Entre « Adieu » et « Freedom! », les quotidiens britanniques face au Brexit

 

Normalement on reste de l’autre côté de l’Atlantique mais difficile cette semaine de ne pas aller jeter un oeil chez les médias britanniques qui couvrent l’un des évènements politiques les plus importants de leur histoire: Le Brexit.

Les quotidiens, comme les médias, les politiques et la population étaient très divisés sur le sujet donc l’annonce officielle de Theresa May, mercredi, devant le parlement, du départ du Royaume-Uni de l’Europe à été l’objet de célébrations pour certains et de déceptions pour d’autres.

La une du Guardian hier était particulièrement réussie:

The Guardian – Edition du mercreid 29 mars 2017

Le quotidien de gauche, fervent opposant au Brexit, résumait la situation qui attend le pays:

 

« C’est le moment où la dure réalité va remplacer les promesses impossibles »

 

Les autres quotidiens qui n’étaient pas en faveur du Brexit, sont I Paper, City A.M. (qui récapitule en unes, le cheminement vers la signature de l’article 50).

 

The Herald, le quotidien écossais a signalé jeudi « le début de la fin »:

 

Après 44 ans dans l’Europe, a bloc qui couvre 500 millions d’habitants et 28 pays, une lettre de six pages du Premier Ministre britannique commence le processus qui dans deux ans verra le Royaume-Uni quitter l’organisme qui a permis d’assurer 60 ans de paix en Europe.

 

Le Guardian a dénoncé lui le chantage de Theresa May avec l’Europe sur les questions de sécurité pour tenter de décrocher les meilleurs de départ pour le Royaume-Uni.
Comme le Western Mail du pays de Galles le souligne avec une photo de la fameuse lettre donnée par l’ambassadeur britannique au président du Conseil européen, Donald Tusk, il n’y pas de « Retour en arrière ». Le Financial Times était un plus nostalgique avec « merci et au revoir » et I Paper a rendu hommage à ses voisins avec des au revoir dans toutes les langues européennes.

 

 

 

De l’autre côté, c’est l’hilarité personnifiée Nigel Farage qui célèbre l’indépendance du Royaume-Uni, en couverture du Daily Mail et du Daily Express aujourd’hui bière à la main. The Telegraph parle de « moment magnifique ».
La veille, le Sun avait projeté « Dover & Out » sur les fameuses falaises de Douvres et le Daily Mail criait « Freedom ».

 

 

Trump, Personnalité (déprimante) de l’Année 2016

 

Time – Person of the year 2016: Donald Trump

Comme si cette année n’avait pas été assez consacrée à Donald Trump, Time magazine décide de lui offrir sa septième et dernière couverture, la plus honorifique, celle de Personnalité de l’Année.
Son titre?
« Le président des Etats-Désunis d’Amérique ».

Qu’est ce qu’on n’a pas encore dit sur le président qui n’a déjà été répété, analysé, critiqué ces douze derniers mois.
Pas grand intérêt pour ce numéro annuel, sauf biensur pour l’intéressé qui l’accrochera aux côtés des dizaines d’autres couvertures qui lui ont été consacrées ces derniers mois: « C’est grand honneur » qui « signifie beaucoup pour moi » a-t-il déclaré ce matin sur Today de la chaîne NBC.

Dans le court reportage qui lui est consacré sur le site internet du Time, filmé dans son luxueux penthouse de la Trump Tower à New York, il considère l’opulence et la richesse qu’il a eu « l’honnêteté de montrer » durant la campagne, contrairement à certains « hommes politiques hypocrites » comme un avantage plus qu’un inconvénient auprès des électeurs américains.
« Je n’ai pas eu Jay-Z, Beyoncé, ou Bruce Springsteen pour attirer les foules, je n’avais que moi et des idées que les gens voulaient entendre. »

Nancy Gibbs, la rédactrice en chef intervient également sur le choix du magazine:

 

« Chaque année nous choisissons la Personne de l’Année, l’individu qui a eu le plus d’influence sur les évènements, pour le meilleur ou pour le pire. C’est difficile d’argumenter sur le fait que personne n’a eu autant d’influence que Donald Trump cette année, à savoir si cette influence a été positive ou négative, les gens sont profondément divisés sur cette question. Et c’est le défi qu’il doit relever. Le pays est sorti de cette campagne plus divisé qu’il ne l’a jamais lors des précédentes élections, autant qu’on puisse s’en rappeler. »

Et d’ajouter dans l’éditorial à paraître cette semaine:

Pour rappeler à l’Amérique que la démagogie se nourrit de désespoir et que la vérité est aussi puissante que la confiance donné à ceux qui la disent, pour avoir renforcé le pouvoir d’un électorat délaissé en exprimant sa colère et en diffusant sa peur, pour avoir forgé la culture politique de demain en détruisant celle d’hier, Donald Trump est la Personne de l’Anné 2016 pour le Time

Comme on pouvait s’en douter, cette décision n’a pas fait beaucoup d’heureux, et appeler à d’autres symbolisme, à l’instar de Shaun King, chroniqueur pour le NY Daily News, activiste et militant de Black Lives Matter.

https://twitter.com/ShaunKing/status/806490161915854853

Pour d’autres, la couverture est bien plus symbolique et militante qu’il n’y parait: Trump aurait été coiffé de cornes pour insister sur côté diabolique.

 

Comme si Hillary Clinton n’avait pas été assez humiliée non plus, Time magazine lui a offert la place de « runner-up », de seconde, en indiquant au passage que « La gagnante du vote populaire laisse un héritage compliqué », et celle de troisième aux « hackers » qui « ont fait de la vulnérabilité le nouveau normal et affaiblit la démocratie ».
La piratage des messageries du Comité National Démocrate et du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, dont les contenus ont été diffusés quotidiennement par Julian Assange et Wikipedia, lors du dernier mois et demi de la campagne a sans doute eu son influence sur ces élections.

 

Retour sur les couvertures que Time magazine a consacré à Donald Trump lors de ces élections