SB4: la loi qui divise le Texas

 

Le Texas, historiquement républicain mais réputé pour sa tolérance envers les populations immigrées et celles en situation irrégulière, est devenu le premier Etat américain à adopter une ligne aussi dure en matière d’immigration, inspirée par la nouvelle administration, qui divise violemment la population et les politiques.

 

  • Lundi après midi, le Capitole de Dallas a été envahi par des centaines de milliers de manifestants venus s’opposer à la loi « SB4 » votée quelques semaines plus tôt par le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, contre les villes sanctuaires de l’Etat

 

  • La loi « Senate Bill No.4 » (SB4) sanctionne les polices locales des villes et des campus universitaires dits « sanctuaires » qui demandent à leurs officiers de ne pas:
    • Demander le statut légal d’une personne arrêtée ou en détention
    • Signaler à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les agents d’immigration fédéraux, le statut illégal d’un immigré qui arrêté ou en détention
    • Aider les agents d’immigration fédéraux (ICE) en leur livrant un individu arrêté en situation irrégulière, ou en arrêtant des individus qui sont sous le coup du « Immigration Detainer Request » – un mandat d’arrêt.
  • Les sanctions contre les shérifs et policiers locaux qui refusent de coopérer avec l’ICE peuvent être financières (1 000 dollars pour une première offense et 25 000 dollars pour des violations supplémentaires), professionnelles (perte de son emploi) et pénales (prison).
  • La loi devrait être appliquée à partir du 1er septembre.
    Une plainte a déjà été déposée par le ministre de la Justice du Texas pour confirmer cette loi. Les associations de défense des libertés ont elles demandé son annulation auprès des tribunaux.
Flyer de Texas AFL-CIO diffusé avant le vote de la loi SB4 en février 2017
  • Les latino-Américains représentent 39% de la population du Texas: c’est la communauté la plus importante après la Californie.
  • Les autorités estiment à 1,5 millions, le nombre d’immigrés en situation irrégulière, dont 80% sont nés au Mexique et 42% d’entre eux sont propriétaires de leurs maisons, c’est-à-dire bien intégrés dans leur communauté.
  • « Le grand boom économique des années 90 et 2000 de l’Etat (« Texas Miracle ») aurait été inconcevable sans l’apport de travailleurs mexicains entrés illégalement sur le territoire. »
  • Le Texas, contrairement à la Californie ou l’Arizona, a toujours été tolérant envers cette communauté: En 2001, avec le Texas Dream Act, le Texas est devenu le premier Etat à offrir des bourses universitaires quel que soit le statut légal des étudiants.
    « La loi était perçue comme un investissement pour l’avenir de l’Etat et avait reçu le soutien des Républicains ».
  • L’afflux d’immigrés mexicains a considérablement baissé, l’économie du Texas a ralenti et les préoccupations sécuritaires dominent aujourd’hui le discours politique.

 

  • Les villes sanctuaires du Texas sont principalement Austin et Dallas et Houston

 

  • Lundi, les centaines de manifestants habillés en rouge ont interrompu pacifiquement la dernière session parlementaire de la saison avec des chants et des bannières contre ces lois « anti-immigration »
  • Un parlementaire républicain a appelé les agents fédéraux d’immigration (ICE) pour qu’ils évacuent les manifestants et « déportent » ceux en situation irrégulière
  • Une provocation qui a failli se terminer en bagarre générale entre parlementaires démocrates et républicains qui se sont bousculés, insultés et menacés.