Mercredi 15 mars: Breitbart vs Ryan – Visas en danger – Steve Bannon hait l’Europe – WaPo & NYTimes cartonnent

 

  • Les déclarations d’impôts de Trump: des fuites mais toujours pas le Saint Graal

    Déçus les journalistes américains qui ont dû écouter pendant vingt minutes à écouter la longue et ennuyeuse introduction de Rachel Maddow, présentatrice d’une émission politique sur MSNBC, avant de découvrir les très attendues déclarations d’impôts du président.
    Rien de très intéressant dans ces deux pages qui ont atterri dans la boite aux lettres d’un « obscure » (dixit Trump) journaliste de Washington, David Cay Johnston et qui révèlent que Donald Trump a bien payé des taxes en 2005 – 38 millions sur 150 millions revenus.

    L’info importante, c’est qu’il existe des informateurs capables de se procurer ces documents ultra-confidentiels, et qu’on devrait sans doute s’attendre à de nouvelles révélations dans les prochaines semaines.
    Dean Baquet, le rédacteur en chef du New York Times est même prêt à aller en prison pour décrocher « le Saint Graal » et les diffuser!
    Seul problème, il n’y a rien à redire sur les fiches d’imposition publiées hier, tout est en règle, pourquoi donc s’obstiner à ne pas les diffuser?
    Le mystère reste entier.

     

    « This 2005 Donald Trump  tax return is a total nothingburger » – Chris Cilliza

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  • Ryan, la nouvelle cible de Breitbart

    Breitbart n’aime pas Trumpcare, il préfère appeler « Obamacare 2.0 », et a lancé l’offensive contre son architecte et principal avocat, le porte parole de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, qu’il avait violemment attaqué durant la campagne présidentielle pour exprimer son mépris envers l’establishment du parti républicain.

     

    Depuis plusieurs jours les articles pleuvent à son encontre« Il est plus impopulaire que Trump », « certains conservateurs demandent sa démission« , « la lune de miel est terminée » et lundi le site alt-right a diffusé un enregistrement très embarrassant pour le Représentant du Wisconsin.
    Enregistré en octobre dernier, avant les élections et après la diffusion de la vidéo Access Hollywood, il annonce devant un parterre de Représentants républicains ne plus soutenir le candidat Trump.


    Je ne vais plus défendre Donald Trump – pas maintenant et pas dans le futur.

     

    Selon BreitbartPaul Ryan aurait manipulé le président en lui faisant croire que l’American Health Care Act remplacerait Obamacare – ce qui n’est pas le cas – c’est une version allégée de l’Affordable Care Act – et en affirmant que la loi passerait facilement devant le Congrès alors qu’elle n’a visiblement aucune chance devant le Sénat.

     

    C’est la première initiative majeure sur laquelle Trump travaille avec Ryan et le fait que ça se passe aussi mal nous inquiète sur les capacités du porte parole et candidat malheureux à la vice présidence des Etats-Unis en 2012, qui a n’a quasiment pas soutenu Trump en 2016, à comprendre comment est-ce que Trump a gagné et comment gagner en général.

     

     

    Aujourd’hui, Trump et la Maison Blanche sont plus ouverts au dialogue sur d’éventuelles modifications de l’American Health Care act (dans la structure, les moyens, et la mise en place) pour satisfaire les critiques des conservateurs que Paul Ryan ne l’est avec sa majorité républicaine.
    Breitbart annonce (et soutient déjà) que de nombreux Représentants républicains aimeraient non seulement remplacer Obamacare mais aussi Paul Ryan comme porte parole de la Chambre des Représentants.

     


    « Audio emerges of when Paul Ryan abandoned Donald Trump: I’m not going to defend Donald Trump » – Breitbart

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  •  Visas de travail et green cards: les prochaines cibles du gouvernement

    « Selon Goldmans Sachs, un million de travailleurs étrangers sous visa de travail H-1B sont employés dans des positions correspondant à un niveau de diplôme universitaire américain » affirme Breitbart, le site d’info alt-right obsédé par tout ce qui concerne l’immigration, en citant l’étude réalisée par l’Economic Policy Institute (EPI) sur les chiffres de 2013… « Alors que la plupart des médias affirment que le gouvernement ne délivre que 85 000 visas chaque année, et que d’autres programmes offerts par l’immigration permettent à 470 000 étrangers diplômés de travailler aux Etats-Unis. »

     

    C’est la propagande anti-immigration qu’on peut lire chaque jour sur ce média lu par des millions d’Américains: Un visa H-1B dure trois ans et peut être renouvelé pour trois autres années: Aux 85 000 nouveaux H-1B délivrés chaque année s’ajoutent ceux des années précédentes. Forcément les nouveaux titulaires d’un visa s’ajoutent à ceux déjà installés.

     

    460 000 travailleurs étrangers sont en réalité présents aux Etats-Unis sous un visa H-1B sans compter, nous rappelle Breitbart, ceux qui postulent « rapidement » pour une carte verte. Rapidement? Il faut rester six ans sur le territoire américain avant de pouvoir appliquer pour une « résidence permanente » … sans compter « les femmes et enfants » qui peuvent se greffer à chaque immigré légal.
    Enfin ces 1,4 millions (en réalité un million) de travailleurs étrangers qualifiés (« white collar ») représentent l’ensemble des étudiants américains diplômés en 2015 et 2016.

     

    Le message est clair: le système de visa de travail alloués aux étrangers, surtout ceux qualifiés, est injuste pour les travailleurs américains, leur enlève d’importantes opportunités professionnelles et salariales.
    Attendons nous dans ces prochains à voir ces programmes considérablement diminués.

     

    « Goldman Sachs; Almost one million H-1B foreign Workers hold University level Jobs here » – Breitbart

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  • Compétition positive entre le New York Times et le Washington Post

    Invité du festival SXSW le weekend dernier, Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times s’est félicité de la compétition entre son quotidien et le Washington Post tout en se moquant au passage du dernier slogan choisi par son rival, « Democracy Dies in Darkness » qu’il a comparé au « titre du prochain film de Batman ».

     

    Les deux quotidiens ont offert les scoops les plus importants de la campagne et du début de présidence de Donald Trump – avec CNN également – grâce à une mobilisation sans précédent des ressources et des idées innovantes: Davantage de moyens et de façons de couvrir la Maison Blanche, 24heures sur 24, renforcer les équipes d’investigation, le lancement d’une « tips page » par les deux quotidiens, et également plus de promotion.

     

    Contrairement aux années précédentes, quand les journaux rivaux étaient obsédés à comparer la taille de leur audience, ni le Post, ni le Times ne cherche à supplanter l’un et l’autre. Les deux ont leurs yeux fixés sur la Maison Blanche qui a offert plein de cibles pour les journalistes d’investigation ces dernières semaines.
    Et malgré les affirmations de Trump selon lesquelles le New York Times « is failing » et que le Washington Post perd une « fortune », les deux publications ont les moyens de continuer à publier un journalisme antagoniste ces quatre ou prochaines années

     

    « The New York Times and The Washington post are at War, and everyone’s is winning » – Poynter

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  • Article du Jour: Bannon veut détruire l’Europe

    Le journaliste Michael Crowley de Politico s’est penché sur le cas Bannon et sa vision de l’Occident.
    L’ancien président de Breitbart est un nationaliste dont le projet va au delà de « Make America Great Again » et vise directement l’Europe, plutôt le projet européen qu’il déteste et considère comme « un instrument de la mondialisation – à l’opposé d’un instrument du renforcement de la civilisation occidentale » selon Ben Shapiro un ancien collègue.

     

    Un bureau anglais a été mis en place en 2014 pour critiquer l’Union européenne (« The EU is Dead, It just refuses to lie down ») qui a soutenu et accueillit avec beaucoup d’espoir le Brexit.
    Saura-t-il avancer son programme auprès du président Trump, dont il est le plus proche conseiller et contre la position de la classe politique américaine, fervente supporter de l’Europe?

     

    * « The Man who Wants to unmake the West » – Michael Crowley

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The Economist: Cette Révolution Française qui va bouleverser l’Europe

Une fois n’est pas coutume, The Economist, la revue économique anglaise montre de l’intérêt pour la France et pour de bonnes raisons: Les élections présidentielles 2017, « les plus excitantes de ces dernières décennies », devraient « enfin » bouleverser le pays, mais l’Europe tout entière!

Comme en Angleterre et aux Etats-Unis, la traditionnelle division droite-gauche est remis en question pour la première fois depuis 1958 par deux « insurgés », Marine Le Pen à l’extrême-droite et Emmanuel Macron au centre gauche. Mais surtout « le réalignement qui en résultera aura des répercussions bien au delà de la France. Il pourrait revitaliser l’Union européenne, ou la détruire ».

L’hebdomadaire l’admet, aucun des deux candidats n’est vraiment un outsider de la scène politique française, Marine Le Pen ayant fait sa carrière au FN et Macron, ses armes en tant que ministre de l’économie de François Hollande, et les deux savent « profiter de la frustration des Français » et « représentent une répudiation du statu quo » avec des programmes radicalement différents. 

The Economist ne soutient aucun candidat même si sa ligne éditoriale est plus proche de celle de Emmanuel Macron, « dont la victoire serait la preuve que le libéralisme attire encore les Européens.
Après les retournements politiques du Brexit et des Etats-Unis, à la France de montrer qu’elle n’est pas tombée elle aussi sur la tête.

Un petit rappel des gentillesses de The Economist envers notre beau pays!

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Le Brexit ou les conséquences anti-démocratiques du referendum?

 

Le Referendum est la pratique électorale par excellence de la démocratie directe: Il interroge l’ensemble de la population en âge de voter sur une question simple à laquelle l’électeur répondra par oui ou par non.

Le problème posé par le referendum du Brexit est que personne n’a vraiment envisagé qu’il soit voté, et dès l’annonce des résultats, de nombreux électeurs ayant voté en faveur du non, ont commencé à regretter leur choix. Ce que les médias anglo-saxons ont appelé le « regrexit »

Comment expliquer une telle réaction alors que déjà 3 millions de signatures ont été cumulé depuis 5 jours dans le pays pour un nouveau referendum?
Certes les résultats ont été très serrés et le Leave avec 51.9% des suffrages ne l’a emporte que de 1,3 millions sur les 33,5 millions de britanniques ayant voté ce jour là.
Certes les médias avaient tous indiqué, et Nigel Farage le grand partisan du Leave, que le In gagnerait.

Emily Badger nous explique dans le Washington Post que beaucoup d’électeurs n’ont pas compris les enjeux d’un tel vote, surtout lorsque l’on sait les mensonges des partisans du Leave – qui le reconnaissent aujourd’hui sur tous les télés – relayés par de nombreux médias et tabloids dans l’une des pires campagnes politiques du Royaume Uni.
Elle reprends les propos de David A. Bell, un historien du Princeton, qui mettait en garde en 2011 dans The New Republic le premier ministre grec Papandreou sur la tenue d’un referendum sur le sort de la de la Grèce en Europe dont le résultat peut souvent apparaître « comme anti-démocratique« :

Cette tendance n’est pas fortuite, elle est presque inévitable étant donné le mécanisme même du referendum: D’abord, il prend des problèmes assez techniques normalement attachés aux législateurs qui ont le temps et l’expertise pour pouvoir les comprendre, et les donnent aux électeurs qui n’en n’ont pas. Ensuite, et surtout lorsqu’il s’agit de mesures constitutionnelles, le referedum noue les mains des législateurs de manière parfois destructive. Enfin et c’est le plus important, il limite la légitimité des politiques en en subjuguant leur travail au véto populaire, et en le présentant comme une expression de la souveraineté populaire – en dépis du fait que le fonctionnement routinier d’une consitution démocratique est l’expression la plus importante de cette souveraineté

Ce dernier effet est encore pire quand ce sont les politiques eux-mêmes qui proposent des referendums. En théorie, encore, les intentions sont toujours honorables, et s’accordent avec la tradition et une politique progressive. En pratique, les politiques dans cette position reourent à une tradition parlementaire bien connue, qui les empiechent de statuer sur des décisions difficiles. Si des politiqeus décident d’un vote populaire pour prendre des mesures, alors qu’un parlement pourrait suffire, il ou elle remet en question l’autorité démocratique du parlement.

Presque exactement ce qui vient de se passer au Royaume-Uni

Pour Le Guardian, Cameron est le big loser du Brexit

D

 

Grand partisan du IN, Le Guardian enchaîne depuis hier les articles au vitriol à l’encontre de celui qui a permis l’impensable, le départ du Royaume-Uni de l’Europe. Après l’annonce de sa résignation, il laisse derrrière un héritage catastrophique pour le pays, pour le continent et pour les générations de jeunes anglais à grande majorité europhiles

« Un membre né dans la classe dirigeante incapable de gouverner »

« Souvenez vous bien, à l’heure où la pound est en train de s’effondrer et les marchés de glisser que ce référendum a été demandé par David Cameron pour se débrasser de Nigel Farage et ses Tories extrémistes. Personne n’a jamais réclamé ces élections mais des régles des problèmes internes de son parti, il en a demandé un. Il parié sur l’avenir de la Grande Bretagne et de l’Europe pour assurer sa propre position. Avec toute l’arrogance d’un membre de la promo étolienne, il pensait pouvoir gagner. Au contraire, il s’est écrasé d’une telle manière que les répercussions vont durer des années et bousculer la vie de dizaines de millions de vies à travers le continent »

Le ton est donné.

Maintenant qu’il a perdu son immense pari, il a perdu son job – sauf que c’est le reste du pays qui paye le prix. Il na jamais été, juste prétentieux. Ca n’a jamais été de la chance, juste du téflon, désormais usagé

Plus pragmatique, Martin Kettle note que ‘l’euroscepticisme modéré » de Cameron ne l’a « jamais aidé à trouver des réponses aux critiques de l’Europe, boostés ces dernières années par l’austérité et l’immigration ». Bien qu’il ait milité pour le maintien, au sein de son propre parti a majorité favorable au départ, « il n’a pas réussi a défendre la participation du Royaume Uni dans l’Europe jusqu’a la denrière minute »

 

 

Couverture du Jour: The Guardian IN

Le Guardian appelle ses lecteurs à « rester dans l’Europe » dans son édition d’aujourd’hui, un numéro d’ores et déjà historique pour des élections qui vont décider de l’avenir du pays et du continent.

Edition du Guardian - Mercredi 23 juin 2016
Edition du Guardian – Mercredi 23 juin 2016