05 Sept. 2017

 

1. Les « Dreamers » en sursis

  • Ce matin, Jeff Sessions, ministre de la justice, a annoncé l’une des dernières mesures phares de sa politique anti-immigration: la fin du programme DACA Deferred Action for Childhood Arrivals – mis en place par Barack Obama en 2012 qui offrait aux enfants entrés illégalement sur le territoire américain, la possibilité d’y étudier et d’y travailler légalement.
    Une décision évidemment controversée qui pourrait forcer 800 000 jeunes « DREAMers » à quitter un pays dans lequel ils ont grandi, étudié, travaillé et dans certains cas fondé une famille mais qui ne « sera pas appliquée avant six mois » pour laisser le temps au Congrès d’apporter sa propre législation« Faites votre travail » a lancé ce matin le président, en affirmant vouloir « mettre l’intérêt des citoyens américains avant tout ».

 

  • Trump essaye une fois de plus de courtiser sa base électorale – « les oubliés qui ne le sont plus » – à défaut de pouvoir lui offrir un mur.
    Pour Ben Smith de Buzzfeed, Trump « isolé, affaibli et incapable d’utiliser les leviers habituels du pouvoir présidentiel a adopté la pire stratégie pour quelqu’un qui essaye d’exercer le métier le plus important au monde: Tirer sur les otages ». Il ne s’agit pas d’une « stratégie » mais d’un « geste de panique ». 
  • La décision devrait provoquer l’opposition ferme des Démocrates et de la plupart des leaders républicains, les plaintes des associations de défense des libertés et les décisions des juges des cours fédérales et une immense panique et un sentiment d’injustice profond chez les DREAMers.

 

  • Comme l’a avancé Mark Zuckerberg dans un post sur Facebook quelques minutes après la déclaration de Sessions, la seule solution est une proposition conjointe des Démocrates et Républicains modérés, susceptible de provoquer une véritable guerre civile au sein du GOP.

 


2. Le « briseur de rêves »

 

 

  • Alors que son concurrent, le New York Post a choisi d’attaquer sa cible favorite, le maire de New York, Bill de Blasio, le NY Daily News critique en une la décision de Trump de briser le rêve de centaines de milliers de jeunes immigrés.

 

  • Autre annonce: le rachat du tabloid new yorkais par Tronc, qui est aussi propriétaire du Los Angeles Times et du Chicago Tribune pour un dollar symbolique et trente millions de dollars de dettes.

 

 


3. Houston: les travaux de nettoyage et de reconstruction compromis

 

  • Houston a l’argent mais n’a pas la main d’oeuvre suffisante pour l’immense effort nécessaire au nettoyage, à la réparation et la reconstruction de près de deux cent mille maisons pour une raison simple: Entre un quart et la moitié des ouvriers en bâtiment de la région sont en situation irrégulière et les cibles de la politique anti-immigration de Trump, et de l’un de ses fidèles supporter, le gouverneur du Texas, Greg Abbott qui a d’ailleurs été l’un des fers-de-lance de l’annulation du programme des DREAMers.

 

  • Il y a douze ans, explique le Washington Post après l’ouragan Katrina, George W Bush avait cédé à la pression les entreprises du Bâtiment et Travaux Publics et facilité l’emploi de travailleurs en situation irrégulière qui ont représenté un quart de la main d’oeuvre utilisée pour nettoyer et reconstruire la région.

 

  • Aucun mesure n’a été proposé par Trump et l’industrie a déjà tiré la sonnette d’alarme sur une éventuelle pénurie de travailleurs nés aux Etats-Unis pour reconstruire dans les plus brefs délais.

 


4. Cinquante idées qui bousculent Washington

 

  • C’est le classement annuel réalisé par Politico sur les cinquante idées (et les individus derrière elles) qui bousculent Washington et on trouve sans surprise beaucoup de personnalités des médias avec:
    • #1: Steve Bannon et sa machine de guerre alt-right, Breitbart News;
    • #2: Un couple de Texans, Sarah Greenberg et Ezra Levin, qui s’inspire des méthodes d’action du Tea Party pour organiser la résistance des Démocrates et progressistes contre Trump dans leur organisation: Indivisible.
    • #8: Susan Fowler pour avoir exposé dans un post de blog au début de cette année le sexisme rampant dans les industries de haute technologie de la Silicon Valley, à travers son expérience chez Uber où elle a travaillé pendant plusieurs mois.
    • #16: Rebekah Mercer, fille du multi-milliardaire Robert Mercer, la « méga-donatrice » de la droite, qui a finance Breitbart depuis qu’il est dirigé par Bannon et a soutenu financièrement la campagne de Donald Trump. 
    • #17: Masha Gessen du New York Review of Books pour avoir alerté sur les dérives autocratiques de la démocratie après la victoire de Trump en s’inspirant de sa Russie natale dans un essai, « Autocracy: Rules for Survival »

 


5. »Trumped up Cards »

 

  • « Reid Hoffman [le co-fondateur de LinkedIn] a des milliards de dollars et l’un des réseaux les plus connectés de la Silicon Valley. Voila comment est-ce qu’il compte les utiliser contre Trump » explique le journaliste Tony Romm dans Recode. 
  • Ca a commencé par un jeu de cartes, « Trumped up Cards », similaire à celui de « Cards Against Humanity » – dans lequel « les joueurs finissent des énoncés complets en utilisant des mots ou phrases généralement considérés comme offensantes ou politiquement incorrectes présentées sur des cartes à jouer »  (Wikipedia) – mais consacrés uniquement au milliardaire américain, pour « aider les gens à comprendre l’absurdité de la présidence de Trump

 

 

  • Hoffman est prêt à dépenser des centaines de millions de dollars dans des campagnes, des candidats et causes qui soutiennent la vision d’un futur plus favorable au pays.

    Comme beaucoup dans la Silicon Valley, l’opposition de Hoffman à la Maison Blanche a commencé immédiatement après les élections. Et les divisions entre Trump et le secteur des hautes Technologies devraient empirer mardi, quand le président va annoncer l’annulation du programme DACA (…) Les rumeurs concernant la fin du programme de protection a poussé Hoffman et plus de trois cent autres chefs d’entreprises à condamner publiquement la Maison Blanche le week-end dernier.

 


6. Vers une guerre culturelle totale

 

  • Regnery Publishing, La maison d’édition consacrée aux auteurs et aux ouvrages conservateurs tels que Mark Levin, Laura Ingraham ou Ann Coulter a annoncé qu’elle coupait les ponts avec le New York Times et sa célèbre liste de best-sellers, la référence du milieu de l’édition, sous prétexte que le quotidien favoriserai des ouvrages dits « libéraux » et « progressistes » aux dépens de ceux plus « conservateurs ». Elle utilisera comme nouvelle liste des ventes, celle publiée par Publishers Weekly

 

  • En ligne de mire, le livre « The Big Lie: Exposing the Nazi Roots of the American Left » place en 7ème position de la liste du New York Times alors que d’autres listes le placent numéro un. Même problème selon Regnery Publishing pour l’ouvrage “No Go Zones: How Sharia Law is Coming to a Neighborhood Near You” selon Associated Press.

 

  • Le New York Times a qualifié les accusations de manipulation des chiffres des ventes de son classement de « ridicules » en notant au passage que de nombreux ouvrages conservateurs apparaissaient généralement dans cette même liste.
    Une nouvelle division de franchie entre le monde des conservateurs et celui des libéraux.

 


7. Mannequins: Nouvelle génération

 

  • « Pendant des décennies, le mannequinat a été une activité silencieuse dans laquelle les femmes étaient être vues et jamais entendues » mais une succession d’incidents cette année ont mis en avant les problèmes qui minent encore cette industrie, notamment les conditions de travail, le harcèlement sexuel, l’humiliation physique ou encore le racisme.

 

  • Aujourd’hui, les mannequins, même peu connus dans l’industrie, peuvent utiliser les médias sociaux pour s’exprimer et avoir de l’influence en s’attirant de nombreux abonnés.
    Le New York Times est allé à la rencontre des modèles féminins à différentes étapes de leur carrière pour partager leur expérience: ICI

 


8. Le retour de certaines maladies infectieuses des Etats-Unis

 

  • Les régions les plus pauvres des Etats-Unis sont marquées par la résurgence de maladies infectieuses dignes des pays les plus pauvres de la planète: En Alabama un tiers des individus vivant dans le comté très défavorisé de Lowndes, ont été testés positifs à l’ankylostome, un parasite intestinal éradiqué depuis des décennies du pays depuis les années 80 et qu’on trouve dans les zones pauvres tropicales africaines et asiatiques.
    L’étude [réalisée par l’université de Baylor et l’Alabama Center for Rural Enterprise, ACRE] résumée dans le Guardian révèle que l’ankylostome ne survit que dans les communautés qui n’ont aucune hygiène de base, notamment à travers des problèmes de gestion et de traitement des ordures et eaux usées.

 


9. Les couvertures du jour

 

  • Ce sont celles de Sport Illustrated consacrées à la reprise de la saison de football américain cette semaine: Quatre couvertures différentes avec:
    • Le quarterback des New England Patriots, Tom Brady 
    • Le defensive end des Houston Texans, J.J. Watt
    • Le quarterback des Green Bay Packers, Aaron Rodgers
    • Le running back des Arizona Cardinals, David Johnson

Le kiosque du 26.04.17: Juge vs décret présidentiel – Tom Brady – Le Mur & El Chapo – Breitbart discrédité – HBO

 

 

  • Suspension d’un décret présidentiel: Encore une fois!

    Une manifestation a San Francisco le 25 janvier dernier

     

    Le président Trump ne peut pas obliger les villes sanctuaires comme San Francisco à coopérer avec les officiers d’immigration sous peine de supprimer leurs subventions a affirmé un juge fédéral mardi dans une décision qui interdit l’application du décret de Trump sur l’ensemble du pays.
    S’agissant du premier passage juridique d’un décret présidentiel signé par Trump, cinq jours après son investiture, le juge de San Francisco avait affirmé que le président dépassait ses pouvoirs constitutionnels en essayant de punir des gouvernements locaux qui refusaient de se plier à ses politiques d’immigration.

     
    Le juge a qualifié le décret d’inconstitutionnel:
     

    « La constitution confère au Congrès le contrôle des dépenses, et pas au président, donc le décret [présidentiel] ne peut constitutionnellement imposer de nouvelles conditions aux subventions fédérales. »

     
    Une décision importante qui a soulagé la plupart des grandes villes du pays dites « sanctuaires », qui se sont engagées à défendre les droits des immigrés en situation irrégulière contre les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et qui craignaient de voir les subventions offertes le gouvernement fédéral.
     
    La Maison Blanche a critiqué la décision:
     

    Aujourd’hui, l’Etat de Droit a reçu un nouveau soufflet de la part d’un juge, qui n’a pas été élu et qui récrit la politique d »immigration de notre pays

     
    Trump a réitéré le même tweet que lors de la suspension de la « travel ban »:
     

    Rendez vous à la Cour Suprême

     
    * « Trump order blocked » – San Francisco Chronicle
    * « Us judge blocks Trump order threatening funds for ‘Sanctuary’ Cities » – The Los Angeles Times

 

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  • Financer le mur avec l’argent d’El Chapo

    Donald Trump doit trouver les fonds nécessaires pour construire son fameux mur le long de la frontière mexicaine et comme ni le président mexicain, ni les Démocrates du Congrès américain sont prêts à le financer, le sénateur républicain Ted Cruz, candidat malheureux des dernières présidentielles a eu une idée intéressante: Financer le mur avec la fortune du seigneur de la drogue mexicain, El Chapo, actuellement enfermé dans une prison américaine:
     

    14 milliards de dollars pourraient largement permettre la construction d’un mur capable de protéger les Américains et empêcher le transit illégal de drogues, d’armes et d’individus de part et d’autres de la frontière.
    Assurer la sécurité des Texans est l’une de mes priorités. (…)
    Le gouvernement américain cherche actuellement à mettre la main sur les profits des activités criminelles, estimés à 14 milliards de dollars, notamment par la drogue, qui appartiennent à El Chapo, l’ancien leader de cartel de la drogue de Sinaloa, récemment extradé aux Etats-Unis qui doit répondre à de multiples accusations, dont celles de meurtre et de blanchiment d’argent

     
    Mr Cruz a même introduit une loi du nom éponyme « EL CHAPO » (« Ensuring Lawful Collection of Hidden Assets to Provide Order » qui signifie « Assurer la collection des biens cachés pour financer le décret ») mardi devant la Cour du Texas.
     
    * « Ted Cruz calls for $14 billion seized from « El Chapo » to fund border wall »Breitbart

 

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  • Breitbart n’a pas d’accréditation officielle

    Coup de massue pour le site d’info alt-right.
    Le comité du Congrès américain a refusé de donner une accréditation permanente à Breitbart News à cause des différents conflits d’intérêts que la compagnie n’a pas su éclaircir: un ancien manager de la rédaction qui travaille jusqu’à début mars pour un think tank conservateur (Governement Accountability Institute) ou le rôle flou de la très puissante famille Mercer, le plus important donateur de la campagne de Donald Trump, actionnaire de Breitbart News. Rappelons également que l’un des plus proches conseillers du président, Steve Bannon, était l’ancien président de la compagnie et si les deux partis affirment ne plus être en contact, des doutes subsistent.

     
    Un organe de presse doit montrer patte blanche pour obtenir une accréditation officielle au Congrès, prouver notamment qu’il n’a aucune attache financière, depuis sa création, à n’importe quel lobby au sein de Congrès.
    Une fois obtenu, il permet d’accéder au tout Washington et surtout de faire partie de l’Association des correspondants de la Maison Blanche qui permet aux journalistes de voyager avec le président.

     
    Breitbart rate ici l’occasion de jouer dans la cour des grands médias conservateurs.
     
    * « Breitbart has been denied Permanent Congressional Press Credentials »Buzzfeed
    * « The reclusive Hedge Fund tycoon behind the Trump Presidency »New Yorker

     

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  • L’effet bulle des médias toujours plus important

    Une carte de Politico qui illustre la concentration des médias dans les comptées démocratiques. En rouge les votes Trump en 2016 contre ceux de Clinton en bleu et les Bulles représentent les 150 comtés qui ont le plus d’emplois dans les médias

     

    « Comment est-ce que les grands médias américains ont pu louper le phénomène Trump? (…)
    Certains conservateurs ont accusé la presse à grande majorité démocrate de prendre parti pour Clinton, mais ce soit-disant parti-pris ne tient pas puisqu’aucun organe de presse n’a ignoré l’histoire des emails de Clinton, tout le monde s’est gargarisé sur la correspondance [piratée] de John Podesta [son directeur de campagne] que Wikileaks a servi sur un plateau d’argent.

     
    Pour Nate Silver, de FiveThirtyEight, c’est l’hyper-homogénéité idéologique des « newsrooms » (à 93% démocrates) qui expliquent la « myopie de la presse »; même constat pour Steve Bannon, ancien président de Breitbart qui affirmait au lendemain de la victoire de Trump: « La bulle médiatique est le symbole ultime de ce qui ne tourne pas rond dans ce pays, c’est une cercle de gens qui se parlent entre eux sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe ».
     

    Mais [ces explications] sont le symptôme [d’une situation] et pas sa cause.
    Et quand on en vient aux causes, il existe une autre façon de penser le problème (…)
    On trouve cette réponse sur une carte.
    Où est-ce que les journalistes travaillent et est-ce que [cette distribution] changé ces dernières années? (…)
    Les médias nationaux travaillent dans une bulle qui n’existait pas il y a une dizaine d’années.
    Cette bulle ne cesse de grossir. Concentrée le long des côtes, elle est géographique et politique. Si tu es journaliste, il a beaucoup de chances pour que tu vives dans une circonscription pro-Clinton – et très certainement l’une des plus « pro-Clinton ».
    Et tu as même de la compagnie puisque si tu es un lecteur de Politico, il y a beaucoup de chances pour que tu sois un citoyen de Bubbleville, aussi.

     
    Au début des années 2000, il existait encore une sorte d’équilibre entre les magazines, radio et télés concentrées depuis plusieurs générations entre New York et Los Angeles, et de nombreux quotidiens et leurs journalistes éparpillés un peu partout sur le territoire, dans des grandes, moyennes et petites villes.
    Ca n’est plus le cas aujourd’hui.

    Les employés travaillant pour les quotidiens et hebdomadaires sont passés de 455 000 dans les années 90 à 173 000 en 2017, à cause notamment des baisses de revenus publicitaires et montée d’internet, qui ont touché en premier les zones les plus rurales.
     
    * « The Media Bubble is worse than you think » – Politico

 

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  • A la recherche du maillot de Tom Brady

    A la suite d’un des plus grands retours gagnants de l’histoire du Super Bowl, les Patriots de New England ont remporté en février dernier leur cinquième Championnat de football américain, le quarterback et star de l’équipe, Tom Brady s’est fait volé le maillot de la victoire, estimé à un demi million de dollars, dans les vestiaires du Gillette Stadium de Houston.
     
    Ce que le public ne savait pas, c’est que la même déconvenue était arrivée au joueur deux auparavant lors de la victoire du Super bowl contre les Seahawks de Seattle: ni vu ni connu, un individu s’était introduit dans les vestiaires ultra sécurisés du stade et avait pris le « jersey » dans le propre sac du joueur.

    Cette année, l’incident est devenue une affaire d’Etat: Une enquête impliquant des détectives du Houston Police Department, du FBI de Boston (la ville des Patriots), la participation de la chaîne de télé Fox qui retransmettait le match (qui a fourni les vidéos des vestiaires) et plus tard les autorités mexicaines ont permis de retrouver deux maillots victorieux de Brady chez le dirigeant d’un fameux tabloid de Mexico City, La Prensa.
     
    L’homme a été très rapidement isolé sur les vidéos des caméras de surveillance, et identifié grâce aux différentes accréditations données le soir du Super Bowl: Il s’agit de Martin Mauricio Ortega.
     
    Au même moment, l’un des agents du FBI de Boston a reçu la photo d’un fan des Patriots sur laquelle figurait l’autre maillot volé de Tom Brady qu’il avait reçu d’un vendeur sur Ebay – alors que personne n’avait rapporté le vol du maillot.
     
    Début mars, le FBI a donc récupéré les deux maillots du champion.
    Mr Ortega, qui habite au Mexique, a peu de chances de terminer en prison
     


     
    * « The Great Superbowl Jersey Caper »Sports Illlustrated

 

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  • Un nouveau documentaire de HBO sur les ravages des opiacés de synthèse

    La chaîne câblée, qui a déjà réalisé un documentaire sur la question en 2015, « Heroin, Cape Cod, USA »  diffuse lundi prochain un nouveau témoignage, « Warning: This drug may kill you », sur la « pire crise sanitaire de l’histoire de ce pays », l’épidémie d’opiacés de synthèse, que nous évoquons régulièrement dans le Kiosque, et qui a fait plus de 50 000 morts en 2016.
     
    Introduites au milieu des années 90 à grands renforts de campagne marketing, ces « anti-douleurs » ont rendu dépendants des centaines de milliers de patients, contrairement aux conseils des médecins et laboratoires pharmaceutiques de l’époque.
    Parce que le médicament est prescrit, toutes les couches de la populations sont affectées par cette épidémie – l’épidémie de crack touchait uniquement les minorités urbaines défavorisées.
     
    Le président Trump a promis de s’attaquer à ce problème (qui a touché de nombreux Etats ou Trump est arrivé en tête) et à ses bénéficiaires, les compagnies pharmaceutiques.
     
    Sauf qu’il a nommé pour cette mission deux individus « que le lobby des opiacés aurait justement voulu pour le job » et qui ont travaillé à affaiblir les mesures de régulations contre les distributeurs de médicaments auprès de la Drug Enforcement Administration.

    Le taux de mortalité par overdose est plus important que les suicides, accidents de voiture ou armes à feu
     

     
    * « Trump is not off to a good start with opiod addiction » – The Hill

 

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  • Les quotidiens du mercredi 26 avril

Le kiosque du 18.04.17

 

Sur le site du Kiosque aujourd’hui

  • La Bataille de UC Berkeley
    Comment la prestigieuse université est devenue le théâtre de violences entre groupes antifascistes et leurs adversaires d’extrême droite depuis l’élection de Trump, souvent provoqués par des militants de longue date qui ne sont même pas étudiants.
    A lire ici

 

  • Blackout sur la Maison Blanche.
    La nouvelle administration refuse de rendre public le registre des entrées et de sorties du bâtiment présidentiel, qui avait été pourtant autorisé par Barack Obama.
    A lire ici

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A la une des quotidiens, ce mardi 18 avril 2017

  • L’autre combat d’anciens joueurs de football
     

     

    « Ricky Dixon frappait fort. Pendant ses matchs de football [américain] au lycée à Dallas, au cours de sa carrière à l’Université d’Oklahoma et ses six saisons chez les pros, il a utilisé sa tête pour se débarrasser de ses opposants. Pas seulement les plaquer, il raconte, mais pour les démolir.
    Aujourd’hui, il a besoin de l’aide de sa fille de neuf ans pour se brosser les dents.
    Les lésions cérébrales [provoquées par les chocs à la tête] l’ont laissé presque paralysé, enfermé à l’intérieur d’un corps qui ne pèse plus que cinquante kilos.
    A 51 ans, il ne peut pas travailler; il peut à peine bouger, et il ne peut pas parler du tout. (…)
    C’est pour sa famille, raconte Dixon, qu’il se bat contre les avocats qu’il a un jour engagé pour obtenir des compensations de la National Football League pour ses blessures.
    Aujourd’hui, ce sont eux qui essayent de prendre l’argent qui devrait servir à ses soins et à l’avenir de sa femme et de ses quatre enfants

     
    Une « class action » représentant les plaintes de 20 000 joueurs sur une période de soixante ans a été réglée en 2015 par le versement de un milliard de dollars de la part de la NFL. Sur cet argent, les avocats, qui ont travaillé gratuitement pendant des années ont demandé un peu plus de 10% de la somme, le reste étant partagé entre les plaignants selon leur âge et la gravité de leur condition médicale.
    Certains avocats réclament à des familles le paiement de frais supplémentaires pour le temps passé sur leurs cas individuels, ce qu’elles refusent. Le litige doit être réglé prochainement par un juge.

     
    * « These players fought the NFL over brain injuries. Now they’re fighting to keep money » – Dallas Morning News.

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  • Arizona: Des solutions alternatives contre la crise des opiacés de synthèse
     

     

    Cette femme originaire d’Houston aide à tester un nouveau médicament qui évite la prise d’opiacés, ces « pain killers » qui provoquent une épidémie d’abus et de dépendance.
    Vicodin, Oxycontin et d’autres drogues similaires sont généralement utilisées pour le mal de dos, l’arthrose, les nerfs endommagés et autres problèmes. Ils agissent sur des parties du cerveau qui contrôle le plaisir et la douleur, mais comme le corps s’y adapte rapidement, les gens ont besoin d’augmenter les doses pour être soulagés.
    Cette dépendance croissante aux opiacés s’est transformé en une crise sanitaire nationale, qui a déchiré des communautés, qui a mis davantage de pression sur la police et les services de santé.
    Chaque jour, 91 personnes meurent d’une overdose d’opiacés de synthèse ou d’héroïne, et des légions d’autres frôlent la mort. Avec deux millions d’Américains accros aux pilules, elles ont eu des effets bien plus dévastateurs que traiter la douleur. Les laboratoires pharmaceutiques travaillent sur de nouveaux produits avec des réussites limitées.

     
    * « Less Addictive Drugs offer Doctors New Hope in Battling Opiod Crisis » – The Arizona Daily Star / The New York Times / reportage de AP « Overcoming Opiods »

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  • Californie: Baisse importante des demandes de visas H-1B
     

     

    Pour la première fois depuis des années, le nombre d’applications pour des visas H-1B a diminué – un signal que la rhétorique « America First » du président  Trump a dissuadé certains employés de ne pas engager de travailleurs étrangers.
    Une rhétorique qui va s’accélérer mardi, quand Trump va signer un décret présidentiel pour changer le programme de visa. L’USCIS a indiqué lundi avoir reçu 199 000 applications H1-B pour la prochaine année fiscale, selon l’agence fédérale de l’immigration.
    Une baisse importante par rapport aux 236 000 reçues l’année dernière, et les 233 000 reçues en 2015.

     
    * « Tech Visas Program sees demand slide »San Francisco Chronicle

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  • Washington: Gorsuch fait une entrée remarquée
     

     

    Un Juge Neil Gorsuch confiant s’est installé a la Cour Suprême du pays pour la première fois lundi et a rapidement rejoint ses collègues en posant des questions aux avocats de trois affaires importantes [il s’agit des périodes « d’argumentations » entre les plaignants et les juges].
    Il était enthousiaste et bien préparé malgré les quelques jours dont il disposait pour être prêt à entendre les arguments. Et le nouveau juge a montré qu’il avait des idées précises sur la façon dont les affaires devaient être gérées.
    « Est-ce que ce ne serait pas plus facile de suivre l’intitulé de la loi? » a-t-il demandé à un avocat du gouvernement (…)
    La prestation de son premier jour est similaire à celles d’autres juges qui travaillaient déjà dans les cours d’appels fédérales (…) Gorsuch succède à l’un de ses héros, l’ancien juge Anthony Scalia, qui insistait pour que la cour décide en fonction d’une interprétation littérale de la loi, et non pas à travers ses intentions ou la façon dont elle a été interprétée par les chambres basses. Gorsuch a signalé qu’il suivrait l’approche de Scalia.

     
    * « Gorsuch Dives into the fray on first day »Chicago Tribune

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  • Michigan: Le médecin responsable de l’excision de deux fillettes reste en prison
     

     

    Le docteur assure qu’il ne s’agissait pas d’une ablation mais n’a pas réussi à convaincre le juge qui l’a envoyé en prison.
    Dans une affaire historique de mutilation génitale féminine qui révéle ce que les procureurs qualifient de « rituel religieux extrêmement secret », le magistrat fédéral a refusé de fixer une caution à la doctoresse musulmane indo-américaine accusée d’avoir mutilé les parties génitales de fillettes du Minnesota à la clinique médicale de Livonia dans le Michigan.
    La décision d’enfermer le Dr Jumana Nagarwala, 44 ans, de Northville, a été prise car les procureurs pensent qu’elle représente un risque de fuite, et un danger pour la communauté car elle aurait volontairement mutiler d’autres petites filles pendant des années, sachant que c’était interdit aux Etats-Unis.

     
    * « Judge: Doctor a danger to the public » – Detroit Free Press

 

  • Les unes des quotidiens:

 

 

Le Kiosque du samedi 17 décembre 2016

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Un boycott qui tombe à l’eau

Star Tribune – Edition du vendredi 16 décembre 2016

L’équipe de football (américain) de l’université du Minnesota a menacé de boycotter cette semaine le dernier match de l’année, le « Holiday Bowl », pour protester contre la suspension de dix de ses joueurs accusés d’agressions sexuelles – une sorte de tradition désormais dans ce sport, et à tous les niveaux, du lycée en passant par l’université jusqu’à la NFL.

Les joueurs-étudiants exigeaient la réintégration immédiate de leurs collègues, des excuses du président de l’Université et de celui du département d’Athletics et qu’ils « soient tenus responsables de leurs actions ».
L’affaire fait écho à des dizaines d’autres cas d’agressions sexuelles commis par des joueurs de football et autres athlètes dans les campus américains cette année.
Aucun des dix joueurs n’a été inculpé mais « la loi fédérale oblige les universités à enquêter sur des allégations d’agression sexuelle » et l’établissement est resté sur sa position, en expliquant à ses athlètes qu’elle ne changera « ni ses valeurs, ni son code de conduite » pour « le bien d’un match de football ».

Devant ce refus catégorique, le reste de l’équipe a décidé de mettre fin ce matin au boycott et a repris l’entrainement pour participer le 27 décembre au HolidayBowl à San Diego.
Dans une déclaration commune, elle a condamné toute forme de violence à l’égard des femmes, souhaité un bon rétablissement à la victime et expliqué que leur intention était avant tout de défendre leurs copains et de s’assurer qu’ils soient traités justement ».

Une femme affirme avoir été agressée sexuellement au début du mois de septembre par plusieurs « Golden Gophers » de l’équipe de football.
« Elle a dit que les contacts sexuels qu’elle a eu avec deux joueurs étaient consensuels mais pas avec quatre » affirme le rapport de police. Selon le Star Tribune, « plusieurs joueurs ont dit aux autorités que c’était consensuel, et selon un enquêteur qui a regardé la vidéo qu'[un des joueurs] a pris de l’incident, elle n’a pas l’air d’être de refuser le rapport sexuel et rien n’indique qu’elle veut arrêter, et tout ce la apparaît bien consensuel ».

L’entraineur de l’équipe, qui avait pris fait et cause pour ses joueurs, déclarait dans un tweet jeudi soir « respecter leurs droits et supporter leurs efforts pour rendre le monde meilleur [sic]. »

 

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Arrêtée pour vol à 86 ans

The Life and Crimes of Doris Payne

Doris Payne, 86 ans a été arrêtée par la police de Dunwoody, une riche banlieue d’Atlanta, après avoir essayé de voler un diamant d’une valeur de deux mille dollars.
Rien d’exceptionnel si ce n’est l’âge avancé de l’accusée.
Mais lorsque les autorités se sont renseignées sur d’éventuels antécédents, elles n’ont pas été déçues puisque Mme Payne est une « légende internationale » dans le milieu du crime et a même fait l’objet d’un documentaire, « The Life and Crimes of Doris Payne » réalisé en 2013.

Sa spécialité? Les vols de bijoux.
Et partout dans le monde: Los Angeles, Miami, New York, Paris, Monaco, Tokyo. « Il n’y a pas un jour où [elle n’a] pas réussi [à] voler ce [qu’elle veux] » a-t-elle affirmé pour un butin total estimé à 2 millions de dollars sur une carrière de plus de soixante-dix ans.

Elle a régulièrement été arrêtée, a passé plusieurs années en prison, sortie prématurement pour bonne conduite, avant de retourner vers son hobby. Même si elle est toujours fichée par la Jewelers Security Alliance, une association américaine qui travaille l’industrie de la joaillerie en les aidant à coincer les criminels, elle n’a jamais eu de mal à continuer à voler.
Elle sera présentée devant le juge lundi.

 

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Les enfants de la crise des opiacés

The Star Ledger – Edition du jeudi 15 décembre 2016

Le Star Ledger, premier quotidien du New Jersey consacrait sa couverture cette semaine à la crise des opiacés qui en train de ravager le pays et d’entraîner une recrudescence d’overdoses. Dans cet Etat, on a recensé 1,587 overdoses en 2015 (21% de plus qu’en 2014) dont 918 causées par l’héroïne – le chiffre le plus élevé jamais enregistré – et 417 liées à l’usage de fentanyl, une drogue encore plus puissante.
C’est sans compter le recours à Narcan, ce produit importé d’Irlande, qui agit comme une antidote instannée à l’overdose, qui a été utilisé plus 18 000 fois par les secours ces deux dernières années.

Le Wall Street Journal a publié une longue enquête sur ces milliers enfants en bas âge qui ont perdu leurs parents et se retrouvent placés soit dans la famille proche soit dans des familles d’accueil.
Dans le Vermont, le nombre d’enfants placés sous le système de protection de l’enfance a augmenté de 40% entre 2013 et 2016; le nombre d’enfants qui grandissent dans des foyers a augmenté de 24% entre 2012 et 2016 en Virgine Occidentale.
Une grande partie de ces enfants souffriront toute leur vie des traumatismes causés par la mort de leur parents, l’addiction et les abus dont ils ont été témoins et parfois victimes.

 

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Les abonnements de Vanity Fair qui s’envolent

Le magazine a publié une très mauvaise critique du Trump Grill, le steak house à l’intérieur de la Trump Tower et poussé l’insulte jusqu’à le qualifier d’un « des pires restaurants des Etats-Unis » provoquant l’ire de son propriétaire, le président-élu.
Comme d’habitude, ce dernier est allé sur Twitter pour insulter le rédacteur en chef du magazine Graydon Carter et critiques les « mauvais chiffres » du magazine, qui aurait « des gros problèmes » et serait proche de la « mort ».

Non seulement, Donald Trump a fait de la pub à Vanity Fair, mais il a rapporté beaucoup d’argent à Condé Nast, la compagnie propriétaire du magazine qui annoncé 13 000 nouveaux abonnés en vingt-quatre heures, « le plus important nombre d’abonnements jamais vendu en une journée ».
Selon Poynter, la critique gastronomique a été lue par plus d’un million d’internautes. 
Le New York Times a également vu ses abonnements augmenter après les élections et les attaques répétés de Trump.

Le Kiosque du samedi 3 décembre 2016

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TRUMPLANDIA

Raccroche le téléphone!

Avec Trump, on entre dans une ère de tous les imprévus, comme celui d’accepter un coup de fil de la présidente Taïwanaise, Tsai Ing-wen, une première pour un (futur) président américain depuis 1979, et qui pourrait bien fragiliser ses relations diplomatiques avec la Chine.
Depuis Richard Nixon, les Etats-Unis ont normalisé leurs relations avec l’Empire du milieu, en acceptant la politique dite d’une « Seule Chine » qui ne reconnait aucune autre souveraineté que celle de la Chine sur les territoires de Taiwan, Honk Kong, Macao, Xinjang et du Tibet.
Même s’il n’a pas encore prêté serment, « c’est une piqûre de rappel pour la Chine – on va devoir accrocher nos ceintures pour six prochaine mois voire une année de relations assez houleuses entre la Chine et les Etats-Unis » expliquait un professeur de Relations Internationales de l’université de Pekin au New York Times ce matin, « il y a eu une sorte d’illusion basée sur une idée bien trop optimiste de Trump. Ca devrait s’arrêter. »
Non seulement, Trump s’est vanté d’avoir reçu le coup de fil de « la présidente » de Taiwan, une dénomination que ni le gouvernement américain, et encore moins la Chine utilisent, pour des raisons évidentes – sauf pour Donald

Il a remis le couvert une heure plus tard sur Twitter en critiquant l’hypocrisie de son propre pays qui vend des « milliards de dollars d’équipements à Taïwan » mais qui n’autorise son futur Commandant en Chef « à recevoir un coup de fil de félicitations ».

Cela s’appelle la diplomatie, c’est d’après le dictionnaire Larousse, « l’action de représenter son pays auprès d’une nation étrangère et dans les relations internationales » – Rappelons que Trump refuse depuis son élection les briefings quotidiens des services de renseignements sur l’état du monde et les menaces visant la sécurité du pays.
Les autorités chinoises sont restées discrètes en attendant l’inauguration du président en janvier prochain, mais si Trump continue ses contacts avec Taïwan, la Chine cessera sans doute ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis.

 

Le climat a peut être des chances de s’en sortir!

« Après avoir aidé un climatosceptique à devenir l’homme le plus puissant du monde, Ivanka espère intégrer l’environnement dans sa nouvelle stratégie marketing » explique avec ironie New York magazine cette semaine.
La fille préférée du futur président, celui avec qui il aurait voulu coucher s’il n’avait été son père – désolé Donald, on ne peut pas tout avoir! – aurait déclaré vouloir « s’exprimer » sur le changement climatique a rapporté Politico selon les propos d’une source anonyme: Les problèmes qu’elle évoque sont ceux qu’elles a toujours abordé et qui sont consistents avec ce que sa marque défend [« mode, famille et style de vie » pour filles/femmes de milliardaires]. Elle joue un rôle déterminant en soulevant des questions dont s’inquiètent les femmes libérales et modérées – et en créant un pont entre les deux ».
On souhaite à Ivanka qu’elle influence autant que possible son père et son administration sur les questions environnementales mais rappelons quand même qu’elle est dejà à la tête de sa propre entreprise qui vend des vêtements et accessoires pour femmes et qu’elle est censée gérer les affaires de son père avec ses deux frères, ce qui ne devrait pas arranger le problème des conflits d’intérêts.

 

 

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Road Rage en Louisiane
The Times-Picayune - Edition du 3 décembre 2016
The Times-Picayune – Edition du 3 décembre 2016

Mercredi après, Joe Mcknight, ancien joueur de football américain, membre de l’équipe des Jets de New York et retraité depuis 2014 , a été tué lors d’une altercation avec une automobliste sur une autoroute de la Nouvelle Orleans. Il avait 28 ans.
Un cas extrême de road rage peut qui s’est terminé de la pire des façons, la mort d’un des deux automobilistes de plusieurs balles tirées à bout portant. Le phénomène est pris très au sérieux aux Etats-Unis, enseigné dans les écoles de conduite, et popularisé par des vidéos postées sur internet qui glorifient davantage la violence et le danger de ces comportements qu’ils cherchent à les prévenir.

Le rebondissement dans cette affaire, c’est que le meurtrier présumé, qui a avoué les faits, un homme « blanc » de 54 ans, a été libéré vendredi sans qu’aucune charge ne soit encore retenue contre lui.
Le Sheriff, Newell Normand, a expliqué que l’altercation avait commencé par des insultes puis avait dégénéré en comportement délibérément dangereux de l’un des conducteurs. « Cette enquête ne sera pas influencée par des forces extérieures, ou commentaires (..) Je ne peux pas contrôler ce qui se passe sur les réseaux sociaux, et s’ils veulent continuer à être stupides, c’est leur problème. » Ce dernier a rejeté l’idée d’un crime raciste et justifié la libération du meurtrier par « des statuts [propres à l’état de Louisiane] qui protègent de certains crimes » et ils sont en train d’enquêter pour déterminer si oui ou non la mort d’un homme était justifiée.
D’anciens co-équipiers de McKnight sont allés sur les réseaux sociaux pour exprimer leur indignation.

https://twitter.com/Myhouse115/status/804716749694373888?ref_src=twsrc%5Etfw

Au printemps dernier en Louisane également, un autre ancien champion de NFL, Will Smith, à été tué à bout portant dans un incident de road rage par autre un joueur de football américain, les deux étaient afro-américains et le meurtrier avait été immédiatement inculpé et incarcéré.

 

 

 

 

Kaepernick: « Black Lives Matter » aussi dans le football

Colin Kaepernick, le quaterback des San Francisco 49ers, a provoqué la polémique dans tout le pays, la semaine dernière, après avoir refusé de se lever pour saluer le drapeau lors d’un match amical de football américain.

Le 26 Août dernier, lors d’une rencontre de pré-saison avec les Green Bay Packers, le jeune homme de 27 ans est resté sur le banc lors de l’hymne national, auquel sont « appelés » à participer les joueurs et le staff, debouts, la main sur le coeur, généralement accompagnés par le reste du public.

Kaepernick a expliqué « avoir refusé de se lever » car il « ne voit aucune fierté dans le drapeau d’un pays qui oppresse les noirs et les gens de couleur. Pour moi, c’est plus important que le football et ce serait égoiste de fermer les yeux. Il y a des corps qui jonchent les rues, et des gens qui obtiennent des départs anticipés et qui s’en sortent en toute impunité« .

C’est la première fois qu’un joueur de football prend une position aussi symbolique sur le terrain.
Un mois plus tôt, l’intervention de Lebron James, Dwyane Wade, Chris paul et Carmelo Anthony, stars du basketball, aux ESPY Awards pour dénoncer les violences policières et le profilage racial, a pourtant été très bien reçu par les supporteurs, médias et commentateurs s’étonnait le Guardian cette semaine.

Couverture du New York Daily News du dimanche 28 Août 2016: "Flagged"
Couverture du New York Daily News du dimanche 28 Août 2016: « Flagged »

Pourquoi donc tant de fureur avec Kaepernick?
Tout simplement parce qu’elle porte atteinte au drapeau et aux valeurs de la nation, ce qu’une partie de la population ne peut accepter, quelque soit les revendications en jeu.
Les polémiques autour du salut au drapeau sont également associées au respect des troupes américaines en exercice à l’étranger et aux vétérans, un sujet quasi-sacré pour de nombreux américains.

L’intervention inattendue de Kaepernick a provoqué la fureur des supporteurs de San Francisco qui s’en sont pris à lui sur Twitter et autres médias sociaux, en le traitant de « non-américain » et d’anti-patriotique. Certains sont même allés jusqu’à brûler son maillot, alimentant un peu plus la polémique a dans l’ensemble du pays.

Si les médias libéraux y ont vu un héros qui se bat pour ses convictions, les conservateurs ont dénoncé l’hypocrisie d’un joueur qui a terminé sur le banc la saison dernière et qui essayerait de jouer la carte raciale pour revenir sur le devant de la scène.

Le quaterback des 49ers a remis de l’huile sur le feu cette semaine en portant à l’entrainement des chaussettes sur lesquelles figuraient des cochons déguisés en policiers, et est resté à genoux hier lors de l’hymne national d’un match amical à San Diego, cette fois-ci accompagné de deux autres joueurs de son équipe, et sous les sifflets du stade.
Il s’est également engagé à versé un million de dollars à des organisations qui travaillent avec les communautés afro-américaines.

Colin Kaepernick a invité « Black Lives Matter » sur les terrains de football cette saison, à savoir maintenant si cette initiative va être soutenue par d’autres athlètes de la NFL.

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La campagne du New York Times sur les dangers des sports violents

Capture d'écran du site internet du NYTimes mercredi 23 juin 2016
Capture d’écran du site internet du NYTimes mercredi 23 juin 2016

Peu de médias ont autant couvert les dangers des traumatismes craniens occasionnés dans certains sports, parmi les préférés des américains, le Hockey sur glace et le Football.

Le New York Times continue son travail de sensibilisation aux conséquences parfois dramatiques, et de plus en plus nombreuses, de ces « concussions » qui répétés tout au long d’une carrière peuvent entraîner une dégénérescence des capacités physiques et cognitives: Le CTE ou Encéphalopathie Traumatique Chronique.
Découvert il y a une dizaine d’années par Bennet Omalu, un chercheur de l’université de Pittsburgh, qui a autopsié les cerveaux de nombreux footballeur américains, cette maladie ne peut être détectée qu’après la mort du patient. Les coups répétés provoqueraient chez certaines athlètes une condition de démence – similaire à celle observée chez les boxeurs.
Les travaux du docteur Omalu, d’abord raillés ont progressivement été reconnus par le corps médical, et commence seulement à avoir des supporteurs au sein de la puissante National Football League.

Ce récit est d’autant troublant qu’il décrit le suicide d’un jeune athlète de 22ans qui s’avère avoir souffert lui aussi d’Encéphalopathie Traumatique Chronique. Le jeune pratiquait la lutte et le football américain depuis années et les coups répétés l’ont rendu malade.

Pour mieux comprendre cette maladie et les dangers qu’elle pose aujourd’hui sur le sport professionel et universitaire américain, ce superbe reportage multimédia du New York Times paru en 2011, « Punched out, The life and Death of a Hockey Enforcer » et le très bon documentaire de Frontline, A League of Denial