« Alabama , le Nouveau Détroit »

Cover Story de Bloomberg Businessweek sur les ravages de l’industrie des pièces automobiles dans le sud des Etats-Unis.

La renaissance manufacturière de l’Alabama est ce que Donald Trump et ses supporters recherchent pour le pays sauf que cette économie qui emploie 26 000 travailleurs et rapporte près de 1,3 milliards de dollars n’est pas sans risque.

Elle représente cette course de l’économie vers le fond. Les fournisseurs de pièces d’Amérique du Sud concurrencent les fournisseurs mexicains et asiatiques d’un toute petite marge. Ils promettent des délais de livraison impossibles à tenir et doivent payer des pénalités exorbitantes s’ils n’y arrivent pas. Les employés travaillent à un rythme infernal, six ou sept jours par semaine, des mois durant. Le salaire est bas, la rotation constante, la formation insuffisante et la sécurité, secondaire, ou lorsqu’un employé est grièvement blessé.
Beaucoup de problèmes liées aux conditions de travail dans les usines asiatiques se retrouvent aujourd’hui dans les manufactures du Sud.

L’industrie automobile, notamment dans la Rust Belt, bénéficie de la protection des syndicats qui assure davantage de sécurité et des salaires bien plus élevés; ce qui n’est pas le cas dans le domaine des pièces automobiles et qui plus est dans les Etats du Tennessee ou de l’Alabama.

L’année dernière, une jeune employée de vingt ans est morte accidentellement sur la chaîne en voulant réparer un problème mécanique.

Les archives de l’OSHA [Occupational Safety & Health Administration, une agence fédérale en charge de prévenir les accidents du travail] obtenus par Bloomberg parlent de chaire brûlée, de membres arrachés, de morceaux de corps démembrés et même d’une chute dans une cuve d’acide.
Des dossiers tout droit sortis de Upton Sinclair ou même Dickens.

Un employé de l’OSHA a pourtant été clair avec les dirigeants de ces usines: “[ce genre d’accidents] entache considérablement votre réputation. Les consommateurs américains n’achèteront pas des voitures entachées du sang des ouvriers américains”.

Jeudi 16 mars 2017: Une morgue ambulante – Parano à la Maison Blanche – Richard Simmons a disparu – Trump & Twitter –

  • Révisée, soumise à nouveau et rejetée une nouvelle fois

    Un juge de Hawaï a suspendu une nouvelle fois, la seconde Travel Ban proposée par la Maison Blanche après la suspension en février dernière de la première version par la cour fédérale de San Francisco.
    Un revers de plus contre la politique anti-immigration de l’administration Trump qui prévoyait l’interdiction d’entrée sur le territoire américain de tous les réfugiés pendant un an, de tous les ressortissants de six pays musulmans pendant trois mois – à l’exception de ceux détenteurs de visas ou de carte verte. Le juge a déclaré que le décret de Trump violait la clause religieuse de la Constitution américaine. L’intéressé a déclaré dans un meeting dans le Tennessee hier qu’il s’agissait « d’un abus sans précédent du pouvoir judiciaire » sur le pouvoir exécutif

    Aucun idée si la Maison Blanche compte persévérer et offrir une troisième version encore plus « diluée »?

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  • Trump discute Twitter sur Fox News –

    Lors d’une interview diffusée hier soir sur sa chaîne préférée, Fox News, le journaliste Tucker Carlson a demandé au président s’il était avisé par un conseiller avant de tweeter, ce à quoi le président a répondu:

    Je pense que je ne serai pas ici si c’était grâce à Twitter, parce qu’il y a tellement de fausse presse autour de moi, de presse malhonnête. Si vous regardez – je n’inclus pas Fox News parce qu’ils ont été assez justes avec moi, mais si vous regardez CNN, et ces autres réseaux, NBC – j’ai rapporté une fortune à NBC avec « The Apprentice ».
    Je suis arrivé quand ça ne marchait pas du tout, et je l’ai transformé en l’un des reality shows les plus connus de tous les temps. J’ai fait 14 saisons. Et vous avez vu ce qu’il se passe quand je n’y suis plus? [le show a été repris par Schwarzenegger puis annulé la semaine dernière]
    Vous avez vu que le show était un désastre.
    J’ai aidé NBC et ils sont horribles avec moi. La façon dont ils me traitent est horrible. CNN, ABC, regardez ce qu’il se passe. Ces faux médias, cette fausse presse. C’est une honte

    La plupart des infos sont malhonnêtes. Donc quand j’ai cent millions de personnes qui me suivent sur Twitter, Facebook, Instagram, POTUS, et plein d’autres choses, c’est comme si j’avais ma propre forme de médias. 
    Donc si je tweete deux ou trois ou quatre ou cinq fois par jour, et que la plupart sont positifs – et je veux que la plupart soient positifs – mais si je fais une erreur par mois, celle-ci [Accuser Obama de l’avoir mis sur écoute], je pense pas que cela prouve que ce soit une erreur en général.

     

    Donc, Trump utilise les médias sociaux comme sa propre source d’information et il a reconnu avoir fait une erreur en accusant Barack Obama de l’avoir mis sur écoute.

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  • Parano à la Maison Blanche

    Rien ne va plus à la Maison Blanche.
    Non pas que la situation n’ait jamais été normale mais les fuites qui inondent 1600 Pennsylvania Avenue rendent tout le monde parano rapporte hier le magazine Politico:

     

    « Une culture de la paranoïa est en train d’envahir l’administration Trump, avec des équipes de plus en plus préoccupées par ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis – au sein de leur propre gouvernement ».

    L’administration est rongée par les suspicions entre factions rivales autour du président (les outsiders comme Steve Bannon et Stephen Miller contre les « Républicains » comme Reince Priebus ou Sean Spicer), contre le « Deep State », ces agents militaires et du renseignement accusés de vouloir détruire Donald Trump, ou vis-à-vis des simples fonctionnaires de carrière…

    Les téléphones professionnels sont soupçonnés d’être mis sur écoute et ceux personnels laissés à la maison par crainte d’être l’objet d’un contrôle inopiné – même si Sean Spicer a démenti mardi ce genre de pratiques.
    Un climat toxique qui empêche une atmosphère de travail normal et le recrutement de nouveaux agents qui pourraient être soupçonnés de travailleur contre le président.
    La CIA est ligne de mire de ces accusations d’espionnage, de mises sur écoute et de fuites contre Donald Trump, surtout après les fuites de Wikileaks qui ont révélé l’étendue de l’appareil de cyber-espionnage.
    Quand à la presse, il est formellement interdit de communiquer avec elle, sous peine d’être viré sur le champ.

    * « People are scared: paranoïa seizes Trump’s White House »Politico

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  • Le Podcast déjà culte « Missing Richard Simmons »

    Richard Simmons, c’est un peu l’équivalent de Veronique et Davina si elles avaient continué leur cours de fitness jusqu’à aujourd’hui: Une célébrité hollywoodienne depuis plusieurs décennies, grâce à ses célèbres cours de fitness à 12 dollars de l’heure qu’il donnait dans son studio Slimmons de Beverly Hills, fermé en novembre 2016.

    Voici l’introduction du Podcast, assez alléchante:

    Le 15 février 2014, le gourou du fitness Richard Simmons a disparu.
    Il a arrêté de donner ses cours d’exercice à Slimmons, n’a plu contacté ses amis les plus proches, et s’est retiré du monde après avoir été considéré pendant des années comme l’une des stars les plus accessibles au monde.
    Plus personne n’a entendu parler de lui – et personne ne sait pourquoi est-ce qu’il est parti.
    Le réalisateur Dan Taberski était un ami de Simmons et client régulier à Slimmons.
    Missing Richard Simmons est l’enquête effectué par Dan pour retrouver Richard – et plus il creuse, plus ça devient étrange.

    Le Podcast remporte un succès fou et a même été comparé au fameux Serial, cette enquête très sérieuse sur une possible erreur de justice, qui a entraîné la réouverture du procès de Adnan Syed.
    Sauf qu’ici, Richard Simmons est bien vivant, il a juste décidé de changer de vie et un réalisateur s’obstine aujourd’hui à savoir pourquoi – les rumeurs sont allées bon train depuis des années.
    Une démarche « moralement douteuse » pour le New York Times qui se demande qu’est ce que ça peut apporter à Mr Taberski de savoir ce qui arrive à Richard Simmons, qui a clairement fait comprendre qu’il voulait préserver son anonymat. De la curiosité mal placée? En tout cas ça cartonne!

    * « Missing Richard Simmons, the Morally Suspect Podcast » New York Times

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  • Une morgue ambulante dans l’Ohio pour faire à l’épidémie d’héroïne

    La morgue d’un comté de l’Ohio, en pleine coeur de l’épidémie d’héroïne qui frappe le pays, n’a plus les moyens logistiques d’accueillir davantage de cadavres et a recours en attendant à une « morgue mobile » fourni par le département de la Santé de l’Etat.
    La plupart des décès sont provoqués par des overdoses d’héroïne (20% de plus que l’année précédente), après les accidents de voiture et suicides. 
    C’est la quatrième morgue mobile utilisée dans le comté de Stark, peuplé de 375 000 habitants et d’autres Etats du pays doivent utiliser ces mesures d’urgence pour faire face à cette épidémie. 
    Cinq états avaient un taux de mortalité par overdoses plus élevé que l’Ohio en 2015: La Virginie Occidentale, Le New Hampshire, Kentucky, Ohio et Rhode Island selon le Center for Disease Control and Prevention

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  • Couverture du jour

    Bloomberg Businessweek se penche cette semaine sur l’empire Domino’s Pizza avec cette couverture tonitruante et un reportage passionnant sur une compagnie évaluée à 9 milliards de dollars.

Jeudi 9 mars 2017: Trump « néophyte », lâché par Breitbart; Maison Blanche furieuse contre Wikileaks; Soros et l’Europe; Une légende quitte le New Yorker

  1. Les accusations de Trump tombent à l’eau

    Les Républicains qui enquêtent sur les interférences russes dans les élections américaines ont refusé de soutenir les accusations de Donald Trump sur les écoutes téléphoniques dont il aurait fait l’objet, ordonnées par Barack Obama pendant les élections – affirmations sans preuves lancées samedi dernier par le président sur Twitter pour tenter de détourner l’attention sur les rapports conflictuels entre son administration et des officiels russes l’année dernière.

    Le président de la commission parlementaire en charge du renseignement, le Républicain Devin Nunes, a discrédité les propos du président, dont il est pourtant un fervent supporter:

     

    Le président est un néophyte de la politique, il y est entré seulement depuis un an, beaucoup de ses propos sont pris littéralement et il n’a pas 27 avocats pour vérifier tout ce qu’il dit, ce qui est rafraîchissant parfois mais ce qui peut aussi nous amener à ce genre de conférences et ce genre de questions.



    De son côté la commission sénatoriale en charge du renseignement est toujours en train d’enquêter sur ces allégations mais n’a rien trouvé de probant pour le moment.
    Quant à Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche, il a affirmé lundi en conférence de presse que le président n’avait aucune preuve tangible mais qu’il existe assez de suspicions contre le président Obama et ses agissements pendant les élections pour justifier la mise en place d’une enquête.

    Selon CNN, « partout dans le Capitol, il est impossible de trouver des avocats qui prennent sérieusement ses déclarations de samedi matin. »

  2. Breitbart se désolidarise de Trump?

    Avant d’être un supporter de Trump, Breitbart, le site d’infos alt-right est d’abord un médium anti-establishment, opposé au parti républicain et très critique contre son chef de file, Paul Ryan.
    Les élections présidentielles, et le soutien officiel de Breitbart au candidat républicain, puis la victoire de Trump en novembre ont effacé ces différents: Bannon, l’ancien président de Breitbart News, est devenu conseiller du président, offre a son ancienne rédaction un accès sans précédent à la Maison Blanche – une interview exclusive de Donald Trump il y a deux semaines – jusqu’à provoquer les fameuses accusations du chef de l’Etat contre Obama.

    Mais l’influence de Steve Bannon sur Breitbart, qui appartient désormais au mainstream media et d’une accréditation dans la « briefing room » de Sean Spicer, a montré ses limites cette semaine avec la révélation tant attendue de l’American Affordable Care Act, qui n’a satisfait personne, et surtout pas Matthew Boyle, le directeur du bureau de Washington.
    Le site alt right a qualifié le nouveau plan de « Obamacare 2.0 » et affirmé qu’il « donnait aux clandestins [sic] un accès à l’assurance maladie grâce au vol d’identité ».

    Business Insider rapporte que Mr Boyle ne veut plus mentir sur les rapports délétères entre Bannon et Reince Priebus, chef de cabinet du président, produit de l’establishment conservateur, épargné par le brûlot conservateur, tout comme Sean Spicer.

    Breitbart veut retrouver sa liberté de ton, même contre Donald Trump, et n’a jamais été plus efficace que dans l’opposition – à savoir si leurs lecteurs suivront ou non.

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  3. Les fuites de la CIA et embarras de la Maison Blanche

    Début d’année difficile pour les agences de renseignement américaines, critiquées par le président et son administration, et embarrassées cette semaine par la diffusion sur Wikileaks de milliers de documents confidentiels sur l’arsenal de cyber-espionnnage développée par la CIA et capables d’infiltrer smartphones, tablettes, ordinateurs et télés de n’importe quel citoyen.

    Comme l’a indiqué Wikileaks, les fuites ne proviennent pas d’une puissance étrangère – la Russie – mais de personnes ayant eu un contact direct avec le matériel piraté à l’intérieur de l’agence. Les responsables de l’Agence, qui n’ont toujours pas authentifié les documents, privilégient la thèse de contracteurs privées ayant eu accès à leur matériel. Plusieurs centaines de personnes doivent être interrogées dans les prochains jours.

    L’entourage de Trump qui célébrait Wikileaks il y a quelques mois pour avoir miné la campagne de sa rivale Hillary Clinton, se retrouve aujourd’hui à condamner les exactions de l’organisation de Julian Assange.

    Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a déclaré que la diffusion de ces documents « était un scandale » mais qu’il existait « une grande, grande différence  » entre ces fuites et celles du chef de campagne d’Hillary Clinton en au mois d’octobre.

    * « CIA Scrambles to Contain Damage From Wikileaks Documents » New York Times

     

  4. Le milliardaire George Soros a mauvaise presse en Europe

    Selon Politico Europe, « le gouvernement hongrois va limiter l’influence des organisations non gouvernementales de soutien à la démocratie et à l’état de droit, revigoré par la victoire de Donald Trump aux élections et l’ascendance de l’alt right à Washington ».

    Une proposition de loi devrait être introduite pour réglementer le financement des Organisations Non Gouvernementales pour éviter l’ingérence des pays étrangers dans la politique du pays.
    La cible officieuse de cette mesure est la fondation Open Society du milliardaire américain George Soros, né en Hongrie, créée dans les années 80, durant la Guerre Froide, pour aider les dissidents à établir les fondations d’une société civile au sein des démocrates soviétiques.

    Les Etats-Unis ont traditionnellement soutenu les activités de la fondation qui défend les principes démocratiques jusqu’à aujourd’hui.

    Le site américain Breitbart, autrefois dirigé par Steve Bannon, qui travaille désormais à la Maison Blanche, est obsédé par Soros, et l’accuse de vouloir faire tomber les frontières de l’Europe, d’aggraver la crise migratoire et de financer l’opposition à Donald Trump.
    La sympathie que semble éprouver l’administration Trump pour les sentiments anti-Soros semblent avoir poussé les politiciens d’Europe centrale et orientale à intensifier leurs attaques contre les organisations soutenues par Soros

    * « Hungary vs Civil Society »Politico
    * « Breitbart vs. Soros »Breitbart

     

  5. Rough night, le Hangover féminin

    On continue dans le cycle des films comiques exclusivement féminins avec Rough Night, qui sortira cet été, une sorte de « Hangover » féminin mais à Miami avec un casting intéressant: Scarlett Johansson, Zoe Kravitz, Illana Glazer (Broad City) et Kate McKinnon (SNL) et réalisée par Lucia Aniello et dont voici la bande annonce:

  6. Une légende du New Yorker prend sa retraite

    L’une des légendes du New Yorker, Bob Mankoff, prend sa retraite à la fin du mois d’avril après quarante ans passés au New Yorker, dont vingt ans passés à dessiner et les vingt autres à sélectionner les dessins publiés dans l’illustre magazine; il sera remplacé par une autre éditrice, Emma Allen.
    Mr Mankoff va continuer à dessiner pour le New Yorker – il a déjà produit 900 dessins, publié ses mémoires, fait l’objet d’un documentaire et prépare une « Encyclopédie des dessins du New Yorker » pour 2018. 
    Interrogé sur son dessin préféré, Mankoff cite le plus connu d’entre eux – il en a même fait une marque déposée:

    All rights reserved, Bob Mankoff/The New Yorker Magazine via N.Y. Times

    * « Comic Relief » – New York Times Sunday Book Review
    * « A Last Laugh » – Washington post
    * « Very Semi-Serious: A Partially Thorough portrait of New Yorker Cartoonists » – HBO documentary

  7. Couverture

    Bloomberg businessweek
    Enquête de l’hebdomadaire économique sur le nouveau pari de Marlboro: « un futur sans cigarettes » 

 

 

 

Le kiosque du dimanche 29 janvier 2017

  • Un juge fédéral de Brooklyn a bloqué hier la détention et déportation de deux immigrés irakiens touchés par le décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain de personnes issues de sept pays musulmans grâce à l’action rapide des avocats de l’organisation ACLU, The American Civil Liberties Union. Cette association mène la résistance contre Donald Trump et a remporté une première victoire décisive hier au nom les droits des immigrés, des réfugiés, et la défense des valeurs de la Constitution Américaine.

  • On en parle beaucoup cette semaine dans le Kiosque parce qu’il est le bras droit du président, c’est un nationaliste d’extrême droite que Bloomberg Businessweek a qualifié à l’automne 2015 d’homme politique « le plus dangereux des Etats-Unis: Steve Bannon.
    Il a écrit le discours inaugural de Donald Trump qui répète à maintes reprises « America First » conformément au concept « nationalisme économique » qu’il défend, et la plupart des décrets présidentiels; il aurait initié une approche agressive avec la Chine, le Mexique et les médias, qu’il déteste par dessus tout et considère désormais comme le parti d’opposition. / Axios
    On vous conseille l’un de ses rares discours prononcés en 2014 proposé par Buzzfeed News.
  • Ce dernier déclarait jeudi au New York Times que la presse américaine était le nouveau parti d’opposition: les mêmes propos ont été répétés par le président à une chaîne de télé vendredi, preuve de l’immense influence de Bannon sur Trump, la Maison Blanche et le reste du pays.
  • Les Républicains, tous opposés au Mur de Donald Trump pendant la campagne électorale se sont tous ralliés à la cause et seraient prêts à dépenser quinze milliards de dollars à le construire. Paul Ryan, porte-parole de Chambre des Représentant et son homologue du Sénat, McConnell affirment vouloir appliquer la loi dite du « Secure Fence Act » voté en 2006 qui prévoyait 700 miles de « barrière physique » entre le Mexique et les Etats-Unis, et jamais construite.
    Comme le signale Bloomberg Businessweek, « on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le mur, comment il sera financé, combien cela coûtera, et combien de temps prendra sa construction »… Mais le monde entier est au courant qu’il y aura bientôt un mur.
  • Pour obliger le Mexique à rembourser la construction du mur estimée à 15 milliards de dollars selon le porte-parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, Donald Trump a lancé l’idée d’une taxe sur tous les produits importés du Mexique – qui reviendrait à faire payer les consommateurs américains – avant que le porte parole de la Maison Blanche, Sean spicer ne rétracte les propos du président.
    Le total des produits frais et boissons importés du Mexique en 2016 est estimé à 21 milliards de dollars selon Bloomberg avec une majorité de fruits et légumes, bières et vins.
    Les internautes américains partageaient leur appréhension (#muchosad) hier sur les réseaux sociaux à l’idée d’une augmentation des avocats (et du guacamole), des bières et de la téquila, indispensables pour une soirée réussie aux Etats-Unis.
    En comparaison, le Mexique n’importe que 17,7 milliards de dollars de produits et boissons venants des Etats-Unis
  • Pas très content le Wall Street Journal de ce début de crise diplomatique entre le Mexique et les Etats-Unis, étant donné les enjeux commerciaux et économiques entre les deux pays. L’éditorial du quotidien économique parle de la « petite guerre mexicaine de Donald Trump » et compare son attitude envers le Mexique avec celle « d’Obama envers Israël ».
  • La conférence de presse entre Theresa May et Donald Trump a permis aux journalistes anglais de poser les questions qui fachent au président américain, contrairement à leurs confrères Outre Atlantique qui sont depuis lundi soigneusement évités par Trump et le porte parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Résultat?
    La première question généralement accordée à l’Associated Press, a été offerte dans la briefing room de la Maison Blanche à Lifezette, un site « culturel et politique » créé en 2015 par l’animatrice radio et intervenante sur Fox News, Laura Ingraham, et qui a diffusé des fakes news durant la campagne présidentielle sur Hillary Clinton, aujourd’hui disparues du site.
    Lundi, c’était le New York Post, le tabloid new yorkais
  • Toutes sortes de marche sont prévues dans les semaines et mois qui viennent à New York et dans le reste du pays. Une a lieu cet après midi à Battery Park dans le sud de Manhattan contre la politique anti-immigration de Donald Trump. Un « tax March » est prévue le 15 avril; une Marche des Immigrants est organisée à Washington samedi 6 mai. On vous tiendra bien entendu au courant.
  • Malia Obama a participé à des manifestations contre le projet du Dakoka Access Pipeline  pendant le festival de Sundance lundi dans l’Utah.
  • L’article le plus lu sur internet cette année, parmi une sélection de 46 millions publiés en 2016 selon le site Chartbeat, c’est celui du site FiveThirtyEight concernant les chances de victoire des deux candidats, et updaté plusieurs fois par jour pendant deux mois et qui se sont révélées incorrectes. 

« Voter Suppression »: les stratégies de démobilisation des électeurs américains

Dans une campagne ou toutes les règles du jeu politique ont été bafouées les unes après les autres, des supporters de Trump et membres de son staff ont décidé de s’attaquer aux électeurs de Clinton en les empêchant par tous les moyens de voter le 8 novembre.
Un travail de « démobilisation électorale », appelé « voter suppression » qui a été entrepris depuis des années par les Républicains, à l’encontre des minorités.

Les règles de vote différentes selon chaque état

Les Etats-Unis d’Amérique ont des règles électorales différentes selon les états, et contrairement à la France, aucun d’entre eux n’offre de carte d’électeur. La principale pièce d’identification est le permis de conduire qui garantit de fait l’inscription à un registre de vote, si l’individu est un citoyen américain de plus de 18 ans, alors que d’autres états autorisent l’inscription le jour même de l’élection, dans le bureau de vote.

L’inscription électorale peut s’accompagner d’une affiliation à un parti politique (démocrates, indépendant, républicains) ou non (non-affilié) dans une trentaine états qui permettent aux électeurs de voter lors des Primaires qui précèdent la campagne présidentielle. L’affiliation à un parti politique n’implique pas nécessairement le vote pour ce même parti le jour des élections, et un individu a le droit de voter le parti adverse.

ballotpedia.org
ballotpedia.org

34 états obligent ses citoyens à apporter une pièce d’identité le jour des élections pour pouvoir voter, certains avec une photo (driver licence, carte d’identité émise par l’état, passeports), d’autres sans (facture de téléphone, relevé de banque) tandis que 18 autres états ne demandent aucun document prouvant l’identité de l’électeur. Le contrôle s’effectue avec une signature, ou des informations personnelles, comme leur nom et adresse, qui doivent être inscrites sur le registre de vote.

La politisation des Voter ID Laws

Aux Etats-Unis, les conditions d’identification des électeurs, propres à chaque états, se sont renforcées et politisées ces dernières années. En 2000, la majorité des états ne demandait aucun document d’identification aux électeurs, et 16 ans plus tard, la tendance s’est inversée, et une majorité des états requiert une forme d’identification à ses citoyens pour pouvoir exercer leur droit de vote.

Le renforcement de la législation dite des voter ID laws a été présenté comme un effort de « lutte contre la fraude électorale et [la protection de] l’intégrité de l’élection » par la grande majorité des républicains qui les ont mis en place – les démocrates y voient un moyen d’empêcher les plus vulnérables de pouvoir voter:

Les experts électoraux affirment que les minorités, les pauvres et les étudiants qui ont tendance à voter démocratique, sont parmi ceux qui sont le moins susceptibles d’avoir un permis de conduire valide, la pièce d’identité la plus couramment demandée. Les personnes âgées, un autre groupe qui a moins de chances d’avoir un permis, figurent parmi les « électeurs pivots », ceux susceptibles de changer d’avis

Ces mêmes républicains auraient ces deux dernières années, dans treize différents états, réduit la durée des votes anticipés et provoqué des attentes interminables dans les bureaux de vote cette semaine. Ils ont également rendu plus difficile les modalités d’inscription aux registres électoraux

Le programme Interstate Crosscheck

« Ce qui risque de miner la démocratie en novembre, c’est la culmination d’une décennie d’efforts des Républicains de supprimer le droit de vote sous l’apparence de lutter contre la fraude électorale » explique le magazine Rolling Stone cet été qui prend l’exemple de Intersate CrossCheck: un programme mis en place en 2005 dans le Kansas censé vérifier qu’un électeur n’est enregistré que dans un état du pays pour éviter qu’il puisse voter à deux reprises.
Le programme, aujourd’hui partagé par 28 états, a recensé près de 7 millions de personnes soupçonnées d’être enregistrées dans deux états différents alors que seulement 4 personnes ont été depuis reconnus coupables de ce genre de fraude électorale grâce à CrossCheck

Alors que les noms, prénoms, deuxième prénoms, date de naissance et les quatre derniers du numéro de sécurité sociale doivent correspondre d’un état à un autre pour être considéré un double enregistrement, les analyses des données de Crosscheck par Rolling Stone montrent que de nombreuses comparaisons n’incluent ni deuxième prénom, ni date de naissance, ni numéro de sécurité sociale.
les premières victimes de cette « méthodologie enfantine » selon un expert seraient des individus aux noms afro-américains, latinos et asiatiques.

Chaque électeur que l’état liste comme ayant un double enregistrement reçoit une carte anonyme écrite en minuscule. L’électeur doit vérifier son adresse et renvoyer au secrétariat de l’état. Si la carte n’est pas renvoyée, le processus qui consiste à supprimer votre nom du registre de vote commence.

Il est impossible de savoir le nombre d’électeurs qui ont été victimes de cette « purge électorale » mais elle contribue à diminuer « la mobilisation des électeurs, [qui] favorise traditionnellement le GOP ».

La « voter suppression » façon Trump

Dans l’une des enquêtes les plus intéressantes de cette campagne électorale, Bloomberg Businessweek a eu accès à la stratégie mise en place ces dernières semaines par les plus proches conseillers de Trump, Jared Kushner, son gendre, Steve Bannon son directeur de directeur et Brad Pascale.

« Ni la campagne de Trump, ni la Convention Nationale Républicaine ne s’est concentrée sur la mobilisation de 47 millions d’électeurs blancs sans diplôme qui représente la source la plus accessible de nouveaux votes (…) Au contraire, la campagne de Trump a conçu une autre stratégie, par la négative. Au lieu d’élargir l’électorat, Bannon et son équipe essayent de le rétrécir. « On a trois opérations en cours qui visent à limiter l’électorat (…) Trois groupes dont Clinton a besoin si elle veut gagner les élections: Les libéraux blancs idéalistes, les jeunes femmes, les afro-américains »

Pour ceux qui ont suivi le dernier débat présidentiel, Trump y a évoqué les emails de Wikileaks et le Traité Trans-pacifique (destinés aux libéraux blancs idéalistes), les accusations des femmes à l’encontre de Bill Clinton (destinés aux jeunes femmes) et les « super prédateurs » (destinés aux Afro-Américains).
Les proches du candidat républicain ont choisi de cibler leurs attaques sur ces trois groupes en utilisant spots télés, radios et médias sociaux pour véhiculer des messages anti-Clinton et qui sont prêts à utiliser la désinformation pour démoraliser l’électorat susceptible de voter Clinton.

Internet et les fausses informations

Les américains les appellent les « trolls », ce sont des internautes qui lancent des rumeurs, campagnes de dénigrement et toutes formes cyberbullying sur internet et les réseaux sociaux.
Beaucoup se réclament du mouvement alt-right, proche de Breitbart News et Drudge Report, ces médias trash-conservateurs qui ont atteint le grand public durant cette campagne présidentielle.

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Depuis plusieurs jours ces derniers postent de fausses informations, sous forme de publicité utilisant notamment le logo de Hillary Clinton, pour tenter de garder les électeurs de Clinton en dehors des bureaux de vote le 8 novembre.
Comme exemple de désinformation: la possibilité de voter par texto, ou l’extension du vote jusqu’au 9 novembre, la nécessité d’apporter un acte de naissance pour pouvoir voter.

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Exemple de désinformation sur Twitter appelant à apporter toutes sortes de pièces d’identification pour pouvoir voter

De nombreux utilisateurs ont dénoncé ces messages, et les posts incriminés ont été supprimés des réseaux sociaux et le compte de leur auteur annulé.

Intimidation dans les bureaux de vote

Depuis que le candidat républicain affirme que les élections sont truqués, certains de ses supporters se sont regroupés pour aller « surveiller » les bureaux de vote le jour J et veiller a « prévenir toute fraude électorale » – ceux que les démocrates ont interprété comme des tentatives d’intimidation des électeurs: aller les interroger sur le choix de leur candidat, les photographier dans les bureaux de vote, ou même leur bloquer l’entrée.

Dans le swing state d’Ohio, le juge fédéral a d’abord donné raison aux démocrates en pénalisant toute tentatives d’harcèlement de ces poll watchers avant que la cour d’appel de cet état annule la décision.

Les démocrates ont déposé plainte contre le comité national républicain dans cinq autres états contre ces tactiques visant à empêcher certaines minorités ou populations de voter, mais aucune n’a réussi à passer. Les Républicains ont nié ces accusations en faisant valoir le manque de preuve tangibles

 

Il faut attendre demain soir pour évaluer l’efficacité des stratégies de démobilisations, législatives, physiques et numériques mises en place par les républicains, conservateurs et supporteurs de Trump qui ont marqué cette campagne presque autant que les stratégies de mobilisation défendues par les Démocrates.

Le kiosque de la semaine: 23 – 29 octobre 2016

 

 

 

https://twitter.com/NewYorker/status/788998250326007808?ref_src=twsrc%5Etfw

Le Kiosque de la semaine: 16 – 22 octobre

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Les articles “A LIRE” de la semaine sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

 

  1. A shot in the Heart – Stephanie Clifford / The New Yorker 

    New Yorker ILLUSTRATION BY ANNA PARINI
    New Yorker ILLUSTRATION BY ANNA PARINI

    Peter Forcelli était détective à New York dans les années 90 dans une ville rongée par la violence et la drogue et a participé à l’arrestation de plusieurs dizaines de criminels et meurtriers et souvent condamnés à de lourdes peines.
    Aujourd’hui installé en Floride, il est spécialisé dans la réouverture d’enquêtes bâclées qui auraient mené à la condamnation d’innocents.
    En 2014, il a été appelé sur ancien lieu de travail pour témoigner dans la cinquième demande de révision du procès de Edward Garry condamné en 1996 à 25ans de prison pour le meurtre d’un officier de police à la retraite, et pour lequel il a toujours clamé son innocence.
    Cette fois-ci, Forcelli a été interrogé en tant que témoin dans une enquête bouclée à la va-vite dans laquelle l’ancien détective tient une part de responsabilité: Garry a été arrêté sur le témoignage de deux témoins qui l’ont confondu avec un autre individu, Steven Martinez, qui avait été suspecté à l’époque par un officier avait demandé la comparaison de ses empreintes avec celles retrouvées sur la scène de crime. Une demande qui n’a jamais eu de suite.
    Cet officier, c’était Peter Forcelli

  2. « Hillary’s Billionnaire » – Devin Leonard / Bloomberg Businessweek

    Bloomberg businessweek
    Bloomberg businessweek

    Haim Saban. Il est milliardaire, « le juif le plus influent de la planète » selon the Jerusalem Post et essaye de faire rentrer Hillary Clinton à la Maison Blanche depuis 2004 grâce à son réseau câblé, Univision, « porte accès à l’Amérique hispanique »  aux USA qui attire chaque mois 40 millions de téléspectateurs.
    Il a fait fortune en important les Power Rangers du Japon vers les Etats-Unis, en créant une chaîne de télé pour enfants avec Rupert Murdoch, revendu à ABC pour 5 milliards de dollars et enfin en achetant Univision, le réseau télé préféré des latino-américains, essentiellement en espagnol, et pour lequel il compte prochainement faire un offre publique d’achat, de préférence sous la présidence de Clinton.

  3. « Sorority Business » – Kim Bashin / Bloomberg Businessweek

    Bloomberg businessweek
    Bloomberg businessweek

    Les fraternités et sororités, ces organisations fraternelles sociales pour les étudiants, sont très répandues dans les campus américains (Voir le film Neighbors). Il existe 3 200 sorority chapters à travers le pays qui représentent une demi-million de jeunes étudiantes qui ont souvent les mêmes besoins vestimentaires et esthétiques. Un marché de centaines de millions de dollars monopolisé par les marques posh (Barbour, L.L.Bean, J.Crew, Longchamp, Tory Burch …) qui s’ouvre peu-à-peu sur des marques plus jeunes venues, plus abordables chères spécialisés dans le style preppy américain pour les adolescents plutôt aisés, à l’instar de Lilly Pulitzer ou Vineyard Vines, et ça cartonne.

  4. Chipotle eats itself – Austin Carr / Fast company

    Voir notre article publié cette semaine

    Fast Company
    Fast Company

    Chipotle Mexican Grill, le géant du fast food version mexicaine a construit son succès en Amérique du nord et en Angleterre grâce à des produits frais, sans OGM, préparés sur place dans ses restaurants.
    Une qualité qui pose des risques puisque la compagnie vient de faire face à une crise sanitaire nationale sans précédent, provoquant la déchéance de l’enseigne et la désertion de ses consommateurs

  5. « Get Out » –  / Bloomberg Businessweek

    Bloomberg businessweek
    Bloomberg businessweek

    Steve Croman a engrangé 63 millions de dollars de revenues en 2014 grâce aux 140 immeubles qu’il a acquit durant ces vingt dernières années à New York en même temps que le titre « de pire propriétaire » de la ville.
    Pendant des années, il a racheté des buildings dont les appartements sont rent-stabilized, dont les loyers ne peuvent être augmentés que d’une certaine somme chaque année. Conscient de la plus-values à faire sur buildings achetés un bouchée de pain, rénovés et loués bien plus cher, il a harcelé tous ses locataires, certains présents depuis plusieurs décennies, pour les forcer à quitter les lieux: Coupures d’eau et d’électricité, suppression des gardiens, incendies, fuites, invasions de rats, etc…
    Une recette qui a marché jusqu’à ce que certains locataires portent plainte.
    L’homme fait aujourd’hui l’objet de vingt chefs d’inculpation, y compris fraude fiscale, vol aggravé et pourrait passer ses 25 prochaines années en prison et a été qualifié par le procureur de l’état de New York, « de Bernie Madoff des propriétaires »

  6. One Building, 41 Moon Shots –  / New York magazine

    New Lab
    New Lab

    Installé dans le Navy Yard, l’ancien de New York situé à Brooklyn, au sud de Williamsburg, New Lab est un espace collectif de travail flambant neuf qui accueille uniquement les projets et entreprises « impliqués activement » dans la création de nouvelles technologies « responsables ». L’immense hangar réaménagé offre de nombreuses outils et services spécialisés dans les nouvelles technologies à l’instar cette immense imprimante 3D.
    Vers une nouvelle silicon Valley new yorkaise?

  7. « No Boys Allowed » – Dayna Evans – New York magazine

    New York magazine
    New York magazine

    Un social club exclusivement réservé aux femmes actives et successful dans le coeur de Chelsea à New York vient d’ouvrir ses portes le mois dernier. The Wing repose sur « l’idée que les femmes ont besoin d’un espace diversifié pour rendre leur vie plus facile et leur permettre de se réunir »: un lieu de travail donc, de détente et de networking qui compte parmi ses adhérentes le gotha médiatique, culturel et entrepreneurial de la City (Leandra Medine, Jenna Lyons, Hari Nef, Lena Dunham, Natasha Lyonne) qui charge un abonnement entre 1 500 et 2 000 dollars l’année.
    Une bonne idée si on languissait la présence à Manhattan d’un club élitiste pour le Who’s who de la jeunesse ambitieuse, des wannabee it girl. La créatrice de cet espace, Audrey Gelman, meilleure amie de Lena Dunham, ex-petite amie de Terry Richardson, qui a quitté son job dans une agence de pub pour créer The Wing, a réussi à réunir 2,4 millions de dollars en cinq mois pour ouvrir son espace dédié à « la femme new yorkaise compliquée ».

Le Kiosque de la semaine: 10 – 16 octobre 2016

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Les articles “A LIRE” de la semaine
 sélectionnés parmi les magazines présentés dans le diaporama

 

  1. « How the light gets in » – David Remnick / The New Yorker

    David Remnick, le rédacteur-en-chef du New Yorker nous offre nn portrait magnifique de Leonard Cohen, le chanteur de 82 ans, qui sort sont 14ème album, You Want It Darker.
    A LIRE D’URGENCE!

  2. « War Goes Viral » – Emerson Brooking & P. Singer / The Atlantic

    « Les médias sociaux ont aidé ISIS à recruter quelques 30 000 combattants étrangers dans plus de 100 pays, et les ramener jusqu’aux champs de bataille de Syrie et d’Irak ». L’organisation a annoncé l’invasion de l’Irak via Twitter avec le hashtag #AllEyesOnISIS et a bombardé la plateforme de célébrations de victoire et d’images choquantes de ceux qui ont osé les combattre, en direct, sans que les médias puissent vérifier aucun information: ISIS « est devenu le premier groupe terroriste à occuper physiquement et numériquement un territoire »
    « On a longtemps reconnu dans internet sa capacité à rassembler les gens, cette même technologie est aujourd’hui utilisée comme une arme (…) Les médias sociaux ont tout révolutionné, des affaires au dating en passant par la politique et maintenant, à la guerre, elle-même.

  3. « The Age of Fear » – Neil Strauss / Rolling Stone

    « Si on vit dans l’époque la plus sûre de notre Histoire, Pourquoi avons nous si peur? » Selon le sociologiste Barry Glassner, nous vivons dans la période la plus propice à la peur car il existe des gens et des organisations qui ont le pouvoir et l’argent pour véhiculer ces peurs: « les médias de masse, les compagnies d’assurance, l’industrie pharmaceutique, les groupes de pressions, avocats, politiciens » utilisent et manipulent la peur des gens pour engendrer des milliards de dollars.

  4. « Super Size – The Dizzling Grandeur of 21st-Century Agriculture » – Collectif / New York Times magazine

    Un reportage photos et vidéos sur le paysage agricole américain au 21ème siècle

    * « Big Food Strikes Back » – Michael Pollan: Pourquoi Obama a-t-il échoué avec l’agro-industrie
    *« Pie in the Sky » – Corby Kummer: Comment faire un pizza surgelée qui soit bonne pour la santé
    * « Brand the New Hue » – Malia Wollan: Comment fair eun M&M bleu?

  5. « The White Helmets of Syria » – Jared Malsin / Time magazine

    « Certains d’entre nous qui regardent le conflit depuis l’Occident ont constamment sous-estimé le  bain de sang qui touche la Syrie à empirer. on tend à penser que ça ne peut pas être pire. Et ça n’a jamais cessé d’empirer » Rapporte Noah Bonsey, spécialiste de la Syrie au International Crisis Group. Les 3 000 « casques blancs » sont les volontaires qui tentent aujourd’hui de sauver des vies dans les zones tenues par les rebelles qui sont touchés quotidiennement pas des tirs d’obus du régime ou de la Russie dans lesquelles les casques blancs sont eux-mêmes devenus des cibles

  6. « The Thirty-Year Coup » – Dexter Filkins / The New Yorker

    Le coup d’Etat manqué en Turquie cet été a été attribué par les autorités et son président Erdogan au dissident religieux Fethullah Gülen réfugié aux Etats-Unis depuis vingt ans après avoir échappé aux militaires. « Pour beaucoup en Occident, il représente une tendance positive de l’Islam, qui défend selon Bill Clinton, « les idées de tolérance et de dialogue entre communautés ».
    Il a participé au retour du religieux au moment où Erdogan a pris le pouvoir au début des années 2000, mais ses sermons pro-business, pro-science, et conciliateur envers Israel lui ont vite attiré les foudres des islamistes. Par ailleurs, le mouvement social et religieux qu’il a initié, aujourd’hui très influent dans les médias, les affaires, les syndicats, les écoles de Turquie est devenu une menace pour le régime de son ancien allié, Erdogan. Ce dernier l’accuse aujourd’hui d’être responsable depuis son exil américain du coup d’Etat qui a tenté de le renverser cet été, et qui lui a permis de procéder depuis à des milliers d’arrestations de ses militants en Turquie.

  7. « Saturday Night live’s Weirdo in Chief » – Alex Morris / Rolling Stone

    Reportage et interview de la comédienne Kate McKinnon qui vient de remporter son premier Emmy Award pour ses interprétations diverses, variées et hilarantes dans l’émission satirique de NBC Saturday Night Live, à l’affiche de Ghostbusters cet été, de Masterminds cet automne, et qui est très attendue ces prochaines semaines dans SNL où elle incarne Hillary Clinton à merveille.

  8. « Buzz Off » – Robert Kolker / Bloomberg Businessweek

    La communauté de la ville de Key Haven dans les Key West du sud de la Floride résiste depuis plusieurs années aux tentatives d’expérimentation d’une compagnie de biotechnologie, Oxitec, qui propose des solutions innovantes pour contrôler les moustiques porteurs de virus et du dernier ennemi en date, ZIKA. Mais la population refuse d’être le cobaye des frankenflies, ces moustiques mâles génétiquement modifiés qui agissent comme « des insecticides vivants » et qui doivent libérer par centaines de milliers dans les zones habitées.

  9. « The View from the Valley » – The Editors / The Atlantic

    Un sondage au coeur de la Silicon Valley de 50 tech executives qui répondent a toutes sortes questions d’actualité, de Trump à Peter Thiel, en passant Tulsa ou Marissa Meyer.

  10. « Patagonia » – Brad Wieners / Bloomberg Businessweek

    La marque de vêtements s’est lancé dans la vente de nourriture et boissons saines pour l’homme et la nature

Revue de presse du mardi 27 septembre 2016

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Premier débat présidentiel: Avantage Hillary
Le choix de la couleur de l’ensemble d’Hillary vif a particulièrement marché hier lors du premier présidentiel entre les deux candidats, qui se déroulait à Hofstra University à quelques kilomètres de New York City: Dans un décor tout bleu elle a volé la vedette à un adversaire qui a rapidement perdu son sang froid, entre mimiques, attaques et arguments parfois incompréhensibles.

Si les tous les commentateurs et journalistes s’accordent ce matin sur la bonne prestation de Clinton, pas de réjouissances, puisque de toutes façons c’est ce qu’on attendait d’elle.

La plupart des quotidiens ont plutôt mis l’accent sur un débat haut-en-couleur au cours duquel Donald Trump a parlé 44 minutes contre 41 pour Clinton, il a évité de répondre à quatre questions, a qualifié 26 fois les propos de son adversaire de « faux » et lui a coupé 29 fois la parole.
Des chiffres qui résument la différence de ton entre les deux candidats.

Clinton a-t-elle réussi à convaincre les Millenials, ce jeune électorat qui a massivement soutenu Bernie Sanders durant les Primaires et toujours très critique à son égard?  Elle leur a fait meilleure impression que son adversaire, souvent irrespectueux et agressif , mais sans pour autant les inspirer, et il faudra qu’elle réitère cette prestation, avec plus de profondeur, lors des deux prochains débats, si elle veut gagner leur votes

Quand on parle de « double standard » dans la façon dont Clinton et Trump sont perçus par les médias et les électeurs, le candidat a quand même avoué hier lors du débat:

  • Qu’il ne payait quasiment pas d’impôt en utilisant intelligemment tous les vides juridiques des lois américaines.
  • Qu’il consentait à rendre public ses déclarations d’impôts, « malgré les réticences de son avocat » si Hillary publiait les 30 000 personnels qu’elle a effacé de sa messagerie privée.
  • Qu’il a refusé de louer des appartements à des afro-américains et latinos dans les années soixante-dix mais qu’il a signé une clause qui le déclarait non-coupable
  • Qu’il soutenait désormais l’OTAN car l’organisation a suivi ses conseils et mis en place un cellule anti-terroriste – un projet prévu depuis longue date qui n’a rien à voir avec Trump.
  • Qu’il avait fait un job extraordinaire avec sa compagnie, ses hôtels, sa marque, ses employés et que si il lui est arrivé d’oublier d’en payer certains, c’est parce qu’ils avaient sans doute fait du mauvais travail
  • Concernant les insultes faites aux femmes, Trump a réitéré celles lancées contre Rosie O’Donnell, qui l’avait critiqué, en la traitant de « grosse vache », de « chienne » et en expliquant qu’elle le méritait.
  • Enfin, il s’est retenu à la toute dernière fin, de révéler les affaires extra-conjugales de Bill Clinton, car il est trop élégant pour cela.

Les 50 personnalités les plus influentes selon Bloomberg Businessweek
C’est la sixième édition du classement de ceux qui commandent les marchés financiers, et on trouve quelques outsiders, à l’instar de John Oliver, le présentateur du Late Night sur HBO. Autrement Mark Zuckerberg est 39ème, Vladimir Poutine 30ème, le fondateur d’Ali BaBa, Jack Ma arrive à la 17ème place, Angela Merkel à la 6ème, Hillary Clinton et Donald Trump sont au coude à coude à la seconde place et enfin la podium revient à Theresa May, premier ministre du Royaume-Uni, qui a tout à gagner si elle conclut de bonnes négociations sur le Brexit de son pays.

« Life on a ledge »
Un journaliste du Chicago Sun-Times assiste depuis sa fenêtre au suicide d’une femme du haut de son immeuble et comment ce geste brutal vient affecter ceux en sont témoins tout comme ceux qui connaissaient la victime.
« En parlant à mes voisins, à la police, aux pompiers, à ses meilleurs amis, son petit ami et sa mère, j’ai pensé qu’écrire la dessus donnerait un visage à un personne dont le suicide a eu des effets qu’elle n’aurait sans doute jamais imagine sur les gens qu’elle à touché, dans la vie et dans la mort »
L’histoire offre différents points de vue personnels et formels: le témoignages des proches, la rapport de police constatant la mort, la bande audio des policiers lorsqu’elle saute qui racontent les derniers instants de Kendra Smith, décédée à 44 ans, le 06 mai 2016.

Capture d'écran de l'article du Chicago Sun-Times paru en ligne le 25 septembre 2016
Capture d’écran de l’article du Chicago Sun-Times paru en ligne le 25 septembre 2016

Le Kiosque de la semaine: 26 Sept – 03 Oct. 2016

 

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Les lectures de cette semaine – En bleu ce que Le Kiosque vous conseille

 

Rolling Stone: « 100 Greatest TV shows of all Time »  

Rolling Stone - Edition du 6 Octobre 2016: "Greatest TV Shows of all time"
Rolling Stone – Edition du 6 Octobre 2016: « Greatest TV Shows of all time »

* « Who owns Prince Legacy? »

* « Heroes and Villains« : la sortie des mémoires de Brian Wilson et Mike Love sur leur expérience des Beach Boys

*  « Inside the summer of Hell and High Water » sur la question du changement climatique aux Etats-Unis touchés cette année par des incendies en Californie, des inondations en Louisiane et des ouragans en Floride, Hawaï et en Nouvelle Angleterre.

*  « 100 Greatest TV shows of all Time » – sans grand intérêt
1. The Sopranos, 2.The Wire, 3.Breaking Bad, 8.Saturday Night Live, 17. Twin Peaks, 24. Friday Night Lights, 37. Orange Is the New Black, 43. The Americans, 72. Girls, 83. House of Cards, 91. Broad City, 97. Portlandia, 99. Oz
The Washington Post a d’ailleurs publié la sienne

* « Hillary Vs the Hate Machine«  ou comment « des décennies d’attaques de la droite ont transformé une militante du droits des femmes en une plateforme haineuse de l’Amérique »

***


Bloomberg Businessweek
: « Don’t, Won’t Can’t, Leave Home Without It »

Bloomberg BunsinessWeek - Edition du 26 septembre 2016: "Don't Won't Can't leave home without it"
Bloomberg BunsinessWeek – Edition du 26 septembre 2016: « Don’t Won’t Can’t leave home without it »

* Opening Remarks: « Why is Venezuela isn’t on the Verge »
* « Samsung’s $2billions mistake«  sur le rappel de 2,5 millions de Galaxy Note 7 dont les batteries explosent. Samsung a essayé de sortir rapidement un téléphone innovateur pour concurrencer le Iphone 7 de son « archrival », Apple.

* « The Little Blue Dot Irritating Nebraska’s GOP« . Dans le Nebraska, à majorité républicaine, la plus importante ville de l’état, Omaha, est un enclôt libéral qui pourrait bien pencher pour Hillary, comme elle l’avait fait pour Obama en 2008, et rapporter un grand électeur aux Démocrates en Novembre prochain.

* « Bloomberg 50’s Most Influential »: 1. Teresa May, 2. Ex-aequo Hillary Clinton et Donald Trump, 6. Angela Merkel, 50. John Oliver

* « You Swiped My Heart« : How Chase turned a Credit Card into an Obsession »: Comme la banque américaine Chase attire ses clients grâce à des cartes de crédit aux systèmes de points et miles très avantageux.

* « Miracle Whipped« : Comment un fabricant de mayonnaise végétalien a convaincu la Silicon Valley qu’il dirigeait une entreprise de haute technologie qui allait changer le monde.
La compagnie avait auparavant engagé des contracteurs pour aller acheter de grandes quantités de leur produits dans les supermarchés afin que ses derniers en recommandent.

***

 

The New Yorker – Shift de Chris Ware

The New Yorker - Edition du 3 octobre 2016: "Shift" by Chris Ware
The New Yorker – Edition du 3 octobre 2016: « Shift » by Chris Ware

* Talk of The Town:
« The Fear Factor » sur l’exploitation du danger islamique aux Etats-Unis et dans la campagne présidentielle américaine
« Smarty Pants » sur la naissance de Slate et du « Slateyness », l’un des premiers site d’infos exclusivement en ligne, il y a vingt ans avec le soutien de Microsoft

* « In the Balance » sur la Cour Suprême des Etats-Unis dont la nomination du 9ème juge par le prochain président pourrait bien faire bousculer vers la gauche

* « Lady Bits » sur « la comédie radicale » d’Ali Wong

* « The Cuba Play » sur les relations normalisées entre Cuba et les Etats-Unis, et les conséquences qu’elles auront sur le futur du pays.

* « Germany’s New Nationalists » sur le nouveau visage inattendu de l’extrême droite allemande, Frauke Petry

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New York Times magazine – Special voyages

The New York Times magazine - Edition du 25 septembre 2016: "The Voyage Issue"
The New York Times magazine – Edition du 25 septembre 2016: « The Voyage Issue »

« Voyages, Visual journeys by 6 photographers ». Un reportage interactif et des photos à couper le souffle prises en Ethiopie, Albanie, Australie, Finlande, Pérou et Espagne

* « On the Road ». Sur le métier de photographe professionnel à l’heure d’Instagram et de la démocratisation de la photo et du tourisme de masse.