26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

Le kiosque du 14.05.17: ComeyGate & les Conservateurs; Spicer sur la sélette? Sessions veut emprisonner l’es US; Twin Peaks, le fais divers

 

Aujourd’hui, c’est a fête des mères aux Etats-Unis!
Bonne fête à toutes les mamans!

Au sommaire de ce dimanche 14 mai 2017

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains
2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs
3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président
4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?
5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?
6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

***

 

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains

  • Les conseillers du président se font très discrets en cette fin de semaine, surtout après la cacophonie qui a suivi le renvoi de James Comey: Le président a contredit son porte parole qui affirmait qu’il avait suivi les recommandations de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein et affirmé qu’il avait pris la décision, seul, depuis longtemps car « Mr Comey ne faisait pas bien son travail » – celui de diriger l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre son entourage et les Russes qui étaient d’ailleurs invités en grande pompe avec leurs journalistes dans le bureau ovale mercredi.
    Seul Trump est apparu sur … Fox News hier soir.

 

  • Un silence très lourd des Républicains.
    Heureusement pour le président, les Représentants étaient retournés cette semaine dans leur circonscription, ce qui leur a permis de ne pas avoir à commenter sur l’actualité brûlante de leur leader.
    Si les figures du parti ont défendu le limogeage de James Comey mardi après midi, ils se sont tus sur la déconfiture qui a suivi le limogeage, les cafouillages de Sean Spicer et Sarah Huckabee, respectivement porte-parole et son adjoint, l’interview de Donald Trump dans lequel il a avoué avoir viré Comey pour sa gestion de l’enquête qui le concerne et menacé de supprimer les conférences de presse de la Maison Blanche.

 

***

2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs 

 

  • Les médias conservateurs
    Les journalistes ont été les plus critiques sur le comportement du Commander-In-Chief et ses conséquences, sur Fox News, notamment.
    Chris Wallace, un vétéran de Washington et l’un des journalistes les plus respectés de la chaîne d’info parle de « la semaine la plus incroyable qu’il ait couverte » dans la capitale. Ce qui l’a le plus choqué: Les allégations du président selon lesquelles il enregistrerait tout ce qui se passe dans le bureau ovale, ces fameuses « tapes ».

    [Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, interrogé sur ces propos hier vendredi après midi en conférence de presse] aurait pu dire non.
    Il aurait pu dire oui.
    Il a dit qu’il n’avait rien à dire la-dessus. C’est le refus de démentir.
    Peut-être que le président fait marcher la presse et qu’il n’y a rien au bout du compte.
    Mais pourquoi faire cela?
    Pourquoi vouloir rabaisser la crédibilité de la Maison Blanche qui est déjà bien amochée.

     

     

    Charles Krauthammer, l’un des commentateurs conservateurs les plus respectés :

    [Il y avait la possibilité] d’une sortie en grâce (…)
    Au lieu de cela, nous avons eu ceci – un meurtre politique, brutal, même aux normes de Washington. Pas de dernière entrevue, ni de lettre de démission, de remerciements présidentiels, de séparation cordiale. Pourquoi?
    Trump s’inquiète de plus en plus de l’enquête sur l’ingérence russe durant les élections sous l’autorité du très médiatisé Comey.
    Si Trump a pensé qu’il allait étouffer l’affaire, ou la ralentir, il a fait la bévue du siècle.
    Virer Comey n’aurait pas pu attirer davantage d’attention sur le rôle de la Russie.
    Ca n’arrêtera pas l’enquête du FBI.
    Et les séances pour confirmer son successeur [devant le Sénat] vont devenir un forum télévisé sur les accusations de collusions, qui n’ont été jusqu’à présent qu’un scandale à la recherche d’un crime.
    Pourquoi a-t-il agi ainsi?
    On sait pourquoi: Le roi a demandé si quelqu’un pouvait se débarrasser de ce prêtre gênant, et incapable d’être patient, il l’a fait lui-même.


    Chris Stirewalt
    parle sur Fox News d’une « situation très inquiétante »:

    La plupart des supporters de Donald Trump semblent inconscients ou réticents à confronter la situation actuelle. Juste parce qu’on dit que le comportement des Démocrates face à Trump est hystérique ne signifie pas que Trump a raison (…) L’approche incohérente d’un scandale susceptible de mettre la présidence en danger n’est ni la faute de son staff, ni les mensonges de la presse, ni celle des Démocrates. C’est surtout la faute d’un président qui refuse fermement de soutenir son équipe, de montrer du respect pour la séparation des pouvoirs ou avoir de la patience.

    Les commentateurs de Fox news se contentaient eux de dénoncer l’hystérie des Démocrates.

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3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président

Data: SocialFlow; Chart: Andrew Witherspoon / Axios
  • En attendant, l‘affaire Comey semble avoir peu changer l’opinion de supporters de Trump, visiblement peu intéressés par les évènements de cette semaine: « Washington tremble et le pays de Trump baille ».
    Le scandale de la semaine a fait la une des journaux traditionnels mais est resté plutôt « froid » sur Facebook

    comparé à d’autres polémiques comme l’investiture du président, l’annulation de Trumpcare en mars dernier, la démission du général Flynn début février ou la « travel ban » – en trois mois seulement!

 

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4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?

 

  • Autre conséquence de l’affaire Comey: Donald Trump menace de supprimer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche assurées par son porte-parole, Sean Spicer, et son adjointe, Sarah Huckabee, parce que les journalistes seraient trop hostiles envers eux.
    Il a confirmé ces propos lors d’une interview avec Jeanine Pirro sur Fox News diffusée samedi soir et proposerait de répondre aux questions des journalistes, lui-même, deux fois par mois.

 

  • Petite recap de cette folle semaine dans Saturday Night Live avec l’apparition de Donald Trump (Alec Baldwin), Sean Spicer (Melissa McCarthy) et même son adjointe Sarah Huckabee Aidy Bryant).


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5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?

Jeff Sessions lors du Thank You tour en décembre 2016 à Mobile, Alabama.
AP Photo/Brynn Anderson
    • Les Républicains et Donald Trump l’avaient promis durant la campagne: Détruire autant que possible l’héritage de Barack Obama, que ce soit l’assurance santé, les mesures de protection de l’environnement ou encore la réforme de la justice.

 

    • Dans ce domaine, Trump a nommé l’un de ses proches et plus fervents supporters, Jeff Sessions, ancien gouverneur d’Alabama, qui a annoncé un retour du programme très controversé, inefficace et coûteux de « la guerre contre la drogue », mis en place durant les années 80 et 90, qui a condamné et envoyé en prison des centaines de milliers d’Américains, essentiellement afro-américains, pour des délits mineurs, notamment ceux liés à la drogue.

 

    • Eric Holder, ministre de la justice de Barack Obama (2009-2015) a réformé cette approche très agressive de la justice en limitant les peines encourues pour la consommation et détention de drogues douces et des délits mineurs et en insistant sur l’importance de la prévention par rapport à la répression systématique.

 

    • Le nouveau ministre de la justice a effectué un retour en arrière vendredi et demande désormais aux procureurs fédéraux d’appliquer la loi le plus fermement possible, quels que soient les délits, en utilisant les peines minimum obligatoires.
      Une décision plutôt bien accueillie par les magistrats mais critiquée par les associations de défense des libertés civiles (ACLU, Black Lives Matter), les Démocrates et même de nombreux conservateurs dont les très puissants frères Koch, grands donateurs du Parti Républicain.

 

  • Mr Holder était furieux du retrait de sa réforme appliquée depuis 2013 qui a permis de désengorger les prisons du pays – les Etats-Unis ont la première population carcérale au monde:

    La réforme annoncée aujourd’hui n’est pas plus dure envers la criminalité, elle est plus bête (…) C’est une approche idéologique destinée à réprimer qui n’a réussi à engendrer que des peines de justice longues injustes imposées à tort et à travers et qui n’ont rien apporter à long terme à la sécurité publique.

    * « Sessions moves to lengthen drug sentences » – Politico

 

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6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

 

    • Le meurtre remonte au mois de juillet 1908 dans la communauté balnéaire de Sand Lake, dans le nord de l’Etat de New York. La jeune Hazel Irene Drew a été vue pour la dernière fois seule à la tombée de la nuit sur une route isolée et retrouvée morte, le crâne fracturé, quatre jours plus tard dans le lac situé à proximité.
      Le meurtre a attiré à l’époque l’attention des médias du pays, notamment celle du Washington Post, mais n’a jamais été élucidé et aurait pu retomber dans l’oubli si Mark Frost, le créateur de Twin Peaks, n’avait passé ses vacances, enfant, dans le hameau de Taborton, à quelques kilomètres seulement de Sand Lake.

 

  • Ce dernier raconte que la mort de la jeune Hazel est rentré dans le folklore local comme un avertissement aux enfants de la région de ne pas aller dans les bois la nuit au risque de rencontrer le même sort.

    « J’ai entendu des histoires sur Hazel toute mon enfance car elle aurait hanté le lac » et « c’est un peu d’où vient l’histoire de Laura [Palmer, l’héroïne de Twin Peaks] ». L’idée que le corps de cette fille a été retrouvé à côté de l’eau, le mystère qui reste entier, les nombreux suspects, et tous ces gens qu’elles fréquentaient qui venaient d’horizons économiques et sociaux différents ».

    A l’époque, les enquêteurs avaient identifié plusieurs suspects mais n’ont jamais réussi à identifier l’assassin ou obtenir des aveux.

    Un sage m’a un jour dit que le mystère est l’un des plus importants ingrédients de la vie pour la raison suivante: le mystère créé l’enchantement qui provoque la curiosité, qui est le terrain propice qui et ce que nous sommes vraiment

    * « Hazel’s brutal murder was all but forgotten. Until she inspired « Twin Peaks » – The Washington Post

 

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L’info dans le reste du pays

  • Les Représentants républicains californiens font profil bas depuis le vote de l’American Health Care Act – tous ont voté pour – mais c’était sans compter leurs adversaires démocrates bien décidés à exploiter ce choix pour les battre aux élections de mi-mandat en 2018. Via Los Angeles Times

 

  • Le seul endroit aux Etats-Unis où l’on peut obtenir un Master en « Yoga Studies »? Los Angeles – Via Los Angeles Times

 

  • Recrudescence de requins en Californie mais qui sont plus facilement repérables grâce aux outils technologiques, genre drones, smartphones et caméras – The Orange County Register

 

  • Michelle Obama est très en colère contre la décision de Donald Trump d’annuler un programme fédéral destiné à offrir des repas plus équilibrés aux élèves des cantines scolaires. – Chicago Tribune

 

  • Une charter school de Boston a interdit à ses étudiantes de porter des extensions capillaires, les fameuses tresses africaines, des extensions très populaires dans la communauté afro-américaine. L’administration en a déjà suspendues plusieurs des équipes sportives de l’établissement ou encore de la fameuse « prom » de fin d’année. Une « hair policy » que les parents dénoncent comme raciste. – Boston Globe

 

  • L’appellation certifiée bio, dite « organic » aux Etats-Unis, aurait été donnée à des importations de maïs et de soja qui ne l’étaient pas – Washington Post

Le kiosque du 18 mars 2017: Merkel, leader du monde libre – Le président « Fox News » – Abolir Obamacare – Must Read!

 

  • Angela Merkel est la leader du monde libre

    Hier a eu lieu la première rencontre officielle entre les deux plus grandes puissances occidentales, les Etats-Unis et l’Allemagne, dans une atmosphère assez tendue étant donné les attaques lancées par Trump durant la campagne présidentielle à l’encontre d’Angela Merkel.
    Contrairement à ses confrères anglais ou japonais, la chancelière n’a pas hésité à contredire le président sur à peu près tous les sujets, notamment l’immigration et lui a même donné quelques conseils « diplomatiques »:

    « C’est bien mieux de se parler directement que de parler les uns sur les autres ».


    Donald Trump a affirmé que « le seul point commun qui pouvait les réunir, c’était peut-être les écoutes dont les deux ont été victimes » de la part d’Obama, un fait avéré pour la chancelière allemande et des allégations toujours sans preuves concernant le président.
    Enfin ce dernier a refusé de lui serrer la main devant les photographes dans le bureau oval.

    Les journalistes et l’opinion publique américaine étaient encore une fois déconcertés par cet énième manque de professionnalisme de la part de Donald Trump, et beaucoup reconnaissent aujourd’hui, à l’instar de Politico, que la chancelière allemande, « qu’elle le veuille ou non, est la dernière et meilleure chance de l’Occident ».

    Immédiatement après l’épisode, le compte Twitter du @PRESIDENTBANNON a publié cette déclaration officielle hilarante:

     

    Donald Trump nous assurait ce matin que tout s’était bien passé

***

  • Le président « Fox News »

    Il y a deux semaines, le président américain a créé un scandale en accusant son prédécesseur, Barack Obama, de l’avoir mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, sans apporter aucune preuve – pour la moment, « ça arrive bientôt » a-t-il affirmé mercredi – si ce n’est un article de Breitbart paru quelques jours plus tôt qui avançait cette théorie.

    La Commission parlementaire en charge du renseignement n’a toujours rien trouvé qui confirme les propos Mr Trump, ni le Département de Justice, qui n’a pas voulu les condamner, malgré l’insistance du FBI.
    Lundi dernier, Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche a transformé les accusations de « mise sur écoute » du président en « vaste programme de surveillance ».

    Jeudi, devant les journalistes de la briefing room, Mr Spicer, a défendu à nouveau Donald Trump en citant le rapport d’un commentateur de Fox News qui affirme que les services secrets anglais auraient espionné le candidat républicain pendant la campagne à la demande d’Obama!

    Les représentants anglais furieux ont qualifié ces allégations de « ridicules » et reçu l’assurance de la Maison Blanche qu’elles ne seraient pas réitérées, jusqu’à ce que Donald Trump les avance à nouveau hier en conférence de presse.

    Encore une fois, le président des Etats-Unis, incapable de justifier les accusations contre Barack Obama, créé diversion en pointant un nouveau coupable et oblige à ceux qui le critiquent à prouver qu’il a tort.

    Fox News a démenti les propos de Mr Napolitano, le commentateur à l’origine de ces allégations – qui lui campe sur ses positions – et a affirmé n’avoir aucune preuve de ce qu’il avance.

                               

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  • De la difficulté de supprimer Obamacare

    Une tribune intéressante de Charles Krauthammer, journaliste conservateur très respecté, dans le Washington Post sur la difficulté de supprimer un programme comme celui d’Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitues à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    * « The Real World of Obamacare Repeal »The Washington Post

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  • Articles du Jour

    « Behind ICE’s Closed Doors, « the Most Un-american thing I’ve seen » Village Voice

    Ce que j’ai vu là-bas est hallucinant.
    C’est la chose la plus non-américaine que j’ai vu depuis longtemps.
    C’est une chose d’entendre parler de ceux qui n’ont aucune représentation légale, c’en est une autre de voir une pièce remplie de gens terrifiés qui risquent la déportation sans aucune représentation légale.
    J’ai vu des grand-mères qui sont ici depuis 45 ans, des grands-mères avec des bracelets électroniques, des parents célibataires avec leurs enfants, qui attendent savoir s’ils vont être déportés

     

    * « Fearful Parents sign papers for friends to care fo kids in case they’re deported »The Los Angeles Times

    Donald Trump a promis de déporter en priorité les criminels, « gang members » et meurtriers mais les agents fédéraux de l’Immigration Customs Enforcement, revigorés par le nouveau président, ratissent large lors des raids effectués contre les immigrés en situation irrégulière, et dans certains cas, des parents ont été séparés de leurs enfants, qui eux sont des citoyens américains autorisés à rester sur le territoire.
    Nombre d’entre eux ont pris l’initiative de signer une procuration donnant à un proche l’autorité sur leurs enfants s’ils venaient à être déportés.

    * « How an innocent man wound up Dead in El Salvador’s Justice System »The Washington Post

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  • Couverture du Jour

    The Economist nous révèle dans le numéro de cette semaine: « l’économie mondiale profite d’un regain de croissance synchronisé … la dernière décennie a été marquée par une série de fausses alertes de reprises.
    Cette fois-ci, les choses semblent différentes. »

« alternative facts »: Les mensonges de la Maison Blanche

 Une conférence de press rock’n’roll

La blague de ce weekend, c’était la première conférence de presse très agitée de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui a affirmé samedi que la cérémonie d’investiture de Trump avait réuni plus de monde que celles d’Obama en 2013 et 2009.

C’est le public le plus large qui ait jamais participé à une cérémonie d’inauguration point barre, en personnes et dans le reste du monde.

Il répondait aux nombreuses comparaisons faites par les journalistes vendredi matin qui comparaient les photos aériennes de Washington lors de l’investiture d’Obama, noires de monde et celles moins denses du 20 janvier 2017. Le ton était très agressif envers la presse accusée encore une fois de vouloir remettre en cause la popularité et la légitimité du nouveau président.
La star des éditorialistes conservateurs, Charles Krauthammer, a qualifié la prestation de « surréaliste » et Spicer est devenu en quelques heures la risée d’internet.

Même les médias conservateurs ont reconnu que les propos de Spicer étaient faux.
CNN a décidé de ne pas retransmettre la conférence de presse mais plutôt de la citer dans son contexte, tandis que Fox l’a diffusée en direct et dans son intégralité.
Les journalistes n’ont pas été autorisés à poser des questions. 

 

Bienvenue chez George Orwell

Interrogée hier matin par Chuck Todd dans l’émission dominicale Meet the Press sur NBC, Kellyanne Conway, « conseillère du président des Etats-Unis », a parlé de « faits alternatifs » pour caractériser les propos de Spicer, sans jamais reconnaître qu’ils étaient mensongers.
Une question de sémantique qui pose problème car la Maison Blanche ne représente pas le « intérêts de Donald Trump » mais « parle au nom de tous les Américains ».

Beaucoup de journalistes invoquaient George Orwell ce weekend, et le hashtag #alternativefacts dominait Twitter hier.

« Rien de cela ne devrait choquer » expliquait Margaret Sullivan dans le Washington Post ce matin:

« Les conférences de presse de la Maison Blanche sont du « journalisme d’accès », où les déclarations officielles – obtenues à la source [du pouvoir] – sont prises à leur juste valeur et rapportées comme de l’information. Tout cela est fini. Mort (…)
Les journalistes devront répondre en faisant leur travail avec responsabilité, avec justesse et sans avoir peur et au service du public »

La journaliste de citer Jessica Huseman de ProPublica

Les journalistes n’obtiendront aucune réponse de Spicer. On aura des réponses en creusant. En salissant nos mains. Allons y

Bannon veut renforcer le fossé entre la presse et Trump

Selon Brian Stelter, le journaliste de CNN, cette première conférence est une déclaration de guerre contre la presse.
Selon des sources, Steve Bannon, le « stratège en chef » de Donald Trump et auteur de son discours d’investiture, voudrait creuser le fossé entre le président et les médias grand public pour les affaiblir. « Il veut que son monde n’ait plus confiance en les médias ».