Le kiosque du weekend: 12-13.08.17

 

 

1. Débat de la semaine: Google est-il intolérant?

 

Le profil Twitter de James Demore

 

  • Mauvaise semaine pour Google qui a mal géré la polémique provoquée par l’un de ses employés, un ingénieur de 28 ans à l’origine d’un memo dénonçant la politique de diversité en entreprise de Google qui favoriserait les femmes et les minorités aux dépens des employés blancs. Selon lui, l’absence des femmes à des positions de pouvoir dans les industries de haute technologie  est une affaire de différences biologiques avec les hommes.
    Un discours qui va à l’encontre des efforts mis en place par Google pour essayer de diversifier son personnel et qui n’arrange pas les affaires de la Silicon Valley accusée ces derniers mois d’entretenir une culture sexiste hostile à la gent féminine – voir Uber.
  • James Demore: « Martyr de la liberté d’expression ou bro tech sexiste? »
    Après la publication de son mémo incendiaire (« Google’s Ideological Echo Chamber ») sur Motherboard ce week-end, James Demore, diplômé de Harvard a été viré lundi pour « violation du code de conduite de l’entreprise » et pour « perpétuer des stéréotypes sur le genre susceptible de blesser ».
    Le jeune ingénieur de 28 ans s’y présentait comme le porte parole d’autres employés restés silencieux, soit par manque de courage ( et à cause de la « culture de la honte ») soit parce qu’ils « ont peur d’être virés ».

    Quand on parle de diversité et d’intégration, la parti-pris progressiste de Google a créé une monoculture qui se maintient en essayant de réduire au silence ses opposants (…) Je veux juste dire que les différences biologiques entre hommes et femmes leur attribuent différentes qualités et capacités et ces différences peuvent expliquer pourquoi les femmes sont sous-représentées dans les positions de pouvoir de l’industrie de haute technologie.

    On dirait plus un manifeste de droite pour la liberté d’expression d’une culture masculine, blanche et sexiste que d’une véritable étude socio-économique des différences hommes-femmes et surtout une critique à peine caché de la politique de diversité en entreprise de Google.

 

  • La « guerre culturelle » , l’un des thèmes de prédilection de la droite américaine, qu’elle a efficacement implanté dans le discours politique fait son chemin dans les entreprises de la Silicon Valley, traditionnellement à gauche et désormais accusée d’être intolérante au pluralisme idéologique et à la liberté d’expression.

    L’industrie des Hautes Technologies a toujours soutenu les thèmes de l’immigration et de la diversité en entreprise, même quand la majorité de leur personnel reste essentiellement blanc et masculin. Mais l’élection de M. Trump l’année dernière – et ses positions contre le politiquement correct, son langage grossier à l’encontre des femmes, ses actions contre l’immigration ou la protection de l’environnement – semblent fragiliser ces idéaux.
    De l’autre côté, les propos de Trump ont conforté ceux qui pensent autrement dans l’industrie de Haute Technologie et les ont poussé à exprimer tout haut ce qu’ils pensaient tout bas (…)
    Le mémo de M. Damore et son renvoi en ont fait un héros des sites de droite comme Breitbart qui critiquent depuis les sensibilités politiques de la Silicon Valley

  • « How James Demore went to Google employee to Right Wing hero »The Washington Post

 


2. Une communauté invisible

 

  • La communauté américaine d’origine asiatique est l’une des plus importantes des Etats-Unis mais contrairement aux latino et Afro-américains, l’une des moins représentées sur la scène médiatique, culturelle et politique malgré la discrimination et la violence dont elle a été victime dans les années 80 et 90.

    La discrimination est ce qui rapproche les Américains d’origine asiatique.
    Les premiers chercheurs des études américano-asiatiques appartenaient au « Third World Liberation Front » [une coalition d’associations de minorités étudiantes très actives] à la fin des années soixante contre la perspective trop européenne de l’enseignement.
    Quand les programmes d’études américano-asiatiques se sont développés en Californie au début des années soixante-dix, les cours reposaient surtout des expériences personnelles d’oppression et de solidarité forgées à travers l’expression d’une épreuve commune (…)
    Le projet de définition d’une identité américano-asiatique était limité aux universités de la Ivy League [sur la Côte Est] et celles de la Côte Ouest, jusqu’en 1982, date à laquelle, Vincent Chin, un ingénieur d’une usine automobile de Détroit, a été battu à mort par des assaillants qui accusaient la concurrence japonaise d’être responsable de la dépression du marché automobile américain. Quand les assassins de Chin ont été condamnés à de la prison avec sursis et une amende de trois mille dollars, des manifestations ont éclaté dans tout le pays et permis l’émergence d’une unité pan-asiatique consciente que si Chin, un fils d’immigrés chinois, pouvait être tué à cause des importations automobiles japonaises, le concept d’une identité américano-asiatique pouvait les aider.

 

  • Michael Cheng, fils d’immigrés chinois né dans le Bronx, est mort en décembre 2013 lors d’un séjour d’intégration organisé par la fraternité américano-asiatique Pi Delta Psi du Baruch College de New York qu’il venait d’intégrer. Un rite d’initiation censé sensibiliser et rapprocher les étudiants de cette « communauté invisible » s’est transformé en bizutage fatal pour le jeune étudiant de 19 ans.

    En pleine cérémonie, le bizut doit penser à ses parents et aux sacrifices qu’ils ont fait en tant qu’immigrés, les humiliations qu’ils ont subi et l’invisibilité oppressante d’être Asiatique aux Etats-Unis. Les bousculades, les coups et insultes racistes [de la cérémonie] sont censées être l’expression physique de la lutte [de leurs parents].
    Cette dernière marche au cours de laquelle il est guidé par les autres membres de la fraternité vers son parrain doit lui apprendre que la solidarité avec ses frères asiatiques est le seul moyen de réussir dans un monde de blancs.

    Michael s’est effondré au milieu de cette étape dite du « Glass Ceiling » qui consiste à parcourir un terrain gelé dans le nuit, avec un sac à dos de quinze kilos sur les épaules, les yeux bandés tout en évitant les coups de ses camarades. Inconscient. Ses camarades ont tardé à appeler les secours puis ont essayé de maquiller l’accident. Quatre d’entre eux ont plaidé coupable de meurtre sans préméditation et 37 autres personnes ont été inculpés.

  • « What a Fraternity Hazing Death Revealed About the Painful Search for an Asian-American Identity »The New York Times magazine

 


 

3. After the Shooting

 

  • C’est la cover story du California Sunday magazine intitulée « After theShooting »: La journaliste Jeaeh Lee a suivi pendant une année Gwen Woods, la mère de Mario Woods, 26 ans, tué par la police de San Francisco en décembre 2015 après avoir agressé un piéton avec un couteau sous de stupéfiants. La vidéo de sa mort a fait le tour des réseaux sociaux et provoqué une vive polémique sur la violence de la police: 

    Le corps de Mario a été tellement endommagé par les impacts de balles [une vingtaine au total] que le médecin légiste a suggéré que son cercueil soit protégé par une paroi en verre pour empêcher qu’un de ses membres se détache au moindre contact. Mais Gwen l’a laissé ouvert. Elle s’est penchée sur le cercueil et a effleuré le visage de Mario. Son visage était maquillé, son corps recouvert d’un costume noir et d’une cravate rouge, rembourrés pour qu’il ait l’air moins abîmé. “Ils ont aussi rembourré la tête” continue Gwen. “C’était impossible de l’embrasser tellement il était fragile”. Elle a noté une cicatrice sur sa joue droite et s’est demandé si une balle l’avait traversée à cet endroit.

    Un samedi après midi, deux mois après la mort de Mario, Gwen est entrée dans l’Eglise épiscopale méthodiste africaine de Oakland (…) Elle s’est assise près de l’autel, dans une section réservée aux “mères” – ces femmes qui, comme elle, ont perdu un enfant tué par la police. Samaria Rice, la mère de Tamir Rice; Valerie Bell, mère de Sean Bell; Geneva Reed-Veal, mère de Sandra Bland; Gwendolyn Carr, mère d’Eric Garner; Lezley McSpadden, mère de Michael Brown. « Le club auquel personne ne souhaite appartenir » a pensé Gwen – elle en était la dernière membre.

    Elle a vite compris que ce monde des « mères en deuil » était compliqué: Le deuil n’était pas le leur mais quelque chose que d’autres s’appropriaient. Chaque jour, il fallait rétablir un semblant de vérité, protéger l’image de Mario, pas seulement de la police mais aussi de ceux qui voulaient en faire un symbole. C’était facile de perdre le Mario qu’elle chérissait – aimant, drôle, intelligent, agaçant et confus.

    (…) Dans les mois qui ont suivi “l’exécution de Mario”, Gwen se rappelle avoir participé autant que possible à de réunions, à des marches, rassemblements. Les manifestants demandaient à ce que le chef de la police [de SF] démissionne et s’excuse publiquement et que les officiers qui ont tire sur Mario soit arrêtés et jugés. « Je pense qu’ils se sont tous dits, Nous sommes tous Mario Woods. Mario est notre fils, notre frère:. Felicia Jones, un membre de la communauté proche de Gwen m’a dit qu’ils le prenaient « très personnellement ».

  • « After the Shooting, A year in the life of Gwen Woods »California Sunday Magazine

 


4. Les Américains

 

  • C’est aussi une cover story, celle de l’édition de septembre de The Atlantic, un extrait de l’ouvrage de Kurt Andersen, « Fantasyland: How America Went Haywire – A 500 year History » à paraître à la rentrée (aux Etats-Unis) aux éditions Random House. La théorie est la suivante: Donald Trump n’est pas une exception mais une continuité de l’esprit américain.

    Pourquoi agissons nous de la sorte?
    Parce que nous sommes Américains – Parce qu’être Américain, ça signifie qu’on peut croire en tout ce qu’on veut; que nos croyances sont les mêmes, ou supérieures à celles des autres, experts ou non. A partir du moment où les gens adhèrent à cette vision, le monde tourne à l’envers, et la relation de cause à effet n’existe plus. Ce qui est vrai devient incroyable et ce qui est incroyable devient vrai.
    (…)
    Ce n’est pas seulement les Américains qui prennent des idées absurdes au sérieux. Mais l’Amérique en est le foyer et l’épicentre mondial (…) A l’exception des pays pauvres, il n’existe aucun autre endroit où les croyances surnaturelles et folkloriques ont autant d’importance dans l’identité des gens. C’est l’exceptionnalisme américain du XXIème siècle. Le pays a toujours été unique. Mais aujourd’hui cette singularité est différente.
    Nous sommes toujours riches et libres, toujours aussi influents et puissants que n’importe quelle autre nation – le synonyme d’un pays développé. Mais cette tendance à la crédulité, à faire les choses à notre manière, à démentir les faits, et n’avoir aucune certitude sur la réalité, a fini par gommer les caractères exceptionnels de notre pays et l’a transformé en un pays “moins développé”

    Certains considèrent la présidence de Trump – une ère de post-vérité et de faits alternatifs comme impensable – comme le dernier phénomène américain, inexplicable et insensé. Mais c’est juste l’expression d’un état d’esprit qui a rendu l’Amérique si unique depuis ses débuts. Un mélange extraordinaire d’individualisme et de zèle religieux, un mélange de show business et de n’importe quoi, qui fermente pendant des siècles, puis qui passe par les années soixante puis l’ère internet. On obtient l’Amérique d’aujourd’hui, celle où la réalité et le fantasme se mélangent dangereusement.

    (…)

    Donald Trump est un escroc qui vous une haine contre l’establishment. Il n’aime pas les experts, parce qu’ils s’opposent à son droit, en tant qu’Américain, de croire ou prétendre que les mensonges sont des faits, qu’ils ont l’odeur de la vérité. Il voit des complots partout. Il exploite le mythe du martyr blanc. Il représente ce que j’appelle syndrome Kids R Us – gâtés, impulsifs, bougons, un sale gosse de 71 ans.

     

Le kiosque du 10.07.17

 

1. Trumplandia

 

  • 3 semaines avant la pause estivale 
    Ni Donald Trump, ni le gouvernement, ni la majorité républicaine au Parlement n’ont réussi à voter une loi majeure depuis le 21 janvier dernier alors que le vote sur la réforme de la santé, toujours critiquée par plusieurs Sénateurs républicains, pourrait être reportée à la fin du mois d’août.
    La réforme fiscale et le plan d’infrastructure d’un billion de dollars, les deux grandes législations du président pourraient être reportées à l’année prochaine
     
    Axios

    Comme le rappelle Axios:

    A chaque fois que vous entendez l’administration Trump ou le Congrès se battre contre la hausse des cotisations de l’Affordable Care Act – ou Obamacare – ils parlent des problèmes de 7% de la population, ceux qui ont choisi de s’assurer individuellement à travers le marché des assurances, ou le « non group » [21,8 millions de personnes].

 

***

 

  • Nouveau rebondissement avec la Russie
    Le « Blockbuster » du New York Times ce week-end – qui devrait faire l’actualité de ce début de semaine à Washington, c’est la rencontre entre Trump Jr, Jared Kushner et Paul Manafort, en juin 2016, moment crucial de la campagne, avec une avocate russe proche du Kremlin.
    Le fils du président a d’abord expliqué qu’il s’agissait d’une réunion sur la politique d’adoption entre les deux pays avant de confirmer qu’on leur avait promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate.

 

  • Pour John Marshall de Talking Points Memo:
     

    Le détail le plus important de cette histoire, c’est la source.
    Le Times rapporte qu’ils ont eu l’information de trois conseillers de la Maison Blanche, au courant de cette rencontre (….) La seule raison pour laquelle des alliés du président agissent de la sorte, c’est soit que d’autres informations comme celles-ci sont à venir, soit ils essayent de préparer l’opinion publique à quelque chose de plus grave.

     

    Le fils Trump a eu son heure de gloire sur le site du NYTimes.com hier

 

***

 

  • Pendant ce temps là, dans le monde merveilleux de Fox News, on suit les directives de Trump et on fait diversion en créant le « scandale » James Comey, l’ancien directeur du FBI viré par Trump, dont certains mémos dévoilés à la presse pour dénoncer les tentatives d’obstruction du président dans son enquête, contenaient des informations confidentielles.
    C’est faux, et « huit heures plus tard, Fox News n’est pas encore revenu sur ses propos », ni le président.
     

 
 


2. Les ennemis du président

 

  • Une information qui rassure dans Politico

    Ca fait moins de six mois que Donald Trump est président et l’un des principes organisateurs de ses actions politiques est évident: La vengeance.
    En privé, Trump a parlé de dépenser dix millions de dollars de sa poche pour battre un sénateur de son propre parti, Jeff Flake d’Arizona, selon deux sources présents lors de la conversation l’automne dernier.
    Plus récemment, le président s’est félicité des attaques lancées par un groupe de soutien de la Maison Blanche contre un autre sénateur républicain, Dean Heller du Nevada, qui avait critiqué le président.

 

  • Les implications pour 2018

    Les machinations en coulisses donnent une idée de l’approche de Trump en politique et comment elle pourrait remodeler les élections de mi-mandat en 2018. L’obsession de Trump envers la loyauté et son penchant à se souvenir de tous les affronts dont il a fait l’objet détermine son attitude envers ses ennemis politiques et les candidats de son propre parti, quitte à affaiblir leurs chances de réélection

 

 

 


Jared Kushner et le Qatar

 

  • La semaine commence bien pour le gendre du président, qui a participé en juin 2016 à un entretien dans la Trump Tower avec son beau-frère et le chef de campagne de Trump pensant récupérer des infos à charge contre Hillary Clinton.
    C’est la troisième fois qu’il oublie de mentionner un contact avec des proches du Kremlin.

 

  • The Intercept affirme aujourd’hui que Jared Kushner et son père, magnat de l’immobilier, ont essayé de convaincre un homme d’affaires qatari d’investir un demi milliard de dollars dans leur immeuble de la Cinquième Avenue à New York, la plus importante transaction immobilière de l’époque réalisée par le jeune Jared, 25 ans, en 2008, peu avant la crise financière, et alors que son père était en prison. 
     

    Trump a essayé vainement de trouver des financements ces dernières années avec les Qataris, mais il est difficile de nier l’importance que représente l’investissement de 666 Fifth Avenue pour [Jared] Kushner, sa compagnie et l’image de la famille dans l’immobilier. Sans apport extérieur ou redressement du marché, l’investissement pourrait devenir une perte de 500 millions de dollars.  

 

  • Les implications de cette transaction entre le Qatar et les Kushner?
    Il y a un mois, plusieurs pays du Golfe (Arabie Saoudite, émirats arabes unis, Egypte et le Bahreïn) ont coupé les ponts avec leur voisin du Qatar sous prétexte que le pays finançait le terrorisme. La dispute a été encouragée par Donald Trump, et Kushner « aurait un joué un rôle clé dans les coulisses pour durcir la position des Etats-Unis envers la nation ».

     

    Les révélations d’une transaction de 500 millions de dollars pose une question d’éthique. Si les discussions ne sont pas entièrement closes, ça veut dire que Jared utilise d’un côté le pouvoir de la diplomatie américaine pour affaiblir une petite nation, en essayant d’obtenir de l’autre côté un énorme capital pour son entreprise en difficulté.
    Si le marché est mort, un moyen de mettre pression sur d’autres investisseurs au nom de Kushner Companies [la compagnie familiale]

 

 

 


« The Newspaper Industry » contre le duopole Facebook-Google

 

  • La guerre est déclarée contre « la dominance duopolistique » de Google et Facebook sur la publicité en ligne: Les deux plate-formes ne créent aucun contenu mais récupèrent la plupart des dividendes de ceux qui les créent, les médias, « ce qui pourrait leur faire bien plus de mal que tout ce que le président écrit sur [eux sur] Twitter ».
    Pour éviter que le journalisme de qualité meurt, la News Media Alliance (NMA) qui représente deux mille journaux aux Etats-Unis et au Canada a décidé d’agir.

 

  • Le problème:
     

    Google et Facebook continuent d’accaparer le marché de la publicité en ligne, récupèrent des profits qui servaient auparavant à financer du journalisme de qualité que Google et Facebook offrent désormais gratuitement (…) Malgré les efforts de Google et Facebook pour soutenir le journalisme en aidant les organes de presse à trouver de nouveaux revenus, au bout du compte, ce sont les rois de la cour. Ceux qui fournissent l’information de qualité sont les quémandeurs et les serfs.

  • La solution
     

    Donc ce qu’on appelle la « newspaper industry » – qui inclut beaucoup de sites en ligne – s’est regroupée pour modifier l’équilibre des pouvoirs (…) et gagner le droit de négocier collectivement avec ces importantes plate-formes digitales.

  • Bottom Line
     

    Il s’agit ici de préserver le journalisme de qualité – cher à produire, et sous pression économique comme jamais auparavant – dans une époque marquée par des « reportages » bidons et gratuits sur des millions de votes illégaux qui obtiennent assez de succès pour mettre en place des initiatives fédérales.

 

 

 


5. Playbook, le newsletter la plus influente de Washington

 

 

  • Playbook, la newsletter de Politico « sur ce qui motive quotidiennement Washington » créée il y a quelques années par Mike Allen, parti fonder son propre site d’info, Axios (et une nouvelle et excellente newsletter) l’année dernière, a été brillamment reprise par trois journalistes, Daniel Lippman, Jake Sherman et Anna Palmer qui l’ont rendu plus populaire (35% d’abonnés en plus), lui ont ajouté une édition en début d’après midi, un podcast, et viennent de signer un ouvrage les coulisses de Washington intitulé « A Hill to Die On »
  • Ils ont des abonnés dans tous les Etats du pays, chez tous les sénateurs et les Représentants et bien entendu à la Maison Blanche, et bien entendu le Kiosque!
  • Interview des trois journalistes dans Vanity Fair

 


6. Le reste de l’actualité

 

  • Reportage sur le gay rodeo en Pennsylvanie: « Ce n’est pas seulement du rodéo, c’est construire une communauté avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts » – The Washington Post

 

  • La série « Ohio Matters » dans le The Plain Dealer examine les problèmes nationaux importants à travers les yeux des habitants de plusieurs comtés d’Ohio pour en comprendre le microcosme.

 

  • 58% des Républicains et Rep-Indépendants affirment que les universités ont un mauvais effet sur le pays [une hausse de 45% depuis l’année dernière]. 72% des Démocrates et Dem-Indépendants affirment le contraire – Pew Research Center

    Pew Research Center

Le kiosque du mardi 15 novembre 2016

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Voilà une semaine que la première démocratie mondiale a décidé de confier son avenir à businessman milliardaire, star de télé-réalité, inexpérimenté en politique pour succéder à ce que beaucoup de commentateurs – libéraux – retiendront comme l’un des présidents les plus prolifiques et appréciés que le pays ait connu.

Après l’incompréhension, l’effroi, la tristesse, retour à la réalité avec une transition politique qui s’accompagne de différentes protestations devant la formation d’une administration poussiéreuse (Giuliani, Newt Gingrinch) et d’un cabinet déjà très critiqué.

Le problème Steve Bannon

Le problème le plus inquiétant de cette nouvelle administration est la nomination de Steve Bannon, un raciste notoire anti-immigrés et misogyne assumé à l’un des postes les plus importants de la Maison Blanche, le Chief Strategist du président.
Le Wall Street Journal a finalement adressé la légitimité d’un supporter du mouvement alt-right mouvement au sein d’une nouvelle administration qui s’est donnée pour but d’unifier l’ensemble du pays.
Le quotidien a mentionné les headlines les plus controversées publiées sur le site Breitbart News, dont Steve Bannon était l’ancien rédacteur en chef avant d’être nommé directeur de la campagne de Trump et les critiques qu’il suscite dans la majorité alors que d’autres Républicains, dont le nouveau chef de cabinet de Trump, Reince Priebus, Kellyanne Conway et Mike Huckabee ont vigoureusement défendu le choix du nouveau président.

 

Des tensions un peu partout dans le pays

Ce weekend, un supporter a frappé une cliente dans un restaurant français de Brooklyn, Bar Tabac, parce qu’elle soutenait Hillary Clinton. Le Maire de Blasio est intervenu en personne sur l’incident via Twitter en appelant toute personne victime de violences à contacter le NYPD

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Pamela Ramsay Taylor, représentante de Clay, une petite ville à côté de Charleston, en Caroline du Sud, a commenté la transition entre Michelle Obama et Melania Trump comme « rafraichissante d’avoir une First Lady 571113-1479149918-wideclassique, élégante, et digne de retour à la Maison Blanche. Je suis fatiguée de voir un singe sur talons ».
Ce sur quoi la maire a commenté « Vous remplissez ma journée Pam! ».
Les commentaires ont été ensuite été effacés, les comptes Facebook annulés et une pétition a été lancée pour la démission de ces deux femmes à la tête d’offices publics qui a récolté jusqu’ici 99 171 signatures sur les 100 000 nécessaires.
Selon le Washington Post, les deux femmes se seraient excusées pour leur commentaires « qui n’avaient pas l’intention d’être racistes » explique Mme Taylor qui se plaint aujourd’hui d’être accusée de crime raciste et d’avoir reçu des menaces de mort – elle a été démis de ses fonctions.

Des manifestations ont eu lieu en Californie hier, des étudiants ont défilé pacifiquement dans les rues de Los Angeles, dans la Bay Area, à San Francisco et Oakland et à Portland dans l’Oregon contre le nouveau président

L’aide aux associations

La résistance s’organise un peu partout dans le pays, notamment à travers le soutien financier d’associations et organismes indépendants prêts à dénoncer et lutter contre l’agenda défendu par Trump pendant sa campagne contre les immigrés, le droit à l’avortement, etc…
John Oliver a fait un appel spécial aux dons lors de son dernier show dimanche soir

Parmi elles, ACLU (American Civil Liberties Union) qui s’est directement adressée à Donald Trump au lendemain des élections pour lui signifier qu’elle « restera vigilante chaque jour de [sa] présidence ».
L’organisation a depuis reçu 120 000 donations pour un total de 7.2 millions de dollars, « la plus grande levée de fonds depuis sa création il y a cent ans » en plus de l’aide de « dizaines de milliers de personnes [qui] se sont portées volontaires pour offrir leur temps et leurs services ».

sPlanned Parenthood, sorte de planning familial français a lui reçu 80 000 donations la semaine dernière de particuliers, d’associations et d’initiatives plus originales comme ce magazine de chaussures de Williamsburg, qui reverse 10% de ses profits à l’association.
Un communiqué a également été diffusé le 9 novembre dernier sur son site internet dans lequel PP met les choses au clair: « Nous ne retournerons jamais en arrière et nous n’arrêterons jamais de nous battre pour s’assurer que [nos] patients ont accès aux soins nécessaires, et apporter notre soutien aux gens de toutes les communautés qui en ont besoin – immigrés, gens de couleurs, la communauté LGBT, les gens de foi, et d’autres ».

Le boycott de tous les produits Trump

A la suite de la diffusion de la fameuse video « de discussion de vestiaire », New York magazine rapporte que Shannon Coulter, une spécialiste en médias et marketing a créé un nouvel hashtag #GrabYourWallet (prend ton porte-monnaie) « pour encourager les consommateurs à boycotter la marque de vêtements et de bijoux de Ivanka Trump ».
Une liste a été mise à disposition des consommateurs où sont recensés tous les revendeurs (Century 21, Macy’s, Nordstrom, Bloomingdale’s, …) de toutes les marques associées à la famille Trump et celles qui ont officiellement soutenu le nouveau président durant la campagne.

Google et Facebook réagissent aux critiques

Après avoir nié l’évidence dénoncée depuis des semaines par certains quotidiens et watchdogs de la prolifération de faux sites d’informations dans le seul but de pouvoir influencer le résultat des élections, dont on ne peut aujourd’hui mesurer clairement l’influence, mais qui a certainement joué un rôle dans la victoire de Trump, les géants d’internet et des réseaux sociaux commencent à réagir.
Selon Reuters, Google et Facebook ont annoncé hier des mesures visant à limiter la propagation de fausses informations sur internet en interdisant aux sites « louches » de faire leur pub sur leurs réseaux.

 

 

 

Revue de presse du lundi 26 septembre 2016

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Tout ce qu’il faut savoir sur ce premier débat: #Hofdebate16 
Le premier débat présidentiel tant attendu entre Hillary Clinton et Donald Trump aura lieu ce soir à Hofstra University, à Long Island, dans l’état de New York, à une dizaine de kilomètres de New York City.
L’université privée avait déjà accueilli un débat lors des campagnes présidentielles de 2008 et 2012 et a pu débourser cette année près de cinq millions de dollars pour organiser la première des trois rencontres grâce aux donations d’anciens élèves fortunés.
La logistique de l’évènement est énorme, puisque les principales chaînes du pays retransmettront et commenteront sur place le débat (NBC, CBS, ABC, PBS, CNN et Fox News) en plus de 700 places assises pour les journalistes, médias du monde entier et les invités des deux présidentiables.

220px-commission_on_presidential_debates_logo-svgLe débat qui commence à 9hrs va durer une heure et demie, avec un modérateur, le présentateur de NBC, Lester Holt, sans coupures publicitaires, une rareté pour un programme qui pourrait rassembler jusqu’à cent millions de téléspectateurs.

Les 90 minutes seront réparties en six segments de 15 minutes dédiés à un thème précis, et sur lequel chaque candidat devra répondre en deux minutes avant de pouvoir s’affronter directement l’un et l’autre.
16 universités avait déposé leur candidature pour accueillir un des débats devant la Commission des débats présidentiels.

Tous les commentateurs et journalistes s’accordent à qualifier ce premier d’essentiel pour les campagnes des deux candidats, dans une course qui n’a jamais été aussi serrée.
« La rencontre finale entre la célébrité et la politique » explique le New York Times ce matin qui note que Trump doit prouver à une grande partie des Américains – qui ne le pensent pas – qu’il est « présidentiable ».

Le défi pour Clinton sera d’essayer de « cacher son mépris pour son rival » et « l’incrédulité » qu’elle doit ressentir à se retrouver nez-à-nez avec « un directeur de casino devenu star de télé-réalité qui n’a jamais été élu et qui n’a aucune expérience que politique étrangère » et tenter de convaincre les jeunes de voter pour elle. Heureusement pour elle, l’équipe de Trump a affirmé que l’ancienne maîtresse de son mari, Gennifer Flowers, avec qui il a eu une affaire dans les années 90, n’a pas été invitée au débat, comme le candidat républicain l’avait suggéré ce weekend.

Selon le Wall Street Journal, un tiers des Américains comptent sur le débat pour choisir leur candidat, et l’imprévisibilité de Trump reste sa meilleure arme, lui qui « défit les lois de la politique en laquelle on croit ». Seulement le débat est « une situation dans laquelle il sera obligé d’agir comme un politicien traditionnel ».

Même Sports Illustrated y va de son commentaire sur le débat, à savoir si il va ruiner les parts de marché du célèbre Monday Night Football qui accueille ce soir, les Saints de New Orleans contre les Falcons d’Atlanta sur la chaîne cablée ESPN: « L’intérêt pour le débat dépasse tout ce que l’on a pu voir auparavant » explique l’un de ses dirigeants, qui prévoit seulement 10 millions de téléspectateurs, avec des revenus publicitaires très en deçà de la moyenne.
Au contraire, les chaînes qui retransmettent le débat auraient déjà toutes vendu leur espace publicitaire.

La mort d’Arnold Palmer
Tous les quotidiens rendaient ce matin hommage à Arnold Palmer, l’un des plus grands golfeurs de tous les temps, avec sept titres majeurs remportés à la fin des années cinquante et début soixante, et surtout l’homme qui a popularisé le golf aux Etats-Unis.

Google vous aide à voter
De nombreuses entreprises, associations, médias sociaux poussent les Américains et surtout les jeunes à s’inscrire et à voter cette année. Le dernier en date n’est autre que Google, qui propose sur sa page d’accueil d’accéder en un clic aux formalités d’inscription aux élections selon l’état dans lequel on se trouve.dew

 

Les cendres de Truman Capote, l’auteur de In Cold Blood et Breakfast at Tiffany’s qui reposent dans une boite en bois japonaise ont été vendues aux enchères à Los Angeles pour 43 750 dollars,