Le Kiosque du 01.08.17

 

1. Trumplandia: « He talked too Mooch »

 

 

  • L’arrivée du nouveau Chef de Cabinet, John Kelly, six mois comme Secrétaire de la Sécurité Intérieure, et quarante ans de carrière dans l’armée américaine a logiquement été marquée par le renvoi du directeur de la communication, Anthony Scaramucci, débarqué dix jours plutôt, et dont le bref passage à la Maison Blanche a provoqué la démission de Sean Spicer, de l’ancien directeur de cabinet, Reince Priebus, et offert l’une des interviews les plus extraordinaires qu’aucun représentant du gouvernement n’ai jamais donné.
     

    [Lundi après midi] Kelly a réuni ses conseillers dans son bureau et annoncé les nouvelles règles: Plus de transparence dans le travail. Un accès plus limité dans le bureau oval. Plus d’organisation. Davantage de briefings et d’informations donnés au président.
    Enfin que tous les membres de la Maison Blanche s’adressent directement à Kelly. – Politico

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  • Les défis de John Kelly ces prochaines semaines:
    • Remettre de l’ordre à la Maison Blanche, attirer de nouveau talents, limiter les fuites de documents confidentiels, calmer les tensions entre différents clans et détourner l’attention des scandales impliquant la Russie, sur les réalisations et projets du gouvernement, et enfin, réussir à appliquer le programme du président
    • Pousser les membres de la famille Trump, Jared Kushner et Ivanka Trump en dehors du cabinet.
    • Calmer autant que possible les ardeurs du président, notamment sur Twitter – The Wall Street Journal

      Bottom Line: John Kelly n’a aucun intérêt à rester à ce poste si le président et ses conseillers ne suivent pas ses règles à la lettre – Si le président tweet et contredit son chef de cabinet, une autre crise est à prévoir à la Maison Blanche.

 

  • L’édito du jour:
    C’était « The Talk of Town » de la capitale hier: l’ouvrage du sénateur républicain d’Arizona, Jeff Flake, intitulé « La conscience d’un conservateur », dans lequel il dénonce l’attitude de son parti face à Donald Trump ».

    J’ai d’abord compris cette tendance au déni, comme la volonté de ne pas admettre que les dysfonctionnements du gouvernement des Etats-Unis aux plus hautes sphères du pouvoir, de la part de son propre parti.
    Michael Gerson, ancien conseiller de George W. Bush, écrit après quatre mois de présidence: « La pensée conservatrice, dans certains cas, est devenue malade » et les institutions conservatrices « avec la bénédiction du président ont abandonné les contraintes normales de la raison et de la compassion.
    Pour un conservateur, c’est difficile à avaler. – Politico

 

  • La révélation du jour –
    Selon le Washington Post, Donald Trump aurait lui-même rédigé la déclaration de son fils, à bord de Air Force One lors de son retour du G20 de Hambourg, face aux révélations de la rencontre entre Trump Jr et une avocate russe dans la Trump Tower en juin 2016: C’est le président qui a eu l’idée de dire qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les Etats-Unis et la Russie – Explications démenties par Donald Jr qui a admis avoir accepté le meeting pour recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton.Washington Post

 

  • Les remaniements au sein de la Maison Blanche ces 194 derniers jours

 

 


2. La Maison Blanche derrière la théorie conspirationniste 

 

  • Dernier rebondissement dans la mort tragique de Seth Rich, cet employé du parti démocrate assassiné à Washington l’été dernier, transformé par des trolls de l’alt right en théorie du complot: M. Rich aurait été tué après avoir volé des documents confidentiels du Comité National Démocrate qu’il a fourni à Wikileaks en pleine campagne présidentielle.
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  • Fox News et son animateur star, Sean Hannity ont relancé la polémique au mois de mai, provoquant l’indignation des parents de Seth Rich qui ont appelé dans le Washington Post à ce que cesse toute récupération politique de la mort de leur enfant.
    Fox a retiré l’histoire de son site une semaine plus tard. 
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  • Selon une plainte déposée par un ancien commentateur de Fox News, Rod Wheeler, contre la chaîne d’infos, récupérée par NPR et résumée par Axios:
     

    Fox News et Ed Butowsky , un généreux donateur du Parti Républicain, auraient fabriqué de toutes pièces une histoire selon laquelle le FBI avait la preuve que Seth Rich avait fourni des documents à Wikileaks (…)
    Le plaignant affirme que Donald Trump a lu plusieurs l’histoire avant qu’elle ne soit publiée sur Fox News -et que Sean Spicer aurait eu un meeting sur la question un mois avant à la Maison Blanche.

    * « Behind Fox News’ Baseless Seth Rich Story: The Untold Tale »NPR

 

 


3. Les crimes contre la nature de Scott Pruitt

 

  • Rolling Stone revient sur Scott Pruitt, le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, qu’il est en train détruire au service de l’industrie des énergies fossiles
     

    Il y a beaucoup d’autres raisons d’être effrayé par Pruitt.
    Il détruit la mission de l’EPA. Il soutient des politiques qui vont appauvrir les pauvres et enrichir les riches. Il place sa carrière politique au dessus de la santé de dizaines de milliers d’individus. Même si la qualité de l’air s’est améliorée dans beaucoup d’endroits dans le pays, la pollution provoque encore la mort prématurée de 200 000 personnes chaque année; une augmentation même minime de la pollution va entraîner plus de morts.
    « Il sacrifie la santé et le bien-être des enfants pour donner à l’industrie quelques années de plus sans régulations (…) Il est peut-être du mauvais côté de la science et de l’histoire mais étant donné la trajectoire post-factuelle de la politique américaine en ce moment, ca ne signifie qu’il n’aura pas de carrière [après l’EPA, il vise le poste de gouverneur d’Oklahoma]

    * « Scott Pruitt’s Crimes Against Nature » – Rolling Stone

 

 


4. Merci Hulk Hogan

 

  • Après avoir regardé l’excellent documentaire de Netflix, « Nobody Speaks », sur la bataille juridique entre Hulk Hogan et Peter Thiel et Gawker, on comprend la réticence de nombreux médias aujourd’hui à s’attaquer à la vie privée des stars, aussi « newsworthy » soit-elle. Margaret Sullivan nous explique le dernier exemple en date: Le chanteur R.Kelly, dont la carrière est jalonnée de scandales sexuels impliquant de jeunes mineures:
     

    Appelons ça l’effet Gawker.
    Après des mois sur cette histoire hallucinante de domination sexuelle et psychologique exercée par le chanteur de R&B R.Kelly sur des jeunes femmes, Jim DeRogatis, un vétéran de la critique rock de Chicago, a décidé qu’il était temps de la publier.
    Trois différents médias qui étaient intéressés se sont rétractés à la dernière minute. Après des mois d’enquête, ils ont tous tourné le dos à une histoire qui contenait pourtant le nom des sources et des documents qui décrivent comment des femmes étaient retenues dans une sorte de culte, à côté de Chicago et d’Atlanta, d’après les témoignages des parents et d’autres témoins.
    « Gawker est revenu dans beaucoup de conversations » affirme DeRogatis, en référence au site Gawker, provocateur et souvent déplacé, qui a du fermer ses portes à la suite du procès intenté par Terry Bollea, aussi connu sous le nom de Hulk Hogan. Le procès pour violation de la vie privée a été financée par Peter Thiel, un proche de Trump.

    * « That R.Kelly ‘cult’ story almost never ran. Thank Hulk Hogan for that »Washington Post

 


5. Manuels scolaires: Les parents s’en mêlent

 

  • Floride: Une nouvelle loi, « développée et défendue par Florida Citizens’ Alliance, un groupe conservateur qui a essayé en vain d’empêcher la Floride d’adhérer à un programme commun d’enseignement, autorise désormais « les parents, et tous les résidents, à questionner l’utilisation de manuels scolaires et matériel d’enseignement qu’ils considèrent comme inappropriés.
     

    Keith Flaugh [l’un des fondateurs de Florida Citizens’ Alliance], cadre de IBM à la retraite qui vit à Naples, en Floride, a une mission: « persuader le conseil des écoles de reconnaître … les ordures enseignées dans nos manuels scolaires (…)
    Flaugh a beaucoup d’objections concernant les livres utilisées par les étudiants de Floride. 
    l y a deux ans, les membres de l’alliance ont fait un « plongeon » dans une soixante de manuels scolaires.
    « Ils sont remplis d’endoctrinement politique, religieux, de révisionnisme historique, de distortions de nos valeurs et principes fondateurs, même une quantité importante de pornographie [« les cendres d’Angela » de Frank McCourt ou les écrits de l’écrivain Toni Morrisson]
    (…)
    Il pense que beaucoup de manuels sous estiment l’importance des libertés individuelles et soutiennent une dependance envers l’autorité fédérale, qu’il appelle « a nanny state mentality »

    * « New Florida Law Lets Residents Challenge School Textbooks » – NPR

 


6. Qu’est ce qui pourrait arrêter le New York Times et le Washington Post?

 

  • La campagne présidentielle et l’élection de Trump ont donné au New York Times et au Washington Post un rôle indispensable de défenseur la démocratie et de la liberté d’expression, et un contre pouvoir nécessaire face à une administration qui n’obéit à aucune règles, à aucun fait, et qui utilise le mensonge, la manipulation et la division comme mode de gouvernement. 
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  • Mais le travail de sape du président, qui qualifie tout ceux qui osent le critiquer de fake news, et du mouvement alt-right qui a réussi à profondément diviser Démocrates et Républicains sur le rôle de la presse: Ils étaient respectivement 74% et 77% à la soutenir début 2016, aujourd’hui cette tendance s’est renforcée chez les Démocrates (89%) mais s’effondrée chez les Républicains (seulement 42%). 
     

    Le mal est fait. Quand le Times publie une page entière sur les « mensonges de Trump » – le résultat d’une recherche méticuleuse – on s’attend à ce que les opinions changent. Pas du tout. Trump obtient le même pourcentage d’opinion favorable, 38 % chez ses supporters. La question la plus inquiétante est de savoir si le Times ou le Post – où n’importe quel journal – vont pouvoir continuer à fonctionner avec ce niveau de qualité sachant que Trump et ses acolytes ont réussi à affaiblir les notions fondamentales du fait et de l’autorité qui fait que la vérité n’a plus d’importance. 

    * « Is the New York Times vs. the Washington post vs. Trump the last great newspaper war » – Vanity Fair

 


7. La couverture du jour

 

  • Jamais le métro new yorkais n’avait causé de problèmes à ses passagers et jamais le métro new yorkais n’avait été aussi cher. Ici l’illustration « Hell Train » de Bob Staake.

 

 

Le Kiosque du 28.06.17: La débâcle CNN; Faux Time; Sean Heller & « The Last Shot »

1. Du pain béni pour la Maison Blanche

    • Trois journalistes de CNN ont démissionné lundi après la publication d’un article qui affirmait, selon une source anonyme qui n’a pu être confirmée, que des sénateurs enquêtaient sur des liens entre un associé de Trump, Anthony Scaramucci et un fond d’investissement russe.

 

    • Publié jeudi dernier, l’article a été retiré vendredi avec les excuses de la chaîne d’info, acceptées par Scaramucci.
      Twitter

      La plupart des journalistes de gauche comme de droite, ont salué cette décision, « impressionnante et décisive » pour la crédibilité du médium, affirme John Podoretz du New York Post et « Crier aux fake news », en reprenant les propos du président est « injuste ».

 

 

    • Hier en conférence de presse télévisée, la porte parole de la Maison Blanche a réitéré les accusations du président sur les informations erronées d’une presse « malhonnête », qui utilise des sources « anonymes » invérifiables, et provoqué la frustration du journaliste Brian Karem qui dénoncé des propos « incendiaires » visant à saper l’influence et le travail des journalistes « qui ne font que leur boulot ».

 

    • Sarah Sanders a également encouragé « tous les Américains à travers le pays » à regarder la vidéo, « peut-être vraie ou non, je ne sais pas », filmée en caméra cachée, d’un producteur de CNN qui affirme n’avoir aucune preuve de la collusion entre Trump et la Russie.

 

  • Il s’agit d’une « stratégie préméditée » de la Maison Blanche qui vise à discréditer le quatrième pouvoir auprès de ses supporters et qui a plutôt bien réussi jusqu’ici.

 

 


2. Aucun droit à l’erreur

 

Twitter / Graphique retwetté par Donald Trump

 

    • Comme l’explique Paul Fahri du Washington Post, « la débâcle de CNN arrive au pire moment pour la chaîne » qui a dû virer la comédienne Kathy Griffin il y a un mois après avoir posé avec la « fausse » tête coupée de Trump, qui s’est trompé sur le témoignage de James Comey devant le Sénat, …

 

    • Plus que jamais les médias accusés de répandre des « fake news » par le président n’ont aucun droit à l’erreur.

 

  • Ces erreurs sont aussi le symptôme d’une chasse au scoop qui oblige les rédactions à agir toujours plus vite et plus fort, parfois aux dépens de l’information:

    Comme tous les organes de presse, CNN doit produire des scoops qui rapportent de l’audience et du trafic sur internet, et rester en concurrence avec le New York Times et le Washington Post, qui dominent sur le thème de Trump et de la Russie

 

    • Trump ne s’est jamais attaqué à Fox News lorsque la chaîne a relayé des théories conspirationnistes comme celle de Seth Rich, ce jeune démocrate assassiné à Washington l’année dernière, qui a pris une telle ampleur que les parents du jeune homme ont demandé publiquement ce que la chaîne arrête d’utiliser la mort de leur fils à des fins politiques. – Think Progress

 

  • Fox News a mis une semaine à retirer l’article largement partagé sur internet et les réseaux sociaux, sans s’excuser, sans démission de journalistes, et son présentateur star, Sean Hannity, continue de promouvoir cette histoire dans son émission. – Red State
Twitter

 

 


3. Trump et sa fausse couverture du Time

 

  • David Fahrenthold, journaliste de Washington Post et récent lauréat du Pulitzer pour ses recherches sur la « générosité de Donald Trump envers les oeuvres de charité », a révélé qu’une « vraie » fake news, était accrochée dans plusieurs clubs de golf du président: Une couverture bidon de Time magazine datée de mars 2009 qui salue le succès du milliardaire « sur tous les fronts », notamment à la télévision.

    Comment est-ce que Trump – qui a passé toute sa campagne et la plupart de sa présidence à accuser les médias mainstream de produire des fake news – a fini par décorer ses propriétés avec un exemple parfait de journalisme bidon?

Vrai et fausse couverture de Time magazine

 


4. Un sénateur républicain attaqué par des pro-Trump

 

 

    • Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a décidé hier de retarder le vote de la réforme d’Obamacare, faute d’une majorité suffisante – cinq sénateurs républicains se sont prononcés contre, dont Dean Heller, du Nevada.

 

    • American First Policies, une organisation d’anciens conseillers de Trump dévoués à promouvoir et défendre son programme présidentiel, a lancé mardi une campagne radio et télé dans l’Etat du Nevada pour dénoncer les positions de Mr Heller sur la réforme de l’assurance santé. – Politico

      Des représailles incroyables contre un membre du parti du président et politiquement vulnérable (…) Une attaque destinée à prévenir tous ceux qui refuseraient de s’aligner sur l’agenda du président.

 

    • L’organisation avait menacé ce week-end le sénateur s’il ne retirait pas ses propos et malgré les demandes répétées de plusieurs sénateurs républicains dont leur leader, Mitch McConnell, d’arrêter ce chantage, American First Policies s’est exécutée hier après midi: Preuves des frustrations grandissantes entre le président et le parti républicain.

 

  • Devant les critiques de l’ensemble du parti, le groupe a finalement décidé de suspendre la campagne

 

 


5. « The Last Shot »

 

Propublica

 

    • Enquête de Propublica sur un nouveau traitement de substitution aux opiacés, appelé Vivitriol, révolutionnaire car administré une seule fois par mois par injection, qui est censé arrêter immédiatement les effets de la dépendance: un médicament miracle pour un pays qui fait face à la pire épidémie de drogues de son histoire.

 

    • Snobé par les médecins et patients, le médicament produit par Alkermes a trouvé un marché plus restreint mais en pleine croissance, « où les consommateurs n’ont pas forcément le choix », celui des tribunaux de traitement de la toxicomanie (« drug courts ») qui proposent aux détenus le traitement ou la prison. 

 

    • Créés durant la « guerre contre la drogue » pour désengorger les prisons, il existe aujourd’hui trois mille tribunaux de la sorte répartis dans la moitié des comtés du pays.

      Grace à ces juges et une épidémie qui s’accélère, 30 000 personnes reçoivent aujourd’hui des piqûres de Vivitriol. Les ventes du médicament ont atteint 58 millions de dollars durant le premier trimestre 2017 et pourraient atteindre 800 millions de dollars d’ici à 2020.

 

    • Mais pour remporter le marché des « drug courts », Alkermes doit convaincre juges, médecins et politiques de la plus grande efficacité de leur produit face à la compétition et ils n’ont pour le moment aucune preuve scientifique pour soutenir cet argument.

 

 

 


6. Couverture du Jour

  • Couverture impressionnante de Vanity Fair avec Serena Williams, photographiée nue et enceinte, par Annie Leibovitz, mais qui n’est pas du goût de Robin Givhan, qui s’alarme dans le Washington Post qu’aucune célébrité ne peut échapper aujourd’hui à ce rituel de poser nue et enceinte, qui est devenu un « moment instagrammable » et un autre moyen de faire de l’argent: Au lieu de promouvoir un film ou un album ou une ligne de vêtements, ils font de la pub pour la grossesse » – Washington Post

Le Kiosque du 16.06.17: Trump en mode auto-destruction – Les « Dreamers » sains & saufs – « The Invisibles » – Sale semaine pr les journalistes –

 

1. Trump attaque son Département de Justice

    • Rod Rosenstein, l’adjoint du ministre de la justice Jeff Sessions, est celui qui a « recommandé » par écrit au président le renvoi du directeur du FBI, James Comey, en mai dernier, et nommé le procureur indépendant Robert Mueller pour reprendre l’enquête du FBI sur les soupçons d’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines – Jeff Sessions s’étant récusé de toute enquête sur le sujet en mars dernier.

 

    • Hier, Rod Rosentein a officiellement mis en garde « les Américains » sur la véracité des fuites révélées dans les médias en les poussant « à être sceptiques vis-à-vis de ces sources anonymes »: Une tentative de discrédit contre les informations relayées dans les journaux, généralement utilisée par Donald Trump, qui visait clairement à démentir le scoop du Washington Post qui affirme que le FBI sur le président.
      C’est la première fois que le Département de Justice publie un tel communiqué.

 

    • Dans une série de tweets particulièrement agressifs, Donald Trump s’en est pris ce matin à Rod Rosenstein, dont il a questionné l’intégrité:

      L’homme qui m’a poussé à virer le directeur du FBI enquête sur moi pour avoir viré le directeur du FBI!
      C’est une chasse aux sorcières.

 

    • Un énième tweet qui met le président dans l’embarras car:
      • Donald Trump reconnaît qu’il est l’objet d’une enquête qui vise à déterminer s’il a tenté d’entraver l’exercice de la justice.
      • Donald Trump contredit les explications données le mois dernier à un journaliste de NBC News sur les raisons du renvoi de James Comey: « Je l’aurai viré quelles que soient les recommandations [de Rod Rosenstein] ».

 

  • Les attaques du président visent autant Mueller que contre le Département de Justice, Jeff Sessions et son adjoint.

 

 


2. Une spirale infernale

  • Politico rapporte les inquiétudes croissantes de l’entourage de Trump sur son comportement:

    La plus grande menace pour Trump et sa présidence sont sa conduite et son comportement obsessionnel depuis qu’il est entré à la Maison Blanche. Le Parlement et le FBI peuvent prouver que Trump et son équipe ont enfreint la loi avant son investiture, mais ses conseillers sont inquiets que les actions qu’il a prises depuis soient considérées comme une entrave à la justice.

     

  • Le sénateur républicain Lindsey Graham:

    Il pourrait être le premier président de l’histoire à tomber parce qu’il ne peut s’empêcher de parler correctement d’une enquête, qui pourrait très bien l’innocenter s’il restait en dehors.

     

  • S’en prendre directement et aussi rapidement au procureur indépendant, Robert Mueller, « qui n’a même pas fini de réunir son équipe, ni d’installer ses bureaux en dehors du Département de Justice » est un signe de fébrilité et de nervosité du président rapporte le New York Times:

    « C’est un peu tôt pour commencer à critiquer le procureur » affirme Philip Allen Lacorava, un procureur du Watergate et Républicain. « C’est une attaque nucléaire préventive. Si tu as peur de ce que les procureurs vont trouver, tu essayes de discréditer à l’avance tout ce qu’il vont rapporter en les attaquant.

 


3. Les « Dreamers » sains et saufs

 

NBC Chicago

 

    • Lorsque l’administration Trump annonce une bonne nouvelle – qui ne consiste à pas à détruire l’héritage de son prédécesseur, Barack Obama – c’est généralement une promesse de campagne qu’il ne tiendra pas. 

 

    • Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) a annoncé hier qu’il ne déportera pas les « Dreamers », ces jeunes immigrés arrivés sans papiers sur le sol américain lorsqu’ils étaient enfants, souvent accompagnés de leur parents, et légalement autorisés à y rester et travailler grâce au programme mis en place sous Obama, le DACA (« Deferred Action for Childhood Arrivals »).

 

    • C’est une victoire pour les défenseurs des droits des immigrés et des libertés civiles qui militent depuis des mois contre les politiques anti-immigration du président.

 

    • C’est une défaite pour les supporters de Trump et partisans d’une rhétorique anti-immigration qui considèrent le DACA comme une « accès illégal vers l’amnistie » et qui s’étaient vus promettre le contraire par le président.

 

    • Explications:

      Menacer un certain groupe apprécié de la plupart des Américains d’expulsion est un risque politique majeur. Dans certains cas, ces immigrés n’étaient pas au courant qu’ils étaient entrés illégalement sur le territoire. Beaucoup fréquentent des établissements scolaires américains depuis la maternelle

 

 


4. Vivre sans carte d’identité

    • Super enquête du Washington Post sur « The Invisibles », cette population défavorisée qui ne possède aucune pièce d’identité (« ID »): pas de acte de naissance, ni carte de sécurité sociale ou de permis de conduire – la carte d’identité nationale telle qu’on la connaît en France n’existe pas, et peu d’Américains disposent d’un passeport.

 

    • 11% des adultes américains ne possèdent aucun papier d’identité:

      Pour les pauvres Américains, les « IDs » sont quelque chose de vital – un moyen d’obtenir services et des opportunités, du logement social à l’éducation. Dans les Etats qui obligent leurs habitants à disposer d’une « ID » pour voter, ils ne peuvent pas exercer leur droit. « C’est un grand problème pour les populations qui sont sans domicile fixe et pauvres. Sans ID, tu n’existes pas » explique Maria Foscarinis, directrice du « National Law Center on Homelessness & Poverty »

       

    • Les démarches administratives pour obtenir une identification sont très longues et compliquées et contribuent à mettre au ban de la société des centaines de milliers de citoyens en grande difficulté.

 

 

 


5. Dure semaine pour les journalistes

    • Yahoo, le portail internet des années 90, qui n’a pour seule légitimité que les boites emails de centaines de millions d’internautes – piratées à deux reprises sous la direction de Marissa Meyer qui vient d’annoncer son départ – a été rachetée par le géant de la téléphonie mobile, Verizon, et va en devenir l’unité digitale, rebaptisée Oath: (le voeux)
      • Les conséquences de cette méga-fusion pour Yahoo: 2 100 de licenciements
      • Parmi eux, 39 employés du HuffPost, propriété de AOL, elle-même propriété de Verizon. Le HuffPost vient de subir un rebranding complet sous la direction de Lydia Polgreen, rédactrice en chef depuis le début de l’année, après le départ de Ariana Huffington en août

 

    • Vocativ, le site internet « qui utilise la technologie intelligente, d’excellents journalistes et la sagesse du public pour trouver des histoires originales » dans le « deep web » fondé en 2013 a viré toute sa rédaction pour « se concentrer uniquement sur la vidéo qui sera distribuée sur les médias sociaux et autres plate-formes » a annoncé son un porte parole mercredi.

 

  • Time Inc, dont le célèbre magazine vieux de 90 ans est publié à trois millions d’exemplaire chaque semaine, a également du se séparer de trois cent employés dans les rédactions du Time, Sports Illustrated et Fortune, et se concentrent également sur le numérique et la vidéo, le contenu qui se partage le plus facilement sur les réseaux sociaux
  • « Why So Many journalists Got Laid Off at HuffPost et Vocativ » – The Daily Beast

 

 


6. Le reste de l’actualité

  • Alex Jones vient de diffuser un enregistrement secret de l’interview controversé qu’il a donné avec Megyn Kelly censé être diffusé dimanche soir sur NBC News. Une version plus courte de cette entrevue avec le conspirationniste sera offerte et l’émission donnera la parole aux familles des victimes du massacre de Sandy Hook, que Alex Jones qualifie de « inside job ». – The New York Post

 

  • Fox News vient de changer son slogan « Fair and Balanced » (« Juste et modéré »), un objectif que la chaîne a semble-t-il eu du mal à atteindre, pour un slogan plus proche d’une réthorique « trumpienne », « Most Watched. Most Trusted. » – Politico

 

  • Jeff Bezos est devenu l’homme le plus riche du monde et sa compagnie Amazon vient de racheter les chaînes de supermarchés Whole Food pour 13,7 milliards de dollars – The Wall Street Journal

 

  • L’audition de James Comey a réuni 19 millions d’Américains la semaine dernière contre seulement 12 millions pour Jeff Sessions mardi. Politico

 

  • Le président Trump a offert à Lynne Patton la gestion de l’agence gouvernementale en charge du logement pour l’Etat de New York et du New Jersey; elle travaille pour le milliardaire et sa famille depuis 2009, a organisé certains de ses tournois de golf, et s’est occupée du mariage du fils, Eric Trump. – Daily News

 


7. Couverture du Jour

  • Rachel Maddow est devenue la star de l’info ces derniers mois avec son émission quotidienne sur MSNBC, The Rachel Maddow Show, malgré un style parfois ennuyeux.
  • Elle profite bien entendu du « Trump Bump » mais elle est l’une des journalistes les plus respectées de la télé américaine, qui ne cache pas son aversion pour le président.
  • Son portrait dans le Rolling Stone de cette semaine:

Le kiosque du 24.05.17

 

Trump et la Russie sur Facebook

  • Plus de 50% des internautes américains trouvent leurs infos politiques sur Facebook.
  • Les accusations de collusion entre la Russie et les Etats-Unis ont été les scoops les plus importants comme le prouve ce graphique
  • Fun Fact: C’est la supposée « Golden Shower » de Trump avec des prostituées russes dans un hôtel de Moscou, révélée par Buzzfeed début janvier qui les a intéressés le plus.

    Axios

 

 

 

Fox News en roue et chute libre

  • Daily Beast

    La chaîne câblée a finalement démenti les rumeurs entourant la mort de Seth Rich le 10 juillet dernier. Le jeune homme qui travaillait pour le Comité National Démocrate, a été assassiné à Washington, lors d’une tentative de vol à main armée qui a mal tourné.

  • Le meurtre a eu lieu quelques jours avant le début de la Convention Démocrate: des conspirationnistes d’extrême droite affirment qu’il aurait été assassiné parce qu’il a fourni à Wikileaks des documents incriminants sur le parti et Hillary. Parmi eux, Sean Hannity, le présentateur star de Fox News, obsédé par cette théorie.
  • La chaîne a relancé les rumeurs le 16 mai dernier, relayées par Mr Hannity, l’émission Fox & Friends, Breitbart et même Newt Gingrich provoquant l’embarras de nombre de ses journalistes, et ne s’est rétractée qu’une semaine plus tard.
  • Cette semaine, les parents de Seth Rich ont publié une tribune dans le Washington post pour mettre fin à ces rumeurs qui tentent de « politiser la mort de leur fils ».
  • Sean Hannity a annoncé hier soir qu’il respecterait les voeux de la famille, et arrêterait de discuter du sujet « pour le moment ».
  • Pour Margarett Sullivan « la rumeur sur Seth Rich est devenu le nouveau « pizzagate », une autre théorie du complot née à Washington ».
    « C’est un mouvement contre la vérité qui s’attaque à la raison et à la réalité des faits (…) qui sont aux fondements même de la démocratie » et qui reçoit en plus l’approbation tacite de la nouvelle administration.
    * « The Seth Rich lie, and how the corrosion of reality should worry every American » – The Washington Post
  • * « Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle » – Le kiosque de New York

 


Matt Boyle, le « Forrest Gump avec une carte de presse ».

  • Portrait dans The Washingtonian du journaliste Matt Boyle, 29 ans, chef du bureau de Washington pour Breitbart, devenu l’un des journalistes les plus connectés de Washington, grâce à un accès direct à la Maison Blanche: Steve Bannon
  • Il a voté Obama en 2008.
  • Comme Breitbart, sa carrière est celle d’un outsider, refoulé de tous les médias de Washington à son arrivée en 2010, qui a fini au Daily Caller, site d’infos conservateur de Tucker Carlson, l’un des journalistes star de Fox News, où il a fait ses armes.
  • En 2012, il rencontre Steve Bannon qui le forme et lui fait explique que les médias de D.C. appartiennent à l’élite mondiale qui travaillent contre les intérêts de l’Américain et ça marche: Matt Boyle devient l’un des journalistes les plus agressifs et productifs de Breitbart, en guerre constante contre l’establishment politique et médiatique, et est promu chef du bureau de Washington en octobre 2015.
  • Il connait bien Donald Trump qui l’appelle « mon Matty » et a décroché une interview exclusive il y a quelques semaines à la Maison Blanche.
  • Difficile de penser qu’il puisse être indépendant dans son travail vis-à-vis de son ancien mentor aujourd’hui conseiller du président, Steve Bannon.
  • * « Meet Matt Boyle, Breitbart’s (Other) Man in the White House » – The Washingtonian

 


Un lynchage dans le Maryland

  • Richard Collins était étudiant de dernière année à Bowie State University dans le Maryland et lieutenant de réserve de l’armée américaine. Il est mort poignardé dans la nuit de samedi à dimanche dernier alors qu’il attendait un Uber avec deux amis, en dehors du campus.
  • L’assassin, Sean Urbanski, 22 ans, arrêté quelques heures plus tard, est un étudiant a priori sans histoires de l’Université du Maryland (UMD) et membre d’un groupe raciste sur Facebook « Alt Reich: Nation ».
    Dave Zirin, lui aussi étudiant de l’université note dans The Nation, dénonce une recrudescence de messages et menaces racistes un peu partout sur le campus de l’UMD depuis l’élection de Trump: Graffitis, cordes, flyers – un phénomène visible sur l’ensemble du territoire américain.
  • Zirin appelle cet acte de haine par son nom: Un lynchage. Le FBI enquête sur le meurtre pour déterminer s’il s’agit d’un crime raciste.
  • Le chef de la police de UMD a vivement dénoncé ces actes.
  • Beaucoup d’étudiants ont dénoncé le manque de réaction des autorités de l’Université qui n’aurait pas condamné les discours de haine en évoquant la liberté d’expression, et « sans mobilisation contre toutes les formes de haines nationalistes et racistes, du sang innocent va continuer à couler »
  • * « A lynching on the University of Maryland Campus » – The Nation

 


Bannon, le documentaire de Frontline

L’excellent documentaire « Bannon’s War » a été mardi soir dans l’émission Frontline de PBS nous a appris

  • Frontline / PBS

    L’ambition politique de Bannon a toujours contre l’establishment et Washington. Le 9/11 lui a offert un autre ennemi, l’Islamisme radical et un but, la défense des Etats-Unis pour préserver la culture et l’identité judéo-chrétienne assiégée.

  • C’est Bannon qui a transformé Breitbart en puissant média contre Washington et les élites, grâce au financement (10 millions de dollars) de la famille Mercer (soutien de Donald Trump).
    Pas sûr qu’on en serait là Andrew Breitbart, le fondateur du site, n’était pas décédé brutalement d’une crise cardiaque en 2012.
  • Bannon s’est d’abord amouraché de Sarah Palin, lui a dédié un documentaire mais n’a pas réussi à la convaincre de se présenter aux élections présidentielles de 2012
  • Dès l’été 2015, Bannon affirme à une de ses amies qu’il est le manager de campagne de Trump, et met à son service le site alt-right Breitbart qui relait ou devance les mêmes thèmes utilisés par le candidat républicain: L’immigration, les minorités dangereuses, America First.
  • Il a orchestré la travel ban et volontairement anticipé les réactions qu’elle provoquerait pour envoyer un signe fort aux électeurs de Trump: le président tient ses promesses.
  • Bannon a compris que pour rester auprès de Trump, il fallait rester discret et encaisser la responsabilité des échecs du président

 

 


Le reste de l’actualité

  • Le Washington Examiner lance « Trump America », un projet sur quatre ans qui suit neuf comtés qui permis la victoire de Donald Trump
  • Portrait du milliardaire de 79ans, James Leprino, le « Willy Wonka » du fromage, qui tient à son anonymat comme à ses recettes de mozzarella, vendues aux trois grandes compagnies de pizza américaines: Domino’s, Pizza Hut et Papa John’s. Il tient son business depuis 60 ans à Détroit et sa fortune estimée à 3 milliards de dollars. – Forbes
  • Trump a appelé le président philippin Rodrigo Duterte et l’a félicité pour la guerre sanglante qu’il mène contre la drogue: « Vous faites un super boulot! » – The Intercept
  • Les décès accidentels d’enfants par armes à feu: 152 recensés ces trois dernières années sont un casse tête juridique pour les autorités. Dans la moitié des cas, aucune charge n’est retenue contre les parents, dans l’autre, la négligence des parents peut aller jusqu’à plusieurs années de prison.
    1,7 millions de jeunes Américains vivent dans des foyers dans lesquels ils ont accès à des armes chargées et non sécurisées – USA Today & AP
  • Richard Garcia, Un flic du Los Angeles Police Department, filmé en train de tabasser un afro-américain en 2014, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, moins que la peine suggérée. Il pourrait réintégrer son poste au sein de la police – Los Angeles Times

Le Kiosque du 18.05.17

 

 

La mort de Roger Ailes

  • « L’homme le plus influent de la politique et des médias américains », « le père du conservatisme moderne »: les personnalités du monde médiatique et politique rendaient hommage ce matin à la mort de Roger Ailes, à l’âge de 77 ans, annoncée plus tôt par le Drudge Report
  • Roger Ailes a fondé Fox News avec Rupert Murdoch en 1996, qui est rapidement devenu la première chaîne d’information câblée du pays, et l’antenne officielle des Républicains, de George Bush, et plus récemment celle de Donald Trump pendant la campagne présidentielle et sa présidence
  • Il a été écarté de la chaîne cet été à la suite d’accusations de harcèlement sexuel de la part d’autres employées, et notamment de Megyn Kelly qui est passée depuis sur NBC.
  • Une enquête du ministère de la justice est toujours en cours pour déterminer le rôle des dirigeants de Fox News dans la gestion de l’affaire Roger Ailes.
  • * « La chute-éclair de Roger Ailes, le patron de Fox News et de la droite américaine » – Le Kiosque de New York

 

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La Maison Blanche est épuisée

  • A l’annonce des cent jours de Donald Trump, beaucoup de journalistes à Washington comparaient ces trois premiers mois à des années tellement l’enchaînement des affaires, scandales, décrets présidentiels et tweets a inondé quotidiennement l’actualité – même le weekend!
  • Le Washington Post rapporte que « le pire job à Washington en ce moment, c’est de travailler pour Trump »: Le stress des journalistes, même ceux présents dans la briefing room n’est rien comparé à la pression exercée sur ceux qui travaillent à la Maison Blanche qui vient d’essuyer deux semaines d’intenses critiques de la part des médias et de la classe politique.
    L’annonce hier de la nomination d’un procureur indépendant pour poursuivre le travail de James Comey n’a pas détendu l’atmosphère dans « la forteresse assiégée du président ».

    Des employés de la Maison Blanche plaisantent désormais sur les risques de destitution. D’autres moins haut placés ont commencé à contacté des consultants et leur ont laissé leur CV. Un conseiller de premier rang a commencé à parler en privé à ses amis d’un emploi en dehors de la Maison Blanche.

  • Le voyage de Trump à l’étranger qui commence demain devrait détendre l’atmosphère à Washington mais les problèmes sont loin d’être résolus car l’affaire Comey ne fait que commencer – d’autres fuites devraient suivre inspirés par les « mémos » de l’ancien directeur du FBI, et parce que Donald Trump refuse de reconnaître toute responsabilité dans la terrible gestion du ComeyGate/TrumpLeaks/ComeyMemos et continue de rejeter la faute sur ses conseillers.
  • * « The Worst job in Washington right now: Working for Trump » – The Washington Post

 

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Les jours de Sean Spicer sont comptés

  • Pour les commentateurs de journalistes de Washington, Sean Spicer occupe le job le plus difficile de la capitale: Porte parole de la Maison Blanche.
    Il a commencé sur les chapeaux de roue au lendemain de l’inauguration de Trump en mentant sur les chiffres de la mobilisation, malgré toutes évidences. Un premier mensonge qui a scellé ses relations très tendues avec la presse, qui lui a rapidement valu les moqueries de « Saturday Night Live » et Melissa McCarthy et une célébrité éclair qui a ravi le boss … jusqu’à un certain point.

    Les conférences de presse sont devenues le rendez vous incontournable des après-midi de la télé américaine raflant d’avantage d’audience que les soap-opéras traditionnels.
  • Mais les jours de Spicer seraient en danger selon Politico et le New York Times: Trump, qui a prévu des changements au sein de son administration, ne veut plus que Spicer défende ou explique publiquement ses choix et sa présence publique et médiatique devrait être limitée à la Maison Blanche.
  • Trump n’est pas content du travail de son équipe de communication avec qui il s’est retrouvé plusieurs fois en contradiction ces dernières semaines et l’utilise souvent comme son bouc émissaire pour ses propres bourdes – la dernière sur les raisons du limogeage de James Comey.
  • Sarah Huckabee devrait le remplacer.
  • * « Will Sean Spicer be fired? » – Politico

 

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« Get me Roger Stone »

  • On vous conseille l’excellent documentaire de Netflix sur Roger Stone, monument de la politique américaine qu’il a considérablement influencé ces quarante dernières années en introduisant les « dirty tricks » et en manipulant à sa guise les médias et ses confrères républicains.
    Conseiller de Nixon, son idole dont il a le portrait tatoué dans le dos, puis de Reagan et de Bush senior, il a été l’un des premiers à capitaliser et monnayer son carnet d’adresse et son influence auprès du pouvoir, à travers notamment la création des PAC, « Political Action Committee », et le rôle croissant des lobbys.
  • il aurait pu avoir une carrière politique à la Maison Blanche s’il n’avait pas trop tiré sur la corde médiatique qui lui est retombée dessus – un scandale sexuel avec sa femme en 1996 qui a fait la une du National Enquirer l’a obligé à se retirer de la vie politique pour un bon bout de temps.
  • Il est le conseiller politique et ami de Donald Trump depuis une trentaine d’années et c’est lui qui l’a poussé à se lancer dans chacune de ses courses présidentielles.
  • Le Trailer du documentaire

 

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Le reste de l’actualité

  • Parti Républicain: Le représentant républicain de l’Utah, Jason Chaffetz, parmi les hommes politiques les plus influents au Congrès et à Washington annonce son retrait de la vie politique et devrait prendre le rôle de commentateur à Fox News – Politico
  • Washington: La famille de l’employé du comité national démocrate assassiné cet été à Washington, Seth Rich, demandent à Fox News et la compagnie mère, 21st Century Fox, de retirer les théories du complot qu’elle a défendu cette semaine pour expliquer sa mort « suspecte » et de s’excuser – CNN & Le Kiosque
  • Fake News: Alex Jones, le présentateur hystérique d’InfoWars s’est excusé auprès du propriétaire des yaourts Chobani, un kurde installé aux Etats-Unis depuis 25 ans, qu’il avait accusé d’employer des « violeurs immigrés » dans ses usines de Twin Falls dans l’Idaho.
    Hamdi Ulukay a porté plainte contre Jones fin avril et l’affaire a été réglée. CNN & Le Kiosque

 

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La couverture du Jour

le Kiosque du 16.05.17: « Trumpleaks »; Trump & « fake news »; L’univers parallèle de FoxNews & Breitbart; La fraude électorale; « ATTN: »

Au sommaire du kiosque du mardi 16 mai – 23 degrés à New York

1. Les #TrumpLeaks
2. Fox News dans un univers parallèle
3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?
4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale
5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte
6. Le reste de l’actualité

 

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1. Les TrumpLeaks

Washington Post – Edition du mardi 16 mai 2017

 

    • La bourde commise par Donald Trump la semaine dernière en révélant au ministre des Affaires étrangères russe et son ambassadeur à Washington dans le bureau ovale, en présence de journalistes russes, des informations ultra-confidentielles a plongé une nouvelle fois la Maison Blanche dans une crise sans précédent.

 

    • Le président aurait évoqué des renseignements fournis par Israël sur les menaces de Daech, l’organisation terroriste, et qu’il n’était pas autorisé à révéler et encore moins pas aux Russes, accusés d’avoir essayé d’influencer les élections présidentielles américaines.
      Hier après midi, le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale a démenti les fuites du Washington Post (J’étais présent et ça n’est pas arrivé) avant d’être discrédité par le président lui-même ce matin: Donald Trump a confirmé avoir discuté de questions de sécurité et de terrorisme pour des « raisons humanitaires » et s’est défendu d’en « avoir le droit absolu » en tant que président.

 

    • Comme la semaine dernière pour le renvoi de James Comey, directeur du FBI, les explications de l’entourage du président ont été contredites par l’intéressé et leur réputation un peu plus discrédité aux yeux des journalistes, des Américains et du reste du monde.

      Twitter
    • Selon le New York Times, Israël aurait fourni aux Etats-Unis ces renseignements, ce qui n’arrange pas les affaires du président et ses relations avec l’Etat Juif puisque la Russie est un pays allié de l’Iran, leur principal adversaire au Moyen Orient.

 

    • Quant au scoop lui-même,  « il restera comme l’un des moments de pure et bouleversante gloire journalistique. Il est difficile d’exagérer combien cette histoire est énorme. Le scoop est encore plus important que la vidéo « grab the pussy » révélée par David Farenthold le 08 octobre dernier » qui avait attiré en quelques minutes des dizaines de milliers d’internautes.

 

    • Comme prévu, le scoop est une fuite qui est parvenue au Washington Post et confirmée rapidement hier après midi par d’autres médias, avant d’être dénoncée par le président et Fox News comme le véritable problème à résoudre aujourd’hui pour la Maison Blanche

 

 

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2. Fox News & Breitbart, dans un univers parallèle

  • FoxNews

    Pendant ce temps, dans le monde parallèle de Fox News et Breitbart, les théories du complot vont bon train, et coïncidence ou non, les deux médias sont revenus hier et ce matin sur un fais divers qui a marqué la campagne démocrate l’année dernière durant les élections présidentielles: La mort mystérieuse de Seth Rich, un membre du Comité National Démocrate le 10 juillet dernier à Washington D.C., tué par armes en rentrant d’un bar, quelques jours avant l’ouverture de la convention démocrate.

  • L’alt right avait accusé, sans preuves, le parti démocrate d’avoir commandité sa mort. L’affaire repart de plus belle aujourd’hui selon Fox News qui affirme que le jeune homme aurait bien été en contact avec Wikileaks, à en croire la correspondance retrouvée sur son ordinateur portable aux mains du FBI – la police n’a pas confirmé les propos de la chaîne d’info et NBC les a qualifié de « théories du complot ».
  • Rebelote mardi soir, après les révélations de l’existence d’un mémo de James Comey qui affirme que Trump lui aurait demandé d’abandonner l’enquête sur son ami Flynn: Fox News a discrédité le rapport de Comey (« c’est un faux scandale ») et a critiqué les journalistes à l’origine de ces révélations.
    Une stratégie dangereuse pour la chaîne de Murdoch, en baisse constante depuis trois mois, notamment chez les 25-54 ans.

    * « Fox News: Seth Rich, murdered DNC staffer, leaked Thousands of internal emails to Wikileaks » Breitbart
    * « What Fox covered instead of the Comey memo » Axios

 

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3. Comment Trump obtient ses « Fake News »?

 

  • L’épisode rapporté par Politico est édifiant: Le chef de cabinet du président, Reince Priebus, cherche désespérément à filtrer tous les documents qui tombent aux mains du président dans le bureau ovale pour éviter tout dérapage ou tweet impromptu.
    En cause? L’initiative de K.T. McFarlan, conseillère adjointe à la sécurité nationale, qui a fait parvenir au président deux exemplaires de Time magazine sur l’imminence de « l’Age de Glace », l’un, faux, publié dans les années 70 et l’autre, vrai, en 2008. La manipulation
     circule depuis plusieurs années chez les amateurs de théories du complot.
    McFarlan a été prise au piège et les conséquences auraient être bien prises si les documents n’avaient pas été récupérés à temps.

    • L’épisode illustre l’impossible mission de gérer une Maison Blanche dirigée par un président impulsif qui a résisté aux structures et aux critiques toute sa vie.

     

  • Trump aime avoir le bureau ovale ouvert aux délégués et conseillers qui partagent et échangent leurs idées et tentent également de défendre leurs positions – ce qui laisse le président vulnérable à des fake news qui pourraient déclencher chez lui des réactions inattendues. Reince Priebus aurait même demandé à ce qu’une liste des appels donnés aux présidents soit mise en place.
  • Quand à l’actualité, Trump lit le New York Times, le New York Post, le Washington Post et Wall Street Journal tous les matins en même temps qu’il regarde les matinales de Fox News, CNN et MSNBC mais la meilleure façon de capter son attention est de lui rapporter la nouvelle face-à face, ce qui peut être a double tranchant si le président est de mauvaise humeur ou si l’info ne lui plait pas.

    * « How Donald Trump gets his fake news » – Politico

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4. Un choix très controversé pour lutter contre la fraude électorale

    • Pour éviter la nouvelle déconvenue électorale de 2016 qui a permis à trois millions d’illégaux de voter en faveur de la candidate démocrate et de faire perdre à Donald Trump le vote populaire (66 millions pour Clinton contre 63 millions pour le candidat républicain), le président a mis en place une Commission Consultative sur l’Intégrité des Elections chargée de lutter contre la fraude électorale, considérée par les Républicains comme « un cancer de la démocratie » et par leurs adversaires comme un moyen de décourager les populations pauvres, minorités et les électeurs démocrates de voter.

 

    • Le président vient de nommer comme vice président de cette commission Kris W. Kobach, le Secrétaire d’Etat du Kansas, fervent supporter d’une restriction du droit de vote et de l’immigration, et cible régulière des associations de défense des droits civils.

 

    • Le Kansas City Star a décrit ce mois-ci Mr Kobach comme « le Javert de la fraude électorale » qui dépense l’argent du contribuable pour résoudre un problème qui n’existe pas: 125 personnes ont été arrêtées depuis 2015 sur les 1,8 millions d’électeurs que compte le Kansas – un chiffre qui ne représente que la partie immergée de l’iceberg selon l’intéressé.

 

    • Pour ses détracteurs, Mr Kobach est un raciste, voire xénophobe, contre l’immigration, qui a consacré sa carrière politique a s’attaquer aux immigrés en situation irrégulière et sa carrière d’avocat à défendre des groupes d’extrême droite. 

 

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5. ATTN:, le média militant qui monte qui monte

    • Grâce à Donald Trump, être militant est devenu très à la mode et peut rapporter beaucoup d’argent – comme le font les chaînes télés ces derniers mois avec les Late Night Shows, ces divertissements engagés et pour la plupart anti-Trump.

 

    • Celui qui cartonne ces derniers mois est un pur produit militant, cool et jeune, « ATTN: », créé à Los Angeles en 2014, dont la mission est de créer « du contenu à partager sur les smartphones seulement » et qui « produit quotidiennement des vidéos, articles et opinions sur des histoires qui méritent votre attention ».

      La mission de « ATTN: » est d’informer les gens pour avoir un impact social, les faire « participer davantage à la vie de la communauté, de la politique et du monde autour de nous » à travers des « vidéos, graphiques, animations, et des bons articles ».

    • Dernière recrue prestigieuse: Valerie Jarett, avocate, femme d’affaires et ancienne conseillère de Barack Obama qui « espère être un intermédiaire pour les parlementaires qui voudraient toucher davantage de monde » 

 

  • La vidéo de présentation:

 

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6. Le reste de l’actualité

  • Sports: « Les 74 pages qui ont créé le baseball professionnel sont à vendre 3 millions de dollars »: les documents officiels de la première National League américaine signée en février 1876 par huit propriétaires d’équipes – The Orange County Register
  • Politique: Paul Ryan, le porte parole de la Chambre des Représentants st parti défendre Trumpcare dans le 6ème district de Géorgie qui doit élire son représentant en juin prochain après le départ de Tom Price dans l’administration Trump. L’élection, très serrée, qui est l’objet d’une attention nationale des médias et des partis républicains et démocrates à vu Jon Ossoff, un jeune démocrate de trente remporter le premier tour. The Atlanta Journal Constitution
  • Médias: Le Chicago Sun-Times et son rédacteur en chef, Jim Kirk, annoncent en une ce matin être à la recherche d’un nouveau propriétaire pour le quotidien qui s’engage à continuer à assurer sa publication en toute indépendance. C’est le plus ancien journal de la région de Chicago (1844). Le propriétaire de Tribune qui possède le quotidien rival Chicago Tribune, est intéressé. 

Le kiosque du 14.05.17: ComeyGate & les Conservateurs; Spicer sur la sélette? Sessions veut emprisonner l’es US; Twin Peaks, le fais divers

 

Aujourd’hui, c’est a fête des mères aux Etats-Unis!
Bonne fête à toutes les mamans!

Au sommaire de ce dimanche 14 mai 2017

1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains
2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs
3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président
4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?
5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?
6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

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1. ComeyGate: Ce qu’en pensent les Républicains

  • Les conseillers du président se font très discrets en cette fin de semaine, surtout après la cacophonie qui a suivi le renvoi de James Comey: Le président a contredit son porte parole qui affirmait qu’il avait suivi les recommandations de l’adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein et affirmé qu’il avait pris la décision, seul, depuis longtemps car « Mr Comey ne faisait pas bien son travail » – celui de diriger l’enquête du FBI sur d’éventuelles collusions entre son entourage et les Russes qui étaient d’ailleurs invités en grande pompe avec leurs journalistes dans le bureau ovale mercredi.
    Seul Trump est apparu sur … Fox News hier soir.

 

  • Un silence très lourd des Républicains.
    Heureusement pour le président, les Représentants étaient retournés cette semaine dans leur circonscription, ce qui leur a permis de ne pas avoir à commenter sur l’actualité brûlante de leur leader.
    Si les figures du parti ont défendu le limogeage de James Comey mardi après midi, ils se sont tus sur la déconfiture qui a suivi le limogeage, les cafouillages de Sean Spicer et Sarah Huckabee, respectivement porte-parole et son adjoint, l’interview de Donald Trump dans lequel il a avoué avoir viré Comey pour sa gestion de l’enquête qui le concerne et menacé de supprimer les conférences de presse de la Maison Blanche.

 

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2. ComeyGate: Ce qu’en pensent les médias conservateurs 

 

  • Les médias conservateurs
    Les journalistes ont été les plus critiques sur le comportement du Commander-In-Chief et ses conséquences, sur Fox News, notamment.
    Chris Wallace, un vétéran de Washington et l’un des journalistes les plus respectés de la chaîne d’info parle de « la semaine la plus incroyable qu’il ait couverte » dans la capitale. Ce qui l’a le plus choqué: Les allégations du président selon lesquelles il enregistrerait tout ce qui se passe dans le bureau ovale, ces fameuses « tapes ».

    [Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, interrogé sur ces propos hier vendredi après midi en conférence de presse] aurait pu dire non.
    Il aurait pu dire oui.
    Il a dit qu’il n’avait rien à dire la-dessus. C’est le refus de démentir.
    Peut-être que le président fait marcher la presse et qu’il n’y a rien au bout du compte.
    Mais pourquoi faire cela?
    Pourquoi vouloir rabaisser la crédibilité de la Maison Blanche qui est déjà bien amochée.

     

     

    Charles Krauthammer, l’un des commentateurs conservateurs les plus respectés :

    [Il y avait la possibilité] d’une sortie en grâce (…)
    Au lieu de cela, nous avons eu ceci – un meurtre politique, brutal, même aux normes de Washington. Pas de dernière entrevue, ni de lettre de démission, de remerciements présidentiels, de séparation cordiale. Pourquoi?
    Trump s’inquiète de plus en plus de l’enquête sur l’ingérence russe durant les élections sous l’autorité du très médiatisé Comey.
    Si Trump a pensé qu’il allait étouffer l’affaire, ou la ralentir, il a fait la bévue du siècle.
    Virer Comey n’aurait pas pu attirer davantage d’attention sur le rôle de la Russie.
    Ca n’arrêtera pas l’enquête du FBI.
    Et les séances pour confirmer son successeur [devant le Sénat] vont devenir un forum télévisé sur les accusations de collusions, qui n’ont été jusqu’à présent qu’un scandale à la recherche d’un crime.
    Pourquoi a-t-il agi ainsi?
    On sait pourquoi: Le roi a demandé si quelqu’un pouvait se débarrasser de ce prêtre gênant, et incapable d’être patient, il l’a fait lui-même.


    Chris Stirewalt
    parle sur Fox News d’une « situation très inquiétante »:

    La plupart des supporters de Donald Trump semblent inconscients ou réticents à confronter la situation actuelle. Juste parce qu’on dit que le comportement des Démocrates face à Trump est hystérique ne signifie pas que Trump a raison (…) L’approche incohérente d’un scandale susceptible de mettre la présidence en danger n’est ni la faute de son staff, ni les mensonges de la presse, ni celle des Démocrates. C’est surtout la faute d’un président qui refuse fermement de soutenir son équipe, de montrer du respect pour la séparation des pouvoirs ou avoir de la patience.

    Les commentateurs de Fox news se contentaient eux de dénoncer l’hystérie des Démocrates.

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3. ComeyGate: Ce qu’en pensent les supporters du président

Data: SocialFlow; Chart: Andrew Witherspoon / Axios
  • En attendant, l‘affaire Comey semble avoir peu changer l’opinion de supporters de Trump, visiblement peu intéressés par les évènements de cette semaine: « Washington tremble et le pays de Trump baille ».
    Le scandale de la semaine a fait la une des journaux traditionnels mais est resté plutôt « froid » sur Facebook

    comparé à d’autres polémiques comme l’investiture du président, l’annulation de Trumpcare en mars dernier, la démission du général Flynn début février ou la « travel ban » – en trois mois seulement!

 

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4. La fin de Sean Spicer et des briefings de la White House?

 

  • Autre conséquence de l’affaire Comey: Donald Trump menace de supprimer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche assurées par son porte-parole, Sean Spicer, et son adjointe, Sarah Huckabee, parce que les journalistes seraient trop hostiles envers eux.
    Il a confirmé ces propos lors d’une interview avec Jeanine Pirro sur Fox News diffusée samedi soir et proposerait de répondre aux questions des journalistes, lui-même, deux fois par mois.

 

  • Petite recap de cette folle semaine dans Saturday Night Live avec l’apparition de Donald Trump (Alec Baldwin), Sean Spicer (Melissa McCarthy) et même son adjointe Sarah Huckabee Aidy Bryant).


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5. Jeff Sessions: Vers une incarcération de masse?

Jeff Sessions lors du Thank You tour en décembre 2016 à Mobile, Alabama.
AP Photo/Brynn Anderson
    • Les Républicains et Donald Trump l’avaient promis durant la campagne: Détruire autant que possible l’héritage de Barack Obama, que ce soit l’assurance santé, les mesures de protection de l’environnement ou encore la réforme de la justice.

 

    • Dans ce domaine, Trump a nommé l’un de ses proches et plus fervents supporters, Jeff Sessions, ancien gouverneur d’Alabama, qui a annoncé un retour du programme très controversé, inefficace et coûteux de « la guerre contre la drogue », mis en place durant les années 80 et 90, qui a condamné et envoyé en prison des centaines de milliers d’Américains, essentiellement afro-américains, pour des délits mineurs, notamment ceux liés à la drogue.

 

    • Eric Holder, ministre de la justice de Barack Obama (2009-2015) a réformé cette approche très agressive de la justice en limitant les peines encourues pour la consommation et détention de drogues douces et des délits mineurs et en insistant sur l’importance de la prévention par rapport à la répression systématique.

 

    • Le nouveau ministre de la justice a effectué un retour en arrière vendredi et demande désormais aux procureurs fédéraux d’appliquer la loi le plus fermement possible, quels que soient les délits, en utilisant les peines minimum obligatoires.
      Une décision plutôt bien accueillie par les magistrats mais critiquée par les associations de défense des libertés civiles (ACLU, Black Lives Matter), les Démocrates et même de nombreux conservateurs dont les très puissants frères Koch, grands donateurs du Parti Républicain.

 

  • Mr Holder était furieux du retrait de sa réforme appliquée depuis 2013 qui a permis de désengorger les prisons du pays – les Etats-Unis ont la première population carcérale au monde:

    La réforme annoncée aujourd’hui n’est pas plus dure envers la criminalité, elle est plus bête (…) C’est une approche idéologique destinée à réprimer qui n’a réussi à engendrer que des peines de justice longues injustes imposées à tort et à travers et qui n’ont rien apporter à long terme à la sécurité publique.

    * « Sessions moves to lengthen drug sentences » – Politico

 

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6. Le fais divers qui a inspiré Twin Peaks

 

 

    • Le meurtre remonte au mois de juillet 1908 dans la communauté balnéaire de Sand Lake, dans le nord de l’Etat de New York. La jeune Hazel Irene Drew a été vue pour la dernière fois seule à la tombée de la nuit sur une route isolée et retrouvée morte, le crâne fracturé, quatre jours plus tard dans le lac situé à proximité.
      Le meurtre a attiré à l’époque l’attention des médias du pays, notamment celle du Washington Post, mais n’a jamais été élucidé et aurait pu retomber dans l’oubli si Mark Frost, le créateur de Twin Peaks, n’avait passé ses vacances, enfant, dans le hameau de Taborton, à quelques kilomètres seulement de Sand Lake.

 

  • Ce dernier raconte que la mort de la jeune Hazel est rentré dans le folklore local comme un avertissement aux enfants de la région de ne pas aller dans les bois la nuit au risque de rencontrer le même sort.

    « J’ai entendu des histoires sur Hazel toute mon enfance car elle aurait hanté le lac » et « c’est un peu d’où vient l’histoire de Laura [Palmer, l’héroïne de Twin Peaks] ». L’idée que le corps de cette fille a été retrouvé à côté de l’eau, le mystère qui reste entier, les nombreux suspects, et tous ces gens qu’elles fréquentaient qui venaient d’horizons économiques et sociaux différents ».

    A l’époque, les enquêteurs avaient identifié plusieurs suspects mais n’ont jamais réussi à identifier l’assassin ou obtenir des aveux.

    Un sage m’a un jour dit que le mystère est l’un des plus importants ingrédients de la vie pour la raison suivante: le mystère créé l’enchantement qui provoque la curiosité, qui est le terrain propice qui et ce que nous sommes vraiment

    * « Hazel’s brutal murder was all but forgotten. Until she inspired « Twin Peaks » – The Washington Post

 

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L’info dans le reste du pays

  • Les Représentants républicains californiens font profil bas depuis le vote de l’American Health Care Act – tous ont voté pour – mais c’était sans compter leurs adversaires démocrates bien décidés à exploiter ce choix pour les battre aux élections de mi-mandat en 2018. Via Los Angeles Times

 

  • Le seul endroit aux Etats-Unis où l’on peut obtenir un Master en « Yoga Studies »? Los Angeles – Via Los Angeles Times

 

  • Recrudescence de requins en Californie mais qui sont plus facilement repérables grâce aux outils technologiques, genre drones, smartphones et caméras – The Orange County Register

 

  • Michelle Obama est très en colère contre la décision de Donald Trump d’annuler un programme fédéral destiné à offrir des repas plus équilibrés aux élèves des cantines scolaires. – Chicago Tribune

 

  • Une charter school de Boston a interdit à ses étudiantes de porter des extensions capillaires, les fameuses tresses africaines, des extensions très populaires dans la communauté afro-américaine. L’administration en a déjà suspendues plusieurs des équipes sportives de l’établissement ou encore de la fameuse « prom » de fin d’année. Une « hair policy » que les parents dénoncent comme raciste. – Boston Globe

 

  • L’appellation certifiée bio, dite « organic » aux Etats-Unis, aurait été donnée à des importations de maïs et de soja qui ne l’étaient pas – Washington Post

le kiosque du 07.04.17

 

 

  • Trump, commander-in-chief

    En l’espace de trois jours, Donald Trump est passé d’une condamnation timide de l’attaque chimique attribuée au régime syrien à une offensive des forces aériennes américaines en Syrie contre les bases d’Assad – une première pour les Etats-Unis en six ans.
     
    59 missiles Tomahawk ont été lancés depuis la mer Méditerranée contre l’une des six bases aériennes du régime pour détruire avions et munitions.
     
    Six personnes auraient été tuées dans l’offensive.

    L’objectif final serait de renverser Bachar Al-Assad tout en conservant le régime syrien pour éviter le même désastre irakien.
     

    C’est aussi la première fois, au 77ème jour de sa présidence que la nation et le monde voient Donald Trump comme le Commandant-en-chef. Il a avancé de manière décisive et rapide, mais est devenu aujourd’hui un acteur central de ce que Fareed Zakaria [journaliste de CNN] à qualifié hier, « d’une des crises internationales les plus compliquées que j’ai vu dans ma vie ».

     
    Selon Mike Allen de Axios, Trump aurait prévenu, en privé, depuis des mois, une réponse particulièrement sévère contre une éventuelle agression syrienne.
     
    La démarche d’hier lui a permis également de se différencier de son confrère russe, Vladimir Poutine, qui avait défendu Assad cette semaine, et qui dénonce aujourd’hui une « agression contre la souveraineté d’un Etat en violation avec les normes de la loi internationale ».
     
    C’est une démonstration de force de l’administration Trump qui prévient également l’Iran et la Corée du Nord qu’elle est prête à l’action si nécessaire, et contrairement à son prédécesseur, Barack Obama.

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  • Une démarche risquée

    Il y avait beaucoup d’excitation hier soir et ce matin dans les rédactions et plateaux télé à l’annonce des frappes américaines en Syrie. Très vite pourtant les médias ont pointé les risques liés à cette attaque:
     
    * Celui de voir Poutine refuser une coopération avec les Etats-Unis pour garder la main-mise et ses bases militaires en Syrie et maintenir Assad.
     
    * Celui de perdre l’objectif principal des USA dans la région: Eliminer l’Etat Islamique. Si le régime syrien, et non pas Assad, s’effondre, l’organisation terroriste, qui recule en Irak, peut prétendre à un nouveau Califat en Syrie.
     
    * Donald Trump n’a pour le moment aucun plan précis pour l’avenir de la Syrie.
     
    Quant à Washington:

    La polémique tournait ce matin autour de la décision unilatérale de la Maison Blanche de déclencher une attaque aérienne sans avoir consulté le Congrès. Les Démocrates soutenaient majoritairement la décision de Trump mais ont tout de même insisté sur la nécessité de redonner cette prérogative au Congrès et de ne plus la laisser au président.

     
    Le sénateur McCain soutient la démarche du président Trump mais a parlé de « début de la fin » pour qualifier la position des Etats-Unis dans le conflit qui doivent maintenant trouver des solutions avec le reste de la communauté internationale, les Russes et surtout le régime syrien.
     
    Les Démocrates étaient également derrière Trump hier, à l’instar de Nancy Pelosi, la porte parole de la minorité démocrate à la Chambre des Représentants qui a parlé de « réponse proportionnelle à l’utilisation par le régime d’armes chimiques ».
     
    Hier soir l’administration est finalement entrée dans la coeur des grands.
     

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  • « Bannonistes » vs « Cuckservatives »

    Le départ de Steve Bannon du Conseil national de sécurité, annoncé mercredi, représente un tournant décisif et positif pour la présidence de Trump qui enchaîne depuis le 20 janvier revers politiques et polémiques jusque dans sa majorité – et dont il serait en partie responsable.
     
    L’ancien directeur de Breitbart News, arrivé sur le tard dans la campagne du candidat républicain, a certes aidé à sa victoire au mois de novembre mais il reste un « newcomer » dans l’orbite de Trump.
    Son départ de la Maison Blanche serait imminent mais difficile étant donné les alliés qu’il possède autour du président: Jeff Sessions, le ministre de la justice, Kellyanne Conway, Stephen Miller et Steve Mnuchin, Secrétaire au Trésor.

     
    Des fuites ont révélé cette semaine qu’il en « aurait marre de son job » et serait « prêt à abandonner » – des propos démentis à 100% par l’intéressé.
     

    Même pour cette Maison Blanche très belliqueuse, la mise sur le côté de Bannon a été brutale.
    De nombreux responsables ont incendié le conseiller du président auprès des médias, n’ont rien fait pour atténuer la perte de pouvoir de Bannon, et se sont délectés de voir Drudge [Report] et d’autres médias [de droite] commenter sa chute.

     
    La haine entre les « Bannonites » et les « modérés » menés par Jared Kushner et sa femme Ivanka, est intense et irréconciliable.

     
    Selon le Daily Beast, « les deux plus proches conseillers de Donald Trump se battent sans arrêt et souvent face-à-face, et ce serait même pire en privé ».
    Bannon aurait traité le gendre du président de « cocuservateur » (traduction de « cuckservative » = « cuckhold », ou cocu, et conservative) et de « mondialiste », les deux insultes préférées de l’alt-right.

     
    Un proche de Bannon aurait déclaré:
     

    Steve pense que Jared est pire qu’un démocrate (…) [Steve] a une vision précise de ce qu’il croit, et de ce qu’il partage avec Trump. Il voit depuis longtemps Jared comme un obstacle majeur à sa réussite.

     

    * « Steve Bannon calls Jared kushner a Cuck and Globalist behind his Back »Daily Beast

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  • O’Reilly, le boycott continue

    C’était le fil rouge de cette semaine: 57 annonceurs ont décidé de boycotter l’émission « The O’Reilly Factor » à la suite de l’article du New York Times paru le weekend dernier qui révélait les accusations de harcèlement sexuel dont le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, a été l’objet, et les 13 millions de dollars que la chaîne a bien voulu payer pour acheter le silence des victimes.
     
    Malgré le soutien public du président et un démenti formel de l’intéressé, les compagnies ont décidé d’aller promouvoir leur produits sur d’autres émissions de la chaîne si bien que « The O’Reilly Factor » n’avait que 7 publicités hier soir contre 31 lundi – preuve que le boycott continue de grossir.
     
    La stratégie de la chaîne reste la même: ne rien dire pour
    1/ soit attendre que ça se passe,
    2/ soit garder les options ouvertes et l’éventualité d’un départ O’Reilly – tout de même peu probable.

     
    En attendant, la polémique est toujours vive sur les médias sociaux « où nombres de femmes partagent leur propre expérience de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail »: « Le hashtag #DropOReilly est devenu un forum de discussion pour les femmes »
     

    * « At Fox News, A Wall of Silence surrounds Bill O’ Reilly »The Washington Post 
    * « Uniting Agains BillO’Reilly, Women share stories of Workplace Harassment »The New York Times

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  • La guerre entre CNN et Fox News

    Les deux chaînes se sont affrontées cette semaine par scandales interposés:

    * CNN a très largement couvert l’affaire Bill O’Reilly, en a discuté longuement en début de semaine et tient même une liste de tous les annonceurs et les décisions pour lesquelles ils boycottent l’émission la plus regardée de la télé américaine, « The O’Reilly Factor ».
     
    La chaîne d’info en continu ne cesse d’évoquer le départ ou la fin du présentateur, a reçu l’une de ses accusatrices, la plupart des journalistes y sont allés de leurs commentaires, et l’un d’entre eux, Don Lemon a même interpellé O’Reilly dans « CNN Tonight »:
     

    Bill, nous avons parlé du scandale Susan Rice (…) Ca fait longtemps qu’on en parle dans cette émission. Et ce soir nous allons encore en parler. Il y a un autre scandale dont on va aussi parler ce soir, dans ce programme: les accusations de harcèlement sexuel contre toi. Alors allons-y

     
    De son côté Fox News accuse CNN de ne pas avoir accordé assez d’attention sur le rôle de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama qui aurait déclassifié les noms des proches de Trump recueillis par les services de renseignements lors des écoutes réalisés dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles.
     
    Sean Hannity, l’un des « wackadoos » de Fox News a affirmé que « les médias de propagande alt-left décidés à détruire Trump » faisaient tout pour couvrir et déformer les preuves que l’ancienne conseillère d’Obama a utilisé des informations confidentielles à des fins politiques et réalisé des écoutes illégales sur des citoyens américains.
     
    A suivre.
     
    * « Fox and CNN go to war over O’Reilly »The Hill

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  • Couverture du Jour

Le kiosque du 05.04.17

 

 

  • Donald Trump à 35% dans les sondages

    Donald Trump ne retient pas les leçons de ses échecs politiques (les deux versions de la travel ban suspendues, une réforme de la santé passée à la trappe) et essaye de proposer une nouvelle version de l’American Health Care Act, qui lui a déjà fait perdre un capital politique énorme après seulement deux mois de présidence.
     
    Il a atteint aujourd’hui un record de 35% seulement d’opinions favorables.
    Certes, ces 35% lui font encore confiance et représentent une base électorale loyale et fidèle mais il a besoin de davantage de succès, peut-être la nomination du juge Neil Gorsuch cette semaine

     

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  • Trump, champion de la Real Politik

    Alors que le monde est pris d’effroi devant les images des enfants tués lors des dernières atrocités de la guerre civile syrienne mardi, la Maison Blanche a publié une déclaration exprimant son effroi comme l’aurait fait n’importe quelle Maison Blanche.
    Mais alors que d’autres présidents auraient profité de l’occasion pour demander le départ de Bashar Al-Assad, le porte parole du président Trump a rejeté cette éventualité, « impossible », parce qu’elle n’aura pas lieu. « Nous aurions l’air stupides de ne pas reconnaître les réalités politiques de la Syrie » a affirmé Sean Spicer

    Mr Trump ne s’embarrasse pas de ce qu’il considère comme de la morale inutile et de la naïveté moralisatrice. Il considère la politique étrangère dans une approche la plus « realpolitik » depuis des générations, en minimisant les questions des droits de l’homme et de la démocratie qui ont marqué ses prédécesseurs, y compris Jimmy Carter, Ronald Reagan, George W. Bsuh et Barack Obama.
    Son approche de l’America First ne s’intéresse pas à la façon dont les autres nations traitent leur population mais à ce qu’elles peuvent apporter aux Etats-Unis.

     
    * « For Trump, a Focus on U.S. Interests and a Disdain for Moralizing » – New York Times

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  • « Make America Great Again » vs  » Chinese Dream »

    La rencontre diplomatique la plus importante de la jeune administration américaine aura lieu demain à Mar-a-Lago entre le président chinois Xi Jinping et Donald Trump qui annonce déjà des discussions « très difficiles ».
     
    Aucune partie de golf n’est prévue.

     
    Les enjeux sont importants puisque les deux pays représentent un tiers de l’économie mondiale, un quart du commerce et les deux premières puissances militaires.
     
    Ce qu’il faut retenir:
    * Le contexte est très tendu à cause des attaques répétées du président américain contre la chine depuis le 9 novembre dernier, notamment sur le « principe d’une seule Chine »
     
    * « Trump veut remodeler les relations économiques sino-américaines responsables, selon lui, de la perte d’emplois aux USA et un déficit américain de 350 milliards de dollars.
     
    * La Chine est devenue en quelques mois le plus ardent défenseur d’une économie mondialisée (Discours de Davos) face à un protectionisme américain défendu par des conseilleurs inexpérimentés (Steve Bannon et Stephen Miller).
     
    * Le problème de la Mer de Chine méridionale, l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, avec des ressources de pétrole importantes que la Chine essaye de contrôler aux dépens de ses voisins, dont des alliés des Etats-Unis

     
    * Les questions de sécurité seront au centre des discussions, avec la Corée du Nord, qui dispose aujourd’hui d’un arsenal de missiles balistiques capables de toucher la côte Ouest américaine, et que seule la Chine peut aujourd’hui influencer.

     
    * « These are the Dealmakers behind the Trump and Xi Jinping » – Bloomberg

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  • Bill O’Reilly est-il invincible?

    On se demandait lundi jusqu’où était prête à aller Fox News pour défendre sa vedette, Bill O’Reilly et poule aux oeufs d’or, « The O’Reilly Factor »: loin vraisemblablement puisque hier seulement, 21 annonceurs ont décidé de retirer leur produit de l’émission à la suite « des allégations inquiétantes » contre le présentateur et par respect pour les femmes qui représentent une part importante de leur clientèle. 
     

     
    Parmi elles, des marques prestigieuses comme Mercedes Benz, BMW, Hyundai, Mitsubishi, Lexus, Allstate (assurances), Bayer (pharmacies).
     
    Les publicités sont réorientées vers d’autres programmes de Fox News Cable, donc la compagnie ne perd pas d’argent mais sa réputation en prend un coup.
     

    Les annonceurs sont les nouveaux garde-fous médiatiques (…) Si on a appris quelque chose des récentes polémiques sur la publicité, c’est que les annonceurs peuvent obliger les patrons de presse à changer.

     
    Bill O’Reilly n’a pas mentionné l’article du New York Times dans on émission de lundi soir mais affirmé qu’il était « difficile d’obtenir des informations honnêtes », que « les mensonges inondaient les médias » et qu’ils étaient devenus « les nouveaux standards de la gauche. »
    Il a néanmoins salué le comité éditorial de Wall Street Journal – propriété de Rupert Murdoch, également patron de Fox News, qui continue de le soutenir tout en affirmant prendre très au sérieux « les problèmes de comportement dans la sphère professionnelle. »

     
    NOW, la National Organization for Women a demandé le renvoi de Bill O’Reilly et a demandé le lancement d’une enquête indépendante sur le harcèlement sexuel à Fox News.
     
    * « Fox News, Bill O’Reilly face growing public pressure after settlements report »CNN
    * « Advertising are the new media Watchdog »Axios

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  • Susan Rice et « Les Democrooks »

    L’ancienne conseillère à la sécurité de Barack Obama, Susan Rice, a démenti hier à la télévision américaine toute responsabilité dans les révélations faites à la presse des noms de citoyens américains, impliqués malgré eux dans les écoutes réalisées par les services de renseignements menées dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles, et censés rester confidentiels.
     
    Elle est accusée d’avoir instrumentalisé des renseignements confidentiels à des fins politiques: saboter la nouvelle administration.

     

    C’est complètement faux … Je n’ai rien donné à personne, ne l’ai jamais fait et ne le ferait jamais.

     
    Les Républicains et médias de droite ont dénoncé les « Democrooks » et parler d’un nouveau « Watergate », notamment National Review qui avance que Mme Rice a préféré « avancer les intérêts du parti démocrate » aux dépens de la sécurité du pays. 
     
    La Commission parlementaire en charge des questions du renseignement a demandé à interroger Susan Rice.
    Les démocrates accusent désormais le président de cette commission, Devin Nunes, le premier à avoir éveillé les soupçons sur d’éventuels agissements de l’ancienne administration, de vouloir réorienter l’enquête sur les proches d’Obama et non pas sur les actions de l’entourage de Trump durant la campagne.
     
    * « House intel Panel Wants Susan Rice to Testify in Russia Probe » – The Wall Street Journal

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  • #BlackLivesMatter pour entrer à Stanford

    C’est le conte de fées progressiste qui a le don d’agacer les conservateurs.
     
    Ziad Ahmed, un jeune activiste du lycée de Princeton dans le New Jersey a répondu sur son dossier d’application à l’université de Stanford que ce « qui l’importait le plus et pourquoi », c’était #BlackLivesMatter qu’il a répété cent fois, sans autre formes d’explications. 
     
    Le jeune étudiant a été admis par le prestigieux établissement californien, réputé pour ses positions libérales, et a posté sa lettre d’admission sur Twitter.
     
    Le jeune Ahmed, musulman, prend son activisme très au sérieux, il a déjà participé à une TedTalk, a rencontré Hillary Clinton et son engagement pour le « militantisme » et « progressisme » est total – il a été également à Princeton et Yale.
     
    Pour National Review, il existe une différence entre soutenir « Black Lives Matter » et le mouvement politique, plus controversé, #BlackLivesMatter:
     

    « Le succès dans le militantisme ne repose pas sur la conviction d’avoir raison mais sur l’efficacité à convaincre les autres de ses positions.
    Amener les gens de son côté est, après tout, le seul moyen d’arriver au changement qui est au coeur du militantisme.
    Ahmed pense qu’il a tellement raison qu’aucune explication est nécessaire, mais ça ne change pas le fait que c’est nécessaire.
    Une partie de la population ne comprend pas le but de #BlackLivesMatter, et le fait qu’une explication soit nécessaire est un fait objectif.
    Sa réponse n’est pas une victoire pour le mouvement, mais une occasion manquée.

     
    * « Meet the Muslim Teen who repeated #BlackLivesMatter on his Stanford Application and got in »Mic
    * « Stanford accepts Student Who Just Wrote #BlackLives Matter 100 times as his Answer to an Application Question » National Review

 

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  • Couverture du Jour

    Une longue enquête sur les relations entre Jeff Zucker et CNN avec Donald Trump
     

Le kiosque du 04.04.17: L’équipe Trump démasquée – 8 ans pour fraude électorale – Un « test idéologique » pour rentrer aux US – Pruitt vs Fox News – Blackwater

 

  • Bientôt un « test idéologique » avant d’entrer aux States?

    « Extreme Vetting », le terme utilisé par la nouvelle administration pour justifier la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires dans les aéroports sur les touristes qui se rendent aux Etats-Unis: ils pourraient prochainement être obligés de donner les contacts de leur téléphone portable, les mots de passe de leur compte Facebook ou Twitter, leurs relevés de compte et même répondre aux questions concernant leurs idées politiques.
     

    L’administration souhaite également que ceux qui appliquent pour un visa soient l’objet d’intenses recherches et que les ambassades passent plus de temps à interviewer chaque candidat.
     
    Les changements s’appliqueraient à tous les pays du monde, y compris la France et l’Allemagne

    Les mesures, soi-disant prises pour lutter contre le terrorisme, n’ont pas encore été rendues public et devraient très certainement provoquer une nouvelle polémique lorsqu’elles le seront. Une cinquante d’associations pour la défense des libertés a déjà dénoncé « une attaque directe contre les droits fondamentaux » y compris la liberté d’expression.
     
    L’administration travaille également sur une idée lancée par Trump lorsqu’il était candidat, le « test idéologique » à passer avant d’entrer sur le territoire américain pour arrêter « ceux qui ne croient pas en notre constitution, qui soutiennent l’intolérance et la haine ».
     
    * « Trump administration Considers Far-Reaching Steps for « Extrême Vetting » – The Wall Street Journal

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  • « A new can of Worms »

    The Washington Post

     
    Les Emirats arabes unis ont arrangé une réunion secrète en janvier dernier entre le fondateur de Blackwater, Erik Prince et un russe proche de Vladimir Poutine pour essayer d’établir une communication secrète entre Moscou et le président-élu Donald Trump.
     
    C’était la une du Washington Post hier qui a ouvert un « nouveau panier de crabes » pour l’administration puisque le fondateur de BlackWater, une compagnie militaire privée américaine, frère de Betsy DeVos, la très controversée Secrétaire d’Etat à l’Education, se serait présenté comme un conseiller « officieux » de Trump durant le meeting qui s’est tenu aux Seychelles.
    C’est un proche de Steve Bannon et de Rebekah Mercer, l’une des plus importantes donatrices de la campagne de Trump.

     
    La rencontre a été découverte dans le cadre de l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016 et l’information révélée au quotidien de Washington par une source anonyme.
     
    Sean Spicer a affirmé en conférence de Presse que la Maison Blanche n’avait aucune connaissance de cette rencontre et que Mr Prince n’avait eu aucun rôle dans l’équipe de transition.
    Des propos repris par le porte parole de Mr Prince qui s’en est pris aux agences de renseignements qui feraient mieux de chasser les terroristes plutôt que de surveiller les citoyens américains.
     
    * « Trump Donor met Putin ally in Seychelles »The Washington Post

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  • Des proches de Trump « desmasqués » par une conseillère d’Obama

    Susan Rice, conseillère à la sécurité de Barack Obama – à ne pas confondre avec Condolezza Rice sous le président George W. Bush – aurait demandé avant son départ à ce que les noms de citoyens américains privés relevés « accidentellement » lors des écoutes effectuées par les agences de renseignement (« incendal collections ») sur des officiels étrangers et liés à la campagne de Trump soient « demasqués », c’est-à-dire que leur identité soient dévoilées à ceux qui auraient accès à ces documents, censés être confidentiels. Généralement, ces noms sont enlevés des rapports ou remplacés par le terme « U.S. Person One ».
     
    Ezra Cohen-Watnick, un conseiller du Conseil de la Sécurité Nationale de la nouvelle administration aurait découvert les requêtes de Susan Rice au mois de février et alerté la Maison Blanche, qui a pris le relais de l’enquête. Les rapports en questions « contiennent des informations politiques importantes sur l’équipe de transition de Trump, sur les personnes qu’elle a rencontré, les positions des proches du président-élu sur la politique étrangère et les stratégies de la future administration. »
     
    Ces révélations n’ont rien à voir avec les accusations selon lesquelles Trump aurait été mis sur écoute entre novembre et janvier 2017 mais elles inquiètent les défenseurs des libertés civiles sur les programmes de surveillance des agences de renseignements.
     
    Durant les derniers mois au pouvoir, des représentants de l’administration Obama ont changé le degré de « classification » de certains documents confidentiels pour qu’ils soient accessibles à un plus grand nombre au sein du gouvernement – ce qui pourraient expliquer les nombreuses fuites révélés dans les médias sur l’équipe de transition de Trump, et notamment le général Flynn, qui a du démissionner.
     
    Comme le constate aujourd’hui l’éditorial du New York Post: » il y a deux problèmes en jeu aujourd’hui, l’ingérence russe dans les élections présidentielles américaines, dont tout le monde parle, et les efforts de Barack Obama de saboter l’équipe de Trump ».

     
    * « Top Obama Adviser Sought Names of Trump Associates in Intel »Bloomberg View

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  • Fox News flingue Scott Pruitt

    Ca fait plaisir quand un journaliste de Fox News fait actuellement son travail de journaliste et pas celui de supporter de Donald Trump. Chris Wallace un vétéran du métier et modérateur du dernier débat présidentiel des élections a reçu dimanche dans son émission « Fox News Sunday » le directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement, Scott Pruitt, l’un des nombreux « climatosceptiques » de la nouvelle administration.
     
    Les questions de Mr Wallace étaient simples et logiques mais ont toutes relevé les contradictions du gouvernement qui affirme agir pour l’environnement tout en abrogeant les lois mises en place par Obama pour protéger justement cet environnement et limiter le réchauffement climatique.
     

    * « Comment voulez défendre l’environnement quand le budget « America First » prévoit des coupes budgétaires de 30% contre l’EPA?

     
    * « Sans le Clean Power Plan [voté sous Obama qui prévoit d’ici à 2030, 3 600 morts prématurés, 300 000 journée de travail et d’écoles et 90 000 cas d’asthmes en moins pas an] commet est-ce que vous allez atteindre ce but?
    La réponse de Mr Pruitt, comme la plupart des justifications sur les lois mises en place par l’ancien président, c’est qu’elles représentent un abus de pouvoir contre les prérogatives des Etats – des considérations politiques qui n’ont rien à voir avec les problèmes de santé en jeu.
     
    Même Breitbart a critiqué la prestation du chef de l’EPA, « une concession inutile envers l’ennemi », qui n’a pas assez défendu ses positions contre l’idée d’un réchauffement climatique et la défense de la politique de Trump « qui est mise en place pour le bien de science, le bien de l’économie et la mission clé de Make America Great Again« .
     

     
    * « The Left and Right agree: Fox News destroyed EPA Chief Scott Pruitt over Climate Change » – The Washington Post

    * « Delongpole: EPA’s Scott Pruitt Gets Eaten Alive by Fox » – Breitbart

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  • Fox reste loin en tête des chaînes câblées

    Malgré les scandales qui ont éclaboussé la chaîne câblée ces derniers mois, des accusations de harcèlement sexuel contre président Roger Ailes, viré cet été, et ce weekend contre son présentateur vedette, Bill O’Reilly (quatre millions de téléspectateurs en moyenne chaque jour), Fox News reste largement en tête de ses consoeurs, devant CNN et MSNBC, avec une moyenne qui oscille entre 2 et 3 millions de téléspectateurs.
     
    Tous ont profité du « Bump Trump » mais pas autant que le réseau de Rupert Murdoch qui a enregistré le meilleur trimestre de son histoire.
     

    Axios

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  • Article du jour: Huit ans de prison pour fraude électorale

    The Washington Post

    Article très intéressant qui frappe au coeur d’une des dizaines de polémiques initiées par le président sur la fraude électorale qui lui aurait coûté la perte du vote populaire contre Hillary Clinton – qui a gagné avec une marge de trois millions de votes: Le Washington Post a rencontré Rosa Ortega, 37 ans, une « résidente permanente » du Texas qui a pu voter pendant des années affirmé être citoyenne américaine sur sa fiche d’inscription électorale.
     
    Lorsque la police a frappé à sa porte en octobre 2015, elle a expliqué qu’elle pensait pouvoir voter parce qu’elle avait la carte verte.
     
    Ca n’a pas convaincu l’assistant du ministre de la justice texan, Jonathan White, qui a réussi à la faire inculper et convaincu les jurés de lui donner une « punition juste »: huit ans de prison.
     

    Pourquoi! Pourquoi moi? Huit ans de prison pour avoir fait une erreur en signant un feuille de papier. Je ne savais pas ce que je faisais. Je n’ai aucun casier criminel.

     
    Mme Ortega a réussi à voter à presque toutes les élections depuis 2004 sans que les autorités s’en inquiètent.
     
    Le jury qui l’a condamné a voulu faire d’elle un exemple pour « protéger la démocratie américaine » et sachant qu’elle est mère de trois enfants et vit aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans.
    Elle a fait appel et attend aujourd’hui une réponse

     
    * « She voted illegally. But was the punishment too harsh? » The Washington Post

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  • La phrase du Jour

     Tom Perez, le président du parti démocrate, a affirmé que « les républicains n’en n'[avaient] rien à foutre du peuple » et qu’il ne comptait pas revenir sur ses propos « Sorry not Sorry »
     

    Tom Perez / Twitter

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  • Couverture du Jour

    New York magazine consacre son numéro à la stratégie déployée par le Démocrates pour remporter les élections de 2018 et incarnée par cette figure du parti, Jon Ossoff, 30 ans, un néophyte de la politique, qui vient de remporter un siège de Représentant dans l’Etat de Géorgie contre Newt GinGrich.
     
    * « Will Anti-Trump Fury help Flip the Electoral Map for Democrats? »New York magazine