13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

Le Kiosque du 14.06.17: Un massacre évité – Pression sur les annonceurs – Nul Sessions – L’étudiant US libéré – Uber 2.0?

 

Un massacre évité 

  • Steve Scalise, Représentant républicain de Louisiane et « majority whip » de la Chambre des Représentants depuis août 2014, a été blessé par balles ce matin dans un stade de Alexandria en Virginie, à quelques kilomètres de Washington D.C., alors qu’il s’entraînait avec d’autres parlementaires pour la veille The Congressional Baseball game for Charity prévu demain.
  • A 7h30 ce matin, James T. Hodgkinson, 66 ans, a ouvert le feu sur les joueurs, assistants sur le terrain de jeu et blessé cinq d’entre eux, dont Mr Scalise, qui est dans un état stable.
  • Le forcené a tiré une cinquantaine de fois avant d’être grièvement blessé par deux officiers de police qui accompagnaient les Parlementaires. Sans eux, des témoins affirment que « ça aurait été un massacre ».
  • Hodgkinson, originaire de Belleville dans l’Illinois, était un fervent supporter de Bernie Sanders et a travaillé comme bénévole lors de sa campagne l’année dernière. Il aurait attaqué les parlementaires ce matin parce qu’ils étaient Républicains et mentionné sur Twitter vouloir « détruire Trump & Co. »
  • Le très bruyant Donald Trump Jr a rapidement réagi en s’attaquant « aux élites libérales qui glorifient la mort de [son] père » tandis que Bernie Sanders a fermement condamné ces actes de violence, tout comme le président cet après midi.

    Twitter / Donald Trump Jr

 

 


Un Jeff Sessions aussi vague que remonté

  • Hier, devant la Commission du Renseignement du Sénat, le ministre de la Justice s’est défendu avec plus « de colère que de substance » sur son rôle pendant les élections présidentielles et ses discussions avec le président.
    • Il a qualifié de « mensonges effroyables et détestables » les accusations dont il a fait l’objet après les révélations du Washington Post sur ses deux rencontres avec l’ambassadeur russe pendant la campagne de 2016 qu’il avait passé sous silence lors de sa confirmation devant le Sénat quelques semaines plus tôt.

      Je n’ai jamais rencontré ni n’ai eu de conversations avec des représentants étrangers ou russes concernant quelconque ingérence dans une campagne [celle d’Hillary Clinton] ou dans les élections américaines.

    • Il n’a aucun souvenir de la teneur des discussions avec l’ambassadeur russe Sergueï Kislyack.
    • Il s’est récusé au début du mois de mars de toute enquête en cours ou à venir sur les élections présidentielles de 2016 mais « ça ne l’empêche pas de défendre son honneur contre des accusations erronées et ignobles. »
    • Il a refusé de discuter des conversations qu’il aurait pu avoir avec le président concernant l’enquête sur la Russie et sur le renvoi du directeur du FBI, James Comey car ces informations peuvent être considérées comme l’executive privilege du président – le droit de ne pas répondre à certaines questions posées par les branches judiciaires et législatives.

      Conformément à la tradition du Département de Justice, je ne peux et ne violerait pas mon devoir qui est de protéger les conversations confidentielles que j’ai eu avec le président.

La lettre de Jeff Sessions dans laquelle il se dessaisit de toute enquête qui touche aux élections présidentielles de 2016
  • Kamala Harris, sénatrice démocrate de Californie, a été l’unedes plus agressives et directes envers Jeff Sessions qu’elle a rendu « nerveux » à tel point que ses collègues l’ont interrompu pour venir à la rescousse de l’Attorney General.
  • Kamala Harris a déjà été interrompue la semaine dernière lors de l’audition de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein.
  • C’est une figure du parti démocrate qui pourrait bien être l’un des espoirs des présidentielles 2020.

 


Corée du Nord: Un étudiant américain libéré après 17 mois

  • Otto Warmbier, un étudiant de l’Université de Virginie, est devenu « l’homme le plus malchanceux au monde » en janvier 2016 lorsqu’il a été arrêté par les autorités nord-coréennes lors d’un « New Year’s Party Tour » en Corée du Nord organisé un tour opérateur spécialisé dans les régions à risques.
  • Accusé d’avoir volé une affiche de propagande officielle, il a été reconnu coupable d’acte hostile à l’encontre de la RPDC [La République populaire démocratique de Corée], et condamné en mars 2016 à quinze ans de travaux forcés et détenu dans une prison tenue secrète depuis. Time magazine s’est demandé il y a un mois et demi si les Etats-Unis ne l’avaient oublié?
  • Après 17 mois passés dans le pays le plus fermé de la planète, très hostile aux Etats-Unis, Otto Warmbier a été libéré et rapatrié à Cincinnati hier, où il est actuellement hospitalisé, accompagné par ses parents.
  • Un agent du Département d’Etat attaché à la Corée du Nord, Joseph Yun, aurait appris de l’ambassadeur nord-coréen des Nations Unies à New York que Warmbier était dans le coma depuis des mois. Après avoir consulté Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat et le président, il se serait rendu lundi en Corée du Nord pour rencontrer l’étudiant et aurait demandé sa libération immédiate qui a eu lieu mardi matin.
  • Les autorités nord-coréennes affirment qu’il serait atteint de botulisme, une maladie paralytique rare qu’il aurait contracté en prison
  • « University of Virginia student Otto Warmbier said to be in a coma, released from North Korea » – Washington Post

 


Uber sans Travis Kalanick

  • Eric Holder, ancien Attorney General du président Obama, vient de rendre son rapport commandé en février dernier par Uber pour identifier les problèmes de sa culture d’entreprise (harcèlement sexuel, sexisme, intimidation, discrimination) et apporter des recommandations, toutes adoptées par le conseil d’administration:

    • Création d’un système d’enregistrement des plaintes 
    • Réduire la présence d’alcool dans les compagnies
    • Créer un conseil des employés 
    • Mettre en place le recrutement à l’aveugle – pour éviter les discriminations
  • Le fondateur et dirigeant de Uber, le très controversé Travis Kalanick par lui en congé illimité après le décès accidentel de sa mère fin mai mais aussi à cause des polémiques dont il fait l’objet depuis des mois. Il reviendra avec des responsabilités moins importantes au sein de sa compagnie évaluée à 68 milliards de dollars.
  • Le conseil d’administration doit entre temps nommer un Chief Operating Officer pour diriger la compagnie et Mr Kalanick a affirmé dans une lettre adressé à ses employés qu’il serait disponible pour les décisions les plus stratégiques

 


Boycott ou pas Boycott?

  • Depuis la victoire de Trump, « pro » et « anti » utilisent toutes les plate-formes possibles pour se battre et débattre: les réseaux sociaux, les médias, les supermarchés, la rue, les universités et attendent le même dévouement des annonceurs qui sont boycottés ou sont appelés à boycotter des évènements, des émissions, des produits:
    • En novembre dernier, un compte Twitter, Sleeping Giant, dénonce les marques qui apparaissent sur le site Breitbart. Un mois plus tard, le géant alimentaire Kellogg’s décide de ne plus promouvoir ses produits le site alt-right Breitbart qui a répondu en appelant ses lecteurs à boycotter la marque. La bataille des boycotts commence
    • La semaine dernière, la pièce de Shakespeare, Jules Cesar, produite par « Shakespeare in the Park » et jouée dans Central Park, qui représente l’empereur romain sous les traits du président a perdu plusieurs sponsors, dont Delta Air Lines et Bank of America
    • Lundi, c’était Megyn Kelly et sa nouvelle émission sur NBC News que les internautes appelaient au boycott parce qu’elle a interviewé Alex Jones, conspirationniste et fervent supporter de Trump, entendu par JP Morgan Chase.
  • Comme l’explique le New York Times, les marques font face à une pression quotidienne des consommateurs, téléspectateurs et internautes sur ce qu’elles choisissent de sponsoriser, qui peut s’apparenter à une sorte de censure, fragiliser la liberté d’expression et la démocratie en général.
  • David Ng dans le L.A.Times note que « dans un paysage médiatique hyper-polarisé, les compagnies qui se considéraient comme apolitiques se rendent compte que leur publicités et promotions suscitent des polémiques par le simple fait qu’elles apparaissent sur tel ou tel support. »

 


Kate McKinnon en couverture Elle

On en parle depuis les débuts du Kiosque, on l’adore!

Elle magazine – Juillet 2017

Le kiosque du 23.04.17: Démocrates contre l’avortement – Emeutes de L.A, 25 ans plus tard – Jason Chaffetz & Sheri Few – « The Keepers » sur Netflix

 

 

  • Les émeutes de Los Angeles, 25 ans après

    Le feu brûle autour de lui et il continue de s’énerver.
    La casquette à l’envers il crie dans le chaos ambiant, ne sachant pas si quelqu’un l’écoute. Il se rappelle toujours tendre le bras vers les bureaux de la police de Los Angeles, comme un général qui commande ses troupes.
    Il se rappelle l’ordre qu’il a donné.
    « Allez brûler le putain de bâtiment ».
    Il portait un T-shirt avec le symbole de la paix. Un T-shit comme un autre.
    Mais la juxtaposition – un afro-américain furieux qui manifeste avec le symbole de la paix – a capté l’attention des photographes et caméras.
    Son image a été prise et diffusée partout dans le monde. Il a fait la couverture de Newsweek avec le titre « la colère et la fureur ». Les caméras de CNN l’ont suivi alors qu’il provoquait et menaçait la police de Los Angeles.
    C’était il y a 25 ans, le 29 avril 1992, il est devenu l’icône des émeutes de Los Angeles.
    Cette nuit là il affirmait ne pas avoir peur de mourir.
    Marc Craig, le visage de la colère, avait 23 ans.

    Le jeune Marc n’est pas du tout ce que les médias ont dépeint de lui à l’époque. Issu de la classe moyenne, il a quitté la Navy peu avant le passage à tabac de Rodney King en mars 1991 qui ont déclenché les émeutes de Los Angeles qui ont fait 55 morts, plus de 2 000 blessés et pour lesquelles la garde nationale avait été réquisitionnée.

***

  • Le Bilan des premiers cent jours de Donald Trump (Axios)

    Succès
    * La nomination du juge Neil Gorsuch
    * Les décrets présidentiels et changements de régulation en faveur des entreprises sur fond d’économie en bonne forme et d’un chômage qui baisse.
    * Encourager les P.D-Gs à penser plus systématiquement à privilégier les « emplois américains »
    * Opération Normal I: Mettre en place des équipes performantes à la Sécurité Nationale et à l’économie
    * Operation Normal II: Un conseil national de sécurité post-Flynn (viré pour avoir menti sur ses relations avec les Russes) qui a pris des décisions en accord avec le « mainstream » politique des Républicains, à savoir les frappes syriennes, le soutien à l’OTAN et la visite du président chinois.

    Echecs
    * Aucune nouvelle loi: Malgré un contrôle total de Washington (Présidence, Chambre des Représentants et Sénat), l’administration n’a pas réussi à faire passer l’American Health Care Act (Trumpcare)
    * Une Maison Blanche encore bancale: Même si Donald Trump assure que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à la Maison Blanche, les rivalités entre les nationalistes menés par Steve Bannon et les modérés représentés par son gendre, Jared Kushner ont fragilisé la nouvelle administration
    * Aucune doctrine domestique ni internationale. 
    * Les mêmes mauvaises habitudes de campagne: ses tweets avant tout, revanchard, insultant, mesquin.

     

***

 

  • Peut-on être démocrate et contre l’avortement

    Branle bas de combat dans la tournée « Unity Tour » du parti démocrate qui sillonne le pays avec Bernie Sanders, un indépendant et s’est arrêté la semaine dernière dans le Nebraska pour soutenir la candidature du candidat « pro-life », Heath Mello, à la mairie de Omaha – il a soutenu en 2009 une proposition de loi qui obligeait les femmes à passer une échographie avant de se faire avorter.


    MMr Mello comme le sénateur Joe Donnelly d’Indiana et le sénateur Bob Casey de Pennsylvanie sont des « démocrates contre l’avortement » qui ont reçu cette année le soutien du Comité National Démocrate, de son président, Tom Perez et de la porte-parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi – et provoqué la fureur des associations de défense de l’avortement et des droits des femmes.
    La stratégie électorale des dirigeants du parti est de rallier le maximum d’électeurs quitte à approuver des choix qui ne sont pas les leurs mais nécessaires pour gagner des élections.
    Un compromis difficile à accepter pour certains démocrates et libéraux, à l’instar de l’association pro-life NARAL, qui considère cette décision comme une trahison, surtout après l’immense manifestation organisée partout aux Etats-Unis le 21 janvier dernier, et qui remet le consensus du parti démocrate adopté en 2012, qui soutient sans réserve la liberté des femmes à disposer de leur corps.

    * « DNC rally with Anti-abortion candidate fuels backlash » – Politico
    * « Why are Democrats fighting Each Other over Abortion? » – Real Clear Politics
    * « At a Unity Stop in Nebraska, Democrates Find Anything but » – The New York Times

***

 

  • Jason Chaffetz arrête sa carrière politique

    L’un des Représentants républicains les plus puissants du Congrès américain, Jason Chaffetz, qui siège également à la présidence de l’une des commissions parlementaires les plus influentes, le « Comité de surveillance et de l’action gouvernementale », a annoncé la semaine dernière ne pas se représenter aux élections de mi-mandat en 2018. Une décision « personnelle » qu’il a prise afin de retourner travailler dans le « secteur privé » et qui pourrait arriver plus tôt que prévu.
    Selon The Deseret News, Jason Chaffetz en aurait assez de passer la plupart du temps à Washington loin de sa famille, voudrait gagner plus d’argent dans le secteur privé – avec pourquoi pas une carrière dans les médias – et veut protéger femme et enfants de la vie publique après avoir reçu des menaces de mort.
    Une autre explication: L’opposition grandissante contre Chaffetz à domicile. Le politicien a dû faire face à des « Townhalls meetings », ces réunions locales entre élus et électeurs, très houleux depuis l’élection de Donald Trump, son soutien à l’abrogation d’Obamacare.
    Sa côte de popularité a baissé de 14 points ces dernières semaines, et son adversaire démocrate aux prochaines élections a déjà réussi à lever des centaines de milliers de dollars pour la campagne de 2018.

    « Une campagne qui pourrait être coûteuse, bruyante et douloureuse. Et pour quelqu’un qui a beaucoup plus d’ambitions que la Chambre des Représentants, elle pourrait causer des dommages irréparables à son image. »
    Fusion rapporte que le comité de campagne « Friends of Jason Chaffetz » a déposé les sites Jason2028.com et JasonChaffetz2028.com, qui laisserait penser à une candidature aux élections présidentielles américaines dans douze ans. Une ambition a très long terme.

    * « What the Heck is going on with Jason Chaffetz? » – Vanity Fair
    * « The Calculus behind Jason Chaffetz’s sudden decision to walk away » – The Deseret News

***

 

  • Caroline du Sud: La candidate bien raciste

    Le Montana et la Caroline du Sud vont tenir des élections pour remplacer un siège de Représentant du Congrès laissé vacant par deux élus partis travailler pour l’administration Trump.
    Sheri Few est l’une des candidates républicaines de Caroline du Sud, « championne des idées conservatrices, avec moins de régulations et plus de liberté ».
    La page d’accueil de son site internet est typique:

      • « Stop Federal Outreach »: Limiter toutes les prérogatives du gouvernement que ce soit, et surtout, en matière d’écologie, et de « micro-gestion », ce sont des directives fédérales qui s’appliquent au niveau des Etats, dans les domaines de la santés, des banques,
      • « Lutter contre le Terrorisme » = Arrêter l’immigration illégale, lutter contre terrorisme islamique radical
      • « Fight political correctness » = Suppression des programmes fédéraux contre la famille et défense du drapeau des Confédérés
      • « Défendre nos valeurs » = Anti-avortement, contre le mariage gay, pour la défense des armes à feu, et élever ses enfants comme ils l’entendent – en dehors du système scolaire

     

    Voici sa vidéo campagne sur YouTube
    * « Meet the SC Woman Running the Craziest, Most Racist, Homophobic Political Campaign Ever » – The Roots

***

  • L’article du jour

    Dans le New Yorker, un article sur Steve Bannon, l’actuel conseiller stratégique de Trump, lorsqu’il travaillait à Hollywood.

    Quand Trump a annoncé sa candidature, dans la Trump Tower, en 2015, Bannon a noté quelque chose que les autres ont raté. Peut-être était-ce un même tempérament, et la foi dans leurs affaires, malgré les successions d’échec. Trump aussi détestait aussi les élites qui l’ont toujours rejeté. Bannon a senti qu’il avait enfin trouvé la figure qui pouvait exprimer cette colère, et mener la révolte de millions d’Américains qui se sont sentis laisser pour compte.

    * « How Hollywood remembers Bannon » – The New Yorker

***

  • Le nouveau « True Crime Show » de Netflix

    Après le succès de « Making A Murderer », dont la seconde saison est en train d’être tournée, Netflix annonce la diffusion prochaine d’une nouvelle enquête en sept épisodes, « The Keepers » sur la disparition et le meurtre de soeur Cathy Cesnick, institutrice dans une école catholique de Baltimore en 1969 qui n’a jamais été élucidé.
    L’enquête mené par une groupe d’amateurs part du témoignage d’une « Jane Doe », ancienne élève de Mlle Cesnick, qui affirme lui avoir révélé à l’époque les abus sexuels dont elle aurait été victime de la part de l’aumônier de l’établissement. Disponible le 19 mai prochain.

***

  • La Couverture du jour

    The New Yorker met en scène le championnat de Baseball avec « Strike Zone » de Mark Ulriksen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le kiosque du samedi 14 janvier 2017

Les tweets de Trump ont parfois du bon

Dernière cible du « Twitter-in-Chief » aujourd’hui, John Lewis, 76 ans, figure du Mouvement afro-américain des droits civiques et représentant démocrate à la Chambre des Représentants, qu’il a accusé « de parler, trop parler » [des Russes qui l’auraient aidé à gagner les élections] sans « actions, ni résultats », notamment dans son district de Géorgie, peuplé à 58% d’Afro-Américains « qui [tomberait] en ruine ».
Mr Lewis a affirmé dans une interview télévisée vendredi qu’il ne considérait pas Donald Trump comme « un président légitime » et il n’assistera pas à son inauguration le 20 janvier prochain,
Comme d’habitude, les propos du président-élu ont fait le tour d’internet, des réseaux sociaux, entraîné la publication de dizaines d’analyses sur la énième polémique, et provoqué la levée de boucliers des militants et démocrates, etc …

A deux jours du « Martin Luther King Jr Day », le tweet de Trump est un peu plus osé que d’habitude mais il aura eu le mérite de faire vendre la biographie de John Lewis, Walking with the Wind: A memoir of the movement, en rupture de stock sur Amazon et désormais disponible sur liste d’attente.

https://twitter.com/MLCorey1982/status/820311506378194949?ref_src=twsrc%5Etfw

 

Marck Zuckerberg président

C’est Vanity Fair qui a révélé le scoop cette semaine: « des personnes influentes de la Silicon Valley pensent que Mark Zuckerberg se présentera un jour aux élections présidentielles » et selon le journaliste Nick Bilton, « il pourrait gagner ». Comment en est-on arrivé là?

  • En avril dernier, Facebook a publié un communiqué de la Securities and Exchange Commission (SEC) laissant entendre que Zuckerberg pourrait volontairement quitter sa position de CEO et servir « dans le gouvernement ou comme élu ». Zuckerberg et sa femme ont prévu de reverser 99% de sa fortune à des charités mais auparavant le rapport stipule qu’il pourrait garderait ses actions même s’il devait excercer une fonction publique. Au même moment, le Wall Street Journal soutenait la nécessité d’un troisième candidat « perturbateur » pour les prochaines présidentielles et proposé Zuckerberg ou sa numéro deux, Sheryl Sandberg.
  • Il a affirmé pendant les vacances de Noël qu’après une période de doute sa foi, Zuckerberg est juif, il accorde beaucoup d’importance à la religion. Un intérêt nécessaire pour tout prétendant à un office public aux Etats-Unis
  • Il a engagé l’ancien manager de campagne de Barack Obama, David Plouffe, pour gérer la politique et la promotion de sa fondation philanthropique, Chan Zuckerberg Initative.
  • Il a déclaré sur sa page Facebook qu’il comptait cette année « aller rencontrer les gens de tous les Etats du pays » et qu’il lui restait trente Etats à parcourir.

Comme le note le journaliste, ce serait une sorte de « régression » pour Zuckerberg qui est aujourd’hui « le vrai leader du monde libre » qui « a plus d’influence que la plupart des chefs d’Etats du monde entier ».

***

Cory Booker, héros mardi et paria jeudi

Cory Booker était dans tous les médias cette semaine. Mardi en tant que héros démocrate prêt à tout pour défendre Obamacare, mercredi il a publiquement critiqué Jeff Sessions lors de son audition au Sénat et appelé ses confrères à l’empêcher de devenir ministre de la Justice – une première pour un sénateur.

La lune de miel a tourné court jeudi quand le sénateur du New Jersey et douze autres collègues démocrates ont voté contre une proposition de loi autorisant l’importation de médicaments du Canada, où ils sont vendus moitié moins chers qu’aux Etats-Unis. Un amendement proposé par Bernie Sanders qui dénonce depuis longtemps le pouvoir et l’argent des compagnies pharmaceutiques aux Etats-Unis et leur influence sur le Congrès. Une idée très populaire par les Américains (72% d’opinions favorables), soutenue également par le président-élu, et qui avec le soutien de 12 sénateurs républicains, aurait eu toutes les chances de passer.

L’amendement a échoué à 46 contre 52.

Pour avoir défendu les intérêts de l’industrie pharmaceutique aux dépens de ses électeurs, Booker représente le symptôme d’un parti démocrate élitiste, lié aux grandes entreprises et coupé des besoins des gens ordinaires; ce pourquoi Hillary a été tant critiqué durant la campagne et après sa défaite contre Donald Trump.
Les industries pharmaceutiques fixent elles-mêmes les prix de leurs médicaments qui représentent des dépenses pour les familles mais aussi le gouvernement.

***

La fin d’American Apparel

La compagnie canadienne estimée à un milliard de dollars il y a dix ans, a été rachetée par une compagnie de vêtements, Gildan Activewear, lors d’une vente aux enchères cette semaine, pour 88 millions de dollars.
Le nouveau propriétaire a annoncé la fermeture des cent dix magasins américains ainsi que l’usine et le siège social de Los Angeles. 3 500 employés devraient perdre leur emploi.

Créée par Dov Charney il y a vingt ans en Californie, American Apparel a ouvert jusqu’à 230 magasins lors de ses années fastes grâce à l’immense succès de ses produits « Made in USA ». Les ventes ont baissé ces dernières, Chavey a été viré de sa propre compagnie en 2014 qui a fait faillite en 2015.

***

Elle a lu mille livres à quatre ans

Elle s’appelle Daliyah Marie Arana, originaire de Gainesville dans l’Etat de Géorgie et a eu le privilège vendredi d’être la « Libraire d’un Jour » de la Libraire du Congrès américain. A quatre ans, Daliyah est une férue de lecture puisqu’elle a déjà dévoré mille livres avec l’aide de sa mère, et pas que des livres pour enfants. Elle a eu la chance de rencontrer Carla Hayden, la quatorzième libraire du Congrès et première femme afro-américaine à ce poste.

 

Le kiosque du mardi 10 janvier 2017

Axios, un nouveau groupe de presse

Mike Allen, journaliste politique et co-fondateur de Politico, a quitté le webzine après la victoire de Donald Turmp pour créer son propre groupe de presse, Axios.
Allen explique dans le manifeste que les médias actuels sont cassés – et trop souvent « une arnaque », avec des histoires « trop longues » ou « trop ennuyeuses » sur des sites qui sont devenus des labyrinthes d’informations « à rendre fou les lecteurs ».
La raison? « Les lecteurs et les annonceurs sont trop souvent délaissés. » Ils se « laissent avoir par des gros titres qui n’offrent rien » et sont harcelés par des pop-ups ou clics inutiles, tout cela pour faire de l’argent « en vendant des fausses controverses, et même de la désinformation ».

On se demande à quels sites d’informations se réfère Mike Allen en s’adressant aux anciens lecteurs de Politico. Peut-être souhaite-t-il élargir son public et convertir ceux friands de fakes news et de sites bidons?

Bref la nouvelle formule consiste à mettre le lecteur en avant, avec un « contenu sérieux » et « sans parti-pris », « de l’information résumée » pour ceux qui n’ont pas le temps et la version longue pour les plus curieux.

La grande nouveauté c’est l’absence de pub, pour être « reader-friendly » (les bannières et click-based pages) qui sera remplacée par du « native advertising », sorte de micro-publireportage qui s’assume en plein milieu d’un article ou sous la forme d’un article à part entière. 

Axios compte pour le moment cinquante journalistes avec des bureaux à Washington D.C., San Francisco, Chicago, Boston, ouvrir ses porte le 18 janvier prochain, en attendant vous pouvez adhérer à ses newsletters.

 

***

Pour Bernie, la priorité, c’est sauver le système de santé

Bernie Sanders, redevenu indépendant après sa défaite aux Primaires démocrates, a fait de la protection du système de sécurité sociale américain le défi de ce début d’année menacé d’extinction par Les Républicains qui veulent se débarrasser d’Obamacare, et réduire dramatiquement les programmes de Medicare (pour les plus de 65 ans) et Medicaid (pour les plus défavorisés).

Après une première intervention remarquée au Sénat la semaine dernière, il a appelé « les membres démocrates du Congrès, les syndicats, les défenseurs du système de santé qui croient en la justice économique et sociale » à se réunir le 15 janvier pour prévenir les « Républicains qu’ils n’allaient pas s’en sortir aussi facilement. »

Il a tout prévu sur son site pour mener le combat et encourager les Millenials à y participer, avec des slogans (#OurFirstStand) à partager sur les réseaux sociaux, les listes des meetings et rallies auxquels assister, etc.
Selon Sanders, Trente millions d’Américains seraient amenés à perdre leur assurance maladie si Obamacare est révoqué, et pourrait engendre la mort de 36 000 Américains chaque année. 

***

C’est le rush pour confirmer de l’administration Trump

Durant les huit ans de présidence de Barack Obama, les Républicains ont trouvé tous les moyens d’ennuyer, d’empêcher et même bloquer la bonne marche de l’administration et du pays par principe d’opposition, et une haine farouche du président. Un manuel de cynisme dont les Démocrates vont s’inspirer ces quatre prochaines années pour faire entendre leur voix, en commençant par Chuck Schumer, le leader de la minorité démocrate au Sénat.

Le Sénat doit confirmer aujourd’hui la nomination de l’administration Trump avant même que les résultats des contrôles de la part du FBI, du comité d’éthique, et autres interviews des choix du président-élu ait été rendus. La demande a été faite par Schumer hier qui n’a eu qu’à changer les noms et dates de la même requête qui avait été faite par Mitch McConnell en 2009, et qui est aujourd’hui le leader de la majorité républicaine au Sénat.

Les Républicains n’ont pas attendu que ces vérifications soient terminées, volontairement, étant donné les conflits d’intérêt de certains futurs Secrétaire d’Etat. Les Démocrates auraient pu utiliser l’obstruction parlementaire (qui oblige une majorité absolue de 60 voix sur 100) pour bloquer le processus mais ils l’ont interdite, sous Obama, concernant les nominations faites par le président, y compris celles de son cabinet. Avec une majorité de 52 sénateurs, les Républicains n’auront aucun mal à confirmer la nouvelle administration du pays.

***

The Obama Media Empire Strikes Back

Barack Obama prononcera ce soir son discours d’adieux depuis Chicago, accompagné par sa femme et le vice-président et ami Joe Biden, qui met fin à sa carrière politique mais il compte bien continuer à exercer une influence sur la vie politique du pays grâce à une solide côte de popularité auprès des Démocrates et d’une grande partie de la population.
Selon Politico, le futur ancien président utilisera sa fondation et son organisation « Organizing for Actions » (OFA) pour « protéger son bilan et reconstruire le parti démocrate ».
OFA a été formée à partir de la structure de son ancienne campagne et sera dévouée à « entraîner les activistes » et « le recrutement de candidats » en rapport à la nouvelle administration et fort des leçons apprises de la défaite de Clinton. Les thèmes défendus sur le site sont le changement climatique, la réforme de l’immigration, les opportunités économiques, l’égalité, la prévention contre la violence des armes à feu, le système de santé et les femmes.

Le kiosque de la semaine: 3 au 9 janvier 2017

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

C’est la reprise du Kiosque de la semaine avec une sélection des meilleurs articles publiés dans la presse magazine cette semaine: Les entreprises qui vendent des logiciels de piratage informatique, les intellectuels qui tentent de définir le « Trumpisme » en dépit de son représentant, un lycée de Floride qui est en train d’assurer l’avenir du football américain, une expérience de « radicale empathie » entre critiques et défenseurs du contrôle des armes à feu, les meilleurs mêmes de l’année et une comédie musicale dédiée à Bernie Sanders!

 

  • « The @-Bomb » – by Mattathias Schwartz – The New York Times magazine

     

    Photo illustration by Jamie Chung pour le NYTimes magazine

    En pleine polémique sur le piratage des serveurs informatiques du Comité National Démocrate et de John Podesta lors de la campagne présidentielle américaine, l’enquête du New York Times magazine s’intéresse à la croissance de ces entreprises privées spécialisées dans la vente de logiciels de surveillance informatique qui sont utilisées par les clients comme des armes politiques.
    Une douzaine de compagnies (implantées en Italie, Allemagne ou encore Israël) sont accusées aujourd’hui de vendre des « programmes malveillants » à des gouvernements, à des partis politiques, profitant du manque de législation internationale dans ce domaine.

    Citizen Lab, un laboratoire de recherches de l’Université de Toronto spécialisé dans les technologies de la communication et de l’information, des Droits de l’homme et de la sécurité, a accusé une de ces entreprises, Hacking Team, de ne se soucier que des profits
    sans contrôler les abus liés a l’utilisation de ses produits; selon le groupe de recherches, son logiciel aurait permis à un parti politique mexicain de mener, avec succès, une campagne de déstabilisation politique contre ses adversaires – ce que l’intéressée à toujours nié.

    Le piratage de Hacking Team et la diffusion de tous ses documents, emails et logiciels sur son propre compte Twitter au cours de l’été 2015, a révélé que la compagnie avait vendu son  logiciel, Remote Control System, capable d’accéder à toutes les données d’un ordinateur ou d’un téléphone (caméra, appareils photo, localisation, textos et communications) au FBI, à la DEA, aux services secrets russes, à un parti politique mexicain (celui-là même que Citizen Lab avait accusé) et certains gouvernements parmi les plus répressifs (Honduras, Ethiopie, Bahrein, Turquie ou Ouzbékistan).

    ***

  • « Intellectuals for Trump » by Kelefa Sanneh – The New Yorker

    Barry Blitt – New Yorker

    Pour certains intellectuels, la victoire de Donald Trump coïncide avec « un moment de libération conservatisme, une répudiation des élites et de l’orthodoxie conservatrice » représentée par le parti Républicain, défiant à l’égard de son candidat durant toute la campagne.

    Le « Trumpism » existe, c’est un mouvement plus consistant que les tweets incendiaires du président-élu, qui a été pensé et discuté par des anonymes, bloquer et universitaires, sur le blog Journal of American Greatness durant les élections et qui a remporté un formidable succès.
    L’un d’entre eux a écrit l’un des articles (de soutien à Donald Trump) les plus lus des sites conservateurs, « The Flight 93 Election » – dont Le Kiosque a fait un compte rendu au mois de septembre dans les Carnets de Campagne de Libération.

    Le « Trumpism » fait écho aux mouvements d’extrême droite européens qui consiste à « renforcer les frontières », favoriser le « nationalisme économique » et défendre « une politique étrangère basée sur les intérêts américains ». Le mouvement se distingue du parti Républicain en insistant sur moins d’intervention à l’étranger, moins de « laisser faire économique » et plus de restrictions sur l’immigration.

    « La relation entre Trump et les intellectuels « trumpistes » est profondément asymétrique puisque ces derniers doivent formuler une doctrine sans grande assistance de son représentant. La marque politique de Trump est celle de quelqu’un qui n’a pas besoin d’essayer de s’expliquer à un groupe de chercheurs, quel que soit leur soutien »

     ***

     

  • « Can football be saved? » by Nicholas Schmidle – The New Yorker

    Photograph by Thomas Prior for The New Yorker

    Le New Yorker part à la rencontre de l’une des meilleures équipes lycéennes de football américain, en Floride, qui   expérimente et développe des nouvelles méthodes d’entrainement destinées à éviter les chocs et traumatismes crâniens qui mettent en danger la santé des adolescents. 

    Les entraînements sont des moments propices aux contacts parfois très violents entre joueurs, le plus dangereux d’entre eux arrive lorsque deux casques rentrent se rentrent dedans (« helmet on helmet collision ») est désormais interdit en ligue professionnelle et universitaire. Le coach des Raiders du lycée St Thomas d’Aquin de Fort Lauderdale entraîne ses joueurs sans contact en utilisant des robots ultra-perfectionnés et utilise la dernière technologie de casques Ridell pour mieux protéger ses joueurs.

    Des mesures nécessaires pour l’avenir du sport préféré des Américains qui souffre depuis plusieurs années d’une baisse des adhérents et des téléspectateurs refroidis par les polémiques autour de la dangerosité de sa pratique, quels que soient les âges.

***

  • « An Experiment in Empathy » by Lisa Miller – New York magazine

    Partisans et opposants au « contrôle des armes » ont souvent des positions irréconciliables qui empêchent tout dialogue capable de proposer des solutions contre les ravages des armes à feu aux Etats-Unis, à l’instar de la tuerie de Fort Lauderdale qui a fait cinq morts la semaine dernière.

    New York magazine a réuni des opposants et des défenseurs du contrôle des armes, mais qui ont tous un lien personnel avec. Des « gun owners » passionnés, des citoyens soucieux de leur sécurité, responsables d’armurerie, adhérents de la NRA ont partagé leur expérience avec celles de victimes d’armes à feu, deux mères qui ont perdu un enfant lors d’une tuerie, celle de Fort Lauderdale en 2007 et de l’école élémentaire de Sandy Hook en 2012, une officier de police de Baltimore blessée par balles lors de sa première année de service, un conseiller éducatif dont le cousin a été tué par la police, etc…
    Le projet se base sur l’expérience de « Radical Empathie » qui consiste à pousser les gens qui ont des opinions opposés à se mettre à la place de l’autre. Même si cette technique est critiquée par la communauté scientifique, elle offre ici une ouverture émouvante à l’empathie et au 
    dialogue.

***

 

***

  • « Bernie, the musical » by Michael Appler – Village Voice

    Illustration by Taylor Callery – Village Voice

    Malgré la défaite de leur candidat aux primaires démocrates en juin dernier et la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles, certains habitants de Burlington, la ville dont Bernie Sanders a été maire durant huit ans (1981-89) continue de célébrer le succès et l’inspiration qu’il a su initier aux Etats-Unis, parmi les jeunes, les Démocrates, les travailleurs. Pour revivre cette campagne exceptionnelle, rien de telle qu’une comédie musicale qui lui est dédiée, « Feel the Bern, a Musical of the people, By the people and For the people.

    Le spectacle, imaginé par l’activiste, Meira Marom, nous transporte en 2132, durant les fêtes de fin d’année, à Cleveland où sont réfugiés de supporters de Bernie Sanders, évacués de la côte Est américaine qui a été balayée par le réchauffement climatique. On ne fête plus Noël mais « NotmeUs » un festival dédié à Bernie Sanders qui est retourné sur la terre en Père Bernie et au cours duquel les participants évoquent le monde idyllique (écologique et prospère) qu’aurait pu devenir les Etats-Unis si les Américains avaient voté pour le sénateur du Vermont en 2016. Le paroxysmes de la pièce intervient lors de la convention nationale démocrate de 2016, lorsque « les protecteurs de la Révolution » sont trahis par les néo-libéraux, qui précipitent la chute du pays; la victoire de Trump n’étant qu’une conséquence de cette trahison.

     

***

  • « The Approval Matrix » – New York magazine

    New York magazine – Edition du

 

Le kiosque du jeudi 5 janvier 2016

Le retour en force de Bernie

https://democrats.senate.gov

La rentrée parlementaire a été marquée par l’offensive des Républicains contre Obamacare mais aussi par la détermination des Démocrates à protéger l’héritage d’Obama. Chuck Schumer, le représentant de la minorité démocrate au Sénat, a affirmé que le système de santé américain post-Obamacare « rendrait l’Amérique malade » – reprenant le célèbre slogan de la campagne de Donald Trump qui lui a valu d’être traité ce matin de « Clown en chef » par le président-élu.

Bernie Sanders a pris la parole hier au Sénat pour critiquer la loi, votée par la majorité, qui vise à abroger de l’Affordable Care Act, la structure légale d’Obamacare. Il est venu accompagné d’un poster géant sur lequel était imprimé un tweet du président-élu qui affirmait en mai 2015, alors simple candidat à la nomination républicaine, qu’il n’y aurait « aucune coupe budgétaire concernant la Sécurité Sociale, Medicare et Medicaid » – ce que prévoit justement la loi.

[Donald Trump] ne l’a pas dit au milieu de la nuit ou à l’occasion d’une interview, c’était un point central de sa campagne et ce pourquoi il a demandé à des millions de personnes âgées et aux classes ouvrières de voter pour lui. Donald Trump a conduit et remporté la présidence sur ces thèmes.

Le programme électoral de Donald Trump qu’il a twitté ces dix-huit mois et qui lui a permis de remporter la présidence, est aujourd’hui l’arme utilisée par l’opposition pour dénoncer les promesses non-tenues du président-élu.
Une stratégie qui devrait servir les Démocrates ces quatre prochaines années. 

 

***

Les Républicains choisiront le neuvième juge de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Nous le rapportions hier dans le Kiosque, Chuck Schumer a affirmé cette semaine que lui et ses quarante-sept autres confrères sénateurs bloqueraient systématiquement toute nomination du neuvième et dernier juge de la Cour Suprême, comme les Républicains l’ont fait avec Obama, à la suite de la mort brutale d’Anthony Scalia en février dernier, et quitte à laisser le siège vacant … indéfiniment.

Le représentant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a critiqué cette décision en invoquant la « Biden Rule », mise en place en 1992, qui stipule que la nomination d’un juge de la Cour Suprême ne peut être entérinée avant une élection présidentielle, « mais qu’elle peut être votée le jour du scrutin et après »; ce qui les autorise donc aujourd’hui à nommer leur juge. 
Sauf que les Républicains n’ont jamais voulu entendre parler de la proposition d’Obama avant les élections, et que ce dernier avait décidé symboliquement d’annoncer, Merrick Garland.

***

Donald Trump et Julian Assange, les nouveaux BFFs

Non content d’avoir essayé de saboter la campagne de la candidate démocrate et avec elle le pouvoir de la classe dirigeante de Washington, qui représente selon lui un danger plus important pour les Etats-Unis que la nouvelle administration Trump, Julian Assange continue d’attiser un peu plus les dissensions entre Démocrates et Républicains.

Il a affirmé cette semaine sur Fox News que le piratage de la messagerie privée de John Podesta, le directeur de la campagne d’Hillary Clinton était un jeu d’enfants, que la Russie n’y était pour rien et que les médias américains « avaient été malhonnêtes » d’accuser Poutine d’avoir voulu influencer les élections présidentielles américaines.
Du pain béni pour Donald Trump qui s’est empressé de retweeter les propos du fondateur de Wikileaks, devenu ces derniers mois le chouchou des Républicains pro-Trump.
Irait-on vers une grâce présidentielle de Julian Assange?

Après la Russie, Donald Trump prend une nouvelle la défense d’une organisation étrangère, Wikileaks, condamnée par l’Administration Obama pour avoir révélé des documents secrets sur la guerre en Irak et en Afghanistan qui auraient mis en danger « la sécurité nationale », aux dépens des agences de renseignements américaines.

Lorsque les médias dénoncent cette collusion, le président-élu se défend « d’être en accord avec Assange » et affirme « simplement déclarer ce que [Assange] a déclaré », et qu’il le fait « pour les Américains ».

***

No Pants Subway Ride

Dimanche aura lieu à New York, et dans vingt-cinq autres villes du pays, la quinzième édition de la « No Pants Subway Ride« , une tradition annuelle qui consiste à porter des habits chauds sans pantalon, simplement vêtue d’une culotte ou un caleçon, dans le métro pour « faire réagir les autres passagers ». 

La première manifestation « No Pants Subway Ride » a été imaginée par Charlie Todd, le fondateur de Improv Everywhere, un collectif new yorkais « qui cause des scènes de chaos et de joie dans les lieux publics », en 2002.

Le premier trajet comprenait sept participants, tous des hommes. Un participant est entré dans la rame sans pantalon et a circulé sur sept stations consécutives. Ils prétendaient ne pas se connaître les uns les autres, et si on leur demandait ils disaient qu’ils avaient « simplement oublié » leur pantalon. Au huitième arrêt, quelqu’un est entré avec un duffle bad qui vendait des pantalons pour un dollar.

La dernière édition de 2016 (vidéo ci-dessous) a rassemblé quatre mille personnes et devrait attirer autant de monde cette année. Le dossier de presse encourage les journalistes intéressés par l’évènement à se joindre aux participants en enlevant leurs pantalons.

Le kiosque du mercredi 4 janvier 2017

Les Clintons vont assister à l’investiture de Trump

Selon New York magazine, Bill et Hillary Clinton assisteront à l’investiture de Donald Trump à Washington le 20 janvier prochain, avec les anciens présidents Jimmy Carter et George W. Bush, qui a déclaré vouloir « assister à un transfert de pouvoir pacifique ».
Difficile de dire si le couple tente de se réconcilier avec leur ancien couple d’ami, si Hillary Clinton veut apparaître comme la seule célébrité au cours d’une cérémonie à laquelle aucune personnalité ne souhaite assister, ou si elle passe dire le bonjour à son ancien rival avant d’aller manifester le lendemain avec les centaines de milliers de femmes qui ont prévu de se réunir autour du Lincoln  Memorial.
L’ancienne candidate démocrate est restée discrète depuis sa défaite surprise du 8 novembre dernier.

***

« Trumpism », vers un mouvement de libération du conservatisme?

Le parti démocrate a essuyé la pire défaite de son histoire le 8 novembre mais le parti républicain a gagné grâce à un candidat qu’il a beaucoup critiqué et à peine soutenu.
Parmi eux, nombre d’intellectuels conservateurs, qui s’étaient rangés derrière le mouvement #nevertrump, soutenu par les très sérieux The National Review and The Weekly Standard, ont dû revoir leur copie, offrir le bénéfice du doute au président-élu. Ils cherchent désormais à encadrer au mieux la future administration, rapporte Kelefa Sanneh dans le New Yorker, et s’assurer qu’elle se mette au diapason de l’agenda du parti républicain.
Si ces derniers espèrent qu’il gouvernera comme « un Républicain conservateur », d’autres espèrent au contraire que « la présidence de Trump marquera le début d’un nouveau mouvement conservateur » que certains ont d’ors et déjà baptisé « Trumpisme ».

Ces intellectuels « pro-Trump », des « bloggers anonymes » et universitaires, défendent « une vision du monde différente » du président-élu dont « les remarques imprévisibles et propositions diverses cachent en réalité une théorie de la gouvernance, encrée dans une pensée politique conservatrice, qui pourrait être l’antidote d’un parti Républicain rigide et inefficace. »
Une sorte de « mouvement de libération du conservatisme » selon Charles Kesler, rédacteur de la Claremont Review of Books, contre l’orthodoxie et les élites républicaines.
A voir.

***

Le nouveau juge de la Cour Suprême devra attendre

« Oeil pour oeil, dent pour dent », c’est ce qu’a signalé le nouveau porte-parole des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, dans une interview donnée à Rachel Maddow sur MSNBC, quant à l’élection du prochain juge de la Cour Suprême des Etats-Unis.
« C’est difficile pour moi d’imaginer que le choix de Trump soit soutenu par les Républicains et les Démocrates à la fois » a-t-il affirmé en promettant de tout faire pour garder vacant le siège « volé » du neuvième juge.
En février dernier, la mort du juge Anthony Scalia a offert au président Obama l’opportunité de nommer son remplaçant, Merrick Garland, un centriste rejeté par les Républicains, qui fort de leur majorité au Sénat, ont réussi à bloquer toute nomination en attendant la prochaine présidence.

Les Démocrates comptent désormais adopter la même stratégie même s’ils sont minoritaires au Sénat avec 48 élus contre 52 Républicains. En effet, ils peuvent recourir à l’obstruction parlementaire, le fameux filibuster, largement utilisé par les Républicains ces huit dernières années, pour bloquer la nomination d’un juge de la Cour Suprême, qui nécessite alors une « super majorité » de 60 sénateurs pour être validée.

***

Collège gratuit dans l’Etat de New York

C’était l’une des propositions phares de Bernie Sanders durant les Primaires Démocrates. Hier après midi, le sénateur du Vermont et le gouverneur de New York, Andrew Cuomo ont annoncé ensemble la première proposition de loi de l’année, encore très floue, qui offrirait aux étudiants dont les parents ont un revenu annuel inférieur à 125 000 dollars, la possibilité d’étudier gratuitement dans les universités publiques de l’Etat.
Les frais de scolarité annuels y sont en moyenne de 6 500 dollars par an, bien moins élevés que les établissements privés qui coûtent chaque année autour de 25 500 dollars – New York University et ses 40 000 étudiants coûtent 45 000 dollars et la plus chère, Columbia University, plafonne à 50 000 dollars.

940 000 familles pourraient bénéficier de ce programme offert par les soixante quatre campus de SUNY (State University of New York) et les vingt six établissements de CUNY (City University of New York)

***

Trump n’aime pas sa photo sur le dernier ouvrage de CNN

CNN

La chaîne d’infos CNN a dû changer la couverture de son dernier ouvrage sur les élections présidentielles à la suite des critiques du président-élu, mécontent de la photo qui avait été choisie de lui.
Donald Trump a affirmé sur Twitter lundi « CNN vient de sortir un livre appelé Unprecedented qui explore la campagne et la victoire 2016. J’espère que ça marchera mais ils ont utilisé la pire photo de moi » – dans la première édition, sortie début décembre 2016.

La seconde édition, « spécial investiture » offre un portrait de Donald Trump, pris par le photographe des présidents, David Hume Kennerly, qui l’a visiblement ravi.

Nouvelle couverture de « Unprecedented »

Le kiosque du 1er décembre 2016

Ce diaporama nécessite JavaScript.

TRUMPLANDIA

Mike Pence et Donald Trump ce soir sur Fox

Pour récompenser l’un de ses journalistes et supporters les plus zélés, le futur président offrira sa deuxième interview télévisée à Sean Hamilton ce soir sur Fox News, avec en prime son vice-président Mike Pence.
L’entretien aura lieu depuis l’Ohio où ils effectuent le premier rendez vous de leur USA Thank you Tour.

 

Hillary Clinton devance désormais Donald Trump de 2,5 millions de vote

Dix présidents des Etats-Unis ont été élu avec une marge moins importante qu’elle dans le vote populaire tout en réussissant à remporter le collège électoral – ce qu’elle n’a pas réussi à faire. Ou comment est-ce que le système de vote des grands électeurs désavantage considérablement les Démocrates, regroupés principalement dans les zones urbaines des côtes est et ouest du pays face aux électeurs épublicains, moins nombreux, mais qui occupent le reste du territoire.
Cette marge d’environ 2% correspond précisément aux chiffres avancés par beaucoup d’instituts de sondage avant les élections.

***

Bernie Sanders: Donald Trump met en danger les emplois des Américains

Dans un éditorial publié ce matin dans le Washington Post, Bernie Sanders accuse Trump d’avoir « mis en danger les jobs des ouvriers américains autrefois protégés. Pourquoi? Parce que [le futur président] vient d’annoncer à toutes les compagnies du pays qu’elles peuvent menacer de délocaliser les emplois à l’étranger en échange des avantages fiscaux et de coups de pouce. »
Sanders fait allusion aux mille emplois que la compagnie United Technologies avait menacé de délocaliser au Mexique en février dernier pour économiser 65 millions de dollars en main d’oeuvre salariale et que Trump avait promis de maintenir aux Etats-Unis – Et qu’il vient de confirmer mardi et devrait annoncer officiellement ce soir.

Le sénateur du Vermont explique que cette compagnie, implantée dans l’Indiana, a engrangé 6,7 milliards de dollars de profits l’année dernière et reçu 6 milliards de dollars de contrats du gouvernement fédéral, et que son ancien directeur général est parti en 2014 avec un golden parachute de 172 millions de dollars.

J’ai dit que je travaillerais avec Trump s’il était sérieux sur les promesses faites aux membres des classes ouvrières. Mais après avoir mené une campagne dans laquelle il s’est engagé à être dur avec les entreprises américaines, Trump a décidé avec hypocrisie de faire tout le contraire. Il veut traiter l’irresponsabilité des entreprises avec précaution (…) Nous devons réinstaurer l’éthique du patriostisme dans les entreprises. Nous devons envoyer un message fort et clair aux compagnies du pays: L’ère des délocalisations est terminée.

***

Cartographier la haine pour mieux la combattre

Le blog politique Thinkprogress a recensé une importante hausse des manifestations de haine « islamophobes, antisémites, et un regain de soutien envers la supremacie blanche » durant la campagne électorale. Mais la situation s’est envenimée depuis les élections qui ont encouragé de nombreux Américains à s’exprimer violemment contre les minorités et « qui ont effrayé de nombreux Américains ».
L’association a appelé toute personne victime ou témoin à leur rapporter ce genre d’agressions pour qu’ils enquêter dessus ou demander à une source externe de le faire (rapport de police, articles ou témoignages) afin qu’elle puisse vérifiée indépendamment dans le futur.
Les agressions concernent « insultes verbales, agressions physiques, menaces, vandalisme, détérioration de lieux de cultes commis contre une minorité ».

thinkprogress.com
thinkprogress.com

***

Le Texas va obliger l’enterrement des foetus

Non content de pouvoir interdire définitivement le droit avortement qu’il a déjà réussi à limiter drastiquement sur son territoire ces dernières années, l’état du Texas va obliger hopitaux et cliniques à enterrer les foetus, quelques soient leur stade de développement plutôt que de les disposer des containers à déchets médicaux.
La proposition a été lancée par le gouverneur de l’état, Greg Abbott en juillet dernier après que la Cour Suprême ait déclaré inconstitutionnelle la loi dite HB2 qui obligeait les cliniques texanes pratiquant l’IVG à se conformer aux standards logistiques des hôpitaux, et ses obstétriciens à pratiquer leurs interventions à 40 km au moins d’un autre hôpital.
Entre la mise en place de HB2 en juin 2014 et son interdiction deux ans plus tard, le nombre d’établissements pratiquant l’avortement est passé de 40 à 19 sur un état aussi grand que la France pour les 5,4 millions de femmes en âge de reproduire.

Texas Tribune
Le nombre de cliniques pratiquant les avortements avant la loi HB2 en 2014 et après son interdiction par la Cour Suprême des Etats-Unis en 2016 – Source: Texas Tribune

 

Etats-Unis: Le parti démocrate doit-il dépasser le « libéralisme identitaire »?

La stratégie du parti démocrate qui repose traditionnellement sur la défense et la mobilisation des identités (de race, de genre ou de sexe) serait responsable, selon certaines critiques, de la défaite d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines.
Un appel à dépasser ce « libéralisme identitaire » oppose une fois de plus les Démocrates et les Républicains, alors que Bernie Sanders, qui a fait campagne sur les difficultés économiques du pays des classes moyennes, pourrait bien incarner une nouvelle voie.

Dimanche dernier, Mark Lilla, professeur d’Humanités à Columbia University, a publié une tribune dans le New York Times, intitulée « The End of Identity Liberalism » dans lequel il explique que la politique identitaire (Identity Politics) qui a eu une influence majeure sur les liberals et progressistes américains depuis les années 70, les aurait empêchés de « devenir une force fédératrice capable de gouverner ».

Un thème postélectoral récurrent nous rappelle Matthew Yglesias dans Vox:

Quand le parti démocrate remporte des élections, l’opposition dénonce la « politique identitaire » comme une forme de totalitarisme, tandis que quand ce même parti perd les élections, l’opposition avance que les arguments fondés sur l’identité sont responsables de leur perte.

Les démocrates considèrent depuis des décennies la promotion et la défense des minorités comme un enjeu électoral majeur qui a leur permis de s’attirer la plupart des votes afro-américains,  latinos, LGBT, et féminins lors des dernières élections. « Des principes pédagogiques très louables moralement » selon Lilla qui ont permis aux minorités de s’émanciper mais qui peuvent se révéler « désastreux au fondement des politiques démocratiques actuelles ».

La critique de Clinton a été exploitée par l'équipe de Trump
La critique de Clinton a été exploitée par l’équipe de Trump

L’erreur de Clinton a été de ne pas inclure les classes ouvrières blanches et les groupes religieux comme des minorités à part-entières, qu’elle a contraire stigmatisé en les traitant de « déplorables » – et qui ont répondu en soutenant majoritairement son adversaire.

Mais pour le professeur de Columbia, il ne s’agit pas seulement de la faillite d’une tactique électorale mais d’une vision plus générale de la société, de la tension entre identité individuelle et collective au sein d’une démocratie aussi diversifiée que celle des Etats-Unis.

Mais la fixation sur la diversité dans nos écoles et dans la presse a produit une génération de libéraux et de progressistes narcissiques, inconscients de ce qui se passe en dehors de leur groupe prédéfini et indifférent à la nécessité d’essayer comprendre l’ensemble des Américains quelque soit leur style de vie.

Plutôt que d’intégrer dès le plus jeune âge, à travers l’enseignement et l’éducation, les « concepts de classes, de guerre, d’économie et du bien commun », on apprend « aux enfants à parler de leur identité individuelle avant même d’avoir construit la leur » et quand ils arrivent à l’université, « beaucoup d’entre eux pensent que le discours sur la diversité est plus important que le discours politique ».
Et l’auteur de noter combien cet intérêt pour la diversité dans les campus a déteint sur les médias « libéraux » et sur leur façon d’analyser la société et de réaliser « comment le prisme de l’identité a transformé le traitement de l’information ».

Ce qui nous amène à la politique et à l’échec que vient d’essuyer le « libéralisme identitaire » après la défaite de Hillary Clinton. « Les politiques nationales dans les périodes pérennes ne s’appuient pas sur les différences entre les individus mais sur leurs points communs » et sur l’idée de programmes qui bénéficient à tous, comme l’a défendu avec succès Bill Clinton dans les années 90 et Ronald Reagan, dix ans plus tôt, à l’origine du slogan « Make American Great Again ».

Depuis leur défaite, les démocrates ne cessent de stigmatiser les « angry white male » en accusant Donald Trump d’avoir transformé « des désavantages économiques » en « colère raciste » – la thèse dite du whitelash.
Cette interprétation des résultats électoraux à travers le concept identitaire atteint ici ses limites, et comprendre le malaise d’une frange de la société en utilisant le concept économique et sociologique de classes pourrait être bien plus constructif.

Le professeur appelle donc à un post-identity liberalism qui

  • Se concentre sur « l’élargissement de la base électorale en attirant les Américains en tant qu’Américains et s’intéressant aux problèmes qui affectent la majorité d’entre eux »
  • Consiste à former des citoyens « au courant de leur système de gouvernement et des forces et évènements majeurs de leur histoire ».
  • Défend l’idée d’une démocratie qui offre des droits mais qui a aussi des devoirs de rester informé et de voter
  • Une presse libérale post-identitaire qui commencerait à se renseigner sur les parties du pays qui ont été ignorées, et d’essayer d’éduquer les Américains sur les forces majeures qui influencent les monde politique, surtout dans leur dimension historique

Un programme qui ressemble assez à ce que la France enseigne à ses élèves, collégiens et lycéens, et ce qu’une presse, même aujourd’hui limitée, continue d’essayer d’offrir à ses lecteurs – mais l’histoire politique, économique et sociale de la France est très différente de celle des Etats-Unis, et la composition démographique de l’Hexagone encore plus éloignée.

La réponse de Matthew Yglesias aux arguments de Mark Lilla:

La réalité, pourtant, est celle que la politique n’est pas et ne sera jamais un séminaire sur les politiques publiques. Les gens ont des identités, et les gens se mobilisent politiquement autour de ces identités. Il n’y a pas d’autre moyen de faire de la politique que de faire de la politique identitaire

Et par politique identitaire, il entend « atteindre les groupes non-blancs et rien d’autre » et que l’histoire politique et électorale des Etats-Unis a été façonnée par cet appartenance identitaire. Il va plus loin en reprenant les propos de Christopher Achen et Larry Bartels dans leur récent ouvrage Democracy for Realists qui affirment que l’identité est le facteur décisif sur lequel un électeur américain va choisir son candidat, bien avant son charisme, son programme ou son appartenance politique.

Alors que la revue conservatrice The National Review défend le point de vue de Mark Lilla, elle défend également « une voix de la raison » initiée par Bernie Sanders, qui affirmait récemment dans une critique à peine cachée contre le parti démocrate, qu’il fallait aller « au delà de la politique identitaire »:

Ce n’est pas convaincant que quelqu’un dise « je suis une femme, donc votez pour moi ». Non, ce n’est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une femme qui a les tripes d’affronter Wall Street, les compagnies d’assurances, les compgnies pharmaceutiques, et l’industrie de l’énergie fossile ».

Selon l’ancien prétendant à la candidature démocrate, il faut équilibrer les arguments économiques et identitaires pour convaincre le maximum d’électeurs et gagner les élections – et notant au passage que le parti démocrate a perdu son aura auprès des classes moyennes et ouvrières qui ont donné la victoire à Trump.

Ce sera le grand enjeu du parti démocrate ces prochaines années.

***

Pour continuer la lecture, d’autres articles pour vous éclairer