09.11.17

 

1. Les Républicains face à Trump: Fuir ou soutenir?

Les victoires démocrates de mardi, tantôt décisives comme les deux sièges de gouverneurs en Virginie – et 14 sièges au parlement – et dans le New Jersey, tantôt historiques, première transgenre élue contre un conservateur partisan de la « bathroom bill », première femme afro-américaine à la mairie de Charlotte, première femme à la mairie de Manchester dans le New Hampshire ont donné de l’espoir aux Démocrates en prévision des élections de mi-mandat qui auront lieu l’année prochaine.
Hier les médias de droite tiraient la sonnette d’alarme sans trop savoir qui blamer: Trump? Les Républicains? les Démocrates?
Les « Trump-friendly » affirment que les défaites n’ont rien à voir avec le bilan du président tandis que « not-so-Trump-friendly » accusent son comportement belliqueux et irrespectueux d’être responsable de ce désastre.
Les deux courants vont devoir s’entendre sur une stratégie commune s’ils veulent garder leur emprise sur le Congrès, les postes de gouverneurs et parlements (législatures) des Etats – The Washington Post

Comme l’a bien résumé Joe Scarborough de Morning Joe
Les Républicains ne peuvent remporter des Primaires nationales sans Trump. Ils ne peuvent remporter les élections générales avec lui
Mais relativisons le retour des DémocratesThe New York Times
Si une insurrection suburbaine peut aider les Démocrates à reprendre la Chambre des Représentants [comme en Virginie], les sièges de sénateurs en jeu l’année prochaine sont pour la plupart dans des zones conservatrices et rurales, où les sentiments envers Trump oscillent entre ambivalent et positifs. Jusqu’ici, seuls deux sièges sont vraiment disputés, celui de Jeff Flake en Arizona et Dean Heller dans le Nevada.

2. Trump v. CNN

Le ministère de la justice américain a autorisé la méga-fusion de 85,4 milliards de dollars, en pourparlers depuis plus d’un an, entre le géant de la téléphonie mobile, AT&T, et celui des médias et du divertissement, Time Warner, à une seule condition: Que Time Warner se sépare de Turner Broadcasting, un groupe de chaînes qui inclut CNN, la chaîne d’info en continu et bête noire de Trump ou DirecTV, son service de télévision par satellite acquis en 2015. – NYT
La fusion, pourtant imminente, a soudainement éveillé les soupçons de la justice qui craint que AT&T n’utilise des méthodes anti-concurrentielles après l’acquisition de Time Warner pour favoriser ses chaînes, CNN et HBO notamment. NYPost
Une inquiétude partagée par les Démocrates qui voient d’un mauvais oeil le monopole de ces méga-entreprises qui « augmentent les prix, limite les choix et appauvrit la qualité des services offerts aux Américains » – WaPo
En octobre 2016, le candidat républicain, déjà très remonté contre la chaîne qu’il accusait de ruiner ses chances de victoire à cause d’une couverture médiatique au vitriol, avait annoncé son refus de voir fusionner les deux géants.

Pour les acteurs de cette fusion, des sources anonymes rapportés par le Financial Times et la plupart des journalistes, l’ingérence du président ne fait aucun doute: Trump utilise le département de Justice pour se venger des attaques répétées de CNN.
La semaine dernière, le Wall Street Journal, propriété de Rupert Murdoch, un proche de Trump, a même révélé que le DOJ (Department of Justice) serait même prêt à porter plainte si elle ne trouvait un accord sur la fusion des deux géants venaient à s’unir.

Aller plus loin: « This is political: CNN sees Trump’s hand in Justice Department’s merger crackdown » – Vanity Fair

 

 

 

3. Betsy DeVos détruit l’Education

 

Betsy DeVos, milliardaire et ministre de l’éducation est en train de réduire drastiquement les effectifs et les prérogatives de son Département, comme le font à peu près tous les Secrétaires et ministres de l’administration Trump avec leur agence.

Le 7ème étage du siège du Département de l’Education, situé à côté du Mall [de Washington] était connu pour son activité grouillante. Une douzaine de bureaux sont désormais vides et silencieux. La main d’oeuvre du Département a diminué sous la Secrétaire de l’Education Betsy DeVos, qui a déclaré vouloir réduire le rôle du gouvernement dans l’éducation, y compris les enquêtes et l’application des droits civils dans les écoles. En tout le Département a perdu 350 employés depuis décembre – 8% de son effectif. Avec des ruptures de contrat offertes à 255 employés ces derniers jours, DeVos espère mettre encore plus de mon à la porte.

 

 

4. Les échos conservateurs

 

Ce qu’il se passe du côté des médias conservateurs.

 

 

  • Le Washington Post lance un « Counterpoint » dans sa rubrique Opinion qui offre en ligne une perspective différente de la tribune que le lecteur lit pour faire valoir les différents points de vue sur un même sujet. Le New York Times (« Right and Left ») et The Guardian (« Burst Your Bubble ») font déjà la même chose

 

  • Les médias républicains accusent leurs confrères libéraux de cacher le fait que Stephen Willeford, le bon samaritain qui a confronté Devin Kelley, le tueur de Sutherland Spring, possédait un fusil semi-automatique, le genre d’armes qu’ils cherchent à interdire. Parce que comme il a réussi à empêcher la mort d’autres innocents, les armes d’assauts sont utiles. RedState

 

  • La soirée du 8 novembre 2016 racontée par les journalistes de Breitbart. – Breitbart

 

 

 

5. On vit une époque formidable

 

  • Facebook voudrait recevoir les photos dénudées de ses utilisateurs avant qu’elles ne soient utilisées sur sa plateforme en forme de revenge porn: « En téléchargeant les images et vidéos que vous ne préférez pas voir diffusées sur Facebook, le réseau enregistre la photo et capable de la faire disparaitre si elle réapparait un jour sur un fil d’information.  – The Verge

 

 

 

6. Must read, watch or listen

 

  • « Et si Hillary avait gagné? » se demande le Washington Post qui revisite les douze derniers mois sous une présidence démocrate: Du serment de Hillary Clinton, à la « Men’s March » sur Washington le lendemain à la défaite des Patriots au Superbowl et la création de TrumpTv, nouvelle concurrente de Fox News. WaPo

 

  • Politico est retourné en Pennsylvanie interroger les électeurs de Trump un an après sa victoire. Parmi eux, Joey Del Signore: « Trump est sans doute le président le plus appliqué et travailleur que j’ai jamais vu. Ce n’est pas comme si il se levait tous les jours à midi et allait jouer au golf tous les week-ends » – Politico

 

  • C’est la vidéo que Donald Trump a montré au président chinois lors de la visite de la cité interdite hier, celle de sa petite fille Arabella qui chante un chanson en mandarin. Douée la petite.

 

  • C’est la bande annonce du dernier Spielberg, « The Post », sur la publication des « Pentagone Papers », une étude secrète du Département de la défense sur la conduite de la guerre du Vietnam. Même s’ils ont été révélés par le New York Times, le film suit la bataille qu’ont livré Ben Bradlee et Katharine Graham, respectivement rédacteur en chef et directrice du Washington Post à l’époque, contre le gouvernement pour la diffusion de ces documents.

 

    7. La Couv du Jour: Clinton redac chef de Teen Vogue

 

Ca a bien fait rire RedState qui, sous prétexte qu’elle a perdu a deux reprises, lors des primaires démocrates en 2008 contre Obama et l’année dernière aux élections présidentielles contre Donald Trump, ne devrait recevoir un tel hommage, ne devrait pas être un exemple pour les millions de jeunes du pays … parce que le lourdeau mysogyne devrait l’être … 

L’explication de la rédactrice en chef est plus convaincante:

Ce numéro explore tout ce que nous pouvons retenir de son impact, de son style, et de sa grâce. Certains diront que nous sommes trop partisans, trop politiques, trop nostalgique, et qu’ont fait trop écho à l’opinion de nos lecteurs. Si c’est le cas, ce numéro n’est pas pour vous. Il est destiné aux millions qui savent que jusqu’à ce que les femmes, les filles, les gens de couleur, les membres de la communauté LGBTQ, les immigrés, et ceux défavorisés économiquement sont au même niveau, on doit continuer à consacrer du temps à cette conservation

Mercredi 8 février 2017: DeVos confirmée, Warren muselée, Vie politique, médiatique et économique polarisée et SNL qui triomphe! ,

  1. Betsy DeVos dans le sang et la sueur
    La milliardaire
    , originaire du Michigan, qui a financé le parti républicain à hauteur de deux cents millions de dollars, dont les campagnes d’une dizaine de sénateurs républicains qui siègent actuellement au Congrès, a été nommée in extremis Secrétaire d’Etat à l’Education grâce à l’intervention « historique » du vice-président Mike Pence, qui a eu le dernier mot après un vote à égalité, marqué par deux votes de défiance républicains .

    L’éditorial du New York Times résume la situation:

    Mme DeVos est la membre de cabinet idéale pour un président déterminé à nommer des agents qui veulent détruire les agences qu’ils dirigent (…) Elle n’a jamais dirigé, enseigné, participé ou envoyé un enfant dans une école publique américaine et les auditions préalables à sa nomination ont confirmé son ignorance des politiques en matière d’éducation et son mépris pour l’enseignement public.

  2. La sénatrice Elizabeth Warren réduite au silence
    Excédés par l’obstruction parlementaire des sénateurs démocrates contre la nomination de Betsy DeVos à l’Education, le porte parole de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell a interrompu hier soir le discours d’Elizabeth Warren contre la nomination de Jeff Sessions à la Justice qui aura lieu demain, sous prétexte qu’elle remettait en cause sa position de sénateur d’Alabama qu’il occupe depuis 1997. Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, lisait une lettre de Coretta Scott King, veuve de Martin Luther King Jr, datée de 1986, qui accusait Sessions d’utiliser son pouvoir de procureur du sud de l’Alabama (1981-1993) pour limiter le vote des citoyens afro-américains.
  3. Trump gouverne, pas Steve Bannon!
    Intense débat à Washington et dans les médias sur la place de Steve Bannon à la Maison Blanche: Est-il, comme la couverture du Time cette semaine (intitulée « le grand manipulateur »), le sketch de Saturday Night Live et les articles du New York Times le suggèrent, le « vrai président » des Etats-Unis?
    Non a affirmé Joe Scarborough dans Morning Joe hier matin.
    Steve Bannon s’est créé cette réputation de « Darth Vador » de la Maison Blanche auprès des médias qu’il manipule aussi bien que son boss. Il a trouvé en Donald Trump la personne capable de faire avancer sa philosophie, celle du « populisme américain » que ce dernier promeut sans le savoir depuis des années.
    Mais au bout du compte, Donald Trump prend les décisions.
  4. … Et n’a aucune intention de « modérer ses actions, ni sa rhétorique »
    Dans un excellent article (« Sorry! American politics will get worse ») paru sur Axios, Jim VandeHei explique que la politique et les propos de Trump sont volontairement polémiques pour essayer « de radicaliser au maximum les deux camps » et pousser l’opposition à prendre des décisions impopulaires: les violences contre la présence de Milo Yiannopoulos à UC Berkeley la semaine dernière, repris en boucle par tous les médias conservateurs, ou l’obstruction parlementaire des sénateurs démocrates contre la nouvelle administration, qui pourraient leur coûter les élections de mi-mandat en 2018.
  5. Qui tend également vers une extrême polarisation de la vie politique dans les médias et l’économie.
    Sebastien Gorka, assistant du président Donald Trump et ancien de Breitbart a affirmé lundi que la Maison Blanche continuerait à utiliser le terme « fake news » jusqu’à ce que les médias arrêtent d’attaquer systématiquement le président.
    Une démarche qui les pousse à être d’autant plus partisans et critiques envers Donald Trump et son administration.
    Les entreprises sont également obligées de prendre parti: Rester silencieux (et être accusées de soutenir Trump) ou le dénoncer, voire le boycotter, avec l’impossibilité dans les deux cas de satisfaire l’ensemble des consommateurs américains.
  6. Mr Trump ne porte pas de robe de chambre.
    Contrairement aux propos du New York Times dans le désormais fameux article « Trump and Staff retint Tactics after Shambles », le président Trump ne regarde pas la télévision en robe de chambre, tout simplement parce qu’il n’a pas de robe de chambre a affirmé Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche hier midi en conférence de presse. Le compte rendu de ses deux premières semaines au pouvoir montrent un président confus, isolé de ses supporters, dépendant des sondages. 
    Donald Trump a personnellement attaqué le quotidien via Twitter à la suite de la parution de l’article, et parlé d’histoires et sources « fabriquées »
  7. Teen Vogue vs Breitbart
    Le site alt-right est furieux contre le magazine pour adolescents qui a parlé de racisme en évoquant la mort du jeune Trayvon Martin, qui aurait dû fêter son 22ème anniversaire ce mois-ci. Le jeune floridien a été tué en février 2012 par George Zimmerman qui effectuait une ronde de voisinage et affirme avoir agi en état de légitime défense. Accusé de meurtre, ce dernier a été acquitté, entraînant une vague d’indignation à travers le pays qui a entrainé la création du mouvement « Black Lives Matter ».
    « Il n’existe aucune preuve que Zimmerman ait ciblé Trayvon Martin parce qu’il était noir ou qu’il était dangereux à cause de sa race » affirme Breitbart.
  8. Bonne Nouvelle pour Saturday Night Live!
    Selon le magazine Variety, l’émission satirique de NBC a enregistré la seconde audience de la semaine chez les 18-49 ans derrière la série « The Big Bang Theory » diffusée par CBS. L’audience de SNL a augmenté cette saison de 19% dans la même tranche démographique aide 22% sur l’ensemble des téléspectateurs. Les chiffres les plus importants depuis la saison 1994-95.

    L’interview de Donald Trump dimanche après midi sur Fox, avec Bill O’Reilly avant le Super Bowl n’a enregistré que 12,2 millions de téléspectateurs, moitié moins que son prédécesseur Barack Obama en 2009.
  9. Bill O’Reilly n’est pas près de s’excuser
    Lors de cette interview, Bill O’Reilly a accusé à deux reprises le président russe d’être un assassin, provoquant la colère du Kremlin qui a demandé au présentateur de s’excuser publiquement.
    Ce à quoi il a répondu:

    Apparemment, l’administration Poutine à Moscou demande que votre humble correspondant s’excuse pour avoir dit que le vieux Vlad était un assassin. Je travaille sur mes excuses mais ça prendra un peu de temps. Revenez me voir d’ici … 2023

  10. Couverture du jour: C’est l’une des premières couvertures de magazine de Kellyanne Conway, ancienne manager du candidat Donald Trump, et conseillère du président, très critiquée par les journalistes.

    The Washington post magazine – Edition du 12 février 2017

Le kiosque du jeudi 19 janvier 2017

L’investiture: mode d’emploi

On sera obligé de regarder l’investiture de Trump demain matin à Washington, mais des millions d’Américains sont appelés à éteindre la télé et faire autre chose lorsque le 45ème improprable président des Etats-Unis devra prêter serment sur la Bible utilisée par Abraham Lincoln et Barack Obama devant le chef de la Cour Suprême des Etats-Unis, John Roberts.
Comme on le rapportait cette semaine, ce sera l’une des plus petites cérémonies d’investiture de ces dernières décennies, à Washington et dans le reste du pays. Donald Trump est en effet le nouveau président le moins populaire de l’histoire moderne des Etats-Unis.

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A moins que …

Branle-bas de combat chez Breitbart, ennemi juré CNN, accusé de propager des  fake news par le président-élu: L’un des présentateurs de la chaîne d’informations, Wolf Blitzer, a évoqué les conséquences d’un éventuel assassinat de Trump et son Vice-président le jour de l’inauguration qui obligerait le « survivant désigné », le secrétaire d’Etat actuel, John Kerry, à prendre la relève.

Alors qu’une grande partie du pays s’impatiente des différents évènements à venir et du discours d’investiture du nouveau président, CNN se demande qu’est ce qu’il se passerait s’il était assassiné.

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Betsy DeVos, la martyre des Charter School

Pour The Intercept, la confirmation de Betsy DeVos devant le Sénat pourrait poser problème:

Sa carrière dans le public nous montre que c’est une Chrétienne zélée qui ne croit pas en la séparation de l’église et de l’Etat, qui veut financer les écoles religieuses avec de l’argent public, et dont les fondations ont financé des groupes fanatiques anti-gay.

Interrogée sur les donations faites par Prince Fondation, gérée par sa mère, à des organismes pro-familles et anti-gays, Mme DeVos a menti en affirmant qu’elle ne faisait pas partie du conseil d’administration à cette époque. Or les fiches d’imposition de la fondation prouvent qu’elle en était vice-présidente. Une erreur de frappe comptable a-t-elle affirmé.
Pour The National Review, il s’agit d’une énième chasse aux sorcières envers une chrétienne dévouée critiquée pour ses généreuses donations « motivées par sa foi en dieu ».

Quoi qu’il en soit, ses mensonges qui pourraient l’empêcher d’être confirmée la semaine prochaine à son poste de Secrétaire d’Etat à l’Education.

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Rick Perry n’a pas compris son futur job


On lui a proposé le Secrétariat d’Etat à l’Energie qu’il aurait accepté « pensant devenir  l’ambassadeur américain du gaz et du pétrole qu’il a longtemps défendu dans son Etat » et sachant qu’il avait souhaité l’élimination du Département de l’Energie en 2012 – qui lui a valu le titre de plus « mauvais tuyau de l’année » en couverture de Texas Monthly.

Des propos sur lesquels il est revenu ce matin expliquant qu’après avoir été conseillé sur les nombreuses fonctions vitales que comporte le Département, il regrette avoir souhaité son élimination »
Il semblerait néanmoins que l’ancien gouverneur n’ait pas compris que l’étendue des responsabilités de son poste, notamment la gestion du complexe national de sécurité qui abrite l’arsenal nucléaire. Il a d’ailleurs avoué n’avoir « aucune expérience dans la prise de décision concernant la politique nucléaire. »

« Un coup bas de plus » selon The National Review, qui affirme que les propos du New York Times sont des « fake news » et qu’il n’existe aucune preuve que Rick Perry n’a aucune idée de ses futures fonctions.

Rolling Stone l’a surnommé « la meilleure petite pute du Texas » dans un portrait publié en 2011, lorsqu’il s’est présenté aux primaires républicaines, à cause de sa tendance à gagner de l’argent en vendant les projets, positions et services publics aux plus offrants lorsqu’il était gouverneur.

On pensait que Bush était la pire chose que le Texas offre à l’Amérique. Mais si Rick Perry remporte la Maison Blanche, on se souviendra bientôt de ce taré de W et sa croisade en Irak comme quelque chose d’agréable.

 

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Interdire les manifestations pacifiques

Selon The Intercept, des parlementaires républicains essayent à travers tout le pays de criminaliser et décourager les manifestations pacifiques comme celles organisées par Black Lives Matter ou les opposants au Dakota Access Pipeline et dans l’anticipation d’un regain de protestations ces quatre prochaines années.
Pratiquement, ça passe par des lois assez absurdes, comme celle proposée dans le Dakota du Nord qui empêche de poursuivre pénalement un motard qui tuerait par accident un manifestant en travers de sa route; une autre proposition de loi dans le Minnesota pourraient condamner ceux qui manifestent sur les autoroutes à des amendes de trois milles dollars et un an de prison. D’autres cas similaires dans l’Etat de Washington, celui du Michigan et d’Iowa inquiètent les associations de défense des Libertés Civiles qui dénoncent « une hostilité publique » à peine cachée « contre Black Lives Matter dans les banlieues blanches et les zones rurales ».

Le kiosque du mercredi 18 janvier 2017

INAUGURATION WEEK

« Comment atteindre Trump »

Trump n’a pas vraiment changé ses habitudes depuis qu’il a été élu, et préfère rester isolé dans son bureau du 26ème étage de la Trump Tower, quelques étages en dessous son penthouse où il s’endort toujours chaque nuit, dans son jet et à Mar-a-Lago, sa propriété Palm Beach.

« Trump est un homme isolé, de plus en plus éloigné de ses électeurs » explique en couverture le Washington Post aujourd’hui, mais qui réussit à « rester omniprésent dans la vie américaine » en twittant plusieurs fois par jour ses millions d’abonnés et en donnant beaucoup d’interviews, par téléphone ou en tête-à-tête. 

Trump semble bien plus confortable en communiquant à travers une scène ou un écran – la télévision, Twitter, le téléphone – qui servent d’intermédiaire entre lui et son public. Ces outils servent à la fois de mégaphone et de bouclier et lui permettent de délivrer ses messages tels quels. Comme il utilise rarement ses emails et surfe peu sur internet, ses coups de téléphone, ses apparences télévisées et la proximité physique sont les seuls moyens de l’atteindre.

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Manning sortie du trou

New York Post – Edition du 18 janvier 2017

Wikileaks, propulsée sur le devant de la scène internationale en 2010 grâce à la diffusion des câbles diplomatiques américains de la guerre d’Irak et d’Afghanistan, fournis par un jeune soldat du renseignement, Bradley (devenu Chelsea) Manning, s’est réjouit de la grâce présidentielle qu’elle a obtenu du président Obama. L’organisation mène une campagne pour sa libération depuis sa condamnation par une cour martiale en 2013 à trente cinq ans de prison.
Un soldat qui trahit son pays, change de sexe aux frais de l’Etat, qui plus est en prison, avant d’être gracié par le président sortant n’a certainement pas plu aux Républicains, ni au New York Post ce matin

 

Snowden, deux ans de plus en Russie

Edward Snowden n’a pas eu la même chance, malgré la pétition de plus d’un millions de signatures donnée à Barack Obama vendredi dernier et le soutien des associations de défense des droits civiques, Human Rights Watch, Amnesty International et ACLU.
Interrogé sur la question par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Obama a expliqué que pardonner Snowden pourrait donner l’exemple d’autres techniciens du renseignement à devenir à leur tour des lanceurs d’alerte en attendant une grâce présidentielle. Maigre récompense, la Russie a bien voulu renouveler son visa pour les deux prochaines années

Assange qui rêve d’être jugé aux Etats-Unis

Julian Assange qui commence sa cinquième année réfugié dans l’ambassade équatorienne de Londres sous peine d’être arrêté par les autorités suédoises et anglaises, malgré la demande des Nations Unies de mettre fin à la détention arbitraire du hacker australien, voudrait être extradé aux Etats-Unis pour y être jugésous l’administration Trump. Il est sous le coup dune enquête du FBI et le Département de Justice depuis six ans après les premières diffusions par Wikileaks de documents diplomatiques et militaires américains.
Assange s’est dit désormais « confiant de gagner un procès équitable aux Etats-Unis » – ce qui n’était pas le cas sous l’administration Obama.

https://twitter.com/wikileaks/status/821505178549493760

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Betsy DeVos a peur des ours

C’était au tour de Betsy DeVos hier de passer l’oral devant un comité de sénateurs avant d’être confirmé (ou non) ministre de l’éducation. La milliardaire philanthrope origine du Michigan qui a dévoué sa carrière à promouvoir et développer les « charter schools«  et autres initiatives privées dans l’enseignement primaire a promis de ne pas toucher au financement de l’enseignement public.
Durant son audience, elle a admis avoir donné plus de deux cent millions de dollars au parti républicain et être une adepte des armes à feu! Elle a affirmé qu’il appartient aux Etats et aux mairies d’autoriser ou non leur présence à l’école, et quand on lui a demandé son opinion personnelle, elle y est favorable pour se protéger de la faune environnante, en citant l’exemple d’une école élémentaire du Wyoming qui a un jour été attaquée par des ours.

Remarque qui a bien rire la presse.

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Les pauvres interdits de Junk Food?

Carte de Food Stamps de l’Etat de New York

Un article du New York Times, a repris les conclusions d’un rapport du Départment de l’agriculture (USDA) qui affirme que les populations défavorisées dépenseraient 10% des 74 milliards de dollars d’aides alimentaires (food stamps) qu’il reçoivent chaque année dans les boissons sucrées.
Marion Nestle, professeure de nutrition à New York University, interrogé par le quotidien, s’est dit « choquée » que SNAP, le Programme d’aide supplémentaire à la nutrition, soit utilisé comme « une subvention de plusieurs milliards de dollars du contribuable à l’industrie du soda ».

SNAP aide quarante trois millions d’Américains à se nourrir mais depuis des années, « des douzaines de villes, d’Etats et de groupes médicaux » appellent à une restriction du choix des aliments qui peuvent être achetés, notamment la junk food et les boissons sucrées. Des mesures qui n’ont jamais pu passer à cause de la pression de l’industrie agro-alimentaire et que l’USDA a jugé discriminatoires étant donné que le reste population achète presque autant de boissons sucrées (7% de leur budget alimentaire).

Mother Jones a critiqué l’article du New York Times qui ne ferait que  renforcer les clichés contre les « mauvaises habitudes » des populations pauvres.
Effectivement des sites comme Breitbart l’ont récupérer pour dénoncer la hausse de 30% des bénéficiaires de food stamps durant l’ère Obama (soit 10 millions de personnes), pour appeler à un contrôle de leur l’utilisation et dénoncer les profits engrangés par les banques qui servent d’intermédiaires entre les individus et le gouvernement.