Le kiosque du 27 novembre 2016

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Mort de Castro aux Etats-Unis

La mort de Fidel Castro est sur les unes de tous les quotidiens du pays dimanche matin. Alors que les journaux floridiens célèbrent la disparition du dictateur à l’instar du Miami Herald pour qui « la mort de Castro apporte joie et guérison à Miami » ou du Diaro Las Americas, publié en espagnol, qui titre « Nunca Mas » (« Plus Jamais »), les quotidiens nationaux sont plus mitigés sur l’héritage du Comandante.
Ils évoquent l’inspiration que sa rebellion a pu offrir à des générations de communistes et socialistes (The Washington Post) mais aussi d’étudiants américains durant les années soixante et soixante-dix, notamment sa résistance face aux Etats-Unis (New York Times) et la réalité d’une dictature qui a muselé toute opposition politique, assassiné des milliers d’opposants et provoqué l’exil et de la déchirure de nombreuses familles (The Tampa Bay Times).

Les Cuban Americans représentent la troisième communauté latino aux Etats-Unis, estimée à plus de deux millions d’Américains, dont 1.4 millions vit en Floride, puis en Californie, dans le New Jersey et à New York.
Ce sont eux qui sont le plus réjouis de la mort de Fidel Castro vendredi soir, car beaucoup sont des exilés ou leurs descendants, et dont certains conservent des liens familiaux avec ceux restés à Cuba.

 

Marco Rubio et la surenchère anti-Castro

Marco Rubio, l’un des candidats républicains à la présidence et sénateur de l’état de Floride de descendance cubaine, a affirmé hier que « l’histoire se souviendra de Fidel Castro comme le diable, comme un dictateur meurtrier qui a infligé la misère et la souffrance sur son propre peuple » en transformant Cuba en une « prison misérable ».

Il a ensuite critiqué les « soi-disants » journalistes qui ont comparé Castro à George Washington – il faisait référence aux propos d’un journaliste de ABC qui expliquait que « Castro était considéré, encore à ce jour, par sa population comme le George Washington de son pays ».
Des commentateurs ont en effet mentionné sur des chaînes nationales certaines politiques réussies mis en place par le pouvoir cubain, comme l’éducation pour tous, le système de santé ou la recherche scientifique.

Le sénateur Rubio a continué d’énumérer sur Twitter, les crimes commis par l’ancien dictateur avant de s’en prendre au prendre au premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a salué hier le départ « d’un grand leader » et suscité les critiques et moqueries de nombreux politiques et journalistes, surtout aux Etats-Unis.

Justin Trudeau salut Castro

Justin Trudeau, le chouchou des médias américains, a fait grosse bourde, en évoquant la mort d’un « leader plus grand que nature » qui avait « une prfonde affection pour son peuple » contrairement à la plupart des autres chefs d’état occidentaux, qui ont condamné les crimes commis à l’encontre des droits de l’homme et l’oppression politique de son régime.
Le père de Justin Trudeau, Pierre Trudeau, ancien premier ministre canadien, était un « ami » de Castro et a visité plus fois la Havane dans les années 70.

Les propos de Trudeau ont provoqué de nombreuses critiques, et s’il ne s’est pas rétracté sur sa déclaration initiale, il a tout de même affirmé ca matin, lors d’un déplacement à Madagascar, que Castro était un dictateur: « Il y a des gens qui ont beaucoup d’expériences et de souvenirs douloureux de ce qui s’est passé à Cuba, et je ne veux surtout pas minimiser cela ».

Target boycotté pendant la Holidays season

On devrait s’attendre à pas de polémiques comme celles-ci durant les quatre prochaines années autour de la prises de position de certaines entreprises sur la défense des droits de minorités.
La dernière en date concerne le géant de la grande distribution Target qui a pris fait et cause contre toutes sortes de discrimination envers la communauté LGBT ces derniers mois, notamment la loi HB2 votée en Caroline du nord.
Cette loi interdit aux transsexuels qui n’ont pas physiquement, donc officiellement, changé de sexe, d’utiliser les toilettes qui correspondent à l’identité de leur choix. En réponse à cette loi, Target a diffusé un communiqué officiel au mois d’avril en s’engageant à protéger les transsexuels dans leurs magasins et de les laisser utiliser les cabines d’essayage et toilettes de leur choix.
Une association conservatrice anti-LGBT, l’American Family Association, a lancé depuis une pétition pour boycotter ces magazins en expliquant: « Un homme peut simplement dire qu’il se sent comme une femme aujourd »hui et entrer les toiletttes des femmes … même si de jeunes filles ou des femmes sont déjà dedans » explique l’association, qui a récolté depuis 1,4 millions de signatures.

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Le boycott a été relancé ce weekend de Thanksgiving, l’occasion du Black Friday et du début de la Holidays Season, la plus importante pour les grandes chaines de supermarchés, avec le hashtag #anywherebuttarget.

Fidel Castro en couvertures

Fidel Castro, en couverture des magazines américains, depuis les années soixante.
  • Après la chute de Batista, et l’arrestation de Cantillo, le pion des Américains, Fidel Castro et Che Guevara prennent le contrôle du pays.
Time magazine - janvier 1959
Time magazine – janvier 1959

 

  • Après le débarquement manqué de la Baie des Cochons où plusieurs centaines d’exilés cubains, soutenus par les Etats-Unis, sont arrêtés par Castro.
Life magazine - juin 1961
Life magazine – juin 1961

 

  • Après la crise des missiles de Cuba, les Etats-Unis abandonnent l’idée d’une invasion de l’île mais mettent un embargo économique très lourd sur le pays – et toujours en vigueur aujourd’hui.
MAD - Ocotobre 1963
MAD – Ocotobre 1963

 

  • Le bilan politique de la révolution cubaine est loin d’être unanime comme en témoigne la perspective de cette couverture du Time daté de 1993.
Time magazine - Décembre 1993
Time magazine – Décembre 1993

 

  • « Le Cuba de Castro est désespérément ouvert au commerce » affirme Time magazine en 1995 dans une interview exclusive avec le dirigeant communiste.
Time magazine - février 1995
Time magazine – février 1995

 

  • En 1998, le pape Jean Paul annonce les prémices d’une ouverture lente mais progressive du pays sur la scène internationale en visitant pour la première Cuba. Un voyage symbolique immortalisée par cette belle couverture du New Yorker
The New Yorker - Janvier 1998
The New Yorker – Janvier 1998

 

  • La santé fragile de Fidel Catro le pousse à céder temporairement ses pouvoirs à son frère Raúl Castro, premier vice-président du Conseil d’Etat.
The New Yorker - Mars 2008
The New Yorker – Mars 2008

 

  • La mort de Fidel dans le New York Times ce matin
The New York Times - Edition du dimanche 27 novembre 2016
The New York Times – Edition du dimanche 27 novembre 2016

 

Le Kiosque du 26 novembre 2016

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TRUMPLANDIA

Au moins il suit les news le Donald, son premier tweet en 48 hours, ce qui n’est sans jamais arrivé depuis la création de son compte en mars 2009. Un tweet suprenant qui a bien entendu suscité critiques et moqueries de la part de nombreux médias, surtout que la mort du leader cubain a été annoncée hier peu avant minuit.
S’il a été l’un des derniers à l’apprendre, il aurait pu au moins rester discret la dessus.

Le milliardaire et futur président intervient principalement via le réseau social sur lequel il a posté plus de 34 000 tweets, plus d’une dizaine par jours!
Il a 16 millions d’abonnés, et suit seulement 41 personnes et compte Twitter, dont ses enfants, Eric, Donald Jr, Ivanka et Tiffany, neuf des organisations, The Drudge Report et Fox news, des journalistes de Fox, et Vince McMahon, le président de World Wrestling Entertainment, milliardaire et lui même ancien catcheur.

 

No RIP for Fidel en Floride

On a assisté à des scènes de liesse en Floride à la suite de la mort de Fidel Castro. L’importante communauté cubaine a laissé exploser sa joie hier soir et jusque tard dans la nuit. Les festivités ont continué ce matin, surtout dans le sud de l’état et sa capitale où exilés cubains, leurs enfants et petits enfants chantaient, dansaient, pleuraient, en agitant les drapeaux de Cuba.
Parmi eux, Fabiola Santiago, journaliste au Miami Herald écrivait ce matin.

Le tyran est mort.
Il faut que je le dise pour le croire.
Al Fin
Finalement le eader de la guerilla qui est arrivé au pouvoir en promettant la justice sociale mais qui au lieu de cela a séparé des familles, éxécuté et persécuté des opposants, imposé une misère sans précédent sur le peuple cubain, est parti de cette terre.
J’ai attendu ce moment toute ma vie.
Finalement, le traitre dont le pouvoir communiste m’a déracinée de tout ce que je savais et aimait et qui m’a laissé sur ce littoral le coeur brisé est parti.
Le tyran est mort.
Il faut que je le répète pour le croire. (…)
Ne me jugez sévèrement, laissez moi profiter de ce moment. Notre exil est sa faute.
Il n’y a pas de RIP de notre part pour l’incarnation du diable dans notre histoire personnelle et collective.
(…)
Il n’y aura pas d’adieux Comandante de notre part, juste un bon débarras

Patrick Oppman, l’unique journaliste américain présent à Cuba, correspondant de CNN, s’est retrouvé hier soir à annoncer la nouvelle aux Cubains, puisque la chaîne du gouvernement n’a pas daigné changer ses programmes hier soir pour couvrir la mort de leur ancien leader.

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Jill Stein obtient le recompte des voix dans le Wisconsin

On n’aura jamais autant de Jill Stein que cette semaine, depuis qu’elle a réussi à récolter plus de 5 millions de dollars depuis mercredi pour demander au Wisconsin (10 grands électeurs) de recompter ses voix qui seront disponibles avant le 13 décembre prochain. La demande a été officiellement enregistrée hier avant 17 heures et la campagne de Hillary Clinton vient d’annoncer qu’elle y participera.
La date limite pour une demande recomptage des voix en Pennsylvanie (20 grands électeurs) est lundi et le 30 novembre pour le Michigan (16 électeurs pas encore adjugés).

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Obama restera en politique après le 21 janvier 2017

Pas content le New York Post après les déclarations de Barack Obama lors de son déplacement au Pérou sur son intention d’intervenir après son départ de la Maison Blanche pour défendre les valeurs et les idéaux du pays quand il le jugera utile. « Vous me verrez l’année prochaine, et on sera dans une position dans laquelle on va pouvoir commencer à de grandes choses ».
Le président tentait de rassurer des milloins d’Americains et de Démocrates effrayés par la future administration et son Commander-in-Chief.
Une démarche qui va à l’encontre de la tradition qui veut l’ancien président reste en dehors de la vie politique après ses mandats.

Dans un éditorial ce matin, le tabloïd newyorkais critique cette décision qui pourrait lui faire baisser sa côte de popularité auprès des Américains et empêcher une nouvelle génération de démocrates de prendre la relève.
Jamais un président n’a été aussi aimé à quelques mois de son départ, et beaucoup le regrettent déjà, surtout avec ce arrive ensuite