15.09.17

 

1. Une semaine en Trumplandia

 

    • Une semaine calme et plutôt productive à la Maison Blanche avec un président « libéré » qui « agit comme un boss après des mois passés dans la claustrophobie de la West Wing », frustré par les leaders républicains avec qui il a été incapable d’assurer une des grandes législations de son programme : abrogation et remplacement d’Obamacare, la réforme fiscale… Et qui explique la main tendue vers les Démocrates.
      Comme l’explique Jonathan Swan de Axios, « Trump n’est loyal qu’envers lui-même » et « cherche à tout prix à trouver des accords » et c’est la première fois depuis le début de la présidence qu’il reçoit une couverture « médiatique positive ».

 

  • Une nouvelle dynamique influencée par le chef de cabinet, John Kelly, arrivée cet été qui a limité l’accès des personnes et des informations dans le bureau ovale, et parmi eux, les plus zélés de la droite dure ou les amateurs du cercle du milliardaire

 

  • Concernant les réactions effarées des conservateurs et supporters de Trump mercredi soir après l’annonce d’un accord avec les Démocrates en faveur des « dreamers », le président a tenté de limiter la casse hier en parlant d’une solution qui offrirait aux 800 000 jeunes migrants un chemin vers l’amnistie et non pas vers la citoyenneté et a réaffirmé sa volonté de construire le mur.
    Il n’empêche, Breitart a tenu à faire passer le message sur sa page d’accueil:

 

  • Aux dernières nouvelles, et contrairement aux démentis lancés sur son compte Twitter hier, Trump, a conclu jeudi un semblant d’accord avec ses nouveaux BFFs (« Best Friends Forever »), Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] qui protege les jeunes migrants arrivés illégalement et la mise en place d’un renforcement des dispositifs de sécurité à la frontière – qui exclut le financement du mur.
    La majorité républicaine qui a été mis de côté lors des négociations mais s’est dit prête à suivre le président tout en rappelant qu’il était nécessaire qu’il travaillent de paire.

 


Les robots journalistes du Washington Post

 

  • Il y a un an, le Washington Post a commencé à utiliser Heliograf, une technique d’intelligence artificielle capable de produire des articles courts et uniquement factuels. Depuis le robot-journaliste en a écrit près de 850, dont 300 sur les jeux olympiques de Rio, 500 sur les élections des gouverneurs des Etats et le reste sur des rencontres sportives locales. 
    Le langage est rudimentaire, le récit s’en tient aux faits mais l’information est
    Heliograf rapporte de l’audience (les articles sur les campagnes électorales ont rapporté cinq cent mille clics), permet aux journalistes de se concentrer sur des reportages de fonds et des analyses, devrait fournir des informations de plus en plus précises aux journalistes et déceler les tendances, et enfin offrir aux lecteurs un contenu plus personnalisé à travers davantage d’informations plus locales.

    « The Washington Post’s Robot reporter has published 850 articles in the past year » – Digiday

 


Must Read: La rédemption de Michelle Jones

 

  • En 1996, Michelle Jones, a été condamnée à 50 ans de prison pour le meurtre, avoué, de son fils de quatre ans qu’elle a eu à la suite d’un viol. Elle en est sortie cette année pour bonne conduite et d’excellentes performances scolaires:

    « A travers un exemple de réhabilitation exemplaire, Mme Jones, aujourd’hui âgée de 45 ans, est devenue derrière les barreaux une spécialiste de l’histoire américaine dont les travaux ont été publiés, présentés en vidéoconférence devant une assemblée d’historiens et l’Assemblé générale de l’Indiana (….) NYU est l’une des meilleures universités à l’avoir accepté dans son programme doctorale. Elle faisait également partie des 18 sélectionnés pour le programme d’histoire de Harvard sur les trois cent dossiers retenus. Mais dans une décision inhabituelle prise contre l’avis du Département, la direction de Harvard a annulé son acceptation craignant qu’elle ait édulcoré son crime dans son dossier d’application (…) et inquiet que son passé ne fasse jaser parmi ceux qui ont été rejeté du programme, les médias conservateurs ou les parents d’élèves »

    « From Prison to Ph.D.: The Redemption and Rejection of Michelle Jones » – The New York Times

 


Reality Show politique

 

  • On le répétera encore et toujours, nous vivons une époque où tout est politisé: ce qu’on mange, ce qu’on lit, où on habite, avec qui ont sort. Vice l’a bien compris et prépare une émission de télé-réalité politique dans laquelle des individus entre 18 et 45 ans de toutes les origines et bords politiques confondus vivent ensemble pendant plusieurs semaines … à Washington

    Si vous êtes passionnés par la politique et que vous êtes prêt à tout – y compris à apparaître dans une émission de télé-réalité – pour vous faire entendre. Que vous rêviez de devenir politicien ou pensiez que les politiciens sont des pourris, que vous pensiez que c’est mieux d’être jugé par douze que par six, ou que Obama aurait du interdire les armes à feu; ou si vous voulez simplement changez le monde et que vous êtes assez fort pour confronter vos idées contre vos adversaires politiques devant des caméras, vous nous intéressez.

  • C’est encore un projet et s’il est accepté. le tournage devrait commencer à Washington au printemps prochain et devinez quoi? J’ai déposé ma candidature.

 


Podcast: « Child Marriage in America »

  • Nouvelle série d’enquêtes de la chaîne PBS intitulée « The Frontline Dispatch » disponible uniquement en podcast, avec comme premier thème, « les mariages d’enfants aux Etats-Unis » où plus de deux cent mille mineurs se sont mariés légalement entre 2000 et 2015

 


The David Carr Generation

 

  • David Carr était l’un des plus brillants journalistes de sa génération, passé par le Twin Cities Reader (Minnesota) puis Washington City Paper (D.C.) avant de terminer sa carrière à New York, où il collabore au New York magazine, The Atlantic et finit sa carrière avec une colonne média hebdomadaire au New York Times. Il est l’un des principaux protagonistes du documentaire « Page One: inside The New York Times » qui évoque ses années de dépendance à l’alcool et crack, qu’il relate dans une autobiographie best seller, « The Night of The Gun ».
  • David a été un mentor pour une nouvelle génération de reporters aussi doués parmi lesquels figurent Ta-Nehisi Coates, Neil Drumming, Jack Tapper, Jelani Cobb ou Brian Stelter qui lui rendent hommage dans cet article de The Atlantic

 


La couverture du Jour

  • Magnifique couverture!

14.09.17

 

1. Le « A » word.

 

  • #Amnesty Don était la tendance de Twitter hier soir après l’annonce d’un accord entre Nancy Pelosi et Chuck Schumer, les chefs des minorités démocrates de la Chambre des Représentants et du Sénat et Donald Trump sur DACA, autour d’un dîner qui avait fait jaser un peu plus tôt dans la journée chez les Républicains et pour cause: Il aurait trouvé un terrain d’entente avec l’opposition pour remplacer le programme de protection temporaire des jeunes migrants, le DACA qu’il avait décidé de supprimer avec perte et fracas il y a dix jours. Ce matin les « Dreamers » étaient aux yeux du président « de jeunes individus diplômés, accomplis et bons qui travaillent. »
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  • Conscient d’une côte de popularité qui ne peut descendre plus bas – elle tourne autour de 33% – Trump a joué la stratégie politique classique en choisissant une décision soutenue par la grande majorité de la population (88% des Américains s’agissant du DACA) mais en risquant tout de même de s’aliéner sa base électorale la plus extrême.
  •  

  • Ca n’a pas raté: on a immédiatement assisté à une vague d’indignation de la droite pro-Trump: médias et politiques ont accusé le président de trahir sa base électorale en amnistiant les « dreamers » (c’est Breitbart qui a choisi ‘Amnesty Don’ en référence à Lyin’ Ted et Lil’ Marco utilisé par Trump pendant la campagne) sans avoir pu assurer le financement du mur. Car les Démocrates ont également affirmé que le financement du mur n’était pas inclus dans l’accord; des conclusions peut être trop hâtives et démenties par la Maison Blanche mercredi soir et par Donald Trump sur Twitter jeudi matin.
    Le président l’a répété cet après midi: il n’y aura pas d’amnistie des « dreamers » si le financement du mur n’est pas accepté.

 

  • A retenir: Pour la première fois depuis huit mois, Donald Trump arrive à conclure des accords car il négocie directement avec les Démocrates sans passer par les Républicains, minés par les courants et luttes d’influence au Sénat et à la Chambre des Représentants.

 


2. Donald, le président en téflon

 

  • Les médias grand public ne cessent de mettre en garde les Démocrates: critiquer Donald Trump, dénoncer son manque de résultats, brandir les collusions avec la Russie pendant la campagne ne leur permettront pas remporter les élections de mi-mandat dans un an. Aussi incroyable que cela puisse paraître, malgré les six premiers mois catastrophiques de son administration, ses dérapages sur Twitter, Trump est toujours considéré comme un « outsider » qui bouscule le système, que les électeurs apprécient et que les Démocrates sont incapables de fragiliser.
    Pire encore: La plupart des idées lancées par des leaders de gauche pour tenter de récupérer les électeurs perdus – l’université gratuite, hausse du salaire minimum à 15 dollars, et même l’assurance santé universelle  – sonnent creux chez ceux qui n’appartiennent pas à la base.

 

  • « Les gens pensent qu’il apporte du changement donc c’est difficile de dire qu’il ne tient pas ses promesses » explique la sondeuse démocrate Celinda Lake, et c’est bien toute la complexité du phénomène Trump.« Teflon Don confounds Democrats » – Politico

 

 


3. The Red Pill

 

  • Fox News s’est fait l’écho cette semaine d’un nouveau phénomène, ignoré dans les médias grand public, celui du nombre croissant de libéraux qui « prennent la pilule rouge ». En anglais, « taking the red pill » fait référence aux « gens de n’importe quel âge et n’importe quelle ethnie qui postent des vidéos sur YouTube décrivant leur « red pill moment »: la prise de conscience qui les a poussé à rejeter les idées de gauche imposées depuis leur enfance par les amis, les enseignants, les médias d’information et de divertissement ». La « red pill » renvoie au film Matrix Matrix, au cours duquel Keanu Reeves doit choisir entre la pilule bleue qui va le renvoyer dans l’ignorance et la rouge qui va l’amener « à poursuivre sa quête et à se réveiller, sachant qu’il s’agit d’un voyage sans retour et potentiellement douloureux vers la connaissance et la fin de l’illusion. » (Les Observateurs).
    L’exemple cité par Fox News est plus terre-à-terre, il s’agit d’une afro-américaine, surnommée « Red Pill Black », qui affirme « [se foutre] de Charlottesville, du KKK ou des suprémacistes blancs » qui ne sont qu’un fantasme des libéraux plus qu’une véritable menace.

 

  • Autre exemple de « red pill », c’est celle insidieusement administrée à des jeunes internautes crédules par des personnalités qu’ils admirent: Le suédois PewDiePie, le plus célèbre joueur de jeux vidéos sur YouTube (sa chaîne a 57 millions d’abonnés) et provocateur assidu a récemment provoqué un tollé en prononçant le « n-word » lors d’une démonstration qui a entraîné la réaction indignée de ses supporters, pour qui ce dérapage ne fait pas de lui un raciste.
    Mais ce n’est pas la première fois que la star de YouTube est sanctionnée pour des propos déplacés: Disney et Youtube ont annulé leur collaboration avec lui après que le Wall Street Journal a trouvé sur son compte de 57 millions d’abonnés neuf vidéos comprenant des blagues antisémites et imageries nazies.
     
    Pour Media Matters:

    [PewDiePie a développé une relation symbiotique avec les trolls influents de l’alt-right qui le soutiennent activement en essayant en même temps d’influencer ses propos et d’attirer un peu plus de supporters dans leurs rangs (…) Parmi ses abonnés figurent des personnalités influentes comme Alex Jones et Mike Cernovitch qui affirment que le backlash dont il est victime est le résultat d’une attaque injuste des médias mainstream et ceux qui se sentent offensés, les « guerriers de la justice sociale ».

 


4. Le « Chad »

 

  • Nouvelle lubie de l’alt-right américaine repérée dans l’excellente newsletter de Will Sommer sur les médias conservateurs, Right Richter, le « Chad », qui signifie en slang, l’argot américain, un jeune blanc citadin, diplômé et célibataire d’une vingtaine d’années originaire d’un milieu aisé.
    Ce genre de « frat boy », archétype du populaire quarterback américain, représenté par des memes le comparant aux « puceaux faibles et sans allures » souvent libéraux ou républicains modérés inonde les communautés alt-right présentes sur le site de partage 4Chan.
    Mais pour beaucoup, le « Chad » est « pour formuler simplement, un mec mignon qui n’a aucun problème à attirer les filles »
     

 

 


5. Les coûts de l’épidémie

 

  • L’épidémie d’opiacés (héroïne, fentanyl et anti-douleurs prescrits sur ordonnance) qui ravage les Etats-Unis ces dernières années a un coût humain de plus en plus lourd – 62 000 morts par overdoses en 2016 – mais elle a également des conséquences financières catastrophiques dans certains Etats, comme la Virginie Occidentale, et sur l’économie du pays en général.
    Howard Birnbaum interrogé parle New Yorker:

    Ce sont pas seulement les employeurs et les employés qui perdent en productivité mais c’est l’ensemble de la société civile. Si les gens n’ont pas d’emplois, ils n’ont pas d’argent à dépenser au supermarché, en essence. C’est le vieil effet multiplicateur: le fardeau socio-économique ne se limite ni à l’individu, ni à de l’entreprise mais à la communauté toute entière.

     

  • Une estimation de coût de l’épidémie tournait autour de 78 milliards de dollars en 2013 sachant que les toxicomanes, les overdoses et décès ont doublé depuis trois ans.

 


6. ESPN vs Trump

 

  • Des journalistes qui critiquent le président, ça arrive tous les jours. Des journalistes qui le qualifient de « suprémaciste blanc » qui « s’est surtout entouré d’autres suprémacistes blanc », c’est plus rare. Une porte parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, interrogée en conférence de presse sur les propos de la journaliste afro-américaine Jemele Hill, qui appelle son patron, la chaîne sportive américaine ESPN, à la virer, c’est du jamais vu.
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  • Résultat des courses: Jemele Hill s’est excusée auprès de ESPN pour l’avoir mis dans l’embarras, ESPN a accepté les excuses sa journaliste star en rappelant qu’elle avait le droit d’exprimer ses opinions personnelles sauf sur une plateforme qui puisse faire penser qu’elle parle en leur nom.
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  • Les propos de Jemele Hill sont partagés par beaucoup de journalistes et commentateurs afro-américains dont le plus influent d’entre eux, Ta-Nehisi Coates affirmait la semaine dernière dans un essai que l’idéologie de Trump est la suprématie blanche 

 


7. Sean Spicer sur Jimmy Kimmer

 

  • Notre mascotte nationale, Sean Spicer, ancien porte parole – haut en couleur – de la Maison Blanche a donné sa première interview à Jimmy Kimmel Live et c’est très drôle 
     

 


8. Must Read: Le nouvel art de la guerre russe

  • La cover story du dernier New York Times magazine sur les organes d’informations russes officiels tels que RT ou Sputnik, présents dans tous les pays occidentaux et que Poutine utilise pour essayer de « casser le monopole mondial de l’information anglo-saxone:
     

    La transformation et l’accélération des technologies de l’information, affirme Peskov [porte parole du Kremlin] ont différencié l’économie mondiale de sa valeur réelle. La perception seule peut influencer les marchés voire les effondrer: « Nous n’avons jamais observé de bulles comme celles présentes dans la première économie mondiale, les Etats-Unis ». Ce nouveau flux d’informations a produit de nouveaux conflit d’intérêts et qui s’est transformé en une guerre de l’information.
    Peskov affirme que cette guerre de l’information n’est pas le choix de la Russie qui n’a fait que « se défendre » en citant « les révolutions de couleur » des Etats d’Europe de l’Est et d’Asie centrale qui ont écarté du pouvoir les gouvernements pro-russes d’Ukraine [Révolution Orange en 2004], de Géorgie [Révolution des Roses] et du Kirghistan [Révolution des Tulipes en 2005] au milieu des années 2000. La Russie accuse les ONG américaines d’avoir fomenté ces bouleversements. Mais aujourd’hui, comme le soutient Pesko, un simple compte Twitter peut bouleverser l’ordre géopolitique mondial. « Maintenant, tu peux toucher des centaines de millions de personnes une minute ».

    « RT, Sputnik and Russia’s New Theory of War » – New York Times magazine


9. Couverture du jour

11.09.07

 

1. Des journalistes et des ouragans

  • Les journalistes sont en première en ligne ces dernières semaines aux Etats-Unis, non pas en tant que cibles des derniers tweets de Trump, mais pour témoigner des catastrophes naturelles qui ont ravagé le sud du pays avec le passage de l’ouragan Harvey à Houston et celui de Irma en Floride.
    Vendredi, des journalistes français postaient sur Twitter des photos des avions vides dans lesquels ils avaient embarqué direction Miami (« A nous deux la Floride ») pour vivre l’ouragan de la décennie. On a pu suivre minutes par minutes l’arrivée de Irma, les photos inondations avant/après, les palmiers arrachés, les bateaux coulés, les vitres cassées, les chambres d’hôtels ravagées, les rues désertes de la capitale … Beaucoup d’images et de vidéos sensationnelles de cette catastrophes circulaient sur les réseaux sociaux ce week-end.

 

  • Un article du New York Times est revenu sur la polémique autour des dangers auxquels font face les reporters dans ce genre de situations: « Certains se demandent si ces [reportages] ne sont pas des spectacles sensationnels et inutiles, surtout dans des cas ou les correspondants ont du mal à rapporter l’information ».
    Sauf que « la télévision apporte une preuve visuelle. Tu veux persuader les gens que ce qu’ils voient est vrai et que ça les marque. Et s’il me voient être emporté [par une rafale de vent], ça va les convaincre de ne pas faire la même chose » explique Mark Strassman, un correspondant de la chaîne CBS qui couvre les ouragans depuis 25 ans.Un exemple concret avec Sarah Sidner en direct hier soir de Daytona en Floride.

 

  • Entre temps, les bureaux du Miami Herald sont devenus un refuge pour les journalistes et leur famille:

    Logé dans l’ancien siège du SOUTHCOM [en français, « commandement Sud des États-Unis »], la rédaction du Miami Herald est sans doute l’un des endroits les plus surs de Miami durant le passage de l’ouragan Irma. Les murs sont en béton. Les fenêtres résistent aux impacts de balles. Quatre générateurs peuvent fournir du courant à l’immeuble et à l’imprimerie pendant dix jours en cas de coupure d’électricité. Et l’immeuble est connecté à internet à travers quatre différents fournisseurs, qui permettent à la rédaction de rester connectée même pendant la tempête. Les journalistes du Herald ont profité du fait de travailler dans une véritable forteresse.
    En tout, une trentaine d’employés et leurs familles s’y sont réfugiés vendredi soir et samedi matin, à la recherche d’une place pour travailler et s’abriter pendant toute la durée de la tempête.

 

  • Les photos de l’ouragan sur le Washington Post et celles de Richard Branson, le milliardaire anglais sur son île privée de Necker dans les Caraïbes

 

 


2. Explicit Bannon

 

  • S’il a fait preuve d’amateurisme à la Maison Blanche en attisant la guerre des clans entre « nationalistes-économiques » [lui] et les « Démocrates new yorkais » [la fille et le gendre du président, Gary Cohn et Dina Powel] pour finir par s’aliéner le président, qui l’a viré par l’intermédiaire de son chef de cabinet, John Kelly, Bannon n’est pas moins un brillant stratège politique qui ne mâche pas ses mots.
    Il a donné une interview exclusive dans l’émission dominicale 60 minutes sur CBS dont nous avons retenu les meilleurs moments:

    • Les leaders républicains du Congrès – Mitch McConnell au Sénat et Paul Ryan à la Chambre des Représentants – essayent d’annuler les résultats des élections de 2016 en refusant d’appliquer le programme nationaliste et populiste promu par le président. C’est la raison pour laquelle il est en guerre contre eux.
    • Le marécage (« Swamp »), le système des lobbies et consultants qui travaillent à Washington pour influencer la politique du pays, est un véritable « business model » symptomatique de la classe dirigeante de Washington incarnée par les deux partis.
      Il faudra des années pour l’éliminer.
    • Le premier péché de l’administration Trump a été d’embrasser l’establishment républicain mais elle n’avait pas le choix
    • Les dissensions au sein du parti républicain sur la suppression du programme de protection des jeunes migrants (DACA) pourrait lui faire perdre la Chambre des Représentants aux Républicains.
    • L’Eglise catholique est contre la suppression du DACA parce qu’elle a un intérêt économique à promouvoir l’immigration clandestine qui lui permet de remplir ses paroisses vides.
    • L’Amérique, ce sont les citoyens américains et pas les immigrés, et encore moins les clandestins.
    • Il se qualifie de « street fighter » comme Donald Trump.

 

 

 


3. Ce qui est mort ne saurait mourrir

 

  • Katy Tur a été la première correspondante à suivre Trump à plein temps pour la chaîne NBC News – plus de cinq cent jours au cours desquels elle a pu observer et apprendre sur le candidat mais aussi et surtout sur ses supporters. Elle a publié un essai dans le New York Times ce week-end, « The Trump Fever Never Breaks » en forme de mise en garde:

     

    « Chaque semaine, c’est le dérapage de trop: Comey, Charlottesville, Arpaio. Et si rien ne marche, Robert Mueller, le procureur indépendant, sera celui qui le fera tomber. Quand je suivais M. Trump [pendant la campagne], je regardais parfois Game of Thrones sur mon ordinateur entre deux meetings. Ce que j’ai appris, pour paraphraser le show, est que ce qui est mort ne saurait mouriret dans le cas de Trump, peut repartir de plus belle (…) Plus la candidature était censée tomber à l’eau, plus les foules s’enflammaient. »

 

 


4. 11/09: 16 ans

 

  • Irma oblige, les journaux ont consacré moins de temps au seizième anniversaire de la chute des tours du World Trade Center, l’évènement géopolitique qui a brutalement marqué l’entrée du monde dans le XXI ème siècle.
    New York magazine a réalisé une « encyclopédie du 9/11 » avec tous les articles publiés par la revue depuis dont celui publié une semaine après la tragédie, intitulé « New York Awards: Heroes » sur une caserne de pompiers de Prospect Heights à Brooklyn qui a perdu sept de leur coéquipiers.
  • On vous conseille aussi l’une des enquêtes les plus poignantes sur l’évènement autour de l’une des images les emblématiques et controversées: « The Falling Man » de Tom Junod, publié dans Esquire.

 

 


5. La pire rentrée TV américaine

 

  • Ce sont les propos du critique médias de Vox, Todd VanDerWerff
     

    Depuis dix ans que j’écris des critiques sur la télévision, c’est la pire rentrée en terme de nouvelles séries télévisées. C’est difficile d’en trouver une pire depuis que le concept de rentrée télé existe, c’est-à-dire le début des années 80. Les comédies ne m’ont pas fait rire, les drames m’ont fait lever les yeux au ciel (….) La grande majorité des nouvelles séries – que ce soit sur les chaînes, sur le câble ou en streaming – sont tout simplement mauvaises.

     

  • Les raisons: Beaucoup de nouvelles séries sont désormais diffusées en janvier et en avril – propice aux Emmys diffusés en septembre et la saison dernière a été l’une des meilleures.
  • Les pires séries: Inhumans sur ABC, The Orville sur Fox et Wisdom of the Crowd sur CBS

 


6. Longform: « Hanging »

 

  • Longue enquête de la journaliste Julia Prodis Sulek dans le [San Jose] Mercury News sur un fais divers vieux de trente ans:
     

    A dix ans, Josh Klaver a été retrouvé pendu à une barre de métal dans la ferme de son père et sa belle-mère à San Martin [en Californie]. Le lendemain, il était censé parler à un juge au sujet des disputes entre ses parents concernant sa garde. La mort de Josh a été … comme un suicide. Sa mère, Kathy Atkins, a toujours cru que [le père de josh], K.W.Klaver, alors officier de police du comté de Santa Clara, avait tué leur enfant. (…)
    Son histoire montre comment différents incidents, grands et petits, peuvent se transformer en une terrible tragédie, et ça doit nous rappeler la responsabilité que nous partageons les uns envers les autres et surtout envers les plus vulnérables.

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  • Un Podcast est aussi disponible

 


7. Sex toys « Terminator »

 

  • « Les robots sexuels sont tellement populaires et sophistiqués que le spécialiste en cyber sécurité, Dr. Nick Patterson révèle que les poupées grandeur nature pourraient se transformer en véritable ‘Terminator’ contre nous [les humains] » rapporte très sérieusement le New York Post.
    Si des hackers décident de pirater l’une de ces poupées, « ils peuvent contrôler les articulations, les bras, les jambes et objets attachés à ces membres » et leur faire faire toutes sortes de choses » y compris les pires.

 

 

 


8. La couverture du jour

 

 

08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
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  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

06.09.17

 

1. DREAMers: la balle au Congrès

 

  • Hier matin, le président a envoyé son ministre de la justice, Jeff Sessions, annoncer la suspension du programme DACA, qui permet actuellement à 800 000 « Dreamers » arrivés illégalement sur le territoire américain lorsqu’ils étaient enfants, d’y travailler et d’y étudier légalement, au nom du respect de loi et tout en voulant « donner la priorité aux citoyens américains ».
    La décision n’a pas été facile à prendre pour Donald Trump comme l’explique le New York Times:

     

    Une heure avant l’annonce, les représentants de l’administration étaient inquiets que M. Trump n’ait pas bien compris les conséquences de cette décision, et qu’il décide de changer d’avis une fois le processus enclenché .

     

  • Effectivement, quelques heures plus tard, après le tollé suscité par cette décision, Trump affirmait « avoir de la compassion » envers ces « Dreamers » et demandé au Congrès de s’entendre sur une solution législative visant à les protéger d’ici les six prochains.  
  •  

  • Il appartient désormais à Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants de réussir un pari que le Congrès américain a été incapable de remporter ces seize dernières années.
  •  

  • La décision controversée de Trump est devenu le problème des Républicains qui vont devoir choisir entre la voix modérée d’une alliance avec les Démocrates, quitte à fâcher la droite dure (Breitbart, l’extrême droite américaine) ou embrasser une rhétorique nationale populiste qui pourrait faire imploser le parti. 

 

  • Très bonne analyse de Matt Taïbbi dans Rolling Stone (« Don’t be surprised if Trump’s Assault on Dreamers Works – Politically« ) sur la stratégie politique gagnante de Trump:
     

    Depuis deux ans maintenant, les Américains sont choqués devant les excès à répétition de Donald Trump, en se demandent comment est-ce qu’il continue à gagner malgré une détermination à blesser à peu près tous les groupes d’électeurs que compte la planète à l’exception des mecs blancs, en colère et à moitié analphabètes. C’est parce que le paysage politique est tellement fragmenté et que les autres institutions – le Congrès, les médias, l’establishment des partis républicains et démocrates – ont une côte de popularité aussi faible sinon pire que celle de Trump et qui lui permet de sortir indemne des scandales les plus insurmontables.

 


2. La peur du changement

 

  • Sachant que 76% des Américains sont favorables au DACA, pourquoi adopter une mesure aussi impopulaire?
    Encore une fois, Trump veut rassurer sa base électorale blanche et rurale effrayée de voir changer le visage de l’Amérique, notamment au niveau démographique devant la croissance des minorités afro-américaines et latino/hispaniques (respectivement 13,2% et 17% de la population) aux dépens de la majorité blanche en déclin (63% contre 69% en 2000 et 80 en 1980).
    Pour renverser cette tendance, une réforme drastique des politiques d’immigration trop lâches sont nécessaires, que ce soit à travers la construction symbolique d’un mur pour les protéger de l’immigration clandestine ou l’expulsion des DREAmers.
  •  

  • Axios cite un sondage publié dans The Atlantic en mai dernier dans lequel la moitié des blancs américains de classe moyenne affirment « que les choses ont tellement changé [qu’ils se sentent] étrangers dans leur propre pays », et c’est cette « anxiété culturelle » utilisée par Trump qui les a poussé à voter pour lui.

 


3. Cher hausse le ton

 

  • La réponse virale et brutale de Cher à une internaute qui ne la pas crue prête à recevoir chez elle les « Dreamers » menacés d’expulsion:

     

 


4. Des zones rurales toujours plus isolées

 

  • « Plus de la moitié des comtés américains situés dans les zones rurales ont des établissements hospitaliers sans maternité » constate le Washington Post et la tendance devrait s’aggraver ces prochaines années avec la fermeture progressive des services de gynécologie – obstétrique dans les zones les plus isolées du pays.
    2,4 millions de femmes en âge de procréer vivent dans des comtés qui n’offrent aucun accès aux soins prénatals, ni à des maternités. 

    Il existe déjà beaucoup de différences entre l’état de santé des femmes vivant dans les zones rurales et celles des villes. Les premières ont davantage de risques d’être en mauvaise santé, d’être obèses, de fumer, de se suicider ou d’avoir un cancer de l’utérus que leurs consoeurs des villes. Mais la tendance récente pourrait aggraver en raison des disparités en matière de santé sexuelle. Une étude récente a également noté que les zones rurales ont fait peu de progrès dans le domaine de la mortalité infantile par rapport au reste du pays.

     

  • Cette tendance s’explique par la faible rentabilité des services de gynécologie – obstétrique, ce sont que les centres hospitaliers coupent en cas de problèmes financiers, par la faible natalité dans les zones rurales, et par la difficulté pour les chirurgiens obstétriciens de survivre dans des régions désertées.

 


5. Les Boston Sox accusés de tricher

 

  • Le New York Post (« Boston Cheat Party ») et le NY Daily News (« Dirty Sox »), les deux tabloids new yorkais s’en sont donnés à coeur joie en une ce matin après les révélations du journaliste star du New York Times sur les tricheries de l’équipe de baseball de Boston contre leur ennemi, les New York Yankees, le mois dernier.
     
  •  

  • Les Red Sox auraient utilisé l’Apple Watch au cours de leurs rencontres pour informer leurs coéquipiers des stratégies de leurs adversaires, notamment les communications, via les signes de la main entre le pitcher et le catcher. Intercepter les stratégies des adversaires est autorisé au baseball mais pas l’utilisation d’outils électronique est interdite sur le terrain.
  •  

  • L’enquête de la league de baseball a corroboré les accusations lancées par les New York Yankees et le commissaire doit annoncer prochainement si oui ou non, il prendra des sanctions contre les Red Sox, les premiers de leur division qui devraient vraisemblablement disputer les playoffs.

 


6.  « Je suis comédienne, il est notre putain de président »

 

 

  • C’est l’une des comédiennes américaines les plus célèbres qui a vu sa carrière de plus de trente ans s’arrêter brusquement en mai dernier après avoir diffusé une photo d’elle portant un masque ensanglanté de Trump: En l’espace de quelques jours, elle a été viré de CNN, la fin de sa tournée annulée, ses contrats publicitaires suspendus et le président a rajouté de l’huile sur le feu en évoquant le traumatisme de son fils Baron après avoir vu les photos.

 

  • Malgré des excuses publiques, elle a reçu des menaces de mort des supporters de Trump, a été vilipendée sur les réseaux sociaux, par républicains et conservateurs, Fox News, ses amis parmi les plus proches lui ont tourné le dos et elle a même été l’objet d’une enquête du FBI.
    En hibernation depuis trois mois, Katy Griffin en a marre de s’excuser, compte reprendre la comédie et sa carrière et milite désormais pour la protection du Premier Amendement, la liberté d’expression:

    Le président Trump vient juste de gracier Joe Arpaio, qui dirigeait essentiellement un camp de concentration de le désert d’Arizona. Il a dit qu’il existait de bons nazis, il veut expulser de jeunes adultes qui ont été amenés ici par leurs parents, et je suis celle qui continue a s’excuser?

 


7. Masha Gessen, une voix qui porte

 

  • Portrait de Masha Gessen, l’une des journalistes les plus influentes de l’ère Trump dans Rolling Stone:
     

    L’un des articles les plus lus après les élections [présidentielles] a été « Autocracy: Rules for Survival » publié dans le New York Review of Books. Son auteure, Masha Gessen, connait bien son sujet. Elle a vécu presque toute sa vie sous un régime autocratique et dont des années dans le rôle risqué de journaliste d’opposition – en Russie.
    Dans les dizaines d’articles et d’interventions télévisées qu’elle a réalisé depuis, elle offre un regard indispensable sur les tendances despotiques de l’actuel président américain. Et plutôt que de relever les éléments anti-démocratiques évidents de la nouvelle présidence, Gessen s’intéresse aux changements inquiétants des normes politiques américaines en utilisant la sagesse de quelqu’un qui a survécu et combattu une oppression politique tout en gardant son intégrité. 

 


8. Cinémas: Un été pourri

 

  • A l’exception de « Guardians of the Galaxy Vol.2 », « Wonder Woman » et « Spiderman: Homecoming », la fréquentation de salles de cinéma cet été – une période généralement bonne aux Etats-Unis – à été la pire de la dernière décennie avec seulement 3,8 milliards de dollars de tickets vendus, une baisse de 14,7% par rapport à l’année dernière.
     
    Parmi les victimes de cet été calamiteux: “King Arthur: Legend of the Sword”, « Valerian », « Baywatch », “Pirates of the Caribbean 5″, « The Mummy » et « Transformers 5 » qui sont soit des suites et/ou des films à gros budget – comme les prochaines sorties de cette fin d’année, « Blade Runner 2049”, “Thor: Ragnarok”, “Justice League,” et “Star Wars: The Last Jedi.”

 


9. Couverture du jour: Bill de Blasio sera réélu maire de New York

 

  • Mauvais nouvelle pour le New York Post, le tabloid de Rupert Murdoch qui l’attaque quasi-quotidiennement, ou le gouverneur démocrate de New York, Chris Cuomo, avec qui il est en guerre ouverte, ou ses détracteurs qui critiquent ses propos, son attitude et sa politique, Bill de Blasio devrait selon New York magazine être réélu à la mairie de New York le 7 novembre prochain.
     

05 Sept. 2017

 

1. Les « Dreamers » en sursis

  • Ce matin, Jeff Sessions, ministre de la justice, a annoncé l’une des dernières mesures phares de sa politique anti-immigration: la fin du programme DACA Deferred Action for Childhood Arrivals – mis en place par Barack Obama en 2012 qui offrait aux enfants entrés illégalement sur le territoire américain, la possibilité d’y étudier et d’y travailler légalement.
    Une décision évidemment controversée qui pourrait forcer 800 000 jeunes « DREAMers » à quitter un pays dans lequel ils ont grandi, étudié, travaillé et dans certains cas fondé une famille mais qui ne « sera pas appliquée avant six mois » pour laisser le temps au Congrès d’apporter sa propre législation« Faites votre travail » a lancé ce matin le président, en affirmant vouloir « mettre l’intérêt des citoyens américains avant tout ».

 

  • Trump essaye une fois de plus de courtiser sa base électorale – « les oubliés qui ne le sont plus » – à défaut de pouvoir lui offrir un mur.
    Pour Ben Smith de Buzzfeed, Trump « isolé, affaibli et incapable d’utiliser les leviers habituels du pouvoir présidentiel a adopté la pire stratégie pour quelqu’un qui essaye d’exercer le métier le plus important au monde: Tirer sur les otages ». Il ne s’agit pas d’une « stratégie » mais d’un « geste de panique ». 
  • La décision devrait provoquer l’opposition ferme des Démocrates et de la plupart des leaders républicains, les plaintes des associations de défense des libertés et les décisions des juges des cours fédérales et une immense panique et un sentiment d’injustice profond chez les DREAMers.

 

  • Comme l’a avancé Mark Zuckerberg dans un post sur Facebook quelques minutes après la déclaration de Sessions, la seule solution est une proposition conjointe des Démocrates et Républicains modérés, susceptible de provoquer une véritable guerre civile au sein du GOP.

 


2. Le « briseur de rêves »

 

 

  • Alors que son concurrent, le New York Post a choisi d’attaquer sa cible favorite, le maire de New York, Bill de Blasio, le NY Daily News critique en une la décision de Trump de briser le rêve de centaines de milliers de jeunes immigrés.

 

  • Autre annonce: le rachat du tabloid new yorkais par Tronc, qui est aussi propriétaire du Los Angeles Times et du Chicago Tribune pour un dollar symbolique et trente millions de dollars de dettes.

 

 


3. Houston: les travaux de nettoyage et de reconstruction compromis

 

  • Houston a l’argent mais n’a pas la main d’oeuvre suffisante pour l’immense effort nécessaire au nettoyage, à la réparation et la reconstruction de près de deux cent mille maisons pour une raison simple: Entre un quart et la moitié des ouvriers en bâtiment de la région sont en situation irrégulière et les cibles de la politique anti-immigration de Trump, et de l’un de ses fidèles supporter, le gouverneur du Texas, Greg Abbott qui a d’ailleurs été l’un des fers-de-lance de l’annulation du programme des DREAMers.

 

  • Il y a douze ans, explique le Washington Post après l’ouragan Katrina, George W Bush avait cédé à la pression les entreprises du Bâtiment et Travaux Publics et facilité l’emploi de travailleurs en situation irrégulière qui ont représenté un quart de la main d’oeuvre utilisée pour nettoyer et reconstruire la région.

 

  • Aucun mesure n’a été proposé par Trump et l’industrie a déjà tiré la sonnette d’alarme sur une éventuelle pénurie de travailleurs nés aux Etats-Unis pour reconstruire dans les plus brefs délais.

 


4. Cinquante idées qui bousculent Washington

 

  • C’est le classement annuel réalisé par Politico sur les cinquante idées (et les individus derrière elles) qui bousculent Washington et on trouve sans surprise beaucoup de personnalités des médias avec:
    • #1: Steve Bannon et sa machine de guerre alt-right, Breitbart News;
    • #2: Un couple de Texans, Sarah Greenberg et Ezra Levin, qui s’inspire des méthodes d’action du Tea Party pour organiser la résistance des Démocrates et progressistes contre Trump dans leur organisation: Indivisible.
    • #8: Susan Fowler pour avoir exposé dans un post de blog au début de cette année le sexisme rampant dans les industries de haute technologie de la Silicon Valley, à travers son expérience chez Uber où elle a travaillé pendant plusieurs mois.
    • #16: Rebekah Mercer, fille du multi-milliardaire Robert Mercer, la « méga-donatrice » de la droite, qui a finance Breitbart depuis qu’il est dirigé par Bannon et a soutenu financièrement la campagne de Donald Trump. 
    • #17: Masha Gessen du New York Review of Books pour avoir alerté sur les dérives autocratiques de la démocratie après la victoire de Trump en s’inspirant de sa Russie natale dans un essai, « Autocracy: Rules for Survival »

 


5. »Trumped up Cards »

 

  • « Reid Hoffman [le co-fondateur de LinkedIn] a des milliards de dollars et l’un des réseaux les plus connectés de la Silicon Valley. Voila comment est-ce qu’il compte les utiliser contre Trump » explique le journaliste Tony Romm dans Recode. 
  • Ca a commencé par un jeu de cartes, « Trumped up Cards », similaire à celui de « Cards Against Humanity » – dans lequel « les joueurs finissent des énoncés complets en utilisant des mots ou phrases généralement considérés comme offensantes ou politiquement incorrectes présentées sur des cartes à jouer »  (Wikipedia) – mais consacrés uniquement au milliardaire américain, pour « aider les gens à comprendre l’absurdité de la présidence de Trump

 

 

  • Hoffman est prêt à dépenser des centaines de millions de dollars dans des campagnes, des candidats et causes qui soutiennent la vision d’un futur plus favorable au pays.

    Comme beaucoup dans la Silicon Valley, l’opposition de Hoffman à la Maison Blanche a commencé immédiatement après les élections. Et les divisions entre Trump et le secteur des hautes Technologies devraient empirer mardi, quand le président va annoncer l’annulation du programme DACA (…) Les rumeurs concernant la fin du programme de protection a poussé Hoffman et plus de trois cent autres chefs d’entreprises à condamner publiquement la Maison Blanche le week-end dernier.

 


6. Vers une guerre culturelle totale

 

  • Regnery Publishing, La maison d’édition consacrée aux auteurs et aux ouvrages conservateurs tels que Mark Levin, Laura Ingraham ou Ann Coulter a annoncé qu’elle coupait les ponts avec le New York Times et sa célèbre liste de best-sellers, la référence du milieu de l’édition, sous prétexte que le quotidien favoriserai des ouvrages dits « libéraux » et « progressistes » aux dépens de ceux plus « conservateurs ». Elle utilisera comme nouvelle liste des ventes, celle publiée par Publishers Weekly

 

  • En ligne de mire, le livre « The Big Lie: Exposing the Nazi Roots of the American Left » place en 7ème position de la liste du New York Times alors que d’autres listes le placent numéro un. Même problème selon Regnery Publishing pour l’ouvrage “No Go Zones: How Sharia Law is Coming to a Neighborhood Near You” selon Associated Press.

 

  • Le New York Times a qualifié les accusations de manipulation des chiffres des ventes de son classement de « ridicules » en notant au passage que de nombreux ouvrages conservateurs apparaissaient généralement dans cette même liste.
    Une nouvelle division de franchie entre le monde des conservateurs et celui des libéraux.

 


7. Mannequins: Nouvelle génération

 

  • « Pendant des décennies, le mannequinat a été une activité silencieuse dans laquelle les femmes étaient être vues et jamais entendues » mais une succession d’incidents cette année ont mis en avant les problèmes qui minent encore cette industrie, notamment les conditions de travail, le harcèlement sexuel, l’humiliation physique ou encore le racisme.

 

  • Aujourd’hui, les mannequins, même peu connus dans l’industrie, peuvent utiliser les médias sociaux pour s’exprimer et avoir de l’influence en s’attirant de nombreux abonnés.
    Le New York Times est allé à la rencontre des modèles féminins à différentes étapes de leur carrière pour partager leur expérience: ICI

 


8. Le retour de certaines maladies infectieuses des Etats-Unis

 

  • Les régions les plus pauvres des Etats-Unis sont marquées par la résurgence de maladies infectieuses dignes des pays les plus pauvres de la planète: En Alabama un tiers des individus vivant dans le comté très défavorisé de Lowndes, ont été testés positifs à l’ankylostome, un parasite intestinal éradiqué depuis des décennies du pays depuis les années 80 et qu’on trouve dans les zones pauvres tropicales africaines et asiatiques.
    L’étude [réalisée par l’université de Baylor et l’Alabama Center for Rural Enterprise, ACRE] résumée dans le Guardian révèle que l’ankylostome ne survit que dans les communautés qui n’ont aucune hygiène de base, notamment à travers des problèmes de gestion et de traitement des ordures et eaux usées.

 


9. Les couvertures du jour

 

  • Ce sont celles de Sport Illustrated consacrées à la reprise de la saison de football américain cette semaine: Quatre couvertures différentes avec:
    • Le quarterback des New England Patriots, Tom Brady 
    • Le defensive end des Houston Texans, J.J. Watt
    • Le quarterback des Green Bay Packers, Aaron Rodgers
    • Le running back des Arizona Cardinals, David Johnson

Immigration aux Etats-Unis: Un premier DREAMer expulsé?

 

Donald Trump a promis qu’ils seraient épargnés par le durcissement des lois contre l’immigration, mais le premier cas d’expulsion d’un jeune DREAMer d’origine mexicaine a été signalé cette semaine et si les faits sont avérés, ce sont des centaines de milliers d’autres adolescents et jeunes immigrés qui seraient directement menacés partout dans le pays.

 

 

USA Today a révélé l’affaire en première mercredi 19 avril 2017

Juan Manuel Montes vient de porter plainte contre l’administration Trump devant une cour de Californie mardi pour avoir été illégalement déporté au Mexique alors qu’il bénéficie de la protection du Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), mis en place par Barack Obama, qui protège les mineurs arrivés illégalement sur le territoire américain, sans aucune justification des autorités.

 

le Department of Homeland Security, en charge du contrôle et de la sécurité des frontières et toutes les questions relatives à l’immigration, a reconnu mercredi que le jeune Montes, 23 ans, était effectivement un DREAMer et son statut valide jusqu’à la fin 2018 tout en affirmant que l’intéressé aurait quitté les Etats-Unis pour le Mexique, sans en informer les autorités et l’aurait rendu inéligible pour le programme DREAM.

L’intéressé a démenti les faits: il aurait été arrêté par les forces de l’ICE (Immigration & Enforcement Agency) en Californie le 17 février dernier sans avoir pu présenter sa carte d’identité et son statut de DACA laissé dans la voiture d’un ami. Embarqué de force, sans passer par un juge ni un avocat, il aurait été expulsé le jour même vers le Mexique. 
Le National Immigration Law Center qui représente Montes a demandé il y a plusieurs semaines au DHS de rendre public les conditions de son arrestation – ce que le Département refuse pour des raisons de confidentialité.

 

L’incident, révélé mardi par USA Today, a mis en émoi les communautés immigrées et les 750 000 DREAMers répartis un peu partout aux Etats-Unis, dont un tiers en Californie.
Les réseaux sociaux ont également pris part à la consternation à travers le hashtag #justiceforjuan, des manifestations ont eu lieu devant certains bureaux d’immigration et une pétition en ligne a été envoyée au Secrétaire du Département de la Sécurité Intérieure (DHS en français), John Kelly, qui déclarait au même, dans son premier discours officiel, que la nation américaine était « danger ».

 

Steve King, un Représentant de l’Iowa, a salué le geste des agents de l’immigration via Twitter mardi

 

 

Si Trump a promis durant la campagne d’arrêter et de renvoyer les immigrés en situation irrégulière à commencer par les membres de gangs, les criminels et autres « bad hombres », il a affirmé « avoir un grand coeur » et s’est engagé à défendre le programme DACA mis en place par son prédécesseur.
John Kelly a récemment rassuré les DREAMers que le DACA était « bien en vigueur » et le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, avait également affirmé aux intéressés qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter.

 

USA Today – Edition du jeudi 20 avril 2017

 

Ce serait donc le zèle de certains agents de l’Immigration and Customs Enforcement qui auraient outrepassé les directives présidentielles pour expulser un jeune immigré en situation régulière – qui est toujours assigné à résidence au Mexique, loin de sa famille installée en Californie.

 

C’est absolument scandaleux que des agents de la police des frontières s’autorisent à prendre des décisions qui bouleversent la vie et le futur des individus en toute impunité (…) l’ICE doit être maîtrisée et interdite de violer gravement les droits constitutionnels des gens.

Angelica Salas – directrice de « Coalition for Humane Immigrants Rights (CHIRLA)

 

 

On ne sait pas encore les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais le cas de Montes, arrivé aux Etats-Unis à l’âge neuf ans, est précisément ce que craignaient beaucoup d’associations de défense des droits des Immigrés en situation irrégulière et tant que les faits ne seront pas clairement établis, et la responsabilité de chacun admises par les différents partis, les DREAMers ont toutes les raisons de s’inquiéter.

 

Vox résume la situation:

Tout signe qui prouverait qu’un bénéficiaire du programme DACA a été arrêté par les agents d’immigration serait la preuve que l’administration n’opère aucune discrimination parmi les immigrés en situation irrégulière [les DREAMers ne sont pas résidents permanents] et que les peurs qui existent au sein des communautés immigrés sont tout à fait justifiées.
La crédibilité de l’administration et de ses critiques est en jeu dans cette affaire.
Si le DHS dit la vérité sur l’affaire Montes, le scandale créé par USA today sera exemple parfait du refus de croire aux rapports officiels [agressivement défendus par John Kelly dans un discours cette semaine] même l’opportunité de diffuser les conditions de l’arrestation lui ont été données depuis longtemps (…) mais les explications ne cessent de changer 

 

 

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