13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
  •  

  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.

Le kiosque du 10.07.17

 

1. Trumplandia

 

  • 3 semaines avant la pause estivale 
    Ni Donald Trump, ni le gouvernement, ni la majorité républicaine au Parlement n’ont réussi à voter une loi majeure depuis le 21 janvier dernier alors que le vote sur la réforme de la santé, toujours critiquée par plusieurs Sénateurs républicains, pourrait être reportée à la fin du mois d’août.
    La réforme fiscale et le plan d’infrastructure d’un billion de dollars, les deux grandes législations du président pourraient être reportées à l’année prochaine
     
    Axios

    Comme le rappelle Axios:

    A chaque fois que vous entendez l’administration Trump ou le Congrès se battre contre la hausse des cotisations de l’Affordable Care Act – ou Obamacare – ils parlent des problèmes de 7% de la population, ceux qui ont choisi de s’assurer individuellement à travers le marché des assurances, ou le « non group » [21,8 millions de personnes].

 

***

 

  • Nouveau rebondissement avec la Russie
    Le « Blockbuster » du New York Times ce week-end – qui devrait faire l’actualité de ce début de semaine à Washington, c’est la rencontre entre Trump Jr, Jared Kushner et Paul Manafort, en juin 2016, moment crucial de la campagne, avec une avocate russe proche du Kremlin.
    Le fils du président a d’abord expliqué qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les deux pays avant de confirmer qu’on leur avait promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate.

 

  • Pour John Marshall de Talking Points Memo:
     

    Le détail le plus important de cette histoire, c’est la source.
    Le Times rapporte qu’ils ont eu l’information de trois conseillers de la Maison Blanche, au courant de cette rencontre (….) La seule raison pour laquelle des alliés du président agissent de la sorte, c’est soit que d’autres informations comme celles-ci sont à venir, soit ils essayent de préparer l’opinion publique à quelque chose de plus grave.

     

    Le fils Trump a eu son heure de gloire sur le site du NYTimes.com hier

 

***

 

  • Pendant ce temps là, dans le monde merveilleux de Fox News, on suit les directives de Trump et on fait diversion en créant le « scandale » James Comey, l’ancien directeur du FBI viré par Trump, dont certains mémos dévoilés à la presse pour dénoncer les tentatives d’obstruction du président dans son enquête, contenaient des informations confidentielles.
    C’est faux, et « huit heures plus tard, Fox News n’est pas encore revenu sur ses propos », ni le président.
     

 
 


2. Les ennemis du président

 

  • Une information qui rassure dans Politico

    Ca fait moins de six mois que Donald Trump est président et l’un des principes organisateurs de ses actions politiques est évident: La vengeance.
    En privé, Trump a parlé de dépenser dix millions de dollars de sa poche pour battre un sénateur de son propre parti, Jeff Flake d’Arizona, selon deux sources présents lors de la conversation l’automne dernier.
    Plus récemment, le président s’est félicité des attaques lancées par un groupe de soutien de la Maison Blanche contre un autre sénateur républicain, Dean Heller du Nevada, qui avait critiqué le président.

 

  • Les implications pour 2018

    Les machinations en coulisses donnent une idée de l’approche de Trump en politique et comment elle pourrait remodeler les élections de mi-mandat en 2018. L’obsession de Trump envers la loyauté et son penchant à se souvenir de tous les affronts dont il a fait l’objet détermine son attitude envers ses ennemis politiques et les candidats de son propre parti, quitte à affaiblir leurs chances de réélection

 

 

 


Jared Kushner et le Qatar

 

  • La semaine commence bien pour le gendre du président, qui a participé en juin 2016 à un entretien dans la Trump Tower avec son beau-frère et le chef de campagne de Trump pensant récupérer des infos à charge contre Hillary Clinton.
    C’est la troisième fois qu’il oublie de mentionner un contact avec des proches du Kremlin.

 

  • The Intercept affirme aujourd’hui que Jared Kushner et son père, magnat de l’immobilier, ont essayé de convaincre un homme d’affaires qatari d’investir un demi milliard de dollars dans leur immeuble de la Cinquième Avenue à New York, la plus importante transaction immobilière de l’époque réalisée par le jeune Jared, 25 ans, en 2008, peu avant la crise financière, et alors que son père était en prison. 
     

    Trump a essayé vainement de trouver des financements ces dernières années avec les Qataris, mais il est difficile de nier l’importance que représente l’investissement de 666 Fifth Avenue pour [Jared] Kushner, sa compagnie et l’image de la famille dans l’immobilier. Sans apport extérieur ou redressement du marché, l’investissement pourrait devenir une perte de 500 millions de dollars.  

 

  • Les implications de cette transaction entre le Qatar et les Kushner?
    Il y a un mois, plusieurs pays du Golfe (Arabie Saoudite, émirats arabes unis, Egypte et le Bahreïn) ont coupé les ponts avec leur voisin du Qatar sous prétexte que le pays finançait le terrorisme. La dispute a été encouragée par Donald Trump, et Kushner « aurait un joué un rôle clé dans les coulisses pour durcir la position des Etats-Unis envers la nation ».

     

    Les révélations d’une transaction de 500 millions de dollars pose une question d’éthique. Si les discussions ne sont pas entièrement closes, ça veut dire que Jared utilise d’un côté le pouvoir de la diplomatie américaine pour affaiblir une petite nation, en essayant d’obtenir de l’autre côté un énorme capital pour son entreprise en difficulté.
    Si le marché est mort, un moyen de mettre pression sur d’autres investisseurs au nom de Kushner Companies [la compagnie familiale]

 

 

 


« The Newspaper Industry » contre le duopole Facebook-Google

 

  • La guerre est déclarée contre « la dominance duopolistique » de Google et Facebook sur la publicité en ligne: Les deux plate-formes ne créent aucun contenu mais récupèrent la plupart des dividendes de ceux qui les créent, les médias, « ce qui pourrait leur faire bien plus de mal que tout ce que le président écrit sur [eux sur] Twitter ».
    Pour éviter que le journalisme de qualité meurt, la News Media Alliance (NMA) qui représente deux mille journaux aux Etats-Unis et au Canada a décidé d’agir.

 

  • Le problème:
     

    Google et Facebook continuent d’accaparer le marché de la publicité en ligne, récupèrent des profits qui servaient auparavant à financer du journalisme de qualité que Google et Facebook offrent désormais gratuitement (…) Malgré les efforts de Google et Facebook pour soutenir le journalisme en aidant les organes de presse à trouver de nouveaux revenus, au bout du compte, ce sont les rois de la cour. Ceux qui fournissent l’information de qualité sont les quémandeurs et les serfs.

  • La solution
     

    Donc ce qu’on appelle la « newspaper industry » – qui inclut beaucoup de sites en ligne – s’est regroupée pour modifier l’équilibre des pouvoirs (…) et gagner le droit de négocier collectivement avec ces importantes plate-formes digitales.

  • Bottom Line
     

    Il s’agit ici de préserver le journalisme de qualité – cher à produire, et sous pression économique comme jamais auparavant – dans une époque marquée par des « reportages » bidons et gratuits sur des millions de votes illégaux qui obtiennent assez de succès pour mettre en place des initiatives fédérales.

 

 

 


5. Playbook, le newsletter la plus influente de Washington

 

 

  • Playbook, la newsletter de Politico « sur ce qui motive quotidiennement Washington » créée il y a quelques années par Mike Allen, parti fonder son propre site d’info, Axios (et une nouvelle et excellente newsletter) l’année dernière, a été brillamment reprise par trois journalistes, Daniel Lippman, Jake Sherman et Anna Palmer qui l’ont rendu plus populaire (35% d’abonnés en plus), lui ont ajouté une édition en début d’après midi, un podcast, et viennent de signer un ouvrage les coulisses de Washington intitulé « A Hill to Die On »
  • Ils ont des abonnés dans tous les Etats du pays, chez tous les sénateurs et les Représentants et bien entendu à la Maison Blanche, et bien entendu le Kiosque!
  • Interview des trois journalistes dans Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Reportage sur le gay rodeo en Pennsylvanie: « Ce n’est pas seulement du rodéo, c’est construire une communauté avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts » – The Washington Post

 

  • La série « Ohio Matters » dans le The Plain Dealer examine les problèmes nationaux importants à travers les yeux des habitants de plusieurs comtés d’Ohio pour en comprendre le microcosme.

 

  • 58% des Républicains et Rep-Indépendants affirment que les universités ont un mauvais effet sur le pays [une hausse de 45% depuis l’année dernière]. 72% des Démocrates et Dem-Indépendants affirment le contraire – Pew Research Center

    Pew Research Center

Vous aussi, créer vos fake news!

 

Les fake news ont toujours existé sur internet mais les réseaux sociaux leur ont offert un rôle de premier plan durant la dernière campagne présidentielle américaine: Une source de revenu importante et un outil de propagande politique et de diffamation redoutable.
Depuis les sites de « make-your-own-fake-news » prolifèrent.

 

  • Les dernières élections présidentielles ont permis à des étudiants de se faire des centaines de milliers de dollars en bombardant les réseaux sociaux de fake news les plus farfelues contre Hillary Clinton et la campagne démocrate.
  • Aujourd’hui, n’importe quel internaute peut créer et propager ses fake news grâce à un site channel23news.com très facile d’utilisation qui donne à votre histoire l’apparence d’un article sérieux, se partage sur Facebook, Twitter et WhatsApp et peut mobiliser plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs.
  • Ce n’est qu’en cliquant sur l’article qu’on apprend en bas de page qu’il s’agit d’une « prank », une blague.

 

  • Buzzfeed News a dénombré une trentaine de sites identiques à celui de channel23news.com qui auraient diffusé plus de 3 000 faux articles en six langues différentes ces douze derniers mois, et ont été partagés 13 millions de fois.
  • Le site d’information a identifié le propriétaire de dix-neuf d’entre eux, un jeune américain de 25 ans originaire du Milwaukee qui cherchait à se faire de l’argent sur internet.
    Depuis la création de son premier site de création de fake news début janvier, il a publié 724 articles qui ont généré 2,5 millions de partages, réactions, et commentaires sur Facebook

 

  • L’un des premiers à avoir inventé ce genre de sites, c’est un français, Nicolas Gouriou, fondateur de Actualités.co en juillet 2014.
    Le principe semble inoffensif: « Rédige une blague et piège tous tes amis. Partage ta blague sur les réseaux sociaux pour piéger tes potes »,
    A l´époque, FranceTvInfo.fr avait dénoncé les dangers de ce genre de sites en plein crise du virus ébola.
    Selon Buzzfeed News, Mr Gouriou possède aujourd’hui onze sites de fausses infos à l’origine de 2 300 articles qui a mobilisé 10,5 millions d’internautes ces douze derniers mois sur Facebook.

 

  • Le principal intérêt de ces sites: De l’argent pour celui qui les gères et du divertissement pour ceux qui l’utilisent, mais le contenu qui est créé est difficile à contrôler et ses conséquences à prédire.
  • Si les fake news les plus populaires sont bénignes (« Beyoncé qui accouche de deux garçons » ou « une loi votée par Obama qui oblige les grand-parents à s’occuper de leurs petits-enfants »), d’autres sont plus vicieuses, à l’instar de ces restaurants indiens de Londres qui ont failli faire faillite après été faussement accusés de vendre de la viande humaine
    Les conséquences peuvent financières, psychologiques et sociales contre des adolescents, ou encore politiques contre des personnalités publiques ou des établissements scolaires, accusés d’actes ou de propos diffamatoires.

 

  • Facebook, montré du doigt pour avoir été incapable de limiter la propagation et l’influence des fake news durant les élections présidentielles américaines, tentent de mettre en place des logiciels qui identifient ces sites et leurs faux articles, et essayent de s’attaquer aux sources de revenus. Mais la tache est immense

Le kiosque du 24.05.17

 

Trump et la Russie sur Facebook

  • Plus de 50% des internautes américains trouvent leurs infos politiques sur Facebook.
  • Les accusations de collusion entre la Russie et les Etats-Unis ont été les scoops les plus importants comme le prouve ce graphique
  • Fun Fact: C’est la supposée « Golden Shower » de Trump avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou, révélée par Buzzfeed début janvier qui les a intéressés le plus.

    Axios

 

 

 

Fox News en roue et chute libre

  • Daily Beast

    La chaîne câblée a finalement démenti les rumeurs entourant la mort de Seth Rich le 10 juillet dernier. Le jeune homme qui travaillait pour le Comité National Démocrate, a été assassiné à Washington, lors d’une tentative de vol à main armée qui a mal tourné.

  • Le meurtre a eu lieu quelques jours avant le début de la Convention Démocrate: des conspirationnistes d’extrême droite affirment qu’il aurait été assassiné parce qu’il a fourni à Wikileaks des documents incriminants sur le parti et Hillary. Parmi eux, Sean Hannity, le présentateur star de Fox News, obsédé par cette théorie.
  • La chaîne a relancé les rumeurs le 16 mai dernier, relayées par Mr Hannity, l’émission Fox & Friends, Breitbart et même Newt Gingrich provoquant l’embarras de nombre de ses journalistes, et ne s’est rétractée qu’une semaine plus tard.
  • Cette semaine, les parents de Seth Rich ont publié une tribune dans le Washington post pour mettre fin à ces rumeurs qui tentent de « politiser la mort de leur fils ».
  • Sean Hannity a annoncé hier soir qu’il respecterait les voeux de la famille, et arrêterait de discuter du sujet « pour le moment ».
  • Pour Margarett Sullivan « la rumeur sur Seth Rich est devenu le nouveau « pizzagate », une autre théorie du complot née à Washington ».
    « C’est un mouvement contre la vérité qui s’attaque à la raison et à la réalité des faits (…) qui sont aux fondements même de la démocratie » et qui reçoit en plus l’approbation tacite de la nouvelle administration.
    * « The Seth Rich lie, and how the corrosion of reality should worry every American » – The Washington Post
  • * « Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle » – Le kiosque de New York

 


Matt Boyle, le « Forrest Gump avec une carte de presse ».

  • Portrait dans The Washingtonian du journaliste Matt Boyle, 29 ans, chef du bureau de Washington pour Breitbart, devenu l’un des journalistes les plus connectés de Washington, grâce à un accès direct à la Maison Blanche: Steve Bannon
  • Il a voté Obama en 2008.
  • Comme Breitbart, sa carrière est celle d’un outsider, refoulé de tous les médias de Washington à son arrivée en 2010, qui a fini au Daily Caller, site d’infos conservateur de Tucker Carlson, l’un des journalistes star de Fox News, où il a fait ses armes.
  • En 2012, il rencontre Steve Bannon qui le forme et lui fait explique que les médias de D.C. appartiennent à l’élite mondiale qui travaillent contre les intérêts de l’Américain et ça marche: Matt Boyle devient l’un des journalistes les plus agressifs et productifs de Breitbart, en guerre constante contre l’establishment politique et médiatique, et est promu chef du bureau de Washington en octobre 2015.
  • Il connait bien Donald Trump qui l’appelle « mon Matty » et a décroché une interview exclusive il y a quelques semaines à la Maison Blanche.
  • Difficile de penser qu’il puisse être indépendant dans son travail vis-à-vis de son ancien mentor aujourd’hui conseiller du président, Steve Bannon.
  • * « Meet Matt Boyle, Breitbart’s (Other) Man in the White House » – The Washingtonian

 


Un lynchage dans le Maryland

  • Richard Collins était étudiant de dernière année à Bowie State University dans le Maryland et lieutenant de réserve de l’armée américaine. Il est mort poignardé dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors qu’il attendait un Uber avec deux amis, en dehors du campus.
  • L’assassin, Sean Urbanski, 22 ans, arrêté quelques heures plus tard, est un étudiant a priori sans histoires de l’Université du Maryland (UMD) et membre d’un groupe raciste sur Facebook « Alt Reich: Nation ».
    Dave Zirin, lui aussi étudiant de l’université note dans The Nation, dénonce une recrudescence de messages et menaces racistes un peu partout sur le campus de l’UMD depuis l’élection de Trump: Graffitis, cordes, flyers – un phénomène visible sur l’ensemble du territoire américain.
  • Zirin appelle cet acte de haine par son nom: Un lynchage. Le FBI enquête sur le meurtre pour déterminer s’il s’agit d’un crime raciste.
  • Le chef de la police de UMD a vivement dénoncé ces actes.
  • Beaucoup d’étudiants ont dénoncé le manque de réaction des autorités de l’Université qui n’aurait pas condamné les discours de haine en évoquant la liberté d’expression, et « sans mobilisation contre toutes les formes de haines nationalistes et racistes, du sang innocent va continuer à couler »
  • * « A lynching on the University of Maryland Campus » – The Nation

 


Bannon, le documentaire de Frontline

L’excellent documentaire « Bannon’s War » a été mardi soir dans l’émission Frontline de PBS nous a appris

  • Frontline / PBS

    L’ambition politique de Bannon a toujours contre l’establishment et Washington. Le 9/11 lui a offert un autre ennemi, l’Islamisme radical et un but, la défense des Etats-Unis pour préserver la culture et l’identité judéo-chrétienne assiégée.

  • C’est Bannon qui a transformé Breitbart en puissant média contre Washington et les élites, grâce au financement (10 millions de dollars) de la famille Mercer (soutien de Donald Trump).
    Pas sûr qu’on en serait là Andrew Breitbart, le fondateur du site, n’était pas décédé brutalement d’une crise cardiaque en 2012.
  • Bannon s’est d’abord amouraché de Sarah Palin, lui a dédié un documentaire mais n’a pas réussi à la convaincre de se présenter aux élections présidentielles de 2012
  • Dès l’été 2015, Bannon affirme à une de ses amies qu’il est le manager de campagne de Trump, et met à son service le site alt-right Breitbart qui relait ou devance les mêmes thèmes utilisés par le candidat républicain: L’immigration, les minorités dangereuses, America First.
  • Il a orchestré la travel ban et volontairement anticipé les réactions qu’elle provoquerait pour envoyer un signe fort aux électeurs de Trump: le président tient ses promesses.
  • Bannon a compris que pour rester auprès de Trump, il fallait rester discret et encaisser la responsabilité des échecs du président

 

 


Le reste de l’actualité

  • Le Washington Examiner lance « Trump America », un projet sur quatre ans qui suit neuf comtés qui permis la victoire de Donald Trump
  • Portrait du milliardaire de 79ans, James Leprino, le « Willy Wonka » du fromage, qui tient à son anonymat comme à ses recettes de mozzarella, vendues aux trois grandes compagnies de pizza américaines: Domino’s, Pizza Hut et Papa John’s. Il tient son business depuis 60 ans à Détroit et sa fortune estimée à 3 milliards de dollars. – Forbes
  • Trump a appelé le président philippin Rodrigo Duterte et l’a félicité pour la guerre sanglante qu’il mène contre la drogue: « Vous faites un super boulot! » – The Intercept
  • Les décès accidentels d’enfants par armes à feu: 152 recensés ces trois dernières années sont un casse tête juridique pour les autorités. Dans la moitié des cas, aucune charge n’est retenue contre les parents, dans l’autre, la négligence des parents peut aller jusqu’à plusieurs années de prison.
    1,7 millions de jeunes Américains vivent dans des foyers dans lesquels ils ont accès à des armes chargées et non sécurisées – USA Today & AP
  • Richard Garcia, Un flic du Los Angeles Police Department, filmé en train de tabasser un afro-américain en 2014, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, moins que la peine suggérée. Il pourrait réintégrer son poste au sein de la police – Los Angeles Times

Le Kiosque du 23.05.17

 

 

Au sommaire de ce mardi 23 mai 2017

1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né
2. Victoire pour le droit de vote aux USA
3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »
4. Le premier président « Facebook »
5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google
6. les pratiques douteuses de Kushnerland

 


1. « New Foundation for American Greatness »: Un projet mort-né

    • Le contenu de la proposition budgétaire est aussi ambitieux et intenable que le titre pompeux qui lui a été donné: « New Foundation for American Greatness ».
      Selon l’administration Trump, la grandeur de l’Amérique consiste à équilibrer le budget du gouvernement fédéral ces dix prochaines années en réduisant les impôts des plus riches, en limitant les subventions destinées aux populations les plus défavorisées – sauf Medicaid, le programme de santé pour les personnes âgées.
    • Rendre une minorité plus riche et une immense majorité plus pauvre devrait selon les calculs de l’administration, booster l’économie et atteindre un taux de croissance annuel de 3%.
    • Le républicain Paul Ryan, porte parole de la Chambre des Représentants, n’a pas souhaité commenter la « plausibilité » d’une telle croissance de 3%, qui n’a pas été atteinte depuis les années 1990 et qui selon le Congressional Budget Office (CBO) devrait plafonner à 1,9% d’ici à 2021.
    • Mr Mulvaney, directeur de l’Office du Management et du Budget, a défendu un projet soit disant « dédié aux contribuables » car il vise davantage à soulager ceux qui payent les taxes (ceux qui travaillent, cqfd) qu’à se concentrer sur ceux qui les reçoivent.
    • Les chiffres: 3,6 trillions de dollars de réductions des dépenses sur dix ans, dont 1,7 trillions en moins pour les plus défavorisés, et presque 800 milliards de dollars de dépenses en moins pour l’assurance maladie.

2. Victoire pour le droit de vote aux USA

    • Décision importante prise par la Cour Suprême des Etats-Unis lundi concernant le droit de vote aux Etats-Unis rendue possible grâce au ralliement de Clarence Thomas, le plus conservateur des juges à ses quatre confrères libéraux (Sotomayor, Kagan, Ginsburg et Breyer)
    • La Cour Suprême a confirmé l’annulation du découpage électoral de deux districts de Caroline du Nord qu’elle a jugé inconstitutionnel car reposant sur une logique raciale, celle de regrouper des électeurs afro-américains dans quelques districts pour diminuer leur pouvoir électoral sur l’ensemble de l’Etat
    • Le découpage ou « charcutage » électoral à des fins partisanes, ou « gerrymandering » aux Etats-Unis, permet tous les dix ans à la majorité en place dans les législatures d’Etats de redessiner les districts en fonction de l’évolution démographique: Tous les districts doivent avoir le même nombre d’électeurs pour garantir un équilibre électoral.
    • Si la Constitution tolère les logiques partisanes, elle vient d’interdire le découpage racial au nom du 14ème Amendement qui oblige les Etats à offrir les mêmes droits aux citoyens quels que soient leur origine
    • Des nombreux communautés afro-américaines des Etats du Sud ont souffert de ces découpages qui assurent aux Républicains d’assurer une majorité au sein de la législature même s’ils sont minoritaires en nombre d’électeurs.
    • C’est la deuxième victoire des Démocrates de Caroline du Nord après que la Cour Suprême a refusé une demande d’appel visant à renforcer les lois électorales, notamment les conditions d’identification des électeurs, qui touchent généralement les populations minoritaires et pauvres.

3. Op-Ed: « le Rêve de Roger Ailes était mon cauchemar »

  • Tribune de Monica Lewinsky dans le New York Times, qui n’est pas une nécrologie de Roger Ailes mais plutôt « de la culture qu’il a nourrie – une culture qui m’a affectée profondément et personnellement. »

    « Alors que les informations télévisées se transformaient en Colisée moderne, internet est arrivé et a aggravé cette culture de la honte et de haine.
    Rappelez-vous: L’histoire de ma relation n’est pas sortie du Washington Post, du New York Times, ou des réseaux câblés, mais en ligne tout droit sortie du Drudge Report.
    Les commentaires à la télévision et en ligne étaient insoutenables (…) Quelques jours après les révélations [de sa relation avec Bill Clinton], Fox News a demandé à ses téléspectateurs si Monica Lewinsky était une fille normale ou une jeune salope qui aimait les frissons »

     

  • La culture de l’humiliation, celle qui récompense ceux qui s’attaquent aux vulnérables pour rapporter des clics et de l’audience est née à cette époque, et l’affaire Lewinsky a permis à Fox News de se faire connaître des téléspectateurs américains  – elle n’avait que deux ans à l’époque.

    So, farewell to the age of Ailes. The late Fox chief pledged Americans fair and balanced news. Maybe now we’ll get it.

     

  • * « Monica Lewinsky: Roger Ailes Dream Was My Nightmare »The New York Times

4. Le premier président « Facebook »

    • Donald Trump

      « Trump est notre premier président Facebook.
      Son équipe a compris comment utiliser tous les outils marketing de Facebook, et de Google, les deux plus importantes plate-formes au monde pour réussir à vendre un candidat que la majorité des Américains ne voulait pas. »

    • Ils ont compris que certains nombres importaient davantage que d’autres – dans ce cas là, le nombre d’électeurs en colère, qui habitent les campagnes, et qui se sentent laisser pour compte et qui pourraient voter pour Trump – et que Facebook a offert des méthodes efficaces pour les trouver et les attirer vers eux. »
    • « Si cela représente l’avenir des campagnes électorales, ça représente également la façon de gouverner de Trump. »
      Au début des primaires, [le directeur de la campagne numérique de Trump, Brad] Parscale a lancé une opération numérique en achetant pour deux millions de dollars de publicités sur Facebook, la totalité de son budget de l’époque. Il a ensuite rentré tous les supporters connus de Trump dans la plate-forme publicitaire et en utilisant un outil Facebook qui permet de cibler certaines clientèles, a sélectionné les mêmes utilisateurs que ceux enregistrés, selon leur race, genre, ethnies, locations.
    • Grâce à Facebook, et à ses prix relativement bas, la campagne de Trump a été capable d’utiliser des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de différentes campagnes de pub.

5. les thèmes de prédilection de Facebook et Google

  • Facebook & Google dominent à eux deux le trafic internet: il est impossible pour un éditeur de toucher un public sans passer par eux même s’ils n’engrangent que 14% de leur revenus sur les deux plate-formes.
  • Les deux compagnies dominent dans des thèmes différentes:
    • Facebook domine les style de vie, le divertissement, les évènements locaux, les élections présidentielles, crimes, sécurité nationale
    • Google domine dans l’économie mondiale, politique locale, les sports, finances et business et offres d’emplois.



6. les pratiques douteuses de Kushnerland

    • Philip Montgomery for The New York Times

      JK2 Westminster est une société de gestion de biens immobilier qui possède huit mille appartements dans le Maryland, filiale d’une compagnie immobilière new yorkaise bien plus importante, Kushner Companies, dirigé par un jeune homme de 35 ans, Jared Kushner, qui l’a hérité de son père Charles, qui l’a lui-même hérité de son père, un survivant de l’holocauste, Joseph, qui a fait fortune dans cette industrie après son arrivée aux Etats-Unis à la fin de la guerre.

    • Comme Trump, la famille Kushner a commencé modestement: Joseph gérait de petites habitations abordables dans le New Jersey, Charles a investi dans des espaces industriels et commerciaux et enfin l’héritier, Jared, a déplacé ses intérêts vers New York à travers deux transactions immobilières très rentables à Manhattan et à Brooklyn en 2011.
    • Kushner Companies a décidé de continuer à investir dans de plus petits projets, plus abordables, dans une douzaine de villes de la Rust Belt et JK2 Westminster dispose aujourd’hui plus de 20 000 appartements.
    • Dans le Maryland, JK2 Westminster Management a déposé 548 plaintes en cours contre ses locataires pour impayés, dont certains précèdent l’acquisition de Kushner, sans compter celles qui ont été réglées.
      Neuf fois sur dix, les juges ont plaidé en faveur de la compagnie, et ces pratiques qui visent à collecter, parfois de manière injustifiée, des remboursements, sont utilisées dans d’autres complexes immobiliers des Kushner.
    • « Quel est l’intérêt pour les compagnies Kushner de poursuivre des centaines de personnes de manière si agressive pour quelques milliers de dollars, qui passent en frais d’avocats? Pour envoyer un message aux nouveaux locataires de ne pas essayer de ne pas payer.
    • La réaction des locataires ou anciens habitants en apprenant qu’il s’agit de Jared Kushner, le gendre du président: « Ce Jared Kushner? Oh mon dieu, et moi qui pensait que c’était le gentil »

Photos: La vie dans une capsule à remonter le temps

Article du Wall Street Journal sur cette tendance dans l’immobilier qui consiste à vendre des maisons dans l’état initial dans lequel elles ont été construites, pur produit des années 60 ou 70 avec la mode de l’époque.
De belles photos
* « Life Inside a Time Capsule » – The Wall Street Journal

Le kiosque du 30.04.17

 

 

  • Le danger Facebook

    Facebook est devenue une « force politique et culturelle mondiale » avec deux milliards d’utilisateurs mensuels, et 1,2 milliards quotidiens.
    C’est l’entreprise d’informations la plus large et la plus influente au monde avec « une audience plus importante que n’importe quel réseau de télé américain ou européen, que n’importe quel journal ou magazine ou site d’info du monde occidental ».

     
    C’est aussi la plus grande force mobilisatrice en politique. 
     
    Pourtant, au cours de l’année 2016, le réseau social est devenu un dangereux « vecteur de désinformation » qui a renforcé les « bulles partisanes », créé « un environnement médiatique propice à l’élection de Donald Trump » et bouleversé la Silicon Valley qui est passée « en l’espace de quelques mois d’une ville politiquement désengagée à un centre de résistance contre Trump ».
     
    Comment expliquer et empêcher cela?
     
    Les ingénieurs de Facebook se sont moins intéressés au contenu du fil d’information des utilisateurs – au coeur de problème – qu’aux aux résultats quantifiables des actions des internautes sur le site – la conséquence – car
    l’objectif final est d’identifier ce qu’ils veulent, ce qui méritent leur attention et de continuer à leur en donner.

     

    Quant aux solutions à apporter contre « la mésinformation »- ce climat diffus de rumeurs, de propagande et de théories du complot dont est responsable Facebook – pourrait l’obliger à faire quelque chose qu’elle n’a jamais fait: ignorer les likes et dislikes de ses utilisateurs.

     
    * « Can Facebook fix its own worst bug » – The New York Times magazine

***

  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     

    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».

     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)

    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)

    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.
    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

***

 

  • Thou Shalt Not Kill

    L’Histoire d’une jeune fille adoptée qui découvre que son père biologique est dans les couloirs de la mort, et qui décide malgré tout de construire une relation avec lui: L’homme n’a rien à voir avec le crime odieux commis vingt ans plus tôt (le viol et le meurtre de deux femmes à quelques années d’intervalles).
     
    Gina Grimm n’a pas été autorisée à assister à l’exécution de son père qui a eu lieu lundi dernier dans le Cummins Unit du centre pénitentiaire d’Arkansas. Il est l’un des huit condamnés à mort que le gouverneur Asa Hutchinson voulait voir exécuter en dix jours avant la fin du mois d’avril, date à laquelle l’une des drogues utilisées pour l’injection létale expirait – seulement quatre d’entre eux ont été exécutés. 

     
    La mort de Mme Grimm a pris plus de temps que prévu à du surpoids de Mr Jones Jr, plus deux cent kilos et un problème avec le seringue qui aurait été mal introduite.
     

    Sur la route de Little Rock [capitale de l’Arkansas] plus tard dans la journée, Grimm a ressenti une pression sur la poitrine, une profonde angoisse dont elle n’a pas réussi à se libérer. Elle est contente d’être venu en Arkansas pour dire au revoir à son père. Plus inattendu, elle s’est liée d’amitié avec une communauté de militants [contre la peine de mort] dont elle ne connaissait pas l’existence.
    Mais même les messages de ses amis et de sa famille [adoptive] n’ont pas réussi à la calmer ce jour là.
    Tout ce qu’elle voulait c’est rentrer chez elle le plus tôt possible pour retrouver ses enfants et essayer de commencer son deuil.
    « J’ai juste besoin d’être dans un endroit normal »

     
    * « How a Daughter’s Search for her biological father led her to an execution in Arkansas » – The Intercept

***

 

  • La plus grande bibliothèque du monde 

    meshaphoto / Getty / Konstantin Orlov / Shutterstock / Katie Martin / The Atlantic

    The Atlantic s’intéresse au projet grandiose entrepris par Google en 2002 qui visait à scanner la plus grande collection de livres au monde, des millions d’ouvrages empruntés aux bibliothèques des universités du Michigan, De Harvard, du Congrès américain.
    Dix ans plus tard, « Project Ocean » a numérisé 25 millions de livres pour un coût estimé à 400 millions de dollars grâce « un exploit technologique et logistique »: Des dizaines ingénieurs ont mis au point des stations automatisées capables de scanner mille pages par heure…

     
    En août 2010, Google a annoncé qu’il existait 129 864 880 livres dans le monde et qu’ils allaient tous les numériser pour les rendre disponibles dans un moteur de recherche appelé Google Book Search.
    Jusqu’à ce que les écrivains et éditeurs aient vent du projet et immédiatement dénoncé une violation des droits d’auteur à une échelle mondiale.
     
    Le projet de Google était au départ de recenser uniquement tous les livres, titre, auteur, date de publication et d’ ajouter un court extrait dans une base de données et s’est transformé en une numérisation de masse, sans demander au préalable le droit de copier. 

     
    La possibilité de donner une seconde vie aux livres en ligne représentait à la fois une formidable opportunité financière pour les auteurs et éditeurs, mais quid des anciens ouvrages, de ceux qui appartiennent ou non au domaine public?
    L’accord Google Book Search qui offrait un accès illimité de ses ressources aux bibliothèques, reversaient une partie des bénéfices aux écrivains et éditeurs, et un retour sur investissement pour Google mais donnait aussi à la compagnie le monopole de l’industrie de l’édition numérique et un pouvoir illimité sur la « connaissance: en général.
    L’accord n’est jamais passé et Google dispose aujourd’hui d’une banque de données de 25 millions de bouquins inutilisables.

     
    * « Torching the Mordern-Day Library of Alexandra » – The Atlantic

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  • L’homme le plus malchanceux au monde

    26 mars 2016, Otto Warmbier entouré de deux officiers nord coréens (AP Photo/Jon Chol Jin)

    Otto Warmbier, originaire de Cincinnati dans l’Ohio, était en première année à l’Université de Virginie, lorsqu’il est parti visiter la Corée du Nord, avec une trentaine d’autre jeunes étudiants originaires du monde entier, encadré par un tour operateur spécialisé dans les régions à risques (Afghanistan, Tchernobyl, Turkménistan,…). Le « New Year’s Party Tour » s’est déroulé sans problème pendant cinq jours jusqu’au départ à l’aéroport de Pyongyang où le jeune homme de 21 ans a été arrêté pour, selon les autorités nord-coréennes, « avoir perpétré un acte hostile contre la RPDC [La République populaire démocratique de Corée].
     
    Six semaines plus tard, il a été condamné lors d’un semblant de procès à quinze ans de travaux forcés après avoir admis son crime: avoir essayé de voler des pancartes de propagande dans son hôtel.

    Il est emprisonné dans une location tenue secrète depuis 482 jours et « le monde semble l’avoir oublié » même si le Département d’Etat affirme que « le gouvernement américain cherche à assurer sa libération ».
     
    Certains experts pensent qu’il pourrait être utilisé comme un bouclier humain contre les menaces américaines et son sort dépend aujourd’hui des relations entre les Etats-Unis et la RPDC.
    En attendant il pourrait subir le même sort des 120 000 autres prisonniers nord-coréens condamnés à travailler 12 heures par jour dans des goulags.

     
    * « Otto Warmbier has been a prisoner of North Korea since the start of 2016. Has America forgotten him? » – Time

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  • Les unes du dimanche 30 avril 2017

Le kiosque du 11.04.17

 

  • New York, bientôt le premier Etat offrir l’université gratuite

    La proposition avait été lancée conjointement par Bernie Sanders et Andrew Cuomo en janvier dernier: Offrir une bourse d’études à tous les New Yorkais acceptés pour un cursus de quatre ans dans un « community college » ou une université d’Etat (CUNY and SUNY dans l’Etat de New York) et dont les familles gagnent moins de 125 000 dollars par an.
     
    C’est la bourse « Excelsior »  que l’Etat a accepté a inclus dans son budget de 153 milliards de dollars qui doit être voté prochainement dans la capitale, Albany.

     

    Cette bourse est l‘une des idées plus populaires du parti démocrate et promeut un mouvement bipartisan qui vise à réduire le coût de l’enseignement supérieur qui prend forme un peu partout dans le pays.

     
    Le programme commencerait en septembre prochain pour les familles qui gagnent en dessous de 100 000 dollars puis à la rentrée 2018 pour celles qui gagnent 110 000 dollars et enfin 2019 pour celles qui gagnent en dessous de 125 000 dollars.
    Presque un million de familles serait qualifiées pour ce programme.

    Le budget moyen d’une année dans un Community College de New York est de 4 350 dollars contre 6 470 dollars pour l’Université de New York.
    L’institut Upjohn a recensé 85 initiatives comme celles-ci notamment dans le Tennessee, Oregon et le Minnesota.
     
    * « NY Could become the largest state to offer tuition-free public higher education »  – The Washington Post

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  • Le plan d’infrastructures de Trump est mal parti?

    Certains CEO des plus grandes entreprises américaines ont tiré la sonnette d’alarme cette semaine sur la situation de l’économie américaine dont la croissance pourrait être la lente de celle des pays du G7 si le président n’agit pas rapidement et avec succès.

     
    Cette semaine le président s’attaque à un autre grand projet de son programme, celui des infrastructures dont le budget est estimé à un trillion de dollars et qui nécessite un soutien des Républicains et des Démocrates pour passer – ce sur quoi il a échoué pour l’American Health Care Act.
     
    L’idée est de « reconstruire l’Amérique » à travers les réseaux de communication en piteux état du pays: Routes, ponts, tunnels, chemins de fer et aéroports, le tout financé par le budget fédéral … dont la proposition finale devrait être présentée en mai.
    En attendant, le second grand projet du gouvernement rencontre différentes oppositions et interrogations

    • Les Démocrates craignent que le projet étalé sur dix ans soit d’abord  financé des réductions d’impôts aux entreprises avant d’être un stimulus pour la création d’emplois
      + Ils n’ont pas nécessairement besoin de coopérer avec lui étant donné sa faible popularité dans les sondages.
    • Les Républicains: Tout ce qui touche à des dépenses fédérales et une augmentation de la dette de l’Etat est sacrilège pour le Grand Old Party surtout que le Congrès à passé fin 2015 une « transportation bill » de 305 milliards de dollars.
    • Ou trouver l’argent? Rappelons qu’il faut déjà le mur …
    • Immigration vs Infrastructures: Les plus grands besoins en terme d’infrastructures sont dans les villes de New York, Los Angeles, Boston, Chicago, San Francisco, Baltimore, Washington qui se sont déclarées des « cités sanctuaires » et sont donc susceptibles de voir leurs subventions coupées.
       
      * « Why Trump’s $1 trilloin infrastructure plan could wind up in a ditch » – Politico
      * « Two of Wall Street’s Biggest Names Are Souding the Alarm on the U.S. Economy » – Bloomberg

     

 

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  • Breitbart interdit de critiquer Kushner

    Ce weekend, Donald Trump a tapé du poing sur la table et a exigé que ses deux plus proches conseillers, Steve Bannon, le populiste-nationaliste pro-« America First », et son gendre, le libéral new yorkais Jared Kushner arrêtent de se tirer dans les pattes et de s’agresser par médias interposés … sinon les jours de Steve Bannon seront comptés – On ne touche pas à la famille chez les Trump.
     
    Résultat? Selon Business Insider, la consigne aurait circulé dans la rédaction de Breitbart, dont Steve Bannon est l’ancien président, d’arrêter de critiquer Jared Kuchner, qui devenu la cible du site alt-right depuis plusieurs semaines.
    Même si le rédacteur en chef, Alex Marlow, affirme être rarement en contact avec Bannon, trop occupé à la Maison Blanche, il semblerait que la ligne éditoriale du site soit toujours sous sa coupe .

     
    * « Breitbart Editors tell Staffers to stop writing stories critical of Jared Kushner, sources say » – Business Insider

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  • Facebook, toujours plus à gauche

    Victoire de Donald Trump oblige, la résistance est passée à gauche ces cinq derniers mois, malgré une mobilisation toujours importante de la droite, et elle n’a jamais été aussi mobilisatrice comme en témoigne ce graphique des « engagements » recueillis par les pages plutôt à gauche (« left leaning ») comparées à celles plutôt à droite (« right leaning »)
     
    Les pages les plus populaires sont  Occupy Democrats (6 millions d’abonnés) puis Stand Up America (1 million d’abonnés), Numbers USA (6,7 millions d’abonnés) et The Other 98% (4,7 millions d’abonnés)
     

     
    Ces chiffres montrent également que les pages Facebook ont tendance à davantage rassembler les internautes que celles des médias.

    Selon Sara Fisher de Axios, c’est important car

     

    Facebook est un outil intéressant pour observer l’émergence de mouvements politiques. Son rôle dans le militantisme ne va cesser de grossir. Les nouveaux instruments, comme l’appel à l’action, l’appel de fonds, contacter des représentants élus, combiné avec les outils traditionnels, comme les invitations de masse, rend plus facile la prolifération de groupes politiques sur Facebook

     
    * « Left Rising on Facebook » – Axios

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  • Les résultats du Pulitzer

     

    Les journaux ont vraiment volé la vedette, des géants nationaux (3 pour le New York Times) et régionaux aux petits détracteurs locaus comme East Bay Times, The Charleston Gazette-Mail, The Salt Lake Tribune et The Storm Lake Times. C’est remarquable parce que non seulement parce que les lauréats de ces dernières années étaient en ligne, mais aussi parce que cela réaffirme le sens de la mission et l’importance que le papier représente durant cette présidence, après s’être battus pendant une décennie contre l’effondrement de leur modèle d’entreprises.

     

    • Public Service
      New York Daily News & ProPublica « pour avoir découvert les abus des règles d’évictions de la police pour virer des centaines de gens, la plupart des minorités« 
      Un ensemble d’articles qui s’étend de février à novembre 2016
    • Actualités
      East Bay Times de Oakland pour « sa couverture de l’incendie du « ghost fire » qui a tué 36 personnes dans une soirée, et l’enquête qui a montré l’échec de la ville à prendre des décision qui auraient prévenu de drame ».
      Reportages du 3 au 11 décembre 2016
    • Reportage d’investigations
      Eric Eyre de Charleston Gazette-Mail sur « l’enquête courageuse qui a exposé le flux d’opiacés qui a inondé la Virgine Occidentale et qui est devenu le comté avec le plus important taux de mortalité du pays »
      « 780M pills, 1 728 morts » + « Pill rules not enforced » + « Drug Firms fueled ‘pill mills’ in rural W.Va »
    • Enquête locale
      « The Salt Lake Tribune Staff pour ses reportages sur le traitement pervers, punitif et cruel donné aux victimes d’agressions sexuelles à Brigham Young University, l’une des institutions les plus puissantes de Virginie ». A lire ICI
    • Enquête Nationale
      David Fahrenthold du Washington Post pour son enquête sur les sommes que Trump n’a pas versé aux oeuvres de charité pendant la campagne présidentielle
    • Enquête Nationale
      Le New York Times pour son enquête sur Vladimir Poutine et ses projets d’influence à l’étranger
    • Photographie
      E.Jason Wambsgans du Chicago Tribune pour le portrait d’un jeune garçon de dix ans et de sa mère pour reprendre une vie normale
    • Breaking News Photography 
      Daniel Berehulak, photographe freelance pour son travail sur la répression du président Duterte aux Philippines.
    • Commentaires:
      Peggy Noonan, la journaliste conservatrice du Wall Street Journal qui a détecté très tôt la victoire de Trump.
      * « Here are the Winners of the Pulitzers Prizes » – Poynter

 

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Cover Roman Genn

Mardi 14 mars: Trumpcare, le coup de grâce – Arrêtez cette Conwaymania! – Scandale chez les Marines

 

  • Coup de massue pour l’American Health Care Act

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe hier après midi: Le CBO, le « Congressional Budget Office », le bureau du Budget du Congrès américain, une agence fédérale non-partisane, a rendu lundi son rapport très attendu sur les retombées de l’American Health Care Act, le remplaçant d’Obamacare: 24 millions d’Américains perdraient leur couverture maladie avec Trumpcare d’ici 2024 et 14 millions ces dix prochains mois.

    Seule bonne nouvelle, c’est que le plan permettrait de réduire la dette du gouvernement de 356 milliards de dollars –  a peu près la moitié de la somme que les 0,1% d’Américains devraient recevoir en réductions d’impôts sur dix ans grâce à Trumpcare (600 milliards de dollars).

    * CBO Cost Estimate – American Health Care Act – 13 mars 2017

    (Sources: U.S. Census Bureau, Congressional Budget Office)

    Le CBO a également noté que la suppression pour un an des subventions fédérales de Planned Parenthood, le plus grand service de planning familial aux Etats-Unis, entraînerait des milliers de grossesses, surtout dans les foyers les plus défavorisés et les communautés qui n’ont aucune couverture maladie.
    Le gouvernement entend réduire les dépenses de Medicaid, le programme fédéral d’assurance santé destiné aux plus défavorisés, d’environ 178 millions de dollars en 2017 mais le coût des dizaines de milliers de naissances supplémentaires, couvertes par Medicaid, couteraient autant à l’Etat, qui devra également assurer la plupart des nouveaux nés.

    Les Conservateurs veulent supprimer les subventions de Planned Parenthood sous prétexte que l’organisation défend le droit à l’avortement et le finance – des services qui représentent seulement 2% du budget total de Planned Parenthood qui n’est pas financé par les subventions du gouvernement.

    * « CBO: Defunding Planned Parenthood would lead to Thousands more births » – Washington Post

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  • Partager votre désastreuse expérience avec Obamacare

    Le principal argument de vente de Trumpcare, pour la Maison Blanche et les Républicains, c’est que le plan est censé remplacer quelque chose d’encore pire, Obamacare – ce, malgré les revendications de centaines de milliers d’Américains, pour la plupart des électeurs de Trump, partout dans le pays, qui veulent garder leur assurance maladie.
    La stratégie de la Maison Blanche est un matraquage publicitaire qui vise à discréditer Obamacare, « un échec complet », « un désastre ».

     

    Hier Donald Trump a reçu dans le bureau ovale des « victimes » du programme d’assurance santé mis en place par son prédécesseur.
    La Maison Blanche est même allée jusqu’à envoyer un email à ses abonnés en leur proposant de partager l’expérience désastreuse: « Obamacare a gonflé les prix et réduit les options pour des millions d’Américains. Comment avez été touchés? »
    Aucune mention des vingt millions d’Américains qui ont réussi à décrocher une couverture maladie grâce à Obamacare.

    Trumpcare devrait passer par la Chambre des Représentants d’ici la fin de la semaine mais a peu de chances d’être validée par le Sénat si des changements drastiques ne sont pas opérés sur le plan.

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  • Arrêtez d’inviter Kellyanne Conway sur les plateaux!

    La « wackadoo » de la Maison Blanche, celle qui s’invite sur toutes les chaînes d’infos presque chaque semaine pour raconter n’importe quoi, créer le buzz, susciter l’indignation et moqueries des journalistes pour finir la journée à la tête des tendances de Twitter, est revenue à la charge hier.

     

    CNN

     

    Kellyanne est officiellement la conseillère de Donald Trump mais contrairement à Jared Kuchner ou Steve Bannon, ne participe ni aux meetings importants, encore mois aux prises de décisions, et n’a une connaissance que très limitée de ce qui se passe à la Maison Blanche.
    Dimanche et lundi matin, elle est passé sur ABC News, NBC News et CNN pour discuter des accusations très sérieuses lancées par Donald Trump contre Barack Obama.
    Ses réponses? vagues, absurdes (l’administration aurait pu utiliser des micro-ondes pour espionner Trump), hors sujet (elle répond souvent en bifurquant sur un autre sujet) avant de finalement reconnaître que « non elle n’a aucune preuve des allégations [du président].

    La semaine dernière, elle avait affirmé bec et ongles que les allégations selon lesquelles Trump avait été mis sur écoutes étaient basées sur des « renseignements » obtenus par la Maison Blanche.
    Lundi devant l’insistance de certains journalistes à lui faire son ignorance de la situation, Trump est partie la défendre

    Tweeter

    Ce genre de cirque médiatique hebdomadaire est difficile à comprendre, non pas de la part de Mme Conway qui fait son boulot mais des chaînes télé qui continuent à l’inviter sachant qu’elle n’apportera rien au débat. Ces émissions devraient prendre exemple sur Morning Joe diffusée le matin sur MSNBC qui décidé de ne plus la recevoir à cause de ses mensonges à répétition – quite à faire d’audience.

    * « Conway suggests Obama bugged Trump using microwaves. Things went downhill from there » – ThinkProgress

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  • Aucune preuve des écoutes du président

    Donald Trump et même Mme Conway sont des manipulateurs hors pair, et ont presque réussi hier à noyer l’information principale: Le président n’a apporté aucune preuve sur les accusations de mise sur écoute dont il aurait été victime de la part de l’administration Obama pendant la campagne présidentielle.
    Comme la plupart des médias l’avaient dénoncé très tôt, c’était une tentative désespérée de détourner leur attention des relations problématiques entretenus par ses proches avec des officiels russes.
    Sean Spicer, le porte parole de la Maison Blanche a essayé hier en conférence de presse de convaincre les journalistes présents que le président avait voulu dénoncer la « surveillance généralisée » mise en place par l’ancienne administration pendant la campagne présidentielle sur certains de ses proches et en parlant de « l’écoute de ses conversations téléphoniques ».
    Risible.

     

     

    Hier, le Département de Justice, qui n’avait jamais condamné les propos de Donald Trump, malgré les demandes officielles du FBI, a demandé un délai supplémentaire pour apporter à la commission parlementaire en charge du renseignement les preuves de ces accusations, qui seraient tout droit sorties d’un article de Breitbart.
    Cette dernière lui a donné une semaine.
    Un porte parole du député républicain Devin Nunes, président de cette commission, a suggéré que l’administration pouvait être assignée à comparaître si ces questions n’étaient pas résolues.

    * « Justice Department asks for more time to collect evidence on wiretap claims » – CNN
    * « Spicer: Trump didn’t mean wiretapping when he tweeted about wiretapping » – CNN

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  • Scandale chez les Marines

    Samedi 4 mars, le site d’information militaire, The War Horse, a révélé l’existence d’une page privée Facebook « Marines United » utilisée par 30 000 abonnés pour partager des photos intimes de leurs collègues féminines – des clichés pris à leur insu, revenge porn – accompagnées de leurs noms, rangs et lieu de travail. Plusieurs centaines de ces Marines font aujourd’hui l’objet d’une enquête du Département de la Défense.
    Le partage de ces photos a commencé au début de l’année peu après le recrutement de femmes dans le Premier Régiment d’infanterie de Marines.

    Les représentants du Département de la Défense ont fermement condamné ces actions « qui entachent la réputation de l’ensemble des Marines ».

    Quelques uns des 55 Marines recensés par Thomas Brennan, le journaliste et ancien Marine qui a révélé l’affaire, ont été mis à pied mais par les 55 recensés. Ce dernier a depuis reçu des menaces de mort des membres du groupe Facebook selon le Washington Post.
    Le partage des photos a recommencé au mois de février sur une autre page Facebook, fermée à nouveau, puis sur une autre, alimentées par des Marines postés un peu partout dans le monde, qui n’éprouvent semble-t-il aucun regret, ni aucune crainte de sanctions/

    Malgré les appels à témoin de la direction du corps de Marines, soutenu par le Secrétaire de la Défense, Jim Mattis, seulement dix femmes auraient rapporté avoir été victimes de harcèlement sexuel.

    * « Hundred of Marines investigated for sharing photos of naked colleagues » – Reveal News
    * « How the Marine Corps’ widening nude photo scandal has spread throughout the military » – The Washington Post
    * « Harassed online, She remains Determined to Enlist in the Marines » – New York Times

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