19.10.17

 

1. « Go Home, racist! »

 

 

  • Richard Spencer, le nazillon en noeud pap, leader autoproclamé du mouvement « alt-right » (dont il a déposé le nom il y a une dizaine d’années) qui connaît un regain d’attention depuis l’élection de Trump et promeut sans complexe, et quel qu’en soit le prix, la supériorité de la race blanche – c’est lui la marche aux flambeaux à Charlottesville en mai et en août pour protester contre le déboulonnage de la statue d’un confédéré – a décidé de donner jeudi un discours à l’université de Floride. Si d’autres établissements américains ont déjà refusé de le recevoir, essentiellement pour des raisons de sécurité car le Premier Amendement les oblige normalement les établissements publics à fournir une plateforme à quiconque voudrait s’exprimer, l’université a accepté d’accueillir le provocateur, débourser 600 000 dollars en renforts de sécurité et obligé le gouverneur de l’Etat à décréter l’état d’urgence dans le comté de Alachua, où est situé le campus. – 
    * Les Kiosques du 23.01.17 et du 27.06.17 & FoxNews

     

    M. Spencer dépend de l’indignation publique pour renforcer sa stature aux yeux de ses abonnés et des médias d’information – The New York Times           

 

  • Même si les autorités ont mis en garde les étudiants de ne jouer le jeu de Spencer, ils ont été des centaines à manifester leur désaccord jusque dans la salle de conférence où l’intéressé, qui devait s’exprimer, a été chaleureusement aux chants de « Go Home, nazi! ». Même s’il n’y a pas eu de violence, Spencer a réussi son coup de pub. Miami Herald

 

2. Trumplandia

 

 

  • Le général Kelly est venu à la rescousse du président cet après midi en critiquant la parlementaire démocrate, qui a rapporté les « condoléances inappropriées » (« Il savait à quoi s’attendre ») de Trump à l’une des veuves des quatre soldats américains morts au Niger début octobre en évoquant la perte de son fils, tombé au combat en 2010: « Kelly est devenu l’autorité morale de cette administration »
  • C’est depuis cette nouvelle polémique que les médias tentent d’en savoir un peu plus sur l’embuscade dans laquelle est tombée la brigade des « 12 bérets verts » lors d’une session d’entraînement avec les troupes nigériennes, considérée « sans risque » par les services de renseignements américains. Ils étaient une cinquantaine d’assaillants appartenant à un groupe terroriste proche de Daech. – Axios
  • La politisation du drame a déjà commencé avec de nombreux articles consacrés à l’un des soldats décédés, La David Johnson alors que certains Démocrates parlent déjà du « Benghazi de Trump » – Miami Herald

 

  • Trump s’est entretenu avec plusieurs prétendants aux positions de procureur fédéral de l’Etat de New York (Southern, Northern et Western), là où est basée la Trump Organization. Une démarche inhabituelle qu’il avait déjà fait pour la position de procureur fédéral du District de Columbia. Ce sont ces juridictions qui auront l’autorité pour agir suivant les résultats de l’enquête de Bob Mueller qui tente de déterminer sur des collusions ont eu lieu entre l’équipe de campagne de Trump et la Russie pendant les élections présidentielles. Même si c’est le président qui nomme les procureurs qui doivent être approuvés par le Sénat, beaucoup de démocrates ont critiqué l’initiative du président. – Politico 

 

 

 

Réguler la publicité politique sur les médias sociaux: Duh!

  • Au fur et à mesure que les parlementaires apprennent comment les Russes ont utilisé Facebook et Twitter pour propager de la désinformation et lancer des débats polémiques et incendiaires favorables à la rhétorique du candidat républicain durant les élections présidentielles, certains d’entre eux veulent qu’il soit désormais possible d’identifier tous ceux qui achètent de la publicité politique en ligne, monopolisée à 85% par … Facebook et Google.
    La loi « Ads Honest Act » est proposée par deux sénateurs démocrates et un républicain, John McCain.
     

    Depuis 2006, la plupart des activités politiques en ligne ne sont soumises à aucune régulation contrairement à celles diffusées à la radio, la télévision ou imprimés qui le sont depuis des années

     
    La nouvelle loi obligerait Facebook et Google à divulguer les informations à la commission responsable des élections sur qui paye pour promouvoir du contenu politique en ligne. Ce qui semble couler de source pour plus de transparence dans le fonctionnement démocratique ne l’est pas pour beaucoup, notamment Matt Drudge, du Drudge Report: « Quand tu pensais que DC ne pouvait par être plus autoritaire »

    * « Senators Demand Online Ad Disclosures as Tech Lobby Mobilizes » The New York Times

 

 

 

Fema: un effort bâclé?

 

  • Devant l’immensité des dégâts causés dans le sud des Etats-Unis par les ouragans Harvey, Irma et Maria l’Agence fédérale des Situations d’urgence (FEMA) a dépensé plus de 2,2 milliards de dollars en contrats avec des dizaines d’entreprises pour qu’elles commencent le plus rapidement à nettoyer, réparer, reconstruire mais aussi fournir des logements d’urgence, de l’eau et de la nourriture aux victimes. Dans certains cas, la FEMA a été incapable de procéder à un appel d’offres et a choisi des compagnies « peu fiables » à l’instar de Composite Analysis qui a reçu 215 millions de dollars pour fournir des bouteilles d’eau à la population, alors qu’elle a bâclé la même mission en 2005 pour Katrina, selon des associations. Une autre compagnie, Gibbco LLC, qui emploie cinq employés, a engrangé 200 000 dollars de profits l’année dernière et a son siège social dans la maison d’un quartier résidentiel de Longwood en Floride, a reçu 74 millions de dollars pour construire des mobil-homes destinés aux victimes de Harvey.*« FEMA is spending billions and some Questionable Companies Are Getting Word »Businessweek

 

 

 

L’autre « open secret de Hollywood »

 

  • On ne le prend plus trop au sérieux depuis qu’il est devenu un acteur D-list de Hollywood, reconverti en chanteur mystique, mais Corey Feldman a été l’un des enfants stars les connus et les plus prolifiques de Hollywood dans les années 80 avec des films cultes comme The Goonies, Stand By Me et ceux tournés en tandem avec son meilleur ami, Corey Haim (The Lost Boys).
  • Depuis des années Corey Feldman dénonce les abus dont les deux auraient victimes enfants: « Il a toujours affirmé que la pédophilie est le pire problème à Hollywood et que c’est ce qui a tué son meilleur ami, Haim », décédé d’une overdose à l’âge de 29 ans, mais a toujours refusé de « citer des noms », à cause des délais de prescription qui empêchent toute enquête – c’est qui permet à Weinstein de ne pas aller en prison pour le moment.
  • Brian Singer, le fameux réalisateur des X-Men, a souvent été accusé d’agressions sexuelles sur des garçons dans ses soirées libertines mais n’a jamais été inculpé.
    * « Hollywood’s other ‘Open Secret’ Besides Harvey Weinstein: Preying on Young Boys »The Daily Beast

 

 

 

On vit une époque formidable

 

  • Chaque année, Starbucks dévoile son gobelet des fêtes (Halloween, Thanksgiving et Noël) et chaque année on a droit à une nouvelle polémique: Trop décoré (2016) ou pas du tout (2015), pas assez festif (2013/14), avec bonhomme de neige (2011/12) ou sans (2009). – E Online
    Cette année, un employé de la compagnie a révélé en avance le nouveau design et … surprise! Il a un fond blanc.

    Reddit

     

  • I, TONYA : Le film sur la patineuse artistique Tonya Harding (et sa rivalité avec Nancy Kerrigan) avec Margot Robbie! Je dis oui 

     

  • « L’armée doit gérer une recrudescence d’affaires dans lesquelles les troupes chargées de lutter contre les agressions sexuelles ont été accusées de viol et autres crimes, ce qui contredit les déclarations du Pentagone qui affirme avoir fait des progrès contre les violences sexuelles dans ses rangs » – The Washington Post

 

  • Le conducteur d’un semi-remorque dans lequel ont été retrouvés enfermés une trentaine d’immigrés illégaux, dont dix étaient morts de déshydratation, cet été dans un parking d’un grande surface de Houston, a reconnu fait les faits encourt la prison à vie. – The Intercept

 

  • Les Los Angeles Dodgers se sont qualifiés pour les World Series, la finale du championnat de baseball américain, pour la première fois depuis 1988, contre les Cubs de Chicago, vainqueurs l’année dernière. Ils rencontreront soit les Yankees de New York, soit les Astros de Houston.

 

 

La couverture du Jour

 

15.10.17

 

1. « The Unexpected Addict »

 

 

  • Le 03 août dernier, le Birmingham News lançait sur son site internet un appel pour localiser des proches d’April Nicole Carpri, une femme de 34 ans, dont le corps, retrouvé mort chez elle trois semaines plus tôt dans la ville de Elsen, était disponible pour être enterré.
    Deux mois plus tard, elle est en une du même quotidien d’Alabama sous le titre « The Unexpected Addict » ou « comment l’héroïne a détruit une conseillère en toxicomanie ».
     

    Ses amis ont toujours du mal à comprendre comment Capri a terminé dans une tombe anonyme. Il y a seulement quatre ans, cette diplômée de l’Université d’Alabama avait un métier, une maison en banlieue, un mari et un enfant. Elle a tout perdu à cause de l’héroïne alors qu’elle a réussi à ce que de nombreux patients en décrochent. Carpri est l’une des 150 personnes mortes cette année dans le comté de Jefferson d’une overdose de drogue. La plupart causée par de l’héroïne ou du fentanyl, un puissant opiacé de synthèse.

    * « The Unexpected Addict: How Heroin destroyed an Alabama drug counselor » – The Birmingham News

 

  • Une énième de l’épidémie d’opiacés qui frappe le pays depuis des années et provoqué la mort de 62 000 en 2016.

 


2. Facebook et la démocratie américaine

 

 

  • L’introduction de Mike Allen/Axios avant son interview avec la COO du groupe, Sheryl Sandberg en dit long:
     

    L’histoire de la décennie ressemble à un roman: Un ennemi des Américains a cherché à manipuler notre écosystème de médias sociaux, qui n’est soumis à aucune régulation, pour tenter d’influencer le cours des élections et faire élire comme président une ancienne star de la télé-réalité, obsédée par Twitter – dans ce qui restera l’une des plus grandes surprises de l’histoire des Etats-Unis.

 

  • The Atlantic prend le relais avec une excellente analyse de ce que « Facebook a infligé à la Démocratie américaine » et « pourquoi ce phénomène était si difficile à anticiper ». Plusieurs facteurs entrent en jeu:
    Dès 2012, une étude a montré qu’une initiative de Facebook (« Get out the Vote » qui visait à inciter les jeunes à voter) pouvait avoir des répercussions électorales importantes, surtout dans le cadre du collège électoral des Etats-Unis dans lequel un petit nombre d’Etats ont un impact disproportionné sur le résultat à l’échelle national. Même si la compagnie s’est toujours défendue d’être neutre et de ne pas utiliser ses produits pour influencer le vote des électeurs, d’autres s’en sont chargés à leur place.

    Le fil d’informations de Facebook qui fonctionne comme un « journal personnalisé » empêche les internautes de confronter leurs opinions à celles différentes des leurs ce qui tend à créer une « bulle de filtrage » qui rend impossible tout débat national. L’équipe de Trump en charge de la campagne numérique a brillamment utilisé ces deux facteurs: Elle a dépensé 70 millions de dollars de publicités sur Facebook lors des quatre derniers mois de campagne, en diffusant des centaines de milliers de pages d’informations et de désinformations, destinés à des populations ultra-ciblées – qui les a rendu difficile à identifier. Sachant que Facebook est aujourd’hui le leader dans la distribution d’informations, l’impact a été total.
     

    Le problème n’est pas qu’un Républicain ait battu un Démocrate, c’est est que les fondements du système électoral – les nouvelles que les gens voient, les évènements auxquels ils croient, les informations qu’ils lisent – ont été déstabilisés.

    * « What Facebook did to American Democracy » – The Atlantic

 

 


L’économie du Dollar Store

 

  • Dans un pays de plus en plus fracturé économiquement entre les grandes villes et les côtes riches et dynamiques et l’intérieur pauvre, déserté et malade, les « dollar stores », ces grandes surfaces à très bas prix, apparaissent un peu partout dans les régions les plus défavorisées, les zones rurales de l’intérieur du pays, comme Dekatur, une petite ville de mille habitants située dans l’Arkansas, où même Walmart, la plus importante chaîne de supermarchés à du fermer ses portes.
    Les deux chaînes les plus importantes, Dollar General, (14 000 magasins à travers les Etats-Unis) et Dollar Tree (plus de treize mille enseignes) dépassent à elles deux les 22 375 magasins de CVS, Rite Aid et Walgreens, les plus grandes chaînes de pharmacies américaines.
     

    « Les dollar stores parient sur le fait que nous allons avoir une classe pauvre permanente aux Etats-Unis » explique Garrick Brown, directeur de la recherche sur les ventes à la société Cushman & Wakefield. « On part du principe que les emplois ont disparu, qu’ils ne reviendront jamais, et que les choses ne s’arrangeront pas dans ces endroits.

     
    Dollar General, qui compte ouvrir un millier de nouveaux magasins cette année dans le cadre d’une stratégie d’expansion de 22 milliards de dollars dans les communautés rurales et pauvres, représentent « non pas un déclin mais un renouveau économique, ou du moins une survie » pour ses habitants.

    * « Dollar General Hits a Gold Mine in Rural America »Businessweek

 

 


Hollywood: What & Who’s next?

  • Le problème du harcèlement sexuel était jusqu’ici l’un des secrets les mieux gardés à Hollywood où la mentalité de producteurs comme Weinstein est, de son propre aveu, ancrée dans les années soixante-dix où tout était soi-disant permis – Roman Polanski le paye toujours.
    D’autres têtes devraient tomber, les complices dénoncés, mais c’est peut-être et enfin le signal d’un changement drastique de comportements à Hollywood vis-à-vis des femmes – The Los Angeles Times

 

  • Des enquêtes ont été ouvertes à New York et à Londres pour corroborer les témoignages des plus récentes victimes.
  • Le frère de Harvey Weinstein, Bob Weinstein pourrait être lui aussi viré de la compagnie qui pourrait rapidement tomber en banqueroute si ses projets, comme ceux commencés avec Amazon, étaient suspendus.

 


A VOIR:

    • Le documentaire de Netflix sur l’écrivaine et essayiste américaine « Joan Didion: The Center Will Not Hold » dont les écrits provocateurs dans les années 70 et 80 sur des sujets de société ont inspiré des générations de jeunes Américains.

  • Le documentaire de l’excellente émission d’investigation Frontline de PBS sur « la guerre contre l’EPA » mené par son directeur, le climatosceptique Scott Pruitt, contre les lois de protection de l’environnement mises en place par Barack Obama ces huit dernières années.

 

 


La Couverture du Jour

 

  • L’homme le plus puissant au monde n’est pas Donald Trump mais Xi Jinping, le président chinois, écrit The Economist dans son éditorial de cette semaine.
    Selon le magazine, certes, l’économie chinoise reste derrière les Etats-Unis qui disposent également de la plus importante armée au monde, mais « le leader du monde libre s’entend mal avec les autres leaders étrangers et est incapable d’imposer son agenda politique à la maison ».
    Au contraire, le président du plus grand Etat autoritaire plus de succès à l’étranger. Son contrôle sur la Chine n’a jamais aussi puissant depuis Mao, qui gouvernait un pays chaotique et très pauvre. M. Xi est l’un des moteurs de l’économie mondiale.* « Xi Jinping has more clout than Trump. The World should be wary » – The Economist
     

10.10.17

 

1. Cali brûle 

 

  • Les images des comtés ravagés de Napa, Mendocino et Sonoma, dont la plus importante ville Santa Rosa semble avoir été incinérée, révèlent l’étendue des dégâts des incendies qui se sont déclarés dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord de la Californie et provoqué la mort de dix-sept personnes, de centaines de blessés, 180 disparus et du départ précipité à pied et en voiture de vingt mille habitants.
  •  

  • Les incendies, aidés par des vents violents soufflant à plus de 80km/hr ont ravagé 46 000 hectares de forêts, zones habitables (deux mille habitations, commerces) et les centaines de vignobles de Napa Valley.
    Ce sont les feux les plus destructeurs que l’historie de la Californie. L’état d’urgence décrété hier par le gouverneur Jerry Brown est maintenu.
  •  

  • Aucune mention du président sur cette autre catastrophe naturelle aux implications économiques importantes, puisque les vignobles de Napa Valley sont directement menacés

 


Le Day Care de Washington

 

  • L’échange salé entre le président et le sénateur du Tennessee Bob Corker dimanche reste « the talk of the town » à Washington, et si la plupart des parlementaires et sénateurs républicains appellent au calme (« cool it off »), aucun n’a condamné les propos de leur confrère.
    Comme à chaque polémique, les proches de Trump en ont profité pour donner des leçons de morale (Kellyanne Conway, Sarah Sanders) et Bannon a même appelé à la démission du sénateur.

 

  • Le comité éditorial du Wall Street Journal, l’un des rares médias à ne pas être considéré comme « fake news » par la Maison Blanche, a défendu les propos de Corker qui disait du président après les évènements de Charlottesville cet été qu’il « n’avait montré jusqu’ici aucune preuve de stabilité, ni de compétence » et qu’il devait adopter ces qualités s’il voulait réussir – des commentaires qui expliquent en partie la dispute de ce week-end.
     

    Ces hommes et femmes soutiennent la politique du président, du moins la plupart, et ils continuent de travailler pour la bonne cause et celle de leur pays. Ce qu’ils redoutent et veulent éviter, c’est le manque de discipline du président, ses excès d’humeur, son narcissisme et l’habitude de traiter les leaders étrangers comme s’ils s’agissait de Rosie O’Donnell.

    * « The Truth about Trump and Corker » – The Wall Street Journal

 

 


 

Comment rivaliser avec les géants Google et Facebook?

 

Data: eMarketer; Note: 2017 values projected; Chart: Andrew Witherspoon / Axios

 

  • Comment les médias peuvent-ils rivaliser avec les mastodontes Facebook et Google qui se partage littéralement les revenues publicitaires et l’offre de contenu en ligne sur le marché américain?  – Axios :
     

    La réalité est que nous avons laissé ces plateformes se développer pendant tellement longtemps, que n’importe quelle autre compagnie devra batailler ferme et longtemps avant qu’elle ait assez d’influence pour pouvoir les concurrencer

     

  • Le chemin va être long et difficile et ce sont sans doute les erreurs de ces compagnies, comme celles d’avoir favorisé l’élection de Trump ou laissé les Russes acheter des publicités pour influencer le cours de la campagne présidentielle en 2016, qui pourraient internautes et annonceurs à directement s’adresser aux autres médias.
     
    En attendant, les différentes stratégies consistent à:

    • Continuer de publier des articles critiques à l’encontre de ces plateformes pour pousser les politiques à limiter leur pouvoir et influence.
    • En essayant d’être moins dépendant de ces plate formes – Le New York Times, le Guardian, Quartz et Forbes ont abandonné les « Instant Articles » de Facebook, et même s’ils continuent d’y investir pour sponsoriser leur contenu, les engagement générés par ce genre de contenu « web » (avec le lien vers le site hôte) sont en baisse contrairement aux photos et vidéos.
    • De la même manière, Netflix est devenu l’ennemi public numéro des plateformes de streaming et autres chaînes câblées qui retirent leur programme pour aller vers Hulu ou créer leur propre réseau.

 
 


Le chemin de croix de Zuck

 

  • Depuis que la compagnie a été accusée d’avoir fait gagner Trump le 08 novembre dernier et après une rentrée marquée par des révélations toujours plus incriminantes, Zuckerberg met tout en oeuvre pour réparer ses erreurs: un message personnel bidon après Yom Kippour, le recrutement d’un millier d’employés chargés de vérifier les publicités diffusées sur la plateforme mais aussi des campagnes de publicité « simplettes » pour « tenter » de rassurer les internautes … On se demande bien qui il va réussir à convaincre.
     

 

  • Mais c’était sans le coup de génie de Zuck, devenu en quelques semaines un professionnel de la communication – Vanity Fair
     

    Dans un geste aussi grotesque que le président qui lance des rouleaux de papiers toilette devant une foule de survivants de l’ouragan [Maria à Puerto Rico la semaine dernière], Marck Zuckerberg a organisé son propre PR Nightmare lundi quand il a choisi de faire une démonstration de la nouvelle application Facebook Spaces – qui permet aux utilisateurs d’explorer de vraies destinations sous la forme d’avatars – dans un Puerto Rico ravagé.

     

    Mark et Rachel à Puerto Rico lundi

Les « real housewives » du président

 

 

  • Dans une interview donnée à l’émission « Good Morning America » à l’occasion de la sortie de son livre « Raising Trump », Ivana Trump, la première épouse du président et mère de ses trois aînés, Donald Jr, Eric et Ivanka, a affirmé qu’elle ne communiquait pas trop souvent avec son ex-mari, « une fois tous les quatorze jours », histoire de ne pas rendre jalouse Melania, « car au bout du compte », c’est elle « la première femme de Trump », c’est elle « la première dame ».

 

  • Le jour même, la porte parole de l’actuelle « First Lady », Melania Trump, généralement discrète voire absente, a répondu dans un communiqué que, contrairement aux allusions de sa rivale, elle aimait beaucoup sa vie à Washington et qu’elle comptait « utiliser son rôle pour aider les enfants et non pas vendre des livres »:
     

    Les déclarations d’une ex n’ont clairement aucune substance, ça n’a pas pour objectif que d’attirer l’attention et faire du bruit

     
    A croire que Ivana a bien retenu les leçons de son ex-mari qui doit jubiler de voir les femmes se battre pour s’attribuer la place de première dame.

 


La fin du « marécage doré »?

 

Illustration by Oliver Munday; Source photograph by Raymond Hall / GC Images via Getty / NEW YORKER

 

  • L’edito de Lena Dunham dans le New York Times ce matin sur le scandale Harvey Weinstein:
     

    « Cette industrie libérale [qu’est Hollywood] a rapidement condamné Bill O’Reilly, Roger Ailes et le président et refuse de considérer les abus sexuels comme une discussion de vestiaire. Pourquoi donc un tel silence, surtout de la part des hommes, quand on apprend que l’un des nôtres aime humilier et traumatiser les femmes? »

     
    Les acteurs et actrices qui ont finalement condamné Weinstein: Matt Damon, Ben Affleck, Jennifer Lawrence, Nicole Kidman, Charlize Theron, Jessica Chastain, Kate Winslet, Michael Keaton, Mark Ruffalo, … La seule à avoir défendu Weinstein est son amie Donna Karan de DKNY

    Quand à l’accusé, il a « désespérément demandé l’aide » de ses puissants confrères de studios, chaînes et d’agences d’acteurs pour l’empêcher de se faire virer et lui donner le temps de se soigner, en vain. La compagnie a même décidé de changer de nom.

 

  • Rose MCGowan, l’une des victimes de Weinstein, a demandé la démission de l’ensemble conseil d’administration de The Weinstein Company, dont certains membres auraient clairement été complices et a dénoncé plus largement la nature macho de Hollywood:
     

    Les hommes à Hollywood doivent changer de comportement le plus vite possible. Le pouvoir de Hollywood diminue car la société a changé et évolué mais le comportement des hommes à Hollywood est resté le même; il faut les prévenir qu’aucune femme ne leur appartient. Le genre de comportement et d’état d’esprit comme dans la série « Entourage » est aussi obsolète que leur nature pseudo-macho

     

  • A RETENIR: Ca fait des années que des médias (le New York Times, Defamer, New York magazine) essayent de sortir une histoire sur le comportement « dégueulasse » de Weinstein et en sont incapables faute de preuve tangibles selon les médias, sous la pression de Weinstein selon les critique.
  •  

  • A LIRE: L’enquête de Ronan Farrow, le fils de Mia, dont la soeur aurait été victimes d’attouchements sexuels de la part de Woody Allen quand elle était petite, publiée dans le New Yorker ce matin qui apporte les témoignages de nouvelles victimes qui affirment avoir été violées
    + L’article du New York Times dans lequel Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie affirment avoir été harcelés par le producteur.

    * « From agressive overtures to sexual assault: Harvey Weinstein’s accusers tell their stories »The New Yorker
    * « Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie and Others say Weinstein Harassed Them »The New York Times

 


« Click Bait »

    • J’ai demandé à « Gorge Profonde » un fan de la première heure – qui a assisté à l’une des premières séances de StarWars à Paris à la fin des années 70 – de nous décrire le clip du dernier StarWars:

      C’est l’Empire Contre Attaque avec 10 At-At au lieu de 3 et le gros con ridicule à la place de Darth Vador pour proposer à la poufette de rejoindre le côté obscur… Sans parler de l’espèce de Hamster et son cri de phoque dans le cockpit du Faucon Millenium… Disney vient de réhabiliter/adouber Jar-Jar Binks et les Ewoks… 

 

 


Le reste de l’actu

  • La présentatrice afro-américaine de ESPN, Jemele Hill, qui s’est faite tapée sur les doigts pour avoir qualifié Donald Trump de « white supremacist » le mois dernier a finalement été suspendue pour deux semaines après avoir critiqué Jerry Jones, le propriétaire de l’équipe de football américain des Cowboys de Dallas, qui a menacé de mettre la touche les joueurs qui « déshonoreraient » le drapeau, s’ils s’agenouillaient durant l’hymne national.

 


Couvertures du Jour

  • En remise en question de la culture bro de Hollywood, Variety célèbre cette semaine les femmes de pouvoir à Los Angeles: 
     

03.10.17

 

1. « Ce serait le début de la fin »

 

  • L’horreur de Las Vegas – 59 morts et 527 blessés – ne changera rien au problème des armes à feu comme les précédentes tueries de masse aux Etats-Unis.
    Hier, dans un discours sobre, le président américain a dénoncé « le mal absolu », s’en est remis à Dieu pour traverser cette période difficile sans évoquer une quelconque réforme des lois actuelles, synonyme du « début de la fin » de Trump selon Steve Bannon:

    • Il perdrait de nombreux électeurs, encore plus passionnés et intransigeants sur la protection de leur Second Amendement que sur l’immigration, où une loi d’amnistie des Dreamers est encore envisageable.
    • Il perdrait le soutien de la NRA, qui l’a soutenu depuis le début de sa campagne et qui très influente auprès de ses électeurs.

     

  • Mais Trump reste imprévisible et compte tenu de la presse favorable qu’il a reçu lors des deux accords bi-partisans obtenus avec les Démocrates (sur le plafond de la dette et les Dreamers) et il existe une infime chance pour qu’il trouve un terrain d’accord avec « Chuck et Nancy », les représentants des minorités démocrates au Congrès, sur un renforcement du contrôle des armes à feu.* « Bannon warns: ‘end of everything’ if Trump supports gun controls »Axios

 

  • Les couvertures des quotidiens américains ce matin, entre colère, désillusion et lassitude
  • David Becker téléchargeait les photos du concert sous une des tentes quand il a entendu les premiers coups de feu – Le récit dans Time magazine

 


2. Sans mobile apparent

 

  • A part sa couleur de peau, blanche, Stephen Craig Paddock n’a pas le profil typique du tueur de masse à cause de son âge (64 ans), de sa situation professionnelle (un retraité) et financière (il avait beaucoup d’argent) et inconnu des services de police – ce qui lui a permis d’amasser un arsenal.
    Sans motivation précise, la police de Las Vegas a utilisé le terme controversé de « loup solitaire » pour caractériser Paddock

 

  • Les républicains et la droite en général, incapable d’adresser le problème des armes et effrayés à l’idée de s’aliéner la très puissante NRA, ont trouvé le coupable idéal: les troubles psychiatriques du meurtrier.
    « Diagnostiqué ou pas, la tuerie de Vegas est un problème de santé mentale » explique la rédactrice du site internet conservateur RedState car « les soins psychiatriques sont très chers et le contrôle des armes ne l’est pas » …et le drame de Las Vegas fait partie des risques liés au Second Amendement, qui « honore le droit des individus à se défendre soi-même ».

 

  • Pour Donald Trump, le responsable est « le mal » qu’il a cité à trois reprises dans son discours lundi, « aucune mention des armes à feu, de la santé mentale ou de terrorisme domestique » mais a dénoncé « le mal absolu » ce qui est … inutile – The Atlantic

 

  • Les comédiens des « Late Night shows » ont réagi avec beaucoup d’émotion, notamment Jimmy Kimmel, originaire de Las Vegas:
     

    Quand quelqu’un avec une barbe nous attaque, on met les téléphones sur écoute, on vote un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis de certains ressortissants étrangers, on construit des murs, on prend toutes les précautions nécessaires pour s’assurer que ça ne se reproduira pas mais quand un Américain achète une arme à feu et tue d’autres Américains, on ne peut rien faire pour empêcher cela (…)
    Je ne comprends pas pourquoi nos soi-disants élus continuent à laisser passer ce genre d’e tragédies et surtout pourquoi est-ce qu’on leur permet de laisser faire ça.

    Tous ont dénoncé le manque de réaction des politiciens et du Congrès. Pour Stephen Colbert, « la barre est tellement basse en ce moment, que le Congrès peut devenir un héros en faisant passer la moindre chose »; pour Trevor Noah, « Si après un massacre vous dites [en référence à Sarah Sanders, porte parole de la Maison Blanche, en conférence de presse l’après midi même] que ce n’est pas le moment de parler [du contrôle des armes] alors qu’il y a des fusillades tous les jours, quand est-ce que c’est le bon moment? »

 

  • Si les services de renseignement ont rapidement exclu la piste de Daesh malgré les revendications de l’organisation terroriste, beaucoup de médias européens ont relayé l’information en première page. Bizarre.

 


3. Les tueries de masse

 

  • Axios a réalisé un graphique des tueries de masse depuis 2013 aux Etats-Unis
     
  •  

  • Vox a résumé le problème des armes à feu en 17 cartes.

 

  • La première tuerie de masse « moderne » a eu lieu en 1966 à l’université du Texas de Austin. Son auteur, Charles Whitman, marié, 25 ans, était considéré par ses proches comme « un fils idéal, un bon boy scout, un excellent Marine, un étudiant modèle, un travailleur et un mari aimant, et un sniper hors pair qui a tué quinze personnes (dont sa mère et sa femme) et blessé 33.
    * « 96 Minutes » – Texas Monthly

    Une photo de Charles Whitman en couverture du Time magazine en aout 1966
  • Depuis 1968, plus de civils américains sont morts tués par d’autres concitoyens que l’ensemble des soldats tombés au combat. – Axios

 

    • Showtime a diffusé la semaine dernière le premier des huit épisodes de « Active Shooter: America Under Fire », une série documentaire sur les pires tueries de masse de ces dernières décennies (Aurora, San Bernardino, Charleston, le Washington D.C. Navy Yard, Santa Monica, Oak Creek, Orlando et Columbine.) qui donne la parole aux survivants, premiers secours, familles des victimes.

 

 

 


4. Facebook, Rien ne va plus

 

 

 

  • Zuckerberg a promis qu’il serait plus efficace cette année pour « rassembler et non pas diviser les internautes », ce qui signifie empêcher un pays étranger d’essayer d’influencer la vie politique américaine comme la fait avec brio la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016 puisque on a appris que les cent mille dollars qu’elle a dépensé à l’époque en milliers de publicités sur le réseau social aurait atteint quelques dix millions d’internautes.
    Les publicités évoquaient des sujets sensibles sur l’immigration illégale, les droits des homosexuels, la messagerie privée d’Hillary Clinton et incitaient les internautes à aimer des pages évoquant les mêmes thèmes. 

    * « Facebook’s Russia-Linked Ads Came in Many Disguises » The New York Times

 

  • Entre temps, la compagnie a engagé un millier d’employés pour contrôler le contenu et le financement des publicités sur sa plate formeRecode

 


5. « Je travaillerais jusqu’à ma mort »

 

 

  • Autre récit de l’excellente série « The Forgotten: The issues at the heart of Trump’s America »

    Les gens vivent plus longtemps, et des vies plus chères, souvent sans filet de sécurité. Si bien qu’un nombre record d’Américains âgés de plus de 65 ans travaillent – environ un sur cinq. Cette proportion n’a cessé d’augmenter ces dix dernières années, plus vite que n’importe quel groupe. Aujourd’hui neuf millions seniors travaillent contre quatre millions en 2000.

    * « The New Reality in Old America »The Washington Post

 

 


6. Le calvaire des enseignants-chercheurs

 

 

  • La série passionnante « Outside in America » du Guardian, qui s’intéresse à des individus au bord de la crise et engage les lecteurs à réagir à leur histoire et proposer des solutions, aborde cette semaine la pauvreté dans l’enseignement supérieur, notamment chez les enseignants-chercheurs, dont certains sont obligés de se prostituer ou dormir dans leur voiture pour survivre.
     

    Le nombre d’enseignants-chercheurs a augmenté en même temps que le financement des universités publiques a baissé de 25% entre 1990 et 2009. Les établissements privés ont tout intérêt à engager ces professeurs à mi-temps: Ils sont moins chers que ceux à plein temps, ne reçoivent aucune aide sociale ou payent pour leurs recherches, et leurs heures peuvent être limitées pour qu’ils ne puissent pas toucher une assurance maladie. 
    C’est pour cela qu’on les appelle les « fast food workers du monde académique »

    * « Facing Poverty, academics turn to sex work and sleeping in cars »The Guardian

 


7. Le Netflix des news

 

  • « Je pense que l’avenir sera un Spotify ou un Netflix dédié à l’information » affirme Mark Little, fondateur de Storyful qui vient de créer à Dublin, une nouvelle entreprise média avec Aine Kerr, appelée Neva Labs, qui servirait « d’assistant personnel » censé l’information dont vous avez besoin, et qui devrait ouvrir en 2018 – The Irish Times
     

    La compagnie veut utiliser l’intelligence artificielle pour restaurer la vérité et la confiance dans la distribution de l’information à un moment où les entreprises de haute technologie ont été critiqué pour leur rôle dans la diffusion de « fake news »

     

  • Little et Kerr ont présenté leur projet sur Medium:
     

    La quantité d’informations qui inonde notre vie quotidienne à dépassé notre capacité à la traiter (…) On veut aider ceux qui s’intéressent à l’actualité à éviter d’être surchargé d’informations ou d’être distraits inutilement en contrôlant « raisonnablement » leur expérience en ligne. On veut construire les outils et filtres dont les individus ont besoin dans un monde où le seul garant de son information est lui-même.

    * « Notes on a new beginning » – Medium

 


 

8. Couverture du Jour

 

  • La couverture du dernier California Sunday magazine sur la galère financière des étudiants américains: « The College Try »
     

 

02.10.17

 

1. Las Vegas

Couverture du Las Vegas Review Journal ce matin.

 

  • C’était l’effroi en se réveillant ce matin à l’annonce du « pire massacre de l’histoire [moderne] des Etats-Unis »
  • Stephen Paddock, un blanc de 64 ans, a ouvert le feu hier soir depuis sa chambre du 32 ème étage du Mandalay Bay Hotel sur un foule de 20 000 personnes venue assister à un concert de musique country. Le meurtrier s’était déjà suicidé quand l’équipe du SWAT a finalement défoncé la porte de sa chambre, une heure après les premiers coups de feu. 
  • Paddock, un régulier des casinos sans aucun casier judiciaire et détenteur d’un port d’armes à feu, séjournait dans cet hôtel depuis jeudi et aurait semble-t-il prémédité son coup étant donné la présence d’une dizaine de mitraillettes dans sa chambre.

  • Comme à chaque massacre, les ventes d’armes vont s’envoler, la plupart des politiques vont appeler à prier pour les victimes et leurs familles, les Démocrates et les médias vont appeler à davantage de contrôle sur la circulation et la vente d’armes Hillary l’a évoqué sur Twitter et s’est faite critiquée parce que « ce n’est pas le moment ».
    Quant au le Congrès à majorité républicaine, il s’apprêtait lui, à assouplir les lois sur les armes.

 

  • GoFundMe a mis en place une cagnotte pour les victimes de Las Vegas qui a déjà récolté près d’un million de dollars en quelques heures. 

 

 


2. « Garde ton énergie Tillerson »

 

  • L’un des activités favoris de Trump avec ses ministres et autres collaborateurs: Les contredire et/ou les humilier en public. Le dernier en date est Rex Tillerson, le discret Secrétaire d’Etat et sa gestion de la crise avec le régime nord-coréen.
    Le New York Times rapportait samedi que l’administration Trump essayait sa propre version de ce que l’administration Obama a fait avec l’Iran: Utiliser une série de « backchannels », des communications secrètes, qui après des années de négociation, ont permis de trouver un accord sur le nucléaire.
  • Mais Trump en a décidé autrement hier en insultant à nouveau Kim Jung Un de « Little Rocket Man » et critiquant la perte de temps du « merveilleux » Tillerson à essayer de négocier – « Clinton a échoué Bush a échoué, et Obama a échoué. Pas moi » – et donnant l’impression qu’il était fixé sur l’option militaire.
  • Après Tom Price, le ministre de la Santé vendredi, Rex Tillerson pourrait être le prochain à quitter l’équipe de Trump, même si ce dernier lui a réitéré sa confiance aujourd’hui.

 


3. La stratégie du « Crazy Guy »

 

  • Dimanche, l’un des journalistes les plus connectés de Washington, Jonathan Swann révélait dans Axios une discussion du président américain sur l’éventualité d’un retrait de l’accord de libre échange entre les Etats-Unis, comment est-ce que le faire passer pour un fou aux yeux des puissances étrangères pouvait donner aux diplomates américains un avantage dans les négociations.
    Une tactique utilisée avec la Corée du Nord, sur le traité NAFTA avec le Mexique et le Canada, avec les pays de l’Otan.
    Sauf que « les menaces de Trump ne peuvent produire que des résultats à court terme, s’il ne va pas jusqu’au bout » et jusqu’ici, il n’a proféré que des menaces.

 


4. Les fausses excuses de Zuck

 

  • Samedi soir, après le Yom Kippour, le Jour du Grand pardon, le plus importante fête religieuse juive, Mark Zuckerberg a présenté des excuses sur Facebook « à ceux qu’il a blessé cette année à cause de son travail qui a été utilisé pour diviser les gens plutôt que les rassembler » – une référence aux élections présidentielles au cours desquelles la compagnie a vendu des publicités à des agents russes et qui ont été utilisées pour servir des thèmes haineux et polémiques.
    Il a promis de « faire mieux » l’année prochaine.

 

  • Pour Ellen Goodman du Guardian, tout cela est bien gentil mais ce ne sont pas les pires péchés commis par Facebook depuis plusieurs années: En premier lieu ce sont ses algorithmes qui ont enfermé ses utilisateurs dans de véritables bulles qui empêchent tout débat d’opinion et tend à les polariser un peu plus politiquement. Puis il y a ce pillage des revenus publicitaires de la presse générale et locale qui doit désormais payer Facebook pour pouvoir atteindre de nouveaux lecteurs.
  • La journaliste propose des solutions immédiates:
    • Dévoiler le contenu des publicités achetées par les Russes par souci de transparence auprès de ses utilisateurs. 
    • Facebook doit commencer à faire des choix éditoriaux (bloquer certains sites sur sa plate-forme, et leur promotion), les exposer et les défendre (et s’exposer aux problèmes de la liberté d’expression)
    • Créer un fond pour l’actualité locale, de plus en plus isolé et sous-financée – ce qu’a déjà commencé Google.

      * « So, Mark Zuckerberg wants to repent for Facebook’s sins? He can start here » The Guardian

 


5. Le Deploraball à sa Super PAC

 

 

  • Les organisateurs du « Deploraball« , la fête organisée par les supporters de Trump en janvier dernier à Washington pour célébrer la victoire de leur héros et rendre hommage à ses électeurs, les « Déplorables », Jeff Giesea, Mike Cernovich, and Jack Posobiec ont décidé de continuer l’aventure en créant une super-PAC, un Comité d’action politique) appelée #Rev18 – pour « Revolution 2018 ». 
    Les trois se sont distancés de l’alt-right de Richard Spencer (et ses penchants nazis) et préfèrent le terme de « new right » qui consiste principalement à être « anti-establishment » et pro-Trump et dont l’objectif est de s’attaquer aux candidats du parti républicain aux prochaines élections de mi-mandat en novembre 2018 et les remplacer par les leurs qui défendent la « souveraineté et la prospérité américaines, et mettent le citoyen américain avant tout ».
  • L’initiative rejoint celle de Steve Bannon, ancien conseiller du président retourné à Breitbart News, qui a fait parler de lui la semaine dernière avec la victoire de son candidat « insurgé », Roy Moore, en Alabama contre celui des Républicains, Luther Strange, et qui a promis de continuer la lutte contre le GOP ces douze prochains mois, à travers une autre super PAC, financée par le milliardaire Robert Mercer, Great America Aliiance.
  • Les élections « mid-terms » promettent d’être sanglantes, moins pour les luttes en Démocrates et Républicains que pour celles entre l’establishment et les « insurgés ».

    * « A new pro-Trump Super Pac Takes aim at the Republican Establishment’The Atlantic

 

 


6. « Dirty John »

 

 

  • C’est l’enquête de la semaine dans le Los Angeles Times, qui a débuté hier en une du quotidien et jusqu’à dimanche prochain, disponible également en Podcast.
    La série en six parties raconte l’histoire d’amour entre un « con-artist », John Meehan et une riche entrepreneuse californienne, Debra Newell, mariés après seulement quelques mois, contre l’avis des enfants de cette dernière, suspicieux de l’attitude de Meehan.

    * « Dirty John » – The Los Angeles Times 

 

 


7. les 100 du New Establishment

 

  • C’est la liste annuelle de Vanity Fair sur le « New Establishment » qui recense les figures influentes des affaires, de la culture, hautes technologies, … Et en 2017, « on dirait que tout le monde se mêle des affaires des autres, et la liste annonce les futures luttes de différentes industries et les Titans qui les dirigent, toujours plus liés les uns aux autres. »
  • On retiendra l’arrivée de:
    #95: Mike Allen & Jim Vandehei pour Axios,
    #79: Susan Fowler, la Whistle Blower de Uber qui a lancé la discussion sur le sexisme dans les entreprises de la Silicon Valley,
    #59: Jordan Peel, le réalisateur de Get Out (252 millions de dollars au Box Office),
    #44: Lauren Powell Jobs, veuve de Steve Jobs, à la tête de Emerson Collective, qui possède The Atlantic.

 

  • Mais surtout l’influence de Washington:
    #40: « Les antagonistes des fins de soirées » dont je parle très régulièrement dans le Kiosque et qui sont l’une des oppositions les plus intelligentes et influentes contre le président Trump: Stephen Colbert, Kimmy Kimmel, Samantha Bee, Seth Meyers et Jon Oliver.
    #32: Maggie Haberman & Glenn Trush, dont je parle aussi souvent dans le Kiosque. Ils sont devenus ces derniers mois les journalistes les connectés de Washington, dont les articles apparaissent régulièrement en une du New York Times. Ils viennent de signer un bouquin avec Random House – Et Nate Silver de 538 n’aime pas forcément ce qu’ils font.
    #19: Alex Baldwin et Kate McKinnon, ont tous les deux remporté un Emmy cette année pour leurs prestations dans l’émission satirique « Saturday Night Live »
    #10: Marty Baron & Dean Baquet, respectivement rédacteur et chef du Washington Post et du New York Times qui cartonnent
    #6 Robert Mueller: le procureur spécial qui enquête sur Donald Trump et les membres de son équipe de campagne sur d’évnetuelles collusions avec la Russie.

 

  • Le classement de tête est déprimant: En première position, Jeff Bezos (Amazon) puis Zuck (Facebook), Tim Cook (Apple), Larry Page (Google/Alphabet) et Elon Musk (Tesla)

 

 


8. Un distributeur de pilules …

 

  • … Du lendemain a été installé dans les toilettes de l’université de Stanford en Californie. Les étudiantes peuvent désormais acheter des préservatifs « internes et externes » à 3,99 dollars le paquet de trois et la pilule My Way – un pilule qui réduit les chances de tomber enceinte si prise dans les 72 heures après les rapport sexuels – à seulement 25 dollars, au lieu de 41 dollars en pharmacie.
    L’initiative a été lancé par plusieurs étudiants « activistes » du campus qui ont reçu l’accord de l’administration.
  • D’autres universités offrent également des pilules du lendemain dans leurs distributeurs: l’Université de Californie à Davis et Santa Barabra ou encore Shippensburg University en Pennsylvanie. Autant dire que ces établissements sont considérés comme les « progressifs » du pays, et que la pilule reste difficile à trouver dans certaines régions des Etats-Unis.

 


9. Couverture du Jour

 

  • La couverture du jour, c’est celle du New Yorker illustrée par le dessinateur et scénariste de Los Angeles, Bruce Eric Kaplan intitulée, « Party Rentals »

21.09.17

 

1. « Ce qui est mort ne saurait jamais mourir »

 

  • La suppression et le remplacement de Obamacare, encore tabou il y a deux semaines, a fait un retour en force cette semaine au Sénat grâce à la persévérance des sénateurs républicains Graham et Cassidy qui ont offert un nouveau projet de loi, assez similaire aux précédents, qui devrait être voté la semaine prochaine, avant la date limite du 30 septembre, date à laquelle les Sénateurs ne seront plus autorisés à voter une loi avec une majorité simple de 51 voix – mais une majorité absolue de 60.
  • Les sénateurs républicains, John McCain et Lisa Murkowski, n’ont pas encore pris leur décision et un vote ne sera demandé par le chef de la majorité, Mitch McConnell uniquement si la proposition a des chances de passer – Ce dernier est devenu le bouc-émissaire de Trump après les tentatives ratées de « Repeal and Replace » ces derniers mois.
  • Lindsey Graham, co-auteur de la proposition est l’un des meilleurs amis de John McCain, dont le vote sera décisif.
  • Les Démocrates n’ont d’autres solutions que de proposer des amendements pour retarder le vote autant que possible après le 30 septembre.

 

  • Les autres problèmes de la proposition de loi: 
    • Les conservateurs pensent que la loi est toujours trop généreuse avec Planned Parenthood
    • De nombreux parlementaires républicains appartenant à des Etats démocrates (New York et la Californie) pourraient être poussées à voter contre
    • Aucune estimation du Congressional Budget Office sur le coût de cette nouvelle proposition et son impact sur les Américains n’est disponible.

 

 

  • Mardi, le comédien Jimmy Kimmel a publiquement critiqué Bill Cassidy, co-auteur de la dernière proposition de réforme de la santé parce qu’il n’a pas respecté les promesses qu’il lui avait faites sur son plateau en mai dernier – que toute nouvelle proposition n’impose aucune limite de remboursement aux patients et accepte ceux ayant des antécédents médicaux – et il est revenu à la charge hier contre le sénateur de Louisiane, qui l’a accusé de « ne rien comprendre », en affirmant qu’il « défendait l’indéfendable » et que « soit il ne comprenait pas sa propre loi, soit il lui avait menti ».
    Pari réussi pour le présentateur-comédien qui a réussi à ce que les médias sociaux s’emparent à nouveau du sujet de la réforme de la santé.

 


2. A quoi joue Zuckerberg?

 

  • Il a passé une mauvaise année et un mois de septembre pourri: Zuckerberg et Facebook sont devenus ces derniers mois la cible des compagnies de médias, des Démocrates, des Républicains, des Russes, du procureur indépendant Bob Mueller, de Hillary Clinton … et des internautes qui s’en méfient de plus en plus.
  • « C’est pas facile d’être Mark Zuckerberg en ce moment » titre en couverture cette semaine le magazine d’affaires Businessweek:
     

    L’enquête sur la Russie complique les efforts déployés par Zuckerberg pour défendre Facebook après des élections aussi disputées. Même si la compagnie enregistre des profits record – sa valeur a plus que doublé depuis 2015, en atteignant 500 milliards de dollars et en faisant de Zuckerberg la cinquième personne la plus riche du monde – Facebook doit faire face à des critiques pour avoir diffusé de la propagande pro-Trump pendant les élections 2016 et polariser un peu plus le climat politique délétère. (…) 
    Grâce à un ensemble d’actions dotées d’un droit de vote supérieur, il possède 14% de Facebook mais dispose du contrôle des votes de la compagnie … Lors du meeting annuel l’année dernière, il a proposé, et en tant que actionnaire majoritaire de Facebook, a créé une autre classe d’actions qui lui permettrait de garder le contrôle de l’entreprise même s’il vend la plupart de ses actions … La proposition contient une provision qui le maintient à la tête de la compagnie s’il devait rentrer dans le gouvernement. Zuckerberg est réticent à expliquer cette provision, a démenti des objectifs présidentiels mais se verrait travailler au service de la technologie dans un poste du gouvernement.

    * « Mark Zuckerberg Political Awakening »Bloomberg Businessweek.

 


3. Journalistes Stars

 

  • L’élection de Donald Trump a mis en avant certains journalistes de la presse écrite et télé, qui ont suivi le candidat républicain depuis sa candidature en juin 2015 jusqu’à sa victoire et son entrée à la Maison Blanche: Parmi eux, Katy Tur, correspondante de NBC News qui vient de sortir un bouquin sur la campagne, Maggie Haberman et Glen Trush, les stars du New York Times qui viennent de signer l’écriture d’un ouvrage sur le président, David Fahrenthold du Washington Post et Lauréat du Pulitzer 2017.
  •  

  • La conférence de presse quotidienne du porte parole de la Maison Blanche, devenue grâce à Sean Spicer Le rendez vous télé de l’après midi, a elle aussi rendu célèbre certains correspondants de Washington:  April Ryan (American Urban Radio) parce qu’elle a secoué la tête au mauvais moment, Brian Karem du Sentinel qui s’est emporté contre Sarah Sanders mais le préféré serait Jim Acosta, correspondant de CNN:
     

    Pour Acosta, 46 ans, le ton méprisant et solennel à la fois est devenu une véritable signature sous l’administration Trump. Ca n’a jamais été plus apparent que lorsque Acosta s’est pris le bec avec le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller … Des fans laissent du bourbon dans boite aux lettres, l’arrêtent dans la rue pour le remercier de s’opposer à la politique de Trump et à la critique systématique des médias. Après le départ de Miller du podium, ses collègues lui ont tapé dans la main.

    « Jim Acosta is the White House’s Favorite Reporter » – Politico

 


4. Les malheurs de Flint

 

  • Flint, c’est cette ville du Michigan, placée en état d’urgence financière par l’Etat en 2011 sous la direction d’un responsable des finances qui, pour économiser l’argent de la ville, a changé au printemps 2014 le lieu d’approvisionnement en eau potable de la ville, qui dépendant de l’agglomération Detroit avant d’être rattaché à la rivière Flint, dont les tuyaux d’alimentation étaient contaminées au plomb.
    Pendant dix huit mois, les cent mille habitants de Flint ont bu de l’eau impropres à la consommation et ce n’est qu’en septembre 2015 que le gouverneur Rick Snydey a reconnu l’état de crise sanitaire.
    Selon le Detroit Free Press, le taux de fertilité des habitantes a baissé de 12% et les morts foetales augmenté de 58%.
    L’Etat a également confirmé 91 cas de graves contamination, y compris 12 décès liés à la maladie du légionnaire

 


5. Canada Brain

 

  • C’était la menace de nombreux citoyens et célébrités américaines pendant les élections présidentielles 2016: « Si Trump gagne, je déménage au Canada ».
  • Onze mois plus tard, la plupart des menaces sont restées vaines mais pas dans le secteur de la haute technologie: des centaines d’employés américains et étrangers ont quitté la Silicon Valley pour aller travailler à Toronto qui vient de construire MaRS, un immense incubateur de start-ups de 140 000 m2 en plein coeur de la ville.
    « C’est la première preuve concrète que la ligne dure du président sur l’immigration influence la course aux cerveaux à travers le monde » d’autant que le Canada n’est pas le seul à essayer d’attirer les scientifiques américains: la France et la Chine sont aussi dessus.* « Canada’s « reverse brain drain » in the age of Trump »  – Axios

 


6. La transsexualité chez les maternelles

  • Après des mois de débats et polémiques, une maternelle de Californie vient d’autoriser la présence de livres évoquant la transsexualité dans ses classes. Si certains parents acceptent la décision, d’autres pensent que ce sujet controversé n’a pas sa place dans un cours destiné aux enfants de quatre ans. 
  • Un polémique sur mesure pour les conservateurs scandalisés que les parents n’aient pas été prévenus à l’avance qu’un sujet aussi tabou, surtout quand il touche les enfants, soit abordée en classe. La direction de l’école leur a donné raison et les parents seront désormais prévenus si le sujet être à nouveau abordé, mais elle a refusé que ces derniers enlèvent leurs enfants des classes au cours desquelles le sujet pourrait être évoqué.

    * « Rocklin Charter Schools OK transgender books in elementary school »The Sacramento Bee

 


7. Village Voice – Vol. LXII, No. 37

 

 

  • Le dernier numéro de Village Voice (176 pages de souvenirs, colonnes et articles qui ont marqué ses 62 ans d’histoire imprimée) est sorti hier, mercredi 20 septembre, avec Bob Dylan en couverture.
    Un choix qui a fait couler beaucoup d’encre chez les lecteurs et journalistes de Voice, non seulement parce que le journal est emblématique de East Village et non pas Greenwich Village, dont Dylan est une icône, le chanteur a déjà fait la couverture il y a un mois à peine, et qu’on se serait attendu à quelque chose de plus original et pertinent compte tenu du climat actuel – et des articles au vitriol publiés dans les années 80 sur Donald Trump.
    Dommage
  • Le Village Voice continue de publier mais uniquement en ligne.* « A Scrappy newspaper’s final cover lacks Voice » – CJR

 


8. Couverture du jour

 

  • Piqûre de rappel en couverture de Time magazine destinés aux Démocrates a treize mois des élections de mi-mandat:
     

    Après huit mois de présidence Trump, le parti est au plus depuis la victoire de Reagan dans 49 Etats en 1984 (…) Sur les 98 législatures américaines, les Républicains en contrôlent 67. Pendant la présidence de Barack Obama, les Démocrates y ont perdu 970 sièges (…) L’âge moyen des parlementaires démocrates est de 67 ans, et la plupart des candidats des prochaines élections auront passé les 70 en 2020.

     

13.09.17

 

1. Edie Windsor: An American Hero

 

  • Edie Windsor, décédée hier à 88 ans à New York City, restera l’une pionnière de la défense des droits des homosexuels à travers un combat qu’elle a commencé après la mort de sa première femme, Thea Spyer, sa compagne de 42 ans, épousée au Canada en 2007 et disparue en 2009.
    Contrainte de payer un demi million de dollars sur l’héritage de Spyer car la DOMA – Defense of Marriage Act qui considère le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – la prive de protections fédérales, dont celle de l’exemption des droits de succession accordée au conjoint, elle décide de porter plainte contre le gouvernement (« Windsor v. United States ») et va jusqu’à la Cour Suprême qui lui donne gain de cause en juin 2013 dans une décision qui va accélérer la légalisation du mariage pour tous sur l’ensemble du pays.
  •  

  • Deux articles à retenir pour comprendre la vie et le combat d’Edie Windsor: celui du New Yorker, « The Perfect Wife » qui décrit son histoire d’amour avec Thea Spyer et l’hommage de Time magazine qui en a fait l’une des personnalités de l’année 2013:
     

    Grandir gay aux Etats-Unis, Windsor, aujourd’hui 84 ans, n’a jamais vraiment évoqué sa sexualité au delà de son vibrant cercle d’amis. Mais la mort de son épouse Thea Spyer en 2009 a provoqué une série d’évènements qui ont poussé Windsor à se battre pour ses droits devant la Cour Suprême – une lutte qui s’est conclue par une victoire décisive pour le mariage gay cette année.

     

  • Barack Obama lui a rendu hommage, Hillary et Bill Clinton ont salué « son combat et une personnalité lumineuse » tout comme nombres de personnalités démocrates, célébrités et des milliers d’anonymes.

 


2. The Big One

 

  • Il ne s’agit pas du plus grand tremblement de terre qui menace de détruire prochainement la côte est nord-américaine – le New Yorker parle alors du « Really Big One » – mais du piratage géant et imminent des milliards de données personnelles amassées par les géants de la technologie, Facebook, Google ou Amazon, davantage obsédés par la modernisation, commodité et rentabilité de leurs services que la sécurité de leurs utilisateurs.
     

    Ces compagnies, plus Slack, Tinder et une demi douzaine d’autres possèdent suffisamment de données financières et personnelles pour permettre aux hackers de voler notre identité et accumuler des charges frauduleuses. Elles possèdent nos messages privés, photos, et la plupart de nos secrets. Une attaque à grande échelle contre l’une de ces entreprises pourrait faire du piratage d’Equifax [la compagnie de renseignement de crédit américaine qui vient de se faire voler les noms, numéros de carte de crédit et de Sécurité Sociale de 143 millions de personnes] un menu larcin.

    « Forget Equifax. Facebook and Google have the Data that should worry You »– Businessweek

 

  • Comme le constate Zeynep Tufekci dans le New York Times, des dizaines de compagnies ont été victimes de piratages ces dernières années et obligées de payer une « amende infime par rapport aux profits engrangés ».
     

    Il existe des facteurs techniques qui expliquent pour la cybersécurité est si faible, mais la vraie raison est politique, et c’est très simple: Les grandes entreprises ont beaucoup investi dans le système politique pour qu’il créé un environnement légal dans lequel les consommateurs assument toujours plus de risques et les compagnies encore moins.

 


3. Mal de Tech

 

  • Les géants de la Silicon Valley sont depuis des mois dans le collimateur du président, agacent Démocrates et Républicains, et commencent à inquiéter l’opinion publique:
     

    • Même si Amazon s’est engagée à créer cent mille emplois ces dix huit prochains mois, le commerce en ligne dont est leader, avec 43% des ventes en ligne, est responsable de la fermeture de milliers de magasins (« Birck and Mortar ») et du chômage de plusieurs centaines de milliers d’employés.
    • Facebook est ouvertement accusée d’avoir fait élire le président Trump en préférant accepter des revenus publicitaires de la part de pays étrangers plutôt que d’en d’abord vérifier le contenu et l’origine.
    • Google est considérée comme le « big brother de la gauche » et amasse une bonne partie des revenus publicitaires engrangés sur internet et écrase la concurrence qui commence à se rebeller.
    • Uber est la seule compagnie a être tombée jusqu’ici à cause d’une culture d’entreprise machiste, de pratiques frauduleuses à l’encontre de ses concurrents et d’un fondateur mégalo.

 

  • Comme l’analyse Ben Smith, rédacteur du Buzzfeed:
     

    Ca ne veut pas dire que la fin est proche pour ces nouveaux géants – même pour Uber dont l’activité continuent de croître. C’est juste que l’âge d’or est terminé. On entre dans une nouvelle ère de politique normale avec une réglementation normale, dans laquelle les sénateurs californiens les défendront les poches pleines avec autant de vigueur que les Texans pour le pétrole, mais contre un profond courant bipartisan. Ils gagneront dans certains cas, perdront dans d’autres, et certaines défaites pourraient être aussi dommageables que celle de Microsoft dans les années 90 quand un procès antitrust [intenté par le gouvernement américain] a presque brisé la compagnie et l’a obligé à se transformer au bénéfice entre autres de Google.

    « There is blood in the Water in Silicon Valley » – Buzzfeed News

 


4. Face de bouc

 

  • Non seulement Facebook a reconnu avoir vendu cent mille dollars de revenus publicitaires à la Russie pour promouvoir des sujets controversés favorables à la rhétorique du candidat républicain. La Russie aurait également utilisé les « Facebook Events » pour organiser des manifestations contre les immigrés aux Etats-Unis, dont un rassemblement anti-musulman dans l’Idaho au mois d’août 2016. Des évènements (admis par la compagnie) qui ont été promus via des annonces payés par le pays.
     

    Les évènements Facebook – l’un d’entre eux s’est fait l’écho de théories du complot poussés par des médias pro-Trump – prouvent que les tentatives du Kremlin pour influencer le débat politique aux Etats-Unis ne se sont pas limitées aux fake news et ont poussé des Américains à de l’action directe.

    « Russia Used Facebook Events to organize anti-immigrant Rallies on US Soil »Daily Beast 

 

  • Le président de CNN, Jeff Zucker s’en est pris publiquement à Facebook dans une interview donnée à Tina Brown lundi:
     

    Je pense que Facebook n’a pas tout dit sur son rôle durant les élections et je pense qu’on devrait continuer à leur mettre la pression. C’est scandaleux que Facebook ne soit pas plus transparent sur les publicités qu’ils ont acceptées des Russes, que la compagnie les publie et offre davantage d’informations. Le fait qu’ils essayent d’enterrer cette histoire en plein mois d’août quand le Congrès est en vacances et tout aussi scandaleux… Je veux vraiment insister sur le manque de transparence de Facebook durant les élections et c’est un problème grave. Les gens doivent leur demander davantage de compte.

 


5. Medicare pour tous

 

  • Le sénateur indépendant Bernie Sanders, star de la campagne présidentielle 2016, a présenté aujourd’hui sa législation phare, « Medicare for all », l’ambitieux projet d’offrir une assurance maladie à l’ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus et qui a reçu le soutien des principaux prétendants à la candidature démocrate de 2020, les sénateurs Cory Booker (New Jersey), Kirsten Gillibrand (New York), Kamala Harris (Californie) et Elizabeth Warren (Massachusetts)
  • Pour le journaliste Mike Allen, une fois introduite et acceptée par la nouvelle garde démocrate, le concept d’une assurance santé pour tous, considérée jusqu’ici comme « toxique » par la gauche américaine, fait doucement son chemin chez les politiques et les électeurs, et n’est pas prête de disparaître.

 


6. Héroïn(e)

 

  • Après Frontline, HBO, un autre reportage de Netflix sur l’une des plus graves crises sanitaires qui touche les Etats-Unis: l’épidémie d’héroïne et d’opiacés (morphine, oxycodone, …) touche de plein fouet Huntington en Virginie Occidentale, rebaptisée la capitale de l’overdose en Amérique avec des décès par overdoses qui sont dix fois plus élevés que dans le reste du pays.
     
    Jane Rader, récemment promue responsable du Fire Department de la ville de Huntington:

    C’est triste quand tu traverses une ville et tu te rappelles, « Quelqu’un est mort ici, un autre là, mais c’est la réalité de cette région (…) Quand tu accumules le désespoir, le chômage, et le manque d’éducation, c’est le désastre assuré.
    Je pense que nous avons perdu deux générations, pas une génération, j’ai bien peur que nous en ayons perdu davantage.
    La Virginie Occidentale est un Etat de travailleurs ouvriers qui travaillent dur et dans des conditions difficiles; il y a beaucoup de blessures, et beaucoup de gens sont devenus dépendants aux anti-douleurs en se blessant et se sont tournés vers l’héroïne, financièrement plus abordable »

 


7. Nancy Gibbs quitte Time magazine

 

  • Après l’annonce du départ de Graydon Carter après 25 ans passés à diriger Vanity Fair, c’est au tour de Nancy Gibbs, première femme rédactrice en chef de Time magazine, depuis 2013, et employée du magazine depuis 32 ans, de tirer sa révérence à la fin de l’année. Aucun des deux n’a pour le moment de successeur.

 


8. Bad Karma

 

  • Brock Turner, l’étudiant-champion de natation de Stanford condamné à trois mois de prison l’année dernière pour avoir agressé sexuellement une étudiante inconsciente derrière une poubelle sur le campus, a désormais sa photo dans un manuel de droit pénal de première année, « Introduction to Criminal Justice. Systems, Diversity and Change », à côté de la définition de « viol »
  • L’une des étudiantes a posté la page du manuel sur Facebook et l’image est devenu virale en quelques jours.
     

 

 


9. La couverture du jour: Si seulement

 

  • Le New Yorker va faire pleurer dans les chaumières américaines en dévoilant cet après midi la couverture que le monde attendait au lendemain des élections présidentielles. Intitulée « The First » et réalisée par l’artiste française Malika Favre, elle nous manque chaque jour…
     

08.09.17

 

1. Incohérence

 

  • Trump n’avait aucune obligation morale ou légale de supprimer le programme de protection de jeunes migrants (DACA) – à part détruire une énième législation mise en place par son prédécesseur, Barack Obama – qu’il avait promis de défendre depuis son élection, et surtout qu’ils sont soutenus par une majorité de la population. 
    L’annonce faite par Jeff Sessions mardi a provoqué un tollé chez les Républicains, Démocrates et la plupart des médias et au contraire saluée par les « déplorables », Steve Bannon et sa « machine de guerre » Breitbart. Mais plutôt que de soutenir son ministre de la justice et d’assumer la mesure phare d’un programme hostile à toutes formes d’immigration qui l’a porté au pouvoir, Trump a réalisé un véritable tour de passe-passe en donnant au Congrès six mois pour trouver une solution en faveur des « Dreamers » et s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates, si besoin est.
    Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, aurait d’ailleurs poussé à Trump à rassurer jeudi matin les 800 000 jeunes « dreamers »:
     
  •  

  • Un revirement spectaculaire qui pourrait bien le forcer à légaliser la protection permanente des « dreamers » si les Congrès échoue à trouver une solution.

 

  • Dimanche aura lieu la première interview de Steve Bannon depuis son départ de la Maison Blanche dans laquelle il affirme que l’église catholique a tout intérêt à défendre l’immigration illégale car elle « permet de remplir les églises ».

 


2. « Irmageddon »

  • Après le Daily News et son « Horrorcane », le New York Post a dévoilé ce matin son hyperbole, « Irmageddon » pour qualifier l’intensité de l’ouragan Irma qui devrait toucher les côtes américaines demain matin. 
    « En parlant de choses qui font peur », le tabloïd aborde au passage la nouvelle romance entre Donald Trump et Nanci Pelosi.
     

 

 


3. Le complot Irma

 

 

  • Dans le monde paranoïaque de l’extrême droite américaine, dont Rush Limbaugh est la personnalité médiatique la plus emblématique et influente ( son émission de radio est écoutée par quinze millions d’auditeurs chaque semaine), les médias traditionnels et le gouvernement auraient volontairement exagéré l’ouragan Irma pour convaincre les Américains de la réalité du changement climatique et également pour vendre des bouteilles d’eau. 
     

    Dans les milieux de la météorologie, beaucoup de gens croient que le changement climatique est une conséquence de l’action humaine et qu’il provoque plus d’ouragans et encore plus puissants (…) C’est un moyen pour eux de promouvoir l’idée du changement climatique et l’un des moyens les plus efficaces d’y arriver. Tout ce dont tu as besoin c’est de créer de la peur et de la panique en disant que le changement climatique provoque des ouragans de plus en plus fréquents, plus importants, et plus dangereux, et tu créé de la panique, et c’est mission accomplie, le message est passé.

     

  • Entre temps, et contrairement à ses prédictions selon lesquelles Irma se dissiperait dans l’océan atlantique, l’ouragan approche les côtes de Floride, où Limbaugh enregistre ses émissions et qu’il a finalement été obligé d’évacuer jeudi mais sans pour autant appeler les auditeurs des zones en danger à faire de même.

 

 


4. « Le premier président blanc »

 

  • Superbe essai de l’un des intellectuels américains les plus respectés de sa génération, Ta-Nehisi Coates dans The Atlantic, sur le « premier président blanc », Donald Trump:
     

    De toute évidence Donald Trump est un blanc qui ne serait pas président si ce n’était pour ce fait précis. Mais une exception s’impose: les prédécesseurs de Trump sont entrés à la Maison Blanche grâce au pouvoir passif de leur « blancheur » – cette héritage sanglant qui n’assure pas la maîtrise de tous les évènements mais réussit à les présenter comme tels la plupart du temps.
    Le pillage des terres et des hommes a ouvert le chemin aux ancêtres de Trump et l’a fermé à d’autres. Mais sur le terrain, ces hommes sont devenus des soldats, des hommes d’Etat, et des chercheurs; ils ont tenu des salons à Paris, dirigé Princeton, ont avancé dans l’inconnu avant d’entrer à la Maison Blanche. Les triomphes individuels ont donné à ce club exclusif l’apparence d’être au dessus des péchés fondateurs de l’Amérique, et on en a oublié que le premier était en fait intrinsèquement lié au second, que toutes ces victoires ont eu lieu dans des terrains conquis. Aucun attitude de cette élégance ne peut être attribuée à Donald Trump – un président qui a utilisé, plus que n’importe qui, ce terrible héritage.

 


5. Facebook, responsable de la victoire de Trump

 

  • Après les révélations, admises par Facebook, que la compagnie de Zuckerberg avait vendu des publicités à des « usines à trolls » russes qui ciblaient les électeurs américains sur des problèmes politiques et sociaux polémiques pour servir le candidat républicain, Margaret Sullivan, l’éditorialiste médias du Washington Post dénonce la responsabilité de Facebook dans l’élection de Donald Trump. Et elle ne mâche pas ses mots:
     

    Facebook, c’est avant tout de la publicité. Et la compagnie a tellement réussi à transformer notre attention et notre pouvoir d’achat en rendements publicitaires qu’elle est désormais évaluée à 500 milliards de dollars.
    Mais compte tenu de son pouvoir et de sa fortune, Facebook reste une entreprise très opaque (…) Elle n’a jamais admis l’évidence – que c’est d’abord un média où la majorité de ses deux milliards d’utilisateurs mensuels trouvent la plupart des informations et de l’actualité. Comme je le souligne depuis plus d’un an, elle fait constamment des choix éditoriaux qu’elle n’assume pas. Quand l’information est fausse, quand elle achetée et manipulée pour modifier le résultat d’une élection, les conséquences sont énormes. Quand ceux qui fournissent l’information sont associés à des ennemis étrangers – avec un intérêt précis dans le résultat d’une élection – on entre dans une nouvelle dimension du pouvoir.

 

  • Comme le note Mike Allen dans sa newsletter ce matin:
     

    On ne pas insister davantage sur le changement qui est en train de s’opérer dans l’opinion publique et chez les politiques à l’encontre des « darlings » de la Silicon Valley. Les appels à davantage de régulation sur Facebook et les autres ne vont que s’intensifier.

 


6. Grexit

 

  • Cofondateur du magazine satirique new yorkais Spy dans les années 80, Graydon Carter, rédacteur en chef de Vanity Fair depuis 25 ans quitte le magazine à la fin de l’année:
     

    Son Vanity Fair s’est imposé comme l’opposé du magazine Spy: Une voix respectée et fiable sur le monde des affaires avec la liste « New Establishment » à partir de 1994, sur l’industrie du divertissement, avec le numéro special « Hollywood » à partir de 1995 et sur la culture, la politique et les relations internationales à travers des reportages en profondeur et des analyses fines. Il a fait de Vanity Fair la vitrine de la photographie depuis l’âge d’or de Life en offrant des pages et des pages à Annie Leibovitz, Bruce Weber, Helmut Newton, Mark Seliger, Jonas Fredwall Karlsson, Snowdon, et Tim Hetherington qui ont immortalisé les vagues de nouveaux acteurs, soldats postés en Afghanistan, en passant par les stars du théâtre anglais ou les premiers secouristes du 11 septembre.

    L’hommage de son collègue et ami, David Kamp, « The Years with Graydon »

 


7. La couverture du Jour

 

  • Le numéro special Education du New York Times magazine avec des statistiques assez inquiétantes qui reflètent des disparités toujours plus importantes dans le système éducatif américain.
     

    L’inscription des jeunes issues des minorités a explosé dans les écoles publiques, avec les Latinos notamment alors que celle des élèves blancs est en constante baisse. Les familles blanches des villes comme Washington se tournent vers les écoles privées, qui accueillent de moins en moins d’Afro-Américains.

    Ces dernières décennies, la déségrégation imposée par les cours de justice ont permis de diversifier le corps étudiant dans les écoles du sud. Mais après un pic d’intégration en 1988, les cours n’ont plus imposé de règles aux écoles et la ségrégation a recommencé. La tendance est visible dans les zones urbaines de Californie à New York où de plus en plus de noirs et latinos sont concentrés dans les mêmes écoles.

07.09.17

 

Les Républicains en colère

  • Donald Trump s’est mis le parti républicain à dos hier en décidant, contre toute attente, de s’allier avec Chuck Schumer et Nancy Pelosi, respectivement chefs des minorités démocrates de la chambre haute et basse du Congrès américains pour augmenter le plafond de la dette jusqu’en décembre prochain – l’accord avait été rejeté plus tôt dans la journée par Paul Ryan, le porte parole républicain de la Chambre des Représentants qui proposait lui une extension de dix huit mois. – The New York Times
     

    « Après des semaines passées à critiquer les leaders républicains sur leur incapacité à faire voter des lois, Trump a montré qu’il était prêt à franchir les lignes partisanes pour rapporter des victoires législatives (…) Jusqu’ici, M. Trump a cherché à gouverner avec les majorités républicaines de la Chambre des Représentants et du Sénat, une approche qui ne lui a pas permis de remplir des promesses comme l’abrogation d’Obamacare. Après avoir accusé les Démocrates d’être des « obstructionnistes », Trump cherche désormais à s’entendre avec les Démocrates sur des sujets où ils partagent un intérêt commun comme les projets d’infrastructure, l’immigration ou les impôts.

     

  • La veille, Donald Trump s’est dit prêt à négocier avec les Démocrates pour trouver une solution légale à la protection des « dreamers »: « Chuck [Schumer] et Nancy [Pelosi] voudraient arriver à quelque chose, et moi aussi » sans mentionner sa  propre majorité.
  • L’accolade entre Schumer et Trump immortalisée.

 


« Usine à trolls »

  • La direction de Facebook a révélé avoir vendu près trois milles posts publicitaires à une entreprise russe – véritable « usine à trolls » – liée au Kremlin durant la campagne présidentielle 2016 pour un montant total de cent mille dollars.
    Diffusées « entre juin 2015 et mai 2017″, les publicités ne ciblaient aucun candidat en particulier mais évoquaient des problèmes sociaux controversés (la race, droits des homosexuels, du contrôle des armes de l’immigration) sur 470 comptes et pages différentes » que Facebook a interdit depuis.

     
  • Même si cent mille dollars représente « un tout petit montant qui a sans doute eu peu d’effet sur le résultat des élections », c’est un exemple de l’effort déployé par les autorités russes durant la campagne présidentielle américaine pour tenter d’influencer le résultat des élections en faveur de Donald Trump et aux dépens d’Hillary Clinton.
    A savoir maintenant si cet effort à été guidé par des individus aux Etats-Unis

 


Les chiffres catastrophiques de l’épidémie d’opiacés

 

  • Les derniers chiffres de l’une des pires crises sanitaires qui frappe les Etats-Unis sont catastrophiques:
     

    Environ 64 000 Américains sont morts d’overdose l’année dernière – une hausse de 22% comparée aux 52 404 recensés en 2015 – selon les premières estimations du gouvernement. Les overdoses tuent désormais plus d’Américains que l’épidémie de HIV en 1995, et bien plus que les armes ou accidents de voiture aujourd’hui

     

  • L’arrivée en force du Fentanyl, dont le potentiel analgésique est cent fois plus puissant que la morphine, a aggravé l’épidémie en causant à lui seul la mort de 20 000 personnes en 2016, soit un tiers des décès liés à la consommation de drogues.
  •  

  • Dan Ciccarone, professeur à l’Ecole de médecine de UCLA à San Francisco:
     

    Il s’agit d’une tripe épidémie qui cumule des vagues de décès liées à la consommation de différents types d’opiacés. La première a commencé dans les années 90 avec la prescription des anti-douleurs. La seconde, due à l’héroïne, a commencé autour de 2010 avec des overdoses liées à la consommation d’héroïne qui ont triplé. Aujourd’hui ce sont des overdoses liés aux opiacés de synthèse, y compris le Fentanyl et ses dérivés produit illégalement, qui représentent la troisième vague avec des décès par overdoses qui ont doublé entre 2013 et 2014


« Horrorcane »

 

  • Irma, l’ouragan de catégorie 5 qui a dévasté les Antilles devrait toucher les côtes américaines samedi matin:

    L’ouragan Irma est plus large et plus puissant que ne l’était Andrew et pourrait devenir la tempête que les habitants de Miami, porte d’entrée dynamique vers l’Amérique latine, pensaient ne jamais voir arriver.

 


Mobil-ville

 

  • Les 18 000 habitants de la petite ville suédoise de Kiruna ont été déplacés de force pour laisser place à l’exploitation d’un des gisements de minerai de fer les plus riches de la planète, utilisé notamment par BMW pour la construction de ses berlines et Apple pour ses Iphones.
     

    Tous les habitants de Kiruna étaient au courant de la possibilité d’être évacués pour accommoder l’expansion graduelle de la mine. Mais en 2004, LKBA [l’exploitant de la mine] a informé le gouvernement local que pour continuer à exploiter la mine, le minerai de fer devrait être extrait bien plus en profondeur, au risque de rendre instable une importante partie de la ville, y compris le centre ville. C’est là qu’a commencé le projet audacieux, compliqué et toujours en cours de déplacer le coeur de Kiruna, ses cinq mille maisons et sept cent mille mètres carrés d’espaces résidentiels et commerciaux, à trois kilomètres à l’est. La plupart des structures vont être détruites et reconstruites, mais dans certains cas – les maisons les plus anciennes par exemple ou l’église en bois, considérée un temps comme l’un des plus beaux monuments de Suède – seront désassemblées ou transportées tels quels à Kiruna 2.0

  • « How to move a town »Bloomberg Businessweek

 


Une ville à vendre

 

  • La ville de Mustang au Texas a été mise en vente pour quatre millions de dollars. La propriété de trente hectares possède quelques mobil-homes, un magasin, une station d’épuration, un immense hangar de 650 km2, un camion de pompiers. L’idée est de trouver « le bon propriétaire » pour essayer de faire renaître une communauté. Daily Mail

 


46 ans derrière les barreaux

  • Leslie Van Houten, 68 ans, dont 46 passés dans une cellule de la prison pour femmes de Chino en Californie pour les meurtres de Leno et Rosemary LaBianca en 1969 a obtenu une seconde liberté conditionnelle, un an après que la première ait été rejetée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown.
    C’est la dernière survivante des « girls » de la famille Manson, et la plus ancienne prisonnière des Etats-Unis.

 

 


Couverture du jour

  • Hillary Clinton pour la sortie de son dernier ouvrage, « What Happened », sorti cette semaine et consacré aux élections présidentielles et à la pire défaite de sa carrière, du parti démocrate et du pays:
     

    Tu peux rejeter la faute sur les données, sur le message, sur à peu près tout – mais j’étais la candidate.

Le kiosque du 10.07.17

 

1. Trumplandia

 

  • 3 semaines avant la pause estivale 
    Ni Donald Trump, ni le gouvernement, ni la majorité républicaine au Parlement n’ont réussi à voter une loi majeure depuis le 21 janvier dernier alors que le vote sur la réforme de la santé, toujours critiquée par plusieurs Sénateurs républicains, pourrait être reportée à la fin du mois d’août.
    La réforme fiscale et le plan d’infrastructure d’un billion de dollars, les deux grandes législations du président pourraient être reportées à l’année prochaine
     
    Axios

    Comme le rappelle Axios:

    A chaque fois que vous entendez l’administration Trump ou le Congrès se battre contre la hausse des cotisations de l’Affordable Care Act – ou Obamacare – ils parlent des problèmes de 7% de la population, ceux qui ont choisi de s’assurer individuellement à travers le marché des assurances, ou le « non group » [21,8 millions de personnes].

 

***

 

  • Nouveau rebondissement avec la Russie
    Le « Blockbuster » du New York Times ce week-end – qui devrait faire l’actualité de ce début de semaine à Washington, c’est la rencontre entre Trump Jr, Jared Kushner et Paul Manafort, en juin 2016, moment crucial de la campagne, avec une avocate russe proche du Kremlin.
    Le fils du président a d’abord expliqué qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les deux pays avant de confirmer qu’on leur avait promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate.

 

  • Pour John Marshall de Talking Points Memo:
     

    Le détail le plus important de cette histoire, c’est la source.
    Le Times rapporte qu’ils ont eu l’information de trois conseillers de la Maison Blanche, au courant de cette rencontre (….) La seule raison pour laquelle des alliés du président agissent de la sorte, c’est soit que d’autres informations comme celles-ci sont à venir, soit ils essayent de préparer l’opinion publique à quelque chose de plus grave.

     

    Le fils Trump a eu son heure de gloire sur le site du NYTimes.com hier

 

***

 

  • Pendant ce temps là, dans le monde merveilleux de Fox News, on suit les directives de Trump et on fait diversion en créant le « scandale » James Comey, l’ancien directeur du FBI viré par Trump, dont certains mémos dévoilés à la presse pour dénoncer les tentatives d’obstruction du président dans son enquête, contenaient des informations confidentielles.
    C’est faux, et « huit heures plus tard, Fox News n’est pas encore revenu sur ses propos », ni le président.
     

 
 


2. Les ennemis du président

 

  • Une information qui rassure dans Politico

    Ca fait moins de six mois que Donald Trump est président et l’un des principes organisateurs de ses actions politiques est évident: La vengeance.
    En privé, Trump a parlé de dépenser dix millions de dollars de sa poche pour battre un sénateur de son propre parti, Jeff Flake d’Arizona, selon deux sources présents lors de la conversation l’automne dernier.
    Plus récemment, le président s’est félicité des attaques lancées par un groupe de soutien de la Maison Blanche contre un autre sénateur républicain, Dean Heller du Nevada, qui avait critiqué le président.

 

  • Les implications pour 2018

    Les machinations en coulisses donnent une idée de l’approche de Trump en politique et comment elle pourrait remodeler les élections de mi-mandat en 2018. L’obsession de Trump envers la loyauté et son penchant à se souvenir de tous les affronts dont il a fait l’objet détermine son attitude envers ses ennemis politiques et les candidats de son propre parti, quitte à affaiblir leurs chances de réélection

 

 

 


Jared Kushner et le Qatar

 

  • La semaine commence bien pour le gendre du président, qui a participé en juin 2016 à un entretien dans la Trump Tower avec son beau-frère et le chef de campagne de Trump pensant récupérer des infos à charge contre Hillary Clinton.
    C’est la troisième fois qu’il oublie de mentionner un contact avec des proches du Kremlin.

 

  • The Intercept affirme aujourd’hui que Jared Kushner et son père, magnat de l’immobilier, ont essayé de convaincre un homme d’affaires qatari d’investir un demi milliard de dollars dans leur immeuble de la Cinquième Avenue à New York, la plus importante transaction immobilière de l’époque réalisée par le jeune Jared, 25 ans, en 2008, peu avant la crise financière, et alors que son père était en prison. 
     

    Trump a essayé vainement de trouver des financements ces dernières années avec les Qataris, mais il est difficile de nier l’importance que représente l’investissement de 666 Fifth Avenue pour [Jared] Kushner, sa compagnie et l’image de la famille dans l’immobilier. Sans apport extérieur ou redressement du marché, l’investissement pourrait devenir une perte de 500 millions de dollars.  

 

  • Les implications de cette transaction entre le Qatar et les Kushner?
    Il y a un mois, plusieurs pays du Golfe (Arabie Saoudite, émirats arabes unis, Egypte et le Bahreïn) ont coupé les ponts avec leur voisin du Qatar sous prétexte que le pays finançait le terrorisme. La dispute a été encouragée par Donald Trump, et Kushner « aurait un joué un rôle clé dans les coulisses pour durcir la position des Etats-Unis envers la nation ».

     

    Les révélations d’une transaction de 500 millions de dollars pose une question d’éthique. Si les discussions ne sont pas entièrement closes, ça veut dire que Jared utilise d’un côté le pouvoir de la diplomatie américaine pour affaiblir une petite nation, en essayant d’obtenir de l’autre côté un énorme capital pour son entreprise en difficulté.
    Si le marché est mort, un moyen de mettre pression sur d’autres investisseurs au nom de Kushner Companies [la compagnie familiale]

 

 

 


« The Newspaper Industry » contre le duopole Facebook-Google

 

  • La guerre est déclarée contre « la dominance duopolistique » de Google et Facebook sur la publicité en ligne: Les deux plate-formes ne créent aucun contenu mais récupèrent la plupart des dividendes de ceux qui les créent, les médias, « ce qui pourrait leur faire bien plus de mal que tout ce que le président écrit sur [eux sur] Twitter ».
    Pour éviter que le journalisme de qualité meurt, la News Media Alliance (NMA) qui représente deux mille journaux aux Etats-Unis et au Canada a décidé d’agir.

 

  • Le problème:
     

    Google et Facebook continuent d’accaparer le marché de la publicité en ligne, récupèrent des profits qui servaient auparavant à financer du journalisme de qualité que Google et Facebook offrent désormais gratuitement (…) Malgré les efforts de Google et Facebook pour soutenir le journalisme en aidant les organes de presse à trouver de nouveaux revenus, au bout du compte, ce sont les rois de la cour. Ceux qui fournissent l’information de qualité sont les quémandeurs et les serfs.

  • La solution
     

    Donc ce qu’on appelle la « newspaper industry » – qui inclut beaucoup de sites en ligne – s’est regroupée pour modifier l’équilibre des pouvoirs (…) et gagner le droit de négocier collectivement avec ces importantes plate-formes digitales.

  • Bottom Line
     

    Il s’agit ici de préserver le journalisme de qualité – cher à produire, et sous pression économique comme jamais auparavant – dans une époque marquée par des « reportages » bidons et gratuits sur des millions de votes illégaux qui obtiennent assez de succès pour mettre en place des initiatives fédérales.

 

 

 


5. Playbook, le newsletter la plus influente de Washington

 

 

  • Playbook, la newsletter de Politico « sur ce qui motive quotidiennement Washington » créée il y a quelques années par Mike Allen, parti fonder son propre site d’info, Axios (et une nouvelle et excellente newsletter) l’année dernière, a été brillamment reprise par trois journalistes, Daniel Lippman, Jake Sherman et Anna Palmer qui l’ont rendu plus populaire (35% d’abonnés en plus), lui ont ajouté une édition en début d’après midi, un podcast, et viennent de signer un ouvrage les coulisses de Washington intitulé « A Hill to Die On »
  • Ils ont des abonnés dans tous les Etats du pays, chez tous les sénateurs et les Représentants et bien entendu à la Maison Blanche, et bien entendu le Kiosque!
  • Interview des trois journalistes dans Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Reportage sur le gay rodeo en Pennsylvanie: « Ce n’est pas seulement du rodéo, c’est construire une communauté avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts » – The Washington Post

 

  • La série « Ohio Matters » dans le The Plain Dealer examine les problèmes nationaux importants à travers les yeux des habitants de plusieurs comtés d’Ohio pour en comprendre le microcosme.

 

  • 58% des Républicains et Rep-Indépendants affirment que les universités ont un mauvais effet sur le pays [une hausse de 45% depuis l’année dernière]. 72% des Démocrates et Dem-Indépendants affirment le contraire – Pew Research Center

    Pew Research Center