11.10.17

 

La déchéance continue

 


 

  • Les témoignages sur les harcèlements et agressions sexuelles qu’aurait commis Harvey Weinstein, l’une des personnalités les plus influentes d’Hollywood sur des actrices, mannequins et assistantes s’accumulent depuis la publication d’une première enquête publiée la semaine dernière dans le New York Times; le quotidien a publié hier les témoignages accablants de personnalités aussi célèbres que Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow.
    Le prédateur semblait choisir de jeunes filles méconnues qu’ils menaçait si elles osaient parler.

 

  • Weinstein a réussi pendant des années à faire pression sur ses victimes, ses collègues et sur quiconque oserait publier des révélations sur ses agissements tout en continuant à harceler et agresser de nouvelles proies.
    Ronan Farrow qui travaillait depuis plusieurs mois sur les rumeurs concernant le producteur affirme que NBC aurait refusé de publier son enquête explosive qu’il a finalement proposé au New Yorker, et suggère que la chaîne aurait subi des pressions, tout comme le journaliste, que Weinstein a personnellement menacé de poursuivre.
    Sachant que Weinstein réclame au New York Times 50 millions de dollars pour diffamation – après la publication de l’article qui l’a finalement fait tomber – on a peu de doute sur les propos de Farrow.

 

  • La prochaine étape de ce scandale: ceux qui ont laissé agir impunément cet homme pendant tant d’années. – Vox

 


La croisade de Bannon

 

  • Depuis qu’il a quitté son poste de conseiller du président, Steve Bannon a entamé une croisade contre l’establishment du Parti Républicain qu’il veut détruire – « Personne n’est à l’abri, on va s’attaquer à tout le monde » – et remplacer par ses propres candidats: « une coalition de populistes, conservateurs et libertariens », partisans d’une droite dure, loyale envers le président et fidèle à son programme « America First ».

 

  • Bannon a tout pour réussir: il est à la tête de Breitbart, le site alt-right qui cartonne auprès de la base électorale de Trump, il dispose du financement illimité de la famille Mercer, il croit sincèrement au principe de nationalisme économique défendu par le président et vient juste de remporter une victoire décisive en Alabama en soutenant Roy Moore, l’outsider contre le candidat officiel du parti, Luther Strange.

 

  • L’intégrité du parti républicain, très affaibli par son incapacité à faire passer des lois et constamment attaqué par le président, est menacée mais avec les deux majorités du Parlement, il reste le seul garant du succès des grandes réformes promises par Trump. Le président ne peut pas s’aliéner sa majorité qui pourrait finalement profiter aux Démocrates aux élections de 2018

 

  • Le mouvement politique de Bannon est similaire à celui du Tea Party après l’élection d’Obama sauf que ce dernier s’est transformé en un groupe parlementaire et n’a pas réussi à convertir le reste du parti républicain. Ce qui fait dire à certains représentants républicains que le phénomène Bannon pourrait bien s’affaiblir ces prochains mois …
    A voir…

 


Le Clean Power Plan est mort …

 

  • L’une des mesures phares de Barack Obama contre le réchauffement climatique – une limitation drastique des émissions de dioxyde de carbone et des subventions destinées aux compagnies productrices d’énergies renouvelables et propres – vient d’être abandonnée par l’Agence de Protection de l’environnement.

 

  • Son directeur, Scott Pruitt, un climatosceptique soutenu par une majorité de Républicains, explique avoir pris cette mesure – qui va à l’encontre du protocole de Kyoto et du traité de Paris adoptés par l’ensemble de la communauté internationale, car elle n’avait selon qu’un objectif: La ruine de l’industrie minière.
    Pour les républicains, la question du changement climatique reste un problème national – qui ne devrait pas se soumettre aux principes de traités internationaux – et surtout partisan, qui serait utilisé par la gauche pour tenter de réorganiser le secteur de l’énergie aux Etats-Unis. Un argument absurde puisque l’industrie minière n’a jamais été aussi faible et que les énergies renouvelables sont l’un des secteurs les plus dynamiques du pays.

 

  • Le dernier argument apporté par la revue conservatrice National Review est juste hallucinante: selon elle, les électeurs américains, à travers leurs élus, ont eu plein d’opportunités de limiter les émissions de dioxyde de carbone pour limiter le changement climatique mais le Congrès n’est jamais passé à l’acte, donc ce n’est pas au président d’en décider autrement.
    Annuler le Clean Power Plant répond davantage à une question de principe, limiter les pouvoirs de l’agence fédérale et du président pour laisser le Congrès décider quitte à ce qu’il ne prenne aucune décision, qu’à une protection de l’environnement.* « Goodbye, Clean Power Plan »National Review

 

 


Vive le Clean Power Plan est mort …

  • Légalement, les conditions imposées aux Etats par le Clean Power Plant peuvent être annulées mais ça peut prendre des années avant qu’elles disparaissent complètement: Ces dernières années, les compagnies d’électricité ont fait des choix structurels qui vont davantage vers les énergies renouvelables, les centrales électriques et autres parcs éoliens plutôt que vers l’exploitation minière et ces investissements mettront des années à porter leur fruit ce qui rend leur abandon peu probable.
    L’industrie est déjà en train d’adhérer à des alternatives plus propres et moins chères que les centrales au charbon même sans la pression du gouvernement fédéral.
    * « Trump administration Formally Proposes to Rescind Obama’s Clean Power Plan »Businessweek

 

 


On vit une époque formidable

 

  • Deondre Harris, un afro-américain roué de coups par des suprémacistes blancs lors de la manifestation d’extrême droite et néo-nazie à Charlottesville, a été inculpé par un juge de la ville pour coups et blessures – qu’il a asséné pour se défendre. L’avocat du plaignant, Harold Ray Crews, serait allé directement demandé la décision auprès du juge sans attendre les résultats de l’enquête de police, qui prouverait que le « nationaliste du sud » n’a pas été blessé.
    La vidéo du passage à tabac de Harris a permis d’identifier deux des six agresseurs. Les réactions devraient s’accumuler contre ineptie – The Washington Post

 

  • Entre 30 et 40% des pompiers qui combattent les incendies de forêts en Californie sont des … détenus. Ils sont été condamnés pour des peines légères et se sont portés volontaires pour travailler en dehors de la prison, et gagnent deux dollars de l’heure lorsqu’ils sont en exercice. La Californie est l’Etat qui le plus recours à ce programme avec quelques quatre mille participants qui lui permettent d’économiser 80 millions de dollars par an.

 

  • Lors d’une réunion des représentants de la sécurité nationale l’été dernier, Trump a demandé que l’arsenal nucléaire des Etats-Unis – à son niveau le plus bas depuis les années – soit dramatiquement augmenté, « pour ne plus être au niveau le plus bas » sans aucune idée des conséquences au niveau international, ni de l’état de actuel de l’armée qui n’a jamais été aussi puissante. Aucune augmentation n’a néanmoins été prévue.
    C’est à la suite de ce meeting que Tillerson a qualifié le président de « moron » – NBC News

 

  • Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, qui défendait la liberté d’expression des joueurs il y a deux semaines, a changé d’avis, sans doute à cause des audiences en baisse des matches de football et du faux coup d’éclat de MIke Pence dimanche dernier, et affirmé dans une lettre envoyée aux propriétaires des équipes, que « comme beaucoup de supporters » le pensent, « les joueurs devraient respecter l’hymne national ». Il semble que les menaces de Trump aient finalement porté leurs fruits
    The New York Times

 

 

 


La couverture du jour

 

 

  • C’est la énième couverture sur Trump mais l’interview effectué par Randall Lane, le rédacteur en chef de Forbes donne une bonne idée du caractère de Trump et de sa manière de diriger le pays et de gérer les problèmes, en gros en dehors des réalités.
     

    « Les nombres importants ont toujours attiré Trump, qu’ils soient vrais ou non »

    Il a numéroté les étages de la Tour Trump pour qu’elle paraisse plus haute, est obsédé par l’audience de The Apprentice et a menti sur la superficie de son penthouse. Tout cela explique l’inexplicable – le besoin d’exagérer la taille de la foule ou insulter celui qui va sortir des sondages défavorables.Les entreprises américaines ont largement adhéré les mégadonnées … mais Trump s’est vanté pendant des décennies de conduire ses propres recherches – anecdotiques – et puis achète ou vend en suivant son instinct. Les nombres ne sont là que pour justifier son flair.

     

    Il gouverne exactement de cette manière, en soutenant les promesses de campagne qui défient toute logique

     

  • * « Inside Trump’s Head: An Exclusive Interview With the President, And the Single Theory That Explains Everything » – Forbes

Le kiosque du 04.04.17: L’équipe Trump démasquée – 8 ans pour fraude électorale – Un « test idéologique » pour rentrer aux US – Pruitt vs Fox News – Blackwater

 

  • Bientôt un « test idéologique » avant d’entrer aux States?

    « Extreme Vetting », le terme utilisé par la nouvelle administration pour justifier la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires dans les aéroports sur les touristes qui se rendent aux Etats-Unis: ils pourraient prochainement être obligés de donner les contacts de leur téléphone portable, les mots de passe de leur compte Facebook ou Twitter, leurs relevés de compte et même répondre aux questions concernant leurs idées politiques.
     

    L’administration souhaite également que ceux qui appliquent pour un visa soient l’objet d’intenses recherches et que les ambassades passent plus de temps à interviewer chaque candidat.
     
    Les changements s’appliqueraient à tous les pays du monde, y compris la France et l’Allemagne

    Les mesures, soi-disant prises pour lutter contre le terrorisme, n’ont pas encore été rendues public et devraient très certainement provoquer une nouvelle polémique lorsqu’elles le seront. Une cinquante d’associations pour la défense des libertés a déjà dénoncé « une attaque directe contre les droits fondamentaux » y compris la liberté d’expression.
     
    L’administration travaille également sur une idée lancée par Trump lorsqu’il était candidat, le « test idéologique » à passer avant d’entrer sur le territoire américain pour arrêter « ceux qui ne croient pas en notre constitution, qui soutiennent l’intolérance et la haine ».
     
    * « Trump administration Considers Far-Reaching Steps for « Extrême Vetting » – The Wall Street Journal

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  • « A new can of Worms »

    The Washington Post

     
    Les Emirats arabes unis ont arrangé une réunion secrète en janvier dernier entre le fondateur de Blackwater, Erik Prince et un russe proche de Vladimir Poutine pour essayer d’établir une communication secrète entre Moscou et le président-élu Donald Trump.
     
    C’était la une du Washington Post hier qui a ouvert un « nouveau panier de crabes » pour l’administration puisque le fondateur de BlackWater, une compagnie militaire privée américaine, frère de Betsy DeVos, la très controversée Secrétaire d’Etat à l’Education, se serait présenté comme un conseiller « officieux » de Trump durant le meeting qui s’est tenu aux Seychelles.
    C’est un proche de Steve Bannon et de Rebekah Mercer, l’une des plus importantes donatrices de la campagne de Trump.

     
    La rencontre a été découverte dans le cadre de l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016 et l’information révélée au quotidien de Washington par une source anonyme.
     
    Sean Spicer a affirmé en conférence de Presse que la Maison Blanche n’avait aucune connaissance de cette rencontre et que Mr Prince n’avait eu aucun rôle dans l’équipe de transition.
    Des propos repris par le porte parole de Mr Prince qui s’en est pris aux agences de renseignements qui feraient mieux de chasser les terroristes plutôt que de surveiller les citoyens américains.
     
    * « Trump Donor met Putin ally in Seychelles »The Washington Post

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  • Des proches de Trump « desmasqués » par une conseillère d’Obama

    Susan Rice, conseillère à la sécurité de Barack Obama – à ne pas confondre avec Condolezza Rice sous le président George W. Bush – aurait demandé avant son départ à ce que les noms de citoyens américains privés relevés « accidentellement » lors des écoutes effectuées par les agences de renseignement (« incendal collections ») sur des officiels étrangers et liés à la campagne de Trump soient « demasqués », c’est-à-dire que leur identité soient dévoilées à ceux qui auraient accès à ces documents, censés être confidentiels. Généralement, ces noms sont enlevés des rapports ou remplacés par le terme « U.S. Person One ».
     
    Ezra Cohen-Watnick, un conseiller du Conseil de la Sécurité Nationale de la nouvelle administration aurait découvert les requêtes de Susan Rice au mois de février et alerté la Maison Blanche, qui a pris le relais de l’enquête. Les rapports en questions « contiennent des informations politiques importantes sur l’équipe de transition de Trump, sur les personnes qu’elle a rencontré, les positions des proches du président-élu sur la politique étrangère et les stratégies de la future administration. »
     
    Ces révélations n’ont rien à voir avec les accusations selon lesquelles Trump aurait été mis sur écoute entre novembre et janvier 2017 mais elles inquiètent les défenseurs des libertés civiles sur les programmes de surveillance des agences de renseignements.
     
    Durant les derniers mois au pouvoir, des représentants de l’administration Obama ont changé le degré de « classification » de certains documents confidentiels pour qu’ils soient accessibles à un plus grand nombre au sein du gouvernement – ce qui pourraient expliquer les nombreuses fuites révélés dans les médias sur l’équipe de transition de Trump, et notamment le général Flynn, qui a du démissionner.
     
    Comme le constate aujourd’hui l’éditorial du New York Post: » il y a deux problèmes en jeu aujourd’hui, l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines, dont tout le monde parle, et les efforts de Barack Obama de saboter l’équipe de Trump ».

     
    * « Top Obama Adviser Sought Names of Trump Associates in Intel »Bloomberg View

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  • Fox News flingue Scott Pruitt

    Ca fait plaisir quand un journaliste de Fox News fait actuellement son travail de journaliste et pas celui de supporter de Donald Trump. Chris Wallace un vétéran du métier et modérateur du dernier débat présidentiel des élections a reçu dimanche dans son émission « Fox News Sunday » le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, Scott Pruitt, l’un des nombreux « climatosceptiques » de la nouvelle administration.
     
    Les questions de Mr Wallace étaient simples et logiques mais ont toutes relevé les contradictions du gouvernement qui affirme agir pour l’environnement tout en abrogeant les lois mises en place par Obama pour protéger justement cet environnement et limiter le réchauffement climatique.
     

    * « Comment voulez défendre l’environnement quand le budget « America First » prévoit des coupes budgétaires de 30% contre l’EPA?

     
    * « Sans le Clean Power Plan [voté sous Obama qui prévoit d’ici à 2030, 3 600 morts prématurés, 300 000 journée de travail et d’écoles et 90 000 cas d’asthmes en moins pas an] commet est-ce que vous allez atteindre ce but?
    La réponse de Mr Pruitt, comme la plupart des justifications sur les lois mises en place par l’ancien président, c’est qu’elles représentent un abus de pouvoir contre les prérogatives des Etats – des considérations politiques qui n’ont rien à voir avec les problèmes de santé en jeu.
     
    Même Breitbart a critiqué la prestation du chef de l’EPA, « une concession inutile envers l’ennemi », qui n’a pas assez défendu ses positions contre l’idée d’un réchauffement climatique et la défense de la politique de Trump « qui est mise en place pour le bien de science, le bien de l’économie et la mission clé de Make America Great Again« .
     

     
    * « The Left and Right agree: Fox News destroyed EPA Chief Scott Pruitt over Climate Change » – The Washington Post

    * « Delongpole: EPA’s Scott Pruitt Gets Eaten Alive by Fox » – Breitbart

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  • Fox reste loin en tête des chaînes câblées

    Malgré les scandales qui ont éclaboussé la chaîne câblée ces derniers mois, des accusations de harcèlement sexuel contre président Roger Ailes, viré cet été, et ce weekend contre son présentateur vedette, Bill O’Reilly (quatre millions de téléspectateurs en moyenne chaque jour), Fox News reste largement en tête de ses consoeurs, devant CNN et MSNBC, avec une moyenne qui oscille entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.
     
    Tous ont profité du « Bump Trump » mais pas autant que le réseau de Rupert Murdoch qui a enregistré le meilleur trimestre de son histoire.
     

    Axios

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  • Article du jour: Huit ans de prison pour fraude électorale

    The Washington Post

    Article très intéressant qui frappe au coeur d’une des dizaines de polémiques initiées par le président sur la fraude électorale qui lui aurait coûté la perte du vote populaire contre Hillary Clinton – qui a gagné avec une marge de trois millions de votes: Le Washington Post a rencontré Rosa Ortega, 37 ans, une « résidente permanente » du Texas qui a pu voter pendant des années affirmé être citoyenne américaine sur sa fiche d’inscription électorale.
     
    Lorsque la police a frappé à sa porte en octobre 2015, elle a expliqué qu’elle pensait pouvoir voter parce qu’elle avait la carte verte.
     
    Ca n’a pas convaincu l’assistant du ministre de la justice texan, Jonathan White, qui a réussi à la faire inculper et convaincu les jurés de lui donner une « punition juste »: huit ans de prison.
     

    Pourquoi! Pourquoi moi? Huit ans de prison pour avoir fait une erreur en signant un feuille de papier. Je ne savais pas ce que je faisais. Je n’ai aucun casier criminel.

     
    Mme Ortega a réussi à voter à presque toutes les élections depuis 2004 sans que les autorités s’en inquiètent.
     
    Le jury qui l’a condamné a voulu faire d’elle un exemple pour « protéger la démocratie américaine » et sachant qu’elle est mère de trois enfants et vit aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans.
    Elle a fait appel et attend aujourd’hui une réponse

     
    * « She voted illegally. But was the punishment too harsh? » The Washington Post

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  • La phrase du Jour

     Tom Perez, le président du parti démocrate, a affirmé que « les républicains n’en n'[avaient] rien à foutre du peuple » et qu’il ne comptait pas revenir sur ses propos « Sorry not Sorry »
     

    Tom Perez / Twitter

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  • Couverture du Jour

    New York magazine consacre son numéro à la stratégie déployée par le Démocrates pour remporter les élections de 2018 et incarnée par cette figure du parti, Jon Ossoff, 30 ans, un néophyte de la politique, qui vient de remporter un siège de Représentant dans l’Etat de Géorgie contre Newt GinGrich.
     
    * « Will Anti-Trump Fury help Flip the Electoral Map for Democrats? »New York magazine