15.10.17

 

1. « The Unexpected Addict »

 

 

  • Le 03 août dernier, le Birmingham News lançait sur son site internet un appel pour localiser des proches d’April Nicole Carpri, une femme de 34 ans, dont le corps, retrouvé mort chez elle trois semaines plus tôt dans la ville de Elsen, était disponible pour être enterré.
    Deux mois plus tard, elle est en une du même quotidien d’Alabama sous le titre « The Unexpected Addict » ou « comment l’héroïne a détruit une conseillère en toxicomanie ».
     

    Ses amis ont toujours du mal à comprendre comment Capri a terminé dans une tombe anonyme. Il y a seulement quatre ans, cette diplômée de l’Université d’Alabama avait un métier, une maison en banlieue, un mari et un enfant. Elle a tout perdu à cause de l’héroïne alors qu’elle a réussi à ce que de nombreux patients en décrochent. Carpri est l’une des 150 personnes mortes cette année dans le comté de Jefferson d’une overdose de drogue. La plupart causée par de l’héroïne ou du fentanyl, un puissant opiacé de synthèse.

    * « The Unexpected Addict: How Heroin destroyed an Alabama drug counselor » – The Birmingham News

 

  • Une énième de l’épidémie d’opiacés qui frappe le pays depuis des années et provoqué la mort de 62 000 en 2016.

 


2. Facebook et la démocratie américaine

 

 

  • L’introduction de Mike Allen/Axios avant son interview avec la COO du groupe, Sheryl Sandberg en dit long:
     

    L’histoire de la décennie ressemble à un roman: Un ennemi des Américains a cherché à manipuler notre écosystème de médias sociaux, qui n’est soumis à aucune régulation, pour tenter d’influencer le cours des élections et faire élire comme président une ancienne star de la télé-réalité, obsédée par Twitter – dans ce qui restera l’une des plus grandes surprises de l’histoire des Etats-Unis.

 

  • The Atlantic prend le relais avec une excellente analyse de ce que « Facebook a infligé à la Démocratie américaine » et « pourquoi ce phénomène était si difficile à anticiper ». Plusieurs facteurs entrent en jeu:
    Dès 2012, une étude a montré qu’une initiative de Facebook (« Get out the Vote » qui visait à inciter les jeunes à voter) pouvait avoir des répercussions électorales importantes, surtout dans le cadre du collège électoral des Etats-Unis dans lequel un petit nombre d’Etats ont un impact disproportionné sur le résultat à l’échelle national. Même si la compagnie s’est toujours défendue d’être neutre et de ne pas utiliser ses produits pour influencer le vote des électeurs, d’autres s’en sont chargés à leur place.

    Le fil d’informations de Facebook qui fonctionne comme un « journal personnalisé » empêche les internautes de confronter leurs opinions à celles différentes des leurs ce qui tend à créer une « bulle de filtrage » qui rend impossible tout débat national. L’équipe de Trump en charge de la campagne numérique a brillamment utilisé ces deux facteurs: Elle a dépensé 70 millions de dollars de publicités sur Facebook lors des quatre derniers mois de campagne, en diffusant des centaines de milliers de pages d’informations et de désinformations, destinés à des populations ultra-ciblées – qui les a rendu difficile à identifier. Sachant que Facebook est aujourd’hui le leader dans la distribution d’informations, l’impact a été total.
     

    Le problème n’est pas qu’un Républicain ait battu un Démocrate, c’est est que les fondements du système électoral – les nouvelles que les gens voient, les évènements auxquels ils croient, les informations qu’ils lisent – ont été déstabilisés.

    * « What Facebook did to American Democracy » – The Atlantic

 

 


L’économie du Dollar Store

 

  • Dans un pays de plus en plus fracturé économiquement entre les grandes villes et les côtes riches et dynamiques et l’intérieur pauvre, déserté et malade, les « dollar stores », ces grandes surfaces à très bas prix, apparaissent un peu partout dans les régions les plus défavorisées, les zones rurales de l’intérieur du pays, comme Dekatur, une petite ville de mille habitants située dans l’Arkansas, où même Walmart, la plus importante chaîne de supermarchés à du fermer ses portes.
    Les deux chaînes les plus importantes, Dollar General, (14 000 magasins à travers les Etats-Unis) et Dollar Tree (plus de treize mille enseignes) dépassent à elles deux les 22 375 magasins de CVS, Rite Aid et Walgreens, les plus grandes chaînes de pharmacies américaines.
     

    « Les dollar stores parient sur le fait que nous allons avoir une classe pauvre permanente aux Etats-Unis » explique Garrick Brown, directeur de la recherche sur les ventes à la société Cushman & Wakefield. « On part du principe que les emplois ont disparu, qu’ils ne reviendront jamais, et que les choses ne s’arrangeront pas dans ces endroits.

     
    Dollar General, qui compte ouvrir un millier de nouveaux magasins cette année dans le cadre d’une stratégie d’expansion de 22 milliards de dollars dans les communautés rurales et pauvres, représentent « non pas un déclin mais un renouveau économique, ou du moins une survie » pour ses habitants.

    * « Dollar General Hits a Gold Mine in Rural America »Businessweek

 

 


Hollywood: What & Who’s next?

  • Le problème du harcèlement sexuel était jusqu’ici l’un des secrets les mieux gardés à Hollywood où la mentalité de producteurs comme Weinstein est, de son propre aveu, ancrée dans les années soixante-dix où tout était soi-disant permis – Roman Polanski le paye toujours.
    D’autres têtes devraient tomber, les complices dénoncés, mais c’est peut-être et enfin le signal d’un changement drastique de comportements à Hollywood vis-à-vis des femmes – The Los Angeles Times

 

  • Des enquêtes ont été ouvertes à New York et à Londres pour corroborer les témoignages des plus récentes victimes.
  • Le frère de Harvey Weinstein, Bob Weinstein pourrait être lui aussi viré de la compagnie qui pourrait rapidement tomber en banqueroute si ses projets, comme ceux commencés avec Amazon, étaient suspendus.

 


A VOIR:

    • Le documentaire de Netflix sur l’écrivaine et essayiste américaine « Joan Didion: The Center Will Not Hold » dont les écrits provocateurs dans les années 70 et 80 sur des sujets de société ont inspiré des générations de jeunes Américains.

  • Le documentaire de l’excellente émission d’investigation Frontline de PBS sur « la guerre contre l’EPA » mené par son directeur, le climatosceptique Scott Pruitt, contre les lois de protection de l’environnement mises en place par Barack Obama ces huit dernières années.

 

 


La Couverture du Jour

 

  • L’homme le plus puissant au monde n’est pas Donald Trump mais Xi Jinping, le président chinois, écrit The Economist dans son éditorial de cette semaine.
    Selon le magazine, certes, l’économie chinoise reste derrière les Etats-Unis qui disposent également de la plus importante armée au monde, mais « le leader du monde libre s’entend mal avec les autres leaders étrangers et est incapable d’imposer son agenda politique à la maison ».
    Au contraire, le président du plus grand Etat autoritaire plus de succès à l’étranger. Son contrôle sur la Chine n’a jamais aussi puissant depuis Mao, qui gouvernait un pays chaotique et très pauvre. M. Xi est l’un des moteurs de l’économie mondiale.* « Xi Jinping has more clout than Trump. The World should be wary » – The Economist
     

La citoyenne Clinton

 

Dans une interview inédite du New York magazine, Clinton revient longuement sur les raisons de sa défaite, sur la soirée dramatique, les réactions des supporters, les critiques des médias, la résistance contre la nouvelle administration, dans laquelle elle compte bien rester présente et active.

Le 8-9 novembre

  • Elle a été aussi étonnée que le reste de l’Amérique, du monde et même de la campagne de Trump lorsque les premiers résultats sont sortis.
  • Le rituel de la défaite:

    Ca été dévastateur (…) J’ai juste pensé à traverser cette épreuve avec le plus de dignité et d’intégrité possible, en me disant qu’on aurait tout le temps de comprendre ce qu’il s’est passé, mais que pour le moment, il fallait passer ce rituel de la défaite: Quand j’étais sûre d’avoir perdue, appeler Trump, appeler Obama, penser à quoi dire le lendemain …
    Il fallait que je passe par cela avant de me dire « Qu’est ce qu’il s’est passé », et pouvoir être colère énervée, être déçue et avoir l’impression d’avoir abandonné tout le monde.

     

  • Elle a reconnu sa défaite seulement le lendemain car il fallait le temps écrire un discours que personne n’avait préparé. Un discours qu’elle a voulu plus agressif et optimiste à la fois pour encourager la nouvelle génération de filles à continuer de se battre.

 

L’inauguration

  • Elle était toujours dans cette posture de perdante quand elle a assisté à l’investiture de Trump

    C’était dur, très difficile (…) Mais à ce moment là on pensait encore qu’il aurait un programme de gouvernement différent de celui de la campagne. 
    Au contraire, il a réaffirmé à tous ses supporters les plus fidèles qu’il resterait le même. « Un carnage dans notre pays » [les propos de Trump pour qualifier la situation des Etats-Unis après huit ans d’Obama] C’était assez choquant. 
    J’ai surpris Michelle Obama qui se demandait ce qu’il se passait. J’étais assise à côté de George et Laura Bush, et même nous ne sommes pas du même bord politique, nous étions atterrés.

     

 

La défaite

  • Elle assume « personnellement » la responsabilité de la défaite:

    « J’étais la candidate, j’étais la personne sur le bulletin de vote. Je me rends compte des défis, problèmes et des insuffisances que nous avons eu. »

     

  • Reste que, selon elle, et comme l’avait avancé le journaliste Nate Silver, « si les élections avaient eu lieu le 27 octobre avant l’annonce de la réouverture de l’enquête sur ses emails, [elle] serait aujourd’hui la présidente. »
    Des propos raillés par de nombreux journalistes de tous bords dont certains ont été particulièrement violents.

 

  • Le livre « Shattered » sorti en avril explique la défaite du 8 novembre par des « dissensions internes catastrophiques », une candidate en dehors de la réalité et une équipe conflictuelle qui a transformé « une victoire possible » en « désastre titanesque »:

    Une campagne passive-agressive qui négligé les avertissements des démocrates sur le terrain dans les swing states, qui a ignoré ceux qui lui conseillaient de travailler davantage à convaincre les indécis (travailleurs blancs et millenials) plutôt d’essayer de mobiliser ses supporters.

     

 

L’ingérence russe et Wikileaks

  • Clinton affirme avoir sous estimé l’impact de Wikileaks qui a diffusé pendant tout le mois d’octobre des emails de son directeur de campagne, « inoffensif, inintéressants, sans importance » mais présentés quotidiennement comme des révélations dans tous les médias.

    Et puis vous avez Trump, dans le dernier mois de campagne, qui parle de Wikileaks quelque chose comme 164 fois; vous avez tous ses mignons partout, et les médias alt-right qui enveniment les choses …

 

  • Sur l’ingérence russe et la réponse des parlementaires.

    L’histoire jugera ceux qui sont au Congrès aujourd’hui et la façon dont ils répondent à ce qui a été une attaque contre le pays. Ce n’était pas le genre d’attaque horrible, une attaque physique comme le 11 septembre ou Pearl Harbor, mais c’est l’attaque d’un adversaire agressif qui essaye depuis plusieurs années de saper notre démocratie, d’influencer notre politique et même nos élections.

 

Le facteur féminin

 

  • En entrant en campagne en 2016, Clinton pensait que le fait d’être une femme poserait moins de problème qu’en 2008. Or les commentaires sur internet et les médias sociaux, ont révélé qu’il y avait toujours ressentiment très profond sur le genre qui n’avait pas été résolu.

    Une femme compétente qui rate une opportunité contre un homme incompétent n’est pas une surprise électorale qui a mal tourné, c’est le quotidien de l’Amérique.

     

  • Clinton raconte que lors du second débat présidentiel, avoir Trump qui rode derrière elle a été l’une des situations les plus difficiles de la campagne « parce que ce qu’il faisait est tellement pernicieux. Me suivre, me scruter. »
    Elle aurait voulu se retourner et lui de dégager mais c’est justement ce qu’il voulait.

    Je l’ai vu détruire toute l’opposition républicaine qui a essayé de le confronter lors des débats, et il réagissait avec tellement de mépris. Il aurait gagné des points et j’en aurai perdu

     

 

Le soutien de ses supporters

  • Clinton explique que partout où elle va, quelqu’un se met à pleurer. Pas seulement après les élections mais « encore aujourd’hui, dans les restaurants, dans l’avion, dans les épiceries, dans les bois, les gens font la queue pour prendre des selfies, pour l’embrasser, pour se réconforter »

    Je n’ai jamais vu cela. Ca ne s’arrête pas (…) Parce que les gens sont profondément meurtris.
    Effectivement ce sont surtout des femmes. Mais les hommes l’expriment autrement. Les hommes me disent « J’ai voté pour vous et je ne comprends pas ce qu’il s’est passé ».
    Mais pour les femmes qui m’ont soutenu ou qui se sentent coupables de ne pas l’avoir fait, pas parce qu’elles ont voté pour quelqu’un d’autre mais qu’elles n’ont pas voté.

     

 

 

Le futur

  • La victoire de Trump a provoqué un électrochoc qui est « incroyable » avec la marche, les protestations, la résistance.
  • Grâce à l’argent soulevé pendant la campagne, elle à créé une nouvelle organisation, Onward Together, pour “resister, insister, persévérer, et s’inscrire.”
    Il s’agit non seulement de financer l’opposition au gouvernement Trump mais aussi préparer la relève, former les femmes à être candidate avec Emerge America (13 000 d’entre elles ont déjà franchi le pas), sensibiliser les jeunes à la politique avec Run for Something.
  • Elle compte également réitérer le message adressé aux jeunes filles lors de sa défaite:

    Vous êtes importantes et puissantes et vous méritez toutes les opportunités que le monde a à offrir. Notre futur dépend de cette croyance. N’ayez pas peur de vos ambitions, de vos rêves, et même de votre colère. Ce sont des forces utiles. Soyez intelligentes, essayez, échouez, essayer à nouveau, et restez attachée à vos valeurs, et n’abandonnez pas.

« Les progressistes sont plus intolérants qu’on ne le pense »

 

Sam Altman, 31 ans, jeune prodige de la Silicon Valley, partenaire de Y Combinator, entreprise de financement de startups, a voyagé à travers le pays, après le choc des dernières élections, pour interroger une centaine de supporters du Trump et essayer de comprendre ce qui les avait poussé à soutenir ce candidat.

C’est avant tout sa personnalité, politiquement « incorrecte », que les personnes interrogés ont apprécié le plus avant ses positions contre l’immigration et contre l’avortement. « Ce qui est revenu le plus », affirme-t-il, « ce ne sont pas forcément les considérations économiques » mais plus la peur de « perdre leur culture », « leur sécurité », « leur communauté » et une mentalité de « eux contre nous ».

L’un des commentaires entendu a plusieurs reprises par Mr Altman, c’est l’incapacité des « libéraux » à écouter ce qu’ont à dire des supporters de Trump et les jugements dont ils sont victimes – ce pourquoi d’ailleurs la plupart de ceux qui ont témoigné ont voulu rester anonymes.


En voici quelques uns:

« La gauche est plus intolérante que la droite »

 

« Arrêtez de nous traiter de racistes. Arrêtez de nous traiter d’idiots. ce n’est pas vraiEcoutez nous plutôt quand on essaye de vous expliquer ce que nous ne sommes pas au lieu de vous foutre de nous. »

 

« Je suis fatiguée d’entendre parler de « privilège blanc ». Je suis blanc, mais bien moins privilégié que n’importe quelle personne black de votre monde. Je n’ai aucun espoir et ma vie ne va pas s’arranger »

 

« Je suis en colère de les voir scandalisés aujourd’hui alors qu’ils n’étaient jamais scandalisé par ce système terrible qui nous entoure. »

 

« La Silicon Valley est incroyablement réticente à tout point de vue qui est différent du sien. Ta curiosité, si elle est sincère, est la seule exception à cette règle. »

 

« Je suis juif libertarien dont les grands-parents étaient des survivants de l’holocauste. Ces dernières années, la gauche a choisi d’insulter et de dénigrer, plutôt que de débattre, à chaque fois que leurs positions étaient remises en question.
Cette atmosphère est devenue extrêmement oppressive et menaçante pour ceux, comme moi, qui n’étaient pas d’accord avec la plupart des politiques d’Obama. Les débats constructifs sont devenus très rares ».

Ce n’est pas la première fois que les progressistes sont montrés du doigt pour leurs positions parfois radicales envers ceux qui pensent différemment.

Interrogé sur son expérience, Sam Altman explique:

L’une des choses que j’ai apprise, et dont je n’avais pas vraiment l’idée auparavant, c’est cette perception croisée à plusieurs reprises – ce sentiment que les progressistes, surtout ceux de la Silicon Valley, sont plus intolérants que les gens qu’on accuse généralement d’être intolérants.
Et il y a cette idée complètement inacceptable qu’on puisse être un supporter de Trump, et le risque d’être attaqué si ont dit quoi que ce soit en sa faveur.
Tu pouvais même pas dire que tu soutenais certains « bons côtés » de Trump.

Même si tu disais, « Je n’aime pas du tout la personne mais j’aime la politique X, Y et Z », même ça c’était totalement inacceptable.

 

Une erreur qui doit être évitée et qui doit passer par une remise en question du comportement et du jugement de nombreux progressistes envers ceux qui pensent différemment, comme le prévient l’un des individus rencontrés par Altman:

« Vous pouvez tous battre Trump la prochaine fois, mais vous n’avez aucune chance si vous continuez à vous moquer, à refuser de nous écouter et à nous couper constamment.
Ce sont les Républicains, et non pas les Démocrates qui mettront fin à Trump ».

 

Trump, Personnalité (déprimante) de l’Année 2016

 

Time – Person of the year 2016: Donald Trump

Comme si cette année n’avait pas été assez consacrée à Donald Trump, Time magazine décide de lui offrir sa septième et dernière couverture, la plus honorifique, celle de Personnalité de l’Année.
Son titre?
« Le président des Etats-Désunis d’Amérique ».

Qu’est ce qu’on n’a pas encore dit sur le président qui n’a déjà été répété, analysé, critiqué ces douze derniers mois.
Pas grand intérêt pour ce numéro annuel, sauf biensur pour l’intéressé qui l’accrochera aux côtés des dizaines d’autres couvertures qui lui ont été consacrées ces derniers mois: « C’est grand honneur » qui « signifie beaucoup pour moi » a-t-il déclaré ce matin sur Today de la chaîne NBC.

Dans le court reportage qui lui est consacré sur le site internet du Time, filmé dans son luxueux penthouse de la Trump Tower à New York, il considère l’opulence et la richesse qu’il a eu « l’honnêteté de montrer » durant la campagne, contrairement à certains « hommes politiques hypocrites » comme un avantage plus qu’un inconvénient auprès des électeurs américains.
« Je n’ai pas eu Jay-Z, Beyoncé, ou Bruce Springsteen pour attirer les foules, je n’avais que moi et des idées que les gens voulaient entendre. »

Nancy Gibbs, la rédactrice en chef intervient également sur le choix du magazine:

 

« Chaque année nous choisissons la Personne de l’Année, l’individu qui a eu le plus d’influence sur les évènements, pour le meilleur ou pour le pire. C’est difficile d’argumenter sur le fait que personne n’a eu autant d’influence que Donald Trump cette année, à savoir si cette influence a été positive ou négative, les gens sont profondément divisés sur cette question. Et c’est le défi qu’il doit relever. Le pays est sorti de cette campagne plus divisé qu’il ne l’a jamais lors des précédentes élections, autant qu’on puisse s’en rappeler. »

Et d’ajouter dans l’éditorial à paraître cette semaine:

Pour rappeler à l’Amérique que la démagogie se nourrit de désespoir et que la vérité est aussi puissante que la confiance donné à ceux qui la disent, pour avoir renforcé le pouvoir d’un électorat délaissé en exprimant sa colère et en diffusant sa peur, pour avoir forgé la culture politique de demain en détruisant celle d’hier, Donald Trump est la Personne de l’Anné 2016 pour le Time

Comme on pouvait s’en douter, cette décision n’a pas fait beaucoup d’heureux, et appeler à d’autres symbolisme, à l’instar de Shaun King, chroniqueur pour le NY Daily News, activiste et militant de Black Lives Matter.

https://twitter.com/ShaunKing/status/806490161915854853

Pour d’autres, la couverture est bien plus symbolique et militante qu’il n’y parait: Trump aurait été coiffé de cornes pour insister sur côté diabolique.

 

Comme si Hillary Clinton n’avait pas été assez humiliée non plus, Time magazine lui a offert la place de « runner-up », de seconde, en indiquant au passage que « La gagnante du vote populaire laisse un héritage compliqué », et celle de troisième aux « hackers » qui « ont fait de la vulnérabilité le nouveau normal et affaiblit la démocratie ».
La piratage des messageries du Comité National Démocrate et du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, dont les contenus ont été diffusés quotidiennement par Julian Assange et Wikipedia, lors du dernier mois et demi de la campagne a sans doute eu son influence sur ces élections.

 

Retour sur les couvertures que Time magazine a consacré à Donald Trump lors de ces élections

 

 

 

Le Kiosque du mercredi 23 novembre 2016

HAPPY THANKSGIVING … en chiffres

Boston Globe - Edition du 23 novembre 2016
Boston Globe – Edition du 23 novembre 2016

C’est la veille de Thanksgiving, LA plus importante fête de l’année pour les Américains qui prennent généralement la fin de la semaine pour rentrer chez eux dans leurs familles.
48,7 millions d’entre eux se déplaceront à travers le pays à partir de ce soir et jusqu’à dimanche, dont 43,5 millions sur les routes car, rappelons le, le transport routier est très peu cher grâce au prix du gas – en moyenne, 2,16 dollars (2 euros) pour un gallon soit près de 4 litres d’essence.
Près de 45 millions de dindes devraient être vendues pour un total de plus d’un milliard de dollars.
La parade de Thanksgiving organisée par le célèbre department store de New York, Macy’s, aura lieu jeudi matin à Manhattan et devrait rassembler 22 millions de téléspectateurs, un peu moins que les 27 millions qui regarderont le match de Football entre les Chicago Bears et les Green Bay Packers l’après midi.
Enfin 151 millions de consommateurs sont attendus Black Friday qui débute le soir de Thanksgiving qui devrait rapporter près de 10 milliards de dollars aux enseignes tel que Best Buy, Target, Wal-Mart ou encore JC Penney.

Cette année, la fête sera plus amère que les précédentes à la suite des élections présidentielles qui ont élu un président très controversé, donc de nombreux quotidiens offrent des tips pour éviter tout débat houleux qui pourraient gâcher les festivités ou briser des familles à l’instar du Boston Globe ce matin.

 

TRUMPLANDIA

Le scandale de ces « Yellow Journalists »
L’article sur les nouveaux « Yellow Journalists » publié originellement dans le Washington Post, puis en une du Star Ledger hier, n’en finit pas d’être repris dans la presse.
Le récit de ces deux étudiants de 26 ans, qui ont choisi de se faire beaucoup d’argent en créant un site alt-right qui poste des fake news, rumeurs et insinuations pou rapporter des clics et satisfaire une audience qui méprise les médias, les progressistes et les libéraux. Aucun intérêt pour la véracité des histoires relatées si tant est qu’elles sont sensationnelles et ont des titres accrocheurs.
Les deux intéressés, qui supportent Trump, ignorent les conséquences de leurs publications, et affirment que leurs lecteurs ne les prennent pas au sérieux – et quand c’est le cas, ils préfèrent regarder ailleurs.
L’irresponsabilité de ces deux « militants » est tout problématique que leur public qui préfère se nourrir de mensonges ou de fantasmes plutôt que de faire confiance au mainstream média.

Trump désavoue l’alt-right
Les fachos d’extrême-droite américains n’étaient pas très contents que le président les désavouent hier dans son entretien avec le New York Times, et parmi eux Richard Spencer, qui a connu la célébrité ce weekend lorsque des supporters présents au dîner qu’il avait organisé à Washington D.C., ont eu la bonne idée de faire le salut nazi à la fin de son discours.
The Guardian rapporte que de nombreux partisans de l’alt-right exprimaient leur déception vis-à-vis des positions plus modérées du futur président sur le mur à construire, l’emprisonnement d’Hillary sur leurs sites préférés, 4Chan et Reddit.

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Clinton conforte sa victoire dans le vote populaire

C’est difficile à entendre mais ce sont les lois de la politique américaine: La marge de Hillary Clinton sur son adversaire Donald Trump vient de dépasser les deux millions d’électeurs dans le décompte, toujours en cours du vote populaire. Trump grâce a affirmé hier au New York Times qu’il aurait préféré gagner en remportant le vote populaire plutôt que celui des grands électeurs, celui-la même qui twittait en 2012, après la victoire d’Obama contre Romeny que « le Collège électoral [était] un désastre pour [la] démocratie »

La sénatrice démocrate de Californie a introduit une législation la semaine dernière pour tente d’abolir le collège électoral alors que six grands électeurs auraient annoncé voter pour Clinton lors de leur vote qui aura lieu le 19 décembre prochain dans chacun des états.

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Vers un recompte des votes?

Ce qui nous amène à la polémique publiée hier soir dans New York Magazine selon laquelle un groupe de scientifiques et d’avocats aurait détecté des irrégularités dans certains comtés de trois états, le Michigan, le Wisconsin et le Pennsylvanie – les deux derniers remportés par Trump avec une marge de quelques dizaines de milliers de votes, tandis que le premier n’a pas encore annoncé de vainqueur à cause de résultats encore trop serrés.
Ces irrégularités pourraient être une manipulation ou un piratage des résultats – rappelons que Donald Trump a affirmé durant toute la campagne que les élections étaient truquées alors que le président a reconnu l’ingérence du gouvernment russe dans le piratage du Comité National Démocrate cet été.
Ces experts auraient contacté l’équipe de campagne de la candidate jeudi dernier sans qu’aucune démarche n’ait été prise depuis – les dates limites pour demander un nouveau décompte sont vendredi pour le Wisconsin et lundi pour la Pennsylvanie.
Certains médias ont relayé la nouvelle avec excitation mais il est peu probable que Hillary Clinton, qui vient d’être amnistiée par le futur président hier, veuille se relancer dans un tel processus.

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De Blasio défend les New Yorkais

Le maire de New York a promis lundi à ses habitants de les protéger contre toutes les lois fédérales qui iraient à l’encontre de celle de la ville comme l’enregistrement des musulmans, la séparation des familles sans papiers, l’intervention de la police pour séparer ces familles, et s’est engagé à fournir à ces gens les outils légaux pour se défendre.

Les new yorkais feront bloc. Les résultats d’une élection ne changeront pas qui nous sommes. Le responsable d’un seul office ne changera pas qui nous sommes. Une loi qui passe a Washington ne changera pas qui nous sommes. Nous sommes forts 8,5 millions. Et nous ne changerons pas.
Nous resterons toujours New York

 

Les heures sup’ sucrées pour plus de 4 millions d’Américains

L’un des décrets phares du président Obama, censé entrer en vigueur début décembre qui aurait permis à près de quatre millions d’Américains de bénéficier du payment d’heures supplémentaires, vient d’être annulé par un juge fédéral hier.
La loi obligeait les employeurs à indemniser une fois et demi le salaire horaire des employés qui travaillent au delà de 40 heures par semaine et et dont les revenus annuels ne dépassaient pas 47 476 dollars – 45 000 euros par an soit 3,750 euros par mois.
Le juge a donné raison aux entreprises qui « auraient dû » licensier des travailleurs si l’executive order du président avait été mis en place.
Comme le remarque Mother Jones, « c’est la quatrième fois en 21 mois qu’un juge fédéral du Texas délivre une injonction nationale qui bloque un décret présidentiel »

Clinton peut-elle encore gagner les élections?

C’est ce qu’a laissé entendre hier soir le New York magazine en révélant qu’un « groupe d’informaticiens et d’avocats » avait contacté l’équipe de campagne de Clinton pour la pousser à demander un nouveau décompte des votes dans trois états dans lesquels ils auraient des doutes sur une éventuelle manipulation ou piratage des résultats: le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Une véritable breaking news à la veille du weekend de Thanksgiving, alors que la date de limite de ce type de requêtes expire vendredi dans le Wisconsin, lundi en Pennsylvanie et mercredi prochain dans le Michigan.
Selon ces experts, qui sont rentrés en contact jeudi dernier avec les proches de Clinton, la candidate aurait reçu « 7% de votes en moins dans les comtés qui utilisent des machines de votes électroniques comparés à ceux qui s’appuient sur des scanners optiques ou des bulletins de vote. »
La journaliste insiste néanmoins sur le fait qu’aucune preuve de piratage ni de manipulation n’a été détectée et que seule une étude indépendante pourrait lever le voile sur « ces modèles suspicieux ».

Rappelons que le président Obama a accusé durant la campagne présidentielle le gouvernement russe d’avoir piraté le Comité Démocrate National alors que le candidat républicain avait insisté sur les défaillances du système électoral américain en affirmant que les élections étaient truquées – ce que sa rivale a d’ailleurs toujours critiqué.

Aujourd’hui, Trump accumule 290 grands électeurs contre 232 pour Clinton, une marge relativement importante même si le Michigan (16 grands électeurs) n’a pas encore déclaré de vainqueur à cause de résultats trop serrés.
Le Wisconsin a été remporté avec une marge de 27 000 voix seulement par le candidat républicain et la Pennsylvanie avec une avance de 68 000 voix. Si le Michigan penche finalement pour Clinton et qu’un nouveau décompte des voix dans les deux états donnaient une majorité à la candidate démocrate, elle remporterait le collège électoral.
Une éventualité incroyable au terme d’une campagne déjà mémorable, pour toutes les mauvaises raisons.

Hillary Clinton a concédé la victoire à son rival il y a tout juste deux semaines, et malgré le traumatisme de ces résultats, le pays, la Maison Blanche et la nouvelle majorité ont déjà commencé une transition que « le président souhaiterait la plus douce possible ».
Quant au futur Commander-in-Chief, il a affirmé aujourd’hui, par l’intermédiaire de Kellyanne Conway puis au New York Times, qu’il ne comptait pas poursuivre d’enquêtes sur la Fondation Clinton et sur la gestion de la messagerie privée de l’ancienne Secrétaire d’Etat.
Il affirmé « vouloir passer à autre chose » en affirmant que son adversaire « avait déjà assez souffert » et qu’il « n’avait aucune envie de s’en prendre aux Clintons ».
Un message qui contraste avec l’un de ses fameux slogans de campagnes, « lock her up », l’un des préférés de ses supporters qui n’ont pas apprécié  ce revirement et l’ont fait savoir hier – 17 000 commentaires sont parus à la suite de l’article paru sur Breitbart News en une après midi.

Si l’ancienne candidate démocrate demandait un nouveau décompte des voix, elle ouvrirait une boîte de Pandore qu’il serait difficile de refermer.

L’article du New York magazine a provoqué la réaction de plus 30 000 internautes sur Facebook et partagé près de 12 000 fois en quelques heures seulement, et a sans doute du raviver l’espoir chez de nombreux supporters de Clinton.

En vain?

Vox a rapidement noté les limites des explications apportées par le groupe de scientifiques. Concernant les différences de votes entre machines électroniques et celles qui utilise du papier (bulletin ou scanner): « C’est tout à fait possible que les machines électroniques soient utilisées dans les comtés qui favorisent Trump – par exemple, ceux avec beaucoup d’électeurs blancs des zones rurales, qui ont massivement soutenu Trump un peu partout dans le pays ».
Les autres raisons d’être sceptique sur ces allégations, c’est que le Wisconsin appartient au Midwest qui a largement voté pour Trump aux élections, que le Michigan utilise des bulletins de vote, et pour lequel les experts n’ont pas expliqué la légitimité d’un nouveau décompte, et enfin et surtout, le fait que les proches de Clinton, prévenu il y a plus de cinq jours, n’ont entrepris aucune démarche.
Même constat pour Nate Silver de 538 qui qualifie ces allégations de BullShit

et Nate Cohn du New York Times,

L’info était reprise ce soir par Breitbart News, qui laissait entendre que l’équipe de campagne de Clinton venait de rencontrer ces experts – ce qui n’a été confirmé par aucun des parties.
Clinton a concédé l’élection et avait affirmé lors du dernier débat présidentiel, au cours duquel Trump avait menacé de ne pas reconnaître les résultat du vote, que c’était contraire à la tradition politique américaine.
L’ancienne candidate devrait sans doute en rester là.

Le kiosque du jeudi 17 novembre 2016

TRUMPLANDIA

La participation aux élections: les chiffres

Sur les 320 millions de résidents américains, 28,6% n’avaient pas le droit de voter, 30% imrs-phpd’électeurs n’ont pas voté, 19,8% ont voté pour Clinton et 19,5% pour Trump – les décomptes des votes ne sont pas encore terminés en Californie.
La mobilisation cette année a été de 58% contre 42% d’abstention, ce qui signifie que Trump a été élu par un cinquième seulement de la population (60 millions de citoyens)
Le Washington Post a réalisé et publié une étude sur la réaction des Américains face aux résultats des élections: Naturellement ceux qui ont voté pour Trump se disent « contents » et « optimistes » tandis que ceux qui ont voté Clinton restent « furieux », « dégoûtés », « effrayés » et choqués » et alors qu’une majorité de ceux qui se sont abstenus sont aujourd’hui « décus » du choix du nouveau président.
Conclusion qu’on ne répétera jamais assez ces quatre années, il fallait aller voter.

Les responsable de la dérive raciste de l’Amérique

Les médias ont d’abord accusé les électeurs ouvriers blancs des zones rurales d’avoir perdu la tête, notamment dans les swing states du Midwest et de la Rust Belt touchés par le déclin économique que Trump a su rassurer et inspirer et sur lesquels la candidate démocrate n’a jamais vraiment parié .
Pour The New Republic, rejeter la responsabilité sur ce seul électorat serait une erreur car les classes moyennes aisées des banlieues ont également massivement soutenu Donald Trump.
Ce sont ces blancs diplomés qui ont fait défaut à Clinton malgré l’intense campagne qu’elle a organisé pour les convaincre: 63% des hommes et 53% des femmes appartenant à cette catégorie ont voté pour son adversaire, et le journaliste de conclure:

Peut-être qu’au fond, ces électeurs sont les plus « déplorables ». Ils ne souffrent pas ni ne sont désespérés, n’ont aucune raison concrète de détester le statu quo et d’avoir l’impression qu’ils sont en plein déclin.
Ils savent que Trump n’était pas préparé pour être président, ont entendu ses mensonges et ses insultes et ont quand même décidé de voter pour lui.

« Fuck your feelings »

Ce qui nous amène à cet excellent essai de Aleksander Hemon dans Slate qui s’attaque aux millions d’électeurs qui ont voté pour Trump et sa campagne de haine mais qui refusent aujourd’hui d’être traités de racistes car ils affirment n’éprouver aucun ressentiment contre les Afro-Américains, Juifs ou Musulmans. Ils ont été motivés par la volonté de rendre l’Amérique plus forte et l’inquiétude face à un éventuel déclin économique du pays.

Il existe une idée fausse mais très rassurante souvent utilisée dans l’évocation du racisme aux Etats-Unis selon laquelle il faut que le racisme soit un véritable racisme, ce qui veut dire que si l’on n’a pas l’intention d’être raciste, le racisme n’existe pas. Cette croyance dans la supériorité de l’intention est directement relié au sacrosaint statut du sentiment aux Etats-Unis, la notion que le sentiment est plus authentique et vrai que les faits ou la pensée (…)

Les sentiments sont plus légitimes que la pensée ou les faits et dès lors tout est excusable, et en premier lieu le nouveau président qui attaque et insulte toutes les minorités du pays « dans le forme » mais qui « dans le fond » n’est pas raciste.

Trump perd ses tours

Il existe une dizaine de Trump Towers aux Etats-Unis et dans le monde, mais une seulement a été construite par Donald Trump lui-même, c’est celle du 721 5th Avenue à New York, où réside le milliardaire depuis sa construction en 1983, et qui est aujourd’hui le point de ralliement des manifestants anti-Trump et le point de départ de bouchons monstres dans le Midtown de Manhattan.
Le président a d’ailleurs affirmé qu’il souhaiterait rester dès qu’il le peut dans son Penthouse de la City plutôt que de séjourner à la Maison Blanche à Washington qu’il n’a cessé de critiquer durant toute la campagne, sans doute trop élitiste et pas assez rococo

Entre temps, les enseignes lamés Trump Place ont été enlevés de trois bâtiments situés dans le quartier de l’Upper West Side de Manhattan qui forment le Trump Place complex.
Le management a expliqué aux locataires qu’ils comptaient se dissocier du président élu et montrer une façade neutre.
Certains résidents se seraient plaints depuis des mois des polémiques suscitées par la candidat

Le cauchemar de Thanksgiving

Comme l’avait mise en scène Saturday Night Live l’année dernière, cette coutume familiale est souvent l’occasion de discussions politiques mouvementées surtout en période électorale, mais cette année promet d’être particulièrement difficile avec l’élection de Donald Trump et la réalisation que l’Amérique est bien un pays raciste.
Même la puissance d’un Hello de Adèle ne réussira sans doute pas à détendre l’atmosphère ni les discussions.
« Préparez vous pour le pire Thanksgiving » commente le Daily Beast qui note que même dans les familles démocrates, des rancoeurs pourraient surgir entre les supporters de Bernie, sans doute Millenials, convaincus que leur candidat aurait pu battre Trump, contre les partisans de Clinton, encore traumatisés par cette défaite inattendue.

Les familles dont les individus n’appartiennent pas à l’électorat favori de Trump (alias les blancs) – Mexicains, Musulmans, Juifs qui n’appartiennent pas la famille de Jared Kushner [le gendre de Trump], immigrés et familles LGBT – vont vivre un Thanksgiving encore pire, à l’idée que l’administration du président Donald Trump mette en place certaines promesses de campagne à partir de janvier.

 

***

Première apparence de Clinton

Hillary Clinton a fait une première apparition en public depuis sa défaite la semaine dernière à l’occasion d’un gala de charité à Washington D.C. où elle apparue plutôt sombre:

Venir ici ce soir n’était pas la chose la plus facile.
Il est arrivé plusieurs fois cette semaine dernière où la seule chose que je voulais faire était de me retrouver avec un bon bouquin ou nos chiens et ne plus jamais quitter la maison (…)
Je sais que beaucoup d’entre vous êtes profondément déçus par le résultat de ces élections. Je le suis, plus que je ne pourrais jamais l’exprimer mais comme je l’ai dit la semaine dernière, notre campagne n’était pas par rapport à une personne ou une élection mais le pays dans lequel on vit et construire une Amérique qui est optimiste, qui rassemble et qui aime.
Beaucoup se sont demandés depuis la semaine dernière si l’Amérique était le pays qu’ils pensaient être. Les divisions qui ont été dévoilées lors de ces élections sont profondes. Mais écoutez: L’amérique vaut le coup. Nos enfants valent le coup. Croyez en notre pays, défendez nos valeurs, et n’abandonnez jamais. »

 

En attendant d

Le kiosque du mardi 15 novembre 2016

Voilà une semaine que la première démocratie mondiale a décidé de confier son avenir à businessman milliardaire, star de télé-réalité, inexpérimenté en politique pour succéder à ce que beaucoup de commentateurs – libéraux – retiendront comme l’un des présidents les plus prolifiques et appréciés que le pays ait connu.

Après l’incompréhension, l’effroi, la tristesse, retour à la réalité avec une transition politique qui s’accompagne de différentes protestations devant la formation d’une administration poussiéreuse (Giuliani, Newt Gingrinch) et d’un cabinet déjà très critiqué.

Le problème Steve Bannon

Le problème le plus inquiétant de cette nouvelle administration est la nomination de Steve Bannon, un raciste notoire anti-immigrés et misogyne assumé à l’un des postes les plus importants de la Maison Blanche, le Chief Strategist du président.
Le Wall Street Journal a finalement adressé la légitimité d’un supporter du mouvement alt-right mouvement au sein d’une nouvelle administration qui s’est donnée pour but d’unifier l’ensemble du pays.
Le quotidien a mentionné les headlines les plus controversées publiées sur le site Breitbart News, dont Steve Bannon était l’ancien rédacteur en chef avant d’être nommé directeur de la campagne de Trump et les critiques qu’il suscite dans la majorité alors que d’autres Républicains, dont le nouveau chef de cabinet de Trump, Reince Priebus, Kellyanne Conway et Mike Huckabee ont vigoureusement défendu le choix du nouveau président.

 

Des tensions un peu partout dans le pays

Ce weekend, un supporter a frappé une cliente dans un restaurant français de Brooklyn, Bar Tabac, parce qu’elle soutenait Hillary Clinton. Le Maire de Blasio est intervenu en personne sur l’incident via Twitter en appelant toute personne victime de violences à contacter le NYPD

d

Pamela Ramsay Taylor, représentante de Clay, une petite ville à côté de Charleston, en Caroline du Sud, a commenté la transition entre Michelle Obama et Melania Trump comme « rafraichissante d’avoir une First Lady 571113-1479149918-wideclassique, élégante, et digne de retour à la Maison Blanche. Je suis fatiguée de voir un singe sur talons ».
Ce sur quoi la maire a commenté « Vous remplissez ma journée Pam! ».
Les commentaires ont été ensuite été effacés, les comptes Facebook annulés et une pétition a été lancée pour la démission de ces deux femmes à la tête d’offices publics qui a récolté jusqu’ici 99 171 signatures sur les 100 000 nécessaires.
Selon le Washington Post, les deux femmes se seraient excusées pour leur commentaires « qui n’avaient pas l’intention d’être racistes » explique Mme Taylor qui se plaint aujourd’hui d’être accusée de crime raciste et d’avoir reçu des menaces de mort – elle a été démis de ses fonctions.

Des manifestations ont eu lieu en Californie hier, des étudiants ont défilé pacifiquement dans les rues de Los Angeles, dans la Bay Area, à San Francisco et Oakland et à Portland dans l’Oregon contre le nouveau président

L’aide aux associations

La résistance s’organise un peu partout dans le pays, notamment à travers le soutien financier d’associations et organismes indépendants prêts à dénoncer et lutter contre l’agenda défendu par Trump pendant sa campagne contre les immigrés, le droit à l’avortement, etc…
John Oliver a fait un appel spécial aux dons lors de son dernier show dimanche soir

Parmi elles, ACLU (American Civil Liberties Union) qui s’est directement adressée à Donald Trump au lendemain des élections pour lui signifier qu’elle « restera vigilante chaque jour de [sa] présidence ».
L’organisation a depuis reçu 120 000 donations pour un total de 7.2 millions de dollars, « la plus grande levée de fonds depuis sa création il y a cent ans » en plus de l’aide de « dizaines de milliers de personnes [qui] se sont portées volontaires pour offrir leur temps et leurs services ».

sPlanned Parenthood, sorte de planning familial français a lui reçu 80 000 donations la semaine dernière de particuliers, d’associations et d’initiatives plus originales comme ce magazine de chaussures de Williamsburg, qui reverse 10% de ses profits à l’association.
Un communiqué a également été diffusé le 9 novembre dernier sur son site internet dans lequel PP met les choses au clair: « Nous ne retournerons jamais en arrière et nous n’arrêterons jamais de nous battre pour s’assurer que [nos] patients ont accès aux soins nécessaires, et apporter notre soutien aux gens de toutes les communautés qui en ont besoin – immigrés, gens de couleurs, la communauté LGBT, les gens de foi, et d’autres ».

Le boycott de tous les produits Trump

A la suite de la diffusion de la fameuse video « de discussion de vestiaire », New York magazine rapporte que Shannon Coulter, une spécialiste en médias et marketing a créé un nouvel hashtag #GrabYourWallet (prend ton porte-monnaie) « pour encourager les consommateurs à boycotter la marque de vêtements et de bijoux de Ivanka Trump ».
Une liste a été mise à disposition des consommateurs où sont recensés tous les revendeurs (Century 21, Macy’s, Nordstrom, Bloomingdale’s, …) de toutes les marques associées à la famille Trump et celles qui ont officiellement soutenu le nouveau président durant la campagne.

Google et Facebook réagissent aux critiques

Après avoir nié l’évidence dénoncée depuis des semaines par certains quotidiens et watchdogs de la prolifération de faux sites d’informations dans le seul but de pouvoir influencer le résultat des élections, dont on ne peut aujourd’hui mesurer clairement l’influence, mais qui a certainement joué un rôle dans la victoire de Trump, les géants d’internet et des réseaux sociaux commencent à réagir.
Selon Reuters, Google et Facebook ont annoncé hier des mesures visant à limiter la propagation de fausses informations sur internet en interdisant aux sites « louches » de faire leur pub sur leurs réseaux.

 

 

 

Le kiosque du lundi 14 novembre 2016

« Don’t be afraid »

Trump a essayé d’être rassurant hier lors de sa première interview télévisée comme président-élu des Etats-Unis, en déclarant qu’il déporterait 2 à 3 millions d’immigrés sans papiers avec en priorité ceux qui ont un passé criminel, qu’il nommerait un juge anti-IVG à la Cour Suprême des Etats-Unis mais qu’il ne toucherait au mariage pour tous.
Une faible compensation surtout après l’annonce de la nomination de Steve Bannon, ancien rédacteur en chef du site d’infos alt-right, Breitbart News devenu cet été directeur de campagne de Trump, comme chief strategist du président.
Le choix de Steve Bannon, un misogyne assumé, raciste et antisémite, anti-establishment, qui n’a lui non plus aucune expérience politique, est très critiqué, surtout si l’objectif de Trump est rassembler les Américains.

Le Southern Poverty Law Center, une association de lutte contre le racisme, vient de lancer une pétition contre la nomination de Bannon

Celle de Reince Priebus, le président du Comité National Républicain, un Washington insider, ami de Paul Ryan, comme chef de cabinet, devrait « faciliter les victoires législatives » selon le New York Times.

« Steve et Reince sont des leaders qualifiés qui ont travaillé main dans la main durant la campagne et qui nous ont offert la victoire. Ils seront tous les deux à la Maison Blanche pour redorer le blason de l’Amérique » a expliqué le nouveau président des Etats-Unis.

Chris Christie, le vrai loser

Tous ceux qui ont aidé ou soutenu Trump lors de ces élections auront leur part du gâteau, et comme peu de Républicains ont parié sur sa victoire, les choix de Trump sont limités, avec Newt Gingrich et Rudy Giuliani, Peter Thiel et sa famille.

Le vrai loser dans le camp du nouveau président est le gouverneur Chris Christie, qui s’est rangé pourtant très tôt derrière le candidat républicain, mais qui a été écarté de son cercle rapproché à la suite du scandale du « bridgegate ».

En 2013, Christie a fait fermé deux voies du George Washington Bridge reliant Manhattan au New Jersey pour créer des embouteillages monstres dans la petite ville de Fort Lee, parce que le maire démocrate n’avait pas soutenu sa réélection comme gouverneur de l’état – qu’il a par ailleurs remporté.
Le procès s’est terminé il y deux semaines avec la condamnation de deux conseillers de Christie, dont son chef de cabinet, Anne Kelly, qui pourrait être condamné a vingt ans de prison.

Donald Trump a été tellement révulsé selon le New York Post par l’attitude de Christie dans la gestion de ce scandale et d’avoir nié toute responsabilité en préférant laisser condamner une mère de famille qu’il a décidé de donner la responsabilité de la transition présidentielle à Mike Pence, son vice-président.

 

Des Américains trop conservateurs pour des démocrates trop progressistes.

Le Wall Street Journal qui se régale d’avoir vu Trump triompher n’en finit pas d’expliquer l’échec des Démocrates – dans le vote électoral. L’une des dernières analyses explique le résultat des élections par un échec d’une politique trop agressive de Barack Obama qui aurait imposé ses idées progressives sans l’aval des Républicains, et d’une partie de la population:

Trop de libéraux et de conservateurs n’ont pas réussi à percevoir combien les Américains pensent et perçoivent leurs intérêts. Dès lors, ces mauvais calculs sont soient attribués à un manque de connaissance ou un problème de caractère. Mme Clinton a qualifié les supporters de Trump de « désolants, irrécupérables, et non Américains » comme s’il n’existait aucune autre explication.
Un problème d’empathie également récurrent dans la rhétorique de Obama, avec ses leçons de morale sur qui nous sommes en tant qu’Américains et le destin de son histoire qui tend toujours … vers son point de vue (…)
La leçon pour les Démocrates intelligents, c’est que les objectifs d’une politique progressive ne peuvent être imposés à une Amérique réticente à travers un diktat politique.

En gros l’Amérique est bien plus conservatrice que Mr Obama n’a voulu le comprendre et en essayant d’imposer ses politiques progressives, dont Obamacare, il a essuyé, lui, Hillary et les Démocrates, un revers cinglant.

New York vs Trump

Samedi, le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a publié une tribune dans le NY Daily News, adversaire acharné de Trump, a comme Hillary Clinton, promis au nouveau président de garder « une ouverture d’esprit » et lui donner « la chance de gouverner » avant d’insister:

Nous nous battrons autant que nous pouvons, à chaque fois que le besoin se présentera, de rejeter les attitudes haineuses qui ont marqué la campagne de 2016. Les voix du Ku Klux Klan, du nationalisme blanc, de l’autoritarisme, de la misogynie et de la xénophobie. Des points de vue qui vont à l’encontre des idéaux américains

La tribune a été ensuite publiée sur le site officiel de l’état de New York, et dans un post publié le même jour sur sa page Facebook, il a indiqué que si « quiconque se sent attaqué (…) l’état de New York est leur refuge. Que vous soyez homo ou hétérosexuel, Musulman ou Chrétien, riche ou pauvre, blanc ou noir, nous respectons tout le monde dans l’état de New York. »

Jeudi, c’était le maire de New York, Bill de Blasio, qui a déclaré aux journalistes qu’il confronterait toutes les actions du président Trump qu’il perçoit comme une « menace envers les New yorkais », et notamment la déportation d’immigrés sans papiers, le droit à l’avortement et Obamacare.

Samedi, une grande manifestation anti-Trump a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de New York, alors que Michael Moore, qui attire de nouveau l’attention des médias depuis l’élection de Trump qu’il avait justement prédit, est allé lui délivrer une note en personne à la Trump Tower sur la 5th Avenue: « T’as perdu, démissionne » en référence au vote populaire qu’il a perdu contre Clinton.

 

Le Kiosque du vendredi 11 novembre

L’émotion est toujours vive à New York et dans le reste du pays

Pendant ce temps, Hillary Clinton se repose dans la maison familiale de Chappaqua dans l’état de New York où une promeneuse a d’ailleurs croisé l’ancienne candidate qui se baladait avec Bill et ses deux chiens. La photo diffusée sur Facebook ce matin a déjà été partagé des centaines de milliers de fois sur le réseau social14963127_10100230623216143_4570528025661756648_n

Hier le président Obama a accueilli Donald Trump à la Maison Blanche et a qualifié la rencontre de très amicale. Michelle s’est quant à elle entretenue avec Melania.

Trois jours après que l’impensable se soit produit, la résistance continue à travers tout le pays.
Demain, un grand rassemblement »Trump is not my Président » est organisé à Union Square devrait attirer plusieurs milliers de new yorkais.
Le Kiosque y sera bien évidemment.

Million Women March on D.C.

Une marche à l’attention de toutes les femmes est organisée le samedi 21 janvier 2017 au lendemain de la 14993387_10154273237048935_6387091328721715639_ncérémonie d’investiture du nouveau président américain, « du Lincoln Memorial jusqu’à la Maison Blanche pour montrer notre force, notre pouvoir, et courage et pour afficher notre refus du programme de peur, de haine, de misogynie, de discrimination du président. Toutes les femmes y compris les femmes de toutes les races, religions, ethnies, origines, handicapées, et toutes les queers, butchs, transgenres, ou sans genre et toutes les féministes. »
Le message précise qu’il s’agit d’une protestation non violente et 10 000 utilisateurs de Facebook se sont déjà engagés à y aller alors que l’invitation a été partagée à près de 70 000 autres internautes.

Le Retour de Mickael Moore

Mickael Moore est de retour. Après un film, Trumpland consacré à aider la victoire de Clinton sur laquelle il a été toujours sceptique, est parti pour résister, comme il l’avait fait avec George W Bush. Son film est précisément sur ces états du Midwest et de la Rust Belt qui ont permis d’élire Trump et le réalisateur a rarement été invité sur les plateaux télé lors de sa sortie il y a plus d’un mois quand Clinton était en tête dans les sondages.

« Je ne jette la responsabilité sur personne, les médias avaient leur histoire à raconter sur Hillary, et ne voulaient pas que quelqu’un la mette à mal. Ils réduisent les gens à des nombres. Le jeu auquel 538 [le site de Nate Silver qui utilise les statistiques comme prévisions] et d’autres sites participent est déshumanisant et ils ne sont pas en contact avec le peuple (…) J’avais l’impression que Trump était minimisé et que les supporters d’Hillary criaient victoire trop vite. »

Mr Moore s’est dit prêt à participer à l’opposition qui manifeste un peu partout dans le pays, notamment à Portland dans l’Oregon où des « émeutes » ont éclaté hier soir.
« Je ne crois pas les médias qui prédisent quatre années de Trump. Cet homme n’a aucune idéologie, la seule chose en laquelle il croie, c’est lui. Ca va se terminer en un aller simple en dehors de la Maison Blanche.

 

Trump impeached?

Les millions d’Américains traumatisés et effrayés par la présidence de Trump tentent de se rassurer par tous les moyens, et leurs espoirs reposent aujourd’hui sur le professeur Allan Lichtman, celui qui a prédit contre toute attente la victoire du milliardaire, et les vainqueurs des élections présidentielles américaines depuis 1984.
Ce dernier a affirmé dès septembre le nom du 45ème président des Etats-Unis mais a il aussi ajouté, et cette fois-ci non pas rapport à son shéma mais en écoutant ses tripes, qu’il serait « impeached », comme Bill Clinton à la fin de son second mandat, mais cette fois-ci le Congrès Républicain le remplacerait par Mike Pence, son vice-président.

[Les Républicains] ne veulent pas Trump comme président parce qu’ils ne peuvent pas le contrôler. il est imprévisible. Ils préféreraient Pence – un parfait conservateur et un républicain contrôlable. Et je suis presque certain que Trump va lui-même provoquer cet impeachment, soit en faisant quelque chose qui met en danger la sécurité du pays, soit parce que ça aurait aidé ses finances

Le KKK à la fête

C’est pas une blague. Le New York Post rapporte ce matin qu’un chapter de l’organisation raciste, les Loyal White Knights organisent un rassemblement pour fêter la victoire de Trump en Caroline du nord le 3 décembre prochain. L’heure et l’endroit de cette “Victory Klavalkade Klan Parade” sont tenus secrets pour des raisons évidentes. L’un de ses plus fameux représentants, David Duke, a qualifié le 8 novembre « d’une des soirées les plus excitantes de [sa] vie » et affirme que « ses gens » ont « joué un rôle très important dans [son] élection ».

Une victoire de l’Amérique blanche

Les résultats plus détaillés de ces élections montrent que la victoire de Trump est celle de l’électorat blanc, et majoritairement ouvrier notamment dans le Midwest et la Rustbelt: le Wisconsin, Iowa, Ohio et Michigan.
Le Washington Post note que les nombreux comtés de ces états ayant voté pour Obama en 2012 et qui ont voté Trump cette année sont majoritairement peuplés de « blancs sans diplôme ». Ces électeurs n’ont pas forcément réagit à une crise économique puisqu’au contraire l’économie s’est embellie ces dernières années dans ces régions, avec des salaires plus élevés et moins de chômage.
Certains incidents impliquants des menaces et insultes racistes ont été reportées dans le pays. Des lycéens de Pennsylvanie ont apporté une pancarte électorale de Trump et ont paradé aux chants de « White Power » dans les couloirs de l’établissement. Une jeune femme musulmane aurait été agressée à l’université de San Diego par deux étudiants se réclamant de Trump

Le boycott des marques pro-Trump

Dans un pays en colère, il ne fait pas bon montrer son soutien à Trump, surtout lorsqu’on est un marque qui vend des produits, à l’instar de New Balance, dont l’un de ses représentants a affirmé au Wall Street Journal que la prochaine administration « allait bouger les choses dans une bonne direction ».
La marque de basket « made in USA » essuie depuis ferme un retour de bâton sur les médias sociaux notamment, où de nombreux internautes ont posté photos et vidéos de leurs New Balance dans les toilettes, prêtes à être brulées.
Jeudi la marque a du publier un communiqué sur Twitter en affirmant qu’elle respecte « toutes les couches de la société ».