15.09.17

 

1. Une semaine en Trumplandia

 

    • Une semaine calme et plutôt productive à la Maison Blanche avec un président « libéré » qui « agit comme un boss après des mois passés dans la claustrophobie de la West Wing », frustré par les leaders républicains avec qui il a été incapable d’assurer une des grandes législations de son programme : abrogation et remplacement d’Obamacare, la réforme fiscale… Et qui explique la main tendue vers les Démocrates.
      Comme l’explique Jonathan Swan de Axios, « Trump n’est loyal qu’envers lui-même » et « cherche à tout prix à trouver des accords » et c’est la première fois depuis le début de la présidence qu’il reçoit une couverture « médiatique positive ».

 

  • Une nouvelle dynamique influencée par le chef de cabinet, John Kelly, arrivée cet été qui a limité l’accès des personnes et des informations dans le bureau ovale, et parmi eux, les plus zélés de la droite dure ou les amateurs du cercle du milliardaire

 

  • Concernant les réactions effarées des conservateurs et supporters de Trump mercredi soir après l’annonce d’un accord avec les Démocrates en faveur des « dreamers », le président a tenté de limiter la casse hier en parlant d’une solution qui offrirait aux 800 000 jeunes migrants un chemin vers l’amnistie et non pas vers la citoyenneté et a réaffirmé sa volonté de construire le mur.
    Il n’empêche, Breitart a tenu à faire passer le message sur sa page d’accueil:

 

  • Aux dernières nouvelles, et contrairement aux démentis lancés sur son compte Twitter hier, Trump, a conclu jeudi un semblant d’accord avec ses nouveaux BFFs (« Best Friends Forever »), Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] qui protege les jeunes migrants arrivés illégalement et la mise en place d’un renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière – qui exclut le financement du mur.
    La majorité républicaine qui a été mis de côté lors des négociations mais s’est dit prête à suivre le président tout en rappelant qu’il était nécessaire qu’il travaillent de paire.

 


Les robots journalistes du Washington Post

 

  • Il y a un an, le Washington Post a commencé à utiliser Heliograf, une technique d’intelligence artificielle capable de produire des articles courts et uniquement factuels. Depuis le robot-journaliste en a écrit près de 850, dont 300 sur les jeux olympiques de Rio, 500 sur les élections des gouverneurs des Etats et le reste sur des rencontres sportives locales. 
    Le langage est rudimentaire, le récit s’en tient aux faits mais l’information est
    Heliograf rapporte de l’audience (les articles sur les campagnes électorales ont rapporté cinq cent mille clics), permet aux journalistes de se concentrer sur des reportages de fonds et des analyses, devrait fournir des informations de plus en plus précises aux journalistes et déceler les tendances, et enfin offrir aux lecteurs un contenu plus personnalisé à travers davantage d’informations plus locales.

    « The Washington Post’s Robot reporter has published 850 articles in the past year » – Digiday

 


Must Read: La rédemption de Michelle Jones

 

  • En 1996, Michelle Jones, a été condamnée à 50 ans de prison pour le meurtre, avoué, de son fils de quatre ans qu’elle a eu à la suite d’un viol. Elle en est sortie cette année pour bonne conduite et d’excellentes performances scolaires:

    « A travers un exemple de réhabilitation exemplaire, Mme Jones, aujourd’hui âgée de 45 ans, est devenue derrière les barreaux une spécialiste de l’histoire américaine dont les travaux ont été publiés, présentés en vidéoconférence devant une assemblée d’historiens et l’Assemblé générale de l’Indiana (….) NYU est l’une des meilleures universités à l’avoir accepté dans son programme doctorale. Elle faisait également partie des 18 sélectionnés pour le programme d’histoire de Harvard sur les trois cent dossiers retenus. Mais dans une décision inhabituelle prise contre l’avis du Département, la direction de Harvard a annulé son acceptation craignant qu’elle ait édulcoré son crime dans son dossier d’application (…) et inquiet que son passé ne fasse jaser parmi ceux qui ont été rejeté du programme, les médias conservateurs ou les parents d’élèves »

    « From Prison to Ph.D.: The Redemption and Rejection of Michelle Jones » – The New York Times

 


Reality Show politique

 

  • On le répétera encore et toujours, nous vivons une époque où tout est politisé: ce qu’on mange, ce qu’on lit, où on habite, avec qui ont sort. Vice l’a bien compris et prépare une émission de télé-réalité politique dans laquelle des individus entre 18 et 45 ans de toutes les origines et bords politiques confondus vivent ensemble pendant plusieurs semaines … à Washington

    Si vous êtes passionnés par la politique et que vous êtes prêt à tout – y compris à apparaître dans une émission de télé-réalité – pour vous faire entendre. Que vous rêviez de devenir politicien ou pensiez que les politiciens sont des pourris, que vous pensiez que c’est mieux d’être jugé par douze que par six, ou que Obama aurait du interdire les armes à feu; ou si vous voulez simplement changez le monde et que vous êtes assez fort pour confronter vos idées contre vos adversaires politiques devant des caméras, vous nous intéressez.

  • C’est encore un projet et s’il est accepté. le tournage devrait commencer à Washington au printemps prochain et devinez quoi? J’ai déposé ma candidature.

 


Podcast: « Child Marriage in America »

  • Nouvelle série d’enquêtes de la chaîne PBS intitulée « The Frontline Dispatch » disponible uniquement en podcast, avec comme premier thème, « les mariages d’enfants aux Etats-Unis » où plus de deux cent mille mineurs se sont mariés légalement entre 2000 et 2015

 


The David Carr Generation

 

  • David Carr était l’un des plus brillants journalistes de sa génération, passé par le Twin Cities Reader (Minnesota) puis Washington City Paper (D.C.) avant de terminer sa carrière à New York, où il collabore au New York magazine, The Atlantic et finit sa carrière avec une colonne média hebdomadaire au New York Times. Il est l’un des principaux protagonistes du documentaire « Page One: inside The New York Times » qui évoque ses années de dépendance à l’alcool et crack, qu’il relate dans une autobiographie best seller, « The Night of The Gun ».
  • David a été un mentor pour une nouvelle génération de reporters aussi doués parmi lesquels figurent Ta-Nehisi Coates, Neil Drumming, Jack Tapper, Jelani Cobb ou Brian Stelter qui lui rendent hommage dans cet article de The Atlantic

 


La couverture du Jour

  • Magnifique couverture!

Le kiosque du week-end: 19-20.08.17

 

 

Cette semaine, on part à la rencontre de Julian Assange dans un long article du New Yorker sur ses années d’isolement dans l’ambassade équatorienne de Londres, sur la semaine catastrophique de Trump; une analyse des « Angry White Boys » dans National Review et l’appel à l’action d’une journalisme américaine face au racisme; et enfin les éditions dominicales.

 

1. Bannon, le Barbare

 

 

  • C’est le dernier évènement (positif?) d’une nouvelle semaine – de vacances – catastrophique pour le président et son administration: Le départ de Steve Bannon, architecte de la victoire du candidat républicain et du programme « America First » et chef du clan des « nationalistes économiques » de la Maison Blanche, qui a annoncé dans la foulée retrouver la place qu’il occupait il y a tout juste un an, à la tête de Breitbart News.

 

  • Le lendemain de son départ, Steve Bannon a annoncé « partir en guerre pour Trump contre ses adversaires – à Washington, dans les médias et les grandes entreprises américaines » et surtout les « démocrates de la West Wing »: Ivanka Trump, son mari Jared, le conseiller économique Gary Cohn et Dina Powell, adjointe du conseiller à la sécurité nationale.
    Il compte, avec le soutien financier du milliardaire Bob Mercer, développer Breitbart et une nouvelle entreprise de média capable de concurrencer Fox News, qui selon Bannon, serait en train de virer centre droit sous l’influence des deux fils de Murdoch.

 

  • Donald Trump a salué le retour de Steve Bannon à Breitbart News où il sera plus utile à « attaquer les ‘fake médias’ [qui] ont besoin de concurrence. »
    Selon Mike Allen, « les discussions politiques au niveau national vont empirer, devenir de plus en plus toxiques, avec une lutte au sein de la droite qui pourrait être bien plus personnelle et âpre que les hostilités entre Républicains et Démocrates. »
    Si Trump ne supporte pas Bannon en ce moment, ce dernier va continuer à l’influencer car les deux hommes sont plus proches idéologiquement que le président ne l’est des « New Yorkais modérés » – Ivanka, Jared et Gary Cohn.

 

  • Dernière nouvelle: Sebastien Gorka, proche de Bannon, devrait lui aussi quitter la Maison Blanche

 


2. Julian Assange en exil

 

  • Julian Assange vient de passer les cinq dernières années de sa vie exilé et reclus dans l’ambassade équatorienne de Londres, surveillé 24 heures sur 24 par ses hôtes et les services secrets anglais, prêts à l’arrêter le jour où il sera obligé de sortir. Le journaliste du New Yorker, , qui le suit depuis ses premières aventures avec Wikileaks, en 2010, nous raconte le quotidien cauchemardesque de cet héros/vilain qui a tout sacrifié au nom d’une certaine conception de l’information.

L’univers d’Assange ces cinq dernières années s’est réduit à 30 mètres carrés qui se répartissent en une suite privée et quelques pièces qu’il partage avec le personnel équatorien. « C’est comme vivre dans une navette spatiale » l’un de ses amis m’explique. Pour des raisons de sécurité et parce que les paparazzi le guettent parfois en bas de l’immeuble, il ouvre rarement les rideaux durant la journée et se met rarement au balcon. Il vit dans un état de crainte permanente, celle de voir l’ambassade assiégée à tout moment. Après son arrivée [en 2012], les Anglais ont essayé de retirer les protections diplomatiques de l’ambassade pour l’appréhender de force. Ce à quoi le premier ministre équatorien a répondu: « Nous ne sommes pas une colonie britannique ».
Assange m’avait lors dit, certain d’une arrestation imminente, qu’il avait préparé une paire de menottes pour s’attacher physiquement au consul équatorien. Après cela, les officiers anglais sont restés stationnés dehors et le harcelaient en frappant contre les murs à 4 heures du matin, et pendant un moment il a dormi dans une chambre différente toutes les nuits.

  • Si « l’ange déchu » est entouré quotidiennement par une poignée de fidèles activistes, soutenu par des amis et autres célébrités – la dernière en date, Pamela Anderson à qui on lui a prêté une relation – l’enfermement l’a diminué physiquement et psychologiquement; et son intervention très controversée lors de la campagne présidentielle américaine – la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton qui ont fragilisé la campagne de la candidate – l’ont isolé un peu plus sur la scène internationale.

George Gittoes [un artiste australien et ami de Assange] a tenté de m’expliquer la complexité de son soutien pour Assange.
« Je n’arrive pas à comprendre sa vision de Trump mais je lui laisse le bénéfice du doute (…) La raison pour laquelle je supporte Julian et que je le considère comme une inspiration est très simple. Il prouve qu’un individu peut encore s’opposer à des pouvoirs vis-à-vis desquels nous nous sentons tous oppressés. »

  • Aujourd’hui Assange n’a pas d’autre choix que d’accepter ceux qui sont encore prêts à le défendre et le soutenir, y compris Sarah Palin, Sean Hannity et autres trolls de l’alt-right qu’il « est content de voir intéressés par le projet de Wikileaks ».

    « Julian Assange, A Man Without a Country » – Raffi Khatchadourian / New Yorker

 


3. « Angry White Boys »

 

  • Excellente et violente critique de Kevin Williamson dans la revue conservatrice – et anti-Trump – National Review sur les militants des groupuscules d’extrême droite qui ont manifesté à Charlottesville en Virginie la semaine dernière, des « nationalistes blancs » qui n’ont aucun autre message que la colère et la haine de l’autre:

    Les jeunes blancs en colère n’ont aucun programme politique sérieux. Ils n’ont aucune revendication comme les Teamsters [le syndicat des conducteurs routiers américains] ou PETA [People for the Ethical Treatment of Animals], ils n’ont pas doctrine idéologique comme les Communistes, bien que ce serait faux de dire qu’ils n’ont aucune idéologie. Leur programme, c’est leur colère, une colère difficile à comprendre (…) Ils aiment se faire passer pour des « alpha males » comme si ils appartenaient à une troupe de chimpanzés – mais ça ne leur vient jamais à l’idée de se considérer comme des hommes déchus et rejetés. (…)
    Ce sont les produits d’une société libérale et démocratique tolérante qu’ils détestent – et à laquelle ils dépendent à la fois. (…)
    Qu’est-ce que recherchent ces jeunes blancs en colère? Le fait qu’ils se rassemblent pour se déguiser – et jouer à des jeux de cowboys et d’indiens parfois meurtriers – apporte un semblant de réponse. Ils veulent être autre chose que ce qu’ils sont. C’est la grande ironie de la politique identitaire: ils sont à la recherche d’une identité au sein d’une tribu car ils ont échoué en tant qu’individus.

  • « Angry White Boys » – Kevin D. Williamson / National Review

 


4. « Leçons de vie »

  • Kim Kingsley – ancienne directrice de Politico – revient sur le racisme ordinaire qu’elle observe depuis toujours dans sa ville natale de Pennsylvanie et sur la nécessité, en tant que « blanche », de sortir de sa bulle pour essayer de comprendre l’origine de ces comportements et de ces préjugés et de les combattre.

    Les suprémacistes blancs, manifestants néo-nazis de ce weekend sont des gens que l’on connaît. On les rencontre chaque jour, ce sont parfois des proches, et bien plus intégrés dans les infrastructures culturelles, institutionnelles, et politiques de ce pays qu’on ne le pense. Mais on n’en parle pas. Certains pensent que ca va disparaitre d’un jour à l’autre, certains que ce n’est pas un problème à régler et enfin d’autres n’ont aucun problème avec cela (…)
    Ce que j’espère, c’est qu’on puisse aujourd’hui sortir de notre univers confortable et confronter une réalité qui l’est moins.(…)
    Observons autour de nous, essayons d’analyser la diversité sur notre lieu de travail et comment l’améliorer. Ce n’est pas à la poignée d’employés issus des minorités de militer pour davantage de diversité. Ce sont les employés « blancs », quelles que soient leur position au sein de l’entreprise, qui ont la responsabilité de créer un lieu de travail où il y ait davantage de diversité au sein du personnel et des opinions, et prouver les bénéfices que pourraient en tirer l’entreprise.

    « My Life Lessons in Rust Belt Racism » – Kim Kingsley / Medium

 


5. Les editions dominicales

 

  • « Wrong Way » – Enquête du Tampa Bay Times à St Petersburg en Floride, où Isaiah Battle comptabilise à 15 ans le plus grand nombre de vols de voiture du comté de Pinellas.

    [Le journal] a identifié 14 enfants arrêtés pour avoir volé au moins cinq voitures entre janvier 2015 et juin 2016 (…) Tous ces délinquants sont males. Douze sont noirs, un est asiatique et un est blanc (…) La majorité à été évincé au moins une fois; quelques familles comme celle d’Isaiah, ont été expulsés à trois reprises.Tous viennent de familles brisées. Les parents ont porté plainte les uns contre les autres sur des tests de paternité et la pension alimentaire. Certains sont partis vivre en foyer. L’un a fugué. Onze ont vécu la violence domestique, leur mère battues par leur petits-amis, parfois devant eux. Six ont été victimes d’abus ou de négligence (…) Neuf étaient suspectés dans des rapports de police avant leur quatorzième anniversaire.

 

  • L’édito de l’Indianapolis Star, « Let’s Stand Against Hate. Together », en première page est un appel de plus cette semaine de la part de nombreux médias après les évènements de Charlottesville:

    Dans un moment aussi difficile, il est tentant de passer à autre chose – laisse le temps et le renouvellement de l’information nous distraire d’une réalité difficile qui est ressortie ces derniers jours. Mais il est nécessaire de faire face aux profondes divisions sur la race, la religion et l’ethnicité. Il est nécessaire de commencer un travail de fond pour renverser ces divisions.

Le Kiosque du 07.06.17

 

 

1. Une administration au bord de la crise de nerfs

  • L’administration Trump est une de cour royale dans laquelle le président s’est entouré d’un nombre restreint de conseiller sur lequel il a tous les droits, qui lui doivent une loyauté absolue, et qu’il soutient, tourmente et humilie publiquement selon ses humeurs.

     

    Il existe certains sujets et comportements qui fâchent sa majesté et heurtent son ego:

    • La Russie: Le poison de cette présidence auquel ont goûté beaucoup de proches du président, notamment l’ambassadeur russe de Washington, Sergueï Kislyak: le soldat Flynn qui a démissionné début février de son poste de secrétaire à la sécurité nationale; Jeff Sessions, à qui Trump ne pardonne pas de s’être récuser de l’enquête du FBI sur la campagne de Trump et qui dû a nommé un procureur indépendant à sa tête, Mr Mueller après le renvoi de James Comey. Sessions a proposé de démissionner pour apaiser la colère du président. 
    •  

    • La couverture médiatique. Trump est celui qui mène le show. Gare à celui qui lui fait de l’ombre comme a pu s’en rendre compte Steve Bannon, critiqué pour avoir fait la couverture de Time magazine deux semaines après l’investiture, Sean Spicer dont les conférences de presse sont devenues trop populaires, Kellyanne Conway qui s’est discréditée sur les plateaux de télés et dernièrement son gendre Jared Kushner, sur qui il a récemment plaisanté: « Jared est devenu bien plus célèbre que moi et ça m’agace » – il vient de faire lui aussi la couverture de Time magazine la semaine dernière.
    •  

    • Manque de charisme/affinités. Trump n’aime ni la médiocrité (Reince Priebus son chef de cabinet) ni ceux qui parlent trop (McMaster, nouveau secrétaire à la sécurité intérieure)
  • La seule qui s’en sort bien, c’est Ivanka Trump, … et Hope Hicks
  •  

  • Ceux arrivés plus tôt sont devenus les principales cibles (Sessions, Spicer, Priebus) et les derniers sont plutôt épargnés (Gary Cohn et Dina Powell)

 

 

 


2. Les 27 mots du président

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    Selon Politico, Donald Trump aurait dû réaffirmer le soutien des Etats-Unis envers l’OTAN dans son discours de Bruxelles le 25 mai dernier qui contenait originellement ce segment:

     

    Devant les menaces multiples auxquelles nous devons faire face, je suis ici avec un message clair: l’engagement américain envers l’alliance de l’OTAN et l’article est inflexible

     

  •  La phrase a été approuvée par le Pentagone deux jours plus tôt, le Conseil National de Sécurité et le Département d’Etat.
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  • Mais elle a disparu du discours de Trumpà la surprise et « la consternation de sa propre équipe de sécurité nationale » rapporte le site d’information – obligeant une fois de plus les haut responsables de l’administration, le vice-président Mike Pence, le conseiller à la Sécurité Nationale et le secrétaire de la défense, Jim Mattis, à réparer la bourde.
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  • La Maison Blanche a admis que le discours avait été modifié au dernier moment et sans consultation mais Sean Spicer, son porte-parole, affirme que cela n’a aucune importance.
    Stephen Miller et Steve Bannon, les conseillers « ultra-nationalistes » du président, auraient convaincu le président de retirer la phrase.

 

 

 


3. Le changement climatique fait aussi polémique dans les écoles

 

  • Plongée dans une salle de classe d’Ohio, où certains élèves refusent l’idée de changement climatique, où « la science n’a pas forcément toujours raison » et où les enseignants sont critiqués pour enseigner les problèmes liés à l’environnement aux élèves.
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    Dans une époque ultra-politisée comme celle de Trump, la guerre culturelle a bien envahi les écoles et les lycées du pays.

     

    « Originellement lié à des intérêts proprement économiques, le climatoscepticisme reflète les idéaux conservateurs de dur labeur, de gouvernement limité et de ce que les gens appellent l’auto-suffisance »

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  • « Ce que les gens pensent du réchauffement climatique ne reflète pas forcément ce qu’ils savent, mais ça reflète qui ils sont » explique une chercheuse de Yale spécialisée dans la polarisation politique.
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  • Les problèmes de changement climatique ne sont pas une priorité dans les régions pauvres des Etats-Unis, ravagées le chômage et l’épidémie d’héroïne; et certains Etats, comme l’Idaho en février, sont même allés jusqu’à enlever son enseignement des programmes scolaires – pourtant l’un des rares endroits où ils seront à même d’en entendre parler.

 

 

 


4. « The Kids are alt-right »

 

Buzzfeed

 

  • La jeune génération qui grandit dans l’Amérique de Trump paye elle aussi les consequences du comportement tout sauf exemplaire du président: « Les enfants citent Trump pour harceler leurs camarades et les enseignants ne savent pas comment réagir » rapporte une enquête de Buzzfeed réalisée sur l’ensemble du pays.
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  • Le site a relevé une cinquantaine d’incidents dans 26 Etats différents au cours desquels des élèves de primaire s’en sont pris verbalement à leurs copains afro-américains, mexicains, asiatiques ou encore juifs en reprenant les propos controversés du président 

     

    La première année de présidence de Donald Trump laisse les éducateurs désarmés face à la gestion du climat de misogynie, d’intolérance religieuse, d’insultes, d’exclusions qui appartient désormais au discours politique.

     

  • Il est plus compliqué pour les professeurs d’enseigner les valeurs de respect, d’écoute et d’empathie quand le président les malmène quotidiennement et nécessaire d’accepter une dure réalité dans laquelle « l’intolérance religieuse et le racisme influencent la façon dont les enfants parlent, plaisantent et se disputent ».

 

 


5. Breitbart aussi essoufflé que l’administration

Daily Beast

 

  • Le site alt-right, antenne officielle de la nouvelle administration, qui a explosé l’année dernière en soutenant le candidat Trump dès les primaires républicaines, et convaincu des millions d’internautes avec ses articles « politiquement incorrects » passe une période difficile. 
     

    Un business qui repose sur la critique a bien moins de succès quand il est obligé de se défendre

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  • Breitbart a dominé et influencé la campagne présidentielle en 2016 avec des scores triomphants: Avec deux milliards de pages visitées en 2016 et 45 millions de visiteurs par mois, le site a atteint début janvier la 45ème place dans le classement des sites les plus visités devant Fox News (47ème), Huffington Post (50ème), Washington Post (53ème) et Buzzfeed (64ème) et réalisé un record en février en atteignant le 29ème place.
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  • Trois mois plus tard, Breitbart a chuté à la 281ème place
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  • Le site peut difficilement capitaliser sur les scandales à répétition de Trump et son administration qui domine l’actualité depuis des mois, et quand il les couvre, c’est grande conviction. C’est donc une double perte pour Breitbart
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  • Son expansion européenne n’a pas réussi à franchir le continent, en France où avec la perte de Marine Le Pen, et en Allemagne qui devrait ré-élire Angela Merkel.
  • Selon Digiday, ce sont aussi les annonceurs qui boudent le site: 26 marques ont été recensées sur le site au mois de mai contre 242 en mars.

 

 


6. Le reste des informations

  • Forbes a fouillé dans les relevés de compte de la fondation Eric Trump, et contrairement aux propos de l’intéressé, Donald Trump aurait fait payé à son fils cadet la location de son golf de Westchester dans l’Etat de New York pour son gala annuel de charité en faveur des enfants du cancer.
    Les frais d’opération auraient augmenté de 50 000 dollars en 2012 à plus de 300 000 dollars en 2015
  • The Intercept est dans le colimateur de Julian Assange, qui offre 10 000 dollars au reporter imprudent qui a publié le document envoyé par lanceuse d’alerte, Reality Winner, et a mené à son arrestation samedi dernier. Le site internet spécialisé dans la publication de fuites est « responsable de cet échec catastrophique »Politico
  • Pour essayer de convaincre les Républicains de financer le fameux mur qu’il a promis à ses électeurs, le président a proposé de le recouvrir de panneaux solaires et de le rembourser avec l’électricité produite. Il a autorisé les parlementaires à évoqué le projet en mentionnant qu’il s’agissait de l’idée du président – Axios
  • La ville de Portland vient d’autoriser la construction du premier immeuble en bois, de douze étages, appelée « FrameWork » et dont la construction débutera cet automne – AP
  • Tous les éditoriaux au vitriol contre Donald Trump publiés par le Los Angeles Times pendant la campagne présidentielle et après sa victoire aux élections, disponible sur le site, sortira en librairie cet été chez Heyday sous le titre « Our Dishonnest President ».
  • Scott Pruitt, architecte du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et actuel directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, a affirmé dimanche à la télé américaine que les Etats-Unis avaient créé 50 000 emplois dans l’industrie minière. Une erreur grossière puisque l’industrie minière compte actuellement 50 000 emplois: l’augmentation n’a été que de mille emplois.
    On ne sait pas s’il a fait exprès étant donné que Trump s’est donnée pour mission de raviver cette industrie polluante en déclin depuis trente ans.

    Le déclin de l’industrie minière aux Etats-Unis

Le Kiosque du 06.06.17: Tweets, fuites, leaker, Trumpileaks & Looney Tunes

 

1. Un président « out of control »

  • La « twitterstorm » de Donald Trump lundi pourrait « affaiblir son agenda et les pouvoirs de la présidence » s’inquiète ce matin le Wall Street Journal:

    Certains personnes avec un penchant pour l’auto-destruction ont parfois du mal à se gérer, il semblerait que Donald Trump en fasse partie (…)

     

      • Il a critiqué le maire de Londres et ses excuses « pathétiques » concernant la gestion des attentats de Londres – Trump a utilisé les commentaires de Sadiq Khan hors de son contexte.
        Ce dernier a demandé au président d’annuler son voyage officiel en Angleterre.

     

      • Il a critiqué le département de justice américain, et son General Attorney, Jeff Sessions, pour avoir « édulcoré » le second décret anti-immigration « politiquement correct » qu’il a signé après la suspension de la version originale par un juge de la cour d’appel fédérale de Washington en février.

     

    • Il a qualifié ce second décret « pour ce qu’il est » et « pour ce dont le pays a besoin »: « UNE TRAVEL BAN ». L’utilisation de cette terminologie compliquer l’appel déposé par Département de Justice devant la Cour Suprême des Etats-Unis qui doit annoncer prochainement si oui ou non elle veut reconsidérer un appel.

 

  • Le quotidien économique de conclure:

    En d’autres termes, avec 140 lettres, Mr Trump a fragilisé sa position en provoquant un petit incident diplomatique, a prouvé que la loyauté qu’il demandait aux autres n’est pas réciproque, il a retardé ses objectifs, et gâché du temps qu’il aurait pu consacrer à l’assurance-santé, la réforme fiscale, ou « la semaine de l’infrastructure ».
    Une nouvelle preuve que le pire ennemi de la présidence de Trump est Donald J Trump

 


2. Faut-il écouter Trump sur Twitter?

    • Hier, Kellyanne Conway, conseillère du président, a une fois de plus accusé les médias d’être obsédés par les tweets de Donald Trump. 
    • Sebastian Gorka, un ancien de Breitbart, qui travaille à la Maison Blanche, a ajouté qu’il ne fallait pas les prendre au sérieux et que seuls les décrets signés par le président comptaient.
    • Sa porte parole, Sarah Sanders Huckabee, a affirmé le contraire en conférence de presse un peu plus tard: les tweets lui permettent « de s’adresser directement aux Américains sans passer par le biais des médias qui filtrent ces communications »

 

  • Le mot de la fin de l’intéressé ce matin:

    Les faux médias mainstream essayent tant bien que mal de m’empêcher d’utiliser les médias sociaux. lls ne supportent pas que je puisse parler honnêtement sans passer par eux (…)
    Désolé, mais si j’avais dû me fier aux Fake News de CNN, NBC, ABC, CBS, Washpost ou nytimes, Je n’aurai eu aucune chance de gagner

     

  • Selon le Wall Street Journal, des proches du président ont essayé de le persuader d’arrêter de poster « tout ce qui lui passe par la tête »  sur les médias sociaux et de demander auparavant le conseil d’avocats. En vain. 
  • Le président américain semble très agité sur les réseaux sociaux ces derniers jours, sans doute à cause du témoignage du directeur du FBI, James Comey, devant une commission du Sénat, jeudi.

 


3. Le président détruit mais ne construit rien

 

    • Depuis quatre mois, Donald Trump s’est employé à détruire systématiquement les lois, décrets et règlementations mises en place par Barack Obama sur la santé, l’environnement, le commerce, les finances, le travail, conformément à ses promesses de campagne.
      Pour cela il a eu recours au « Congressional Review Act », qui permet à un nouveau président d’annuler les décrets pris par son prédécesseur: Trump l’a utilisé à 14 reprises alors qu’il n’avait été utilisé seulement qu’une fois ces vingt dernières années.

 

  • Mais le président et les Républicains n’ont pas achevé grand chose depuis janvier: les deux décrets anti-immigration ont été suspendus par des cours fédérales, la réforme de la santé, votée à la va-vite par les Représentants républicains consiste essentiellement à éliminer Obamacare, le désastreux budget 2018 a peu de chances de passer devant le Sénat.
    La réforme fiscale, le mur à la frontière mexicaine et le projet d’un milliard de dollars consacrées infrastructures du pays n’ont pas encore été présentés.
  • « Trump is finding it easier to tear down old policies than to build his own »Washington Post

 


4. Vive les fuites!

  • Sans les fuites, nous n’aurions pas appris entre autres:
      • Les relations entre l’ambassadeur russe à Washington, Serguei Kisliak et Michael Flynn, secrétaire à la sécurité nationale (qui a précipité sa démission), Jared Kushner, proche conseiller de Donald Trump ou encore Jeff Sessions, ministre de la justice.
      • Les tentatives de séduction opérées par le président auprès du directeur du FBI pour qu’il arrête son enquête sur Michael Flynn, et emprisonne les journalistes.
      • L’atmosphère délétère et les luttes d’influence au sein de la Maison Blanche.

     

  • Les fuites qui viennent des services de renseignement et de la Maison Blanche depuis l’investiture de Donald Trump et qu’il condamne le plus fermement possible, sont une bénédiction pour les journalistes et l’opinion publique écrit Margaret Sullivan dans le Washington Post:

    Dans un gouvernement de plus en plus obsédé par le secret et par la volonté de tout classer « confidentiel », les fuites sont nécessaires. Même s’il existe des risques concernant la sécurité nationale, je préfère vivre dans une Amérique qui fuit plutôt qu’un pays hermétique – dont les journalistes et lanceurs d’alerte sont derrière les barreaux

     

  • « Of course, Washington is plagued by leaks. That’s a good thing. » – The Washington Post

 


5. Un premier leaker arrêté

L’article de The Intercept avec une photo du document confidentiel
    • Reality Leigh Winner, 25ans, employée de Pluribus International Corporation en contrat avec le gouvernement, a été arrêtée samedi par le FBI pour avoir photocopié début mai un rapport confidentiel de la NSA concernant une cyber-attaque de l’espionnage militaire russe sur un logiciel de vote électronique qu’elle a envoyé à The Intercept.
    • Elle a avoué les faits et risque jusqu’à dix ans de prison.
    • Selon CNN, Reality L. Winner et The Intercept ont fait des erreurs qui ont facilité l’arrestation de la jeune fille.
      • Le fait que la NSA ait remarqué que le document avait été plié [sur la photo diffusée par The Intercept], lui a permis de déterminer qu’il avait été imprimé puis transportée par un individu…
        Le Département de justice a isolé six employés ayant eu accès à ces documents, dont Winner, la seule à être en contact avec le site d’information.
      • Par ailleurs, si The Intercept avait simplement rapporté l’info et la NSA su qu’il n’avait pas de document, il leur aurait été plus difficile de trouver la source de ce document.

 

 


6. TrumpiLeaks

  • C’est le service hautement sécurisé mis en place par Michael Moore pour « permettre aux courageux lanceurs d’alerte, forces de l’ordre ou le secteur privé ayant connaissance des crimes, mensonges, et écarts de conduite de Trump et ses associés de les dénoncer au nom de la protection des Etats-Unis d’Amérique contre la tyrannie »
  • Michael Moore travaille également à la réalisation d’un nouveau documentaire avec les Weinstein Company sur le président intitulé « Fahrenheit 11/9 »

 


7. « Badass Women of Washington »

  • Nouveau projet 100% féminin et « badass » de CNN sur les femmes de Washington intitulé « Badass Women of Washington »
  • Malgré la défaite de Hillary Clinton aux élections, « partout à Washington, des femmes font tomber les barrières, atteignent des positions de pouvoir et y restent ».
  • La chaîne va consacrer une série à sept d’entre elles: La Sénatrice Dianne Feinstein, la Secrétaire aux Transports; Elaine Chao, la Représentante Jaime Herrera Beutler, la Sénatrice Jeanne Shaheen, la présidente du Comité National Républicain, Ronna Romney McDaniel, la Sénatrice Catherine Cortez Masto, et la chef des services de santé de l’armée américaine, le Lieutenant général Nadja West.

 


 

8. Breitbart sanctionne des commentaires incendiaires

  • La journaliste Katie McHugh, ancienne du Daily Caller, chez Breitbart depuis 2015 a été virée après avoir posté des « commentaires incendiaires » anti-musulmans sur les attentats de Londres.
  • Samedi soir, elle a réagi sur les évènements de la capitale britannique: « Si les Musulmans ne vivaient au Royaume-Uni, il n’y aurait pas d’attaques terroristes mortelles »
  • Breitbart n’a pas commenté sur les raisons du renvoi mais ce serait une première pour le site alt-right de renvoyer l’une de ses journalistes pour avoir critiqué les Musulmans – l’une de leurs activités préférées.
  • C’est la deuxième fois cette année qu’un employé de Breitbart quitte le site. Le dernier était Milo Yiannopoulos après des commentaires controversés sur la pédophilie en février dernier.

Le kiosque du 24.05.17

 

Trump et la Russie sur Facebook

  • Plus de 50% des internautes américains trouvent leurs infos politiques sur Facebook.
  • Les accusations de collusion entre la Russie et les Etats-Unis ont été les scoops les plus importants comme le prouve ce graphique
  • Fun Fact: C’est la supposée « Golden Shower » de Trump avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou, révélée par Buzzfeed début janvier qui les a intéressés le plus.

    Axios

 

 

 

Fox News en roue et chute libre

  • Daily Beast

    La chaîne câblée a finalement démenti les rumeurs entourant la mort de Seth Rich le 10 juillet dernier. Le jeune homme qui travaillait pour le Comité National Démocrate, a été assassiné à Washington, lors d’une tentative de vol à main armée qui a mal tourné.

  • Le meurtre a eu lieu quelques jours avant le début de la Convention Démocrate: des conspirationnistes d’extrême droite affirment qu’il aurait été assassiné parce qu’il a fourni à Wikileaks des documents incriminants sur le parti et Hillary. Parmi eux, Sean Hannity, le présentateur star de Fox News, obsédé par cette théorie.
  • La chaîne a relancé les rumeurs le 16 mai dernier, relayées par Mr Hannity, l’émission Fox & Friends, Breitbart et même Newt Gingrich provoquant l’embarras de nombre de ses journalistes, et ne s’est rétractée qu’une semaine plus tard.
  • Cette semaine, les parents de Seth Rich ont publié une tribune dans le Washington post pour mettre fin à ces rumeurs qui tentent de « politiser la mort de leur fils ».
  • Sean Hannity a annoncé hier soir qu’il respecterait les voeux de la famille, et arrêterait de discuter du sujet « pour le moment ».
  • Pour Margarett Sullivan « la rumeur sur Seth Rich est devenu le nouveau « pizzagate », une autre théorie du complot née à Washington ».
    « C’est un mouvement contre la vérité qui s’attaque à la raison et à la réalité des faits (…) qui sont aux fondements même de la démocratie » et qui reçoit en plus l’approbation tacite de la nouvelle administration.
    * « The Seth Rich lie, and how the corrosion of reality should worry every American » – The Washington Post
  • * « Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle » – Le kiosque de New York

 


Matt Boyle, le « Forrest Gump avec une carte de presse ».

  • Portrait dans The Washingtonian du journaliste Matt Boyle, 29 ans, chef du bureau de Washington pour Breitbart, devenu l’un des journalistes les plus connectés de Washington, grâce à un accès direct à la Maison Blanche: Steve Bannon
  • Il a voté Obama en 2008.
  • Comme Breitbart, sa carrière est celle d’un outsider, refoulé de tous les médias de Washington à son arrivée en 2010, qui a fini au Daily Caller, site d’infos conservateur de Tucker Carlson, l’un des journalistes star de Fox News, où il a fait ses armes.
  • En 2012, il rencontre Steve Bannon qui le forme et lui fait explique que les médias de D.C. appartiennent à l’élite mondiale qui travaillent contre les intérêts de l’Américain et ça marche: Matt Boyle devient l’un des journalistes les plus agressifs et productifs de Breitbart, en guerre constante contre l’establishment politique et médiatique, et est promu chef du bureau de Washington en octobre 2015.
  • Il connait bien Donald Trump qui l’appelle « mon Matty » et a décroché une interview exclusive il y a quelques semaines à la Maison Blanche.
  • Difficile de penser qu’il puisse être indépendant dans son travail vis-à-vis de son ancien mentor aujourd’hui conseiller du président, Steve Bannon.
  • * « Meet Matt Boyle, Breitbart’s (Other) Man in the White House » – The Washingtonian

 


Un lynchage dans le Maryland

  • Richard Collins était étudiant de dernière année à Bowie State University dans le Maryland et lieutenant de réserve de l’armée américaine. Il est mort poignardé dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors qu’il attendait un Uber avec deux amis, en dehors du campus.
  • L’assassin, Sean Urbanski, 22 ans, arrêté quelques heures plus tard, est un étudiant a priori sans histoires de l’Université du Maryland (UMD) et membre d’un groupe raciste sur Facebook « Alt Reich: Nation ».
    Dave Zirin, lui aussi étudiant de l’université note dans The Nation, dénonce une recrudescence de messages et menaces racistes un peu partout sur le campus de l’UMD depuis l’élection de Trump: Graffitis, cordes, flyers – un phénomène visible sur l’ensemble du territoire américain.
  • Zirin appelle cet acte de haine par son nom: Un lynchage. Le FBI enquête sur le meurtre pour déterminer s’il s’agit d’un crime raciste.
  • Le chef de la police de UMD a vivement dénoncé ces actes.
  • Beaucoup d’étudiants ont dénoncé le manque de réaction des autorités de l’Université qui n’aurait pas condamné les discours de haine en évoquant la liberté d’expression, et « sans mobilisation contre toutes les formes de haines nationalistes et racistes, du sang innocent va continuer à couler »
  • * « A lynching on the University of Maryland Campus » – The Nation

 


Bannon, le documentaire de Frontline

L’excellent documentaire « Bannon’s War » a été mardi soir dans l’émission Frontline de PBS nous a appris

  • Frontline / PBS

    L’ambition politique de Bannon a toujours contre l’establishment et Washington. Le 9/11 lui a offert un autre ennemi, l’Islamisme radical et un but, la défense des Etats-Unis pour préserver la culture et l’identité judéo-chrétienne assiégée.

  • C’est Bannon qui a transformé Breitbart en puissant média contre Washington et les élites, grâce au financement (10 millions de dollars) de la famille Mercer (soutien de Donald Trump).
    Pas sûr qu’on en serait là Andrew Breitbart, le fondateur du site, n’était pas décédé brutalement d’une crise cardiaque en 2012.
  • Bannon s’est d’abord amouraché de Sarah Palin, lui a dédié un documentaire mais n’a pas réussi à la convaincre de se présenter aux élections présidentielles de 2012
  • Dès l’été 2015, Bannon affirme à une de ses amies qu’il est le manager de campagne de Trump, et met à son service le site alt-right Breitbart qui relait ou devance les mêmes thèmes utilisés par le candidat républicain: L’immigration, les minorités dangereuses, America First.
  • Il a orchestré la travel ban et volontairement anticipé les réactions qu’elle provoquerait pour envoyer un signe fort aux électeurs de Trump: le président tient ses promesses.
  • Bannon a compris que pour rester auprès de Trump, il fallait rester discret et encaisser la responsabilité des échecs du président

 

 


Le reste de l’actualité

  • Le Washington Examiner lance « Trump America », un projet sur quatre ans qui suit neuf comtés qui permis la victoire de Donald Trump
  • Portrait du milliardaire de 79ans, James Leprino, le « Willy Wonka » du fromage, qui tient à son anonymat comme à ses recettes de mozzarella, vendues aux trois grandes compagnies de pizza américaines: Domino’s, Pizza Hut et Papa John’s. Il tient son business depuis 60 ans à Détroit et sa fortune estimée à 3 milliards de dollars. – Forbes
  • Trump a appelé le président philippin Rodrigo Duterte et l’a félicité pour la guerre sanglante qu’il mène contre la drogue: « Vous faites un super boulot! » – The Intercept
  • Les décès accidentels d’enfants par armes à feu: 152 recensés ces trois dernières années sont un casse tête juridique pour les autorités. Dans la moitié des cas, aucune charge n’est retenue contre les parents, dans l’autre, la négligence des parents peut aller jusqu’à plusieurs années de prison.
    1,7 millions de jeunes Américains vivent dans des foyers dans lesquels ils ont accès à des armes chargées et non sécurisées – USA Today & AP
  • Richard Garcia, Un flic du Los Angeles Police Department, filmé en train de tabasser un afro-américain en 2014, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, moins que la peine suggérée. Il pourrait réintégrer son poste au sein de la police – Los Angeles Times

le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Le kiosque du 08.05.17: Assange – Trumpcare vs Femmes – Tomi ne lache rien – Texas attaque ses sanctuaires – Huffpo 2.0

 

 

  • Avec Trumpcare, être une femme va vous coûter cher

    Obamacare ou l’Affordable Care Act, le grand programme de Barack Obama, qui repose sur l’idée d’un accès universel aux soins quels que soient les antécédents médicaux des individus, représente le plus ambitieux projet de protection sociale que le pays ait connu depuis le New Deal.
     
    Pourtant, dès sa signature en 2010, les Républicains n’ont eu qu’une seule obsession, l’abroger et c’est ce que la Chambre de Représentants à commencer à faire jeudi dernier en votant de justesse l‘American Health Care Act, la loi qui remplacera Obamacare.
     
    Trumpcare enlève au gouvernement fédéral la responsabilité d’assurer les citoyens et la redonne aux entreprises privés qui pourront désormais offrir des assurances plus souples selon les besoins des individus, et fixer eux-mêmes le prix des cotisations, avec l’obligation d’assurer tout le monde quel que soit ses antécédents médicaux.
     
    La loi permet aussi aux Etats d’autoriser les compagnies d’assurance à pratiquer certaines exceptions, notamment celle de faire payer davantage les individus ayant des antécédents médicaux car ils sont potentiellement « à risques » et peuvent coûter plus cher – une option interdite sous Obamacare.
     
    Les premiers touchés devraient être les plus pauvres, les plus âgées et les femmes à qui certaines compagnies d’assurance pourraient désormais refuser les soins de grossesse, l’accouchement, et considérer comme une « pre-existing condition » les grossesses, césariennes, le cancer du sein ou harcèlement sexuel.

     
    Une autre provision de l’AHCA obligerait les femmes à retrouver un travail deux mois après l’accouchement sans quoi elles pourraient perdre leur assurance et risquer de payer une amende si elle devait en souscrire une autre.

    Un édito de la revue conservatrice, National Review, publié la semaine dernière s’étonne qu’on ne demande pas systématiquement aux femmes (dont les soins médicaux coûtent en moyenne un tiers de plus que ceux de la gent masculine) de payer davantage que les hommes.
     

    On peut défendre l’idée que les femmes n’ont pas à assumer seules le fardeau de leur dépenses de santé, du moins pas dans sa totalité. Mais on peut également avancer que les pauvres travailleurs du Bronx n’ont pas à payer pour le style de vie des multi-millionnaires des Hamptons sous prétexte qu’il faut satisfaire les défenseurs de l’égalité homme-femmes.
    Si les cotisations des femmes sont plus importantes que les hommes, ce n’est pas à cause des méchantes assurances mais c’est basée sur de la science des nombres et des statistiques.

     

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  • Le Texas, premier Etat contre les villes sanctuaires

    Breitbart se félicite d’une « loi historique » signée par le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui va durement pénaliser les forces de l’ordre locales qui n’appliqueraient pas les lois fédérales contre l’immigration. C’est le premier Etat à s’attaquer légalement contre les villes sanctuaires, ces refuges dans lesquels les autorités et la police protègent les immigrés en situation irrégulière, cibles du président Trump et du ministre de la justice, Jeff Sessions.
     
    Les policiers et shérifs locaux qui refuseront désormais de coopérer avec les agents de l’Immigration & Customs Enforcement, c’est-à-dire de leur remettre des personnes en situation irrégulière, sous le coup d’un mandat d’arrêt (« immigration detainer »), seront passibles de pénalités civiles et criminelles, y compris de la prison, et les villes sanctuaires passibles de fortes amendes.
     
    Les Démocrates texans ont critiqué la loi, qualifiée de « show me your papers » car elle autorise selon eux les agents fédéraux et policiers à contrôler le statut légal de n’importe quel individu, s’ils le soupçonnent d’être entré illégalement sur le territoire, sur des prétextes discriminatoires comme la couleur de peau ou un accent.
     

    Le gouverneur du Texas, Mr Abbott, s’est défendu de vouloir rendre son Etat plus sûr pour « les citoyens américains » qui ne sont pas visés par cette loi, contrairement à « ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire, qui ont commis des crimes violents, et qui font l’objet d’un mandat d’arrêt des services de l’immigration ».
     
    Il y aurait actuellement 1,5 millions d’immigrés en situation irrégulière au Texas, derrière la Californie, qui en possède le double, dont 80% sont nés au Mexique et habitent depuis au moins cinq ans et 40% d’entre eux sont propriétaires de leur logement: c’est un groupe important et très intégré dans la communauté.
     
    * « Sanctuary Cities subject to ‘stiffest penalties in America’, says Texas Governor » – Breibart
    * « Demographics of Texas’ undocumented population » – Houston Chronicle

 

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  • Pourquoi Julian Assange ne doit pas être jugé

    Le ministre de la justice Jeff Sessions veut poursuivre en justice Julian Assange pour la diffusion en 2010 de documents ultra-secret de l’armée américaine (les câbles diplomatiques de la guerre en Irak et en Afghanistan volés par le soldat Manning) et plus récemment ceux sur l’appareil d’espionnage numérique de la CIA. Son directeur, Mike Pompeo accuse Wikileaks d’avoir « poussé Manning à récupérer des informations confidentielles » pour déstabiliser les Etats-Unis et d’être un « service de renseignements non-étatique et hostile encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie ».
     
    Dans un éditorial publié dans le Washington Post début avril, Assange s’est défendu d’avoir les mêmes ambitions que le New York Times ou le Washington Post quand ils publient des révélations basées sur des informations confidentielles (surtout depuis l’élection de Donald Trump), celles d’informer le public, et que Wikileaks devrait être également protégée par la liberté d’expression garantie dans le Premier Amendement de la Constitution Américaine.
     
    Ce que réfute Mr Pompeo qui affirme que « Julian Assange ne bénéficie d’aucune liberté liée au Premier Amendement. Il est coincé dans une ambassade de Londres. Ce n’est pas un citoyen américain. »
     
    Hier, l’éditorialiste média du Washington Post, Margareth Sullivan, a pris fait et cause pour Julian Assange, ce weekend, non pas pour défendre sa personnalité (accusé de viol), ni ses actions (la publication de documents contenant des informations personnelles sur des individus et son ingérence dans les élections présidentielles américaines) mais pour la liberté de la presse en général.
     

    Tous ceux qui défendent la liberté de la presse aux Etats-Unis doivent comprendre ceci. Poursuivre en justice Julian Assange au nom de l’ « Espionnage Act » pour avoir publié des fuites – que le ministre Jeff Sessions considère comme une priorité – est dangereux.
    Ca pourrait une étape nouvelle vers ce que le président Trump menace de faire depuis longtemps: punir les médias indépendants aux Etats-Unis (…) C’est certes difficile à réaliser mais punir Assange irait dans cette direction. Et parce que les méthodes de Assange sont douteuses, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’une véritable menace.

     

    Donald Trump avait déclaré à plusieurs reprises son « amour » de Wikileaks lors de la campagne présidentielle lorsque l’organisation avait diffusé à parti d’octobre les emails piratés du directeur de campagne de Hillary Clinton, qui ont eu leur responsabilité dans la défaite de la candidate démocrate.

     
    * « The Goverment wants Julian Assange in jail. That could hurt the rest of us » – The Washington Post
    * « Julian Assange: Wikileaks has the same mission as The Post and the Times » – The Washington Post
    * « Sources: US prepares charges to seek arrest of Wikileaks’ Julian Assange » – CNN

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  • Le Huffington Post se modernise

    Nouveau logo plus moderne pour le site internet qui vient de fêter ses douze ans d’existence, dont une première année sans sa fondatrice, Ariana Huffington, remplacée Lydia Polgree, et qui selon Politico, souhaite transformer le « HuffPost » en « tabloid populaire de l’ère numérique ».
    Elle vient d’engager l’ancien rédacteur en chef du New York Daily News, Jim Rich, qui avait transformé le tabloid de gauche – rival du New York Post de Rupert Murdoch – en machine de guerre anti-Trump durant la campagne présidentielle et qui lui a d’ailleurs coûté son renvoi en novembre dernier, lorsque le candidat a été élu président.

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  • Tomi Lahren ne lâche rien

    A force d’être politiquement incorrecte, Tomi Lahren, porte drapeau des jeunes conservateurs en colère qui partageait ses opinions très controversées sur Black Lives Matter (le nouveau Ku Klux Klan) ou les médias mainstream (des libéraux déguisés en journalistes) sur le site du chouchou du Tea Party, Glenn Beck, a été virée de The Blaze il y a quelques semaines pour s’être prononcée en faveur … du droit à l’avortement. 
    Portrait très intéressant de la jeune star déchue qui compte bien rebondir dans Politico

    * « Tomi Lahren Will Not Shut Up » – Politico

Le kiosque du 15.04.17

 

 

  • Elle est devenue si normale que ça cette Maison Blanche?

    Il n’y a pas seulement Donald Trump qui a changé d’opinion sur sa politique étrangère, certains grands médias américains ont considérablement adouci leur ton envers le président et la Maison Blanche depuis le lancement des attaques aériennes en Syrie, le rapprochement avec la Chine et le largage de la fameuse « Mother of All Bombs ».
     
    On parle d’attitude « présidentielle » comme si le recours militaire avait effacé toutes les errances de la nouvelle administration depuis deux mois et demi, et malgré toutes casseroles qu’elle traîne encore derrière elle – les accointances avec la Russie, devenue entre-temps l’ennemi juré.

     
    Parmi eux, David Ignatius, un éditorialiste du Washington Post:
     

    Cette semaine, Trump a adopté une différente approche – plus prudente et consensuelle. Oui, ça la rapproche de la politique étrangère traditionnelle que lui et Bannon ont raillé pendant la campagne.
    Et ça lui donne également le goût du succès qu’il aime tellement.

     
    Joe Scarborough, proche et à la très critique envers le président, se demandait hier matin comment gérer « les succès de Trump »
     

     
    Oui mais dans un domaine particulier seulement, la politique étrangère et parce qu’il s’est entouré d’un solide Conseil National de Sécurité, sous l’autorité du général H.R.McMaster.
    Depuis le 20 janvier, les seules missions accomplies par la Maison Blanche l’ont été par décrets présidentiels (dans le domaine de l’énergie et de l’environnement) et que les grandes mesures de son programme
     « America First » ont échoué devant le Congrès américain ou dans les cours de justice.
    Tout reste donc encore à prouver pour le président

     
    * « Trump gets a taste of Success »Washington Post

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Ann Telnaes – The Washington Post

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  • Le Trumpisme n’existe pas

    Conscient des échecs politiques et des sondages catastrophiques d’une administration sous l’influence belliqueuse de Steve Bannon, un novice en politique, le président a décidé d’opter pour des succès quitte à trahir sa base électorale et des médias qui l’ont soutenu jusqu’ici.

    L’excuse selon laquelle « la doctrine de Trump est de ne pas avoir de doctrine » qui circulait depuis plusieurs jours pour justifier les revirements de positions dans le domaine de la politique étrangère est en train de s’essouffler et les premières critiques de fond et déceptions se font entendre. 
    Ramesh Ponnuru résume parfaitement le paradoxe dans Bloomberg View:
     

    Les intellectuels, qu’ils soient pour ou contre Trump, veulent construire un « isme » dans tout ce qui rentre dans la politique: Un « isme » qui inclut l’opposition au libre-échange, à l’immigration de masse, à l’intervention étrangère qui ne sont pas attaques contre nous, et aux réformes sociales. Mais le Trumpisme n’existe pas. Le président a des tendances et des pulsions, dont certains sont en contradiction, plutôt qu’une philosophie politique.

     
    Jonah Goldberg dans National Review a de la sympathie pour les supporters de Trump qui se sentent « trahis »:
     

    Ils ont fait une erreur toute simple: Ils ont pensé que le Trumpisme était un programme idéologique cohérent, comme le Reaganisme. (…) Le problème, c’est que le Trumpisme n’est pas une idéologie, c’est un état d’esprit. Pour être plus précis, c’est un état d’esprit qui change tout le temps.
    Trump l’admet lui-même, en disant qu’il refuse d’être réduit à une idéologie ou à une doctrine, et préfère la flexibilité, pas seulement sur les moyens mais sur la fin.

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  • Breitbart lance son offensive contre le président


    Si les Républicains et conservateurs sont désormais conscients qu’il est impossible de prédire les choix du président en fonction d’une idéologie ou du bon sens, les plus à droite, et souvent les plus fidèles de ses supporters voudraient que leur candidat se tienne au programme pour lequel ils l’ont élu.

     
    Breitbart News, qui a déjà dénoncé plusieurs propositions et décisions de Trump (American Health Care Act, les frappes en Syrie) est le plus critique envers le président et évoque des électeurs qui ‘[auraient] perdu la foi »: « c’est parti tellement du mauvais côté » titrait l’article le plus lu et commenté (12 787 réactions) du site hier reprenant les propos de certains supporters de Trump dans le Michigan.
     

    Alors que la limite des cent jours est bientôt atteinte, le président Trump devra faire attention à équilibrer les deux camps évidents de la Maison Blanche: Les nationalistes et les « globalists », entre lesquels une vraie réconciliation semble peu probable.

     
    Depuis la mise à l’écart, de Steve Bannon, ancien président de Breitbart, le ton est plus menaçant dans les colonnes du site alt-right pour dénoncer l’influence prise par le gendre du président, Jared Kushner et Gary Cohn, ancien démocrate, président du Conseil national économique: Penny, par exemple, se sent trahie parce qu’elle « n’a pas voté pour Jared et Ivanka » ou encore Jeff qui explique « ne pas vouloir entendre parler de membres de la famille qui ont eu un impact » sur les décisions de la Maison Blanche.

     

    * « A lesson for Trump’s Intellectual Vanguard » – Bloomberg View
    * « It’s almost literally the opposite of saying ‘Let Reagan be Reagan’ «  – National Review
    * « Michigan Trump voter lose Faith » – Breitbart

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  • L’Arkansas interdit d’exécuter huit condamnés à mort. 


    Deux juges d’Arkansas viennent de suspendre l’exécution par injection létale de huit condamnés à mort qui devait commencer la semaine prochaine sur les ordres du gouverneur de l’Etat qui a fait immédiatement appel.

     
    Le premier juge a interdit hier et jusqu’à nouvel ordre l’utilisation d’un des produits utilisés pour l’injection après une plainte déposée par le distributeur de ce produit.
    La compagnie McKesson accuse l’Etat de lui avoir menti sur la nature de cet achat, l’aurait même remboursé pour récupérer la marchandise qui n’a jamais été retournée.

     

    Les huit condamnés à mort d’Arkansas



    Un second juge a accepté ce matin la plainte déposée par les prisonniers eux-mêmes qui affirment l’emploi du temps et le protocole fixés par l’Etat (huit exécutions en onze jours) n’était pas constitutionnels.
     

    La pénurie des substances utilisés pour l’injection létale pose des problèmes à de nombreux Etats américains ces dernières années et les Représentants de l’Arkansas ont justifié toutes ces exécutions par la rareté des produits.
    Ils ont expliqué que l’une des trois substances injectées expire ce mois-ci et ils ne sont pas sûrs de pouvoir s’en procurer à nouveau.

     
    De nombreux laboratoires pharmaceutiques, dont Pfizer, refusent que leurs produits soient utilisés pour tuer des prisonniers.

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  • Les pauvres encore pauvres du Mississippi

    L’Etat le plus pauvre du pays, le plus religieux, le Mississippi est aussi l’un des plus conservateurs, notamment dans le domaine fiscal qui se traduit par un minimum de dépenses allouées aux populations les plus pauvres, que ce soit sur les soins de santé, pour les aides sociales ou les Food Stamps, les coupons alimentaires.
     
    Depuis plusieurs années, le nombre de personnes ayant accès aux aides de l’Etat et du gouvernement fédéral a dramatiquement diminué: En 2016, seulement 1,42% des applications pour le Temporary Assistance for Need Families (TANF) – un programme qui offre 170 dollars par mois à une famille de trois enfants – ont été acceptées, c’est-à-dire 167 foyers sur 11 000 demandeurs; une tendance qui s’est aggravée ces dernières années puisqu’il était déjà de 89% en 2011 (comme le Texas) et de 50% entre 2003 et 2010.
     

    Les Etats cherchent généralement à limiter le nombre de TANF pour utiliser cet argent dans d’autres domaines [que les aides sociales] mais le Mississippi fait figure d’exception avec des taux aussi bas.

     
    L’Etat, interrogé sur ces chiffres dérisoires, refuse de répondre en expliquant qu’il existe différentes raisons pour lesquelles ces familles dans le besoin n’ont pas le droit aux allocations: elles ne remplissent pas les critères d’éligibilité, incapacité à fournir les documents nécessaires, refus de coopérer avec les services de l’Enfance … toutes les excuses possibles et légales pour refuser d’aider ces foyers.
     
    Think Progress révèle également que l’Etat n’a cessé de mettre des « barrières » pour diminuer au maximum la possibilité de percevoir des aides: Nécessité d’être à la recherche d’un emploi, dépistage de drogues …
     

    On ne peut expliquer cette tendance par un changement drastique de politiques mais une évolution de la culture et des buts [du gouvernement du Mississippi] qui ne sont officiellement reportés nulle part.

     
    Aucun loi votée par le parlement du Mississippi n’a provoqué cette augmentation des refus et personne n’arrive à comprendre d’où ça vient. Le gouvernement fédéral qui alloue chaque mois à l’Etat une certaine somme n’a pas le droit de regard sur la façon dont il est dépensé.
    Résultat: les pauvres sont devenus encore plus pauvres.
     
    * « Mississippi is rejecting nearly all of poor people who apply for Welfare » – ThinkProgress

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  • Couverture du Jour

    De la série Transparent à Billions, les personnages LGBT sont plus visibles que jamais. Comme l’explique l’actrice non-binaire ou genderqueer Asia Kate Dillon, le futur est prometteur.

     
    * « You didn’t win, we won; The great LGBT revolution » – The Guardian guide

Le Kiosque du 08.04.07

 

  • Des médias surexcités

    Les médias, très excités hier par la démonstration de force de Trump en Syrie, étaient ce matin un peu plus critiques envers le président et le revirement politique qu’il a pris envers la crise syrienne.
     
    Brian Williams, le journaliste sur NBC a parlé de la « beauté » des frappes militaires, le journaliste de CNN, Fareed Zakaria signale un « grand moment » et affirme que « Donald Trump était devenu président des Etats-Unis ».
    David Ignatius du Washington Post pense lui que la réaction de Trump est « sincère » et qu’il a rétabli « la  crédibilité du pouvoir américain ».
     

     
    « Après les attaques, les encouragements ont coulé a flot, surtout sur les chaînes télés » remarque sa collègue Margaret Sullivan, « Pourquoi est-ce que les médias aiment tant les démonstrations de force? »
     
    Ken Paulson, directeur du Newseum Institute:

    Il n’y a pas plus rapide façon pour gagner le soutien du public que de lancer une action militaire. C’est une récurrence pas seulement dans l’histoire du pays mais celui du monde. On se rassemble autour du Commandant en Chef – c’est compréhensible (…) D’autant que les médias d’information s’ennuyaient un peu du récit continuel sur les échecs de Trump.

     
    Le plus fervent critique était Glenn Greewald hier dans The Intercept:
     

    Dans n’importe quel type de gouvernement, rien n’unifie les gens plus rapidement, plus machinalement et plus sûrement que la guerre. Donald Trump vient de le prouver, alors que les leaders de la politique américaine et les médias ont passé des mois à le dénoncer comme mentalement instable, un despote inapte et une menace sans précédent envers la démocratie l’applaudissent en le voyant lancer des bombes sur le gouvernement syrien.

     
    Une stratégie dont Trump était d’ailleurs courant:
     

     
    L’éditorial du New York Times ce matin reconnaissait son forfait

    C’était difficile de ne pas ressentir une sorte de satisfaction émotionnelle, et de justice rendue, quand les missiles américains ont frappé la Syrie jeudi. Le président du pays, Bachar Al-Assad, avait besoin de comprendre qu’il y avait finalement une réponse à sa brutalité, cette fois-ci l’utilisation d’armes chimiques qui a tué des dizaines de civils plutôt cette semaine dans l’une des pires atrocités de la guerre civile syrienne.

     
    * « After the Airstrikes on Syria, What’s Next? » New York Times
    * « The Spoils of War » The Intercept

    * « The American loved Trump’s show of Military might. Are we doing this again? » Washington Post
    « Media fawns over president Trump’s strike on Syria »ThinkProgress

     

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  • « Trump a pris toutes les bonnes décisions »

    Pas de doutes, dans le Wall Street Journal ce matin:
     

    1/ Le président a su interpréter correctement la situation (…) C’était un essai de Mr Assad pour tester le courage de la Nouvelle Maison Blanche. Le président a compris que ne pas répondre pousserait Assad à recommencer. Il a avancé rapidement et de manière décisive.
     
    2/ Mr Trump a choisi la bonne réponse: Une frappe limitée de missiles contre une base aérienne syrienne, responsable selon les renseignements américains, de l’attaque chimique.
     
    3/ Mr Trump a bien géré le processus. La Congrès a été avisé mais on ne lui a pas demandé son avis (…) Trump a prévenu la Russie avant les bombardements.
     
    4/ Trump devrait récolter les bénéfices de cette frappe en Syrie. Ca devrait regrouper les Républicains derrière la Maison Blanche et également mettre à mal l’idée que de Trump est une marionnette de Poutine. (…) Quant aux proches d’Obama, ils passeront moins de temps à attaquer Trump et plus de temps à essayer de défendre leur héritage catastrophique de la Syrie.

     

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  • Breitbart n’est pas convaincu

    Les supporters les plus fervents de Trump n’étaient pas très enthousiastes à l’annonce de l’intervention militaire en Syrie, et parmi eux le très influent Breitbart.
     

    Breitbart

    Alors que la plupart des médias ont, dans un premier temps, salué la décision de Trump, le site alt-right s’est contenté de rapporter les faits, sans les commenter – ce sont les lecteurs qui s’en sont chargés avec 47 359 commentaires qui reflètent les avis partagés et peu enthousiastes.
     
    Certains ont dénoncé les revirements du président qui demandait en 2013 à Barack Obama de ne surtout pas intervenir en Syrie et de rester concentrer sur l’Amérique.
    Pour d’autres, c’est une stratégie risquée pour remonter dans les sondages en faisant « quelque chose de présidentiel ».
     
    Comment justifier une mobilisation militaire en dehors des Etats-Unis pour aider une population que le président refuse d’accepter sur son territoire et considère comme un vivier de terroriste: C’est en contradiction avec le discours qu’il a mené jusqu’a la semaine dernière lorsqu’il affirmait que le président Assad avait changé.
     
    L’impression générale c’est rester en dehors des problèmes internationaux, surtout quand il s’agit des Musulmans, considérés par Breitbart et beaucoup de ses lecteurs comme une menace pour les Etats-Unis en général.
     
    D’autres parts, obtenir le soutien des « faucons » du parti républicain n’est pas forcément de bonne augure, surtout lorsqu’ils sont généralement très critiques envers Trump: Marco Rubio, John McCain, Lyndsey Graham.
    Quand à Nigel Farage, l’ancien président du parti indépendant anglais (UKIP) et père du Brexit, il s’est dit « très, très surpris » par la décision du président.
     
    A la droite de l’alt-right, les conspirationnistes et autres « pizzagaters » (en référence aux pizzagate), à l’instar du dangereux Mike Cernovitch, ont lancé une campagne en ligne « pour arrêter la Troisième Guerre Mondiale ».
     
    Selon eux, il n’y avait aucune raison pour que Assad s’en prenne à sa population puisqu’il a le soutien de la Russie et que les Etats-Unis avaient assoupli leur position à son égard la semaine dernière. Ce serait le « Deep State », les agences de renseignement américaines qui auraient organisé cette attaque, reprise par des « fakes news media » qui travaillent pour eux, et ignorent « la logique de base »
     

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  • Maintenant on fait quoi?

    L’édito du New York Times a rapidement repris ses esprits
     

    Mais il est aussi difficile de ne pas se poser les nombreuses questions soulevées par la décision du président Trump. Parmi elles: Est-ce que c’était légal? Est-ce que c’était une réponse isolée en dehors d’une stratégie globale visant à répondre au dilemme complexe de la Syrie, une nation pas seulement  tourmentée par la guerre civile mais par son combat contre l’Etat Islamique? Rien n’indique jusqu’ici que Trump a pensé aux implications de l’usage de la force militaire ou quoi faire après?

     

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  • Pendant ce temps là en Syrie …

    Sputnik, l’antenne du gouvernement russe aux Etats-Unis nous informe que les attaques militaires américaines ont fait peu de dégâts et que les avions de Assad sont prêts à repartir « combattre les terroristes »
     

 

Mardi 28 février 2017: Budget, « Bannonisme », Breitbart & Briefing Room

  1. Une assurance santé très complexe

    Devant l’Association des Gouverneurs réunie à la Maison Blanche, Donald Trump a reconnu l’extrême complexité de la réforme de l’Assurance Santé américaine, Obamacare et qu’il faudrait plusieurs à l’administration et la majorité républicaine plusieurs mois avant de proposer le programme de remplacement.

  2. Tout pour le militaire

    La Maison Blanche travaille sur une proposition de budget qui augmenterait les dépenses militaires de près de 54 milliards de dollars (10% de son budget actuel) pour l’année fiscale 2018 qui serait financé par une réduction de l’aide internationale et des dépenses intérieures – des agences gouvernementales.
    Les coupes budgétaires des agences fédérales sont l’une des priorités de la nouvelle administration dont le fonctionnement et l’influence devraient considérablement diminuer – Trump a nommé à la direction de ces agences des individus qui ont lutté contre les organismes qu’ils sont censées défendre. 
    Les premières ciblées devraient être le Département d’Etat et l’Agence de Protection de l’Environnement et celles épargnées concernent les forces de l’ordre (Department of Homeland Security, Justice, FBI, DEA, ICE,..).
    Les agences recevront lundi prochain les propositions de budgets qui devront être validées par le Congrès en mai prochain. 
    C’est le début du démantèlement de « l’Etat administratif » annoncé par Steve Bannon lors de la Conservative Political Action Conference.

  3. “History is seasonal, and winter is coming.”

    Il ne s’agit pas d’un dialogue de Game of Thrones mais d’une prédiction de Steve Bannon toute droite sortie d’une théorie « élégamment simple ou dangereusement simplifiée » des « cycles historiques » pensée par William Strauss et Neil Howe selon laquelle l’histoire se répète et qu’une crise est sur le point de toucher l’Amérique.
    Dans un édito publié ce weekend dans le New York Times (« What Does Steve Bannon Want? »), Christopher Caldwell, journaliste de la revue conservatrice The Weekly Standard, tente de définir « le Bannonisme » pour comprendre la direction de la nouvelle administration – et non pas Trumpisme. Steve Bannon, « considéré comme très brillant tout au long de sa carrière » est un jeune loup de la politique – il a commencé à s’y intéresser après les attentats du 11 septembre – dont les idéaux ultra-conservateurs sont encore « purs » contrairement à ses collègues qui fréquentent Washington depuis plusieurs décennies.
    Ce qui différencie Bannon des autres Républicains, c’est son amour du nationalisme qui se décline à travers les notions de « souveraineté », de « nationalisme économique », et plus pratiquement d’opposition à la mondialisation et à l’Europe ou de soutien au Brexit: Il croit en l’idée et en la « raison d’être » d’un nation américaine.
    Il rejoint l’argument du Tea Party selon lequel les Etats-Unis ont perdu leur souveraineté et les citoyens leurs prérogatives démocratiques aux dépens d’une classe dirigeante, « l’état administratif » qui « s’enrichit avec ses alliés capitalistes ».
    Mr Bannon rejette le capitalisme actuel, libéral et mondialisé, adopté par les Républicains, et affirme qu’il doit retrouver ses fondations judéo-chrétiennes face à un ennemi désigné, l’Islam.

    Mais selon Mr Coldwell, Bannon reste un intellectuel politisé excité par les grandes théories – une combinaison qui a produits des résultats imprévisibles dans le passé.

  4. « The Breitbart Embassy »

    Un journaliste de Vice témoignait récemment de sa rencontre avec Steve Bannon à Washington en 2014, à l’occasion du article pour Rolling Stone sur les médias de droite. Invité à la « Breitbart Embassy », un établissement au coeur de Capitol Hill qui sert de rédaction pour le site, de pied-à-terre luxueux pour Bannon et de lieu de socialisation, il y a croisé l’actuel ministre de la justice, Jeff Sessions, Laura Ingraham, journaliste conservatrice et Nigel Farage, l’ancien leader du parti indépendant anglais (UKIP) qui a mené et remporté la campagne du Brexit en juin dernier – tous acquis à la cause Breitbart.
    Le journaliste n’a pas cru bon les interviewer et s’est concentré sur la « vraie personnalité » de Bannon qui avait à l’époque une vision aussi sombre de l’Amérique que celle défendue par le président lors de son discours d’inauguration – qu’il a rédigé.
    « Il y avait beaucoup d’informations et peu étaient encrées dans la réalité » mais une récurrence dans ses paroles, celle de l’existence d’un électorat mondial anti-élitiste.

    En écoutant l’interview aujourd’hui, je suis étonné de m’entendre autant rire et acquiescer à ce qu’il dit. Sa volonté de faire disparaître l’establishment semblait plus cocasse que sinistre.
    Je n’ai clairement pas compris ce qu’il essayait de me dire.

  5. Breitbart promeut dans la théorie conspirationniste

    Pour les besoins du Kiosque, je suis abonnée à la newsletter de Breitbart il y a quelques mois et j’ai reçu cet email hier:

     

    Newsletter de Breitbart reçue le 27 février 2017

    « Cher lecteur, 
    Je ne veux pas vous alarmer – mais préparez vous à agir. Si vous avez de l’argent sur votre compte…, une retraite ou un compte de courtage. Si vous avez un centime dans le système financier, c’est la dernière chance de vous protéger.
    Ces dix derniers mois, un agent des renseignements Jim Rickards a traversé la planète et rassemblé des détails sur l’évènement à venir (…) Nous pourrions être les témoins d’un « gel de 326 trillions de dollars » du système financier international. 
    Ce sera volontaire. Ce sera destructeur au delà de tout ce que l’on peut imaginer.
    Quand ça arrivera. Ca peut prendre 48 heures. Ca va non seulement bouleverser la vie de millions d’Américains.
    Ca pourrait détruire la présidence de Donald Trump avant qu’elle ne commence.

    James Rickards est un avocat et analyste financier et auteur de plusieurs ouvrages sur les catastrophes financières. L’idée de ce message, c’est qu’il existe imminent de gel du système financier qui pourrait déstabiliser l’ordre mondial, ruiner les citoyens et la présidence de Trump et dont les responsables appartiennent à « L’élite ».

    Une vidéo est disponible avec les instructions à suivre pour éviter d’être touché par cette apocalypse financière.

  6. Sean Spicer a-t-il modernisé la briefing room?

    Jamais les journalistes et le public américain n’avaient été aussi passionnés par les conférences de presse quotidiennes de Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche.
    Sa relation avec les journalistes a plutôt mal commencé le samedi 21 janvier, le lendemain de l’inauguration de Donald Trump, jour de la Marche des Femmes sur Washington, deux jours avant sa première conférence officielle, lorsque le président lui a demandé d’aller convaincre quiconque que la « foule [de la veille avait] été la plus importante jamais observé lors de l’inauguration d.un président. Point barre. »

    L’épisode avait choqué l’audience et faire rire des millions d’Américains quand Melissa McCarthy a incarné, à la surprise de tous, Sean Spicer sur Saturday Night Live la semaine suivante: il est devenu un « Day Time TV Star ».

    Effectivement depuis un mois, Sean Spicer a transformé la briefing room, cette anti-chambre de la « West Wing » où il répond chaque jour aux questions des journalistes. Depuis son arrivée, il a ouvert la conférence à d’autres médias, plus à droite et accepté des journalistes en dehors de Washington (qui interviennent directement par Skype). Il a cassé la tradition qui donne la priorité aux questions des médias traditionnels (AP, les chaînes d’infos nationales, les grands quotidiens) et donné la part belle aux médias plus conciliants envers le président.

    L’Independant Journal Review a relevé toutes les questions acceptées par Sean Spicer lors de son premier mois et les résultats ne sont pas étonnants: Fox National Network arrive en tête (Fox News, Fox News Radio & Fox Business) suivi de NBC, CBS, ABC, les autres chaînes nationales. Parmi les dix médias les plus interrogés, trois sont clairement à droite, Fox News, Newsmax et OAN; Le Washington Post à eu le même nombre de questions que son petit confrère, le Washington Times (conservateur) et le New York Times n’est pas dans la liste des vingt.

  7. Bataille entre Sean Spicer et Le New York Times

    Les relations entre la « Gray Lady » et la Maison Blanche sont tellement tendues que le quotidien new yorkais a dû rectifier un article paru en ligne samedi intitulé « Trump Ruled the Tabloid Media. Washington is a Different Story » sur le lieu de naissance de Sean Spicer: « Il était né en Nouvelle Angleterre et élevé à Rhode Island; il n’est pas né en Nouvelle Angleterre. (Mr Spicer a refusé de répondre aux questions et de confirmer son lieu de naissance) »


    Mr Spicer est aujourd’hui le seul lien entre la Maison Blanche et les journalistes – étant donné le blackout médiatique sur de nombreux Départements (celui de l’Etat par exemple qui n’a pas donné de conférence de presse en un mois), les agences fédérales et la stratégie du président de s’adresser directement au public via Twitter ou en conférence de presse.
    Mr Spicer n’a pas l’air de vouloir coopérer avec la presse même sur des questions aussi simples que son lieu de naissance – Rappelez vous la polémique enclenchée par Donald Trump à l’encontre de Barack Obama qui a été obligé de publier son certificat de naissance en 2011.

    Sean Spicer est ensuite aller provoquer l’auteur de l’article, Glenn Trush du New York Times sur Twitter

    Adressé au NYTimes & Glenn Trush, « Vous êtes incapables de trouver où est ce que je suis né sans jamais avoir demandé ». Twitter
    « J’avais l’habitude de te poser des questions mais tu as arrêté de me répondre aux emails, coup de téléphone et questions ». Pourquoi?
    Stephen Becket est intervenu pour révéler le lieu de naissance de Mr Spicer, Long Island dans l’Etat de New York. Twitter

    Ca doit être énervant quand quelqu’un se trompe sur ton lieu de naissance. cc Barack Obama
  8. Dietrich, Idaho: Vers un nouveau scandale juridique

    C’est le verdict injuste capable de déclencher un scandale dans tout le pays: John R.K. Howard, un ancien joueur de football blanc de 19 ans, accusé avec deux amis d’avoir enfoncé, à coups de pied, un cintre dans l’anus d’un jeune noir handicapé qui jouait avec eux dans l’équipe de football du lycée, a été condamné à de la prison avec sursis et des travaux d’intérêt général. Ils étaient trois jeunes adultes à comparaître pour agression sexuelle sur personne handicapée, encouraient une peine prison ferme pour des actes commis en octobre 2015, quand ils étaient encore mineurs.
    Pour les amis de la victime, il s’agit « d’une réprimande envers un enfant privilégié qui s’est attaqué à son coéquipier handicapé qui vient de la seule famille noire de la ville ».
    Le juge a également conclu que l’assaut n’avait rien de raciste – contrairement à de nombreux témoignages d´étudiants.

    Les 330 habitants de la petite ville de Dietrich en Idaho sont depuis quelques mois le centre de l’attention des médias et plus particulièrement la famille McDaniels, et leurs 19 enfants adoptés, dont la moitié sont noirs, et parmi lesquels figure la victime.
    Les parents ont porté plainte contre l’école et onze de ses employés accusés d’avoir laissé faire pendant des mois les insultes et attaques racistes contre leur enfant: ils réclament dix millions de dollars de dommages et intérêts.

  9. Couverture du jour: 

    Ils ne l’ont pas loupé, Brian Cullinan, le comptable de PriceWaterHouse Cooper qui a mélangé les enveloppes hier et donné lieu au plus grand fiasco de l’histoire des Oscars.

    NY Daily News – Edition du 28 février 2017