouvoir et faire passer le programme législatif du président, est prêt à dégainer pour plus d’un million de dollars de campagne publicitaire contre l’un d’entre eux, Dean Heller, sénateur du Nevada qui sera diffusé dans son propre Etat, s’il ne revient sur ses critiques formulées vendredi dernier contre l’American Health Care Act.
    Heller est dans une position vulnérable dans le Nevada qui a voté Hillary Clinton- The Hill

 

 

 


2. San Francisco n’arrive pas résoudre son problème de SDF

 

Couverture du San Francisco Chronicle – lundi 26 juin 2017

 

  • San Francisco a dépensé 275 millions de dollars entre juin 2016 et juin 2017 pour aider et loger les sans domicile fixe de la ville, 34 millions de dollars de plus que l’année précédente (juin 2015-16) et moins que les 305 millions de dollars prévus pour la prochaine année fiscale qui commence ce mois ci.
     

    Les équipes de nettoyage étaient plus occupées que jamais à ramasser près de 679 tonnes de poubelle dans les camps de sans-abri et près de cent mille seringues usagées.
    Mais malgré tout l’argent et l’effort, la réalité de la rue ne s’est pas vraiment améliorée et la situation à San Francisco n’a jamais été pire (…)
    Les plaintes des résidents contre les campements, les seringues et les excréments sont en augmentation.
    En 2016, il en a eu 22 608, cinq fois plus que l’année précédente.

  •  

  • San Francisco est aujourd’hui l’une des villes les plus chères du pays à cause de loyers très élevés et du coût de la vie quotidienne qui doit faire face à une population sans-abri, de plus en plus importante, et dont les campements font désormais partie du paysage urbain, au grand dam des habitants.
     

    La pauvreté est horrible pour ceux qui vivent dans la rue. Elle est aussi dérangeante pour ceux qui la contemplent à leur porte. Dans une ville aussi libérale et riche, le budget pour 2017-18 est de 10 milliards de dollars, pourquoi est-ce que tout amélioration semble impossible reste une question très frustrante.

 

San Francisco Chronicle

 

 

 


3. Le Missouri, l’Etat le plus réac’ d’Amérique?

 

Abort73.com est l’une des associations « pro life » américaines

 

  • C’est l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, l’un des plus religieux, des plus conservateurs et aujourd’hui l’un des plus réactionnaires à l’encontre du droit des femmes à disposer de leur corps:
     

    Le Sénat du Missouri considère une loi qui permettrait à tous les employeurs et propriétaires de s’attaquer aux femmes qui prennent la pilule ou avortent. La loi, soutenue par le gouverneur de l’Etat, Eric Greitens, a été votée par la Chambre des Représentants du Missouri mardi.

  •  

  • Appelée SB 5 (« Senate Bill 5 »), la loi est censée annuler une ordonnance passée par « les politiciens radicaux » de St Louis, qui interdisait toute discrimination liée aux choix en matière de santé sexuelle et reproductive, et qui au grand dam de son gouverneur aurait transformé la capitale de l’Etat en une « ville sanctuaire de l’avortement ».
     

    Mr Greitens affirme que cette ordonnance interdisait des associations pro-vie (y compris des « pregnancy crisis centers » qui tentent de convaincre les femmes de ne pas avorter en se présentant comme des centres médicaux) d’engager des femmes « pro-vie ». Ces gens qui dirigent ces centres étaient selon eux discriminés pour leurs croyances religieuses. 

     

  • Si SB 5 est confirmée, les propriétaires et employeurs seront autorisés à demander à leurs employées ou locataires si elles utilisent des moyens de contraception ou ont déjà subi un avortement, et même si elles ont eu un enfant conçu hors mariage et à les virer (de leur logement ou de leur emploi) sur ces choix intimes et personnels ne correspondent par à leurs croyances religieuses.
    Heureusement pour les Missouriennes, le « Federal Pregnancy Discrimination Act » interdit toute discrimination contre les femmes qui ont déjà pratiqué un avortement, mais rien ne les protège contre la pilule.
  •  

  • NARAL, l’association pro-choice du Missouri a condamné « les efforts continus du gouverneur et de ses collègues du Grand Old Party pour restreindre l’accès des femmes aux soins de santé (…) une attaque scandaleuse contre les femmes et leurs familles ».
  •  

  • Cette discrimination repose sur le principe de liberté religieuse, qui offre à chacun le droit de punir celles ou ceux qui ne pensent pas ou qui ni ne croient de la même manière.
    Si les Républicains sont opposés à toute forme d’ingérence de l’Etat dans certaines sphères de la société – port d’arme, environnement, assurance santé – ils en sont friands dès qu’il s’agit du droit des femmes. 
  • « Women on birth control could be barred from working if Missouri lawmakers get their way » – Newsweek
    « Missouri is One Step Closer to Disqualifying You For Jobs Because You Take Brith Control » – Bustle

 

 


4. Le National Enquirer: Tabloid pro-Trump

 

 

  • Excellente enquête de Jeffrey Toobin dans le New Yorker sur le soutien inconditionnel de l’un des plus importants tabloïds américains envers Donald Trump et sa présidence
  •  

  • The National Enquirer est la revue star de America Media Inc. qui possède la plupart des tabloïds en vente à l’entrée de 200 000 caisses de supermarchés américains (The Star, Globe, Examiner, OK!) et dont le directeur général, David Pecker, ancien directeur de Hachette, est un ami de longue date de Trump.
     

    Les tabloïds de Pecker ont peu d’abonnés et quasiment aucune publicité. La plupart de leur revenue proviennent d’achats impulsifs en attendant son tour aux caisses.

     

  • The Enquirer, créé en 1926, avec une circulation hebdomadaire de 325 000 exemplaires – en déclin depuis les années 70 – a décidé pour la première fois de son histoire de soutenir un candidat à la présidence, Donald Trump: Une décision « personnelle » selon Mr Pecker qui vise aussi à satisfaire ses lecteurs, dont la plupart soutiennent le président.
     

    [Jeffrey Tobbin] lui a dit que critiquer Trump n’était pas la même chose que critiquer American Media.
    « Pour moi ça l’est » a répondu Pecker, « cet homme est l’un des amis ».

     

  • Depuis 2013, Pecker aimerait élargir America Media Inc. avec le rachat de Time Inc, qui possède Time magazine, People, et Fortune:

    A l’époque, il semblait improbable que le chef d’un empire de tabloïds de supermarchés devienne le propriétaire d’un des plus grands titres du journalisme américain. Mais l’idée que Pecker prenne la tête de Time Inc, comme celle de Trump président des Etats-Unis, est passé de ridicule à une éventualité (…)
    Il utiliserait ces magazines, et les journalistes qui y travaillent pour avancer les intérêts du président et attaquer ses adversaires.

  •  

  • « The National Inquirer’s fervor for Trump » – The New Yorker

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Des manifestants qui défilaient avec un drapeau aux couleurs des fiertés homosexuelles avec l’étoile de David dessus, lors de la « Dike March » de Chicago, ont été sommés de sortir du cortège « pour leur soutien contre le sionisme ». Ils étaient trois et ont réussi à faire parler d’eux un peu partout dans les journaux, souvent pour critiquer les organisateurs qui auraient affirmé au Wind City Times, un journal local de Chicago, que la marche était anti-sioniste et pro-palestinienne. Les drapeaux américains étaient semble-t-il eux aussi interdits. – Slate
  •  

  • Le juge Anthony Kennedy, 81 ans, dont 29 passés à la Cour Suprême des Etats-Unis pourrait annoncer sa retraite aujourd’hui, lors de la dernière séance de l’année à Washington, et si c’est le cas, offrir à la présidence de Donald Trump une influence extraordinaire sur la direction du pays.

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture de l’Independance Day américain, très belle cette année, avec « Bright Star » dessinée par Kadir Nelson dans le New Yorker

 

Le kiosque du 15.06.17: Atmosphère déplorable à D.C. – Le cauchemar de Trump – Mais où est l’AHCA? – « Meet the Goopies » – Melissa Meyer Out – « Uber-désastre »

 

1. »L’atmosphère déplorable doit cesser »

  • La fusillade d’un supporter de Bernie Sanders contre des Représentants républicains mercredi matin en Virginie est le résultat du climat délétère qui règne à Washington et dans le reste du pays depuis l’élection de Donald Trump.
    Pour le L.A.Times:
     

    L’attaque semble être la conséquence naturelle et anormale de l’animosité qui entoure aujourd’hui la polarisation de la vie politique.

     

  • Cet « attentat politique » a été condamné par l’ensemble de la classe politique, Bernie Sanders, le président, Paul Ryan, le « House Speaker » qui ont appelé à la solidarité et à l’unité du peuple américain. Les journalistes sont restés eux aussi très sobres, et les chaînes d’info ont fait du direct toute la journée.
  •  

  • Les médias sociaux se sont eux enflammés en lançant des rumeurs et des fake news sur l’attaque, certaines pour envenimer une situation déjà très tendue comme le rapporte Buzzfeed.
  •  

  • Fox News a immédiatement accusé les médias de gauche d’avoir « radicalisé » le forcené, et on pouvait même lire sur l’une des bannières diffusées en prime time  « VIOLENCE HORS DE CONTROLE DE LA GAUCHE ».
  •  

  • John Podhoretz du New York Post évoquait la violence de 1968 marquée par l’assassinat de Robert Kennedy et Martin Luther King:

    « Etait-ce un évènement isolé ou assiste-t-on à un autre été meurtrier – le signe d’une nouvelle forme de chaos avec la réminiscence effroyable de 1968? »

 


2. Le cauchemar de Trump se réalise

 

  • Selon le Washington Post, le procureur indépendant Bob Mueller, en charge de l’enquête sur les accusations d’ingérence russe durant les élections présidentielles de 2016, cherche désormais à déterminer si le président a tenté d’entraver la justice en virant le directeur du FBI après son refus de « laisser tomber » l’enquête.
  •  

  • A noter:
    • Lorsque Comey dirigeait cette « probe », il a rassuré à trois reprises le président que ce dernier ne faisait l’objet d’aucune enquête et ce serait toujours le cas si Trump n’avait pas décidé de renvoyer le directeur du FBI.
    •  

    • Le FBI a commencé à enquêter sur Trump avant même que Mueller soit nommé par l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein.
    •  

    • Bob Mueller croit davantage au témoignage de Mr Comey qu’aux accusations de mensonges lancées par Donald Trump et ses deux fils à l’encontre de l’ancien directeur du FBI.
    •  

    • Mueller va interroger lundi trois haut responsables du Renseignement (Daniel Coats, directeur du renseignement, Mike Rogers, directeur de l’Agence nationale de sécurité et son ancien adjoint, Richard Ledgett) pour savoir si Trump leur a demandé de convaincre Comey d’arrêter l’enquête.
    •  

    • Enfin Jared Kushner et Michael Flynn seraient dans le collimateur des enquêteurs pour d’éventuelles transactions financières frauduleuses.

 

  • L »avocat de Trump a qualifié cette énième fuite sur le président de « scandaleuse, inexcusable et illégale ».
    Le président a naturellement réagi ce matin sur Twitter:
     

 


3. Mais ou est passé la réforme de l’assurance santé de Trump?

 

(Images via Wikimedia Commons)

 

  • l’American Health Care Act, la réforme de l’assurance santé, censée abolir et remplacer Obamacare, est passée à la va-vite devant la Chambre des Représentants le 4 mai dernier, sans que la plupart des Représentants républicains qui ont voté pour ne l’aient lue, et sans attendre les conclusions du Bureau de la Gestion et du Budget (OMB) qui annoncé quelques jours plus tard que 23 millions d’Américains perdraient leur assurance ces dix prochaines années sous l’AHCA.
  •  

  • C’était la première grande victoire législative au forcing de Donald Trump qu’il a fêté à grands renforts de journalistes et caméras de télévision le jour même dans le Rose Garden de la Maison Blanche.
    Malheureusement pour lui, seulement 29% d’Américains soutiennent la réforme.
  •  

  • Cette loi moribonde est depuis un mois et demi aux mains de treize sénateurs républicains, « tous des hommes et blancs » qui la réarrangent à leur manière sans en discuter avec leurs collègues démocrates et certains républicains et sans en informer le public américain …. Ils se sont donnés jusqu’au 4 juillet pour la faire voter.
  •  

  • Coup de théâtre: Mardi, Donald Trump a critiqué une loi « mauvaise »  devant des sénateurs républicains et leur a demandé de proposer une version « plus généreuse » envers le peuple américain: Un revirement qui montre une fois de plus que le parti conservateur ne peut compter sur le soutien du président qui n’hésite pas à changer d’avis quand le vent tourne.
  •  

  • Les sénateurs républicains doivent gérer un cadeau empoisonné, qu’aucun Etat américain ne soutient, et qui pourrait bien leur faire perdre leur siège aux prochaines élections de mi-mandat en 2018
     

    [Le New York Times] s’est rendu compte que les Républicains ont créé une unité rare au sein des « blue » et « red states »: leur opposition à l’American Health Care Act.

 

 


4. « Meet the Goopies »

 

 

  • Goop, le blog/site internet/compagnie de Gwyneth Paltrow qui conseille les riches sur leur façon de vivre, de manger, de rire et de respirer est devenu ces dernières années l’un des sujets de moquerie préférés des médias et d’internet.
  •  

  • Samedi dernier avait lieu à Los Angeles, la première conférence « In Goop Health », une journée consacrée à la santé et au bien-être où cinq cent « Goopies » avaient payé entre 500 (ticket « Lapis »), 1000 (ticket « Améthiste » avec un cocktail offert)  et 1 500 dollars (ticket « Clear Quartz » et un drink avec Gwyneth) pour essayer (et acheter) les meilleurs produits et traitements offerts sur le site Goop.com: Une expérience censée inspirer ses lecteurs selon sa fondatrice.
  •  

  • Les invités ont pu participer à ses expériences pseudo-scientifiques (les bénéfices scientifiques de marcher pieds-nus appelés « earthing »), écouter les « protocoles révolutionnaires de guérison de son mentor », le Dr Habib Sadeghi, et pouvaient acheter ses produits originaux comme le « Jaded Egg », un oeuf vibrateur à insérer dans le vagin pour entretenir son élasticité  (65 dollars): Le New York Times rapporter les détails des séances de détente et de méditation toutes plus farfelues les unes que les autres mais qui semblent amuser, inspirer et ravir les dizaines de « Goopaholics » présentes. 
     
  • Le New York Post a été bien plus critiques envers ces « goopies » / groupies venues surtout approcher la star de cinéma et ses célèbres copines:  Cameron Diaz, Miranda Kerr, Tory Burch et Nicole Richie. 
  •  

  • L’évènement hippie-chic a en tout cas réussi son opération de communication puisque Fast Company, W magazine, The Guardian, The Washington Post, Jezebel, ou encore People en ont parlé cette semaine.

 


5. Melissa Meyer Out

 

 

  • Cinq ans après son arrivée à grand fracas à la tête de Yahoo, Marissa Meyer a annoncé sa démission de la compagnie, qui vient d’être rachetée par le géant de la téléphonie, Verizon, pour 4,5 milliards de dollars. Un départ par la petite porte qu’elle a annoncé sur le site de micro-blogging Tumblr, qu’elle a racheté en 2013 pour un milliard de dollars, aujourd’hui en lambeaux .
  •  

  • Selon Maya Kosoff de Vanity Fair:
     

    La position de Mayer était condamnée d’avance. On lui a donné une tache impossible – transformer une compagnie réputée pour être le portail internet des années 90 – et des objectifs irréalisables (…) Mayer était la sixième PDG de Yahoo en cinq ans.

     

  • Malgré des choix managériaux controversés (dépenser trois milliards de dollars en acquisitions, rémunérer un Chief Operating Officer 105 millions de dollars pour 18 mois de travail) et deux piratages qui ont affecté les comptes Yahoo de près d’un milliard de consommateurs, Melissa Mayer partira avec 186 millions de dollars de stock Yahoo.
  •  

  • « The Invitable Death of the Marissa Meyer Dream »Vanity Fair

 


Le reste de l’actualité

  • C’est Jonah Goldberg qui l’affirme dans la sérieuse et conservatrice National Review, Donald Trump a des chances d’être destitué si les Démocrates remportent les élections de mi-mandat en 2018National Review

 


6. Couverture du jour 

  • On en a parlé toute cette semaine: La débâcle de la start-up la plus chère au monde, Uber, évaluée à 68 milliards de dollars l’année dernière, dont la culture d’entreprise est jonchée de polémiques et scandales ces derniers mois, et dont le fondateur et directeur général, Travis Kalanick, 40 ans, l’un des plus détestés de la Silicon Valley va prendre un congé illimité.
  •  

  • Pour Time magazine, ce chaos devrait être une piqûre de rappel pour la Silicon Valley et les valeurs qu’elle défend:
     

    La technologie progresse tellement rapidement qu’elle va continuellement devancer la loi, le gouvernement et la capacité du public à comprendre toutes ses ramifications … Si le désastre de Uber doit prouver quelque chose, c’est qu’en l’absence de toute règles qui puissent les contrôler, les architectes de la nouvelle économie – et du nouveau monde – doivent se comporter avec davantage de responsabilité.

 

Le kiosque du 08.05.17: Assange – Trumpcare vs Femmes – Tomi ne lache rien – Texas attaque ses sanctuaires – Huffpo 2.0

 

 

  • Avec Trumpcare, être une femme va vous coûter cher

    Obamacare ou l’Affordable Care Act, le grand programme de Barack Obama, qui repose sur l’idée d’un accès universel aux soins quels que soient les antécédents médicaux des individus, représente le plus ambitieux projet de protection sociale que le pays ait connu depuis le New Deal.
     
    Pourtant, dès sa signature en 2010, les Républicains n’ont eu qu’une seule obsession, l’abroger et c’est ce que la Chambre de Représentants à commencer à faire jeudi dernier en votant de justesse l‘American Health Care Act, la loi qui remplacera Obamacare.
     
    Trumpcare enlève au gouvernement fédéral la responsabilité d’assurer les citoyens et la redonne aux entreprises privés qui pourront désormais offrir des assurances plus souples selon les besoins des individus, et fixer eux-mêmes le prix des cotisations, avec l’obligation d’assurer tout le monde quel que soit ses antécédents médicaux.
     
    La loi permet aussi aux Etats d’autoriser les compagnies d’assurance à pratiquer certaines exceptions, notamment celle de faire payer davantage les individus ayant des antécédents médicaux car ils sont potentiellement « à risques » et peuvent coûter plus cher – une option interdite sous Obamacare.
     
    Les premiers touchés devraient être les plus pauvres, les plus âgées et les femmes à qui certaines compagnies d’assurance pourraient désormais refuser les soins de grossesse, l’accouchement, et considérer comme une « pre-existing condition » les grossesses, césariennes, le cancer du sein ou harcèlement sexuel.

     
    Une autre provision de l’AHCA obligerait les femmes à retrouver un travail deux mois après l’accouchement sans quoi elles pourraient perdre leur assurance et risquer de payer une amende si elle devait en souscrire une autre.

    Un édito de la revue conservatrice, National Review, publié la semaine dernière s’étonne qu’on ne demande pas systématiquement aux femmes (dont les soins médicaux coûtent en moyenne un tiers de plus que ceux de la gent masculine) de payer davantage que les hommes.
     

    On peut défendre l’idée que les femmes n’ont pas à assumer seules le fardeau de leur dépenses de santé, du moins pas dans sa totalité. Mais on peut également avancer que les pauvres travailleurs du Bronx n’ont pas à payer pour le style de vie des multi-millionnaires des Hamptons sous prétexte qu’il faut satisfaire les défenseurs de l’égalité homme-femmes.
    Si les cotisations des femmes sont plus importantes que les hommes, ce n’est pas à cause des méchantes assurances mais c’est basée sur de la science des nombres et des statistiques.

     

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  • Le Texas, premier Etat contre les villes sanctuaires

    Breitbart se félicite d’une « loi historique » signée par le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui va durement pénaliser les forces de l’ordre locales qui n’appliqueraient pas les lois fédérales contre l’immigration. C’est le premier Etat à s’attaquer légalement contre les villes sanctuaires, ces refuges dans lesquels les autorités et la police protègent les immigrés en situation irrégulière, cibles du président Trump et du ministre de la justice, Jeff Sessions.
     
    Les policiers et shérifs locaux qui refuseront désormais de coopérer avec les agents de l’Immigration & Customs Enforcement, c’est-à-dire de leur remettre des personnes en situation irrégulière, sous le coup d’un mandat d’arrêt (« immigration detainer »), seront passibles de pénalités civiles et criminelles, y compris de la prison, et les villes sanctuaires passibles de fortes amendes.
     
    Les Démocrates texans ont critiqué la loi, qualifiée de « show me your papers » car elle autorise selon eux les agents fédéraux et policiers à contrôler le statut légal de n’importe quel individu, s’ils le soupçonnent d’être entré illégalement sur le territoire, sur des prétextes discriminatoires comme la couleur de peau ou un accent.
     

    Le gouverneur du Texas, Mr Abbott, s’est défendu de vouloir rendre son Etat plus sûr pour « les citoyens américains » qui ne sont pas visés par cette loi, contrairement à « ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire, qui ont commis des crimes violents, et qui font l’objet d’un mandat d’arrêt des services de l’immigration ».
     
    Il y aurait actuellement 1,5 millions d’immigrés en situation irrégulière au Texas, derrière la Californie, qui en possède le double, dont 80% sont nés au Mexique et habitent depuis au moins cinq ans et 40% d’entre eux sont propriétaires de leur logement: c’est un groupe important et très intégré dans la communauté.
     
    * « Sanctuary Cities subject to ‘stiffest penalties in America’, says Texas Governor » – Breibart
    * « Demographics of Texas’ undocumented population » – Houston Chronicle

 

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  • Pourquoi Julian Assange ne doit pas être jugé

    Le ministre de la justice Jeff Sessions veut poursuivre en justice Julian Assange pour la diffusion en 2010 de documents ultra-secret de l’armée américaine (les câbles diplomatiques de la guerre en Irak et en Afghanistan volés par le soldat Manning) et plus récemment ceux sur l’appareil d’espionnage numérique de la CIA. Son directeur, Mike Pompeo accuse Wikileaks d’avoir « poussé Manning à récupérer des informations confidentielles » pour déstabiliser les Etats-Unis et d’être un « service de renseignements non-étatique et hostile encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie ».
     
    Dans un éditorial publié dans le Washington Post début avril, Assange s’est défendu d’avoir les mêmes ambitions que le New York Times ou le Washington Post quand ils publient des révélations basées sur des informations confidentielles (surtout depuis l’élection de Donald Trump), celles d’informer le public, et que Wikileaks devrait être également protégée par la liberté d’expression garantie dans le Premier Amendement de la Constitution Américaine.
     
    Ce que réfute Mr Pompeo qui affirme que « Julian Assange ne bénéficie d’aucune liberté liée au Premier Amendement. Il est coincé dans une ambassade de Londres. Ce n’est pas un citoyen américain. »
     
    Hier, l’éditorialiste média du Washington Post, Margareth Sullivan, a pris fait et cause pour Julian Assange, ce weekend, non pas pour défendre sa personnalité (accusé de viol), ni ses actions (la publication de documents contenant des informations personnelles sur des individus et son ingérence dans les élections présidentielles américaines) mais pour la liberté de la presse en général.
     

    Tous ceux qui défendent la liberté de la presse aux Etats-Unis doivent comprendre ceci. Poursuivre en justice Julian Assange au nom de l’ « Espionnage Act » pour avoir publié des fuites – que le ministre Jeff Sessions considère comme une priorité – est dangereux.
    Ca pourrait une étape nouvelle vers ce que le président Trump menace de faire depuis longtemps: punir les médias indépendants aux Etats-Unis (…) C’est certes difficile à réaliser mais punir Assange irait dans cette direction. Et parce que les méthodes de Assange sont douteuses, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’une véritable menace.

     

    Donald Trump avait déclaré à plusieurs reprises son « amour » de Wikileaks lors de la campagne présidentielle lorsque l’organisation avait diffusé à parti d’octobre les emails piratés du directeur de campagne de Hillary Clinton, qui ont eu leur responsabilité dans la défaite de la candidate démocrate.

     
    * « The Goverment wants Julian Assange in jail. That could hurt the rest of us » – The Washington Post
    * « Julian Assange: Wikileaks has the same mission as The Post and the Times » – The Washington Post
    * « Sources: US prepares charges to seek arrest of Wikileaks’ Julian Assange » – CNN

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  • Le Huffington Post se modernise

    Nouveau logo plus moderne pour le site internet qui vient de fêter ses douze ans d’existence, dont une première année sans sa fondatrice, Ariana Huffington, remplacée Lydia Polgree, et qui selon Politico, souhaite transformer le « HuffPost » en « tabloid populaire de l’ère numérique ».
    Elle vient d’engager l’ancien rédacteur en chef du New York Daily News, Jim Rich, qui avait transformé le tabloid de gauche – rival du New York Post de Rupert Murdoch – en machine de guerre anti-Trump durant la campagne présidentielle et qui lui a d’ailleurs coûté son renvoi en novembre dernier, lorsque le candidat a été élu président.

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  • Tomi Lahren ne lâche rien

    A force d’être politiquement incorrecte, Tomi Lahren, porte drapeau des jeunes conservateurs en colère qui partageait ses opinions très controversées sur Black Lives Matter (le nouveau Ku Klux Klan) ou les médias mainstream (des libéraux déguisés en journalistes) sur le site du chouchou du Tea Party, Glenn Beck, a été virée de The Blaze il y a quelques semaines pour s’être prononcée en faveur … du droit à l’avortement. 
    Portrait très intéressant de la jeune star déchue qui compte bien rebondir dans Politico

    * « Tomi Lahren Will Not Shut Up » – Politico

Le kiosque du 07.05.17

 

  • Trumpcare: La chasse aux traîtres

    Le titre de l’article du site démocrate Daily Kos va droit au but:

     

    Vous voulez vous vengez contre les Représentants républicaines qui ont voté pour la destruction de l’assurance santé? Voici comment procéder

     

    Depuis le vote très controversé de l’American Health Care Act jeudi après midi avec une majorité de seulement quatre voix (217 contre 213), les Démocrates dénoncent la « trahison » des leurs confrères républicains qui ont voté pour une loi qu’ils n’ont même pas lu, qui ne ressemble en rien à la promesse faite par Donald Trump durant la campagne aux électeurs américains (Couverture universelle pour tous les Américains quels que soient leurs antécédents médicaux) et qui n’a eu pour but que de remporter une victoire électorale à la une de tous les quotidiens vendredi dernier.
     
    Trumpcare pourrait priver 24 millions d’Américains d’assurance maladie ces dix prochaines années (les plus âgés, pauvres ou malades) et 14 millions l’année prochaine.
     
    Les Démocrates s’attaquent aux Républicains les plus vulnérables, ceux dont les districts ont voté pour Hillary Clinton lors des élections présidentielles ou qui ont été élus de justesse et dont la réélection en novembre 2018 pourrait être problématique: Publicités dénonçant leur vote, appel à contribution pour soutenir le candidat démocrate.
     

     

    Il est trop tôt pour dire si les Républicains vont perdre le contrôle de la Chambre des Représentants – ou si Trumpcare va les affaiblir. La législation est certaine de changer au Sénat: Certains propositions controversées acceptées pour rallier la droite dure [les trente Représentants du Freedom Caucus] seront abandonnées ou modifiées.
    Le premier test qui mesurera l’impact politique de la législation est attendu aux prochaines élections de Représentants dans le Montana et en Géorgie où les Démocrates de récupérer des sièges républicains.

     
    Pour se défendre contre les assauts démocrates, American Action Network une super PAC conservatrice a investi deux millions de dollars dans la diffusion de publicités dans les districts où les Représentants républicains pourraient être affectés par le vote de l’American Health Care Act.
     

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  • Ces treize sénateurs qui réécrivent l’AHCA

    Après être passée devant la Chambre des Représentants, l’American Health Care Act doit être révisée par le Sénat bien plus modéré car sa majorité républicaine n’est pas l’otage d’un groupe d’extrême droite (le Freedom Caucus de la Chambre basse).
     

     
    Les révisions, qui devraient prendre plusieurs semaines, sont le travail de treize Sénateurs républicains, que des hommes blancs de plus de cinquante ans.
    Ni les femme et ni les minorités ne sont représentées alors qu’elles bénéficiaient avec Obamacare de nombreux services et remboursements (Planned Parenthood) qui ne seront plus obligatoire avec la reforme de l’assurance santé.

    Il existe également le problème très délicat des antécédents médicaux, laissés au libre arbitre des Etats qui imposeront ou non à leurs compagnies d’assurance de les intégrer dans les différents forfaits offerts aux citoyens: Là encore les femmes seraient les premières touchées puisque selon le Huffington Post, le viol pourrait être considéré comme une « pre-existing condition » au même titre que la dépression post-partum, l’accouchement, la césarienne ou encore le fait d’avoir subi des violences conjugales.
     
    La réponse de Mo Brooks, un Représentant d’Alabama, à la proposition inscrite dans l’American Health Care Act qui consiste à faire payer davantage ceux qui ont davantage de soins médicaux:

    Cela contribue à compenser tous ces coûts et réduire les cotisations de ceux qui mènent des « vies normales », qui sont en bonne santé et qui ont fait en sorte que leur corps restent sains. En ce moment, ce sont gens là qui ont pris les bonnes décisions les concernant qui voient leurs coûts augmenter.

     
    * « Under the New health Care Bill, Rape could be a pre-existing condition » Huffington Post

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  • « Gerrymandering » ou comment « voler les élections »

    Le « gerrymandering », la pratique du découpage électorale qui consiste à redessiner les frontières politiques d’un district pour donner à son parti un avantage sur l’adversaire a considérablement influencé la vie politique américaine ces dernières années et aidé les Républicains et Démocrates « à voler des élections ».
     

     
    Idéalement un découpage électoral traduit proportionnellement le rapport de force entre deux partis, mais il n’existe pas de représentation parfaite (exemple #1): soit le découpage électoral est « compact », géographiquement homogène, et injuste (exemple #2), soit il n’est ni compact, morcelé géographiquement, et injuste (exemple #3). Dans le dernier cas, un district majoritairement bleu ne peut avoir élu que des représentants rouges: C’est ce qu’on appelle « voler une élection ».

    Exemple: La Pennsylvanie ou les Démocrates ont remporté 51% des votes en n’obtenant que 5 des 18 sièges à la Chambre des Représentants. 

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  • La famille Kushner, en veux-tu en voilà

    One Journal Square – Kushner Companies

    La soeur de Jared Kushner, le mari d’Ivanka Trump et conseiller le plus proche du président, Nicole Kushner Meyer, qui travaille pour l’entreprise familiale de construction immobilière, Kushner Companies, a tenté de convaincre ce weekend à Pekin, une centaine de riches hommes d’affaires chinois d’investir 150 millions de dollars dans leur dernier projet de complexe immobilier, une tour de 79 étages estimée à un milliard de dollars, One Journal Square, située dans le New Jersey juste en face de Manhattan, en cours de construction.
     
    Selon le Washington Post, la contribution de 500 000 dollars demandé aux investisseurs chinois s’accompagne d’un visa d’entrepreneur, EB-5, qui leur permet d’aller vivre aux Etats-Unis et après quelques années d’obtenir une résidence permanente et pourquoi pas la citoyenneté.
    La brochure promotionnelle de l’évènement allait droit au but: « Investissez 500 000 dollars et immigrez aux Etats-Unis ».
     

    L’évènement souligne à quel point les intérêts privés de Kushner peuvent rentrer en conflit avec le rôle très important qu’il joue en tant que représentant de son beau-père à la Maison Blanche, particulièrement s’agissant de la Chine pour laquelle Kushner est devenu un relais diplomatique crucial entre Pékin et la nouvelle administration.

     
    Bloomberg News rapportait l’année dernière que Jared Kushner a déjà utilisé le visa d’investisseur comme argument de vente pour un autre projet immobilier et recueilli 50 millions de dollars.
    Certains journalistes, dont ceux du Washington Post ont été sommés hier de quitter la conférence pour ne pas « déstabiliser l’évènement ».
    Le visa EB-5 est considéré en Chine comme le « visa en or » par les élites économiques du pays, mais mal vu par le gouvernement qui dénonce les risques de fraude fiscale ou de blanchiment d’argent sale.
     
    * « In a Beijing Ballroom, Kushner family pushes $500 000 ‘investor visa’ to wealthy Chinese » – The Washington Post 

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  • Le New York Times en très bonne forme

    L’effet Trump ou le « Bump Trump » continue pour les médias, que ce soit les chaînes d’info, les Late Show (Stephen Colbert, Samantha Bee, Seth Meyers) ou encore les quotidiens, dont le New York Times qui a annoncé cette semaine plus 300 000 abonnés en ligne supplémentaires pour les trois premiers mois de l’année (pour un total de 2,2 millions): Le meilleur trimestre jamais réalisé par la Gray Lady, sachant que les deux précédents trimestres avaient également atteint des records.
    Au delà de l’effet Trump, Recode note le travail en amont depuis 2011 pour que ce soir les lecteurs et non pas les annonceurs qui payent pour leurs produits.
    Les revenus du quotidien qui provenaient majoritairement de la publicité (63% contre 27% pour les abonnements) à la fin des années 90, dépendent aujourd’hui de la contribution du lectorat.

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  • Gagnants et recalés du Congrès américain

    On a appris cette semaine que Alex Jones, le présentateur hystérique de Info Wars, un site d’extrême droite adepte des théories du complot et fervent supporter de Donald Trump avait reçu une accréditation permanente pour rentrer dans Capitol Hill, le Congrès américain, tout comme Lifezette, le site d’info de Laura Ingraham, figure des médias conservateurs, qui a diffusé des fake news sur Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle.
    Les recalés? Breitbart News épinglé pour sa relation avec la famille Mercer, actionnaire du groupe, très proche de Steve Bannon, son ancien président et l’un des plus importants donateurs de la campagne de Donald Trump l’année dernière. 
    Sputnik, le site d’information financé par le gouvernement russe, n’a pas non rempli les conditions pour obtenir le fameux pass car il est précisément le « représentant d’un Etat étranger ».
    Obtenir un « congressional credentials » est la garantie d’une légitimité dans le paysage médiatique de Washington et permet de demander l’accès à la Maison Blanche et à la Cour Suprême.

Le kiosque du 05.05.17: Trumpcare passe au forcing: Républicains damnés en 2018? ACLU mène la Résistance + Les « sad dads »

Happy Friday. C’est Cinco de Mayo, fête nationale mexicaine, aujourd’hui et il pleut des cordes à New York.
On s’intéresse au vote de l’American Health Care Act, prémices d’un retour en fanfare des Démocrates aux élections 2018 tant la loi est impopulaire, sauf pour le Wall Street Journal.
On s’intéresse également à l’ACLU qui est devenue le chef de la Résistance contre Trump et enfin à cette nouvelle tendance des « sad dads ».

Bon Weekend!

 

 

  • Un vote précipité et de justesse.

    L’American Health Care Act est passée de justesse hier à 217 voix contre 213 (tous les Démocrates et 20 votes républicains ont voté non) à la Chambre des Représentants du Congrès Américain.
    L’AHCA a été remaniée jusqu’à mercredi soir et le vote maintenu au lendemain après midi alors que certains Représentants n’ont même pas eu le temps de lire la proposition, sans attendre les conclusions du CBO (Congress Budget Office) sur son coût ou sur le nombre de personnes qui perdraient leur assurance maladie – le chiffre de 24 millions d’individus avancé lors de la première proposition abandonnée en mars devrait augmenter car la nouvelle loi a convaincu la frange la plus dure de la droite dure (le Freedom Caucus) opposée à toute aide de l’Etat en matière de santé.

    La loi retire aux Etats la responsabilité d’assurer à ses citoyens une couverture santé universelle sous l’autorité du gouvernement fédéral et redonne aux compagnies et aux marchés la liberté d’offrir leurs propres forfaits et de fixer eux mêmes les prix des cotisations – qui va entraîner selon les détracteurs de la loi une augmentation des prix pour les plus vulnérables: les plus âgés et malades ou ceux ayant des antécédents médicaux – interdite avec Obamacare.

    Les républicains pensent au contraire que la compétition va baisser les prix et inciter les jeunes en bonne santé à acheter une assurance.

    Voici les prix des cotisations annuelles que pourraient exiger les compagnies d’assurance pour une personne de 40 ans avec les antécédents médicaux suivants: 

    Center for American Progress

    27% des Américains ont des antécédents médicaux et les dix Etats les plus touchés par cette situation ont voté pour Trump l’année dernière: Parmi eux, la Virginie Occidentale (36% des habitants ont des antécédents médicaux), le Mississipi (34%), le Kentucky (33%), l’Alabama (33%) et le Tennessee (32%).

     

    * « How the GOP got a Health Care bill after Trump and Ryan step back » – The Washington Post

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  • Une « Blue Wave » en 2018?

    Le vote précipité de l’AHCA n’avait pour but que de « remplir la promesse électorale de Donald Trump et lui assurer une première victoire législative » sans aucun égard pour électeurs américains.
    Un pari électoral très risqué puisque Obamacare est populaire, surtout auprès des populations les plus pauvres, celles qui ont justement voté pour Donald Trump en novembre dernier.

    Selon une étude du Pew Research Center, 60% des Américains et 52% des Républicains à faible revenus pensent que l’Etat à la responsabilité d’assurer aujourd’hui ses citoyens.
    Seulement 17% des Américains sont favorables à l’AHCA.

    Les Représentants démocrates narguaient leurs confrères républicains hier après midi dans la Chambre en chantant « Na Na Na Na Hey Hey-ey Goodbye » pour leur signaler qu’ils ne seraient sans doute pas réélus à cause de cette loi lors des prochaines élections de mi-mandat de 2018.

    Nancy Pelosi, porte parole de la minorité démocrate affirmait hier:

    « Vous avez toutes les provisions de cette loi tatouées sur votre front. Vous allez briller dans la nuit avec »

     

    Nate Silver note que 85 Républicains seraient vulnérables lors du prochain scrutin à cause de Trumpcare et que les Démocrates pourraient bien remporter les cinquante sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Chambre des Représentants.

    Hier les Démocrates ont assisté à l’éventuelle destruction de l’une des plus importantes avancées sociales de l’histoire du pays mais comptent bien utiliser ce vote très impopulaire pour entamer la reconquête du Congrès américain.

    Par ailleurs la loi votée hier va être modifiée par le Sénat ces prochaines semaines, le temps pour le CBO de publier son rapport et la population de se mobiliser contre cette loi. Ce qui rend la célébration et le discours de Donald Trump dans le rose Garden de la Maison Blanche entouré de politiciens sexagénaires, blancs et millionnaires avait un goût assez amer.

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  • Auto-célébration à la Maison Blanche

    Carlos Barria / Reuters

    La plupart des médias s’accordaient hier sur l’immense erreur commise par les Républicains qui ont voulu prouver qu’ils formaient une majorité capable de gouverner en votant pour une loi à laquelle peu adhéraient – et que certains n’avaient pas lu.
    Le comité éditorial du New York Times parlait hier de « Trumpcare Disaster »: « Ni Mr Trump, ni Mr Ryan [porte parole de la majorité républicain à la Chambre des Représentants] n’avaient l’air gênés par le flot de critiques entourant leur loi », uniquement « préoccupés à satisfaire le Freedom Caucus, la frange la plus dure de leur parti ».

    Le Wall Street Journal tirait les mêmes conclusions mais dans une sens positif en se félicitant de voir les « Républicains franchir une première étape dans la satisfaction des promesses de campagne » et former une majorité capable de victoires législatives « malgré l’hostilité sans précédent des médias, des groupes d’intérêts et des Démocrates ».
    Le quotidien salue le travail du président « et sa capacité de persuasion ».

    * « Ending Obamacare. Part One » – The Wall Street Journal
    * « The Trumpcare Disater » – the New York Times
    * « Republicans didn’t like their health-care bill but voted for it anyway » – Washington Post

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  • Les « Sad Dads »

    Triple couvertures de Brad Pitt dans le dernier numéro de GQ Style

    L’actualité masculine de la semaine, c’est donc Brad Pitt en trois couvertures du dernier GQ Style, visiblement très amaigrie et très triste dans un photoshoot un peu glauque réalisé par le photographe new yorkais Ryan McGinley.
    Dans sa première interview depuis le départ à grand fracas de Angelina Jolie et ses enfants du domicile familial en septembre dernier, on assiste au mea culpa de Brad Pitt qui avoue avoir tout gâché parce qu’il picolait trop et aujourd’hui sur le chemin de la rédemption.
    D’où cet article très amusant du Daily Beast paru mercredi sur la nouvelle tendance déprimante de Hollywood: les « sad dads »

    Les Sad Dads sont la nouvelle tendance masculine tragique – qui commence à Hollywood et qui sera bientôt disponible dans votre vapostore ou studio de sculpture à côté de chez vous.
    Alors que le « dad bod » – celui qui a de la brioche par manque d’exercice – dit « on y va molo », le « sad dad » se demande même « pourquoi essayer? »
    On peut le voir enchaîné les cigarettes devant la maison de son ex en attendant de récupérer les enfants, embrasser des nouvelles passions et n’apparaître dans aucun film majeur cette année (…) Ils sont beaux, travaillent à moitié et ne vont pas bien.
    Soit ils sont trop fait la fête et ils ont arrêté l’alcool et la drogue au même moment.


    Parmi eux: Tobey MaGuire, Ben Affleck ou Brad Pitt qui nous offert des pépites de glauquerie dans GQ du genre « Qu’est ce qui vous réconforte ces derniers temps? »

    – Je me lève tous les matins et je fais un feu. Quand je vais me coucher, je fais un feu aussi – Ca me rend vivant »
    On vous laisse finir l’interview tout seul.

     


    * « Brad Pitt perfects Hollywood’s hot New Trend: Being a Sad Dad » – The Daily Beast
    * « Brad Pitt talks Divorce, Quitting Drinking, and Becoming a Better Man » – GQ Style

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  • ACLU Leader de la résistance
    Le premier réflexe de Anthony D. Romero, directeur de l’American Civic and Liberties Union, au lendemain de la victoire de Donald Trump était de lui écrire une lettre ouverte, publiée dans le New York Times reprenant les pires promesses de campagne:

[ACLU] a travaillé et a lutté tous les présidents américaines tout parti confondus pour assurer que le pays reste fidèle à sa nature de pays de la liberté (…) Si vous ne changez pas le cours et transformer ces promesses en réalité, il faudra combattre la force de frappe de ACLU à chaque étape.

Ces six derniers mois, ACLU est devenue le leader de la Résistance contre Donald Trump: A travers des actions légales (suspension à deux reprises de la Muslim Ban et de la suppression des subventions contre les villes sanctuaires), des requêtes invoquant le « Freedom Of Information Act » permettant d’obtenir légalement des documents appartenant à la nouvelle administration, et continue de se battre pour la défense des droits des femmes (avortement) ou ceux des transgenres (« bathroom bill »).
Jamais l’influence de cette association n’avait été aussi importante en 97 ans d’existence, à cause de la nouvelle donne politique et grâce au travail de Mr. Romero qui a réussi depuis 16 ans à doubler la taille et le budget de ACLU ces quinze dernières années: Le nombre d’adhérents (1,6 millions) a doublé depuis novembre et reçu près de 83 millions de dollars de donations, un tiers de son budget total annuel).
ACLU avait anticipé une éventuelle victoire de Trump et potassé tous les recours légaux et juridiques possibles contre ses propositions, certaines anti-constitutionnelles dans un memo qui « se lit aujourd’hui comme un manuel des cent premiers jours de Donald Trump ».
Romero considère ACLU comme le garant des libertés aux Etats-Unis et ses succès, un mélange d’anticipation, de rapidité et d’agilité avec un noyau d’avocats spécialisés et un réseau d’organisations et de bureaux actifs et vigilants et enfin des supporters bien plus impliqués qu’auparavant
* « How The ACLU Is Leading the Resistance » – The Fast Company

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  • Follow up

    * Corey Lewandowski, l’ancien manager de campagne de Trump qui a créé une compagnie de conseil installée en face de la Maison Blanche et proposait à ses clients du monde entier des « facetime » avec le président ou le vice-président et des rencontres avec les haut dignitaires de Washington vient de démissionner. – Politico

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  • Les unes des quotidiens:

    Exactement ce que voulait Trump qui a du se réjouir de voir sa sauterie du Rose Garden de la Maison Blanche à la une de tous les journaux américains ce matin.

27.03.17: A la une des quotidiens américains

 

 

  • Trump se tourne vers les Démocrates

    Après l’échec de l’American Health Care Act, provoqué entre autres par le refus de la droite dure de s’aligner derrière le parti républicain et le porte de la majorité à la Chambre de Représentants, Paul Ryan, Donald Trump pourrait se tourner dans le futur vers les Démocrates modérés pour tenter de construire une coalition mixte qui lui permette de commencer à faire passer son programme devant le Congrès.

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  • Les armes dans les campus

    La principale raison pour laquelle je soutiens le droit du port d’arme dans les campus, c’est que je suis autorisé à le porter quasiment partout dans l’Etat de Géorgie sans aucun problème, mais dès que je franchis une ligne imaginaire, je deviens soudainement trop dangereux pour me protéger moi-même,

    Alex Ward, un étudiant en droit de Georgia State University doit faire le trajet nocturne du campus de l’université, situé downtown Atlanta jusqu’au parking où il gare sa voiture sans la possibilité de porter une arme, interdit par l’université.
    Pour certains férus d’armes à feu, « un campus sans armes est un environnement dangereux pour les étudiants et pour la faculté » et porter une arme à leur bien être, mais dans un amphithéâtre ou une salle de classe – on ne compte plus les attaques qui ont lieu dans les établissements universitaires et scolaires ces dernières années dans le pays.

    Heureusement la plupart des 36 000 étudiants, professeurs et staff que compte Georgia State University sont contre l’autorisation du port d’arme, mais la pression des défenseurs du Second Amendement continue, malgré la décision du gouverneur de l’Etat, Nathan Deal, de mettre son veto contre la proposition de loi l’année dernière – qui autorisait également les armes dans les crèches. 
    La proposition doit être débattue à nouveau cette année mais pour les campus uniquement.

    Les chiffres
    Neuf Etats aux Etats-Unis permettent le port d’armes dans les universités (Texas, Colorado, Utah, Idaho, Wisconsin, Kansas, Mississippi, Oregon), 24 autres laissent le choix aux Universités de décider et 17 ont interdit les armes dans les campus

    * « Fate of Campus carry bill uncertain »The Atlanta Journal Constitution

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  • Ces femmes qui cumulent les préjugés dans l’Amérique de Trump

    Reportage sur ces mexicaines-américaines qui ont choisi de se convertir à l’Islam et qui représentent le groupe ethnique le plus dynamique de la communauté musulmane et mais symbolisent aussi les trois cibles privilégiées du président Trump: les femmes, les Mexicains et les Musulmans.
    Une situation difficile pour ces femmes « qui ne se sentent chez elles nulle part » et qui sont rejetées, même au sein même de leur propre communauté, notamment latino.

    « You never feel at home in either place »Los Angeles Times

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  • Une famille d’immigrés divisée sur Trump

    Ils sont Mexicains. Les parents ont émigré il y a plus de vingt ans aux Etats-Unis et ont voté Trump pour « préserver le rêve américain pour lequel lui et sa femme ont tellement travailler à construire une vie meilleure pour leurs enfants.
    Ils appartiennent à ces 28% de latinos qui ont voté pour le candidat républicain en novembre dernier, après une campagne au cours de laquelle il a promis de construire un « grand mur » le long de la frontière mexicaine.
    Une décision impensable les enfants, la seconde génération d’immigrés, née en Amérique, qui est choqué par les discours d’exclusion du président

    « Immigrants’s Family divided over Trump » –  San Francisco Chronicle

 

 

Le kiosque + Les unes – Dimanche 26 mars 2017

 

Aujourd’hui c’est dimanche, donc on a combiné les unes des quotidiens et notre revue de presse!
Bonne lecture

 

  • « 30 personnes qui contrôlent le gouvernement »

    C’est Donald Trump qui l’admet ce matin:
     

    Twitter / Donald Trump

     
    C’est le « Freedom Caucus », ces trente Représentants républicains de la droite dure, proche du Tea Party, qui sont responsables du retrait de l’American Health Care Act, après avoir annoncé qu’ils voteraient contre « Obamacare Lite » et malgré les concessions qui leur ont été accordées par le président à la dernière minute.

     
    Selon Mike Allen dans Axios, le président serait « très déçu du comportement du Freedom Caucus » et plus particulièrement de son chef, l’élu de Caroline du Nord, Mark Meadows, alors que certains Républicains s’alarment de constater, qu’au sein même de leur majorité, un « groupe de trente personnes arrive à contrôler le gouvernement ».
     

    La question aujourd’hui est de savoir s’il faut les attaquer directement, notamment dans leur district pour fragiliser leur position auprès de leurs électeurs ou en twittant comme Trump l’a fait ce matin:
    Mettre en avant la victoire des Démocrates après le sabotage organisé par le Freedom Caucus qui a permis Obamacare et Planned Parenthood de rester en place.

    Ou s’il faut essayer d’attirer quelques démocrates pour pouvoir s’assurer une majorité à l’Assemblée sur des « mesures importantes » comme le vote sur le budget ou celui sur les infrastructures – projet peut être plus réaliste que d’essayer de convaincre les « hard-liners » du Tea Party.

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  • Le monde selon Fox News

    Fox News est le réseau d’informations câblées le plus suivi depuis quinze ans, mais selon l’heure, les nouvelles qu’il présente à ses téléspectateurs, nombreux, fidèles et conservateurs peut être différentes de ce que les consommateurs d’autres médias apprennent (…) On a regardé Fox News de 6 heures du matin à minuit jeudi pour voir comment sa couverture différait de celle de ses rivaux, le jour où toutes les infos étaient dominées par le débat sur l’assurance santé au Congrès et l’attentat terroriste de Londres.

     
    Fox se singularise par les « histoires » et le « ton » qu’il choisit pour les raconter, par le soutien à peine caché au président Trump dans certaines émissions d’opinion, par les critiques à l’encontre des autres chaînes d’informations libérales.
    Le message de la journée: « Le monde peut être sombre et dangereux, surtout devant la menace terroriste de l’islamisme radical ».
    Il y a aussi les dangers de l’immigration révélées ce jour là par ce fais divers du Maryland, où une jeune fille de 14 ans affirme avoir été violée par deux autres lycéens, dont un immigré sans papiers.
     

    * « The Force that is Fox »The New York Times

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  • Ces autres victimes de l’immigration

    Lisa Larson Walker – Slate

     
    Reportage de Slate sur ces visas U, rares et donnés aux immigrés sans papiers victimes de crimes violents, notamment à ces femmes qui font face à des violences conjugales.
     
    « Le visa, voté en 2000, pour encourager les immigrés à dénoncer de dangereux criminels aux forces de l’ordre, est l’objet d’un relatif consensus au sein de la communauté très divisée des politiques d’immigration ».
     
    Selon le professeur de droit Leslye Orloff, la plupart des victimes continuent de travailler ou de vivre avec leur agresseur jusqu’à l’obtention de ce visa, et dans 25% des situations, l’agresseur tente de faire déporter la victime.

    Mais depuis que les forces de l’ordre ont été sommées par le président d’assumer également le rôle d’agents d’immigration, les immigrés en situation irrégulière réfléchissent à deux fois avant de contacter les autorités s’ils sont victimes ou témoins d’un crime, puisqu’ils sont aujourd’hui eux aussi des candidats à la déportation – qui contrairement a ce qu’a promis le président, touche les criminels, et ceux qui ont infractions mineures, et même ceux qui n’ont jamais eu à faire à la police. 
     
    * « I Wish I’d Never Called the Police » – Slate 

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  • Les shérifs, nouveaux agents la politique anti-immigration du président

    Pour appliquer au mieux une politique d’immigration agressive envers les immigrés en situation irrégulière, Donald Trump doit s’appuyer les forces de l’ordre des communautés locales, et notamment celles de police qui aujourd’hui peuvent avoir la double casquette d’agent de l’immigration.
     
    Si certaines villes « sanctuaires » refusent de se soumettre à ces directives – quitte à voir ses subventions fédérales gelées – d’autres ont décidé d’adhérer à cette démarche, notamment au Texas.
    18 shérifs ont imposé à leurs départements de conduire des recherches approfondies sur toutes les personnes arrêtés dans leurs juridiction et qui pourraient tomber sous le coup d’une déportation.
    Un travail important surtout pour un Etat qui partage des centaines de kilomètres de frontières avec le Mexique.

     
    * « 18 Texas Sheriffs step up to replace Harris County in Trump’s deportation push »Houston Chronicle

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  • Entre liberté d’expression et diffamation 

    Les actes de vandalisme à connotation raciste sont en augmentation un peu partout en Oregon, cet état au nord de la côte Ouest américain, ancien « paradis blanc » dont la Constitution a interdit jusqu’en 1926 la présence de résidents noirs, et qui a recensé le plus de membres du Ku Klux Klan par habitants au XXème siècle. »
     

    Ces voix se sont tues ces dernières années – jusqu’aux élections

    Au début du mois, un homme est entré dans un restaurant oriental de la capitale, Salem, en criant  » Rentrez dans votre pays, terroristes! » avant de tabasser un employé avec barre de fer.
     
    C’est l’expression la plus grave d’une série d’incidents, de discours de haines et de petits vandalisme qui ponctuent la vie du Beaver State (Etat du Castor) généralement réputé pour sa culture avant-gardiste et écolo incarné par la ville de Portland, berceau du mouvement hipster.

     
    La difficulté pour les autorités est de trouver la frontière entre liberté d’expression (le sacro-saint Premier Amendement) et l’infraction:

    Alors que les habitants se sentent dépourvus face à cette résurgence de haine dans leur voisinage, la police est coincée entre la pression de la communauté pour répondre à ces incidents et le devoir de séparer le discours de l’acte criminel 

     
    Non seulement l’article est très intéressant mais comme le sujet est polémique, Buzzfeed a rajouté à la fin de la lecture un encadré « Outside your Bubble. Other perspectives on this story » qui permet d’avoir le point de vue d’autres personnes, généralement contraire à la perspective donnée par le journaliste.
     

    Buzzfeed

     
    * « Once you create that place for hate, then it takes off » – Buzzfeed

 

25.03.17: A la une des quotidiens américains

 

 

  • L’échec de l’American Helth Care Act

    Le vote sur l’American Health Care Act n’a pas eu lieu hier après midi. Le président et le porte parole de la Chambre des Représentants ont décidé de retirer le projet, certains qu’ils n’auraient le soutien nécessaire dans leur propre majorité pour rassembler les 216 voix nécessaires à son passage.

    La perspective de Mike Allen dans Axios

    Il est difficile d’exagérer la magnitude de la défaite. Le président Trump, qui a fait de « l’abrogation et du remplacement » un thème central de sa campagne, et les parlementaires républicains, qui en on fait le thème central  de toutes leur campagne depuis 2010, ont échoué publiquement d’une manière humiliante alors qu’ils contrôlent toutes les branches du gouvernement et qui profitent d’une majorité rare à la Chambre des Réprésentants.

  • Une guerre civile au sein de parti républicain

    Le parti républicain a gagné les élections présidentielles, dispose d’une majorité à Chambre de Représentants et au Sénat mais reste très divisé sur des questions aussi importantes que le système de santé. 
    Le point de vue du New York Times:

    Le président Trump a provoqué beaucoup de remous mais la plus grande défaite de ces deux mois de présidence est le résultat d’une longue guerre civile au sein du parti républicain qui a donné une leçon d’humilité à beaucoup de leaders du parti avant lui. Le président rebelle qui pensait que les règles et répercussions politiques de Washington ne s’appliquent pas lui, vient justement d’en faire l’expérience.
    En stoppant l’abrogation de l’Affordable Care Act, la priorité du parti républicain ces sept dernières années, la droite dure de son parti s’est elle-même rebellé contre Mr Trump, et a remporté vendredi une victoire importante sur l’establishment du parti dont il est désormais en charge

  • A qui la faute? Ryancare

    En suivant l’agenda du Parti Républicain, incarné par Paul Ryan et Reince Priebus, son chef de cabinet, Trump a commis l’erreur stratégique de s’attaquer d’abord au sujet très épineux de la réforme de l’assurance maladie plutôt que de s’attaquer à des projets plus « faciles », comme la réforme du budget par exemple.
    Ce sont Ryan et Priebus qui sont aujourd’hui montrés du doigt même si Trump a tenu à réitérer hier après midi sa confiance envers le porte parole de la Chambre des Représentants – sachant qu’il doit préserver une majorité pour pouvoir mettre en place son programme.
    Selon le New York Times, Steve Bannon préparait vendredi soir une liste des « ennemis » républicains qui n’ont pas voulu suivre le président sur l’AHCA.

 

 

 

Le kiosque du 23 mars 2017

  • Trumpcare, c’est quite ou double

    La tension est assez à comble à Capitol Hill aujourd’hui où a lieu le vote de l’American Health Care Act, la fameuse réforme d’Obamacare, devant la Chambre des Représentants.
     
    « Même le plus intelligent et le expérimenté des commentateurs politiques est incapable de prédire si oui ou non cette proposition va remplacer l’Affordable Care Act.
     
    * La rébellion conservatrice incarnée par le House Freedom Caucus, proche du Tea Party, (les 29 « NO » sur le schéma ci-dessous), veut complètement éradiquer les derniers vestiges d’Obamacare et les plus populaires – dont l’obligation pour les assurances de prendre en charge les patients quels que soient leurs antécédents médicaux et la possibilité pour les jeunes de moins de 26 ans de rester sous l’assurance de leurs parents – devrait rencontrer le président ce matin et a prévu de voter contre l’AHDA si rien n’était modifié. 
     
    * Les 44 indécis et les 15 qui « penchent vers le non » sont eux plus modérés: ils réclament davantage de subventions de l’Etat pour aider les familles dans le besoin et veulent que l’extension de Medicaid qui bénéficie à des millions de défavorisés à travers le pays soit prolongée jusqu’en 2020 plutôt que 2018.
     
    La loi a besoin de 215 voix pour passer la Chambre de Représentants et aller ensuite affronter le Sénat.
     

    Selon le New York Times, voici les dernières estimations chez les Républicains:

     

    Tous les démocrates voteront non, mais comme l’un d’entre eux sera absent cet après midi seulement 22 républicains peuvent voter contre sans quoi la loi ne passera pas. 
     
    C’est un vote extrêmement important pour la crédibilité du nouveau président et de Paul Ryan, obsédé par cette abrogation depuis des années, mais à haut risques pour tous les Représentants qui y jouent leur siège aux prochaines élections.
     
    * Quels que soient les résultats, les Démocrates vont les utiliser politiquement: Si la loi ne passe pas, c’est la victoire d’Obamacare, et si elle passe, ils vont tout miser sur les répercussions de l’AHCA sur les personnes âgées et défavorisées.
     
    * Les très puissants frères Koch se sont eux engagés à soutenir, à travers leurs réseaux, les Républicains qui voteraient contre la proposition de Paul Ryan et Donald Trump.

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  • L’offensive des médias conservateurs contre des employés fédéraux

    « La bureaucratie fédérale comprend 2,6 millions d’employés permanents protégés par la Fonction Publique et quatre mille conseillers politiques.
    La plupart de ces bureaucrates participent activement au sabotage du programme du président Trump. 
    Les conseillers politiques peuvent être virés facilement par le président. C’est plus difficile pour les employés de la fonction publique

     
    C’est l’introduction d’un article de Breitbart publié il y a un mois avec une liste « des dix bureaucrates vestiges et loyalistes d’Obama que le président Trump peut soit virer directement ou transférer de leur positions actuelles » et un paragraphe consacré à chacun d’entre eux, dans lequel sont énoncées les raisons pour lesquelles ils devraient être demis de leurs fonctions.
     
    Quand on sait l’influence de Breitbart sur le président [les écoutes dont il a été l’objet par Obama sont directement inspirées par le site alt-right] et dont l’un des plus proches conseillers, Steve Bannon, en était le président il y a à peine six mois, ce genre d’article peut avoir des catastrophiques sur la carrière de ces fonctionnaires.
     
    La plupart des informations relayées par Breitbart et Conservative Review sont fausses ou biaisées, et les demandes de correction de la part des intéressés n’ont jamais été entendues.
     
    Comme le rapporte Politico, jamais les employés du gouvernement ont fait l’objet de telles attaques ciblées et personnalisées, alors qu’ils sont censés être « apolitiques » et généralement assez discrets.
     
    Les employés du Département d’Etat sont les plus menacés, notamment ceux qui ont travaillé sur le traité nucléaire avec l’Iran.
     
    L’un des journalistes responsable de cette chasse aux sorcières affirme « vouloir prévenir le peuple américain de la présence d’individus au sein du gouvernement qui ont soutenu des politiques dangereuses et destructrices contre notre présence à l’étranger ». 
     
    * « Federal Staffers panicked by conservative media attacks » – Nahal Toosi & Andrew Restuccia / Politico

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  • Cosmo: »Ivanka est une farce »

    Cosmopolitan n’a pas apprécié l’entrée officielle d’Ivanka Trump à la Maison Blanche, annoncée ce weekend, alors que la fille du président est partie pour une semaine de repos à Aspen avec son marie, ses frères et enfants.
    Le titre annonce la couleur: « Le job d’Ivanka Trump à la Maison Blanche est une insulte pour toutes les femmes qui travaillent » écrivait la journaliste Amanda Carpenter dans la rubrique Opinion mardi.

     

    Ce qu’elle fait? Personne ne sait.
    Ses Qualifications? Apparament, être la fille du président.
    Il y a un mot pour cela: le népotisme.
    Et tout ce qu’Ivanka a fait jusqu’ici pour se présenter comme un exemple de femme qui travaille devient une farce (…)
    Les conseillers de Trump vont dire que personne n’enfreint la loi sur le népotisme parce qu’elle ne touche aucun salaire et ne dispose d’aucun titre officiel – un symbole flagrant de privilège en lui-même

     
    Dans une administration qui s’est donnée pour mission de justifier chaque centime demandé au contribuable, la journaliste demande à ce qu’Ivanka justifie l’utilisation de ces ressources et de ne pas utiliser sa position pour promouvoir sa ligne de bijoux (elle l’a déjà fait dans 60 minutes), ni obtenir le titre « first lady » comme elle s’efforce maladroitement de le démentir.
     

    Ivanka continuera à prétendre qu’elle un exemple pour les femmes qui travaillent, en se félicitant de s’asseoir à la table des dignitaires étrangers (…). Qu’elle se souvienne qu’elle est assise là seulement parce que son « daddy » l’autorise.
    Ce n’est pas de la grande majorité des working women aux Etats-Unis et on ne devrait en aucun cas la féliciter.

     
    * « Ivanka Trump White House Gig Is an Insult to Working Women » – Amanda Carpenter –

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  • Les Conservateurs: Pourquoi il faut séparer l’Art et l’Etat

    De nombreux conservateurs se félicitent de certaines propositions du budget « America First » révélé la semaine dernière au public américain, dont celle de supprimer les subventions aux services culturels comme les chaînes publiques PBS ou la radio NPR sous prétexte qu’elles ne « parlent pas à la mère célibataire de Detroit ou à l’ouvrier en métallurgie de Virginie Occidentale ».
     
    Le concept de liberté, c’est celui d’un gouvernement limité à son minimum qui n’a rien à faire avec la culture, certainement pas la subventionner surtout qu’elle sert véhiculer la propagande gauchiste.
    Une conception à l’opposé de celle de la France et de la responsabilité de l’Etat envers la culture.

     
    Michael Tanner nous explique dans National Review que supprimer les subventions du Fond National pour les Arts ( National Endowment for Arts) c’est « séparer l’Art de l’Etat » et ça équivaut à la même revendication que la séparation de l’Eglise et l’Etat »:  « il n’est pas du ressort du gouvernement d’approuver ou désapprouver ce genre d’expression » surtout qu’ « il est plus difficile de dire la vérité au pouvoir quand c’est le pouvoir pays vos factures ».
     
    Des factures limitées puisque les subventions de la NEA sont seulement de 138 millions de dollars par an, contre 17 milliards chaque année offerts par la philanthropie privée.
    Le gouvernement fédéral, des Etats et localités contribuent à hauteur de seulement 4% du budget total.

     
    C’est pas fini!
    Et même si la NEA n’est autorisée qu’a subventionner des programmes et organisations « qui ont [de toutes façons] leur propres rigidités (…) ça ne veut pas dire qu’elle ne choisit pas selon des préjugés et notions préconçues. Même quand ses décisions ne reflètent aucune politique ou vision du monde particulière, elles sont déterminées par l’artiste en vogue. »

    Si on aime vraiment l’art, on devrait espérer que le gouvernement n’y touche pas

     

     

    * « Separate Art and State » – Michael Tanner / National Review

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  • « Un océan de désespoir » chez les classes ouvrières blanches américaines

    La maladie et les morts prématurés chez les classes ouvrières blanches pourraient être causées par le manque d’opportunités professionnelles pour les jeunes non-diplômés quand ils entrent dans le marché du travail, une situation qui s’aggrave à travers des dysfonctionnements familiaux, l’isolation sociale, la dépendance, l’obésité, et d’autres pathologies selon une étude publiée par deux économistes renommés.

     
    Cette étude montre que l’espérance de vie des ouvriers américains blancs diminue régulièrement depuis 1999, que ce soit chez les hommes et les femmes qui ont tendance à cumuler les désavantages, au niveau de la santé, des problèmes personnels et du chômage – et contrairement au reste de l’ensemble de la population.
     

    Au bout du compte, notre histoire est celle de l’effondrement de la classe ouvrière blanche, diplomée d’un simple baccalauréat qui a eu son apogée pendant les années soixante dix.

    Les deux scientifiques parle d’un « océan de désespoir » qui traverse les Etats-Unis et signalent notamment les répercussions qu’il exerce sur le corps: « Les gens veulent soulager la bête. ils le font à travers l’alcool, les drogues et la nourriture »
     
    * « New Research Identifies a sea of despair among White, Working Class Americans » – Joel Achenbach & Dan Keating / Washington Post
     
    * « Mortality and Morbidity in the 1s Century » – Anne Case & Sir Angus Deaton / Brrokings Institue
     
    * Ce superbe reportage photo paru dans le New Yorker l’année dernière: « I Feel Forgotten »: A Decade Struggle in Rural Ohio de Matt Eich

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