23.10.17

 

1. O’Really?!

 

 

 

    • Le présentateur star de Fox News, viré après les révélations du New York Times en avril dernier sur les 13 millions de dollars payés par la chaîne pour mettre fin aux accusations de harcèlement sexuel dont il a été l’objet à travers les années, a fait à nouveau la une du quotidien ce week-end, et pour toutes les mauvaises raisons: il aurait versé 32 millions de dollars à une ancienne collègue, Lis Wiehl, avant le renouvellement de son contrat avec la chaîne, au courant des faits, qui lui a offert 25 millions de dollars annuels sur quatre ans. L’intéressé a nié les faits qui lui sont reprochés, un « hit job » politique, mais pas le montant de la somme.

 

 

  • L’entourage de Bill O’Reilly crie encore une fois à un complot du New York Times pour l’empêcher de retrouver du boulot et ternir un peu plus sa réputation. Washington Post
    Megyn Kelly, ancienne journaliste star de Fox News, passée sur NBC au début de l’année, a réagi sur l’affaire ce matin – Politico

    La suggestion de O’Reilly que personnne ne s’est jamais plaint de son comportement est faux. Je le sais parce que je me suis moi-même plainte.


 

  • La vérité qui blesse de Olivier Darcy – Reliables Sources:

    Je me demande combien d’Américain ne trouveraient pas ça choquant. Il y a une part importante de la population qui ne regarde que Fox News, écoute la radio, et lit Breitbart. C’est peu probable qu’ils liront quelque chose sur Bill O’Reilly, mais si c’est le cas, je parie que ce sera favorable à l’ancienne star de Fox.
    « Le New York Times libéral s’en prend à O’Reilly et aux voix conservatrices ».
    C’est une réalité alternative dans laquelle trop de gens évoluent.

    ll n’y a aucune mention de Bill O’Reilly sur la page d’accueil de Fox News aujourd’hui, ni sur Breitbart.

 

 

 

2. TRUMPLANDIA

 

  • La stratégie du président qui discrédite quotidiennement les médias semble porter ses fruits puisque c’est la deuxième fois en une semaine que Trump cite un sondage de POLITICO/Morning Consult dans lequel 46% des électeurs pensent que les médias fabriquent des histoires sur lui.
    Non seulement c’est faux mais ni la Maison Blanche, ni les agences fédérales ne prennent le temps de répondre aux questions des journalistes préalables à la publication de leurs enquêtes. Exemple: La réponse cinglante de la porte parole de l’Agence de Protection de l’Environnement, devenue le lobby des industries polluantes ces derniers mois, sur un article paru en une du New York Times hier:

    Quelles que soient les informations données, vous n’écrirez jamais quelque chose de juste. La seule chose inappropriée et subjective, c’est votre fixation continue à écrire des pièces élitistes qui attaquent les professionnels engagés à servir leur pays

 

  •  Ce sont les questions des médias qui provoquent la réaction de la Maison Blanche, et souvent les mensonges et/ou polémiques du président. L’exemple des quatre soldats américains morts au Niger début octobre: Interrogé la semaine dernière en conférence de presse sur le silence de la Maison Blanche, Trump a répondu avoir écrit aux familles – faux, les lettres ont été envoyés après – et affirmé qu’aucun président n’avait jamais appelé les familles des victimes, provoquant plusieurs jours de controverses. Reliables Sources / Twitter

 

 

 

3. MATIERES A DEBAT

 

  • Sur l’activisme Google Doc:
     

    Depuis les élections, le partage du Google Doc est devenu l’une des étapes sur le chemin de l’action politique collective. Ces documents partagés sur internet sont parfaits pour collecter des ressources à un seul endroit rapidement et facilement, sans barrières, parce que c’est gratuit et facile à utiliser.
    Ils ont été utilisés pour vérifier les propos de Trump lors de son discours d’investiture, pour informer les électeurs sur les town halls locaux organisés par les parlementaires et pour rassembler des informations et donations destinés aux victimes des incendies en Californie.
    Le Google Doc permet aux participants de travailler ensemble quel que soit le fuseau horaire et aussi facile à mettre à jour.

    * « The Unexpected Power of Google-Doc Activism »New York magazine

 

  • « Shitty Men in media »: c’est le nom de la liste de 74 hommes accusés par des femmes journalistes d’être des « creep af in the DM’s », d’avoir commis des violences verbales ou physiques contre des femmes, qui a circulé pendant une journée sur un Google Doc avant d’être effacé pour des raisons légales. Buzzfeed

 

 

4. ANALYSE

  • Les Etats-Unis ont annoncé ce week-end avoir repris avec les armées kurdes et irakiennes la capitale de Daech, Raqqa, réduisant le territoire du groupe à celui de l’Etat de New York. Dans la foulée de cette victoire, le Washington Post a mis en garde Trump, qui a déjà évoqué la « transition vers une nouvelle phase », de ne pas répéter les mêmes erreurs commises par Barack Obama dans la région:

    M. Trump pense qu’il peux retirer les Etats-Unis d’Irak et de Syrie sans fragiliser les intérêts stratégiques [américains]. Si c’est le cas, il va faire a même erreur que le président Barack Obama. Choisir de ne pas défendre ses alliées ou promouvoir des nouveaux arrangements politiques pour les deux Etats arabes va entraîner d’autres conflits, la montée de nouvelles menaces terroristes, et la nécessité d’une nouvelle intervention des Etats-Unis

    * « Trump shouldn’t repeat Obama’s mistake in Iraq and Syria »The Washington Post

 

 

 

 

5. LONGFORM

 

Illustration by Ben Wiseman / New Yorker
  • Après Buzzfeed la semaine dernière, une autre excellente enquête de Patrick Radden Keefe sur la « famille qui a construit un empire de douleur », la richissime dynastie Sackler à la tête de Purdue Pharma, une compagnie pharmaceutique privée basée à Stamford dans le Connecticut, qui a développé l’anti-douleur OxyContin, commercialisé dans les années 90, qui a fait carton et généré 35 milliards de dollars de revenus pour la compagnie.
    C’est aussi l’un des narcotiques les plus puissants qui a rendu accro des centaines de milliers d’Américains et en partie de l’épidémie d’héroïne qui ravage actuellement le pays.

     
    * « The Family that Buil an Empire of Pain »The New Yorker

 

 

 

6. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Bill Browder, citoyen anglais et fervent critique de Vladimir Poutine, a été placé sur une liste Interpol ce week-end à la demande du président russe et s’est vu refuser son visa par les Etats-Unis. Browder est l’un des hommes forts du « Magnitsky Act » voté sous Obama, qui gèle les avoirs et le visa de Russes suspectés de violer les droits de l’homme. The Hill

 

  • Le blogger contre l’université.

    Je reconnais que ce que je fais est étrange: Ecrire sur une équipe dont tout le monde se fout dans le pays.


    Ancien journaliste de Politico, il habite à Chicago où il écrit exclusivement sur le département d’athlétisme de l’Université du Nouveau Mexique, l’Etat où il a grandi, et pas pour encenser les résultats des « Lobos », le surnom des joueurs de l’équipe de football américain, mais y dénoncer la corruption rampante du sport universitaire. Grâce à NM Fishbowl, son blog commencé en 2013, Daniel Libit, 34 ans est devenu la bête noire de l’établissement, de certains athlètes et de tous ses supporters. NM Fishbowl & The New York Times

 

  • Les avortements ont baissé de 25% aux Etats-Unis entre 2008 et 2014 selon un rapport de American Journal of Public Health grâce aux « améliorations concernant l’utilisation des moyens de contraception ». C’est pour ça que Trump a eu la bonne idée d’autoriser les entreprises à ne plus inclure leur remboursement si ça va à l’encontre de leur croyances religieuses.
    La moitié des femmes ayant subi un avortement aux Etats-Unis sont « pauvres »The Lily

 

  • Corée du Nord: Des photos prises par un touriste qui montrent la réalité du pays au delà des clichés de la capitale Pyongyang et des soldats qui se comportent normalement. C’est plutôt rassurant. Daily Mail

 

 

 

7. COUVERTURE DU JOUR – qui n’est jamais parue


 

  • Ca aurait du être la couverture du dernier Esquire consacrée aux supporters de Trump, 
    « The Pox Americana » qui rassemble le grandiose Steve Bannon, la richissime famille Mercer et les millions de « Déplorables » qui valident continuellement les excès et provocation du président.
     * « The Yahoo with the Microphone »Esquire

Le Kiosque du 26.06.17: AHCA – Un tabloid pro Trump – SF & les SDFs – Le Missouri réactionnaire

 

1. Assurance santé: Trump sur la défensive

 

 

  • L’actualité politique de cette semaine, c’est le passage de la réforme de l’assurance santé (« Repeal and Replace Obamacare ») devant le Sénat américain, rendue publique jeudi dernier et compte déjà cinq adversaires parmi les sénateurs républicains (qui disposent d’une majorité de 52 sièges au Sénat).
    Les treize sénateurs qui ont travaillé dessus pendant plusieurs semaines et dans le plus grand secret après son vote à la Chambre des Représentants sont ouverts à la négociation et espèrent rallier une majorité avant le 4 juillet prochain, fête de l’indépendance.
  •  

  • Trump leur mis a la pression ce week-end sur Twitter en affirmant à ses 32 millions d’abonnés qu’il « n’imaginait pas que les sénateurs républicains laissent le peuple américain souffrir plus longtemps d’un Obamacare en lambeaux. »
  •  

  • Mais le cas échéant, le groupe pro-Trump « America First Policies », formé par d’anciens associés de la campagne du candidat et de son colistier, pour promouvoir et faire passer le programme législatif du président, est prêt à dégainer pour plus d’un million de dollars de campagne publicitaire contre l’un d’entre eux, Dean Heller, sénateur du Nevada qui sera diffusé dans son propre Etat, s’il ne revient sur ses critiques formulées vendredi dernier contre l’American Health Care Act.
    Heller est dans une position vulnérable dans le Nevada qui a voté Hillary Clinton- The Hill

 

 

 


2. San Francisco n’arrive pas résoudre son problème de SDF

 

Couverture du San Francisco Chronicle – lundi 26 juin 2017

 

  • San Francisco a dépensé 275 millions de dollars entre juin 2016 et juin 2017 pour aider et loger les sans domicile fixe de la ville, 34 millions de dollars de plus que l’année précédente (juin 2015-16) et moins que les 305 millions de dollars prévus pour la prochaine année fiscale qui commence ce mois ci.
     

    Les équipes de nettoyage étaient plus occupées que jamais à ramasser près de 679 tonnes de poubelle dans les camps de sans-abri et près de cent mille seringues usagées.
    Mais malgré tout l’argent et l’effort, la réalité de la rue ne s’est pas vraiment améliorée et la situation à San Francisco n’a jamais été pire (…)
    Les plaintes des résidents contre les campements, les seringues et les excréments sont en augmentation.
    En 2016, il en a eu 22 608, cinq fois plus que l’année précédente.

  •  

  • San Francisco est aujourd’hui l’une des villes les plus chères du pays à cause de loyers très élevés et du coût de la vie quotidienne qui doit faire face à une population sans-abri, de plus en plus importante, et dont les campements font désormais partie du paysage urbain, au grand dam des habitants.
     

    La pauvreté est horrible pour ceux qui vivent dans la rue. Elle est aussi dérangeante pour ceux qui la contemplent à leur porte. Dans une ville aussi libérale et riche, le budget pour 2017-18 est de 10 milliards de dollars, pourquoi est-ce que tout amélioration semble impossible reste une question très frustrante.

 

San Francisco Chronicle

 

 

 


3. Le Missouri, l’Etat le plus réac’ d’Amérique?

 

Abort73.com est l’une des associations « pro life » américaines

 

  • C’est l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, l’un des plus religieux, des plus conservateurs et aujourd’hui l’un des plus réactionnaires à l’encontre du droit des femmes à disposer de leur corps:
     

    Le Sénat du Missouri considère une loi qui permettrait à tous les employeurs et propriétaires de s’attaquer aux femmes qui prennent la pilule ou avortent. La loi, soutenue par le gouverneur de l’Etat, Eric Greitens, a été votée par la Chambre des Représentants du Missouri mardi.

  •  

  • Appelée SB 5 (« Senate Bill 5 »), la loi est censée annuler une ordonnance passée par « les politiciens radicaux » de St Louis, qui interdisait toute discrimination liée aux choix en matière de santé sexuelle et reproductive, et qui au grand dam de son gouverneur aurait transformé la capitale de l’Etat en une « ville sanctuaire de l’avortement ».
     

    Mr Greitens affirme que cette ordonnance interdisait des associations pro-vie (y compris des « pregnancy crisis centers » qui tentent de convaincre les femmes de ne pas avorter en se présentant comme des centres médicaux) d’engager des femmes « pro-vie ». Ces gens qui dirigent ces centres étaient selon eux discriminés pour leurs croyances religieuses. 

     

  • Si SB 5 est confirmée, les propriétaires et employeurs seront autorisés à demander à leurs employées ou locataires si elles utilisent des moyens de contraception ou ont déjà subi un avortement, et même si elles ont eu un enfant conçu hors mariage et à les virer (de leur logement ou de leur emploi) sur ces choix intimes et personnels ne correspondent par à leurs croyances religieuses.
    Heureusement pour les Missouriennes, le « Federal Pregnancy Discrimination Act » interdit toute discrimination contre les femmes qui ont déjà pratiqué un avortement, mais rien ne les protège contre la pilule.
  •  

  • NARAL, l’association pro-choice du Missouri a condamné « les efforts continus du gouverneur et de ses collègues du Grand Old Party pour restreindre l’accès des femmes aux soins de santé (…) une attaque scandaleuse contre les femmes et leurs familles ».
  •  

  • Cette discrimination repose sur le principe de liberté religieuse, qui offre à chacun le droit de punir celles ou ceux qui ne pensent pas ou qui ni ne croient de la même manière.
    Si les Républicains sont opposés à toute forme d’ingérence de l’Etat dans certaines sphères de la société – port d’arme, environnement, assurance santé – ils en sont friands dès qu’il s’agit du droit des femmes. 
  • « Women on birth control could be barred from working if Missouri lawmakers get their way » – Newsweek
    « Missouri is One Step Closer to Disqualifying You For Jobs Because You Take Brith Control » – Bustle

 

 


4. Le National Enquirer: Tabloid pro-Trump

 

 

  • Excellente enquête de Jeffrey Toobin dans le New Yorker sur le soutien inconditionnel de l’un des plus importants tabloïds américains envers Donald Trump et sa présidence
  •  

  • The National Enquirer est la revue star de America Media Inc. qui possède la plupart des tabloïds en vente à l’entrée de 200 000 caisses de supermarchés américains (The Star, Globe, Examiner, OK!) et dont le directeur général, David Pecker, ancien directeur de Hachette, est un ami de longue date de Trump.
     

    Les tabloïds de Pecker ont peu d’abonnés et quasiment aucune publicité. La plupart de leur revenue proviennent d’achats impulsifs en attendant son tour aux caisses.

     

  • The Enquirer, créé en 1926, avec une circulation hebdomadaire de 325 000 exemplaires – en déclin depuis les années 70 – a décidé pour la première fois de son histoire de soutenir un candidat à la présidence, Donald Trump: Une décision « personnelle » selon Mr Pecker qui vise aussi à satisfaire ses lecteurs, dont la plupart soutiennent le président.
     

    [Jeffrey Tobbin] lui a dit que critiquer Trump n’était pas la même chose que critiquer American Media.
    « Pour moi ça l’est » a répondu Pecker, « cet homme est l’un des amis ».

     

  • Depuis 2013, Pecker aimerait élargir America Media Inc. avec le rachat de Time Inc, qui possède Time magazine, People, et Fortune:

    A l’époque, il semblait improbable que le chef d’un empire de tabloïds de supermarchés devienne le propriétaire d’un des plus grands titres du journalisme américain. Mais l’idée que Pecker prenne la tête de Time Inc, comme celle de Trump président des Etats-Unis, est passé de ridicule à une éventualité (…)
    Il utiliserait ces magazines, et les journalistes qui y travaillent pour avancer les intérêts du président et attaquer ses adversaires.

  •  

  • « The National Inquirer’s fervor for Trump » – The New Yorker

 

 


5. Le reste de l’actualité

  • Des manifestants qui défilaient avec un drapeau aux couleurs des fiertés homosexuelles avec l’étoile de David dessus, lors de la « Dike March » de Chicago, ont été sommés de sortir du cortège « pour leur soutien contre le sionisme ». Ils étaient trois et ont réussi à faire parler d’eux un peu partout dans les journaux, souvent pour critiquer les organisateurs qui auraient affirmé au Wind City Times, un journal local de Chicago, que la marche était anti-sioniste et pro-palestinienne. Les drapeaux américains étaient semble-t-il eux aussi interdits. – Slate
  •  

  • Le juge Anthony Kennedy, 81 ans, dont 29 passés à la Cour Suprême des Etats-Unis pourrait annoncer sa retraite aujourd’hui, lors de la dernière séance de l’année à Washington, et si c’est le cas, offrir à la présidence de Donald Trump une influence extraordinaire sur la direction du pays.

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture de l’Independance Day américain, très belle cette année, avec « Bright Star » dessinée par Kadir Nelson dans le New Yorker

 

Le kiosque de la semaine: Jan. 10-17, 2017

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Une sélections des meilleurs articles de la presse magazine américaine cette semaine

 

 

JUSTICE

  • The New Yorker

C’est la première fois qu’il retourne à New York depuis 1969, date à laquelle il a rencontré des activistes des Black Panthers dans le quartier Harlem, et une semaine avant une énième arrestation qui le conduira à passer quarante trois ans de sa vie en isolement dans la prison d’Etat de Louisiane, surnommée Angola, en référence aux pays d’Afrique qui fournissait des esclaves à l’ancienne plantation sur laquelle a été construit le pénitentier au début du vingtième siècle. 

Albert Woodfox en est sorti l’année dernière, en février 2016, trois ans après Herman wallace (quarante et un ans à l’isolement) et quinze ans après Robert King (vingt-neuf ans à l’isolement), trois prisonniers accusés à tort du meurtre d’un gardien de prison en 1972, et condamnés, sans preuve matérielle, à la prison à vie sans possibilité de sortie.
Depuis son arrivée en 1971 dans la prison « la plus dangereuse du Sud », Woodfox s’est toujours considéré comme un prisonnier politique: « Pas dans le sens d’avoir été jugé pour un crime politique mais celui d’être en prison à cause d’un système politique qui à faillit à l’intégrer en tant que citoyen et individu dans la société ».
Les trois condamnés n’ont eu aucun doute que le verdict convenu par un jury blanc, est une condamnation pour leur engagement politique auprès des Black Panthers, considéré par J. Edgar Hoover comme la « pire menace envers la sécurité interne du pays »

Aujourd’hui Albert Woodfox a retrouvé son meilleur ami, Robert King et d’anciens militants des Black Panthers. Il n’a encore aucune idée de ce qu’est la liberté, celle qu’on lui a renié à l’âge de 24 ans.

 

POLITIQUE

  • New York magazine 

Un portrait saisissant et un peu inquiétant de ce jeune businessman de trente cinq ans, fils du milliardaire Charles Kushner, qui a repris avec succès les affaires immobilières de la famille, lorsque son père a été envoyé en prison par Chris Christie, alors procureur du New Jersey – ce dernier été écarté de l’équipe de transition du président, malgré un ralliement précoce.

Jared Kushner est un fils de bonne famille, qui est passé par Harvard, après avoir donné des millions de dollars à l’université, et qui a plutôt réussi grâce à un sens des affaires, un goût du risque, un soif de revanche, et une furieuse envie de gagner. Des traits de caractère qu’il partage avec son beau-père qui en a fait l’un de ses plus proches conseilleurs, devenant immédiatement l’une des figures politiques les plus puissantes du pays.
La découverte d’une autre Amérique durant la campagne électorale l’a détourné de ses tendances libérales et progressives qu’il décrit désormais comme un symptome typiquement new yorkais, coupé de la réalité et du monde, c’est-à-dire, le coeur du pays. Son meilleur ami, c’est Steve Bannon, qui travaillait pour le site d’infos alt-right Breitbart, avec qui il partage une haine des élites, de la mondialisation et des belles idées.
Quand on lui parle des dérapages de son beau-père, il minimise les faits, et se dit « apolitique », et à l’air d’être plus confiant que jamais en-lui même et en la réussite de Donald Trump. A surveiller.

 ***

CULTURE

 

  • The New York Times magazine

    by By Taffy Brodesser-Akner

Andy Cohen, le roi de la télé-réalité sur la chaîne câblée Bravo et le créateur de l’empire des « Real Housewives », une émission de télé-réalité, créée en 2006 dans le très select Orange County, dans la foulée du succès la série originale de ABC, Desperate Housewives (2004-2012). La série a été déclinée avec plus ou moins de réussite à New York, Miami, Atlanta, New Jersey, Dallas et a offert la célébrité à la plupart de ses protagonistes … à un certain prix. « J’entretiens une relation d’affaires avec ces femmes » affirme Cohen, quarante-sept ans, lorsqu’on lui reproche le côté cynique et dramatique de l’émission qui tourne autour des relations entre ces mères de famille aisées qui ne travaillent pas.
C’est un féru de travail entre son émission quotidienne Watch Happened Live sur Bravo, son émission de radio, la promotion de ses bouquins, et la production des Real Housewives. Seul regret? Que son show ne soit pas considéré comme un Late Night Show à l’instar de James Corden, Stephen Colbert, Jimmy Fallon ou Trevor Noah.

**

  • Bloomberg Businessweek

    Il a beau s’appeler George Lucas et être prêt à investir un milliard et demi de dollars dans la construction d’un musée dédié à sa collection d’oeuvres d’art et cinq cent mille produits et objets souvenirs de la saga Star Wars (qu’il réfère à de « l’art narratif »), il n’arrive pas à trouver de villes qui veulent bien l’accepter.
    Le musée a été désigné par Ma Yansong et sa structure massive en forme de vaisseau aérodynamique blanc, tout droit sortie d’un film de science fiction n’a guère enchanté les critiques, ni les associations locales ou environnementales de Chicago, Los Angeles ou encore San Francisco.

    C’est très généreux de vouloir offrir un musée, encore faut-il que les habitant en veuillent et qu’il y ait de la place disponible. Une expérience qui a blessé l’ego du milliardaire mais qui aurait finalement trouvé un compromis dans la Bay Area. 

 

 

SOCIETE

  • New York magazine


    L’arrivée de Donald Trump au pouvoir pourrait remettre en cause le droit des femmes à contrôler leurs corps, un acquis, soutenu par 69% de la population du pays, que beaucoup d’Américaines pensaient irréversible, qui pourrait renvoyer le pays à l’âge de pierre à cause des positions extrêmistes de nombreux membres de l’administration Trump. Sans parler de la nomination du neuvième juge de la Cour Suprême du pays qui selon les promesses de campagne du président-élu devrait être un « pro-life ».

    New York magazine revient sur les attaques constantes des Etats les plus réactionnaires sur le droit à l’avortement, à la contraception et à la santé des femmes en règle générale. Une piqûre de rappel des disparités qui existent dans le pays entre les régions côtières démocrates et celles du Sud et du Midwest au niveau de l’offre des services privés et publics (les établissements hospitaliers, Planned Parenthood, les lois et les remboursements des soins)

 

  • The New York Times magazine

    by Greg Howard

    Le « Tokenism » est « une expression et une pratique » typiquement américaines apparues en réaction aux politiques anti-discriminatoires mises en place dans les soixante par le gouvernement américain: « les gens en ont conclut qu’il était plus facile de faire semblant d’inclure plutôt que de réellement inclure les femmes et les gens de couleur. Le raccourci a consisté à trouver une personne qui pourrait servir de remplaçant, dans une salle de classe ou le lieu de travail, pour signaler que tout le monde avait les mêmes chances – pas seulement quand c’était faux, mais justement parce que c’était faux et qu’il fallait le cacher. »

    Le cabinet de Donald Trump en est un parfait exemple. On lui a conseillé de placer des « tokens » çà et là pour contredire toute accusations de racisme ou de manque de diversité de sa future administration essentiellement masculine, blanche et chrétienne … et riche.
    « Les quelques femmes et gens de couleur [choisis] tendent à apparaître dans des rôles qui ressemblent plus à des après coups ou des stéréotypes »: Niki Haley ambassadeur des Nations Unies sans aucune expérience en politique étrangère mais dont les parents sont d’origine indienne, Ben Carson, l’un des chirurgiens les plus connus du pays qui va aller s’occuper du logement et des Housing Projects (HLMs)

 

ECONOMIE

  • Bloomberg Businessweek

Emirates Airlines est devenue ces dix dernières la compagnie aérienne la plus dynamique du marché mondial et de tous les records: le plus long trajet en avion (Dubai-Auckland: 14 200km), le gros acheteur de A380 (ils en possèdent actuellement 92 et devraient en recevoir cinquante autres), ont configuré un avion capable de transporter 615 passagers et prévoient la construction d’un nouvel aéroport, le Dubai World Central, de trente deux milliards de dollars capable d’accueillir 200 millions de voyageurs par an. Ils ont le meilleur service clientèle et possèdent la première classe la plus luxueuse du marché. Pourtant, la compagnie, gérée directement par la famille royale, a enregistré ses premières pertes cette année et les perspectives de croissance pour 2017 sont limitées. La raison? Des relations internationales qui sont en train de se crisper
Emirates Airlines s’est construite sur des ambitions mondialisées qui pourraient être remises en cause par la fermeture des frontières et le protectionisme économique défendu par le président-élu des Etats-Unis, qui représente le marché le plus important.

La presse américaine célèbre une victoire historique sur l’avortement

Page d'accueil du New York Times - 27 juin 2016
La Cour Suprême des Etats-Unis vient de rendre un verdict historique aujourd’hui en consolidant le droit à l’avortement aux Etats-Unis. Dans une décision que le New York Times considère comme la plus importante sur la question  depuis 1992, les restrictions arbirtraires imposées par létat du Texas sur les cliniques pratiquant l’avortement ont été jugées inconstutionnelles.

Si cette loi avait été approuvée, les cliniques de ce genre, il en existe 41 au Texas, auraient été réduites à 10 seulement dans un état qui compte plus de 27 millions d’habitants. Surtout ce verdict s’applique aux 26 autres états qui ont déjà voté des mesures restrictives similaires (Oklahoma, Kansas, Lousianne, Missouri, MIssissipi, Alabama and Missouri) ou partiellement à l’égard d’institutions médicales pratiquant des IVG.
Naturellement ce sont les Justices les plus progressistes, parmi lesquelles 3 femmes, Ruth Ginsburg, Sonia Sotomayor et Elena Kagan, qui ont permis à 5 votes contre 3 de préserver un droit de plus en plus contesté ces dernières années.

Comme le montre le graphique extrait de la page d’accueil du site internet du nytimes.com, les cliniques qui pratiquent l’avortement sont devenues rarissimes dans certains états, grâce à des lois techniques, qui rendent plus compliqué le maintien, le financement ou enocre la pratique de l’avortement.

Aujord’hui ces lois sont anti-constitionnelles et tous les états du pays devront s’adapter à cette nouvelle constitutionnalité.