Le Kiosque du 09.07.17: Comey Superstar – Melania & Barron à la WH – La Chasse aux « fuites » – Chelsea Manning parle – L’emplacement le + cher d’internet?

 

Comey vole la vedette à Trump

New York Times
  • L’audition du directeur du FBI devant la Commission Judiciaire du Sénat a eu lieu hier matin
       

    • N’a pas empiré les affaires de Donald Trump mais a confirmé ce que pensent la plupart des Américains, de la presse et du reste du monde: C’est un menteur qui viré le directeur du FBI et essayé d’entacher la réputation du Bureau pour essayer d’étouffer l’enquête en cours sur les collusions entre des aides de Trump et les Russes pendant les élections.
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    • L’état de délabrement de cette jeune présidence est telle que la Maison Blanche a considéré le témoignage de Comey comme une victoire, et la seule chose que le président a retenu sur Twitter ce matin, c’est que James Comey est à l’origine de la fuite de ses memos – une décision prise après les menaces proférées par le président sur les réseaux sociaux concernant d’éventuels enregistrements de leurs conversations.
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    • Mike Allen de Axios
       

      C’est pas la fin mais le début d’un long et pénible procès pour la Maison Blanche de Trump. Ce qu’ils craignent le plus c’est l’implication de certaines figures dans l’orbite de Trump, et ce que les enquêteurs pourraient trouver dans les différents meetings qu’ils ont eu avec les Russes

       

    • Sur la corde raide: Jeff Sessions, qui témoigne mardi prochain, aurait omis de révéler un troisième meeting avec l’ambassadeur russe pendant la campagne présidentielle, et Jared Kushner devrait également témoigner ce mois-ci devant la Commission permanente du Sénat dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américain.

     

  • Nous n’aurions jamais pu apprendre tout ce qu’a bien voulu dévoiler James Comey s’il n’avait pas été viré par le président. Encore une fois, c’est Donald Trump qui s’est lui-même mis dans l’embarras. 

 

 


Un grand moment de télé

Chip Somodevilla/Getty Images
  • La diffusion mercredi après midi de la déclaration écrite de James Comey qui détaille avec précision ses interactions avec le president Trump (« J’exige de la loyauté ») a transformé une curiosité de la « Beltway » (Washington D.C.) et en un épisode en direct de télé-réalité » suivi par l’ensemble du pays.
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  • De nombreuses entreprises avaient annulé rendez vous et réunions pour laisser leurs employés regarder le témoignage de l’ancien directeur du FBI sur grand écran. The New York Times
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  • L’interview de James Comey a été relayé par l’ensemble des médias d’information « qui se sont tous arrêtés en même temps pour se concentrer collectivement sur cette audition.
    Dans une monde d’actualités souvent fragmenté, rarement on a assisté à une telle unanimité autour d’un évènement » – The Washington Post
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  • C’est l’un de ces grands « moments politico-culturels » comme l’ont été auparavant le témoignage de Anita Hill contre le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis Clarence Thomas (voir le film de HBO) ou l’audition de McCarthy contre l’armée américaine en 1954.
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  • « Le témoignage de James Comey rejoins le panthéon des moments les plus dramatiques du Congrès » affirme Politico, qui retrace tous les précédents.
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  • Etude intéressante du Washington Post sur les commentaires des chaînes télé (Fox News, MSNBC, et CNN) pendant le témoignage, et les différentes interprétations

 


Melania & Barron déménagent

 

Getty

 

  • C’est la fin de l’année scolaire aux Etats-Unis et comme prévu, Melania et Barron vont rejoindre Donald Trump à la Maison Blanche, pour de bon, le 14 juin prochain.
    Le fils du président, 11ans, sera scolarisé dans une école privée du Maryland l’année prochaine, St. Andrew’s Episcopal School de Potomac, à trente minutes en voiture de Washington.
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  • La présence de la First Lady devrait « apporter un peu de normalité à une présidence dont le style et la substance sont anormales ».
     

    L’installation tant attendue et permanente est vue par la Maison Blanche comme un changement potentiel majeur pour un président de plus en plus déprimé par son travail, qui libère ses frustrations sur ses conseillers et qui se venge de la façon dont il est traité sur Twitter.

     

  • Tous les proches de Trump parient sur la présence de Melania pour calmer et raisonner davantage le président
  • « Melania set to make her D.C. move next week » – Politico

 

 


La chasse aux « fuites » inquiètent les journalistes et les sources

 

Reality Leigh Winner

 

  • Reality Leigh Winner, 25ans arrêtée samedi dernier pour avoir communiqué à The Intercept des documents secrets de la NSA, serait effrayée à l’idée de passer les dix prochaines années de sa vie en prison.
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  • Selon le procureur, Winner aurait indiqué à ses parents depuis la prison, comment la faire passer pour une 
    « néophyte » inconsciente du danger et des répercussions de ses actions – ce qu’il ont fait avec brio sur CNN cette semaine – Washington Examiner
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  • Elle devrait recevoir une peine exemplaire pour dissuader tous ceux qui voudraient continuer à alimenter la presse et agacer le président – Red State
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  • Le travail des journalistes spécialisés dans les questions de sécurité nationale, qui communiquent avec des sources anonymes et obtiennent des informations confidentielles est de plus en plus risqué et compliqué:
     

    D’un côté, il existe un nombre important de fonctionnaires qui veulent aider clandestinement les journalistes. De l’autre côté, il y a l’effort très agressif du gouvernement d’arrêter ces employés

     

  • A savoir maintenant, « jusqu’où sont prêts à aller les agences gouvernementales pour arrêter le flot d’informations qu’elles n’aiment pas? » – CNN

 


Première interview de Chelsea Manning

ABC
  • Quelques semaines après sa libération, après sept années de prison dont plusieurs en isolement, un changement de sexe et une grâce présidentielle, Chelsea Manning, a donné sa première interview exclusive à la chaîne américaine ABC.
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  • En 2010, Bradley Manning a récupéré plus 700 000 documents confidentiels sur la guerre en Irak et en Afghanistan et les a donné à Wikileaks qui les a diffusés en partenariat avec le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et Le Monde.
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  • Manning a été accusée de trahison pour avoir divulgué des informations aux ennemis des Etats-Unis. Lui parle de responsabilité de révéler « la mort, la destruction, les massacres » pour provoquer un débat dans le pays, et pour sensibiliser les Américains.
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  • Chelsea Manning a obtenu un traitement aux hormones à partir de 2015 après cinq années de bataille juridique, une grève de la faim et deux tentatives de suicide, et un changement de sexe en 2016 – le premier prisonnier à recevoir ce genre d’opération.
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  • Chelsea Manning a été orginellement condamnée à 35 ans prison. Elle remercie Barack Obama de l’avoir graciée et « lui avoir une seconde chance »

 


L’emplacement le plus cher d’internet

 

Twitter

 

  • L’emplacement le plus cher et le plus prisé d’internet? Les commentaires qui apparaissent en dessous des tweets de Donald Trump sur son fil d’information.
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  • Il existe des centaines de milliers d’internautes, pro ou anti-Trump, dans les starting-block pour répondre le plus rapidement au président et voir leurs commentaires apparaître et être lus par ses 31 millions d’abonnés: Ce qui implique des « likes » et « retweets », des profils scrutées, des réponses et de nouveaux abonnés
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  • Exemple:
    En janvier, Mike Elgan, un écrivain, a répondu à un tweet de Trump dans les dix secondes qui ont suivi sa diffusion: Il a été diffusé sur 800 000 autres fils d’informations et reçu 24 000 notifications en quelques heures seulement et en 24 heures, il a reçu 300 abonnés supplémentaires
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  • Mike Cernovitch, un chante de la « new right » et grand supporter de Trump, confirme que c’est la meilleure tactique pour devenir une personnalité politique influente sur Twitter.
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  • Le meilleur moment pour attendre un tweet de Trump: 6 hrs du matin, lorsque le président se lève.
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  • « Inside the Chaotic Battle to be the Top Reply to a Trump Tweet » – Buzzfeed

 

 


Le reste de l’actualité

  • Greg Gianforte, le républicain qui vient de remporter son siège de Représentant à Washington de l’Etat du Montana, et qui a agressé un journaliste du Guardian la veille de sa victoire, a donné 50 000 dollars à une association pour la liberté de la pressePolitico
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  • La bataille électorale fait rage dans le 6ème district de Géorgie qui oppose le jeune démocrate Jon Ossoff contre la candidate républicaine Karen Handel. Ossoff a récolté plus de 23 millions de dollars de contributions en quelques mois et la campagne des deux candidats totalise aujourd’hui 40 millions, la somme la plus importante jamais dépensée pour l’élection d’un ReprésentantPolitico
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  • On en a parlé lors de son ouverture l’année dernière, The Wing est l’un de ses clubs et espaces de travail exclusivement réservés aux femmes, et ça marche du tonnerre – Village Voice

 


Couverture du Jour

Barry Blitt, le caricaturiste de Donald Trump pour le New Yorker revient avec une nouvelle couverture inspirée par les le film de Charlie Chaplin, « Les Temps Modernes ». L’atmosphère ambiante nous aurait davantage fait penser au Dictateur mais c’est un beau dessin!
 

le kiosque du 09.05.17: You’re fired!

 

 

  • Trump vire le directeur du FBI qui enquêtait l’ingérence russe pendant les élections présidentielles

    On en vient vraiment à se demander si Donald Trump ne prendrait pas les Démocrates et le reste de la population américaine pour des imbéciles et des ignorants.
     

    Lettre de renvoi du président Trump au directeur du FBI, James Comey

     
    Le président américain a viré mardi après midi le directeur du FBI après avoir « suivi » les recommandations de son ministre de la justice, Jeff Sessions, selon lesquelles il serait incapable de gérer efficacement l’agence de renseignements.
     
    James Comey tient, malgré lui, le haut de l’affiche depuis la campagne présidentielle lorsqu’il a d’abord suscité la colère des Républicains en disculpant Hillary Clinton dans l’enquête sur sa messagerie privée, puis provoqué la haine des Démocrates en décidant le 27 octobre 2016, 11 jours avant le scrutin, de rouvrir cette même enquête après la découverte de nouveaux emails dans l’ordinateur du bras droit de Clinton, Huma Abedin.
     
    Une démarche, saluée à l’époque par le candidat républicain, qui aurait provoqué la défaite de la candidate démocrate aux élections.

     
    James Comey a d’ailleurs défendu cette décision devant le comité judiciaire du Sénat américain la semaine dernière en expliquant que Mme Abedin aurait « forwardé » à son mari, Anthony Weiner, des milliers de emails susceptibles de contenir des informations confidentielles – Le Bureau a rectifié les propos de Comey en précisant qu’il ne s’agissait que de deux chaînes de emails.
     
    C’est cette erreur et la gestion globale de l’enquête sur Hillary Clinton – close l’année dernière – qui aurait convaincu l’administration de tourner la page de l’ère Comey.

     
    La décision rarissime de Jeff Sessions, qui s’est récusé début avril de toute investigation sur la campagne du président ou sur celle d’Hillary Clinton, de demander le renvoi du directeur du FBI qui enquête actuellement sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, est un abus de pouvoir de l’administration qui peine à cacher l’ambition d’étouffer l’affaire – Trump insiste lourdement depuis plusieurs jours sur l’absence de preuve et qualifie cette enquête de « charade » aux frais du contribuable.

     



    Les Démocrates ont immédiatement demandé la mise en place d’une commission indépendante pour poursuivre l’enquête car « il est impossible de faire confiance à l’entourage du président. »
     
    Les Républicains ont été discrets comme d’habitude, ont soutenu le président et certains ont même demandé à ce que Hillary Clinton soit finalement inculpée.
    Quant aux agents et employés du FBI, ils ont été très surpris de la nouvelle apprise sur les chaînes d’info (comme leur directeur) – On pourrait d’ailleurs s’attendre à des fuites de la part du Bureau ces prochains jours contre le président et son entourage.

    Encore une fois, l’administration affirme qu’il n’y a rien à voir mais agit comme s’il y avait tout à cacher.

     

 

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  • « Yates we can »

    Sally Yates, ancienne procureure générale adjointe du président Obama, est à la une de tous les quotidiens aujourd’hui après une entrevue assez mouvementée devant le Sénat lundi après midi pour répondre à deux épisodes qui ont défavorablement marqué les premières semaines de l’administration Trump et lui ont coûté son renvoi précipité:
     
       * Quelques jours après l’investiture de Donald Trump, elle a prévenu le président que son conseiller à la Sécurité Nationale, Michael Flynn, avait menti au vice-président Mike Pence sur la nature de ses relations avec l’ambassadeur russe à Washington et qu’il aurait pu être l’objet d’un chantage des autorités russes, elles aussi au courant.
     
    Donald Trump n’a rien fait jusqu’à ce que les révélations de Mme Yates apparaissent en une du Washington Post, deux semaines plus tard, et poussent Flynn à la démission – fuites dont elle affirme ne pas être l’auteur.

    La justification de Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche mardi après midi sont édifiantes: ils n’auraient pas accordé d’intérêt « aux déclarations » (il s’agit des discussions ultra confidentielles impliquant la sécurité du pays) de Mme Yates parce qu’elle était démocrate.
    Le président Obama, qui a précipité le départ de Flynn de la Defense Intelligence Agency, l’une des agences du renseignement des Etats-Unis, en 2014, a conseillé au président-élu le lendemain de son élection se méfier de lui: Trump a répondu en offrant à Flynn l’une des plus importantes positions de son cabinet.
     
       * Yates a également défendu hier sa décision de ne pas soutenir le premier décret présidentiel sur l’immigration (la première « travel ban ») signé à la vite le 27 janvier 2017 car le président avait affirmé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’une « muslim ban » uniquement dirigée contre les populations musulmanes
     
       * Ce qu’on retient de cette audience de plus de trois heures, c’est le professionnalisme, l’éthique et l’intégrité de Mme Yates qui a su répondre calmement aux attaques parfois rudes des sénateurs républicains.

 

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  • EPA accueille des pollueurs.

    L’Agence de Protection de l’Environnement (EPA en anglais) dirigée par le climatosceptique Scott Pruitt, a viré vendredi la moitié des membres de l’un de ses plus importants comités scientifiques, « dernier signe de la volonté de l’administration Trump de limiter les capacités de l’Agence à réglementer sur l’environnement en réduisant le rôle de la recherche universitaire ». 
     
    Un porte parole de l’Agence a indiqué que Mr Pruitt voulait remplacer ces scientifiques par des représentants des industries polluantes, celles-là même que l’EPA est censée réguler: « Il pense que [l’Agence] devrait avoir au sein de son comité des gens qui comprennent l’impact de ses régulations sur la communauté ».
     
    Les Républicains reprochent aux scientifiques de privilégier l’environnement au détriment de la création d’emplois et de la bonne marche des certaines entreprises: la présence d’agents économiques au sein du comité, chargé d’évaluer les recherches scientifiques de l’Agence, devrait limiter la portée environnementale des études qu’elle fournit au
    gouvernement pour préparer les règles et restrictions sur tout ce qui est gestion des déchets jetés ou émissions de gaz à effet de serre qui favorisent le changement climatique.
     
    * « EPA Dismisses Members of Major Scientific Review Board » – The New York Times

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  • « The New Gold Rush »

    Ou comment la Silicon Valley est devenue la retraite doré de nombreux anciens conseillers politiques de Washington, qui mettent désormais leur expérience du pouvoir au service des compagnies high-tech.
     
    Le plus connu d’entre eux est sans doute Eric Holder, ancien ministre de la justice du président Obama (2009-2013) engagé par Uber en février pour enquêter sur les accusations de harcèlement sexuel au sein de la compagnie.
     
    La plupart d’entre eux ont travaillé dans les campagnes présidentielles de candidats, Barack Obama (2008 et 2012), John McCain (2008), Mitt Romney (2012), Hillary Clinton (2008 et 2016) ou au sein des Administrations et sont partis capitaliser leur carnet d’adresse, compétences politiques et relationnelles dans les riches entreprises de haute technologie:
     
    « D’une certaine manière, une campagne ressemble beaucoup à une start-up. Tu dois construire rapidement et être préparé à dépenser des millions de dollars pour persuader les gens que ton candidat a raison » explique Matt David, chef marketing de l’application Tinder.
    Ses propos rejoignent ceux de Travis Kalanick, le fondateur de Uber, lors d’une conférence: « Nous sommes en plein campagne électorale et le candidat est Uber et l’adversaire est connard appelé Taxi ».

     

    Uber, Lyft and Airbnb, des compagnies dont les créations ont outrepassé les lois existantes, sont les manuels scolaires de ce que les politiques sont à mêmes de combler

     
    Les méthodes employées en situation de crise sont par exemple les mêmes: Appel à l’action sur les réseaux sociaux, interpeller les élus politiques, et du porte à porte si nécessaire pour convaincre les citoyens, consommateurs et utilisateurs de se mobiliser pour la compagnie.
     
    L’arrivée de conseillers politiques venus de Washington correspond enfin à la fin de la campagne présidentielle qui a laissé nombre d’entre eux libres de se réorienter, Républicains et Démocrates confondus.

    * « Silicon Valley is ‘officially a retirement community for D.C. political vets starting fresh outside the nation’s capital » – The Los Angeles Times

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  • Les étudiants progressistes aussi intolérants que leurs confrères conservateurs?

    Oui à en croire les dernières échauffourées entre partisans et opposants de Donald Trump et de ses supporters dans les universités du pays, notamment celle libérale de UC Berkeley en Californie qui a été le théâtre de violentes émeutes déclenchées par la visite de personnalités conservatrices (Milo Yiannopoulos et Ann Coulter) et qui ont dû être annulées pour des questions de sécurité.
    Une situation dénoncée par les organisateurs républicains comme une violation de leur liberté d’expression et la preuve de l’intolérance de certains étudiants progressistes.

    Un argument qu’il est de plus en plus difficile de critiquer comme l’explique Politico:
     

    Pendant des années, les conservateurs ont été traités d’intolérants, souvent pour de bonnes raisons. Mais les conservateurs vous diront aujourd’hui que ce sont les progressistes qui sont intolérants, en utilisant notamment l’excuse du politiquement correct comme un moyen d’oppression. C’est d’ailleurs devenu un thème important de la campagne, et l’une des principales raisons invoquées par les électeurs de Trump.

     
    Des récentes recherches universitaires montrent que les préjugés et le degré d’intolérance s’équivalent entre les conservateurs et religieux et les progressistes et les Athées.
     
    Dans une étude intitulée « Predicting Ideological Prejudice » publiée dans la revue Psychological Science, Mark J.Brandt explique que les préjugés se fondent avant tout sur des oppositions idéologiques auxquelles se rattachent des considérations sociales et économiques: 
     

    Les supporters conservateurs sont censés s’opposer aux progressistes, gays et lesbiennes, transgenres, féministes, Athées, ceux qui reçoivent les aides de l’Etat, les immigrés en situation irrégulière, les noirs, les scientifiques, les Hispaniques, les syndicats, les bouddhistes, musulmans, hippies, hipsters, démocrates, les goths, immigrés, les plus défavorisés et les nerds.
    Les progressistes de l’autre côté ne devraient pas s’entendre avec les conservateurs, fondamentalistes chrétiens, aux riches, Tea Party, grandes entreprises, Chrétiens, Mormons, aux militaires, Catholiques, la police, hommes, blancs, Républicains, religieux, aux gens de milieux favorisés.

     
    Exemple: Parce que les policiers sont perçus généralement comme étant plutôt conservateurs, les progressistes auront peu de tolérance envers eux.

    Certains diront que l’intolérance des conservateurs est plus dommageable que celle des progressistes car elle cible des groupes plus vulnérables; mais les conservateurs répondront que les progressistes dominent culturellement la société, contrôlent les médias, les universités, Hollywood et l’éducation.

    L’un des moyens les plus efficaces pour entamer un dialogue entre les deux partis est de rentrer en contact avec son « adversaire » et de partager un objectif commun et « neutre » avec lui explique Mr Brandt.

    * « Why Liberals aren’t as tolerant as they think » – Politico

 

Le kiosque du 03.05.17: Trump aime les hommes forts – Bavure policière au Texas – Machine à Milliardaires – FBI+IE=Amour

 

Le kiosque du mercredi 3 mai 2017: Donald Trump aime les « hommes forts » et c’est gênant pour les Etats-Unis, censés être les champions du monde libre. Nouvelle bavure policière au Texas sur un adolescent de quinze ans mort dimanche matin d’une balle dans la tête.
Est-ce la dernière année pour la loterie de la carte verte?
Les dernières archives sur l’assassinat du président Kennedy devraient être rendues public à moins que Trump en décide autrement.
La hedge fund la plus rentable au monde et enfin l’histoire extraordinaire de cet agent du FBI qui a épousé un chef de Daech.

 

  • Son amour des hommes forts

    Kim Jong Un est un « smart cookie » et il serait « honoré de le rencontrer »: Donald Trump a réaffirmé ces derniers jours sont affection pour les « hommes forts » qui dirigent d’une main de fer leur pays, supprime les opposants et emprisonnent les journalistes.
    Le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi ferait un « fantastique travail », il a proposé de rencontrer le premier ministre thaïlandais et chef de la junte militaire, Prayut Chan-o-cha, appelé le président turc Erdogan pour le féliciter de récente « victoire électorale » et enfin le coup de grâce avec cet appel téléphonique « très amical » donné au président philippin Rodrigo Duterte (qui avait dit à Barack Obama d’aller au diable en septembre dernier) et l’a invité à Washington pour une visite officielle.

    Mais des conseillers de Trump affirment que le silence du président sur la question des droits de l’homme est volontaire, et s’inscrit dans une stratégie de reconstruction des alliances et création de nouvelles. L’idée de Trump est d’isoler la Corée du Nord dans la région Asie-Pacifique et créer de nouvelles coalitions au Moyen Orient et en Afrique du Nord

    L’autre vague provoqué par Donald Trump avait pour référence une Histoire américaine « alternative » dans laquelle Andrew Jackson (1767-1845), septième président des Etats-Unis, aurait très « furieux » de voir éclater la Guerre Civile dans le pays (1961-65) sauf qu’il est mort seize ans avant qu’elle n’éclate mais c’est surtout ses commentaires sur la guerre de sécession qui sont :

    Les gens ne comprennent pas la Guerre Civile, quand on y pense, pourquoi?
    Les gens ne se posent pas la question, mais pourquoi y a-t-il eu une Guerre Civile? Pourquoi n’a-t-on pas réussi à l’éviter?

    * « This Trump doesn’t go by the History books » – The New York Times
    * « Trump Keeps praising international Strong Men » – The Washington Post

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  • Jordan Edwards (2002-2017)

    C’est le genre de bavure policière qui pourrait bien dégénérer en émeutes si les autorités tardent à mettre en place une enquête indépendante qui détermine la responsabilité de chacun des partis. 

    La mort tragique samedi soir d’un garçon de quinze ans par un officier de police de Balch Springs est déchirante. Les explications divergentes du Département de police sur la façon dont le garçon est mort sont écoeurantes.
    Il est temps de faire la lumière sur la mort de Jordan Edwards, un excellent élève de lycée qui partait d’une soirée avec des amis quand un officier a ouvert le feu qui a traversé la vitre passager et tué l’adolescent.

    La police a d’abord affirmé avoir répondu à des coups de feu tirés d’une voiture occupée par des adolescents en état d’ébriété qui leur aurait foncé dessus, puis sont revenus sur leur propos lundi après midi en expliquant que la voiture s’éloignait des officiers de police quand ils ont tiré et qu’aucun adolescents n’avait été agressif envers eux.

    L’auteur des coups de feu mortels a été suspendu par la police de Balch Springs à la suite des différentes violations relevées par les enquêteurs.

    Cinq adolescents étaient dans la voiture, dont les deux frères du jeune Edward, qui l’ont vu mourir sous leurs yeux avant que les flics ne les arrêtent et les amènent au poste de police pour une interrogation musclée.

    L’une des Représentantes démocrates du Texas, Helen Giddins, résume la situation.

    Une fois encore, notre pays doit affronter la mort d’un adolescent afro-américain et non armé dans ce qui semble être une réponse agressive des forces de l’ordre.
    Nous avons une fois de plus perdu jeune noir aux mains de la police.

    Hier après midi, le Département de la Justice américain annonçait quant à lui que les deux policiers responsables de la mort de Alton Sterling en juillet dernier à Bâton Rouge ne seraient pas poursuivis malgré la vidéo du meurtre qui montre la victime incapable de se défendre

    * « A Teen’s heartbreaking death and Balch Springs Police’s sickening explanation » – Dallas Morning News
    * « Balch Spring police fire Officer Roy Oliver who fatally shot Jordan Edwards » – Dallas Morning News

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  • Dernière année pour la loterie des cartes vertes?

    Hier le Département d’Etat a révélé sur son site internet les noms des 50 000 chanceux qui ont gagné la « green card », la carte de résident permanent qui permet de vivre et travailler aux Etats-Unis pour une durée de dix ans. Si le « Diversity Visa Lottery » n’a jamais été aussi populaire, 14 millions d’applications venues du monde entier, enregistrées entre le 4 octobre et le 7 novembre 2016, veille des élections présidentielles que Hillary Clinton était censée gagner, le programme pourrait bien être amené à disparaître.
    Il est aux antipodes de la politique d’immigration de Trump qui vise à limiter l’arrivée de nouveaux immigrés dans le pays, que ce soit de manière légale (restriction du visa de travail H1-B) ou non (arrestations et expulsions d’individus en situation irrégulière et ce fameux mur).
    Il n’a jamais évoqué le sujet mais la majorité républicaine s’en est chargée à travers deux propositions de loi déposées en février dernier, une au Sénat et une devant la Chambre des Représentant qui élimineraient un programme « rongé par la fraude, qui n’a aucun intérêt économique ou humanitaire.
    Les conditions d’application pour la loterie sont extrêmement simples: Pas besoin de sponsor, d’employeur ou de membre de la famille qui soit américain, il suffit d’être un adulte avec un baccalauréat ou une expérience professionnelle de deux ans et faire la demande en ligne et ceux qui remportent le sésame peuvent en faire bénéficier leur famille.
    Depuis sa mise en place en 1990 pour diversifier les populations immigrées aux Etats-Unis, the « Diversity Immigrant Visa » a permis à un million d’étrangers de s’installer aux Etats-Unis.

    * « Despite Trump, millions hope to win what could be the last U.S. Green Card lottery » The Washington Post
    *
    « One in a million chances at a better life » – The Guardian
    *
    « Cotton and Trump plot crackdown on legal immigration » – Politico
    *
    « Fix Immigration. It’s what voter Want » – The New York Times

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  • Derniers secrets sur la mort de Kennedy bientôt révélés

    Quelques semaines avant qu’il assassine le président John F. Kennedy in Dallas, Lee Harvey Oswald est parti à Mexico City pour demander un visa à l’ambassade soviétique et cubaine. Les documents qui montrent ce que savait le gouvernement du voyage de 1963 ont été tenus secret pendant plus de 50 ans. Ce sont les derniers que l’assassinat de JFK qui doivent être rendus public avant cet automne. A moins que le président Trump l’en empêche.

    Les Archives Nationales possèdent plus de cinq millions de pages, photos, enregistrements sur la mort du président Kennedy réunis à partir de 1992 dans le JFK Assassination Records Collection Act, dont 90% sont déjà disponibles, 1% (environ 3000 documents) restent scellées car elles représentent toujours un danger pour la sécurité nationale et le reste devrait être rendu public cette année, 25 ans plus tard: plusieurs dizaines milliers de documents connus des spécialistes et 3 600 qui seront dévoilés pour la première fois et qui pourraient les aider à déterminer si oui ou non, le président Kennedy a été victime d’un tueur isolé (version officiel du FBI et de la CIA) ou d’un complot.

    Aucun autre tragédie n’a autant suscité de théories du complot dans le pays que l’assassinat du président Kennedy et engendré de soupçons à l’encontre du gouvernement.

    * « Last trove of JFK records set for release » – Star Tribune
    * « Will Trump release the Missing JFK Files? » – Politico

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  • La fabrique de milliardaires

    La compagnie s’appelle Renaissance Technologies et la page d’accueil de son très discret site internet, décrit une société de gestion de placements quantitatifs qui vise à produire des rendements exceptionnels pour ses investisseurs en respectant strictement les méthodes mathématiques et statistiques.
    Depuis sa création en 1982, Renaissance est devenu l’un des fonds d’investissement les plus rentables au monde, notamment à travers le Medallion Fund qui a engendré 55 milliards de dollars de bénéfice ces 29 dernières années grâce à un retour sur investissement de 35% et qui n’a pour clients que ses propres employés.
    Le fondateur de la firme, Jim Simons et son partenaire le plus ancien, Henry Laufer sont aujourd’hui milliardaires, et les deux autres associés et co-P.-D.Gs, Robert Mercer (un soutien financier de Trump) et Peter Brown, arrivés au début des années 90 sont en passe de le devenir. Les quatre hommes et le Chief Financial Officer Mark Silber, possèdent 70% (dont 25 à 50% pour Simons) de la compagnie qui gère environ 42 milliards d’actifs.
    La petite compagnie de 300 employés compterait dans ses rangs une centaine de scientifiques de très haut niveau qui ont mis au point « des millions de lignes de codes informatiques » permettant de déterminer dans quelles sociétés investir.
    * « This Hedge Fund may Be Poised to Create The Most Billionaires »Bloomberg

 

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  • « The Rogue Employee »

    Une enquête de CNN révèle l’histoire extraordinaire de cette interprète du FBI envoyée en mission en Syrie en 2014 pour espionner l’un des dignitaires de Daech qu’elle a fini par épouser.
    Daniela Greene qui disposait d’un accès à des informations ultra-confidentielles (« top-secret security clearance ») est une affaire compliquée et embarrassante pour le FBI puisqu’elle a trahi son Bureau, sa mission, mis en danger la sécurité nationale de son pays et n’a été emprisonnée que deux ans – elle a été récemment libérée.
    Née en Tchécoslovaquie, Greene a grandi en Allemagne puis est parti vivre aux Etats-Unis où elle a épousé un militaire américain avant d’entrer au Federal Bureau of Investigation en 2011. Début 2014, elle a été chargée d’enquêter sur un « individu A », Denis Cuspert, un rapper allemand devenu djihadiste respecté de Daech et partie l’épouser en Syrie six mois plus tard, prétextant un voyage de famille en Allemagne.
    Un mois plus tard elle commençait à avoir des doutes sur son geste et a réussi a s’échapper de Syrie et rentré aux Etats-Unis où elle a été immédiatement arrêté.
    Si Greene a reçu une peine aussi légère c’est parce qu’elle a coopéré et du apporter des informations importantes aux services de renseignements:

    La plupart de ceux qui veulent infiltrer Daech en Syrie risquent d’avoir leur tête coupée. Qu’elle ait été capable de rentrer en tant qu’Américaine, femme et employée du FBI, et de s’installer avec l’un des leaders de l’Etat Islamique suggère que tout ait été coordonné [par les membres de l’organisation terroriste].

    * « The FBI Translator who went rogue and married an ISIS terrorist » – CNN

 

  • Couverture du Jour

    Il n’y aura pas de grèves des scénaristes américains qui ont trouvé un accord avec les studios de cinéma. C’est la cover story de Variety cette semaine.

21.03.17: A la une des quotidiens américains

 

On vous a sélectionné les principaux éditoriaux de la presse américaine au lendemain des auditions du chef du FBI, James Comey et de la NSA, Mike Rogers qui ont démenti toute mise sur écoute de Trump pendant la campagne présidentielle mais reconnu l’existence d’une enquête sur la nature des relations entre la Russie et les conseillers du candidat républicain avant les élections.

Le seul à paraître un peu sceptique, c’est le Wall Street Journal qui se plaint que « Comey [didn’t] say much »

Le kiosque du mardi 21 mars 2017: Un nuage noir sur la Maison Blanche – Ivanka débarque – Thinx mal en point – Morning Joe – Tomi « pro Choice »

 

 

  • « The Presidency under a cloud »

    L’audition du chef du FBI, James Comey, et de la NSA, Mike Rogers, hier par une commission parlementaire pour répondre aux allégations lancées par le président sur Twitter il y a deux semaines, s’est finalement retourné contre lui: Non seulement la Bureau n’a trouvé aucune preuve que l’ancien président aurait mis sur écoute le candidat républicain en 2016 (« Aucun président n’a le droit de faire cela ») mais les deux hommes ont confirmé l‘existence d’une enquête sur les relations entre la Russie et les aides de Trump pendant la campagne présidentielle.

    De Richard Nixon à Bill Clinton, l’histoire suggère que ça n’est jamais une bonne chose pour un président d’avoir le FBI, et ses ressources illimitées et larges pouvoirs d’investigations, derrière lui.

    Dans une tribune intitulée « All the President Lies » publiée dans le New York Times, David Leonhardt dénonce les mensonges du président, « the L-Word » que le Wall Street Journal refuse toujours aujourd’hui d’utiliser pour laisser au lecteur le choix de croire ce qu’il veut.

    La neuvième semaine du président a débuté par le FBI qui vient de le traiter de menteur.
    J’ai déclaré auparavant que tout ce qui n’est pas vrai ne devrait pas être interprété comme le « L-Word », parce que ça connote une intention et quelqu’un peut déclarer quelque chose de faux sans le faire volontairement. (…)
    Mais l’actuel président des Etats-Unis ment.
    Il ment comme jamais aucun autre politicien américain ne l’a fait avant lui (…) Il dit tellement de contre-vérités qu’il est inutile d’essayer de savoir lesquelles doivent être débattues ou non – tout autant que cette idée selon laquelle la plupart des supporters de Trump aiment le voir mentir.
    Trump trompe volontairement les gens. Comme il l’a dit il joue avec leurs fantasmes.

     

    Nous y reviendrons aujourd’hui dans « A la une des quotidiens »

    * « How the FBI tailing Trump could dog his presidency »Politico
    *
    « All The President Lies »New York Times 

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  • Mais qui est Roger Stone?

    Roger Stone, un confident de Donald Trump depuis des années (voir l’excellent documentaire de Frontline, « The Choice ») s’est targué pendant la campagne présidentielle d’être en relation avec Julian Assange, le fondateur de Wikileaks: il a annoncé dès le mois d’août dernier que John Podesta serait sa prochaine cible de l’organisation, et mi-septembre qu’elle diffuserait très bientôt de nouveaux documents accablants contre Hillary Clinton.

    Wikileaks a révélé quotidiennement durant le dernier mois de campagne les emails de Mr Podesta.
    Il a également affirmé avoir été en communication avec le hacker Guccifer 2.0 qui se serait procuré ces documents avant de les offrir à Wikileaks.

    L’intéressé a nié depuis tout contact avec l’organisation, et l’organisation nié tout contact avec Stone.

    Mais les différentes déclarations de Stone ont alimenté les suspicions selon lesquelles des individus dans l’orbite de Trump ont joué un rôle dans la diffusion des emails piratés du Comité National Démocrate et du président de la campagne d’Hillary Clinton, John Podesta.

    Aujourd’hui, c’est le FBI qui s’intéresse à cette personne excentrique qui vient d’ailleurs de sortir un ouvrage sur la victoire de Trump le 8 novembre dernier. 

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  • Ivanka Trump rentre à la Maison Blanche

    On la savait influente, elle aura désormais son bureau dans la West Wing de la Maison Blanche aux côtés de celui de Dina Powell, récemment promue conseiller adjoint à la sécurité nationale, pour promouvoir les initiatives qu’elle défend depuis plusieurs … mois: La législation sur les congés parentaux et d’autres problèmes qui affectent l’équilibre des femmes entre leur travail et la maison.

    Elle n’a pas de titre officiel mais disposera d’un office, de matériels de communication fournis par le gouvernement et d’un accès à des informations confidentielles.

    Ivanka Trump gérait jusqu’ici sa marque de vêtements et lifestyle, Ivanka Trump, dont elle s’est retirée après l’élection de son père et pour laquelle elle possède toujours intérêts financiers.

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  • « Touches pas à mes flingues et touches à mon corps non plus »

    Tomi Fahren

    La jeune commentatrice de 24 ans, star des réseaux sociaux vient d’être suspendue une semaine du site d’infos conservateur The Blaze, créé en 2011 par Glenn Beck, dans laquelle elle présente une émission pour avoir affirmée être … « pro-choice » dans un programme de grande écoute sur une chaîne concurrente la semaine dernière – une position contraire à la grande majorité des conservateurs qu’elle a qualifiés au passage d’hypocrites.

     

    Je suis une « constitutionnelle », quelqu’un qui aime la Constitution. Je suis pour un gouvernement limité. Donc je ne peux pas être assise avec vous aujourd’hui et être une hypocrite et dire que je soutiens un gouvernement limité et que je pense que ce gouvernement devrait décider ce que les femmes font de leur corps.
    Je suis assise avec vous, et je vous dis qu’en tant que Républicaine, je suis pour un gouvernement limité, touches pas mes flingues et touche pas non plus a mon corps.

     

    Glenn Beck, le fondateur de The Blaze, qui a engagé Lahren il y a deux ans, a affirmé qu’elle souffrait « d’honnêteté intellectuelle ».
    Effectivement, il y a trois mois, Tomi Lahren déclarait que les avortements étaient des meurtres, et celles qui les subissaient, des tueurs d’enfants – en s’en prenant au passage à Lena « Freakin' » Dunham.

    * « Glenn Beck publicly battles Tomi Lahren, his most Famous Employee » – The Daily Beast

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  • Morning Joe vs Trump: La guerre est déclarée

     

    NEW YORK, NY – December 12, 2016: Co-hosts Mika Brzezinski and Joe Scarborough of MSNBC’s « Morning Joe » in the studio in New York on December 12, 2016.

    Le magazine Variety diffuse aujourd’hui une interview du power couple des  journalistes télé, Joe Scarborough and Mika Brzezinski (plutôt libérale) du Morning Joe (conservateur assumé), qui fut ces dernières années, l’émission préférée de Donald Trump et bénéficié d’un accès privilégié dans la Trump Tower.

    Mais depuis l’investiture du 20 janvier, et les débuts catastrophiques de Trump à la Maison Blanche, l’entente cordiale, parfois critiquée et enviée par d’autres journalistes, a tourné au vinaigre.

    Le président ne suit plus Mr Scarborough sur Twitter (« ce qui est plus saint ») et Morning Joe n’a pas loupé le président sur chacun de ses dérapages; Ils ont effectivement les critiques les plus dures envers le nouveau président et son dministration – notamment Steve Bannon et Stephen Miller.

    La journaliste Mika Brzezinski a d’ailleurs été la première a annoncé, il y a un mois ne plus vouloir recevoir Kellyanne Conway dans l’émission et depuis la conseillère s’est fait plus rare sur les plateaux télés

    * « MSNBC’s Joe Scarborough, Mika Brzezinski on Trump and why ‘everyone sjould ban Kellyanne Conway from TV’  » – Variety

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  • Thinx dans la tourmente.

    New York magazine

    On a eu droit à une campagne de pub assez agressive dans la station de métro de Bedford à Williamsburg et le sud de Manhattan l’année dernière pour le lancement très politisé de Thinx, ce sous-vêtement féminin utilisée pendant les règles qui permet se débarrasser des tampons et serviettes hygiéniques, pour « casser les tabous du corps féminin ». Le produit a fait le tour des magazines féminins tout comme sa co-fondatrice, la très engagée, Miki Agrawal, accusée aujourd’hui … de harcèlement sexuel contre ses employées.

    Selon New York magazine, qui l’a interviewée l’année dernière, l’une des activités préférées de Mme Agrawal, c’est de briser les tabous, de « parler de choses dont elle n’est pas supposée parler ».

    Selon une plainte déposé par une ancienne employée, ces discussions se seraient orientées vers la taille de sa poitrine la boss, ses piercings sur les seins, ses exploits sexuels, aurait fait des avances à ses employés, verbales et physiques, et se serait exposées à plusieurs reprises, nues, devant eux.

    Non seulement la plupart des employées étaient mal payées (10 sur les 35 que compte la compagnie sont parties depuis janvier selon Racked) mais les deux seuls avoir réussi à négocier leur salaire à la hausse auraient deux hommes.

    Mme Agrawal a quitté son poste de CEO la semaine dernière tout en affirmant qu’elle restait la « She-eo » et publié un droit de réponse sur les récentes allégations de Jezebel qui décrivaient les conditions très difficiles de travailler avec elle, intitulé « My Think Ride » dans lequel elle admet avoir faits « des tonnes d’erreurs » mais à la fois réussi à « bâtir une entreprise qui aide aujourd’hui des millions de femmes. »

    * « Sexual Harrassment Claims against She.E.O » – New York magazine

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  • Un Iphone Rouge

    Apple lance aujourd’hui le iphone 7 rouge en collabration avec RED pour collecter des fonds au profit de la recherche contre le Sida, à laquelle est associée la compagnie californienne depuis plusieurs années, mais c’est la première fois qu’un iphone est complètement recouvert de rouge.

    Il sera disponible chez Apple à partir du vendredi 24 mars pour 750 dollars.

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  • Couverture du Jour

    Très belle couverture de New Yorker dans une étagère de l’artiste, « Shelf Life » de Lucy Giuterriez

Le kiosque du 20 mars 2017: Le FBI assomme Trump – Des taupes dans les agences fédérales – Californie recrute dans l’EPA – Heaven’s Gate – March Madness – Hillary’s Back

 

 

  • Le premier jour de Printemps

    Et une mauvaise nouvelle pour la côte de popularité de Donald Trump qui est tombée à 37%, huit points de moins que la semaine dernière selon un sondage de l’institut Gallup, tandis que ceux qui désapprouvent sa politique ont atteint un record de 58%.

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  • Trump nerveux ce matin

    L’audition du directeur du FBI, James Comey, sur les accusations lancées par Trump contre Obama, qui l’aurait mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, a eu lieu de matin devant la Commission parlementaire en charge du Renseignement.

    Ni le FBI, ni le Département de Justice n’ont trouvé de preuves soutenant les propos du président – visiblement nerveux sur Twitter.

    Mr Comey a également affirmé qu’une enquête était en cours sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle et les liens possibles qu’elle aurait pu entretenir avec des associés de Trump.

     

    Twitter

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  • Trump installe des taupes dans toutes les agences fédérales.

    Ce ne sont pas vraiment des taupes, ce sont des conseillers politiques installés par la Maison Blanche dans les agences fédérales pour être « les yeux et les oreilles de Trump ».

    La plupart des membres du cabinet de Trump qui n’ont toujours pas formés d’équipes autour d’eux ni de nominés pour leurs principaux conseillers. Mais ils ont une clique de conseillers installés par la Maison Blanche qui s’en chargent et surtout qui surveillent la loyauté des secrétaires

    Au moins seize d’entre eux ont été placés à l’Agence de Protection de l’Environnement, à la Défense, à l’Energie, à la Santé et même à la Nasa pour vérifier le comportement de leur dirigeants et le rapporter aux assistants du Chef de Cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus. 

    Ces « aides » agissent comme des intermédiaires sur les questions politiques entre les agences et la Maison Blanche. Ils sont également chargés de « surveiller les chefs des Départements et leurs principaux conseillers et vérifier qu’ils avancent bien le programme du président et ne s’éloignent pas trop du discours de la Maison Blanche.

    Trump n’a pas de relations continues ni de liens personnels avec la plupart des leaders de son cabinet. C’est pourquoi contrôler leur loyauté est si important.

    Ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour les intéresser

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  • La Californie veut récupérer les employés de l’Agence de Protection de l’Environnement

    Dès le lendemain de la victoire de Donald Trump début novembre, les employés de l’EPA savaient leur Agence menacée par le prochain président, qui a mis à sa tête, Scott Pruitt, un climatosceptique assumé qui a longtemps milité contre les programmes de cette même agence. La semaine dernière, le budget « America First » proposé par l’administration prévoit de réduire de 31% le budget de l’agence qui compte 15 000 employés à travers tous les pays, dont plusieurs milliers devraient perdre leur emploi ces prochains mois – si le budget passe. 

    C’est là qu’entre en jeu la Californie, l’Etat le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis mais aussi le plus écolo!

    La Commission des Travaux Publics de Californie aimerait débaucher « les employés démoralisés qui vont devoir faire face à des coupes budgétaires importantes et un nouveau leadership très controversé » en leur offrant de travailler pour un gouvernement qui offre les défis environnementaux les plus ambitieux des Etats-Unis – dont celui de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

    Le problème pour les employés de l’EPA situé dans la capitale, c’est le fait de devoir déménager de l’autre côté du pays, à Sacramento, San Francisco ou Los Angeles.

    La Californie et son gouverneur Jerry Brown figurent parmi les critiques les plus fervents de Donald Trump. Ce dernier avait promis après le 8 novembre que « si Trump décide de suspendre les satellites, la Californie lancera les siens! »

    * « California Wants to hire EPA Staff Workers who are sick of Trump »Mother Jones

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  • Hillary is « Back »

    C’est pas une blague.

    Elle a annoncé vendredi, dans un discours donné vendredi pour St Patrick’s Day en Pennsylvanie qu’elle était prête à « sortir des bois » et retourner sur le devant de la scène politique.

    Je suis comme beaucoup de mes amis ici.
    J’ai du mal à regarder les nouvelles, je dois vous avouer (…) Je suis prête à sortir des bois et aider à entretenir cette flamme qui éclaire déjà de nombreuses tables et dîners comme celui ci.

    * « Hillary Clinton says She’s ready to come out of the Woods »The New York Times

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  • Heaven’s Gate, vingt ans après 

    Il y a vingt ans ce mois-ci, 39 corps étaient découverts dans une ville cossue de Santa Fe, dans banlieue de San Diego en Californie: Tous étaient des disciples de la secte Heaven’s Gate (« les portes du Paradis »), un mélange de christianisme évangélique et de Science Fiction New Age, et avaient décidé de suivre leur gourou, Marshall Appelwhite, en quittant leur « enveloppe humaine ».

    Ils étaient convaincus d’atteindre un monde meilleur dans un vaisseau spatial lorsque la comète Hale-Bopp est apparue dans le ciel en mars 1997.
    Ils sont tous été retrouvés allongés sur des lits dans les mêmes combinaisons noires avec le blason “Heaven’s Gate Away Team” avec les mêmes chaussures Nike et recouverts d’une couverture violette.

    Ils se sont suicidés avec un mélange de barbituriques et d’alcool.

    C’est un ancien membre, prévenu par un colis reçu quelques jours plus tard expliquant leur départ, qui s’est rendu sur place et a trouvé les corps. La vidéo qu’il a filmée est assez impressionnante.

    S’en est suivi un cirque médiatique et surtout des moqueries qui ont commencé un peu partout dans les médias à cause de l’étrangeté de l’évènement.

    * « 20 years Later, Heaven’s Gate lives on – via Internet, scholarly debates »The San Diego Union-Tribune

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  • The Circus sur Showtime

    Pour ceux qui veulent revivre l’une des périodes politiques les plus mouvementés que les Etats-Unis n’aient jamais connu, la chaîne câblée Showtime diffuse en ce moment la seconde saison de la série documentaire: « Circus: inside the Biggest Story on Earth » qui promet d’aller « Beyond the headlines » et « Behind the Scenes ».

    La première saison de 26 épisodes diffusée de janvier 2016 à novembre suit la campagne présidentielle jusqu’au scrutin du 8 novembre. La seconde saison suit la victoire de Donald Trump, son investiture et les premiers jours de la Maison Blanche.
    La série est réalisée par deux journalistes de Bloomberg Businessweek, qui est aussi producteur avec ShowTime, Mark Halperin et John Heilemann

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  • Une défaite politique dans le tournoi universitaire.

    L’un des plus importants rendez-vous sportifs de l’année, la finale du tournoi universitaire de basket, appelé « March Madness », est connu pour ses « upsets » lorsqu’un favori est éliminé par un « underdog », une équipe bien moins forte.
    Hier, les spectateurs américains ont assisté à un « upset » important, l’élimination d’une des meilleures équipes, Les Blue Devils de Duke University face aux Gamecocks de Caroline du Sud (81-88).

    Une défaite sportive et politique puisque le match devait avoir lieu en Caroline du Nord, près de Duke University, censé apporter son lot de supporters, mais la NCAA, organisatrice du tournoi, a décidé de déplacer la rencontre pour protester contre la loi HB2 votée l’année dernière qui oblige les individus à utiliser les vestiaires et toilettes publiques qui correspondent à leur sexe de naissance et pas à celui à celui de leur choix.

    Le match a été finalement joué en Caroline du Sud, acquise aux Gamecoks, qui ont été portés toute la rencontre par un public survolté et qu’ils ont fini par gagner.

    Comme le notait ce weekend le Charlotte Observer, le principal quotidien de Caroline du Nord, « la loi, critiquée comme anti-LGBT, a coûté aux habitants de l’Etat des emplois, de l’argent, des rencontres sportifs et évènements, y compris le tournoi de basket de la NCAA »

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  • Kellyanne Conway en couverture du new York magazine

    Elle ne laisse pas indifférent, on le sait, elle agace parce qu’elle refuse de répondre aux questions des journalistes, et prête à sortir des « alternative facts » pour soutenir le président, elle n’a aucune véritable connaissance de ce qui se passe à la Maison Blanche mais on continue à lui offrir un traitement digne d’une star des médias. 

Lundi 6 mars 2016: Nouvelle « TweetStorm » à l’origine du « DeepStateGate »; Washington devient fou!; Arkansas champion de la peine de mort!

1. « DeepStateGate »

C’est devenu une habitude pour le président de se lancer dans une tweet storm, le samedi lorsque le gendre et la fille de Donald Trump, qui observent le chabbat, ne sont pas à ses côtés pour le raisonner.
Avant hier, il a accusé sans preuves, son prédesseur Barack Obama, de l’avoir mis sur écoutes pendant la campagne présidentielle – ce que l’intéressé à nié, via son porte parole, Kevin Lewis.

La semaine dernière avait pourtant bien commencé pour le président avec une adresse réussie devant le Congrès, bien accueillie par la presse, censée marquer un nouveau départ pour cette administration … jusqu’aux nouvelles révélations embarrassantes, mercredi dans le Washington Post, sur les accointances entre Jeff Sessions, le ministre de la Justice et l’ambassadeur russe.

Trump se sent assiégé et pense que sa présidence est minée par les forces visibles et anonymes d’un groupe de critiques proche d’Obama, de bureaucrates fédéraux et de personnalités du renseignement – sans oublier les médias, qu’il a appelé « l’ennemi du peuple ».
Cette colère à l’encontre de ce que beaucoup à la Maison Blanche appellent le « Deep State » grandit chaque jour, alimentée par des rumeurs relayées par des alliés de Trump au sein du renseignement et par des allégations non confirmées de commentateurs de droite.
Le « Deep State » est une expression populaire de la droite pour décrire ces réseaux intriqués hostiles à Trump.

 

Les accusations proférées par Donald Trump à l’encontre de Barack Obama (« un malade ») sont très graves: Si elles ont eu lieu, ce serait le plus grand scandale politique depuis le Watergate, et si ce sont des affabulations, ce serait le pire épisode de cette nouvelle présidence.

* « Inside Trump’s fury: The president rages at leaks, setbacks and accusations »Washington Post

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2. « Washington devient fou! »

C’est le titre de l’éditorial du Wall Street Journal ce matin: 

La bagarre politique entre la Russie, la campagne de Trump et les services de renseignements américains a atteint un point où les questions fondamentales sur les institutions américaines et la confiance dans le gouvernement américain sont en jeu. Les démocrates tentent de capitaliser sur les fuites anonymes des agences de renseignements des Etats-Unis pour détruire la présidence Trump et le président réagit avec une fusillade d’accusations non prouvées.

 

Le président est désormais en lutte directe avec son prédécesseur, les services de renseignements, notamment le FBI, accusé ici d’avoir mené illégalement ces écoutes l’année dernière.
En comparant les exactions dont il aurait été victime au scandale du Watergate, Trump accuse le FBI d’avoir enfreint la loi, remet en cause son intégrité et celle de la communauté du renseignement.
Le chef de l’agence fédérale, James Comey, a demandé ce weekend au Département de Justice de condamner les accusations du Commander-In-Chief, ce qu’il n’a toujours fait, sans doute à sa demande.
L’administration a demandé la mise en place d’une commission parlementaire pour enquêter sur ces accusations – une commission a déjà été mise en place pour faire toute la lumière sur les relations entre l’équipe de Trump et les Russes pendant les élections – et refuse de répondre à davantage de questions sur les propos du président.
* « Washington Goes Nuts »Wall Street Journal

 

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3. »Circuler, il n’y rien à voir »

L’origine de ces accusations? Breitbart, le site alt-right, dont l’ancien président est l’un des plus proches conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, a publié vendredi un article sur les propos de Mark Levin, un présentateur radio, affirmant que Obama aurait mis sur écoute le candidat républicain.
Le président préfère se référer aux théories conspirationistes d’un média d’extrême droite plutôt qu’à ses propres services de renseignements, ce qui montre les relations délétères entre le chef de l’Etat et la communauté du renseignement.

Comme l’explique Karne Tumulty dans le Washington Post

La tactique audacieuse de Trump, qui a peu d’égard pour les normes et conventions, n’est pas nouvelle. Quand il veut changer de sujet, il le fait souvent en craquant l’allumette d’une sombre théorie du complot. Mais les enjeux sont bien plus importants aujourd’hui et les conséquences réelles et sérieuses, alors que les questions sur l’ingérence de Moscou dans les élections présidentielles, continuent de grandir

 

Les fuites des agences gouvernementales sur les relations entre des proches de Trump (Jeff Sessions et Michael Flynn) exposées par les « fake » médias, preuve que l’ancienne administration a espionné Donald Trump et son entourage est une tentative désespérée de la Maison Blanche pour détourner l’attention sur les relations du président avec la Russie – et le dernier scandale impliquant le ministre de la Justice, et supporter de la première heure de Donald Trump, Jeff Sessions.

Le président était d’ailleurs satisfait samedi après midi et dimanche matin que toute l’attention soit portée sur ses tweets et non pas sur Jeff Sessions, qui doit toujours expliquer à une commission judiciaire pourquoi est-ce qu’il a « oublié » de prévenir ses collègues sénateurs des deux rencontres qu’il a eu avec l’ambassadeur russe durant les élections.

Enfin, Steve Bannon est encore au centre de toutes les discussions, car cet énième vient servir la mission qu’il s’est donné de « déconstruire l’Etat administratif » qui comprend le « Deep State », les agences de renseignements, les médias, etc…
La Maison Blanche, qui a découvert les tweets du président en même temps que le reste du pays, essaye désormais de contenir le sandale le plus grave de cette jeune présidence.

« Mark Levin to Congress: Trump ends the wiretapping innuendo game by dealing hinself in » Breitbart
« The Obama Camp Disingenuous Denial on FISA surveillance of Trump »The National Review

« A Conspiracy Theroy Journey from Talk Radio to Trump Tower »New York Times
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« Trump’s charge that he was wiretapped takes presidency into new territory » – Washington Post

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4. Ce que Trump préfère ne pas montrer

Trump veut prouver qu’il est un homme d’action et invite la presse dans le bureau ovale dès qu’il signe un nouveau décret présidentiel ou un mémo.
Il lui arrive de signer des ordres plus controversés et dans ces cas là, il préfère rester discret. La semaine dernière il a révoqué une régulation mise en place par Barack Obama visant renforcer la vérification des antécédents (« background check ») des acheteurs d’armes: la mesure obligeait la Sécurité Sociale (SSA) a communiqué au FBI, en charge de la base de données des « background check », la liste des handicapés mentaux et ceux incapables d’être autonomes pour les interdire de se procurer une arme à feu.
La National Rifle Association a convaincu les Républicains qu’il s’agissait d’un entrave au sacro-saint Second Amendement

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5. L’Arkansas s’apprête à exécuter huit condamnés à mort

Après douze ans d’interruption, l’Etat du midwest a annoncé l’exécution extraordinaire de huit condamnés à mort en dix jours fin avant l’expiration fin avril d’une des trois drogues utilisées pour l’injection létale, le Midazolam.
Le gouverneur, Asa Hutchinson, a prévu d’exécuter deux condamnés par jour entre le 17 et 27 avril. « Si l’Arkansas respecte l’échéance, ce sera le plus grand nombre d’exécution sur une période aussi courte jamais enregistré par un Etat depuis le rétablissement de la peine de mort en 1977 » et alors que la peine de mort est en constante baisse dans les 31 Etats américains qui autorisent la peine capitale.

Depuis que des laboratoires pharmaceutiques ont limité aux Etats-Unis la vente de leurs produits destinés aux exécutions, les Etats ont des stocks limités, et expliquent la précipitation du gouverneur.

* « Arkansas Rushes to Execute 8 Men in the Space of 10 Days »The New York Times

 

 

6. Couverture du Jour

David Letterman

New York Magazine

Vendredi 24 février 2017: Bannon et Trump à la CPAC, Un nouveau parti démocrate? Le NYTimes aux Oscars, le WAPO s’affirme + « When We Rise »

 

  1. Steve Bannon intervient à la Conservative Political Action Conference

    Le grand rendez vous annuel des Républicains à Washington s’est ouvert hier dans une ambiance détendue avec la présence de deux des principaux conseillers du président, Steve Bannon et Reince Priebus, le chef de cabinet, qui sont apparus très souriants et complices (voir la une du New York Times), prêts à en débattre avec les « mensonges » du « parti d’opposition » sur leurs relations soi-disant tendues et le premier mois « chaotique » de l’administration Trump.
    Reince Priebus a rendu un énième hommage au parcours du candidat républicain ces dix huit derniers mois, et à sa victoire devant un public tout acquis.
    Comme l’explique Axios, « Bannon, lui, ne s’est pas adouci depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Il est encore plus dévoué au nationalisme économique, plus hostile aux médias, et plus déterminé à protéger le président des forces modérées du parti Républicain.« 

    Il a expliqué les trois priorités de l’administration: « La sécurité nationale et la souveraineté », « le nationalisme économique » et le « déconstruction de l’administration de l’Etat. »

    Un message d’affection, pour terminer, adressé au « parti d’opposition »:

    « Ca ne va pas s’arranger, ça va empirer avec les médias. Les raisons: ils sont corporatistes, mondialisés qui sont opposés à l’agenda nationaliste économique de Trump … Si vous pensez que [les médias] vont vous rendre votre pays sans se battre, vous vous trompez ». 

  2. Trump à la CPAC: CNN, le « Clinton News Network »

    Une semaine plutôt calme pour le président qui s’en est pris ce matin, via Twitter, au FBI, « incapable d’arrêter les responsables des fuites au sein du gouvernement, et dans l’agence elle-même » qui pourraient avoir « des effets catastrophiques sur les Etats-Unis. »
    Il a réitéré ces critiques lors de son discours à la CPAC – qu’il avait boycotté l’année dernière – et appelé à ne plus utiliser les « sources », les sources anonymes, parce qu’elles répandent des « fake news » –  il a qualifié CNN de « Clinton News Network »
    Il s’en est pris à la presse, réaffirmé que les journalistes étaient « l’ennemi de peuple », qu’ils « fabriquaient » des histoires, des sondages dans une rhétorique démagogique du « nous contre eux »:

    « les médias ne représentent pas le peuple, ne le représenterons jamais, et on va faire quelque chose la dessus »

    On ne sait pas trop s’il s’agit d’une énième plainte ou d’une menace à prendre au sérieux contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et le Premier Amendemant. Ce sera l’un des sujets de discussion de ce weekend en tout cas.

    Les discours dans lesquels Trump improvise donnent souvent lieu à des déferlements critiques, rancoeurs, et autres faits alternatifs qui viennent de « je ne sais où »: Aujourd’hui, il s’en est pris à l’un de ses plus vieux alliés, la France: L’un de ses amis, « Jim », lui aurait conseillé « d’éviter la ville lumière » car « Paris n’est plus Paris ».

  3. Betsy DeVos marche sur des oeufs

    Betsy DeVos, Secrétaire d’Etat à l’Education a donné un discours hier à la CPAC au lendemain de la décision de l’administration Trump d’annuler la loi fédérale dite de « Bathroom Guidance », mise en place par Obama, qui autorise les étudiants transgenres à utiliser les toilettes et vestiaires de leur choix dans les établissements scolaires et universitaires.
    Jeff Sessions a pris l’initiative d’abolir cette mesure anti-discrimination, contre l’avis de Mme DeVos, et il revient désormais aux Etats de trancher sur la question.
    Elle a poliment justifié cette décision par la volonté de redonner aux Etats leur pouvoir de décision tout en réaffirmant que son « travail [était] de protéger la flexibilité des étudiants et des professeurs et leurs libertés individuelles. »
    Des manifestations de la communauté LGBTQ ont eu lieu dans plusieurs villes des Etats-Unis hier pour protester contre ce retour en arrière.

    Il ne faut pas sous estimer Betsy DeVos explique le New York Times: « Dans son Etat [le Michigan], elle a acquis la réputation d’une combattante politique efficace, motivée et implacable, qui a utilisé sa fortune pour récompenser ses alliés et punir ses ennemis, et travaillé en coulisses pour faire adopter une loi et se débarrasser des législateurs qui s’y opposent.

  4. Le parti démocrate: Vers un nouveau départ?

    Les 447 membres du Comité National Démocrate éliront samedi à Atlanta leur nouveau président: Les deux favoris sont l’ancien Secrétaire au Travail de Barack Obama, Tom Perez – le plus progressif mais attaché à l’ancienne garde (aka Obama) et le Représentant Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders (redevenu indépendant depuis sa défaite aux Primaires en juin dernier) et Chuck Schumer, porte parole de la minorité démocrate au Sénat.

    Parmi les enjeux du nouveau président: récupérer un parti en ruine après des Primaires sanglantes et le coup de massue des Présidentielles, et répondre à des questions cruciales résumées par FiveThirtyEight.

    « Le parti doit-il s’éloigner de la politique identitaire et se concentrer vers un message économique et populaire et une position plus dure sur l’immigration? Ou doit-il continuer à chercher le soutien de ses électeurs traditionnels, re-mobiliser les électeurs afro-américains après Obama et attirer les jeunes progressistes pro-Bernie? »

    A lire: « Will Keith Ellison move the Democrats to the Left? » de Vinson Cunningham dans le New Yorker

  5. Le New York Times aux Oscars

    Le New York Times diffusera une publicité de trente secondes (à 2,5 millions de dollars) dimanche soir lors de la cérémonie des Oscars pour annoncer le lancement d’une campagne du quotidien autour de la notion de « truth » (« vérité ») – actualité oblige.
    Une première en dix ans et une première tout court sur l’un des programmes télé les plus populaires de l’année, entre 35 et 45 millions de téléspectateurs.
    « La vérité est difficile; la vérité est difficile à trouver; la vérité est difficile à savoir et la vérité est plus importante que jamais » explique le vidéo clip.

    Des immenses affiches sont également placardées à Los Angeles, Washington, New York, San Francisco.

  6. Washington Post se refait une légende

    La nouvelle devise du Washington Post a été dévoilée hier sur son site internet en dessous le titre: « Democracy Dies in Darkness ».

    Une allusion à la nécessité des médias d’information dans le bon fonctionnement d’une démocratie et une critique à peine cachée contre les attaques incessantes du président contre les journalistes américains.
    La décision de « parler de notre mission » a été discutée depuis longtemps dans la rédaction a affirmé un porte parole à Poynter, « nous pensons que c’est une déclaration utile et concise pour expliquer aux millions de nouveaux lecteurs qui nous ont rejoint cette année qui nous sommes. »
    Comme James Warren l’explique dans Poynter: « Donc Democracy Dies in Darkness ressemble un peu à un prêche, une image de soi un peu démesuré de l’industrie en ce moment (…) mais ça marche. »

     

  7. « When We Rise », le nouveau docu-drama de ABC

    La chaîne a réalisé une minisérie en huit épisodes censés couvrir cinquante ans d’histoire LGBT à San Francsico où le tournage a eu lieu et dont les deux premiers épisodes seront diffusés lundi 27 février et ce jusqu’à la fin de la semaine. 
    « When We Rise »
    s’inspire librement de l’ouvrage de l’activiste Cleve Jones, « When We Rise: My Life in the Movement«  qui décrit sur plusieurs décennies (1972-2013) la lutte de quatre activistes de la Bay Area.

    « Ce que Dustin Lance Black a réussi avec l’immense et émotionnellement explosive série télévisée « When We Rise », c’est plus que de simplement raconter l’histoire de la lutte pour l’égalité de la communauté homosexuelle. Il a créé une histoire qui rappellera à tout le monde – homos et hétéros – de tout ce qui menacé par le retour de la haine, des divisions t d’une peur irrationnelle qui a paralysé la Nation » écrit le San Francisco Chronicle.

    Variety a trouvé l’exercice superficiel et cliché mais « le fait qu’une reconstitution pédagogique sur le mouvement des droits des homosexuels soit diffusé en prime time sur une chaîne nationale témoigne d’une révolution – qui continue – qui a transformé la fabrique sociale de cette nation. En l’espace de cinquante ans, l’Amérique est passé d’un pays ou l’homosexualité est traité comme une maladie par les psychologiques avec lobotomies et électrochocs à un pays ou le mariage homosexuel est autorisé partout. »

    La Bande Annonce est un peu mièvre

  8. La lecture du jour

    « The True Story of the Comey Letter Debacle » sur Vanity Fair. La décision incensée de James Comey de réouvrir l’enquête sur la messagerie privée de Hillary Clinton le 28 octobre 2016, onze jours avant les élections présidentielles, et prévenir le Congrès dans une lettre, désormais inscrite dans les livres d’histoire, qui a fait la une des télés, radios et quotidiens lors du weekend d’Halloween, s’expliquerait plus par la volonté du directeur du FBI de consolider son héritage au sein de l’agence plus que de voir les Démocrates perdent.

  9. Couverture du jour

    Découvrir la une du New Yorker chaque semaine est toujours un plaisir mêlé d’excitation et dernièrement Françoise Mouly n’a pas décu ses lecteurs au contraire. La couverture de cette semaine va faire couler beaucoup d’encre (heureusement Donald Trump ne lit pas le New Yorker); elle est signée Barry Blitt, le dessinateur officiel de Donald Trump dans le magazine – il a signé une dizaine de couvertures représentant le candidat puis le président l’année dernière. Reprenant la première couverture originale de 1925, Blitt remplace la traditionnelle mascotte par Vladimir Poutine et le papillon, Donald Trump.
    Plus sérieusement, le journaliste Evan Osnos et le rédacteur en chef David Remnick évoquent dans « Active Measures » les conséquences d’une neutralisation de l’OTAN et le retrait américain de la sécurité européenne qui « donnerait différentes opportunités à Poutine »

Le kiosque du vendredi 13 janvier 2017

La police de Chicago en ligne de mire

Année difficile pour le maire démocrate de Chicago, Rahm Emmanuel, qui non seulement dirige la ville la plus létale du pays (762 homicides en 2016) mais doit aujourd’hui répondre aux accusations du département de Justice américain qui accuse la police de la ville d’avoir « violé les droits civils des résidents en utilisant la force excessive, une pratique qui a particulièrement affecté les Afro-Américains et les Latinos ».
Selon le New York Times, la supervision du Département de Justice permet de mettre en place plus facilement des programmes de réforme du fonctionnement de la police et de leurs interactions avec la population.
Hier c’est la ville de Baltimore qui a annoncé un renforcement du contrôle de la police, accompagné de plus formation et de sécurité pour les officiers, à la suite de la mort violente de Freddie Gray dans un fourgon de police en 2015. D’autres villes sont également poussées par le ministère de la Justice pour changer leurs pratiques: Ferguson dans le Missouri, Seattle ou encore Cleveland.

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Trump accuse ses ennemis politiques d’être derrière le « fameux » rapport

Trump a du mal à se  remettre de la publication du rapport explosif publié par Buzzfeed mercredi, et accuse ce matin des « cadres politiques crapuleux », « Républicains et Démocrates » d’être à l’origine de ces « fake news » alors que la Russie affirme « que rien n’existe » sur lui et a promis qu’un rapport ferait toute la lumière sur cette affaire sera disponible dans trois mois.

Il a eu aussi quelques mots doux envers son ancienne rivale, Hillary Clinton, « qui n’aurait jamais dû être autorisée à se présenter aux élections » car « coupable à 100% »; que le FBI « a été très gentille avec elle » et « qu’elle a perdu parce qu’elle a fait campagne dans les mauvais Etats » et « sans enthousiasme ».

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Le directeur du FBI fera l’objet d’une enquête

L’année commence bien pour les agences de renseignement américaines, critiquées par le président-élu pour avoir transmis des documents confidentiels à son sujet à la presse, soupçonnées par une partie de la population de faire le jeu des Démocrates dans le scandale du piratage russe de leur Comité National cet été.
Hier, le Département de Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’affaire Clinton, la décision de James Comey, le directeur du FBI, de publier une lettre aux membres du Congrès et d’annoncer publiquement la réouverture d’une enquête sur un candidat à la présidence, à onze jours du scrutin.
Le Wall Street Journal a appelé jeudi la nouvelle administration à renvoyer Mr Comey, s’il ne prend pas lui-même la décision, étant donné le mépris qu’il suscite chez les Républicains, pour ne pas avoir inculpé Hillary Clinton au mois de juillet et clôt l’enquête sur sa messagerie privée par une tape sur la main; et les Démocrates qui sont persuadés que leur candidate a perdu les élections à cause de l’intervention de Comey le 28 octobre dernier.
« Un comportement inexcusable » selon le Washington Post, pour qui le silence du directeur du FBI, devant les accusations contenues dans le fameux rapport, connu bien avant les élections, contraste avec la démarche très publique, entreprise à l’encontre de Clinton, sur qui ils n’ont d’ailleurs trouvé. 

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La Chaîne parlementaire américaine piratée

Hier après midi, le programme en direct de la chaîne parlementaire américaine C-SPAN a été remplacé par celui de la chaîne d’infos officielle du gouvernement russe, RT  (Russia Today) pendant dix minutes avant de revenir à la normale.
Selon la direction, cet épisode est dû à une erreur technique, qui semble bien mal tomber en pleine polémique sur le piratage russe des élections présidentielles.

Communiqué de C-Span le 12 janvier 2017

 

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La fin de « Wet Foot Dry Foot »

Miami Herald – Edition du vendredi 13 janvier

Barack Obama a mis fin hier à la politique dite du « Wet foot, dry foot » qui autorise tous les Cubains entrés illégalement aux Etats-Unis à rester sur le territoire pour devenir des résidents légaux, en vigueur depuis 1995.
La mesure, effective dès aujourd’hui a permis a des centaines de milliers de Cubains de quitter l’île pour s’installer aux Etats-Unis.

Obama et Cuba auraient négocié le retour de milliers d’immigrés à la Havane qui n’auront plus que le choix de demander l’asile politique pour repartir.
Donald Trump peut annuler cette mesure, mais « en terminer avec une politique qui a permis à des centaines de milliers de personnes de venir aux Etats-Unis sans visa » s’aligne sur les positions du président-élu sur l’immigration.

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Billionnaire Georges Soros perd 1 milliard de dollars

Le gestionnaire de fonds et milliardaire, George Soros, a perdu un milliard de dollars d’investissements après le ralliement des marchés financiers derrière la victoire de Donald Trump au mois de novembre. Beaucoup d’experts avaient prévu un effondrement des marchés après le résultat alors que le Dow Jones a au contraire augmenté de 9% ces deux derniers mois.
George Soros a également investi vingt millions de dollars dans le parti démocrate durant les élections 2016. Il peut tout de même se consoler avec une fortune personnelle estimée à 25 milliards de dollars.

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Les Chicago Cubs se passent de Trump

Ils ont gagné les World Series, le championnat de baseball américain début novembre, 108 ans après leur dernière victoire, et iront comme il se doit fêter leur titre à la Maison Blanche … la semaine prochaine.
C’est une demande réciproque, de la part du président Obama, grand fan des White Sox, puis des Cubs et très attaché à Chicago, et des joueurs, qui ne souhaitaient pas partager leur trophée avec le nouveau président à l’ouverture de la saison 2017, en avril prochain.

 

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Les chargers déménagent à Los Angeles

La NFL, Ligue National de Football américain, vient de confirmer le déménagement des Chargers de San Diego vers la ville où ils sont nés en 1960, Los Angeles, laissant des centaines de milliers de fans orphelins d’une équipe qu’ils soutenaient depuis cinquante-cinq ans. Hier de nombreux supporters ont laissé élcater leur tristesse et leur colère en allant jusqu’à brûler les maillots et les drapeaux de l’équipe.
Les Chargers avait déjà demandé en 2016, avec les Oakland Raiders, de déménager à L.A. et d’y construire un nouveau stade, qui avait été refusée par la fédération.

Le propriétaire des Chargers, Dean Spanos, n’a pas réussi à convaincre le maire de San Diego de soulever les fonds publics nécessaires (600 millions de dollars) pour la construction d’un nouveau stade estimé à 1,2 milliards de dollars.

L’année dernière, ce sont les Rams, installés à Saint Louis dans le Missouri, qui ont déménagé dans la ville des Anges avec la promesse de construire un nouveau stade à Inglewood, pour 2,66 milliards de dollars, qui ouvrira en 2019. 

 

 

Ingérence russe dans les présidentielles américaines: Et si c’était de l’intox?

Les sanctions très sévères prises par Barack Obama à l’encontre de la Russie, accusée d’avoir piraté le Parti Démocrate durant la campagne présidentielle pour favoriser Donald Trump aux dépens de Hillary Clinton, sans avoir offert de preuves tangibles, met aujourd’hui les médias americains dans une situation délicate.
Certains journalistes évoquent le scandale des armes de destruction massive: un mensonge orchestré par l’administration Bush, appuyé à l’époque par l’enquête d’une journaliste du New York Times, qui avait justifié l’intervention de l’armée américaine en Irak.
Parmi eux, Glenn Greenwald et Matt Taïbbi mettent aujourd’hui en garde leurs confrères contre l’éventualité d’un nouveau fiasco.

 

Le renvoi de 35 dignitiares russes liés aux services de renseignements du sol américain et la réponse stratégique de Poutine de ne pas envenimer la situation en attendant l’investiture de Donald Trump, ferait presque passer Barack Obama pour l’agresseur et son confrère russe pour une oie blanche.

La plupart des quotidiens du pays consacraient leur une hier à la décision dramatique du gouvernement américain en considérant comme acquise la culpabilité du Kremlin dans cette affaire de piratage. Rares ont été ceux à admettre qu’il n’existe pourtant aucune preuve tangible aujourd’hui que le gouvernement russe est à l’origine du « hackage » du Parti Démocrate si ce n’est le rapport de la CIA et du FBI, publié jeudi, qui reste très flou sur les méthodes employées et les acteurs engagés dans ces actes criminels.

Comme le constate Matt Taïbbi dans Rolling Stone hier, ce rapport ne livre aucune indice sur ce qui a mené les services de renseignements à déterminer que:

  • Le gouvernement russe était le commanditaire du piratage 
  • Le piratage était destiné à influencer les élections présidentielles, qui plus est, en faveur de Donald Trump.


Comme les médias conservateurs l’avancent, personne, ni Poutine, ni le parti Républicain, ni même sans doute Trump, avaient prévu la victoire de leur candidat.

Le problème avec cette histoire, c’est que comme dans la débâcle de celle des armes de destruction massive en Irak, elle s’inscrit dans un environnement extrêmement politisé dans lequel les motifs de tous les acteurs impliqués sont suspects. Rien n’est logique ici.

La seule façon d’y voir plus clair serait de fournir des preuves que l’administration Obama et les services de renseignements refusent de révéler « par peur d’exposer leurs sources et leurs méthodes » – malgré les demandes répétées des journalistes, conservateurs et libéraux depuis des semaines.

Plus inquiétant, pour certains supporters de Clinton, l’idée que « la Russie a piraté les élections » renvoie au piratage des votes le jour des élections – des suspicions levées après le recomptage des voix dans le Michigan et le Wisconsin, qui ont confirmé la victoire de Trump dans ces Etats. 
Selon le site Yougov, la moitié des électeurs démocrates pensent que le gouvernement russe aurait modifié les résultats du scrutin le 8 novembre – « un nombre aussi inquiétant que les 62% d’électeurs de Trump qui croient les propos d’Alex Jones, un présentateur télé conspirationniste, selon lesquels des millions de sans papiers auraient voté illégalement aux élections présidentielles.

Cette affaire a également des enjeux partisans, et l’intervention de Glenn Greenwald, la semaine dernière sur le plateau de Tucker Carlson, sur Fox News, pour dénoncer les accusations du gouvernement américain contre les agissements russes, a été critiquée par certains médias libéraux qui l’accusent de prendre la parti de Trump et de Poutine. 

Le fondateur de The Intercept en a conclu qu’accuser la Russie d’ingérence n’était finalement qu’un stratège politique des démocrates pour discréditer le prochain président.

Il n’existe aucune preuve tangible pour appuyer les accusations du FBI, de la CIA et du gouvernement américain, et en tout état de cause, il est impossible de tirer de conclusion définitive sur l’ingérence de Vladimir Poutine et du gouvernement russe dans les élections présidentielles américaines – une précaution que beaucoup de journalistes et de rédactions n’ont pas prise.  

Comme le rappelle Matt Taïbbi en conclusion de son article:

Nous devrions avoir appris de l’épisode Judith Miller [journaliste du New York Times qui a révélé l’existence d’armes de destruction massive en Irak avant de reconnaître que ses sources l’avaient manipulée].
Non seulement les gouvernements mentent, mais ils n’hésiteront pas à ruiner les agences de presse au passage. Ils utiliseraient n’importe quel pigeon pour arriver à leur fin.
Je n’ai aucun problème à penser que Vladimir Poutine a tenté d’influencer les élections américaines.
C’est un gangster de bas étage qui est capable de tout. Et pareil pour Donald Trump qui s’est rabaissé durant la campagne jusqu’à aller demander aux Russes de rendre publique les emails de Hillary Clinton. Donc tout est possible.
Mais on s’est déjà trompés dans des histoires similaires, qui ont eu des effets désastreux. Ce qui rend encore plus surprenant le fait qu’on n’essaye pas un peu plus d’éviter de se faire avoir à nouveau.