07.11.17

 

1. Un problème de santé

 

 

  • Pour le président Trump, l’auteur de la tuerie de Sutherland Springs avait « un très grave problème de santé mentale » qui n’a rien à voir avec les armes: Devin P. Kelley est passé devant une cour martiale pour avoir brisé le crâne de son enfant et tapé sa femme, et a été exclu de l’armée américaine à cause de problèmes de comportement. C’est parce que l’Air Force a oublié d’enregistrer cette condamnation dans son casier judiciaire qu’il a pu légalement se procurer une arme semi-automatique au Texas, avec laquelle il a tué 26 personnes et blessé une vingtaine lors de la messe dominicale.
    Au contraire, si deux riverains n’étaient pas intervenus avec leurs propres armes pour arrêter le suspect, « ça aurait pu être pire ». – NBC News

 

 

 

  • Comme à chaque nouvelle tuerie et pour insister sur l’absurdité de la réponse des politiques au problème de la violence des armes à feu, The Onion a publié le même article intitulé « La seule nation où cela arrive régulièrement affirme n’avoir aucun moyen de prévenir cela ».

 

  • Coup de bol: Stephen Willeford, qui a confronté, pourchassé et fini par neutraliser le tueur, travaille pour la NRA et est devenu en quelques heures le bon samaritain du pays et le meilleur argument de l’Association et des médias de droite pour discréditer les attaques de la gauche contre le Second Amendement. RedState

 

  • « Face au mal, la prière est la réponse la plus efficace et rationnelle » nous explique David French, chroniqueur de la conservatrice National Review. « S’il y a une chose qui ressort clairement de la vague des massacres aux Etats-Unis, c’est que nous avons besoin de Dieu pour avancer ».

 

 

2. Jour d’élections

 

  • C’est « Election Day » dans plusieurs Etats américains, dont celle des gouverneurs de Virginie et du New Jersey. Les enjeux sont particulièrement importants en Virginie où le suppléant du gouverneur démocrate sortant, Ralph Northam, est au coude à coude avec Ed Gillespie, un membre de l’establishment américain qui a adopté la rhétorique sécuritaire de Trump et qui pourrait bien crée la surprise avec le soutien du président.
    Une victoire à l’arrachée de Gillespie pourrait pousser d’autres candidats républicains à se ranger derrière le président et « America First ».
    Dans le New Jersey, le départ du gouverneur républicain Chris Christie, le plus détesté de l’histoire de l’Etat, pourrait désavantager le candidat de son parti, Kim Guadagno opposé à Phil Murphy, en tête des sondages.

 

  • Les autres élections doivent élire les maires de New York – la réélection de de Blasio est quasi-certaine – de Atlanta, Boston, Minneapolis, la Nouvelle Orleans, Pittsburgh, Seattle et Charlotte en Caroline du Nord – des villes qui sont toutes démocrates et qui devraient le rester

 

 

3. Le 8 novembre 2016 de l’intérieur

 

 

  • Un MUST READ – âmes sensibles s’abstenir – de Esquire sur la journée du 8 novembre 2016 racontée heure par heure par des personnalités du monde politique et médiatique (Tim Kaine, Steve Bannon, Maggie Haberman, Roger Stone) mais aussi des anonymes des deux bords.

 

  • C’est la victoire de Trump en Floride qui a fait basculer la soirée électorale en faveur de Trump et brisé tout le scénario élaboré par les médias et journalistes sur une large victoire de Clinton.
    Le seul à avoir toujours cru à la victoire de Trump, c’est Steve Bannon, qui n’aurait jamais douté de son candidat même après le scandale de la vidéo d’Access Hollywood. Maggie Haberman, qui intervenait hier soir à The Wing dans le cadre d’une discussion autour de la présidence de Trump a confirmé que personne dans le clan Trump ne s’attendait à une victoire.
  • Pas seulement dans le camp républicain: Les journalistes et rédactions, entre effroi, surprise et inquiétude, ont du revoir leur une et réécrire leurs éditos préparés depuis longue date censés  célébrer la première femme présidente.* « The Untold Stories of Election Day 2016. » Esquire

 

 

 

4. Les médias et Trump: Y’a encore du boulot

  • Les médias, journalistes et autres experts de la politique ont été vivement critiqués l’année dernière pour avoir donné Clinton gagnante et ignoré tous les « déplorables » qui ont choisi Trump pour président. Un an après, Margaret Sullivan, la chroniqueuse médias du Washington Post, dresse un bilan en demi-teinte du travail des journalistes, qui avaient pourtant promis de ne refaire les mêmes erreurs.

    Depuis les dernières élections, les médias nationaux se sont félicités d’un nouvel âge d’or de la responsabilité journalistique. Et ce n’est pas faux. Les scoops n’ont pas cessé, les recherches ont été intenses, et les résultats importants. Mais de l’autre côté, la presse est un peu passé à côté de la réalité. Trop souvent elle a succombé au chaos du président Trump, à ses mensonges, à ses menaces et à ses distractions quotidiennes.

    Au bout du compte, c’est Trump qui décide de ce que les médias parleront, « toute la journée et tous les jours, un flot constant de tweets hyperboliques, d’insultes, de simplifications et de vantardise ».
    Les journalistes restent obsédés par les faits et gestes du président et moins sur la politique de l’administration et de Washington qui, discrètement mais sûrement, est en train de changer le visage du pays.
    Comme le note Jay Rosen, un professeur de NYU, « Si on ne peux pas faire confiance à ce que dit le président, rapporter tout ce que dit le président est absurde ». Pourtant c’est ce que les médias continuent de faire chaque jour.

    * « Trump message of mistrust is sinking in, even in journalism’s new ‘golden age »The Washington Post

 

 

 

5. « Promethea Libre »

 

  • C’est l’histoire d’une jeune enfant extrêmement précoce qui a grandi dans la pauvreté, protégée par l’amour et l’attention d’une mère dévouée à l’avenir et au bien être de sa fille. Très isolée socialement, Jasmine est repérée lorsqu’elle participe à une émission consacrée aux petits génies et commence un programme universitaire qu’elle achève à l’âge de 13 ans à l’Université d’Etat du Montana, où elle va accumuler les diplômes sous un nouveau nom: Promethea Olympia Kyrene Pythaitha.

 

  • La jeune fille n’a jamais cherché l’attention, ni la célébrité – elle a refusé d’entrer dans les plus prestigieuses universités du pays – mais fascine beaucoup de gens, notamment dans la communauté grecque qui l’aide financièrement, à travers des dons, à poursuivre ses études. L’un d’entre eux, un retraité d’origine grecque septuagénaire va développer une obsession pour la jeune fille …
  • Une histoire dramatique, inspirante et humaine qui se termine par une rencontre entre le journaliste et Prométhea après un épisode dramatique.* « Prométhée Unbound »The Atavist

 

 

6. Harvey Weinstein, la suite

 

  • Le New Yorker publie cette semaine la deuxième partie de la longue et excellente enquête de Ronan Farrow sur l’armée d’espions engagée par Weinstein pour museler et intimider ses victimes.

    Au cours de l’été 2016, Harvey Weinstein a voulu mettre fin aux allégations de harcèlement et d’agressions sexuelles dont il faisait l’objet de la part de plusieurs femmes. Il a commencé à engager des agences spécialisées dans la sécurité privée pour collecter des informations sur les femmes et les journalistes susceptibles de dévoiler les accusations. (…) L’objectif des enquêtes, écrit noir sur blanc dans le contrat avec [l’une d’entre elles] Black Cube, signé en juillet, était d’empêcher le New Yorker et le New York Times de publier ces accusations contre Weinstein.

  • Deux enquêteurs utilisant une fausse identité [l’un d’entre eux s’est même fait passer un militant des droits des femmes] auraient rencontré Rose McGowan, l’une des victimes, pour lui soutirer des informations.* « Harvey Weinstein’s Army of Spies »The New Yorker

 

  • Weinstein était conscient de la gravité de ses actes et des menaces qui pesaient sur lui et a utilisé une fois de plus son pouvoir et son argent pour intimider ses victimes. Il est sous le coup d’une enquête de la police de New York et pourrait bien terminer en prison, ce qu’il mérite.

 

 

7. On vit une époque formidable

 

  • Donna Brazile, présidente par intérim du Comité National Démocrate entre juillet 2016 et février 2017 a sorti un livre « Hacks » dans lequel elle affirme que Clinton aurait influencé le parti lors des Primaires démocrates grâce à l’argent récolté lors des collectes de fond de la candidate, contre ses adversaires, Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Mais il n’existe aucune preuve de trucage comme beaucoup de médias de droite et le président l’ont avancé.

 

  • « Paradise Papers »: Robert Mercer, le milliardaire américain financier de l’alt-right (Steve Bannon, Breitbart, Milo Yiannopoulos), devenu en quelques années l’une des personnalités les plus influentes de la droite conservatrice « a construit une caisse occulte de 60 millions de dollars pour servir la cause conservatrice dans la fondation familiale en utilisant un investissement offshore pour échapper au fisc américain ». The Guardian

 

 

8. A Voir

 

  • « Inside the Paradise Papers Investigation ». « Vice News Tonight » a suivi pendant un an le travail des reporters du Guardian, du New York Times et du Süddeutsche Zeitung, sur les « Paradise Papers », en référence au bureau d’avocat situé dans les Bermudes d’où parviennent ces fuites.
    13,4 millions de documents détaillant les activités offshore des personnalités et entreprises les plus riches du monde » ont été diffusés par le Consortium international pour le journalisme d’investigation, basé à Washington, qui avait déjà travaillé sur les « Panama Papers » et qui les a reçu du Süddeutsche Zeitung.
    380 journalistes sur six continents différents ont collaboré sur ce projet. 
    Tout ce qu’il faut savoir dessus sur CNN

 

  • « Rolling Stone. A Story from the edge. » A l’occasion des cinquante ans du magazine, qui vient d’être vendu, HBO à consacré un documentaire en deux parties sur son histoire et son impact sur la culture – et contre-culture – américaine

 

 

 

9. Couverture du Jour

 

 

  • La dernière couverture du New Yorker, réalisée par Jenny Kroik, est un hommage aux bookstores de New York City, et le plus fameux d’entre, Strand, situé Downtown Manhattan.

27.10.17

 

1. SERIAL KILLER EN FLORIDE

 

  • Le serial killer de Tampa
    Pas sûr que les habitants de Tampa Bay en Floride aient envie de fêter Halloween ce week-end, et pour cause: Trois meurtres ont eu lieu depuis le mois d’octobre dans le même quartier de Seminole Heights avec le même modus operanti sur des victimes qui n’ont aucun lien entre elles. Cette année peu de maisons sont décorées, la police a demandé aux habitants de laisser leurs terrasses allumées, et des renforts devraient être déployées pour que les enfants puissent « Trick or Treat » en toute sécurité.
    Entre temps, de nouvelles vidéos d’un seul et unique suspect ont été diffusées par les autorités qui attendent l’aide de la population. Tampa Bay Times

 

 

 

 

  • Le Département de police de Chicago a été condamné à verser 44 millions de dollars de dommages et intérêts à un ancien flic, blessé d’une balle dans la tête par son coéquipier après une nuit de beuverie, et que ce dernier a tenté de faire passer pour un suicide. « Parce que le jury a noté que le CPD a des problèmes latents de discipline avec ses officiers, et n’a pas réussi à prévenir ce genre de dérapages, la ville de Chicago devra payer l’amende en plus des frais d’avocats du plaignant ». Oui, « justice a été rendue », mais à « quel prix » pour la ville et ses contribuables…Chicago Tribune

 

 

2. L’URGENCE DE SANTE PUBLIQUE

  • Comme prévu, le président a officiellement annoncé hier que la crise des opiacés sera désormais traitée comme une « urgence de santé publique »: sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement va lancer une immense campagne de publicité pour convaincre les jeunes de ne pas toucher à la drogue: « Si tu apprends aux jeunes à ne pas consommer de la drogue, c’est très facile de ne pas en prendre » – sauf que les trois quarts des consommateurs d’héroïne ont commencé avec des anti-douleurs prescrits par leurs médecins. Pendant son discours, le président a évoqué l’alcoolisme de son frère aîné, dont il est mort en 1981 à l’âge de 43 ans, un évènement « traumatisant » qui l’a poussé à ne plus consommé une cigarette ou boire de l’alcool depuis. C’est l’une des rares fois où l’on a pu voir Trump évoquer un drame familial.
    Axios

     

  • Même si les médias relayent depuis des mois l’intensité de la crise, que le gouvernement vient de prendre des mesures symboliques nécessaires pour la confronter, la crise des opiacés continue sa progression: les Américains représentent 4,4% de la population mondiale et consomment 30% de la production totale des opiacés. Vox

 

  • Si les anti-douleurs prescrits par les médecins ont déclenché cette crise il y a vingt ans, la plupart des morts par overdoses sont causés par le Fentanyl, un opiacé de synthèse ultra-puissant mélangé avec de l’héroïne The New York Times

 

  • Hier, les autorités fédérales américaines ont arrêté le fondateur de la compagnie pharmaceutique Insys Therapeutics, John Kapoor, accusé d’avoir soudoyé des médecins pour qu’ils prescrivent leur médicament, le Subsys, qui contient du Fentanyl, généralement utilisé pour des malades atteints du cancer, à des patients qui n’en n’avaient pas besoin. Fortune

 

 

 

3. SNAPCHAT, LE RESEAU SOCIAL A VISAGE HUMAIN

 

  • La compagnie aux 173 millions d’utilisateurs quotidiens, dont l’action a baissé de moitié depuis sa capitalisation en mars dernier, a échappé aux scandales des fake news et autres ingérences russes pendant la campagne présidentielle et qui ont entaché depuis la réputation Facebook, Google et autres Twitter.
     

    Le secret? « Les humains » explique Nick Bell, le VP du contenu de Snapchat,
    « Nous ne travaillons qu’avec des médias crédibles et reconnus, et nous travaillons également un nombre important de producteurs, de créateurs et de journalistes ».

    Alors que Facebook brouille délibérément les frontières entre les mises à jour de statuts, articles, et publicités, qui sont toutes comprises dans le fil d’information géré par des algorithmes, celui de Snapchat est plus classique: La section actualité appelée « Discover » est limitée à du contenu créé par des professionnels y compris des chaînes tenues par des médias traditionnels (…)
    La plupart des revenus de Snapchat proviennent de publicités qui apparaissent dans des vidéos réalisées par des annonceurs, et la compagnie pense que le contenu fiable sera plus attractif pour le lecteur et les annonceurs.

     
    Amen.
    * « How Snapchat Has Kept Itself Free of Fake News »Businessweek

 

 

4. WEINSTEIN: LES LIMITES DU « NOTEBOOK DUMP »

  • Hier soir, je suis tombée sur un article du Washington Post intitulé « Pour les hommes, c’est le moment de se rendre compte. Les langues se délient. Qui sera le prochain » avec le montage photo de deux violeurs (Harvey Weinstein, Bill Cosby), trois pervers (Bill O’Reilly, Mark Halperin et Leon Wieseltier) et … Elie Wiesel, l’un plus des plus grands écrivains et philosophes américains, mort l’année dernière à l’âge de 87 ans.
    Je me suis empressé de lire l’article pour savoir quelles étaient les accusations lancées contre lui:

     

    Même George H.W. Bush et Elie Wiesel. Elie Wiesel! Une auteure Jenny Listman a expliqué cette semaine que l’écrivain, un survivant de l’holocauste et prix Nobel de la Paix, avait une fois, lors d’un évènement, posé [avec elle] et laissé sa main descendre jusque sur ses fesses »

     
    Le quotidien parle de « mains baladeuses » pour qualifier le geste de Wiesel. Pareil pour George W. Bush, accusé d’agression sexuelle pour avoir touché les fesses d’une actrice. Pour se justifier de parler de Bush et de Wiesel dans le même article que Weinstein et Cosby, les journalistes expliquent:
     

    Tous ces hommes ont eu tort. Maintenant est-ce qu’ils sont diaboliques? Les accusations se multiplient, et il faut maintenant savoir les différencier.
    En journalisme, on appelle ça le « notebook dump » qui consiste à mettre à plat tout ce qu’on lu, entendu, observé. Certains choses ne feront pas l’objet d’un article d’autres, si.

    Les Américaines sont en train de réaliser leur propre « notebook dump » dans des proportions sans précédent, révélant des anecdotes qu’elles ont gardé depuis l’enfance.

     
    Avant de finir en disant que « certains hommes ont besoin d’être éduqués, d’autres emprisonnés ».
    * « Who’s Next? A moment of reckoning for men – and the behavior we can no longer ignore »The Washington Post

 

  • Andrea Ruth de la revue conservatrice RedState n’a pas apprécié les accusations lancées contre Bush #41:
     

    Quand la nouvelle est tombée sur les abus sexuels, agressions et viols, commis par Harvey Weinstein plus tôt ce mois-ci, on n’a pas dû attendre longtemps pour que quelqu’un utilise le terme d’agression pour quelque chose de tellement inoffensif que ça finit par desservir ceux qui ont été effectivement agressés sexuellement.

 

 

5. FORT BOTOX

  • Businessweek consacre sa une au botox, cette substance miracle qui rajeunit les traits du visage, qui a généré 3 milliards dollars de revenus à l’entreprise pharmaceutique Allergan l’année dernière et qui est fabriqué avec l’une des substances les plus toxiques: la toxine botulique, produite par la compagnie est « une protéine dont les propriétés neurotoxiques en font le plus puissant poison connu » (Wikipedia) qui peut aussi servir d’arme chimique redoutable d’où les mesures de sécurité extrêmes et de confidentialité prises pour son transport, son stockage et sa gestion. 
    La journaliste a eu le privilège d’entrer à Fort Botox, et son aventure vaut le détour.
    * « The Wonder Drug for Aging (Made From One of the Dealiest Toxins on Earth) »Businessweek

 

 

 

6. ON VIT UNE EPOQUE FORMIDABLE

 

  • Selon une enquête de UCLA réalisée auprès de 1 535 enseignants: 79% d’entre eux rapportent que les élèves sont inquiets de leur bien-être et celui de leur famille à cause de l’actualité (immigration, santé, LGBTQ), 50% que plus d’étudiants sont angoissés et stressés. 27% affirment entendre davantage de remarques déplacés en cours – NPR

 

 

 

7. COUVERTURE

 

 

  • C’est la cover story de The Economist cette semaine, le règne sans partage de Vladimir Poutine sur la Russie:

    Dix-sept ans après être devenu président, son emprise sur la Russie n’a jamais aussi importante (…)
    Les réformateurs libéraux et traditionalistes conservateurs à Moscou parlent de lui comme le tsar du XXIème siècle. M. Poutine a gagné ce titre en sortant le pays du chaos des années 90 et lui en donnant une place sur la scène internationale. Alors que le centenaire de la révolution d’octobre approche, la pensée désagréable que M. Poutine à également les faiblesses du Tsar a fait surface (…)
    M. Poutine n’est pas le seul autocrate au monde. La domination autoritaire individuelle s’est répandue partout dans le monde ces quinze dernières années, souvent, comme Poutine, construit sur la base fragile d’une démocratie manipulée dans lequel le vainqueur emporte tout. C’est un pied de nez au libéralisme triomphant qui a suivi l’effondrement de l’Union Soviétique.

     
    * « A Tsar is born »The Economist

 

 

15.10.17

 

1. « The Unexpected Addict »

 

 

  • Le 03 août dernier, le Birmingham News lançait sur son site internet un appel pour localiser des proches d’April Nicole Carpri, une femme de 34 ans, dont le corps, retrouvé mort chez elle trois semaines plus tôt dans la ville de Elsen, était disponible pour être enterré.
    Deux mois plus tard, elle est en une du même quotidien d’Alabama sous le titre « The Unexpected Addict » ou « comment l’héroïne a détruit une conseillère en toxicomanie ».
     

    Ses amis ont toujours du mal à comprendre comment Capri a terminé dans une tombe anonyme. Il y a seulement quatre ans, cette diplômée de l’Université d’Alabama avait un métier, une maison en banlieue, un mari et un enfant. Elle a tout perdu à cause de l’héroïne alors qu’elle a réussi à ce que de nombreux patients en décrochent. Carpri est l’une des 150 personnes mortes cette année dans le comté de Jefferson d’une overdose de drogue. La plupart causée par de l’héroïne ou du fentanyl, un puissant opiacé de synthèse.

    * « The Unexpected Addict: How Heroin destroyed an Alabama drug counselor » – The Birmingham News

 

  • Une énième de l’épidémie d’opiacés qui frappe le pays depuis des années et provoqué la mort de 62 000 en 2016.

 


2. Facebook et la démocratie américaine

 

 

  • L’introduction de Mike Allen/Axios avant son interview avec la COO du groupe, Sheryl Sandberg en dit long:
     

    L’histoire de la décennie ressemble à un roman: Un ennemi des Américains a cherché à manipuler notre écosystème de médias sociaux, qui n’est soumis à aucune régulation, pour tenter d’influencer le cours des élections et faire élire comme président une ancienne star de la télé-réalité, obsédée par Twitter – dans ce qui restera l’une des plus grandes surprises de l’histoire des Etats-Unis.

 

  • The Atlantic prend le relais avec une excellente analyse de ce que « Facebook a infligé à la Démocratie américaine » et « pourquoi ce phénomène était si difficile à anticiper ». Plusieurs facteurs entrent en jeu:
    Dès 2012, une étude a montré qu’une initiative de Facebook (« Get out the Vote » qui visait à inciter les jeunes à voter) pouvait avoir des répercussions électorales importantes, surtout dans le cadre du collège électoral des Etats-Unis dans lequel un petit nombre d’Etats ont un impact disproportionné sur le résultat à l’échelle national. Même si la compagnie s’est toujours défendue d’être neutre et de ne pas utiliser ses produits pour influencer le vote des électeurs, d’autres s’en sont chargés à leur place.

    Le fil d’informations de Facebook qui fonctionne comme un « journal personnalisé » empêche les internautes de confronter leurs opinions à celles différentes des leurs ce qui tend à créer une « bulle de filtrage » qui rend impossible tout débat national. L’équipe de Trump en charge de la campagne numérique a brillamment utilisé ces deux facteurs: Elle a dépensé 70 millions de dollars de publicités sur Facebook lors des quatre derniers mois de campagne, en diffusant des centaines de milliers de pages d’informations et de désinformations, destinés à des populations ultra-ciblées – qui les a rendu difficile à identifier. Sachant que Facebook est aujourd’hui le leader dans la distribution d’informations, l’impact a été total.
     

    Le problème n’est pas qu’un Républicain ait battu un Démocrate, c’est est que les fondements du système électoral – les nouvelles que les gens voient, les évènements auxquels ils croient, les informations qu’ils lisent – ont été déstabilisés.

    * « What Facebook did to American Democracy » – The Atlantic

 

 


L’économie du Dollar Store

 

  • Dans un pays de plus en plus fracturé économiquement entre les grandes villes et les côtes riches et dynamiques et l’intérieur pauvre, déserté et malade, les « dollar stores », ces grandes surfaces à très bas prix, apparaissent un peu partout dans les régions les plus défavorisées, les zones rurales de l’intérieur du pays, comme Dekatur, une petite ville de mille habitants située dans l’Arkansas, où même Walmart, la plus importante chaîne de supermarchés à du fermer ses portes.
    Les deux chaînes les plus importantes, Dollar General, (14 000 magasins à travers les Etats-Unis) et Dollar Tree (plus de treize mille enseignes) dépassent à elles deux les 22 375 magasins de CVS, Rite Aid et Walgreens, les plus grandes chaînes de pharmacies américaines.
     

    « Les dollar stores parient sur le fait que nous allons avoir une classe pauvre permanente aux Etats-Unis » explique Garrick Brown, directeur de la recherche sur les ventes à la société Cushman & Wakefield. « On part du principe que les emplois ont disparu, qu’ils ne reviendront jamais, et que les choses ne s’arrangeront pas dans ces endroits.

     
    Dollar General, qui compte ouvrir un millier de nouveaux magasins cette année dans le cadre d’une stratégie d’expansion de 22 milliards de dollars dans les communautés rurales et pauvres, représentent « non pas un déclin mais un renouveau économique, ou du moins une survie » pour ses habitants.

    * « Dollar General Hits a Gold Mine in Rural America »Businessweek

 

 


Hollywood: What & Who’s next?

  • Le problème du harcèlement sexuel était jusqu’ici l’un des secrets les mieux gardés à Hollywood où la mentalité de producteurs comme Weinstein est, de son propre aveu, ancrée dans les années soixante-dix où tout était soi-disant permis – Roman Polanski le paye toujours.
    D’autres têtes devraient tomber, les complices dénoncés, mais c’est peut-être et enfin le signal d’un changement drastique de comportements à Hollywood vis-à-vis des femmes – The Los Angeles Times

 

  • Des enquêtes ont été ouvertes à New York et à Londres pour corroborer les témoignages des plus récentes victimes.
  • Le frère de Harvey Weinstein, Bob Weinstein pourrait être lui aussi viré de la compagnie qui pourrait rapidement tomber en banqueroute si ses projets, comme ceux commencés avec Amazon, étaient suspendus.

 


A VOIR:

    • Le documentaire de Netflix sur l’écrivaine et essayiste américaine « Joan Didion: The Center Will Not Hold » dont les écrits provocateurs dans les années 70 et 80 sur des sujets de société ont inspiré des générations de jeunes Américains.

  • Le documentaire de l’excellente émission d’investigation Frontline de PBS sur « la guerre contre l’EPA » mené par son directeur, le climatosceptique Scott Pruitt, contre les lois de protection de l’environnement mises en place par Barack Obama ces huit dernières années.

 

 


La Couverture du Jour

 

  • L’homme le plus puissant au monde n’est pas Donald Trump mais Xi Jinping, le président chinois, écrit The Economist dans son éditorial de cette semaine.
    Selon le magazine, certes, l’économie chinoise reste derrière les Etats-Unis qui disposent également de la plus importante armée au monde, mais « le leader du monde libre s’entend mal avec les autres leaders étrangers et est incapable d’imposer son agenda politique à la maison ».
    Au contraire, le président du plus grand Etat autoritaire plus de succès à l’étranger. Son contrôle sur la Chine n’a jamais aussi puissant depuis Mao, qui gouvernait un pays chaotique et très pauvre. M. Xi est l’un des moteurs de l’économie mondiale.* « Xi Jinping has more clout than Trump. The World should be wary » – The Economist
     

12.10.17

 

Calamité

  • Les violents incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, et ses immenses vignobles, en début de ce semaine ont été les plus meurtriers de ces dernières décennies avec 31 morts, des centaines e blessés et 400 disparus. 
     

 


L’interview

 

  • Donald Trump a donné une interview à son ami et fervent supporter, Sean Hannity, devant une foule de « deplorables » mercredi soir, diffusée sur Fox News
  • Il y a réitéré l’idée de retirer à la chaîne NBC News son autorisation de diffusion, une énième attaque contre la liberté d’expression critiquée par la gauche et la droite, et notamment le sénateur républicain Ben Basse, qui lui a demandé s’il avait décidé de rompre le serment prêté le jour de son investiture, celui de protéger la Constitution américaine et le Premier Amendement.
    Donald Trump oublie trop souvent qu’il est le président de tous les Américains et qu’il doit en tant que tel, accepter et non pas attaquer ou essayer de censurer les critiques: Il veut toujours avoir raison, quel que soit l’adversaire et gagner à tout prix, quel qu’en soit le prix.

 

 


Obamacare saboté

 

  • Devant l’incapacité du Sénat à abroger et remplacer Obamacare, Trump a annoncé hier soir qu’il allait signer un décret présidentiel, le 49ème depuis son investiture, visant a diversifier les offres d’assurance qui ne seront plus soumises aux conditions strictes de l’Affordable Care Act et geler les subventions destinées aux assureurs, qui permettaient de rendre les prix des cotisations abordables pour les plus démunis.
     

    • Il sera désormais possible de souscrire des assurances moins chères qui offrent moins de services en dehors de ceux offerts par Obamacare, jusqu’ici disponibles pour les petites entreprises uniquement, destinés aux jeunes individus en bonne santé. Si tous les jeunes se retirent du marché des assurances d’Obamacare, fondé sur un système de solidarité qui aide à financer les frais des plus âgés, les frais d’assurance de ces derniers vont exploser.
    • Trump veut également saboter Obamacare en gelant toutes les subventions visant à promouvoir le programme, ce qui représente des dizaines de milliers d’emplois, et envisagerait de faire fermer temporairement le site de l’Affordable Care Act.

 


La NRA s’entête

 

  • Dix jours après la tuerie de Las Vegas, la pire de l’histoire moderne du pays qui a fait 59 morts, la NRA a annoncé qu’elle s’opposait à une législation du Congrès qui interdirait la production, la possession et le transfert des « bump stocks« , ces appareils qui permettent à des armes semi-automatiques, autorisées, de tirer en rafale, comme des fusils d’assaut, interdits à la vente. C’est une loi qui « va trop loin » selon la NRA, opposée fermement à ce qu’une loi soit votée contre les armes à feu, et préférant que l’ATF (Le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) mette en place des règles plus drastiques concernant la vente de ces dispositifs – or l’ATF avait conclu en 2010 que les bump stocks n’étaient soumis à aucune régulation. – The Hill

 

 


#ROSEARMY

 

  • Rose McGowan, l’une des victimes de Weinstein, qui dénonce sans relâche depuis une semaine le silence et la complicité d’Hollywood, s’en est pris personnellement à Ben Affleck sur Twitter après que ce dernier ait tardivement condamné le producteur et prétendu ne jamais avoir rien su. 
  •  

  • Après une suspension temporaire de 12 heures sur Twitter pour avoir communiqué un numéro de téléphone – provoquant la colère des internautes et de Jennifer Chastain d’autant que Trump avait la même chose sans répercussion il y a quelques années – Rose est repartie de plus belle en s’attaquant aux complices de Weinstein, à tous qui n’ont rien fait ou rien dit et qui ont volontairement, laisser le producteur harceler des jeunes femmes pendant des décennies.

    Cet après midi, elle a affirmé avoir perdu un contrat pour une série avec Amazon parce qu’elle avait demandé à la compagnie de ne pas travailler avec Weinstein en expliquant à l’un des producteurs, Roy Price, qu’il l’avait violé. Ce dernier, qui n’avait pas jugé l’histoire de McGowan crédibles à l’époque, a été suspendu cet après midi pour d’autres accusations de harcèlement sexuel. L’actrice a demandé à Jeff Besos d’arrêter de « financer des violeurs, des pédophiles et des harceleurs sexuels. » – The Los Angeles Times

 

  • Un a été lancé à partir de ce soir minuit pour protester contre « les voix des femmes réduites au silence ». L’analyse de Buzzfeed sur cette décision

 


Weinstein, le déni complet

 

  • Après les révélations des accusations de harcèlement et agressions sexuelles contre Harvey Weinstein dans le New York Times la semaine dernière, on s’attendait à ce que les langues se délient et que d’autres femmes brisent le silence. Mais on était loin d’imaginer un scandale d’une telle ampleur à cause du nombre de victimes, une trentaine de femmes à ce jour, et du statut de star de certaines d’entre elles, comme Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow, ce qui prouve le climat délétère qui doit régner dans ce microcosme soi-disant glamour.

 

  • A VOIR: Samantha Bee s’en est donné à coeur joie dans son émission hebdomadaire hier:

    Arrête ton char, le Cosby blanc. N’accuses pas les années soixante et soixante-dix pour tes terribles prises de décisions. C’est du harcèlement sexuel en série, et pas un tatouage de singe (…) La prochaine fois que tu as besoin de te masturber, demandes toi juste « Est-ce que je suis devant une employée ou une collègue » And si la réponse est oui, ne le fais pas, tout simplement

     

  • Weinstein continue de nier les faits et qualifie les agressions sexuelles d’actes sexuels consentis et les harcèlements de mensonges. Il ne serait pas en « très bonne forme » ces derniers jours et serait entré dans un centre de soin en Arizona hier.

 

  • La polémique continue entre Ronan Farrow​ et NBC News​ qui a refusé de publier son enquête de dix mois qu’elle lui avait commandé sur le producteur, dans laquelle il révélait les viols, agressions sexuelles et harcèlements commis sur une dizaine de femmes – l’investigation a fait un carton cette semaine dans le New Yorker​. – The New York Times

 


La couverture du Jour

 

  • Le Time a mis Weinstein en couverture de sa dernière édition: « Producteur. Prédateur. Paria. » Mais comme dirait Anthony Bourdain, ancien chef et auteur à succès, dont la campagne, Asia Argento, a elle aussi été victime de Weinstein à la fin des années 90, « est-ce qu’on pourrait tout simplement parler de violeur? »
     

 

 

11.10.17

 

La déchéance continue

 


 

  • Les témoignages sur les harcèlements et agressions sexuelles qu’aurait commis Harvey Weinstein, l’une des personnalités les plus influentes d’Hollywood sur des actrices, mannequins et assistantes s’accumulent depuis la publication d’une première enquête publiée la semaine dernière dans le New York Times; le quotidien a publié hier les témoignages accablants de personnalités aussi célèbres que Angelina Jolie ou Gwyneth Paltrow.
    Le prédateur semblait choisir de jeunes filles méconnues qu’ils menaçait si elles osaient parler.

 

  • Weinstein a réussi pendant des années à faire pression sur ses victimes, ses collègues et sur quiconque oserait publier des révélations sur ses agissements tout en continuant à harceler et agresser de nouvelles proies.
    Ronan Farrow qui travaillait depuis plusieurs mois sur les rumeurs concernant le producteur affirme que NBC aurait refusé de publier son enquête explosive qu’il a finalement proposé au New Yorker, et suggère que la chaîne aurait subi des pressions, tout comme le journaliste, que Weinstein a personnellement menacé de poursuivre.
    Sachant que Weinstein réclame au New York Times 50 millions de dollars pour diffamation – après la publication de l’article qui l’a finalement fait tomber – on a peu de doute sur les propos de Farrow.

 

  • La prochaine étape de ce scandale: ceux qui ont laissé agir impunément cet homme pendant tant d’années. – Vox

 


La croisade de Bannon

 

  • Depuis qu’il a quitté son poste de conseiller du président, Steve Bannon a entamé une croisade contre l’establishment du Parti Républicain qu’il veut détruire – « Personne n’est à l’abri, on va s’attaquer à tout le monde » – et remplacer par ses propres candidats: « une coalition de populistes, conservateurs et libertariens », partisans d’une droite dure, loyale envers le président et fidèle à son programme « America First ».

 

  • Bannon a tout pour réussir: il est à la tête de Breitbart, le site alt-right qui cartonne auprès de la base électorale de Trump, il dispose du financement illimité de la famille Mercer, il croit sincèrement au principe de nationalisme économique défendu par le président et vient juste de remporter une victoire décisive en Alabama en soutenant Roy Moore, l’outsider contre le candidat officiel du parti, Luther Strange.

 

  • L’intégrité du parti républicain, très affaibli par son incapacité à faire passer des lois et constamment attaqué par le président, est menacée mais avec les deux majorités du Parlement, il reste le seul garant du succès des grandes réformes promises par Trump. Le président ne peut pas s’aliéner sa majorité qui pourrait finalement profiter aux Démocrates aux élections de 2018

 

  • Le mouvement politique de Bannon est similaire à celui du Tea Party après l’élection d’Obama sauf que ce dernier s’est transformé en un groupe parlementaire et n’a pas réussi à convertir le reste du parti républicain. Ce qui fait dire à certains représentants républicains que le phénomène Bannon pourrait bien s’affaiblir ces prochains mois …
    A voir…

 


Le Clean Power Plan est mort …

 

  • L’une des mesures phares de Barack Obama contre le réchauffement climatique – une limitation drastique des émissions de dioxyde de carbone et des subventions destinées aux compagnies productrices d’énergies renouvelables et propres – vient d’être abandonnée par l’Agence de Protection de l’environnement.

 

  • Son directeur, Scott Pruitt, un climatosceptique soutenu par une majorité de Républicains, explique avoir pris cette mesure – qui va à l’encontre du protocole de Kyoto et du traité de Paris adoptés par l’ensemble de la communauté internationale, car elle n’avait selon qu’un objectif: La ruine de l’industrie minière.
    Pour les républicains, la question du changement climatique reste un problème national – qui ne devrait pas se soumettre aux principes de traités internationaux – et surtout partisan, qui serait utilisé par la gauche pour tenter de réorganiser le secteur de l’énergie aux Etats-Unis. Un argument absurde puisque l’industrie minière n’a jamais été aussi faible et que les énergies renouvelables sont l’un des secteurs les plus dynamiques du pays.

 

  • Le dernier argument apporté par la revue conservatrice National Review est juste hallucinante: selon elle, les électeurs américains, à travers leurs élus, ont eu plein d’opportunités de limiter les émissions de dioxyde de carbone pour limiter le changement climatique mais le Congrès n’est jamais passé à l’acte, donc ce n’est pas au président d’en décider autrement.
    Annuler le Clean Power Plant répond davantage à une question de principe, limiter les pouvoirs de l’agence fédérale et du président pour laisser le Congrès décider quitte à ce qu’il ne prenne aucune décision, qu’à une protection de l’environnement.* « Goodbye, Clean Power Plan »National Review

 

 


Vive le Clean Power Plan est mort …

  • Légalement, les conditions imposées aux Etats par le Clean Power Plant peuvent être annulées mais ça peut prendre des années avant qu’elles disparaissent complètement: Ces dernières années, les compagnies d’électricité ont fait des choix structurels qui vont davantage vers les énergies renouvelables, les centrales électriques et autres parcs éoliens plutôt que vers l’exploitation minière et ces investissements mettront des années à porter leur fruit ce qui rend leur abandon peu probable.
    L’industrie est déjà en train d’adhérer à des alternatives plus propres et moins chères que les centrales au charbon même sans la pression du gouvernement fédéral.
    * « Trump administration Formally Proposes to Rescind Obama’s Clean Power Plan »Businessweek

 

 


On vit une époque formidable

 

  • Deondre Harris, un afro-américain roué de coups par des suprémacistes blancs lors de la manifestation d’extrême droite et néo-nazie à Charlottesville, a été inculpé par un juge de la ville pour coups et blessures – qu’il a asséné pour se défendre. L’avocat du plaignant, Harold Ray Crews, serait allé directement demandé la décision auprès du juge sans attendre les résultats de l’enquête de police, qui prouverait que le « nationaliste du sud » n’a pas été blessé.
    La vidéo du passage à tabac de Harris a permis d’identifier deux des six agresseurs. Les réactions devraient s’accumuler contre ineptie – The Washington Post

 

  • Entre 30 et 40% des pompiers qui combattent les incendies de forêts en Californie sont des … détenus. Ils sont été condamnés pour des peines légères et se sont portés volontaires pour travailler en dehors de la prison, et gagnent deux dollars de l’heure lorsqu’ils sont en exercice. La Californie est l’Etat qui le plus recours à ce programme avec quelques quatre mille participants qui lui permettent d’économiser 80 millions de dollars par an.

 

  • Lors d’une réunion des représentants de la sécurité nationale l’été dernier, Trump a demandé que l’arsenal nucléaire des Etats-Unis – à son niveau le plus bas depuis les années – soit dramatiquement augmenté, « pour ne plus être au niveau le plus bas » sans aucune idée des conséquences au niveau international, ni de l’état de actuel de l’armée qui n’a jamais été aussi puissante. Aucune augmentation n’a néanmoins été prévue.
    C’est à la suite de ce meeting que Tillerson a qualifié le président de « moron » – NBC News

 

  • Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, qui défendait la liberté d’expression des joueurs il y a deux semaines, a changé d’avis, sans doute à cause des audiences en baisse des matches de football et du faux coup d’éclat de MIke Pence dimanche dernier, et affirmé dans une lettre envoyée aux propriétaires des équipes, que « comme beaucoup de supporters » le pensent, « les joueurs devraient respecter l’hymne national ». Il semble que les menaces de Trump aient finalement porté leurs fruits
    The New York Times

 

 

 


La couverture du jour

 

 

  • C’est la énième couverture sur Trump mais l’interview effectué par Randall Lane, le rédacteur en chef de Forbes donne une bonne idée du caractère de Trump et de sa manière de diriger le pays et de gérer les problèmes, en gros en dehors des réalités.
     

    « Les nombres importants ont toujours attiré Trump, qu’ils soient vrais ou non »

    Il a numéroté les étages de la Tour Trump pour qu’elle paraisse plus haute, est obsédé par l’audience de The Apprentice et a menti sur la superficie de son penthouse. Tout cela explique l’inexplicable – le besoin d’exagérer la taille de la foule ou insulter celui qui va sortir des sondages défavorables.Les entreprises américaines ont largement adhéré les mégadonnées … mais Trump s’est vanté pendant des décennies de conduire ses propres recherches – anecdotiques – et puis achète ou vend en suivant son instinct. Les nombres ne sont là que pour justifier son flair.

     

    Il gouverne exactement de cette manière, en soutenant les promesses de campagne qui défient toute logique

     

  • * « Inside Trump’s Head: An Exclusive Interview With the President, And the Single Theory That Explains Everything » – Forbes

10.10.17

 

1. Cali brûle 

 

  • Les images des comtés ravagés de Napa, Mendocino et Sonoma, dont la plus importante ville Santa Rosa semble avoir été incinérée, révèlent l’étendue des dégâts des incendies qui se sont déclarés dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord de la Californie et provoqué la mort de dix-sept personnes, de centaines de blessés, 180 disparus et du départ précipité à pied et en voiture de vingt mille habitants.
  •  

  • Les incendies, aidés par des vents violents soufflant à plus de 80km/hr ont ravagé 46 000 hectares de forêts, zones habitables (deux mille habitations, commerces) et les centaines de vignobles de Napa Valley.
    Ce sont les feux les plus destructeurs que l’historie de la Californie. L’état d’urgence décrété hier par le gouverneur Jerry Brown est maintenu.
  •  

  • Aucune mention du président sur cette autre catastrophe naturelle aux implications économiques importantes, puisque les vignobles de Napa Valley sont directement menacés

 


Le Day Care de Washington

 

  • L’échange salé entre le président et le sénateur du Tennessee Bob Corker dimanche reste « the talk of the town » à Washington, et si la plupart des parlementaires et sénateurs républicains appellent au calme (« cool it off »), aucun n’a condamné les propos de leur confrère.
    Comme à chaque polémique, les proches de Trump en ont profité pour donner des leçons de morale (Kellyanne Conway, Sarah Sanders) et Bannon a même appelé à la démission du sénateur.

 

  • Le comité éditorial du Wall Street Journal, l’un des rares médias à ne pas être considéré comme « fake news » par la Maison Blanche, a défendu les propos de Corker qui disait du président après les évènements de Charlottesville cet été qu’il « n’avait montré jusqu’ici aucune preuve de stabilité, ni de compétence » et qu’il devait adopter ces qualités s’il voulait réussir – des commentaires qui expliquent en partie la dispute de ce week-end.
     

    Ces hommes et femmes soutiennent la politique du président, du moins la plupart, et ils continuent de travailler pour la bonne cause et celle de leur pays. Ce qu’ils redoutent et veulent éviter, c’est le manque de discipline du président, ses excès d’humeur, son narcissisme et l’habitude de traiter les leaders étrangers comme s’ils s’agissait de Rosie O’Donnell.

    * « The Truth about Trump and Corker » – The Wall Street Journal

 

 


 

Comment rivaliser avec les géants Google et Facebook?

 

Data: eMarketer; Note: 2017 values projected; Chart: Andrew Witherspoon / Axios

 

  • Comment les médias peuvent-ils rivaliser avec les mastodontes Facebook et Google qui se partage littéralement les revenues publicitaires et l’offre de contenu en ligne sur le marché américain?  – Axios :
     

    La réalité est que nous avons laissé ces plateformes se développer pendant tellement longtemps, que n’importe quelle autre compagnie devra batailler ferme et longtemps avant qu’elle ait assez d’influence pour pouvoir les concurrencer

     

  • Le chemin va être long et difficile et ce sont sans doute les erreurs de ces compagnies, comme celles d’avoir favorisé l’élection de Trump ou laissé les Russes acheter des publicités pour influencer le cours de la campagne présidentielle en 2016, qui pourraient internautes et annonceurs à directement s’adresser aux autres médias.
     
    En attendant, les différentes stratégies consistent à:

    • Continuer de publier des articles critiques à l’encontre de ces plateformes pour pousser les politiques à limiter leur pouvoir et influence.
    • En essayant d’être moins dépendant de ces plate formes – Le New York Times, le Guardian, Quartz et Forbes ont abandonné les « Instant Articles » de Facebook, et même s’ils continuent d’y investir pour sponsoriser leur contenu, les engagement générés par ce genre de contenu « web » (avec le lien vers le site hôte) sont en baisse contrairement aux photos et vidéos.
    • De la même manière, Netflix est devenu l’ennemi public numéro des plateformes de streaming et autres chaînes câblées qui retirent leur programme pour aller vers Hulu ou créer leur propre réseau.

 
 


Le chemin de croix de Zuck

 

  • Depuis que la compagnie a été accusée d’avoir fait gagner Trump le 08 novembre dernier et après une rentrée marquée par des révélations toujours plus incriminantes, Zuckerberg met tout en oeuvre pour réparer ses erreurs: un message personnel bidon après Yom Kippour, le recrutement d’un millier d’employés chargés de vérifier les publicités diffusées sur la plateforme mais aussi des campagnes de publicité « simplettes » pour « tenter » de rassurer les internautes … On se demande bien qui il va réussir à convaincre.
     

 

  • Mais c’était sans le coup de génie de Zuck, devenu en quelques semaines un professionnel de la communication – Vanity Fair
     

    Dans un geste aussi grotesque que le président qui lance des rouleaux de papiers toilette devant une foule de survivants de l’ouragan [Maria à Puerto Rico la semaine dernière], Marck Zuckerberg a organisé son propre PR Nightmare lundi quand il a choisi de faire une démonstration de la nouvelle application Facebook Spaces – qui permet aux utilisateurs d’explorer de vraies destinations sous la forme d’avatars – dans un Puerto Rico ravagé.

     

    Mark et Rachel à Puerto Rico lundi

Les « real housewives » du président

 

 

  • Dans une interview donnée à l’émission « Good Morning America » à l’occasion de la sortie de son livre « Raising Trump », Ivana Trump, la première épouse du président et mère de ses trois aînés, Donald Jr, Eric et Ivanka, a affirmé qu’elle ne communiquait pas trop souvent avec son ex-mari, « une fois tous les quatorze jours », histoire de ne pas rendre jalouse Melania, « car au bout du compte », c’est elle « la première femme de Trump », c’est elle « la première dame ».

 

  • Le jour même, la porte parole de l’actuelle « First Lady », Melania Trump, généralement discrète voire absente, a répondu dans un communiqué que, contrairement aux allusions de sa rivale, elle aimait beaucoup sa vie à Washington et qu’elle comptait « utiliser son rôle pour aider les enfants et non pas vendre des livres »:
     

    Les déclarations d’une ex n’ont clairement aucune substance, ça n’a pas pour objectif que d’attirer l’attention et faire du bruit

     
    A croire que Ivana a bien retenu les leçons de son ex-mari qui doit jubiler de voir les femmes se battre pour s’attribuer la place de première dame.

 


La fin du « marécage doré »?

 

Illustration by Oliver Munday; Source photograph by Raymond Hall / GC Images via Getty / NEW YORKER

 

  • L’edito de Lena Dunham dans le New York Times ce matin sur le scandale Harvey Weinstein:
     

    « Cette industrie libérale [qu’est Hollywood] a rapidement condamné Bill O’Reilly, Roger Ailes et le président et refuse de considérer les abus sexuels comme une discussion de vestiaire. Pourquoi donc un tel silence, surtout de la part des hommes, quand on apprend que l’un des nôtres aime humilier et traumatiser les femmes? »

     
    Les acteurs et actrices qui ont finalement condamné Weinstein: Matt Damon, Ben Affleck, Jennifer Lawrence, Nicole Kidman, Charlize Theron, Jessica Chastain, Kate Winslet, Michael Keaton, Mark Ruffalo, … La seule à avoir défendu Weinstein est son amie Donna Karan de DKNY

    Quand à l’accusé, il a « désespérément demandé l’aide » de ses puissants confrères de studios, chaînes et d’agences d’acteurs pour l’empêcher de se faire virer et lui donner le temps de se soigner, en vain. La compagnie a même décidé de changer de nom.

 

  • Rose MCGowan, l’une des victimes de Weinstein, a demandé la démission de l’ensemble conseil d’administration de The Weinstein Company, dont certains membres auraient clairement été complices et a dénoncé plus largement la nature macho de Hollywood:
     

    Les hommes à Hollywood doivent changer de comportement le plus vite possible. Le pouvoir de Hollywood diminue car la société a changé et évolué mais le comportement des hommes à Hollywood est resté le même; il faut les prévenir qu’aucune femme ne leur appartient. Le genre de comportement et d’état d’esprit comme dans la série « Entourage » est aussi obsolète que leur nature pseudo-macho

     

  • A RETENIR: Ca fait des années que des médias (le New York Times, Defamer, New York magazine) essayent de sortir une histoire sur le comportement « dégueulasse » de Weinstein et en sont incapables faute de preuve tangibles selon les médias, sous la pression de Weinstein selon les critique.
  •  

  • A LIRE: L’enquête de Ronan Farrow, le fils de Mia, dont la soeur aurait été victimes d’attouchements sexuels de la part de Woody Allen quand elle était petite, publiée dans le New Yorker ce matin qui apporte les témoignages de nouvelles victimes qui affirment avoir été violées
    + L’article du New York Times dans lequel Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie affirment avoir été harcelés par le producteur.

    * « From agressive overtures to sexual assault: Harvey Weinstein’s accusers tell their stories »The New Yorker
    * « Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie and Others say Weinstein Harassed Them »The New York Times

 


« Click Bait »

    • J’ai demandé à « Gorge Profonde » un fan de la première heure – qui a assisté à l’une des premières séances de StarWars à Paris à la fin des années 70 – de nous décrire le clip du dernier StarWars:

      C’est l’Empire Contre Attaque avec 10 At-At au lieu de 3 et le gros con ridicule à la place de Darth Vador pour proposer à la poufette de rejoindre le côté obscur… Sans parler de l’espèce de Hamster et son cri de phoque dans le cockpit du Faucon Millenium… Disney vient de réhabiliter/adouber Jar-Jar Binks et les Ewoks… 

 

 


Le reste de l’actu

  • La présentatrice afro-américaine de ESPN, Jemele Hill, qui s’est faite tapée sur les doigts pour avoir qualifié Donald Trump de « white supremacist » le mois dernier a finalement été suspendue pour deux semaines après avoir critiqué Jerry Jones, le propriétaire de l’équipe de football américain des Cowboys de Dallas, qui a menacé de mettre la touche les joueurs qui « déshonoreraient » le drapeau, s’ils s’agenouillaient durant l’hymne national.

 


Couvertures du Jour

  • En remise en question de la culture bro de Hollywood, Variety célèbre cette semaine les femmes de pouvoir à Los Angeles: 
     

09.10.17

 

1. « Christophe Colomb, ton bateau coule »

 

 

  • Aujourd’hui c’est Columbus Day, un jour censé célébrer la découverte de l’Amérique, que de nombreux Américains, surtout d’origine italienne, célèbrent depuis la fin du XVIIIème siècle, et officialisé comme « national Holiday » en 1934 par le président Roosevelt – seuls les Etats de Hawaii, Alaska, Oregon, Dakota du Sud et Vermont ne le célèbrent pas.

 

  • Mais Christophe Colomb n’a rien d’un héros pour les victimes de la colonisation espagnole, les communautés amérindiennes du pays, hallucinées à l’idée qu’un explorateur italien ait pu « découvrir » des terres qu’ils habitaient depuis des siècles » et surtout responsable du génocide dont elles ont été ensuite les victimes.
    La critique de cette vision européano-centrique de l’histoire de l’Amérique n’a cessé de se renforcer, surtout depuis les années 90 quand certaines villes libérales (Boston, Denver, Berkeley et dernièrement Los Angeles en Californie) ont commencé à rebaptiser la fête nationale, le « Indigenous Day » en hommage aux premières populations du continent.
    Aujourd’hui, ce sont les statues de Christophe Colomb que certains veulent voir déboulonner.

 

  • Le mois dernier, une des statues de Christophe Colomb a été vandalisée à Central Park, et depuis, celle qui trône sur l’une des places les plus fréquentées de la ville, Columbus Circle, est surveillée 24heures sur 24.
    Entre temps, le maire de Blasio a demandé à une commission d’enquêter sur les « symboles de haine » – plaques et statues qui célèbrent des personnages ambivalents – qui parsèment la ville, y compris celle du navigateur, au grand dam de la communauté italienne qui le célèbre avec ferveur chaque année.

 


2. Corker vs Trump

 

 

  • Ce week-end, le président américain a accusé le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker, de ne pas se représenter pas en 2018 parce qu’il aurait refusé de soutenir sa campagne, et lui aurait refusé une place au sein de son administration.

 

  • La réponse cinglante de Corker dimanche matin a été retweetée 140 000 fois et aimé près de 400 000 fois en 36 heures:
     

    C’est triste que la Maison Blanche soit devenu une garderie pour adultes. Quelqu’un a sûrement a oublié de venir travailler ce matin

    Dans une interview accordée au New York Times le même jour, Corker a affirmé que le « reality show de Trump » pouvait conduire le pays « à une Troisième Guerre Mondiale », qu’il était « inquiet » du président, comme « tous ceux qui aiment ce pays » et qu’il parlait au nom de la plupart de ses collègues républicains du Congrès.

  •  

  • Encore beaucoup de bruit pour rien et une attaque contre un membre du Congrès, qui plus est de sa majorité, en pleine discussion sur la réforme fiscale, n’est pas de bonne augure pour un président qui n’a toujours pas réussi à passer l’une des mesures phares de son programme devant le Congrès: Corker n’a rien à perdre et tout à gagner en dénonçant l’attitude de plus en plus aggressive du président* « Trump Campaign’s embrace of Facebook shows company’s growing reach in elections »The Washington Post

 


3. Les profits de Facebook

  • Les excuses naïves de Zuckerberg, enregistrées après Yom Kippour, dans lesquelles il s’excuse de ne pas avoir bien fait son travail l’année dernière en laissant des internautes mal-intentionnés utiliser Facebook pour diviser le pays, plutôt que le rassembler, ont omis un détail important: Les 450 millions de dollars engrangés en publicités par Facebook durant les élections présidentielles.
    C’est sans la raison pour laquelle peu d’attention ont été portées sur le contenu de ces publicités et l’identité des annonceurs.

 

  • Sur cette somme colossale, 70 millions ont été dépensés par l’équipe de campagne de Trump, et sur les quatre derniers mois seulement.
     

    Sans que le public le sache, le site servait de plate forme à un intense barrage de publicités destinées aux supporters de Trump qui ont eu un maximum d’impact autour des débats présidentiels

     

  • Non seulement, le réseau social a été vital pour l’élection de Trump mais elle il a aussi servi de relais payant aux trolls russes pour évoquer des sujets controversés qui devaient servir le candidat républicain, et tout ça parce que ça lui a fait gagner des centaines de millions de dollars. D’où la nécessité d’imposer davantage de transparence dans le fonctionnement de cette organisation dont on a du mal à envisager encore l’étendue du pouvoir.
     

    Les larges sommes investies par la campagne de Trump auraient pu atteindre tous les utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis, ou envoyer plusieurs publicités aux électeurs clés. Le bombardement en ligne, plus important et cher que celui de Clinton, était invisible aux médias et à l’électorat, grâce à des messages très personnalisés qui permettent aux annonceurs de cibler plus facilement leur audience.

 


4. Le flop politique du week-end

 

 

  • La guerre culturelle s’est invitée à nouveau dans les stades à l’initiative du vice président Mike Pence qui est venu assister dans son Etat d’Indiana à la rencontre entre les Colts et les 49ers de San Francisco quelques minutes seulement: il a quitté le stade parce que des joueurs des 49ers s’étaient agenouillés durant l’hymne national – ce qu’ils font depuis septembre 2016, alors accompagnés du quarterback Colin Kaepernick.
     
  • Pence s’est justifié en expliquant qu’il refusait de voir des athlètes « déshonorer le drapeau » alors qu’ils protestent symboliquement contre les violences policières et le racisme dans leur. On a rapidement appris que la décision avait été préméditée, sans doute fomentée par le président, et qu’elle aurait coûté près d’un demi-million de dollars de logistique et de transport aux contribuables américains.
  •  

  • Comme l’explique Paul Waldman dans le Washington Post
     

    Hier, le vice président Mike Pence a défendu l’hymne national contre des joueurs de football qui protestent contre le racisme et les violences policières. Si ce genre de comportement vous dégoûte, mauvaise nouvelle: L’administration va continuer à exploiter cette guerre culturelle ces trois prochaines années.

     

  • Hier soir, Jerry Jones, le propriétaire des Dallas Cowboys est tombé dans le piège tendu par l’administration et a menacé de mettre sur la touche tous les joueurs qui « déshonoreraient » le drapeau. Une décision saluée par le président.

 


5. Harvey Weinstein, suite et fin

 

  • L’article du New York Times détaillant les accusations de harcèlement sexuel du magnat d’Hollywood, Harvey Weinstein, contre de jeunes actrices, assistantes et mannequins sur plus de trente ans, a secoué le monde du cinéma qui est plutôt discret sur l’affaire provoquant la colère des victimes les plus célèbres du producteur, Ashley Judd et Rose McGowan.
  •  

  • Shanon Waxman, fondatrice et rédactrice en chef de The Wrap, accuse le New York Times, où elle travaillait en 2004 d’avoir étouffé son enquête sur les allégations faites à l’encontre de Weinstein et raconte que Matt Damon et Russel Crowe l’auraient personnellement contacté pour démentir que Fabrizio Lombardo, à la tête de Miramax en Italie, avait été engagé dans l’unique but de « s’occuper des femmes de Weinstein » quand celui-ci voyageait dans le pays.
    Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times a démenti que le quotidien ait refusé de publier une telle histoire parce que The Weinstein Company était l’un de ses annonceurs mais plutôt parce que l’histoire ne reposait que sur le témoignage « off the record » d’une des victimes. 

 

 

 


6. Couverture du jour

 

  • Un hommage aux victimes de la tuerie de Las Vegas, “October 1, 2017: One Day in a Nation of Guns,” de David Plunkert.

 

 

 

 

06.10.17

 

1. Bientôt le Rexit?

 

by DAVE GRANLUND (Cagle Cartoons) 2017

 

  • Donald Trump n’a toujours pas digéré les révélations des « fake médias » de cette semaine concernant son Secrétaire d’Etat – qui aurait voulu démissionner en juillet dernier et aurait traité le président de « moron », surtout que Rex Tillerson n’a pas personnellement démenti ces propos relayés (et moqués) dans tous les journaux et sur les réseaux sociaux: Non seulement on lui a volé la vedette, mais à ses dépens et ça ne passe pas pour le président qui n’a plus aucune confiance en son ministre. 

 

  • Les jours de Rex Tillerson, qui devait rester à son poste au moins jusqu’à la fin de l’année, sont semble-t-il ,comptés: Il pourrait être remplacé par Mike Pompeo, 53 ans, actuel directeur de la CIA, avec qui Trump s’entend un peu mieux. Mais le directeur de cabinet, John Kelly qui a ramené un petit de normalité à la Maison Blanche depuis sa nomination cet été, voudrait éviter le grabuge d’un éventuel remaniement ministériel.

 

  • Hier lors d’une séance photo à la Maison Blanche entouré de dignitaires de l’armée américaine, Donald Trump a parlé de « calme avant la tempête » sans préciser sans préciser de quoi il s’agissait (Daesh, l’Iran ou la Corée du Nord ?), « Vous verrez bien » a-t-il répondu.
    Pour beaucoup, Trump a voulu faire dans le dramatique juste pour créer un peu de buzz autour de lui et faire parler les médias.

 


2. « Access Hollywood » un an plus tard

 

 

  • La « surprise d’octobre » censée mettre un point final à la campagne de Donald Trump, la désormais fameuse vidéo de l’émission « Access Hollywood » dans laquelle se vante d’attraper les femmes par leur entrejambe, découverte par le journaliste David Fahrenthold et diffusée par le Washington Post il y a tout juste un an, n’a pas eu, malgré l’énormité des propos, l’effet escompté.
    Pour Steve Bannon, ça a d’ailleurs le moment de vérité qui a déterminé qui était loyal envers Trump [lui, sa famille, Reince Priebus] et qui ne l’était pas [la plupart des Républicains, à commencer par Paul Ryan].
     

    « Les gens s’en foutaient. Ils savaient que c’était une discussion de vestiaire que Donald Trump avait avec un mec … Et ils ont passé outre. Ca n’a eu aucun impact sur la campagne. Mais si vous aviez vu les médias mainstream ce jour là, il tombait littéralement dans l’enfer de Dante. »

     

  • Pour fêter cet anniversaire, l’association de défense des femmes Ultraviolet diffuse en boucle la vidéo pendant toute la journée, sur grand écran et … à côté de la Maison Blanche. – The Hill

 


3. « Dirty Harvey »

 

 

  • Harvey Weinstein, l’un des plus puissants producteurs d’Hollywood, est accusé par le New York Times d’avoir harcelé ces trente dernières années, des dizaines de femmes, dont Ashley Judd et Rose McGowan, en échange de booster leur carrière. 
    Huit de ses victimes, des actrices, assistantes ou mannequins, auraient conclu des arrangements à l’amiable avec les sociétés de production et de distribution de films qu’il a co-fondé avec son frère (Miramax entre 1979 et 2005 puis The Weinstein Company) et dont la dernière remonterait à 2015.

    Weinstein, qui se présente « en public comme une figure libérale, défenseur de la cause féminine récompensé pour ses travaux artistiques et humanitaires » a reconnu dans le Times que « son comportement [avait] pu blesser ses collègues », s’en est excusé et a promis qu’il se soignait tout en démentant les accusations du quotidien.
     
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  • Ce matin, le producteur a annoncé qu’il prenait un congé illimité mais aussi qu’il comptait poursuivre le New York Times pour 50 millions de dollars sous prétexte que le quotidien ne lui aurait pas laissé assez de temps pour se défendre de faits « qui remontent à plus de trente ans et dans une douzaine de pays différents »

 

  • Pour éviter les répercussions du scandale, les Démocrates, qui ont reçu beaucoup d’argent de Weinstein ces dernières années, se sont engagés à lui rendre toutes les donations et condamné son comportement, qui était soi-disant  un secret de polichinelle à Hollywood.* « Decades of Sexual Harassment Accusations against Harvey Weinstein » – The New York Times

 


4 .YouTube reste le roi

 

  • Netflix, Hulu et Amazon et autres services de vidéos à la demande qui représentent aujourd’hui une industrie de 8,21 milliards de dollars, qui devrait atteindre 14 milliards en 2021, ont poussé de nombreux téléspectateurs à suspendre (« cord-cutters ») leur abonnement au câble – assez cher aux Etats-Unis, entre 50 et 200 dollars par mois – et la tendance devrait se renforcer puisque de 16,7 millions en 2016, ils devraient passer à 40 millions en 2021.
    Quant aux « cord-nevers », ceux qui n’ont jamais souscrit d’abonnement pour regarder la télé, ils étaient 32,5 millions l’année dernière et seront 41 millions dans quatre ans.
    * « Amazon, Netflix and Hulu’s Most Popular Shows Revealed » The Hollywood Reporter

 

  • Netflix a dépensé 6 milliards de dollars en 2016 pour la création et achat de contenu contre 4,5 milliards pour Amazon, et si Netflix, qui vient d’augmenter son abonnement de 10% cette semaine, continue de cartonner, c’est YouTube qui reste le roi des « streamers » avec 186 millions d’abonnés.
    Et la plate forme de Google ne compte pas s’arrêter là avec YouTube Red, le service de vidéo à la demande à dix dollars par mois qui offre de la musique illimitée sans publicités, des créations originales après leur sortie en salle ou directement produites par la compagnie. Pour l’instant le répertoire est assez limité mais avec les 65 milliards de Google, leur offre devrait s’enrichir ces prochains mois
    * « YouTube Grows Up: Inside the Plan to take on Netflix and Hulu »The Hollywood Reporter

 


5. « La grandeur a un prix »

 

 

  • Dernière création de Showtime, un documentaire sur l’un des personnages les plus controversés du tennis mondial, le légendaire entraîneur de tennis, Nick Bollettieri qui a formé entre autres André Agassi, Venus et Serena Williams, Anna Kournikova, Monica Seles, Jim Courier
  • La particularité de Bollettieri est qu’il n’a aucune formation d’entraîneur ce qui l’a empêché de travailler pour une fédération et/ou une université, mais qui l’a poussé à fonder une Académie, où les jeunes prodiges du tennis sont venus vivre et s’entraîner loin de leurs parents.
    « Si je n’avais pas cassé ces règles, le tennis ne serait pas où il en est aujourd’hui »

 


6. Le reste de l’actu

 

  • La Californie devient officiellement un « Etat sanctuaire« 

    La « Senate Bill 54 » (SB54) signée par le gouverneur Jerry Brown abolit une loi qui obligeait les forces de police locales à prévenir les services d’immigration en cas d’arrestation d’un immigré en situation irrégulière pour possession de drogues et autres infractions.
    Une décision mal perçue chez les Républicains comme en témoigne ce commentaire de Red State:

    Pour résumer: La Californie défie ouvertement une loi fédérale pour protéger des criminels vivant illégalement dans l’Etat, les relâcher plus rapidement et ne sera plus obligé de prévenir les autorités fédérales quand ils sortent et errent les rues.

    « California Is Now Officially A Sanctuary State »Redstate

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  • Donald Trump a décidé aujourd’hui d’autoriser les entreprises à ne plus rembourser les méthodes de contraception de leur employés – l’une mesures les plus controversées d’Obamacare – si ça va à l’encontre de leurs croyances religieuses. N’importe quel patron ou conseil d’administration peut aujourd’hui avancer le prétexte de la religion pour priver les femmes d’un de ses droits fondamentaux.
    Les associations religieuses ont bien entendu salué la décision – Politico

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  • Las Vegas a interdit en 2012 la présence de pistolets pour enfants ou en plastique sur son fameux « Strip », l’avenue principale de la ville, afin de la rendre plus sûre tout en autorisant le port d’arme – les vraies, celles qui tuent – en public, comme ça l’est pour les casinos, bars, hôtels et bureaux de vote. – Charlotte Observer

 


7. Couverture du Jour

 

 

  • Mike Moore, l’avocat qui a mis à plat l’industrie du tabac (« Big Tobacco ») aux Etats-Unis et négocié le règlement juridique le plus cher de l’histoire (206 milliards de dollars sur 25 ans en 1998), voudrait désormais s’attaquer à l’industrie des opiacés qui a engrangé des milliards de dollars ces vingt dernières et créé l’une des pires crises sanitaires que l’Amérique ait connu, responsable de la mort de 60 000 personnes l’année dernière.

 

  • La plainte stipule que ce sont les compagnies qui ont provoqué cette épidémie en minimisant les risques de dépendance et d’overdose des anti-douleurs tels que l’OxyContin, le Percocet, ou le Duragesic. Les opiacés ne sont pas seulement risqués lorsqu’on en abuse, mais tout simplement lorsqu’on en prend.

 

  • Comme il l’a fait lors pour l’industrie du tabac, Moore veut travailler avec le plus d’Etats possibles afin de collecter les preuves nécessaires pour réclamer des milliards de dollars de dommages et intérêts et de faire plier l’industrie des opiacés. Certains villes et Etats américains ont déjà porté plainte contre certaines de ces entreprises (Purdue Pharma, Endo, and Johnson & Johnson’s Janssen Pharmaceuticals) mais une action collective est bien plus efficace aussi bien financièrement que symboliquement.* « The Lawyer Who Beat Big Tobacco Takes On the Opioid Industry » – Bloomberg Businessweek