18.10.17

 

 

1. Nora, le petit ours polaire

 

 

Pour promouvoir leur série de reportages sur Nora, le petit ours polaire, abandonné par sa mère et élevé depuis deux ans dans le zoo de Portland, The Oregonian, le premier quotidien d’Oregon, a transformé sa une en un coloriage du petit animal destiné aux enfants.

A LIRE: La série de cinq parties sur « The Loniest Polar Bear »The Oregonian

 

 

 

2. Trumplandia

 

  • « Si tu es un parlementaire, ou juste un observateur à Washington, comment interpréter les propos du président quand il dit trois choses différentes en moins de six heures? » – Politico Playbook sur les revirements de Trump concernant la proposition jointe des Démocrates et Républicains visant à financer une partie des coûts d’Obamacare.
    Dernière minute: Il semblerait qu’après avoir approuvé l’accord, Trump lui retire son soutien.

 

  • « Après 12 jours de silence, puis une attaque contre Obama: Comment Trump a géré la mort de quatre soldats » – Le genre de polémique dont le président raffole, il n’avait pas appelé lundi les familles des quatre soldats morts au Niger dix jours plus tôt et a accusé les anciens présidents, dont son prédécesseur, de faire pareil. Il a même eu la délicatesse de mentionner la mort du fils de John Kelly, son chef de Cabinet, mort en Irak en 2011. – The Washington Post
    La polémique a empiré cet après midi après les propos « insultants » de Trump à la mère d’un des soldats tués: « De toutes façons, il savait à quoi s’attendre »

 

  • A force de discréditer et d’attaquer les médias, Trump réussit à convaincre de plus en plus d’Américains: Selon un sondage de Politico/Morning Consult Poll, 46% des électeurs pensent que les médias fabriquent les informations sur Trump et son administration. 37% pensent le contraire. Le reste ne sait pas.
    28% affirment que le gouvernement fédéral devrait être capable de suspendre l’autorisation de diffusion de certaines chaînes télé comme le président l’a suggéré. – Politico

 

 

3. Breitbart, « la machine de guerre »

 

  • L’enquête du journaliste de Buzzfeed News, Joseph Bernstein, sur le site Breitbart, révèle à travers une correspondance entre Steve Bannon, Milo Yiannopoulos et leur investisseur, la famille Mercer, comment le site « tolère » et « encourage » les voix « les plus haineuses et racistes de l’alt-right » pour qu’elles pénètrent l’espace public américain:
    On découvre l’obsession de Bannon pour cette « guerre » contre la pensée libérale, comment est-ce qu’il a poussé Yiannopoulos à des propos toujours plus incendiaires et utilisé les agents de sécurité de Mercer pour le protéger lors de sa tournée « The Dangerous Faggot Speaking Tour ».
    On apprend que Yiannopoulos a consulté des bloggeurs néo-nazis pour la préparation de son guide sur l’alt-right, qu’il n’a même pas écrit, ou encore que Rebekah Mercer a utilisé le site pour forcer Apple à héberger son application anti-Clinton, « Capitol HillAwry »

    L’article très documenté décrit également la nébuleuse que Yiannopoulos s’est créée sur internet auprès des trolls et autres racistes, dont les noms et prénoms sont révélés, qui apportent quotidiennement leur lots de théories, de tips, de nouvelles polémiques ou scandales qu’on peut retrouver le lendemain sur le site Breitbart.
    * « Alt-White: How The Breitbart Machine Laudered Racist Hate »Buzzfeed News

 

 

 

4. Une famille qui ne connait pas la crise

 

Buzzfeed

 

  • La famille Sackler, très respectée dans le cercle philanthropique américain, qui a donné des millions de dollars aux institutions les plus prestigieuses du monde en échange d’une salle (au Met et Guggenheim à New York, au Louvre à Paris, à la Royal Academy de Londres) ou d’un Institut universitaire (Cornell, Columbia, McGill, King’s College), n’a jamais commenté sur les origines de leur fortune estimée à 14 milliards de dollars:
    L’OxyContin.

 

  • L’anti-douleur le plus dangereux commercialisé en masse aux Etats-Unis à partir au milieu des années 90, à travers des campagnes publicitaires agressives et mensongères concernant les dangers de dépendance du médicament, et qui est à l’origine de la crise des opiacés dits « de synthèse » qui a fait plus de deux cent milles morts ces vingt dernières années.

    Les dirigeants de la famille ont remporté trois des plus succès commerciaux de l’époque moderne: Le premier est la vente de l’OxyContin, la seconde est la promotion de la famille Sackler et le troisième est d’avoir réussi que le public ne fasse jamais la connection entre le premier et le second.

    * « The Secretive Family Making Billions from the Opioid Crisis » – Esquire

 

 

 

5. On vit une époque formidable

 

  • Snapachat est le réseau social préféré des adolescents américains et la tendance s’intensifie chaque semestre: ils étaient 24% à utiliser la plateforme au printemps 2016 contre 23% et 15% pour Instagram et Facebook. Un an et demi plus tard, ils sont la moitié a préféré Snapchat à Instagram (24%) et Facebook (7%).
    A retenir: Facebook, c’est le réseau social des vieux, Instagram c’est pour les adultes qui ne savent pas se servir de Snapchat, et Snapchat c’est pour adolescents de 16 ans.
    Twitter, on ne sait pas trop…


    Les 173 millions d’utilisateurs quotidiens de Snapchat ont convaincu NBCUniversal de s’associer avec la compagnie mère, Snap, et de monter un studio à Hollywood qui sera dédié à la création de contenus originaux diffusés sur la plateforme et adaptés aux téléphones portables. – Variety

 

  • Le podcast du New York Times, « The Daily » cartonne depuis son lancement au début cette année avec 100 millions de téléchargement et une popularité qui croît de 34% depuis juin.
    Un véritable phénomène pour un rendez vous quotidien de plus de 20 minutes qui « devrait pousser les leaders des médias à penser le pouvoir révolutionnaire de l’audio numérique. – The Street

 

  • Slate vient de créer un blog dédié à la matinale préférée du président, « Fox and Friends », qui provoque souvent des déferlantes de tweets du président grâce à des sujets racoleurs et polémique – « Watching Fox » sur Slate

 

 

  • Qui a pensé une seconde que vendre un costume de Anne Frank sur internet pour Halloween était une bonne idée? Sérieusement. « Maintenant votre enfant peut être une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale » nous explique la description du produit qui a été très vite été retiré du site. – The Washington Post


 

  • Autre belle bourde du Scaramucci Post, le blog d’infos de feu-« The Mooch », Anthony Scaramucci qui a eu dix jours de gloire cet été comme directeur de la communication de la Maison Blanche: Un sondage demandant aux abonnés « combien de juifs avaient été tué durant l’Holocauste? » a été rapidement retiré et The Mooch s’est excusé. – Vanity Fair

 

6. La couverture du jour

 

  • Peter Bart, rédacteur en chef de Variety​, pendant 20 ans (1989-2009) est accusé d’avoir fermé les yeux sur les abus de son ami, Harvey Weinstein. Un silence qui a aidé le producteur à devenir l’un personnage les plus influents de Hollywood et Variety a devenir le magazine de référence de l’industrie du cinéma – The HuffPost

Le Kiosque du 01.08.17

 

1. Trumplandia: « He talked too Mooch »

 

 

  • L’arrivée du nouveau Chef de Cabinet, John Kelly, six mois comme Secrétaire de la Sécurité Intérieure, et quarante ans de carrière dans l’armée américaine a logiquement été marquée par le renvoi du directeur de la communication, Anthony Scaramucci, débarqué dix jours plutôt, et dont le bref passage à la Maison Blanche a provoqué la démission de Sean Spicer, de l’ancien directeur de cabinet, Reince Priebus, et offert l’une des interviews les plus extraordinaires qu’aucun représentant du gouvernement n’ai jamais donné.
     

    [Lundi après midi] Kelly a réuni ses conseillers dans son bureau et annoncé les nouvelles règles: Plus de transparence dans le travail. Un accès plus limité dans le bureau oval. Plus d’organisation. Davantage de briefings et d’informations donnés au président.
    Enfin que tous les membres de la Maison Blanche s’adressent directement à Kelly. – Politico

  •  

  • Les défis de John Kelly ces prochaines semaines:
    • Remettre de l’ordre à la Maison Blanche, attirer de nouveau talents, limiter les fuites de documents confidentiels, calmer les tensions entre différents clans et détourner l’attention des scandales impliquant la Russie, sur les réalisations et projets du gouvernement, et enfin, réussir à appliquer le programme du président
    • Pousser les membres de la famille Trump, Jared Kushner et Ivanka Trump en dehors du cabinet.
    • Calmer autant que possible les ardeurs du président, notamment sur Twitter – The Wall Street Journal

      Bottom Line: John Kelly n’a aucun intérêt à rester à ce poste si le président et ses conseillers ne suivent pas ses règles à la lettre – Si le président tweet et contredit son chef de cabinet, une autre crise est à prévoir à la Maison Blanche.

 

  • L’édito du jour:
    C’était « The Talk of Town » de la capitale hier: l’ouvrage du sénateur républicain d’Arizona, Jeff Flake, intitulé « La conscience d’un conservateur », dans lequel il dénonce l’attitude de son parti face à Donald Trump ».

    J’ai d’abord compris cette tendance au déni, comme la volonté de ne pas admettre que les dysfonctionnements du gouvernement des Etats-Unis aux plus hautes sphères du pouvoir, de la part de son propre parti.
    Michael Gerson, ancien conseiller de George W. Bush, écrit après quatre mois de présidence: « La pensée conservatrice, dans certains cas, est devenue malade » et les institutions conservatrices « avec la bénédiction du président ont abandonné les contraintes normales de la raison et de la compassion.
    Pour un conservateur, c’est difficile à avaler. – Politico

 

  • La révélation du jour –
    Selon le Washington Post, Donald Trump aurait lui-même rédigé la déclaration de son fils, à bord de Air Force One lors de son retour du G20 de Hambourg, face aux révélations de la rencontre entre Trump Jr et une avocate russe dans la Trump Tower en juin 2016: C’est le président qui a eu l’idée de dire qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les Etats-Unis et la Russie – Explications démenties par Donald Jr qui a admis avoir accepté le meeting pour recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton.Washington Post

 

  • Les remaniements au sein de la Maison Blanche ces 194 derniers jours

 

 


2. La Maison Blanche derrière la théorie conspirationniste 

 

  • Dernier rebondissement dans la mort tragique de Seth Rich, cet employé du parti démocrate assassiné à Washington l’été dernier, transformé par des trolls de l’alt right en théorie du complot: M. Rich aurait été tué après avoir volé des documents confidentiels du Comité National Démocrate qu’il a fourni à Wikileaks en pleine campagne présidentielle.
  •  

  • Fox News et son animateur star, Sean Hannity ont relancé la polémique au mois de mai, provoquant l’indignation des parents de Seth Rich qui ont appelé dans le Washington Post à ce que cesse toute récupération politique de la mort de leur enfant.
    Fox a retiré l’histoire de son site une semaine plus tard. 
  •  

  • Selon une plainte déposée par un ancien commentateur de Fox News, Rod Wheeler, contre la chaîne d’infos, récupérée par NPR et résumée par Axios:
     

    Fox News et Ed Butowsky , un généreux donateur du Parti Républicain, auraient fabriqué de toutes pièces une histoire selon laquelle le FBI avait la preuve que Seth Rich avait fourni des documents à Wikileaks (…)
    Le plaignant affirme que Donald Trump a lu plusieurs l’histoire avant qu’elle ne soit publiée sur Fox News -et que Sean Spicer aurait eu un meeting sur la question un mois avant à la Maison Blanche.

    * « Behind Fox News’ Baseless Seth Rich Story: The Untold Tale »NPR

 

 


3. Les crimes contre la nature de Scott Pruitt

 

  • Rolling Stone revient sur Scott Pruitt, le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, qu’il est en train détruire au service de l’industrie des énergies fossiles
     

    Il y a beaucoup d’autres raisons d’être effrayé par Pruitt.
    Il détruit la mission de l’EPA. Il soutient des politiques qui vont appauvrir les pauvres et enrichir les riches. Il place sa carrière politique au dessus de la santé de dizaines de milliers d’individus. Même si la qualité de l’air s’est améliorée dans beaucoup d’endroits dans le pays, la pollution provoque encore la mort prématurée de 200 000 personnes chaque année; une augmentation même minime de la pollution va entraîner plus de morts.
    « Il sacrifie la santé et le bien-être des enfants pour donner à l’industrie quelques années de plus sans régulations (…) Il est peut-être du mauvais côté de la science et de l’histoire mais étant donné la trajectoire post-factuelle de la politique américaine en ce moment, ca ne signifie qu’il n’aura pas de carrière [après l’EPA, il vise le poste de gouverneur d’Oklahoma]

    * « Scott Pruitt’s Crimes Against Nature » – Rolling Stone

 

 


4. Merci Hulk Hogan

 

  • Après avoir regardé l’excellent documentaire de Netflix, « Nobody Speaks », sur la bataille juridique entre Hulk Hogan et Peter Thiel et Gawker, on comprend la réticence de nombreux médias aujourd’hui à s’attaquer à la vie privée des stars, aussi « newsworthy » soit-elle. Margaret Sullivan nous explique le dernier exemple en date: Le chanteur R.Kelly, dont la carrière est jalonnée de scandales sexuels impliquant de jeunes mineures:
     

    Appelons ça l’effet Gawker.
    Après des mois sur cette histoire hallucinante de domination sexuelle et psychologique exercée par le chanteur de R&B R.Kelly sur des jeunes femmes, Jim DeRogatis, un vétéran de la critique rock de Chicago, a décidé qu’il était temps de la publier.
    Trois différents médias qui étaient intéressés se sont rétractés à la dernière minute. Après des mois d’enquête, ils ont tous tourné le dos à une histoire qui contenait pourtant le nom des sources et des documents qui décrivent comment des femmes étaient retenues dans une sorte de culte, à côté de Chicago et d’Atlanta, d’après les témoignages des parents et d’autres témoins.
    « Gawker est revenu dans beaucoup de conversations » affirme DeRogatis, en référence au site Gawker, provocateur et souvent déplacé, qui a du fermer ses portes à la suite du procès intenté par Terry Bollea, aussi connu sous le nom de Hulk Hogan. Le procès pour violation de la vie privée a été financée par Peter Thiel, un proche de Trump.

    * « That R.Kelly ‘cult’ story almost never ran. Thank Hulk Hogan for that »Washington Post

 


5. Manuels scolaires: Les parents s’en mêlent

 

  • Floride: Une nouvelle loi, « développée et défendue par Florida Citizens’ Alliance, un groupe conservateur qui a essayé en vain d’empêcher la Floride d’adhérer à un programme commun d’enseignement, autorise désormais « les parents, et tous les résidents, à questionner l’utilisation de manuels scolaires et matériel d’enseignement qu’ils considèrent comme inappropriés.
     

    Keith Flaugh [l’un des fondateurs de Florida Citizens’ Alliance], cadre de IBM à la retraite qui vit à Naples, en Floride, a une mission: « persuader le conseil des écoles de reconnaître … les ordures enseignées dans nos manuels scolaires (…)
    Flaugh a beaucoup d’objections concernant les livres utilisées par les étudiants de Floride. 
    l y a deux ans, les membres de l’alliance ont fait un « plongeon » dans une soixante de manuels scolaires.
    « Ils sont remplis d’endoctrinement politique, religieux, de révisionnisme historique, de distortions de nos valeurs et principes fondateurs, même une quantité importante de pornographie [« les cendres d’Angela » de Frank McCourt ou les écrits de l’écrivain Toni Morrisson]
    (…)
    Il pense que beaucoup de manuels sous estiment l’importance des libertés individuelles et soutiennent une dependance envers l’autorité fédérale, qu’il appelle « a nanny state mentality »

    * « New Florida Law Lets Residents Challenge School Textbooks » – NPR

 


6. Qu’est ce qui pourrait arrêter le New York Times et le Washington Post?

 

  • La campagne présidentielle et l’élection de Trump ont donné au New York Times et au Washington Post un rôle indispensable de défenseur la démocratie et de la liberté d’expression, et un contre pouvoir nécessaire face à une administration qui n’obéit à aucune règles, à aucun fait, et qui utilise le mensonge, la manipulation et la division comme mode de gouvernement. 
  •  

  • Mais le travail de sape du président, qui qualifie tout ceux qui osent le critiquer de fake news, et du mouvement alt-right qui a réussi à profondément diviser Démocrates et Républicains sur le rôle de la presse: Ils étaient respectivement 74% et 77% à la soutenir début 2016, aujourd’hui cette tendance s’est renforcée chez les Démocrates (89%) mais s’effondrée chez les Républicains (seulement 42%). 
     

    Le mal est fait. Quand le Times publie une page entière sur les « mensonges de Trump » – le résultat d’une recherche méticuleuse – on s’attend à ce que les opinions changent. Pas du tout. Trump obtient le même pourcentage d’opinion favorable, 38 % chez ses supporters. La question la plus inquiétante est de savoir si le Times ou le Post – où n’importe quel journal – vont pouvoir continuer à fonctionner avec ce niveau de qualité sachant que Trump et ses acolytes ont réussi à affaiblir les notions fondamentales du fait et de l’autorité qui fait que la vérité n’a plus d’importance. 

    * « Is the New York Times vs. the Washington post vs. Trump the last great newspaper war » – Vanity Fair

 


7. La couverture du jour

 

  • Jamais le métro new yorkais n’avait causé de problèmes à ses passagers et jamais le métro new yorkais n’avait été aussi cher. Ici l’illustration « Hell Train » de Bob Staake.

 

 

Le Kiosque du 28.07.17: « The Scaramucci Show »

 

1. Obamacare reste « the law of the land »

 

 

  • Cette nuit le sénateur McCain et deux collègues républicaines, Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski d’Alaska ont voté avec les 48 sénateurs démocrates contre le « skinny » Repeal d’Obamacare proposé par le chef de leur propre majorité, Mitch McConnell.
     

    Ce n’est pas la fin de la lutte autour de l’Affordable Care Act. C’est la fin de sept années de promesses des Républicaines qu’ils pourraient s’en débarrasser et recommencer à zéro.
    Ce n’est ni l’échec du président, ni celui de Mitch McConnell ou de Paul Ryan. C’est un échec collectif – car les Républicains ont eu sept pour décider ce qui remplacerait [Obamacare] et n’ont pas réussi à se mettre d’accord. – Axios

     

  • Vraisemblablement, Démocrates et Républicains devraient travailler ensemble pour « stabiliser les marchés de l’assurance » sans l’aide du président qui a répété cette nuit vouloir attendre que Obamacare s’effondre pour pouvoir agir.

 


2. The Anthony Scaramucci Show

 

 

Page d’accueil du Drudge Report hier après midi

 

  • Une semaine après avoir été pressenti comme directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci s’est donné comme principale mission de stopper par tous les moyens les fuites qui affaiblissent le président et son administration depuis six mois … quitte « à virer tout le monde ».
    Problème: « The Mooch » a une définition trèslarge du terme « fuite » et a accusé à tort certains membres du cabinet d’être à l’origine des révélations sur sa situation financière – information accessible à quiconque en fait l’autorisation.
    La paranoïa de Scaramucci est montée d’un cran mercredi.
  •  

  • Ce soir là, il a contacté un journaliste du New Yorker qui a révélé plus tôt qu’il avait dîné à la Maison Blanche avec le président et l’animateur de Fox News, Sean Hannity, pour savoir qui lui avait fourni l’information – ce que le reporter à bien entendu refuser de dire.
    Scaramucci a menacé de virer l’ensemble de son équipe pour tenter de soutirer l’information avant d’accuser directement le chef de cabinet, Reince Priebus, son ennemi juré, d’en être l’auteur:

    A partir de là, The Mooch est parti en vrille: Il pense Priebus était inquiet du dinner auquel il n’avait pas été invité.
    « Reince est un putain de schizophrène parano, c’est un paranoïaque,«  a affirmé Scaramucci (…)
    Scaramucci m’a aussi dit que, contrairement à d’autres membres du cabinet, il ne recherche pas l’attention des médias.
    « Je ne suis pas Steve Bannon, Je n’essaye pas de sucer ma propre bite », a-t-il dit en parlant du conseiller du président, « Je n’essaye pas de développer mon propre clan aux dépens de l’intégrité du président. Je suis ici pour servir le pays (…)
    Je dois y aller maintenant, je vais tweeter des horreurs pour essayer de le [Reince Priebus]  pousser à bout. « 

     

  • Les propos hallucinants de Scaramucci ont été défendus par … Sarah Sanders, la porte parole de la Maison Blanche, qui parlé de « langage coloré, parfois inapproprié » et Kellyanne Conway –  l’intéressé, plutôt que de s’excuser, a promis de continuer à se battre « passionnément » pour le président et a reconnu avoir « fait une erreur en faisant confiance à un journaliste ».

 

  • Pour The Daily Beast

    Le président se délecte des attaques de Scaramucci contre Priebus [qu’il accuse d’être responsable des nombreuses fuites de la Maison Blanche] – sur les chaînes de télévision, dans des tweets, dont certains ont été effacés – et est ravi de voir un membre de son cabinet s’enflammer autant contre des fuites qui l’irritent autant.



3. Les fuites vont continuer

 

  • Pour le consultant républicain Alex Conant interrogé par Politico, le langage grossier, vindicatif et menaçant de Scaramucci n’arrêtera pas les fuites:
     

    Partager illégalement d’informations en dehors d’une organisation va inévitablement la paralyser, ce qui va engendrer à davantage de dysfonctionnement et d’échecs. Le président a le droit d’être scandalisé par les fuites de la Maison Blanche.
    Mais essayer à tout prix d’identifier la taupe va créer d’autres taupes et d’autres fuites.

    La Maison Blanche ne fuit pas à cause de quelques personnes mal-intentionnées. C’est le manque d’unité au sein de l’équipe qui explique principalement les fuites. C’est d’ailleurs pourquoi les fuites concernent généralement les luttes internes à l’origine même de ces fuites.

    En affaires, les employés sont liés par l’objectif commun de maximiser les profits. Les organisations politiques n’ont pas cette finalité: les employés doivent s’unir autour d’une même vision et d’un même objectif.
    Pendant la campagne, Trump a réuni son équipe pour gagner une élection. Mais à la Maison Blanche, il n’a pas réussi à unifier cette équipe (et encore moins le peuple américain) autour d’un principe qui aille au-délà de la défense de sa seule réputation de président. Sans cet objectif commun, les clans sentent le besoin de balancer les uns sur les autres.

 


4. Dure semaine pour la communauté LGBT

 

  • Trump a voulu rassurer sa base électorale, après les critiques de nombreux médias et politiques de droite sur ses attaques contre Jeff Sessions, en utilisant la « guerre culturelle » contre à la communauté LGBT à qui il a « asséné trois coups en une seule journée »
     

    • La décision inattendue mercredi d’interdire toute activité de personnes transgenres dans l’armée américaine annoncée via Twitter a été prise, contrairement à ce qu’il a affirmé, sans consultation préalable des généraux et experts militaires – Vox
      * Les associations familiales et religieuses ont salué « la décision courageuse du président d’arrêter « d’utiliser nos militaires pour des expériences d’ingénierie sociale et au service du politiquement correct. – SPLC
      * Néanmoins, le Chef d’Etat-Major des armées, le général Joseph Dunford a affirmé hier qu’il n’appliquerait pas la mesure sans déclaration officielle du président. – Vox
    • Le département de Justice a déposé un mémo affirmant que le Civil Right Act de 1964 ne protège pas la communauté LGBT d’une discrimination à l’embauche – et pour offrir le droit aux patrons et entreprises de refuserer d’embaucher des personnes à cause de leur orientation sexuelle. – SPLC
    • Trump a annoncé mercredi qu’il nommait Sam Brownback, le gouverneur du Kansas et adversaire des droits des homosexuels, au poste d’ambassadeur de la liberté religieuse dans le monde – un département du Secrétariat d’Etat – qui vise à promouvoir la liberté religieuse comme partie de la politique étrangère – The New York Times

 

 


5. « Trump, le déloyal »

 

  • C’est l’une des contradictions du président: il exige une loyauté inconditionnelle, professionnelle et personnelle de ses proches, de sa famille, de ses associés mais lui en exempt, explique le magazine Politico:

    La vie de Donald Trump est une succession de trahisons.
    Son mentor et avocat Roy Cohn, qui a été le bras droit du sénateur [anti-communiste] McCarthy … Trump a beaucoup appris de lui, mais quand Cohn a contracté le Sida dans les années 80, Trump lui a tourné le dos, et engagé d’autres avocats. Lors de ses funérailles, Trump n’a prononcé aucun discours.
    Les ex-femmes de Trump pourraient sans doute dire la même chose si elles n’étaient pas retenues par un accord de confidentialité.
    Il a été particulièrement déloyal envers sa première femme, Ivana, la mère de Donald Jr, Ivanka et Eric. Lors de leur séparation, il a dit à un journaliste de Vanity Fair: « Quand un homme quitte sa femme, surtout quand il la quitte pour un autre coup – et un bon cul – la moitié de la population va préférer la femme délaissée.

    « Trump the Disloyalist: Why is anyone surprised by the president’s treatment of Jeff Sessions? »Politico magazine

 


6. Pourquoi les journalistes ne s’intéressent pas aux médias conservateurs?

 

L’expression de droite « Pajama Boy » vient de cette publicité sur Obamacare sortie en 2013

 

  • Poynter a interviewé Will Sommer, l’auteur de « Right Richter » la newsletter hebdomadaire consacrée aux médias conservateurs lancée il y a un peu plus d’un an pendant la campagne électorale par un féru des médias, qui travaille aujourd’hui pour le quotidien politique de Washington, The Hill, et notamment sur le manque d’intérêt des journalistes envers des médias conservateurs:
     

    Ils appellent cela la « clôture épistémique », l’idée que les médias conservateurs n’ont pas besoin de communiquer les autres médias [ils agissent en vase clos »] – ce qui est très intéressant. Par exemple, après l’agression de Greg Gianforte sur Ben Jacobs, un reporter du Montana – beaucoup de gens à la radio traitaient le reporter « « de pajama boy, Oh c’est un pajama boy! ».
    J’ai tweeté ça et je me suis rendu compte que les gens ne connaissaient pas cette expression qui caractérisent les jeunes hommes millenials et progressistes qui traînent en pijama [en référence à une publicité pour Obamacare diffusée en 2013].
    C’est un environnement culturel très marqué – et l’une des raisons pour lesquelles c’est aussi fascinant.

 

 

 


7. A regarder

  • Reportage de Vice News sur « cette femme qui paye les toxicomanes pour qu’elles n’aient pas d’enfants ».

Depuis 20 ans, Barbara Harris traverse le pays dans un camping-car pour promouvoir son association à but non lucratif auprès des alcooliques et toxicomanes.
Son organisation, Projet Prevention, paye celles et ceux qui ont des problèmes de drogue ou d’alcool $300 pour être fertilisés ou prendre des traitements contraceptifs à long terme, comme un implant ou un stérilet. Elle en a convaincu sept mille d’entre eux d’abandonner leur fertilité. Elle a créé Project Prevention après avoir adopté quatre enfants en quatre ans de la même mère toxicomane (…)
Elle reçoit jusqu’à un demi million de dollars de donations chaque année.

 

 

 

 


8. Couverture du Jour

 

  • Comment est-ce que Samsung a réussi à s’en sortir malgré le fiasco du Galaxy S7 et le scandale de corruption qui a ébranlé la compagnie en début d’année.

 

 


9. Le reste de l’actualité

 

  • La fertilité des Occidentaux n’est pas bonne: Selon une étude scientifique publiée cette semaine réalisée en Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle Zélande auprès de 43 000 individus, la concentration de sperme a baissé de 50% entre 1973 et 2011, soit 1,4% chaque année.
    Beaucoup de scientifiques réfutent les résultats de cette étude. – CNN

 

  • La MTA, Metropolitan Transport Authority, en charge du métro et bus new yorkais annoncé une série de réformes pour moderniser un système vieillissant qui prévoit davantage de wagons, l’allongement de la ligne C et le retrait de sièges dans certaines voitures pour laisser rentrer plus de monde – une aubaine pour les street dancers, de plus en plus nombreux à divertir les passagers. – New York Times

 

  • Victime de son succès: le premier épisode de la série Game of Thrones a été regardé illégalement en streaming 91 millions de fois. – Bloomberg Businessweek

 

  • Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, est devenu le temps d’un après midi l’homme le plus riche du monde, devant Bill Gates, avec une fortune qui a atteint pendant quelques heures 92 milliards de dollars avant de redescendre – CNBC

 

  • « What Happened », c’est le titre du récit très attendu de Hillary Clinton sur la pire défaite de sa carrière, sur la pire défaite des Démocrates, sur la pire défaite de l’Amérique: La victoire de Donald Trump.
    Le livre peut être commandé en avance sur Amazon pour $24,98 – la sortie officielle est prévue le 12 septembre prochain – où un court extrait est disponible:
    Dans le passé, pour les raisons que je vais essayez d’expliquer, je me suis souvent retenue en public, comme si je marchais sur un fil sans protection. Aujourd’hui j’ai décidé de tout dire.

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post