Le kiosque du 06.04.17

 

  • Devin Nunes démissionne!

    Enfin!
    Devin Nunes
    , Représentant républicain de Californie, vient de démissionner de l’enquête qu’il dirigeait sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, en tant que président de la Commission parlementaire en charge des questions du Renseignement.

     
    Ca faisait deux semaines que ses collègues de la commission lui demandait de se récuser après avoir enchaîné les bourdes et faux pas: Au mois de mars, Nunes a rencontré dans le plus grand secret, à la Maison Blanche, des membres du gouvernement qui lui ont donné des informations sur des écoutes réalisées par les agences de renseignement comportant des noms de citoyens américains, proches de Trump.
    Tout ceci, pendant la période de transition sous l’autorité du président Obama.

     
    Ces informations confidentielles et légales, appelées « incidental collection », Devin Nunes les a partagées avec Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants, le président et les médias – mais pas avec ses collègues, parmi lesquels figurent certains démocrates.
     
    Il doit répondre à des plaintes « fausses et politiquement motivées » – selon lui – déposées contre lui qui mettent en cause son éthique professionnelle.
    Les démocrates l’accusent d’avoir volontairement essayé d’influencer l’enquête contre la précédente administration pour faire diversion sur les accusations qui pèsent sur la campagne de Trump et la Russie.

     
    L’enquête va pouvoir repartir sans son mouton noir et sera dirigé par Mike Conway, Représentant républicain du Texas, accompagné par deux autres collègues du même bord politique.
     
    Devin Nunes garde sa position de président de la Commission parlementaire.

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  • Bannon sur la sellette

    L’annonce du départ de Steve Bannon du Conseil National de Sécurité dans un memo publié par la Maison Blanche hier et relayé – de manière plutôt positive – par l’ensemble des médias, signale la perte d’influence du « Darth Vader de la politique » au sein gouvernement et un tournant décisif pour l’administration Trump.
     
    C’est aussi une victoire pour le conseiller à la Sécurité Nationale, McMaster, remplaçant de Michael Flynn, qui a réussi à imposer son autorité en prenant le dessus sur le néophyte nationaliste avec lequel il était en concurrence.
     
    Bannon aurait menacé de démissionner pour garder sa place.
     
    Le vice président Mike Pence a assuré que Bannon continuerait à jouer un rôle important dans le gouvernement:
     

    C’est une évolution logique pour assurer l’organisation du Conseil National de Sécurité sert les meilleurs intérêts du président à prendre des décisions difficiles.

     
    Selon Politico, Bannon, qui représente la faction idéologique (« America First ») de l’administration avec Stephen Miller aurait également serait également en pleine « guerre civile » avec l’establishment du parti républicain – qu’il a toujours détesté – et aurait essayé, en vain, de limiter l’influence grandissante de Jared Kushner/Ivanka Trump/Gary Cohn (conseiller économique) à la Maison Blanche.
     
    Les deux premiers mois de présidence de Trump ont été un fiasco complet, il semblerait que ce soit Bannon qui en paye le prix aujourd’hui: Entre le discours glauque d’investiture, les deux travel ban suspendues par des juges fédéraux, l’échec des négociations avec le Freedom Caucus pour le passage de l’american Health Care Act, Bannon n’a pas brillé par ses conseils, et la décision de l’éloigner de sa sphère d’influence pour avoir des résultats positifs dans l’avenir.

     
    * « Trump Loyalist Fight to survive – in his administration » Politico

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  • Un gouvernement toujours vide

    Deux mois et demi après entrée à la Maison Blanche, l’administration Trump toujours n’a pas nommé 486 et 553 positions clés du gouvernement qui nécessitent une confirmation du Sénat: 22 seulement ont été confirmées, 21 formellement nommées et 24 attendent d’être confirmées. selon le Political Appointee Tracker.
     
    Ces positions à responsabilité concernent les Secrétaires de cabinet, secrétaires adjoints et assistants, directeurs financiers, avocats généraux, directeur d’agences, ambassadeurs.
     
    Les départements d’Etat doit nommer encore 110 positions, celui de la Défense 43, celui de la Justice 21, de l’Energie et du Trésor 20, celui du commerce 18, etc..

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  •  Trump: « Bill O’Reilly est innocent »

    Forcément, le président n’allait pas mettre en doute la sincérité de Bill O’Reilly lorsqu’il dément les accusations de harcèlement sexuel dont il est victime:
    « Je le connais bien – c’est un homme bon ».

     
    Dans une interview donnée au « failing » New York Times hier, le présentateur vedette de Fox News a « reçu le soutien sans précédent d’un ami de longue date, un sympathisant idéologique et lui aussi un scandal survivor: le président des Etats-Unis. »
     
    Les accusations contre O’Reilly aurait fait resurgir cette division générationnelle entre la vieille garde (Murdoch père et O’Reilly .. et Trump) qui considère ce scandale comme réchauffé et opportun et la relève (les deux fils de Murdoch) qui veulent moderniser l’image d’une chaîne trop blanche, mâle et conservatrice.
     
    Entre temps la liste des annonceurs qui boycottent l’émission s’allongent: 40 compagnies ne veulent être assimilées à « The O’Reilly Factor » – La liste détaillée avec les explications des entreprises réalisée par CNN, mais rien n’indique que la position de O’Reilly soit remise en question.
     
    Margareth Sullivan du Washington Post dénonce, elle, l’hypocrisie de la chaîne câblée:
     

    Quoi qu’il arrive à la carrière de Bill O’Reilly, l’un des aspects de l’histoire officielle à Fox News mérité d’être dénoncée à tout jamais. Appelons la, « la ligne d’urgence contre les agressions ».
    C’est l’idée ridicule qu’une femme harcelée sexuellement au sein d’une entreprise connue pour sa misogynie, déciderait d’appeler une ligne d’urgence internet pour déposer une plainte.

     

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  • Une ancienne de Breitbart passe sur … Sputnik

    Entre un site alt-right pro-Trump et un réseau de propagande russe, il n’y a qu’un pas que vient de franchir Lee Stranahan, qui a quitté sa position de journaliste d’investigation à Breitbart pour lancer une émission de radio sur Sputnik, financé par le Kremlin.

     
    Je suis sur le payroll russe désormais, car quand tu travailles à Sputnik, tu es payé par les Russes » a-t-il confié à un journaliste de The Atlantic: « C’est ce que c’est. Je n’ai aucun scrupule. Ca n’affecte en rien la position que j’ai depuis des années »
     

    La nouvelle position de Stranahan est le dernier rebondissement du petit monde des médias de droite, dont la notoriété et l’influence n’a cessé de croitre depuis l’avènement de Trump.
    Cela reflète également un ré-alignement à droite vers la Russie au moment où l’administration, dirigée par un président exceptionnellement réceptif au Kremlin, s’empêtre de plus en plus des histoires sur l’influence russe.

     
    Sa nouvelle émission en ligne, « Fault Lines » devrait voir s’affronter les libéraux contre les conservateurs.
     
    Le journaliste, qui a démissionné de Breitbart le mois dernier après un différent avec le chef du bureau de Washington, considère les relations entre Trump et les Russes pendant la campagne présidentielle comme de l’intox et promet pourra dire ce qu’il veut.
     
    * « From Breitbart to Sputnik »The Atlantic

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  • Des journalistes en herbe font démissionner leur principale

    L’équipe de reporters d’un journal lycéen du Kansas, The Booster Redux, ont poussé leur nouvelle principale à la démission après avoir découvert qu’elle avait menti sur ses diplômes et sur son expérience, à la suite de la publication des résultats de leur enquête dans un article, le 31 mars dernier.
    C’est en découvrant qu’elle était passée par une université privée non accréditée par le Département de l’Education américain que les six étudiants ont commencé à s’interroger sur le CV de leur principale, ce malgré les très bonnes recommandations dont elle bénéficiait.

     
    Interrogée par ses étudiants, Robertson a « donné des réponses incomplètes et erronées, des mauvaises dates, … ».

    La direction de l’établissement a ensuite demandé des copies de ses diplômes que l’intéressée a été incapable de fournir.

    Mardi, Amy Robertson a démissionné de Pittsburg High School et les journalistes en herbe ont été salués un peu partout à travers le pays.
     

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04.04.17: A la une des quotidiens US

 

On vous sélectionne les gros titres, les histoires et perles des quotidiens nationaux et régionaux.

 

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  • Le lycéen Nunes en une de Los Angeles Times

    Une démarche plutôt sympathique de la part du premier quotidien californien qui a mis en une de son édition du 4 avril, une photo du « senior yearbook » de Devin Nunes en 1991 lorsqu’il était lycéen à Tulare Union High: Il serait aujourd’hui une source d’inspiration beaucoup de professeurs et d’étudiants de l’établissement – contrairement à une grande partie de la classe politique et de Washington.
     
    Devin Nunes, Représentant républicain de Californie et président de la Commission parlementaire chargée des questions du renseignement, est devenu le mouton noir de Capitol Hill ces dernières semaines à cause de sa gestion catastrophique de l’enquête « indépendante » sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles – il a même été traité d’inspecteur Clouseau par son propre parti.
     
    Il y a trois semaines, en pleine investigation, il a rencontré secrètement des membres de l’administration, à la Maison Blanche, qui lui ont fourni des informations confidentielles selon lesquelles les agences de renseignements avaient intercepté des communications de proches de Trump pendant la période de Transition – des « incidental collections ».
     
    Plutôt que de garder ses informations et les partager avec ses collègues de la Commission, il les a rapporté à Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants, au président Trump et a organisé une conférence de presse improvisée, dans laquelle il a affirmé qu’il ne dévoilerait jamais ses sources, « des lanceurs d’alerte ».
    Beaucoup demandent aujourd’hui sa démission mais il refuse.
    Les seuls à aujourd’hui croire en sa crédibilité sont le président, Paul Ryan et son ancien lycée. 
     
    * « Far from Washington, Nunes Still a hero »Los Angeles Times

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  • L’industrie Tech inquiète de perdre ses H-1B

    Les candidatures pour le plus convoité des visas de travail, le H-1B, s’est ouverte lundi dans une certaine appréhension pour l’industrie tech américaine, qui compte sur cet apport de  travailleurs étrangers qualifiés pour occuper les centaines de positions d’ingénieur nécessaires au bon fonctionnement de leurs entreprises.
     
    Les agences d’immigration ont promis d’être plus strictes sur les conditions d’acceptation de ces visas, qui sont limités à 85 000 par an, contre 250 à 300 000 demandes attendues cette année – d’où la mise en place d’un système de loterie.
     
    Par ailleurs, l’option « premium » qui coûte mille dollars et permet d’obtenir une réponse dans les deux semaines a été annulée cette année.

     

    Le programme de visa H-1B, qui autorise des travailleurs étrangers spécialisés à travailler entre trois et six ans dans une compagnie sponsor aux Etats-Unis, est un sujet de discorde constant entre la Silicon Valley et Washington (…) Les critiques dénoncent un programme rempli de failles qui permettent à des entreprises d’engager de la main d’oeuvre moins chère.

     
    Les principales cibles sont les Indiens, qui sont surreprésentés dans les métiers de programmeurs informatiques. Selon les nouvelles règles, les programmeurs informatiques débutants ne sont plus elligibles pour le H-1B et doivent présenter des diplômes d’études supérieurs.
     
    * « Tighter Rules on Tech Visas »San Francisco Chronicle

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  • Le briefing quotidien de Sean Spicer est un must-see

    Le New York Times l’avait déjà affublé de ce surnom dès les premières jours de février à la suite de sa première conférence au lendemain de l’investiture du président et le sketch de SNL avec Melissa McCarthy qui avait suivi la semaine suivante.
     
    Presque deux mois plus tard, Sean Spicer attire toujours la curiosité des internautes et téléspectateurs lors de sa conférence de presse quotidienne, qui débute généralement dans la bonne humeur pour tomber rapidement dans les critiques ouvertes et parfois agressives contre les journalistes et les médias.
     
    * « Must-see TV in D.C. »Tampa Bay Times

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  • Les propositions pour le mur

    C’était mardi la date limité pour proposer une conception du projet pharamineux de Donald Trump: le fameux qui doit séparer le Mexique des Etats-Unis.
    Quatre cent compagnies ont répondu à l’appel et le San Diego Union Tribune partage les projets les plus originaux:
     

    un mur qui fait panneaux solaires / Gleason Partners

     
     * « Preview Trump Border Wall Proposal »The San Diego Union Tribune

     

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Le Kiosque du 31.03.17

 

  • L’enquête sur l’ingérence russe n’en finit pas

    L’histoire semble redondante mais elle est déterminante pour comprendre l’embarras dans lequel se trouve aujourd’hui la Maison Blanche vis-à-vis de la Russie.
     
    * Il existe aujourd’hui deux enquêtes sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles et d’éventuelles collusions entre des associés de Trump et des agents russes:
    L’une menée par une commission mixte du Sénat, indépendante qui a assuré cette semaine l’intégrité de son enquête.
    Une commission parlementaire et permanente, en charge du renseignement enquête également sous la direction du Représentant républicain Devin Nunes.
     
    * Samedi 4 mars: Donald Trump accuse le président Obama de l’avoir mis illégalement sur écoute, lui et certains membres de son équipe de campagne durant la période de transition (9 novembre 2016 – 20 janvier 2017)
     
    * Lundi 20 mars: Le directeur du FBI, James Comey affirme qu’il n’existe aucune preuve que Obama aurait demandé la mise sur écoutes du président-élu.
     
    * Mardi 21 mars: Deux représentants de la Maison Blanche, fraichement nommés, organisent une réunion secrète avec Devin Nunes à la Maison Blanche et lui présentent des documents confidentiels, appelés « Incidental collection »: ce sont les communications de citoyens américains interceptées par les agences de renseignement lors d’écoutes réalisées sur des officiels étrangers.
    La Maison Blanche s’est volontairement impliquée dans une enquête soi-disant « indépendante » de la Commission parlementaire, dans laquelle plusieurs membres de l’administration sont des suspects potentiels, pour orienter les soupçons contre le président Obama et valider les accusations du président Trump.
     
    * Mercredi 22 mars: Devin Nunes va présenter ces informations au président et organise une conférence de presse devant la Maison Blanche dans laquelle il annonce avoir reçu des informations « alarmantes » sur le président de la part de sources « secrètes », des lanceurs d’alerte – le tout sans en informer les membres de la Commission parlementaire
    « White House Officials Helped Give Nunes Intelligence Reports »The New York Times
     
    * Lundi 28 mars: Ses collègues de la Commission demandent à Devin Nunes de se retirer de l’enquête, ce qu’il refuse, en recevant le soutien de la Maison Blanche et du porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan.
     
    * Jeudi 30 mars: Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président, accepte de témoigner (« J’ai des choses à raconter, et j’ai vraiment envie de les dire ») devant les deux commissions chargées d’enquêter sur les ingérences russes, en échange d’une immunité si .
    Mike Flynn avait affirmé à la télévision le 25 septembre dernier: « Quand on vous donne l’immunité, ça veut dire que vous avez probablement commis un crime »
    « Mike Flynn Offers to Testify in Exchange for Immunity »The Wall Street Journal
     
    Et ce matin le président continue à le défendre en affirmant que son ancien conseiller est victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias et Démocrates

    « Flynn est un électron libre qui n’a rien à perdre. Le camp de Trump devrait s’inquiéter »

    Twitter

     
    * Cet excellent portrait de Michael Flynn dans le New Yorker: « Michael Flynn, General Chaos »New Yorker

     

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  • Jusqu’ici tout va bien, sauf pour la Maison Blanche

    La Russie est plus que jamais est au centre de toutes les discussions, et l’exécutif est chaque jour un peu plus fragilisé par les révélations quotidiennes des médias.
     
    Mais tous ces scandales ont été déclenchés par le président et certains de ses conseillers et Secrétaires qui n’ont cessé de mentir sur leurs relations avec des représentants russes – même lorsqu’il n’y avait rien à cacher.
     
    Plutôt que de se concentrer sur la mise en place de son très ambitieux programme, l’administration s’est engluée dans ses propres affaires qui devraient prendre des mois à être éclaircies et qui mobilisent d’importantes ressources au Congrès américain.

    Il existe d’autres menaces et problèmes de taille dans le monde auxquels doivent faire face les Etats-Unis – notamment la Corée du Nord.
     
    Autrement, Comme Joe Scarborough l’affirmait ce matin, les médias n’ont jamais été aussi solides et rentables, tout comme le pouvoir judiciaire et ses juges qui ont préservé leur intégrité et indépendance face aux attaques répétées de la Maison Blanche, et le pouvoir législatif qui vient d’obliger la Maison Blanche à retirer l’une de ses promesses phares de la campagne, l’American Affordable Care Act.

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  • Trump durcit le ton avec les rebelles

    The NEw York Post – Edition du 30 mars 2017

    Depuis le retrait de l’American Health Care Act, la Maison Blanche menace ceux qu’elle estime être responsables: Les Représentans républicains du Freedom Caucus, proches du Tea Party.
     
    * Il y a eu Steve Bannon, qui a tapé du poing sur la table durant les négociations en expliquant à ces élus qu’il n’avaient pas d’autres choix que de se ranger derrière le président et la majorité républicaine. Sans succès.
     
    * Le weekend dernier, le président a fait semblant d’être ouvert aux Démocrates et à l’idée d’une coalition politique pour faire passer son programme sans le soutien du Freedom Caucus. Aucune réaction des intéressés.
     
    * Il a remis le couvert hier, sur Twitter, en utilisant « une stratégie que les membres du Congrès redoutent », c’est cibler personnellement des élus:
     

    Si @Jim_Jordan et @Raul_Labrador s’étaient ralliés, on aurait un excellent système de santé et une réforme et des réductions d’impôts … Ou sont @RepMarkMeadows, @Jim_Jordan et @Raul_Labrador? #RepealANDReplace

     
    * Donald Trump s’est dit prêt à considérer les membres du Freedom Caucus comme des adversaires politiques au même titre que les Démocrates en prévision des élections de mi-mandat: Il mettrait tout l’appareil politique du parti républicain a disposition de candidats qui lui sont fidèles contre eux.
     

    Le Freedom Caucus va saper tout le programme républicain s’ils ne se rallient pas et vite. Nous devons les batters, et les Dems, en 2018

     
    Labrador, l’un des responsables du Freedom Caucus, a répondu hier après midi:
     

    « Le Freedom Caucus est resté à tes côtés quand les autres t’ont lâché (…) Souviens toi qui sont tes vrais amis. Nous essayons de t’aider ».

     
    Ces élus de la droite dure bénéficient d’une base électorale très fidèle mais qui soutient également le président: C’est une stratégie risquée pour l’administration que d’essayer de les isoler et de les dénoncer mais aussi pour ces élus d’avoir l’air de saper sa présidence et son programme.
     
    * « Trump goes after Freedom Caucus ringleaders »Politico

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  • Un département d’Etat vide

    Les premières semaines de Rex Tillerson comme Secrétaire d’Etat ne sont pas très rassurantes pour le Département et les fonctionnaires qu’il dirige avec qui il n’a eu presque aucun contact, préférant la compagnie et les conseils de son cercle restreint qui n’a aucune expérience en matière de gouvernement et de politique étrangère. Il n’a pas bronché devant les 30% de réductions budgétaires prévues par « America First » pour l’année 2018 – et qui a peu de chances de passer.
     

    Huit semaines après être devenu le premier diplomate du président Trump, l’ancien chef d’ExxonMobil est isolé, séparé du corps des bureaucrates du Département d’Etat à Washington et à travers le monde.
    Son style de gestion très distant a créé une confusion croissante chez les représentants étrangers qui ont du mal à comprendre où les Etats-Unis se situent sur des sujets clés.
    Il suscite la méfiance des employés de carrière du Département d’Etat (…)
    Une situation qui menace de saper le pouvoir et la portée du Département d’Etat, la cible d’une réduction budgétaire de 30% de la part de l’administration Trump.

     
    Comme la Maison Blanche, Tillerson se méfie de l’appareil bureaucratique et semble vouloir se passer le plus possible de leur participation et de leur conseils dans la gestion du Département d’Etat: Il a nommé peu de fonctionnaires aux postes clés qui seraient susceptibles de l’aider à Washington et dans ses déplacements à l’Etranger.
     
    Il refuse de communiquer, ni de voyager avec la presse (pour faire des économies).

     
    Il suit les mêmes habitudes que lorsqu’il travaillait pour Exxon Mobil sauf qu’il s’agit ici du Département d’Etat des Etats-Unis et que les citoyens ont le droit de savoir ce qu’il s’y passe.
     
    *  « Secretary of State Rex Tillerson spends his first weeks isolated from an anxious bureaucracy »The Washington Post

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  • Les cinquante meilleurs Podcast selon le Time

    Le Time nous a offert une sélection des meilleurs Podcasts:
     
    * S-Town, par les producteurs de Serial qui a l’air génial – Crime
    * Alice isn’t Dead, par les créateurs de Welcome to Night Vale – Fiction, mystère
    * Missing Richard Simmons, mal-aimé par le New York Times qui dénonce une violation de la vie privée
    * Pod Save America, par des « Obama Bros », c’est très orienté et free style mais intéressant.

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  • Article du Jour

    Superbe reportage du New York Times sur ces Juifs ultra-orthodoxes qui décident de quitter leur communauté, leurs familles et leurs amis, fermés au monde extérieur et l’unique association qui les accueille, « Foodsteps »
     
    * « The High Price of Leaving Ultra-Orthodox Life »The New York Times magazine

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  • Couverture du jour

    « La présidence Trump est dans un trou … et c’est mauvais pour l’Amérique et pour le monde »
     

    C’est tentant d’être soulagé que la présidence de Trump soit un fiasco. Pour ceux qui doutent de son programme et s’inquiètent de son manque de respect pour les institutions, leur meilleur espoir est aujourd’hui qu’il accomplisse quelque chose. Cette logique est séduisante mais mauvaise. Après des années de blocage, Washington doit avancer. Le sommet qui arrive avec Xi Jinping, le président chinois, prouve combien l’Amérique reste la nation indispensable. Une président vulnérable peut être dangereux

     
    * « The Presidency is in a hole. And that is bad for America – and the World »The Economist
     

29.03.17: « Stop shaking your head again » – Une administration vide – Clouseau à la Maison Blanche – Bump Trump – No Save the Date

 

  • « Stop shaking your head again »

    Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, aggrave chaque jour un peu plus ses relations avec la presse: Hier en conférence de presse, il a été très agressif en répondant à une journaliste et lui a demandé « d’arrêter de secouer la tête » comme pour lui demander d’arrêter de le contredire alors qu’elle est restée impassible durant l’échange.
     
    Un dérapage de plus pour Sean, digne du sketch de « Saturday Night Live » dont il a fait l’objet à deux reprises cette année avec l’excellente Melissa McCarthy.

     



    Certes il a le travail le plus difficile de la Maison Blanche: répondre chaque jour aux questions, souvent embarrassantes, des journalistes sur actes et propos, souvent embarrassants et contradictoires du président Trump, qui les déteste ouvertement.
     
    Mr Spicer a décidé de relever le défi mais s’est discrédité à plusieurs reprises ces dernières semaines, en cherchant à tout prix à défendre le président.

    Il a aussi tendance a essayé de ridiculiser le travail des journalistes comme il l’a fait hier à propos des allégations sur la Russie:

    Si le président utilise de la sauce russe sur sa salade, vous allez y trouver une nouvelle connexion avec la Russie

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  • « Une enquête de l’inspecteur Clouseau »

    Ce sont les termes employés par le sénateur républicain Lyndsey Graham pour qualifier l’enquête de la Commission parlementaire dirigée par Devin Nunes sur l’ingérence russe dans les élections après avoir révélé être allé à une réunion secrète à la Maison Blanche la semaine dernière où il a reçu des preuves que certains proches du président auraient été l’objet d’écoutes illégales pendant la période de transition, entre novembre 2016 et janvier 2017.
     
    Il s’agit de communications interceptées (« Accidental Intelligence ») lors des écoutes d’officiels étrangers qui sont contact avec des citoyens américains.
     
    Nunes a révélé l’existence de ces « informations alarmantes » le lendemain dans une conférence de presse improvisée, sans préciser leur source, ni avoir averti les autres membres de la Commission, pour essayer de réorienter l’enquête sur les activités des agences de renseignement et du président Obama, et non pas sur le président.
     
    Les conclusions de Ryan Lizza dans le New Yorker sont sans équivoques: La Maison Blanche et Devin Nunes ont tout fait pour empêcher la poursuite de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections de l’année dernière.
     
    Le journaliste rapporte également que dès le lundi 20 mars, date du passage de James Comey, le directeur du FBI devant la Commission parlementaire, au cours de laquelle il a démenti les accusations des écoutes du président Trump contre son prédécesseur, Nunes lui a posé des questions sur l’éventualité de communication interceptées « accidentellement » par les services de renseignements – ce qui prouve qu’il était déjà au courant de l’existence de ces documents.
     
    Mr Nunes a également interdit à la ministre de la Justice, Sally Yates en poste jusqu’à son renvoi en février, de témoigner devant sa commission – c’est elle qui a révélé que Michael Flynn, conseiller à la Sécurité nationale avait menti au vice président Mike Pence e affirmant ne s’être jamais entretenu sur les sanctions russes avec l’ambassadeur russe de Washington fin décembre.
     
    Même David French du National Review demande sa démission, que ce dernier refuse, sans doute avec le soutien de la Maison Blanche derrière, et Paul Ryan …
     
    * « Graham: Nunes is running an inspector Clouseau investigation« Politico
    * « Trump administration sought to block Sally Yates from testifying to Congress on Russia »The Washington Post
    * « How the White House and Republicans blew up the house Russia Investigation »New Yorker 
     
    Un résumé pour ceux qui n’auraient pas suivi
    * « The Devin Nunes saga, explained »The Washington Post 

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  • Une administration vide 

    Equiper le gouvernement de personnes efficaces est l’un des premiers tests clés de la compétence d’un président. Trump ne l’a pas encore passé.

     
    C’est le constat frustré de Jim Geraghty dans la revue conservatrice, National Review, deux mois après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche: 492 positions importantes du gouvernement fédéral n’ont toujours pas été remplies et parmi elles, des secrétaires de cabinet, assistants de secrétaires, administrateurs, ambassadeurs, directeurs.
    Toutes ces positions doivent ensuite être confirmées par le Sénat.

     
    Seulement 61 postes auraient été désignés par la nouvelle administration, dont 21 confirmées par le Sénat et « entre temps, ces centaines d’emplois restent aux mains de l’ancienne administration ou de fonctionnaires de l’Etat ».
     
    Un comble étant donné les accusations répétées des conseillers du président sur les tentatives « Deep State » – ces fonctionnaires de carrière et des agents de renseignements à la solde d’Obama – de saboter la nouvelle présidence!
     
    Est-ce une stratégie soufflée par Steve Bannon qui poursuit son plan de « déconstruction de l’Etat administratif »?
    Ca se pourrait si l’on écoute les propos du président en février dernier: 
     

    En février dernier, Trump a dit qu’il n’avait annoncé de nouvelles nominations pour des positions moins importantes parce qu’il pensait qu’elles étaient inutiles:
    « Beaucoup de ces emplois, je ne vais pas les remplir, parce que je pense qu’ils ne sont pas nécessaires, Il y a tellement de gens dans le gouvernement, même moi, je regarde les emplois, et ce sont des gens au-dessus d’autres gens au dessus d’autres gens.
    Qu’est-ce qu’ils font tous? Je n’ai pas besoin de tous ces gens.

     

    Encore une fois, Trump et ses proches n’ont aucune expérience du pouvoir: Il veut renforcer les services d’immigration mais n’a toujours pas nommé son directeur de l’USCIS, de commissaire à la US Customs & Border Protection, un secrétaire personnel pour l’Immigration & custom Enforcement au DHS, et ce sont les plus fonctions les plus importantes.
     
    Aujourd’hui la Maison Blanche fonctionne avec un nombre limité de conseillers, inexpérimentés en termes de pouvoir et du gouvernement fédéral et qui pensent pouvoir se passer de leur expérience tout en étant paranos envers tous les autres.
     
    * « Help Wanted »National Review
     

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  • « L’american dream index »

    Forbes a pris Trump au mot et va publier chaque mois « The American Dream Index » en utilisant sept indicateurs économiques différents pour mesurer la progression du pays et pour savoir si le président rempli sa mission de « Make America Great Again »

    Forbes

    Les premières conclusions sont positives: Le mois dernier par exemple (le schéma ci-dessus), les Etats verts ont vu leurs emplois dans les manufactures, les permis de construire et baisse des banqueroutes, avec en tête, le Nevada, Tennessee, Floride, Arkansas, et Géorgie.
    A la traîne, les Etats du Kansas, de l’Illinois, du Connecticut, de Hawaï et Alaska.

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  • Le Bump Trump continue pour les chaînes câblées

    L’information n’a jamais été aussi malmenée mais n’a jamais été aussi rentable. Merci Donald Trump. 
     
    Les prévisions avaient envisagé une baisse d’audience après les élections – victoire de Hillary Clinton oblige. Le retournement de situation et le « spectacle continue » que nous a offert la transition Trump et aujourd’hui la Maison Blanche, a permis aux chaînes câblées d’enregistrer des records d’audience depuis novembre dernier.
     
    Fox News a eu le meilleur trimestre de son histoire fin 2016, y compris le soir des élections, et battu toute la concurrence avec l’aide de « The O’Reilly Factor », l’émission la plus regardée de la télévision américaine après celle de Tucker Carlson, également sur Fox.
    La chaîne d’info libérale de NBC, MSNBC, a elle aussi enregistré des records d’audience (avec Rachel Maddow) et battu CNN, qui a également enregistré le meilleur trimestre de ces quatorze dernières années (audience et téléspectateurs).

     
    * « Trump gives cable news a rating boos in 2017 » – Politico

 

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  • Le « White House Correspondent’s Dinner »: « Don’t save the date »

    C’est devenu ces dernières années, l’une des soirées les plus en vues de Washington, le White House Correspondant Dinner, grâce à la participation active de Barack Obama, de nombreux journalistes et des stars hollywoodiennes. 
     
    C’est en 2011 que Donald Trump a essuyé l’humiliation de sa vie de la part du président, qui a moqué ses ambitions présidentielles et qui aurait poussé l’intéresser à relever le défi et à se présenter aux élections de 2016. 
     
    L’édition 2017 n’aura pas lieu – en tout cas sans le président, ce qui lui enlève tout intérêt.
     
    Devant les relations exécrables de la Maison Blanche avec la presse, celle « grand public qui en veut au président », Donald Trump a annoncé qu’il ne participera pas au diner, plutôt logique, et que par « solidarité », aucun membre de la Maison Blanche n’y assistera.

     
    Une première pour un président en exercice. 
     
    Mike Pence et Sean Spicer auraient pu essayer de détendre l’atmosphère mais la situation est trop tendue en ce moment, et on ne sait jamais quelle sera la nouvelle polémique enclenchée par Trump sur Twitter, donc il est effectivement plus sage de rester à la maison le 29 avril prochain … 
     
    Aucun célébrité, généralement des journalistes ou comiques, n’a été encore été annoncée et tous les évènements encore plus glamour entourant le diner ont été également annulés (les fêtes de Vanity Fair, Bloomberg, New Yorker, Time/People magazine).

    * « White House to skip Correspondents’ Dinner »Politico

          

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  • Couverture du Jour

28.03.17: Trump charbonne – « ConservaKids » – la Russie Again! – Raiders à Las Vegas – 60 Minutes vs Fake News

 

 

  • Trump détruit la politique environnementale de Barack Obama

    Trump va modifier aujourd’hui les lois mises en place par Barack Obama visant à limiter les émissions de gaz à effets de serre pour aider la production d’énergie du pays.
    Le message est clair: la protection de l’environnement n’est plus une priorité dans les prises de décision du gouvernement, contrairement à l’approche de on prédécesseur.

    Un conseiller de la Maison Blanche:

    Cette politique s’inscrit dans la volonté du président Trump de rendre les Etats-Unis indépendants en matière d’énergie. Sur les questions de changement climatique, on veut prendre notre propre direction et la suivre de notre forme et de notre façon

    Donald Trump est un climatosceptique, comme la plupart des Républicains, qui a promis à l’industrie du charbon de faire tout son possible pour les aider – et remporter leur suffrages aux dernières élections.

    Selon Bloomberg, il pourrait stabiliser les emplois des 75 000 qui restent aujourd’hui dans l’industrie du charbon mais ne peut pas faire repartir une industrie en déclin depuis plusieurs décennies.

    L’Agence de Protection de l’Environnement est en charge de réécrire ces nouvelles régulations, qui passe par le démentèlement du programme « Clean Power Plant » qui visait a réduire les émissions de gaz à effet de serre ces quinze prochaines années – les usines vont pouvoir davantage polluer. Les décrets de Trump vont mettre des années à appliquées et font face à des barrières légales importantes.

    * « Trump moves decisively to wipe out Obama’s climate change record »The Washington Post
    * « Can Trump Truly Revive Coal Jobs and Industry? »Bloomberg

 

  • Une enquête qui part à volo

    Imaginez un inspecteur de police qui rencontre secrètement les suspects d’une enquête dont il est en charge pour leur révéler des preuves confidentielles susceptibles de les innocenter – sans avoir la certitude que ces preuves sont vérifiables, et révéler ensuite l’existence de ces preuves à la presse.

    C’est ce qui passe en ce moment avec l’enquête, soit disant indépendante, de la Commission parlementaire en charge du renseignement, qui doit déterminer les éventuelles collusions entre des membres de l’équipe de Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle. 

    Le Républicain Devin Nunes, président de cette Commission permanente et mixte a rencontré secrètement la semaine dernière à la Maison Blanche des conseillers du président qui lui ont présenté des documents prouvant que le président et d’autres auraient été victimes de surveillance après le 08 novembre 2016.
    Les agences de renseignements qualifient ces situations de « Improper surveillance » quand elles interceptent des communications entre des citoyens américains et des individus, souvent des officiels étrangers, qui sont mis sur écoute – comme pour Michaël Flynn, conseiller à la Sécurité nationale, qui s’est entretenu à plusieurs reprises avec l’ambassadeur russe des Etats-Unis, lui même, objet d’une surveillance des services de renseignements. Et qui a mené à sa démission.

    Le lendemain de cette visite à la Maison Blanche, Mr Nunes a convoqué la presse pour communiquer ces informations, sans en informer le reste de la Commission.

    Ses collègues ont demandé qu’il abandonne l’enquête mais ce dernier affirme n’avoir rien fait de mal et refuse de démissionner en expliquant hier sur Fox News que « les Démocrates veulent que j’abandonne parce qu’ils savent que je suis efficace quand il s’agit d’aller au fond du problème ».

    * « Nunes admits meeting with source of Trump surveillance documents on White House Ground »Washington Post

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  • La Russie, encore et encore

    Le problème entre Trump, ses conseillers et la Russie, c’est que chaque semaine apporte son nouveau lot de révélations, qui semblent avoir été volontairement passées sous silence par les intéressés.

    Jared Kushner a accepté de témoigner devant les sénateurs, également en charge d’enquêter sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, pour avoir arrangé des rendez-vous entre des conseillers de son beau-père et l’ambassadeur russe aux Etats Unis, Sergey Kislyak, pendant la période de transition.

    Une information qu’il n’avait pas révélé jusqu’a ce qu’une fuite d’une agence de renseignement l’implique.

    Gardons cela en tête, la seule raison pour laquelle c’est un problème c’est parce que ces gens ne disent jamais toute l’histoire lorsqu’on leur demande. Une erreur qu’ils continuent à faire et refaire.

    Etant donné les responsabilités de Jared Kushner durant la campagne, « ses rencontres avec des officiels russes peuvent être tout à fait appropriées ».

    Sauf que l’on sait que Michael Flynn, le chef de la sécurité nationale a menti sur ses discussions avec l’ambassadeur russe fin décembre 2016 après les sanctions imposées par Obama et qui ont directement mené à sa démission.

    Dernière chose, le président a accusé hier Hillary Clinton de collusions avec la Russie, et qualifié les accusations à son égard, « Trump Russia Story » de « canular ».

    Twitter

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  • Les émissions grand public vulnérables face aux « fake news »

    L’émission d’information la plus connue aux Etats-Unis, « 60 minutes », fait parler d’elle cette semaine après la diffusion d’un reportage sur les « fake news » dans lequel elle a invité Mike Cernovitch, célébrité Twitter, défenseur de « l’identité mâle blanche » et supporter de Donald Trump – qui affirmait au New Yorker l’année dernière « utiliser les tactiques de trolling pour construire sa marque ».

    Durant l’interview, le journaliste de CBS s’est laissé déstabilisé par la rhétorique enfantine de Cernovitch, notamment à propos des rumeurs sur la santé d’Hillary Clinton pendant la campagne: « Je peux affirmer ce que je veux jusqu’à ce que tu m’apporte les preuves que c’est faux ».
    Un exercice périlleux qui a montré « comment est-ce que les médias grands publics ne sont pas préparés à la rhétorique des médias pro-Trump ».

    Comme l’explique Charlie Warzel dans Buzzfeed News:

    Tu ne peux pas confronter les médias pro-Trump, qui fonctionnent à l’envers, sans comprendre leur règle de base: Les nouveaux médias de droite ne sont pas seulement une force d’opposition – c’est une institution parallèle qui fonctionne dans la propre réalité.

    Cernovitch le dit lui-même en parlant de la maladie de Parkinson dont souffre Hillary:

    Je ne croirais à rien de ce que dit Hillary Clinton. Je ne crois pas un seul de ses mots. Les médias disent qu’ils ne prendront pas Donald Trump à la lettre.

    C’est pour cela que l’on vit dans deux univers différents.

    Cernovitch affirme avoir « massacré » le journaliste et sans doute convaincu d’autres téléspectateurs et internautes de la validité de ses positions.

    * « 60 minutes interview Shows How Unprepared The Mainstream Media is For Pro-Trump Media »Buzzfeed News
    * « Trolls for Trump »New Yorker

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  • « Enough of the Conservakids »

    Townhall, un site web d’information conservateur, en a ras la casquette des « Conservakids » comme Tomi Lahren, virée, MIlo Yiannopoulos, bani, ou encore ce jeune lycéen qui figurait la semaine dernière en une du Boston Globe pour ses vidéos pro-Trump

    Pour je ne sais quelle stupide raison, les conservateurs sont toujours très excités quand un connaisseur pubert qui sait à peu près s’exprimer arrive et répète un simulacre de doctrine conservatrice (…)

    Non pas que je critique les jeunes (…)  Ils ont des points de vue importants, surtout dans le monde unique dans lequel ils évoluent, comme les universités ou les entreprises (…) Mais c’est notre faute de les laisser nous représenter au monde.

    Et de prendre l’exemple de la fameuse Tomi Lahren, dont « le profil dans les médias et médias sociaux a explosé grâce à ses « vidéos très agressives » mais le fait d’être partout devant la caméra cache le fait qu’elle n’a pas encore mature dans sa pensée conservatrice. »

    Il n’y a rien de plus que la certitude qu’ont les Millenials de leur prétention à une supériorité morale, surtout combinés à des postures hilarantes et prétentieuses comme les véritables défenseurs de leurs principes et contre la pression d’ennemis imaginaires.

    * « Enough of the Precocious Conservakids »Townhall.com

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  • Les Raiders qui déménagent à Las Vegas

    Dévastés les supporters de Oakland d’apprendre le départ de leur équipe de football américain, les légendaires Raiders – le maillot le plus connu de la NFL – vers … Las Vegas.

    L’équipe était déjà partie de la Bay Area en 1982, pour s’installer à Los Angeles, sous la direction de Al Davis, le père de l’actuel propriétaire, Mike Davis, qui a son tour a suivi le chemin de l’argent.

    Lundi, la NFL a voté 31 contre 1 pour le transfert de la franchise à Sin City – une éventualité que personne n’imaginait il y a encore quelques années étant donné la réputation de la ville, une population limitée pour soutenir une équipe mais l’opportunité d’offrir un nouveau stade de 1,9 milliards – financé à hauteur de 750 millions de dollars par la ville – a clos le marché – et devrait être finit d’ici 2020.

    L’équipe restera donc au moins deux ou trois saisons à Oakland avant de déménager – un moindre mal pour les supporters, qui auront le temps de se préparer au départ.

    C’est la troisième équipe de NFL en moins de 14 mois à déménager, toutes ont quitté des villes moyennes (Les Rams de Saint Louis, Les Chargers de San Diego et les Riaders de Oakland) pour des villes plus riches qui offraient de plus grandes enceintes capables d’accueillir plus de monde et plus d’argent (respectivement Los Angeles pour les deux premières et Las Vegas pour la dernière) – sans être assurés de pouvoir fidéliser des supporters.

    * « NFL approves move of Raiders from Oakland » – The Los Angeles Times

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  • Couverture du Jour

    « Scary movie: Hightened Competition from small screen, flat attendance & early VOD Gambit puts Hollywood on edge » – Variety

    Les propriétaires de cinéma, responsables de studios, réalisateurs et cinéphiles sont de plus en plus inquiets (…) Les goûts et les demandes des consommateurs changent et Hollywood a du mal à s’adapter.
    Certains vétérans de l’industrie ne sont pas convaincus que le business peut s’en sortir.
    Structurellement, ces studios, les agences et les exposants qui les entourent sont trop éparpillés, lents et empêtrés dans un réseau vertigineux de pratiques et associations commerciales désuètes pour répondre de manière efficace à l’ère numérique

Le Kiosque du 24 mars: Trumpcare: #PassTheBill! – Dernières news de Russie – Gawker/Hogan/Thiel – Le Guardian renonce à Brooklyn

  • « The Art of the Deal » a dû mal avec Trumpcare (#PassTheBill)

    Les Républicains ont préféré reculer le vote sur Trumpcare/Ryancare à aujourd’hui devant les divisions affichées encore hier par les 29 conservateurs du Freedom Caucus, proches du Tea Party, qui veulent se débarrasser des vestiges d’Obamacare et ont promis de voter contre la loi, s’ils n’étaient pas écoutés.

    La couverture de Breitbart sur Ryancare – Jeudi 23 mars 2017

    Le président les a rencontrés et tous ont travaillé contre la montre jeudi pour amender l’American Health Care Act, dans le plus grand secret, afin de rallier les derniers réticents.

    Le vote devrait avoir lieu à 15 heures cet après midi

    Quand Obama a mis presque un an à faire voter l’Affordable Care Act, les Républicains font tout pour passer cette loi, extrêmement importante, en quelques semaines seulement.

    Selon le New York Times, Trump et ses conseillers regrettent déjà la stratégie adoptée par la majorité républicaine du Congrès, menée par Paul Ryan qui a d’abord voulu faire voter la réforme du l’assurance maladie puis celle du budget.

    Une erreur semble-t-il étant donné les divisions flagrantes des Républicains autour l’American Health Care Act, qui plus est, impopulaire auprès de la base électorale du président: il aurait été plus facile de trouver un accord sur le budget puis s’attaquer au moins populaire ensuite. Cette initiative pourrait coûter cher politiquement au président et à Paul Ryan.  24 millions de personnes vont perdre leur assurance maladie.


    Si elle passe aujourd’hui, l’AHCA devrait de toutes façons mourir au Sénat.

    * « Trump Tells G.O.P. It’s now or Never, Demanding House Vote on Health Bill »New York Times
    * « Trump the Dealmaker Projects Bravado, but Behind the Scenes, Faces Rare Self Doubt »New York Times
    * « 
    A Postponed health-care vote, a big GOP embarrassment and no good options ahead »The Washington Post

 

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  • Dernières nouvelles de Russie

    Il s’est passé beaucoup de choses cette semaine sur le dossier le plus brûlant de la jeune présidence de Trump – à côté de Trumpcare.

    * Lundi, le directeur du FBI, James Comey, a témoigné devant une commission du Sénat et affirmé, aux côtés du directeur de la NSA, Mike Rogers, qu’il n’y avait aucune preuve que Barack Obama avait mis sur écoutes Trump, ni ses associés pendant la campagne présidentielle mais a confirmé l’existence d’une enquête du FBI sur d’éventuelles relations entre ces derniers et la Russie pendant les élections.

    * La Maison Blanche est restée campée sur ses positions contre l’ancien président et son programme de surveillance

    * Mercredi, Associated Press a révélé que l‘ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, avait travaillé auparavant pour un milliardaire russe, Oleg Deripaska, sur un « projet secret visant à influencer positivement la politique, les affaires et la couverture médiatique de Vladimir Poutine dans et en dehors des Etats-Unis, pour un contrat de dix millions de dollars.
    Paul Manafort a démissionné de l’équipe de campagne de Donald Trump au mois d’août dernier après les révélations de ses relations avec l’ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Yanukovych.

    * Mercredi après midi, le président de la Commission parlementaire en charge de la surveillance des Agences de renseignements américaines, le Représentant républicain Devin Nunes, a obtenu des fuites indiquant que la « communauté du renseignement aurait intercepté des conversations de citoyens américains appartenant à l’équipe de Transition de Trump » après sa victoire en novembre.
    Il a décidé, alors qu’il est en charge de l’enquête « objective », en cours, sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, de révéler ces fuites aux médias et d’aller personnellement en informer le président – sans demander l’avis de ses autres collègues de la commission, dont certains démocrates.
    Il s’est excusé depuis auprès de ses collègues mais tout en réitérant hier soir sur Fox News l’importance d’alerter le président, « cible des médias depuis plusieurs semaines ».

    * Mercredi soir, CNN a révélé le scoop sans doute le plus important: le FBI avait des informations selon lesquelles des associés de Trump se seraient entendus avec des officiels russes pour diffuser le matériel piraté afin de miner la campagne de Hillary Clinton.

    * Le résumé de Mike Allen sur Axios:

    Le Watergate a tenté de couvrir un cambriolage.
    Ca pourrait être ici la dissimulation de la nemesis américaine, dotée de l’arme nucléaire, qui a infiltré notre politique avec le but spécifique de saper la fondation de notre démocratie – les élections présidentielles – et réussi en faisant élire le candidat de son choix et offrant le total contrôle à un parti qui pourrait décimer l’opposition pendant des années.

    * Nick Kristof dans le New York Times:

    La question fondamentale aujourd’hui, ce ne sont pas les mensonges de Trump, les fuites des Renseignements, ou l’interception de communications de Trump. La question cruciale est aussi monumentale que simple: Y-a-t-il eu trahison?

    * « Before Trump Job, Manafort worked to aid Putin » – AP
    * « David Nunes created his own « big, gray cloud » – Axios
    * « Trump: I feel somewhat vindicated by Nunes claims » – Axios
    * « US Officials: info suggest Trump associates may have coordinated with Russians » – CNN
    * ‘A Smell of Treason in the Air,’ – New York Times

     

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  • The Guardian US en difficulté

    Le Guardian, dont le site internet entièrement gratuit, a réussi a convaincre près de deux cent mille lecteurs de devenir des membres du quotidien (et non pas de simples abonnés) en échange d’une contribution financière et reçu les donations de 160 000 autres, mais la direction a annoncé cette semaine des réductions budgétaires et licenciements dans les mois à venir, notamment dans les bureaux américains.
    Selon les CEO, David Pemsel, les « coûts opérationnels restent trop élevés, et les réductions des coûts sont nécessairespour équilibrer le budget d’ici 2018/19 ».

    L’annonce a été faite après que la branche américaine ait décidé de ne plus emménager dans leurs nouveaux bureaux de Brooklyn, qui appartiennent à la famille Kushner dont le fils Jared, 35 ans, est le gendre de Donald Trump, et son conseiller le plus proche.
    Une décision après une « révolte de la newsroom » qui craignait que « leurs sources n’aient plus confiance et ne veuillent plus communiquer avec les journalistes ».
    La compagnie devrait déménager Midtown au moi de mai, mais a perdu près de 250 000 dans cette déconvenue.

    * « Guardian Ditches Move to Kushner Building after Newsroom Revolt » – Buzzfeed News 
    * « Guardian announces Cuts After $250,000 Kushner Lease Debacle » – Buzzfeed News 

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  • Le fondateur de Gawker, enfin sorti du pétrin

    Nick Denton, fondateur du site d’infos/Gossip Gawker, a laissé éclater sa joie mercredi soir sur Twitter en annonçant qu’il était finalement sorti de la banqueroute, « et que sa relation de dix ans avec Peter Thiel [était] enfin terminée.
    D’autres journalistes peuvent reprendre désormais ce cadeau empoisonné ».

    L’un des pure players d’information et de ragots les plus anciens et populaires a fermé ses portes l’année dernière pour banqueroute après avoir été condamné à payer 140 de millions de dollars de dommages et intérêts à l’ancienne star de catch Hulk Hogan, dont il avait diffusé la sex tape quelques années auparavant.
    C’est Peter Thiel, proche de Trump, co-fondateur de Paypal, et l’un des rares milliardaires de la Silicon Valley a avoir soutenu le candidat républicain, qui a secrètement financé toute la procédure légale (et les frais) de Hulk Hogan, révélées par Forbes au printemps dernier.
    Peter Thiel a avoué vouloir détruire Gawker qui l’avait été « outé » en 2007.

    Nick Denton a dû fermer Gawker et revendre les sites affiliés, Deadspin et Jezebel à Univision pour 135 millions de dollars, a déjà payé 31 millions de dollars à Hogan et devrait reparti avec 16 millions de dollars en liquide.
    Denton, Thiel et Hogan veulent maintenant passer à autre chose.
    * « Gawker founder Nick Denton to Leave Bankruptcy »The Wall Street Journal
    * Toute l’histoire: « Nick Denton, Peter Thiel and the Plot to Murder Gawker »Vanity Fair

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  • Les meilleurs leaders selon Fortune

     

    Le magazine a révélé aujourd’hui la liste annuelle des « Greatest World Leaders » qui transforment et inspirent le monde:

    1. Theo Epstein – Président des Cubs de Chicago qui ont remporté les World Series, le championnat de baseball américain en novembre dernier.
    2. Jack Ma – Président et fondateur de Alibaba, Un habitué des classements
    3. Pape François
    4. Melinda Gates, Co-présidente de la Bill et Melinda Gates Foundation
    5. Jeff Bezos – Président et fondateur de Amazon
    6. Ava DuVernay – Réalisatrice de « Selma », nommé aux Oscars l’année dernière et du documentaire choc de Netflix, « 13th »
    19. Samantha Bee!

    Il n’y a aucun français.

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  • Couverture du Jour

    Bloomberg BusinessWeek

    Une couverture choc sur les ravages des usines de pièces automobiles qui ont revigoré l’économie des certaines Etats du sud, Alabama Tennessee, Géorgie, mais souvent aux dépens de ses travailleurs, qui souffrent des conditions de travail longues, difficiles et dangereuses, similaires à leurs homologues asiatiques ou encore mexicains.