26.09.17

 

1. Obamacare survit

  • Le porte parole de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell a annoncé cet après midi qu’il retirait la dernière proposition de réforme de l’assurance santé préparée par Bill Cassidy et Lindsey Graham après l’annonce hier soir que leur collègue du Maine, Susan Collins voterait contre.
    Incapable d’assurer une majorité de 51 voix derrière la proposition, c’est la cinquième tentative ratée de supprimer Obamacare devant le Sénat.

 

  • Un coup dur pour le président qui en a fait l’une des promesses de son programme de campagne, mais surtout pour les Républicains, dont c’est l’obsession politique depuis son vote en 2010.
    Les Républicains ont le président, les deux majorités au Congrès et sont incapables de faire passer l’un des grands projets de leur parti.

 

  • Mitch McConnell n’a pas annoncé de nouvelle proposition de réforme et le prochain projet du Sénat devrait être la réforme fiscale

 


2. Pourquoi Obamacare survit

 

  • Charles Krauthammer, journaliste américain, célèbre pour ses chroniques politiques conservatrices, expliquait en mars dernier dans le Washington Post pourquoi est ce qu’il est difficile de supprimer un programme comme Obamacare:

    Une fois que quelque chose vous est donnée – par exemple l’assurance maladie pour vingt millions de personnes – vous pouvez l’enlevez mais à vos risques et périls. C’est pareil pour n’importe quelle aide du gouvernement, mais surtout pour l’assurance maladie.
    Il y a bien une raison pour laquelle aucune démocratie occidentale dotée d’un système nationale de santé ne l’a jamais abolit.
    Le génie de la gauche a été de continuer à élargir les aides de l’Etat en créant des nouvelles offres qui sont politiquement impossibles à supprimer (…)
    Les gens détestaient Obamacare pour son « autoritarisme », son incompétence et son coût. Mais en même temps, ses rédacteurs ont pris grand soin de créer de nouveaux bénéficiaires et de nouvelles attentes. Ce qui rend son retrait très compliqué. (…)
    L’idée qu’on puisse éradiquer les racines et les branches d’Obamacare est fantaisiste. Pour tous ses défauts catastrophiques, Obamacare a changé les attentes des gens. Il n’y a rien de gratuit.
    La ligne dure du parti républicain doit accepter que les Américains sont habitués à des aides en matière d’assurance santé, tout comme les modérés doivent accepter les histoires de ceux qui vont inévitablement y perdre dans cette réforme, C’est le prix politique à payer pour remplir cette promesse de sept ans d’abolir et de remplacer Obamacare

    « The Real World of Obamacare Repeal » – The Washington Post


3. Elections 2018: Guerre civile à droite

 

  • Le président a enchaîné les échecs aujourd’hui avec la défaite de Luther Strange, le candidat républicain qu’il avait soutenu pour remplacer Jeff Sessions parti à la justice. Le vainqueur est Roy Moore, soutenu par Breitbart, Steve Bannon, Sarah Palin et même Nigel Farage, l’ancien affreux du parti indépendant anglais et partisan du Brexit.
    Il affrontera le démocrate Doug Jones dans les urnes le 12 décembre prochain

 

  • Les résultats de cette élection sont importants pour plusieurs raisons:
    • La victoire d’un candidat anti-establishment soutenu par l’alt-right pourrait booster les ambitions de nombreux candidats pour les élections de mi-mandat en 2018 et aggraver les tensions à droite entre pro-GOP et anti-GOP
    • C’est un nouvel échec pour l’establishment du parti républicain, et notamment de Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui ont investi des millions de dollars dans la campagne pour aider Luther Strange et « rassurer ses collègues qu’ils pourraient survivre l’ère Trump »
    • L’influence de Trump sur les électeurs de droite a ses limites: ses électeurs n’ont pas respecté sa consigne de vote malgré un meeting haut-en-couleur en Alabama la semaine dernière. Trump a gagné la candidature républicaine et les élections présidentielles en s’imposant comme un outsider anti-establishment – une posture qu’il a dû abandonner depuis qu’il est président pour faire passer son programme … qui ne passe pas, et qui pourrait lui poser problème lors des futures élections.

      * « After Alabama, GOP anti-establishment wing declares all-out war in 2018 »Washington Post 

 


4. Espionnage légal

 

  • Le Department of Homeland Security en charge de toutes les questions d’immigration a publié une nouvelle mesure dans le « Federal Register », le Journal Officiel américain, concernant les immigrés vivant aux Etats-Unis et ceux naturalisés américains, qui autorise à partir du 18 octobre prochain la collecte de toutes les informations disponibles sur leurs médias sociaux nécessaires à leur « fichier d’immigration ».

 

  • Il s’agit non seulement d’une violation de la vie privée, une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à une éventuelle discrimination idéologique pour ceux qui aspirent à venir habiter aux Etats-Unis – Ou comment les médias sociaux peuvent être utilisés par le gouvernement au détriment de ses utilisateurs au nom d’une lutte contre le terrorisme qui n’a jamais encore fait ses preuves.* « People are worried about DHS Plans to Gather Social Media Info »Buzzfeed

 


5. Puerto Rico est une île et américaine

 

  • « Est-ce que Trump vient d’apprendre que Puerto Rico est américaine? » se demande sérieusement ce matin Jennifer Rubin dans le Washington Post devant le silence du président sur les ravages causés par l’ouragan Maria sur l’île des Caraïbes qui survit depuis est sans eau, ni électricité et dont 80% des terres cultivées sont aujourd’hui détruites.
  • Trump s’est réveillé hier soir après dîner, en évoquant la situation catastrophique de l’île, « qui souffrait déjà de mauvais infrastructures et d’une dette importante », « de milliards de dollars empruntés à Wall Street et aux banques et qui doivent être réglés ». Une référence à la crise économique à laquelle fait face l’île depuis plusieurs années mais qui n’a rien à voir avec la lenteur des secours face à la crise humanitaire.
  • Interrogé cet après midi sur la question, le président a affirmé que le gouverneur de l’île l’avait remercié pour l’excellent travail des autorités fédérales malgré les défis que posent l’envoi des secours sur une île, « au milieu de l’océan, qu’il est impossible d’atteindre en conduisant son camion »

 

 


6. Must Read: Mensonges à Twin Falls

 

Les articles des sites d’extrême droite sur l’affaire d’agression sexuelle

 

  • Durant l’été 2016, dans la ville de Twin Falls dans l’Idaho, l’agression sexuelle d’une jeune mineure blanche par deux jeunes réfugiés musulmans, également mineurs, a provoqué une vague de haine et de paranoïa sans précédent au sein de la population, à l’encontre des Musulmans, exacerbée la désinformation des médias d’extrême droite, le silence des autorités, la rhétorique raciste du candidat républicain, et même les publicités russes sur Facebook.
    « Ils sont incompatibles avec notre culture » a-t-elle affirmé. « Ils nous détestent. Ils ne veulent pas devenir Américains. Ils refusent de s’assimiler. Qu’est ce qu’il y a d’autre à voir? Quelle preuve de plus à apporter »
    C’était un meeting assez particulier mais Brown n’était davantage surpris. Quelques mois plus tôt, quand les militants anti-réfugiés ont commencé à s’organiser, il a essayé de comprendre leur point de vue. Il a lu Ann Coulter et a commencé à suivre des blogs anti-réfugiés. Ce soir là, tout ce qu’il avait lu, il l’entendait sortir de la bouche des voisins »

 

  • Les médias comme Breitbart se sont emparés du sujet pour mieux l’exploiter et servir leur idéologie raciste et anti-immigration laissant une communauté profondément divisée derrière elle et un journal local qui a sauvé la dignité de la ville. * « How Fake News Turned a Small Town Upside Down » – The New York Times magazine

 

 


7. Les news vont bien!

  • ABC, NBC et CNN crient victoire depuis la diffusion des audiences annuelles de leur programmes d’actualités s’en sont même vanté dans le Washington Post et le New York Times
  • Axios, le site d’informations spécialisé en politique et affaires lancé au début de l’année 2017 par l’un des anciens fondateurs de Politico, Jim VandeHei, et plusieurs de ses journalistes stars, Roy Schwartz, Mike Allen, Jonathan Swan, a décidé de retarder la mise en place de son abonnement annuel de dix mille dollars pour se concentrer sur la construction de la marque et la fidélisation des lecteurs.

    Schwartz n’a pas révélé quand l’abonnement serait lancé et quel genre d’informations il offrirait. Le défi pour l’éditeur est de trouver des informations assez uniques pour que des professionnels poussent leur entreprises à dépenser une telle somme.

    Axios compte 85 employés dont 40 dans la rédaction.

 

  • Le Washington Post profite de l’effet Trump et vient de dépasser le million d’abonnés en ligne, trois fois plus que les chiffre de l’an dernier.

 


8. IT, seconde partie

  • New Line, le label des studios Warner Bros, qui vient de réaliser la plus importante sortie jamais réalisée par un film (IT) lors d’un week-end de septembre (218 millions de dollars) a annoncé la sortie de la seconde partie en septembre 2019 sous la direction de Andy Muschietti.

9. La couverture du Jour

 

  • De Sports Illustrated sur la dernière polémique made-in-Trumplandia

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

Vous aussi, créer vos fake news!

 

Les fake news ont toujours existé sur internet mais les réseaux sociaux leur ont offert un rôle de premier plan durant la dernière campagne présidentielle américaine: Une source de revenu importante et un outil de propagande politique et de diffamation redoutable.
Depuis les sites de « make-your-own-fake-news » prolifèrent.

 

  • Les dernières élections présidentielles ont permis à des étudiants de se faire des centaines de milliers de dollars en bombardant les réseaux sociaux de fake news les plus farfelues contre Hillary Clinton et la campagne démocrate.
  • Aujourd’hui, n’importe quel internaute peut créer et propager ses fake news grâce à un site channel23news.com très facile d’utilisation qui donne à votre histoire l’apparence d’un article sérieux, se partage sur Facebook, Twitter et WhatsApp et peut mobiliser plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs.
  • Ce n’est qu’en cliquant sur l’article qu’on apprend en bas de page qu’il s’agit d’une « prank », une blague.

 

  • Buzzfeed News a dénombré une trentaine de sites identiques à celui de channel23news.com qui auraient diffusé plus de 3 000 faux articles en six langues différentes ces douze derniers mois, et ont été partagés 13 millions de fois.
  • Le site d’information a identifié le propriétaire de dix-neuf d’entre eux, un jeune américain de 25 ans originaire du Milwaukee qui cherchait à se faire de l’argent sur internet.
    Depuis la création de son premier site de création de fake news début janvier, il a publié 724 articles qui ont généré 2,5 millions de partages, réactions, et commentaires sur Facebook

 

  • L’un des premiers à avoir inventé ce genre de sites, c’est un français, Nicolas Gouriou, fondateur de Actualités.co en juillet 2014.
    Le principe semble inoffensif: « Rédige une blague et piège tous tes amis. Partage ta blague sur les réseaux sociaux pour piéger tes potes »,
    A l´époque, FranceTvInfo.fr avait dénoncé les dangers de ce genre de sites en plein crise du virus ébola.
    Selon Buzzfeed News, Mr Gouriou possède aujourd’hui onze sites de fausses infos à l’origine de 2 300 articles qui a mobilisé 10,5 millions d’internautes ces douze derniers mois sur Facebook.

 

  • Le principal intérêt de ces sites: De l’argent pour celui qui les gères et du divertissement pour ceux qui l’utilisent, mais le contenu qui est créé est difficile à contrôler et ses conséquences à prédire.
  • Si les fake news les plus populaires sont bénignes (« Beyoncé qui accouche de deux garçons » ou « une loi votée par Obama qui oblige les grand-parents à s’occuper de leurs petits-enfants »), d’autres sont plus vicieuses, à l’instar de ces restaurants indiens de Londres qui ont failli faire faillite après été faussement accusés de vendre de la viande humaine
    Les conséquences peuvent financières, psychologiques et sociales contre des adolescents, ou encore politiques contre des personnalités publiques ou des établissements scolaires, accusés d’actes ou de propos diffamatoires.

 

  • Facebook, montré du doigt pour avoir été incapable de limiter la propagation et l’influence des fake news durant les élections présidentielles américaines, tentent de mettre en place des logiciels qui identifient ces sites et leurs faux articles, et essayent de s’attaquer aux sources de revenus. Mais la tache est immense

le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Alex Jones: Brillant artiste ou dangereux complotiste?

 

Brian Jones, présentateur fou furieux d’Info Wars, un site internet et talk show politique alt-right dédié aux théories du complot que la victoire de Donald Trump a permis de propulser dans les médias mainstream, ne serait, selon son avocat qu’un personnage, « un artiste » qui réalise des performances.
 
Les prestations d’Alex Jones sont impressionnantes car elles sont toujours furieuses, colériques, exaltées, parfois incompréhensibles et rapidement fatigantes.
 
Libertarien enragé, originaire du Texas, comme beaucoup de ses confrères, il pense que l’American way of Life est menacé par les assauts de Washington, du gouvernement, des élites, des Démocrates, des médias, ces forces derrière « le nouvel ordre mondial » qu’il dénonce à travers ce que nous appelons les théories du complot dont il est l’un des plus importants défenseurs et représentants aux Etats-Unis.
 
 

Les théories du complot qui ont fait la réputation de Mr Jones:

  • Le PizzaGate: une pizzeria de Washington aurait un réseau pédophile géré par John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton.
  • Le massacre de l’école élémentaire de Sandy Hook n’a pas existé
  • Le gouvernement américain [Obama] aurait commandité le massacre de la discothèque The Pulse à Orlando en juin 2016.
  • Le FBI est responsable des attentats du marathon de Boston
  • L’ancien juge de la Cour Suprême des Etats-Unis, Anthony Scalia a été assassiné
  • 9/11 était un « inside job » plannifié par le gouvernement

 

Ca fait vingt ans qu’il véhicule la « paranoïa américaine moderne » selon laquelle le gouvernement en veut à sa « sacro-sainte » liberté individuelle sur ses shows radio et télé et a fini par convaincre des millions d’auditeurs et téléspectateurs, notamment chez les jeunes.
 

Alex Jones avec une mitraillette

 
Il est arrivé avant les autres et c’est ce qui renforce son influence dans la sphère des médias conservateurs et d’extrême droite: il est l’un des premiers à avoir utilisé la provocation attirer son audience et la désinformation pour la séduire. Une recette utilisée aujourd’hui par de nombreux sites alt-right, notamment Breitbart News.
 
Il n’est pas non plus un conservateur pur et dur: dans une interview accordée au magazine Esquire en 2013, il affirmait être pour le mariage pour tous, pour l’avortement, contre la peine de mort (« même s’il y croit ») car c’est une prérogative du gouvernement, et prenait la défense des immigrés sans-papiers soit-disant exploités par les grandes entreprises – avec l’accord tacite de l’Etat.
 
 

 
 
Ses propos ont eu tellement de succès qu’ils sont arrivés aux oreilles de Donald Trump le candidat républicain, qui est apparu dans son émission en décembre 2015 et y a salué « l’incroyable réputation » de l’animateur.
Quelques jours après sa victoire en novembre dernier, le président-élu a remercié personnellement Alex Jones du soutien que lui et son show (dont 90% des auditeurs seraient des supporters de Trump) lui avaient apporté – c’est d’ailleurs l’une des rares fois où l’on a d’ailleurs aperçu un Mr Jones plutôt calme et humble.

 
Si son avocat affirme que les crises de colères d’Alex Jones ne sont en fait que les performances d’un brillant artiste, c’est uniquement parce que son ex-femme l’accuse d’être une « personne instable » pour justifier la garde de leurs trois enfants.
Mr Jones avait utilisé la même excuse, il a parlé de « performance artistique » pour justifier début avril la violence de ses propos « déplacés » à l’encontre du parlementaire démocrate Adam Schiff qu’il a traité « archetypal cocksucker », « son of a bitch » et de « sucking globalist dick » (on vous laissera le traduire). 

 

L’acteur-animateur s’est également excusé il y a quelques semaines pour avoir soutenu la théorie conspirationiste du « pizzagate », selon laquelle une pizzeria de Washington D.C. abritait un réseau pédophile dirigé par l’ancien directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

Une « hoax » qui a bien failli mal se terminer puisque qu’un jeune de 28 ans a débarqué en décembre dernier un arme à la main pour tenter de faire la lumière sur ces rumeurs.
Emprisonné, il pourrait passer plusieurs années en prison.
 
Mais Alex Jones n’en reste pas moins fidèle à ses idées (« défendre la République, les frontières, le Second Amendement, … ») et à la façon de les communiquer, quitte à devoir présenter ses excuses plus tard: hier, il s’est défendu d’être un acteur, a reconnu utiliser des déguisements pour mieux faire passer certains messages, mais il est sérieux et croit dur comme fer en ce qu’il dit le reste du temps.

 

Le Secrétaire d’Etat snobe les journalistes et embarque en voyage officiel un site conser … pirationniste ?

 

Pour son premier déplacement officiel en Asie, cette semaine, le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson n’a pas invité l’équipe de reporters a voyagé avec lui. Le département d’Etat a expliqué qu’il n’y avait pas de place dans l’avion, un petit modèle choisi par « souci d’économie ».
Une démarche inhabituelle qui fragilise la relation traditionnelle entre représentants du gouvernement et la presse et qui pourrait compliquer le traitement médiatique de la politique étrangère du pays.

 

Il n’a invité qu’une seule journaliste à le suivre, Erin McPike, ancienne de CNN, qui travaille pour une start-up d’infos conservatrice destinée aux Millenials, Independent Journal Review, créée en 2012: une démarche qui a suscité beaucoup de frustration chez les médias traditionnels.
Le porte parole du Département d’Etat a indiqué que Mr Tillerson voulait inclure « davantage de représentation dans les médias américains » et offrir accès privilégié à ceux qui n’y ont pas l’habitude.
La plupart des journalistes, certains très vexés ont donc voyagé commercial pour se rendre au Japon, première étape du séjour.

Il s’agit ici d’une énième marque de distance prise envers la presse traditionnelle, qui n’a vraiment rien d’étonnant.

Sauf quand ledit site d’infos commet un énorme bourde au pire moment.

Politico a rapporté jeudi après midi qu’un autre journaliste de l’IJR, attaché aux affaires parlementaires, avait démissionné après la diffusion d’un article conspirationniste contre Barack Obama.
Joe Perticone, en rupture avec la ligne éditoriale du site, a supprimé toute référence à l’IJR sur son profil Twitter – la technique moderne pour démissionner d’un pure player.

 

La raison?
Un article posté ce matin qui établit une cause à effet entre la présence de Barack Obama à Hawaï et la décision du juge d’Honolulu, Derrick Watson, de suspendre la seconde travel ban proposée par le gouvernement – un mois après le revers de la première travel ban – sur des indices pour le moins originaux: Obama et Watson sont allés à Harvard en même temps, Obama a nommé ce juge et enfin l’ancien président a mangé dans un restaurant situé à côté de la cour de justice où travaille Mr Watson.

Les mêmes allégations de connivence entre les deux hommes ont été relayés par d’autres sites conspirationnistes à l’instar de InfoWars ou The Gateway Pundit.

L’article a été retiré depuis avec la note suivante: « IJR a publié un article qui ne correspond pas à nos standards traditionnels, ni ne représente les règles et la vision de IJR. Nous avons retiré cette histoire et nous regrettons profondément cette erreur. »
L’auteur de l’article s’est également excusé.

Ce n’est pas la première fois que le site rencontre ce genre de déconvenues: « La tension semble avoir lieu entre la création de contenu viral et la volonté de devenir un organe de presse respecté ».

Il y en a un qui le considère comme tel, c’est le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson.

Dimanche 19 février 2017: Les médias, ennemis du peuple US; La Suède « not good »; 31 jours de Trump; Frank Lloyd Wright et les 80’s

 

  1. Donald Trump ennemi des Etats-Unis

    Le président-candidat Trump a donné un meeting hier à Melbourne en Floride ou il a reçu le soutien de neuf mille supporters et en a profité pour développer sa stratégie anti-médias, au lendemain d’un tweet incendiaire et après une conférence de presse hallucinante jeudi.
    Vendredi, le Commander-in-Chief s’est encore une fois attaqué aux médias – précisément les trois grandes chaînes nationales, NBC, CBS, ABC et la chaîne d’infos, CNN ainsi que le « failing @nytimes » – en les qualifiant d’« ennemis du peuple américain » dans un tweet qui résonne comme une déclaration de guerre contre le quatrième pouvoir et la liberté d’expression inscrite dans le Premier Amendement.  Hier à Melbourne, il a cité les critiques, prises hors de leurs contexte original, de Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs du pays, contre la presse, « partie intégrante d’un système corrompu », a accusé les chaînes télés de ne pas filmer la foule qui s’était rassemblée pour le soutenir et a même invité un supporter sur scène pour faire ses louanges. 

  2. Les réactions ne se sont pas faites attendre

    Vendredi après midi, de nombreux journalistes comparaient les propos belliqueux de Trump contre les médias avec ceux de Nixon, en 1972, qui affirmait, en privé: « la presse est l’ennemie, l’establishment est l’ennemi, les professeurs sont les ennemis. » 
    Joe Scarborough, journaliste de l’émission Morning Joe, l’a traité de « fake president » pour avoir osé s’attaquer au premier Amendement. #NotTheEnnemy était la tendance sur Twitter vendredi et samedi.
    Une énième provocation de Trump pour rester le centre d’attention et de répulsion des journalistes à la veille de « President Day ». On notera encore une fois, et c’est devenu une habitude, le silence des Républicains qui préfèrent se taire plutôt que de devenir la cible du président sur Twitter.
    On plaint déjà le pauvre Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, qui va devoir répondre aux questions des journalistes mardi prochain.

     

  3. Les « alternative facts » de Suède

    Le sujet de plaisanterie ce matin c’est la Suède, citée la veille par le président:


    Il faut qu’on protège notre pays. Regardez ce qu’il se passe en Allemagne. Regardez ce qu’il se passe en Suède. La Suède Qui l’eût crû? Ils en ont accueilli trop. Ils ont des problèmes qu’ils n’ont jamais vu venir.

    Rien n’est arrivé en Suède cette semaine mais Trump a regardé l’émission de Tucker Carlson la veille sur Fox News à laquelle participait Ami Horowitz, documentariste de droite, qui présentait son dernier projet sur les violences commises par les réfugiés en Suède. Le pays a laissé entrer 200 000 réfugiés depuis 2015 mais aucune augmentation significative de la violence a été notée dans le pays.
    L’ancien premier ministre suédois, Carl Bildt, est allé sur Twitter pour moquer le président.

    Twitter

    D’autres Suédois plein d’humour reprenaient les propos de Trump avec le hashtag #lastNightInSweden

    Twitter /JeannaLStars

    Ce n’est pas la première fois que Donald Trump répète ce qu’il voit à la télé sans prendre la précaution de vérifie, et le troisième fait alternatif relayé par l’administration après le « Green Bowling Massacre » de Kellyanne Conway, le « shooting d’Atlanta » de Sean Spicer.

     

  4. Le chef de cabinet confirme les menaces de Trump sur la presse

    Samedi matin, Reince Priebus, chef de cabinet du président, invité de l’émission « Face the Nation » sur CBS, a affirmé que les Américains devaient prendre sérieusement les attaques de Trump contre les médias:

    Le problème c’est toutes ces fausses histoires qui circulent comme celle du New York Times, que [les proches de Trump] auraient eu des contacts avec la Russie [durant la campagne] ou celle du Wall Street Journal, que la communauté des renseignements ne divulguerait pas certaines informations [au président]. Les deux histoires sont fausses, exagérées, c’est du grand n’importe quoi.

    Ces « fake news » reposent pourtant sur des « vraies fuites » selon les propos du président en conférence de presse jeudi. La solution pour Mr Priebus serait tout simplement de citer le nom des sources:

    Je pense que les médias devraient arrêter de citer des sources anonymes. Mettez des noms sur vos feuilles de papier et imprimer les. Si les gens ne veulent pas mettre leur nom à côté des déclarations, ces déclarations ne devraient pas être publiées.

  5. Le premier mois de Trump en chiffres selon AP

    Merci Associated Press pour ce recap en chiffre du premier mois de Donald Trump:
    24: Décrets présidentiels et mémo signés (y compris le retrait du Traité Trans-pacifique et les lois pour l’abolition d’Obamacare)
    1: Un décret présidentiel bloqué, celui qui interdit pendant trois mois l’entrée sur le territoire américain de ressortissants de sept pays différents
    4: Lois qui ont été votées dont cette qui bloque la régulation interdisant de déverser les déchets de charbon dans les rivières alentours.
    6: Le nombre moyen de tweets quotidiens du compte Twitter personnel de Donald Trump
    25,1 millions: Les abonnés de Trump sur Twitter
    15,5 millions: Les abonnés du POTUS sur Twitter
    4: Visites de chefs d’Etats étrangers
    1: Visité annulée d’un chef d’Etat étranger (Mexique)
    1: Juge de la Cour Suprême nommé, Neil Gorsuch
    2: Mauvais choix du président: Andrew Puzder à renoncé à être  ministre du travail et Michael Flynn a démissionné de son poste de conseiller à la sécurité nationale.
    14: Membres du cabinet présidentiel qui ont été approuvés sur les 24.
    39%: des Américains soutiennent les actions du président Trump selon un sondage de Pew Research
    3: Weekends à Mar-a-Lago de Trump depuis son investiture

     

  6. La garde nationale pour chasser les « illégaux »

    Le mémo, publié vendredi par Associated Press, est l’ébauche d’un décret présidentiel qui obligerait des soldats de la garde nationale, la réserve de l’armée américaine, à servir la politique anti-immigration du président. Elle prévoit la mobilisation de cent mille soldats aux côtés des agents de l’immigration qui travaillent sur le long de la frontière mexicaine pour arrêter les immigrés sans papiers: les « Border Patrol » et les désormais fameuses unités de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) qui opèrent également dans les villes sanctuaires du pays.
    La Maison Blanche a démenti la décision mais pas l’authenticité du mémo.

  7. Jared Kushner contre CNN

    CNN est le média le plus détesté du président, « very fake news », et de son genre, Jared Kushner, 35ans, l’un de ses plus proches conseillers: Il s’est plaint du « traitement injuste » du chef de l’Etat auprès d’un des dirigeants de Time Warner, la compagnie parente de la chaîne d’infos, et jusqu’au président de CNN, Jeff Zucker. Ce dernier a offert à Mr Trump sa carrière à la télévision avec l’émission The Apprentice lancée en 2004 lorsqu’il était président de NBC Entertainement. Depuis le début de la campagne, les deux hommes sont en froid.
    En jeu dans cette dispute, la fusion de Time Warner avec le géant de la téléphonie, AT&T – un projet critiqué par le candidat républicain pendant la campagne et qu’il pourrait bloquer.

    Time Warner soutient l’indépendance de la chaîne câblée dont l’audience a augmenté de 50% cette année chez les 25-54 ans.

  8. On vous conseille: « The last original Frank Lloyd Owners » Wall Street Journal

    Durant sa carrière, l’architecte américain Frank Lloyd Wright a imaginé les plans d’un millier de structures différentes, dont la moitié a vu le jour: Eglises, écoles, gratte-ciels, hôtels, musées (le Guggenheim) et quelques trois cents maisons, dont cinq restent aujourd’hui encore aux mains des premiers propriétaires, deux couples, un veuf et deux veuves tous nonagénaires: ils ont tous réussi à convaincre l’architecte de leur construire leur maison, toutes sont restées en l’état cinquante ans plus tard et continuent de les inspirer quotidiennement.

  9. La couverture du jour:

    Le guide télé du Guardian s’intéresse cette semaine à notre passion pour les années 80 avec une couverture hommage à Stranger Things dont la deuxième saison sera diffusée sur Netflix, en octobre prochain.
    L’idée: Hollywood est devenu très conservateur ces trente dernières années dans les thèmes de ses films qui doivent plaire à un public oriental et occidental, et sont très chers à promouvoir: Le plus petit dénominateur commun à ces exigences est le « blockbuster franchisé ».
    « C’est pourquoi les salles de cinéma sont remplies de films de super-héros interchangeables plutôt que des films plus modestes encrés dans la vie de tous les jours comme The Breakfast Club »

    The Guardian – Guide. Février 2017

Samedi 4 février 2017: Washington souffle, le NYtimes vs. Trump et Breitbart boycotté

 

  • La politique étrangère de Trump dans la continuité de celle d’Obama.
    Après le désastre de la « Travel Ban » orchestré par Steve Bannon et son acolyte, Stephen Miller, la semaine dernière, le Conseil de la Sécurité des Etats-Unis a repris les commandes de la politique étrangère et opéré des changements plutôt inattendus, qui s’inscrivent dans la continuité de celle de Barack Obama:
    1. Trump a demandé au gouvernement israélien d’arrêter l’expansion des colonies juives au delà des frontières actuelles de Jérusalem Est et des territoires occupés.
    2. De nouvelles sanctions sont imposées à l’Iran sur son programme de missiles balistiques mais pas sur celui sur le nucléaire est pour le moment épargné.

    3. Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU a condamné l’ingérence de Poutine en Ukraine et demandé le retrait immédiat des troupes russes de Crimée.
  • Le boycott de Breitbart continue.
    Sleeping Giants, une organisation née au lendemain du 8 novembre pour « stopper les sites racistes, antisémites, sexistes, et homophobes en attaquant leurs revenus publicitaires » a fait parler d’elle début décembre quand Kellogg’s a décidé de retirer ses pubs. Depuis 820 entreprises ont choisi de retirer leurs publicités de Breitbart, et parmi elles, BMW, Visa, Vimeo, T-Mobile, Nestlé ou encore Lyft.

    Cette démarche ne va pas ruiner Breitbart, et ses encarts publicitaires sont toujours remplis, notamment par Amazon, Uber ou AT&T; mais les revenus engendrés par ces publicités, qui dépendent des clics des internautes, seront moindres si les annonceurs sont plus limités et moins reconnus. 
  • The Guardian, l’un des plus importants sites internet d’infos et gratuit (40 millions de visiteurs mensuels) a créé un service d’inscriptions en ligne en 2014 qui a atteint les 200 000 abonnés en 2016. Le site du Guardian n’a pas de Paywall qui limite le nombre d’articles lus chaque mois, dont « les gens qui s’abonnent ne bénéficient pas de contenu exclusif et ils le font parce qu’ils pensent qu’il est important que le journalisme du Guardian reste gratuit » explique David Magliano, le directeur général du quotidien, à Digiday. Le quotidien à également reçu 100 000 contributions de lecteurs qui ont répondu positivement aux appels de dons.
    Leur objectif est d’atteindre un million d’abonnés en avril 2019.
  • Avant la diffusion du rendez-vous sportif de l’année, le Super Bowl, dimanche après midi, La chaîne Fox a programmé dans la matinée une interview exclusive de Donald Trump avec son présentateur star, Bill O’Reilly enregistrée hier à Mar-a-Lago, sa résidence de Palm Beach en Floride, où le président passe le weekend.
    Le Commander-in-Chief pensait que son interview serait diffusée pendant le Half-Time, mais la fameuse tranche horaire est devenu depuis les années 90, le show musical incontournable de la pop culture US, animé cette année par Lady Gaga.

    Mr O’Reilly, qui connaît Trump depuis trente ans, l’aurait avisé, hors caméra, de montrer un peu plus de patience et de retenu envers les critiques et ses adversaires qui pourraient chercher à la destituer.
  • Washington peut respirer le temps d’un weekend.
    Donald passe le weekend à Mar-a-Lago après deux premières semaines intenses à la Maison Blanche et Washington peut respirer à nouveau. Mais le président n’en n’a pas pour autant oublier de tweeter sur différents sujets entre hier soir et ce matin: les taxes imposées sur les produits américains à l’étranger, les pays du Moyen Orient « qui sont d’accords avec la [travel] ban », sur la décision « ridicule » du juge de Seattle de la bloquer « temporairement », et enfin sur sa cible préférée, le « FAKE NEWS @nytimes ». Ce matin, le quotidien a publié en une un article affirmant qu’il « était toujours étroitement lié à son empire ».
  • National Review a publié sur sa page Facebook hier un article de Conservative Review qui encense la façon dont Ronald Reagan a géré les émeutes étudiantes de Berkeley en 1969 lorsqu’il était gouverneur de Californie. Les forces de l’ordre à qui il avait demandé d' »utiliser tous les moyens nécessaires pour ramener le calme » avaient tué un étudiant et blessé 120 autres. « C’est la façon dont les manifestants anti-Trump qui détruisent la propriété, bloquent la circulation et insultent la police doivent être gérés ». L’article a été publié le 10 novembre dernier après les manifestations qui ont suivi l’élection de Donald Trump dans certaines universités et reposté à l’occasion des violences qui ont eu lieu à UC Berkeley cette semaine contre l’apparition du journaliste alt-right, Milo Yiannopoulos, qui a du être annulée.

         

  • La gauche est la proie d’un phénomène réservé – presque – jusqu’ici aux supporteurs de Donald Trump, les « fake news » nous explique The Atlantic. Rien à voir avec l’amplitude des trois mois qui ont précédé les élections mais beaucoup d’intox circule désormais sur les réseaux sociaux, directement inspirée par le comportement imprévisible de Trump et la confusion créée par la nouvelle administration ces deux dernières semaines, à l’instar du Palmer Report, du compte Twitter @RoguePOTUSStaff, selon le site internet est spécialisé dans la dénonciation des « fake news », snopes.com.
  • Le « White House Correspondant Dinner » tombe à l’eau.
    L’un des plus importants diners de gala de Washington qui réunit chaque année la crème des médias, de Hollywood et des politiques, est boycotté par deux de ses principaux sponsors, le New Yorker, qui a annulé la réception de la veille et Vanity Fair qui s’est retiré de l’organisation de l’After Party très exclusive qui a lieu dans la résidence de l’ambassadeur français, et désormais sous la seule responsabilité de Bloomberg Businessweek.

    Donald Trump n’a pas non plus confirmé sa présence compte tenu de ses relations conflictuelles avec les médias. Le seul intérêt de cette soirée sera sans doute la soirée « alternative » organisée par Samantha Bee, qui aura lieu le même soir, le 29 avril, dans la capitale

Le Kiosque du vendredi 16 décembre 2016

 

 

Mini récession autour de la Trump Tower

Depuis les élections du 8 novembre dernier, la victoire de Trump et sa décision de gérer la transition depuis la Trump Tower, situé Midtown, en dessous de Central Park sur la cinquième Avenue, l’une des plus touristiques et les plus riches du monde, c’est un quartier tout entier qui est entré dans une mini-récession.
Le système de sécurité, les barrages de police et checkpoints de part et d’autres de la tour créé des embouteillages monstres entre le quartier nord, Upper East Side et le sud de la ville.
Mais ce sont également les commerces, boutiques de luxe et restaurants qui patissent de la situation, avec une baisse générale de fréquentation ces cinq dernières semaines, que ce soit à dans le très chic Barney’s ou les chaînes de restaurant comme Hale & Hearty.
Plus vite Trump aura déménagé de la ville, plus ravis seront les New Yorkais de reprendre une vi(ll)e – presque – normal. Il faudra attendre un peu plus longtemps puisque la future First Lady a décidé de rester en ville pour terminer l’année scolaire du plus jeune des Trump, Barron, 10ans.

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Conflits d’intérêts en veux tu, en voilà

Trump a annoncé qu’il allait transférer la gestion de ses affaires à ses enfants, même s’il continue à affirmer que la position de président des Etats-Unis ne l’y oblige pas. Les conditions dans lesquelles Eric et Donald Jr vont conduire les affaires de leur père est lui aussi très flou, et l’étanchéité entre les intérêts du pays et ceux de papa sont très minces.
A l’instar du « Tech Summit » qui s’est tenu dans la Trump Tower mardi avec les principaux dirigeants des plus grandes compagnies de la Silicon Valley que le président à demandé à rencontrer et auxquels ont participé les enfants Trump, Eric, Donald Jr et Ivanka.
C’est le site ThinkProgress qui dénonçait hier un autre exemple de cette collusion évidente qui inquiète les Démocrates mais peu les Républicains, effrayés par leur nouveau patron et réticents à s’intéresser au problème. 

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Guide pratique pour résister à la présidence de Trump

Des anciens personnels du Congrès Américain ont préparé et diffusé sur Google Docs, un guide intitulé « Indivisible: A Practical Guide for Resisting the Trump Agenda » qui explique « point par point » aux « individus, groupes et organisations » comment « avoir le pouvoir de résister – et celui de gagner » ces quatre prochaines années.


Il suffit de reproduire les stratégies mises en place par les Tea Party auprès du Congrès pendant la période Obama:

Nous avons vu ces activistes s’en prendre à un président populaire doté d’une importante majorité au Congrès. On les a vu s’organiser localement et convaincre leurs membres du Congrès de rejeter le programme du président Obama. Leurs idées étaient mauvaises, cruelles, et teintées de racisme – Elles ont gagné. (…)
Trump n’est pas populaire (…) Il n’a pas de mandat, il possède une petite marge au Congrès.
Si une petite minorité du Tea Party peut stopper le président Barack Obama, alors, nous, la majorité pouvons stopper un petit tyran comme Trump

Le message est clair et précis et comme des commentateurs l’ont déjà écrit, Démocrates et progressistes doivent se battre de la même manière que les Républicains l’ont fait à l’encontre du président sortant: Pas de compromis, une opposition systématique contre Donald Trump, une défenses des acquis (et non pas la défense d’un programme) et une organisation sur le terrain autour d’un élu (Member of Congress) qui défendra les intérêts de ses partisans – pour pouvoir être réélu.
Le document long de 23 pages est un mode d’emploi pour « protéger nos valeurs et nos voisins, qui demande une résistance importante à l’encontre de la politique de Trump – mais une résistance basée sur les valeurs de l’intégration, de la tolérance et de la justice »

Le changement n’arrivera pas si nous attendons quelqu’un d’autre ou repoussons à plus tard. Nous sommes ceux que nous attendons. Nous sommes le changement que nous recherchons

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Facebook dans le colimateur de breitbart

Facebook a annoncé la mise en place d’un contrôle plus strict du contenu partagé sur sa plate forme pour lutter notamment contre les fake news.
Mais comme le rapporte Quartz, « plutôt que d’engager des équipes internes qui jugeront de la validité de telle ou telle histoire » mais aussi pour éviter d’être taxé « d’arbitre de la vérité », la compagnie a décidé de s’associer avec des organisations tiers en charge de vérifer les faits – Politifact, Snopes et le Washington Post – qui « adhèrent aux standards établis par le International Fact-Checking Network (IFCN) du site journalisitique Poynter.

Le problème pour le site alt-right Breitbart.com, c’est que le IFCN « est ouvertement financé par les fondations de George Soros, Bill & Melinda Gates, Google et le National Endowment for Democracy, qui sont tous de gauche. Le site note également que Poynter compte parmi ses donateurs la fondation Craig Newmark, du créateur de Craigslist, qui finance d’autres associations de gauche comme le Sierra Club (pour la protection de l’environnement), le New America Fondation, et le Sunlight Foundation, ainsi que le Center for Public Integrity.
L’initiative de Facebook qui vise à se débarasser des fake news tomberait de facto dans la sphère d’influence libérale et progressiste et viserait à censurer le genre d’infos diffusé par Breitbart et d’autres sites alt-right.

Le Kiosque du mercredi 14 décembre 2016

Le département de l’Energie protège ses employés contre Trump

L’administration Trump, qui n’a jamais caché ses doutes sur le Global Warming, « une propagande des Démocrates » selon certains Républicains, a fait passer la semaine dernière au département de l’Energie un document de 74 questions, dont l’une des requêtes, plutôt inhabituelle, est d’obtenir les noms de tous ceux qui ont participé à la mise en place de politiques environnementales contre le réchauffement climatique.
Comme l’explique une journaliste de NPR:

L’équipe de Trump veut les noms des employés et contractuels qui ont participé à des discussions sur le climat à l’ONU ces cinq dernières années. Elle exige également les emails de ces meetings.

Une demande qui a inquiété les treize mille fonctionnaires de l’agence qui craignent d’être l’objet d’une chasse aux sorcières ou d’une purge de la part de leur futur Secrétaire, Rick Perry, qui a affirmé en 2011 vouloir tout simplement se débarrasser de l’agence et qu’il doit désormais diriger.
Ces employés fédéraux sont protégés par des lois interdisant de licencier des individus pour leur appartenance politique.

Extrait du questionnaire envoyé par l’équipe de transition de Trump au Departement à l’Energie américain

Le porte parole du département, Eben Burnham-Snyder a fermement refusé hier:

Nos effectifs, y compris les contractuels et les employés de nos laboratoire constituent le piler du Département à l’Energie et du travail nécessaire que l’Agence apporte au peuple américain. Nous allons respecter le professionnalisme et l’intégrité scientifique ainsi que l’indépendance de nos laboratoires et ce à travers l’ensemble du département.
Nous fournirons toutes les informations publiques disponibles à l’équipe de transition. Mais nous ne fournirons aucun nom d’individus à l’équipe de transition.

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Un autre oléoduc du Dakota du Nord fui

Les craintes des environnementalistes et tribus autochtones devant la construction de l’oléoduc du Dakota Access qui a été suspendu – pour le moment – par l’administration Obama, étaient fondées.
Le Huffington Post rapporte lundi que l’oléoduc de Belle Fourche, à 200 km au nord de Standing Rock, aurait déversé 500 000 litres de pétrole pur dans un lointain affluent de la rivière Missouri. 150 000 litres se seraient également déversés au pied d’une colline difficile d’accès, selon le Département de la Santé de l’Etat.
La fuite, découverte le 5 décembre dernier par un propriétaire de la région, n’avait pas été détectée par la compagnie en charge du contrôle et le sécurité de l’oléoduc.
Les opérations de nettoyage sont en cours ainsi qu’un enquête pour déterminer les raisons de la fuite.
En janvier 2015, un autre oléoduc de la même compagnie avait fui déversant 100 000 litres de pétrole dans la rivière du yellowstone et contaminé l’eau potable de la ville de Glendive dans le Montana.

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Slate créé un outil pour empêcher la diffusion des fake news

Il s’agit d’un « nouvel outil » créé par Slate et géré par les éditeurs de Slate pour aider les internautes à « identifier, discréditer et plus important combattre la prolifération des infos bidons. » 
C’est une extension de Google Chrome appelée « This is fake » – inutilisable sur internet Explorer, ni Safari ou Firefox.

Le point de vue n’est pas seulement de repérer les infos bidons, vous le savez lorsque vous les voyez. C’est pour vous rappeler qu’à chaque fois que vous voyez des infos bidons dans votre fil d’information, vous avez l’opportunité de stopper une circulation « virale » à l’intérieur de votre réseau et au delà.

L’outil de Slate permettant d’éviter la diffusion d’infos bidons sur les réseaux sociaux et internet. « This is fake »

C’est un projet participatif qui ne réussira que si les internautes jouent le jeu et dénoncent les fake news qu’ils en voient.
Le problème c’est que les gens qui lisent les quotidiens sérieux et vérifient leur sources sont moins à même de tomber dans leur fil d’infos Facebook, Twitter ou dans leur moteur de recherche sur des sites d’infos bidons.
Ceux, au contraire, qui sont adeptes de ce genre d’intox, a accepter que ce qu’ils pensent être vrai est faux. Pour les aider, Slate donne une définition précise de fake news: ce sont des histoires qui veulent à des articles d’information mais dont les « évènements clés » ont été inventés par leur auteur.

The Press Register – Edition du mercredi 14 décembre 2016

Sauf que comme le rapporte The Press Register ce matin, 81% des adultes ne s’entendent même pas sur la définition de ce que sont les faits.
Enfin Slate s’engage à appliquer les mêmes standards de contrôle aux intox « libérales » et « conservatrices » et espère que les utilisateurs s’en serviront pas pour discriminer les opinions qui ne sont pas les leurs.