Le kiosque du 20 mars 2017: Le FBI assomme Trump – Des taupes dans les agences fédérales – Californie recrute dans l’EPA – Heaven’s Gate – March Madness – Hillary’s Back

 

 

  • Le premier jour de Printemps

    Et une mauvaise nouvelle pour la côte de popularité de Donald Trump qui est tombée à 37%, huit points de moins que la semaine dernière selon un sondage de l’institut Gallup, tandis que ceux qui désapprouvent sa politique ont atteint un record de 58%.

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  • Trump nerveux ce matin

    L’audition du directeur du FBI, James Comey, sur les accusations lancées par Trump contre Obama, qui l’aurait mis sur écoute pendant la campagne présidentielle, a eu lieu de matin devant la Commission parlementaire en charge du Renseignement.

    Ni le FBI, ni le Département de Justice n’ont trouvé de preuves soutenant les propos du président – visiblement nerveux sur Twitter.

    Mr Comey a également affirmé qu’une enquête était en cours sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle et les liens possibles qu’elle aurait pu entretenir avec des associés de Trump.

     

    Twitter

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  • Trump installe des taupes dans toutes les agences fédérales.

    Ce ne sont pas vraiment des taupes, ce sont des conseillers politiques installés par la Maison Blanche dans les agences fédérales pour être « les yeux et les oreilles de Trump ».

    La plupart des membres du cabinet de Trump qui n’ont toujours pas formés d’équipes autour d’eux ni de nominés pour leurs principaux conseillers. Mais ils ont une clique de conseillers installés par la Maison Blanche qui s’en chargent et surtout qui surveillent la loyauté des secrétaires

    Au moins seize d’entre eux ont été placés à l’Agence de Protection de l’Environnement, à la Défense, à l’Energie, à la Santé et même à la Nasa pour vérifier le comportement de leur dirigeants et le rapporter aux assistants du Chef de Cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus. 

    Ces « aides » agissent comme des intermédiaires sur les questions politiques entre les agences et la Maison Blanche. Ils sont également chargés de « surveiller les chefs des Départements et leurs principaux conseillers et vérifier qu’ils avancent bien le programme du président et ne s’éloignent pas trop du discours de la Maison Blanche.

    Trump n’a pas de relations continues ni de liens personnels avec la plupart des leaders de son cabinet. C’est pourquoi contrôler leur loyauté est si important.

    Ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour les intéresser

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  • La Californie veut récupérer les employés de l’Agence de Protection de l’Environnement

    Dès le lendemain de la victoire de Donald Trump début novembre, les employés de l’EPA savaient leur Agence menacée par le prochain président, qui a mis à sa tête, Scott Pruitt, un climatosceptique assumé qui a longtemps milité contre les programmes de cette même agence. La semaine dernière, le budget « America First » proposé par l’administration prévoit de réduire de 31% le budget de l’agence qui compte 15 000 employés à travers tous les pays, dont plusieurs milliers devraient perdre leur emploi ces prochains mois – si le budget passe. 

    C’est là qu’entre en jeu la Californie, l’Etat le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis mais aussi le plus écolo!

    La Commission des Travaux Publics de Californie aimerait débaucher « les employés démoralisés qui vont devoir faire face à des coupes budgétaires importantes et un nouveau leadership très controversé » en leur offrant de travailler pour un gouvernement qui offre les défis environnementaux les plus ambitieux des Etats-Unis – dont celui de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030.

    Le problème pour les employés de l’EPA situé dans la capitale, c’est le fait de devoir déménager de l’autre côté du pays, à Sacramento, San Francisco ou Los Angeles.

    La Californie et son gouverneur Jerry Brown figurent parmi les critiques les plus fervents de Donald Trump. Ce dernier avait promis après le 8 novembre que « si Trump décide de suspendre les satellites, la Californie lancera les siens! »

    * « California Wants to hire EPA Staff Workers who are sick of Trump »Mother Jones

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  • Hillary is « Back »

    C’est pas une blague.

    Elle a annoncé vendredi, dans un discours donné vendredi pour St Patrick’s Day en Pennsylvanie qu’elle était prête à « sortir des bois » et retourner sur le devant de la scène politique.

    Je suis comme beaucoup de mes amis ici.
    J’ai du mal à regarder les nouvelles, je dois vous avouer (…) Je suis prête à sortir des bois et aider à entretenir cette flamme qui éclaire déjà de nombreuses tables et dîners comme celui ci.

    * « Hillary Clinton says She’s ready to come out of the Woods »The New York Times

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  • Heaven’s Gate, vingt ans après 

    Il y a vingt ans ce mois-ci, 39 corps étaient découverts dans une ville cossue de Santa Fe, dans banlieue de San Diego en Californie: Tous étaient des disciples de la secte Heaven’s Gate (« les portes du Paradis »), un mélange de christianisme évangélique et de Science Fiction New Age, et avaient décidé de suivre leur gourou, Marshall Appelwhite, en quittant leur « enveloppe humaine ».

    Ils étaient convaincus d’atteindre un monde meilleur dans un vaisseau spatial lorsque la comète Hale-Bopp est apparue dans le ciel en mars 1997.
    Ils sont tous été retrouvés allongés sur des lits dans les mêmes combinaisons noires avec le blason “Heaven’s Gate Away Team” avec les mêmes chaussures Nike et recouverts d’une couverture violette.

    Ils se sont suicidés avec un mélange de barbituriques et d’alcool.

    C’est un ancien membre, prévenu par un colis reçu quelques jours plus tard expliquant leur départ, qui s’est rendu sur place et a trouvé les corps. La vidéo qu’il a filmée est assez impressionnante.

    S’en est suivi un cirque médiatique et surtout des moqueries qui ont commencé un peu partout dans les médias à cause de l’étrangeté de l’évènement.

    * « 20 years Later, Heaven’s Gate lives on – via Internet, scholarly debates »The San Diego Union-Tribune

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  • The Circus sur Showtime

    Pour ceux qui veulent revivre l’une des périodes politiques les plus mouvementés que les Etats-Unis n’aient jamais connu, la chaîne câblée Showtime diffuse en ce moment la seconde saison de la série documentaire: « Circus: inside the Biggest Story on Earth » qui promet d’aller « Beyond the headlines » et « Behind the Scenes ».

    La première saison de 26 épisodes diffusée de janvier 2016 à novembre suit la campagne présidentielle jusqu’au scrutin du 8 novembre. La seconde saison suit la victoire de Donald Trump, son investiture et les premiers jours de la Maison Blanche.
    La série est réalisée par deux journalistes de Bloomberg Businessweek, qui est aussi producteur avec ShowTime, Mark Halperin et John Heilemann

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  • Une défaite politique dans le tournoi universitaire.

    L’un des plus importants rendez-vous sportifs de l’année, la finale du tournoi universitaire de basket, appelé « March Madness », est connu pour ses « upsets » lorsqu’un favori est éliminé par un « underdog », une équipe bien moins forte.
    Hier, les spectateurs américains ont assisté à un « upset » important, l’élimination d’une des meilleures équipes, Les Blue Devils de Duke University face aux Gamecocks de Caroline du Sud (81-88).

    Une défaite sportive et politique puisque le match devait avoir lieu en Caroline du Nord, près de Duke University, censé apporter son lot de supporters, mais la NCAA, organisatrice du tournoi, a décidé de déplacer la rencontre pour protester contre la loi HB2 votée l’année dernière qui oblige les individus à utiliser les vestiaires et toilettes publiques qui correspondent à leur sexe de naissance et pas à celui à celui de leur choix.

    Le match a été finalement joué en Caroline du Sud, acquise aux Gamecoks, qui ont été portés toute la rencontre par un public survolté et qu’ils ont fini par gagner.

    Comme le notait ce weekend le Charlotte Observer, le principal quotidien de Caroline du Nord, « la loi, critiquée comme anti-LGBT, a coûté aux habitants de l’Etat des emplois, de l’argent, des rencontres sportifs et évènements, y compris le tournoi de basket de la NCAA »

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  • Kellyanne Conway en couverture du new York magazine

    Elle ne laisse pas indifférent, on le sait, elle agace parce qu’elle refuse de répondre aux questions des journalistes, et prête à sortir des « alternative facts » pour soutenir le président, elle n’a aucune véritable connaissance de ce qui se passe à la Maison Blanche mais on continue à lui offrir un traitement digne d’une star des médias. 

Le kiosque du 1er décembre 2016

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TRUMPLANDIA

Mike Pence et Donald Trump ce soir sur Fox

Pour récompenser l’un de ses journalistes et supporters les plus zélés, le futur président offrira sa deuxième interview télévisée à Sean Hamilton ce soir sur Fox News, avec en prime son vice-président Mike Pence.
L’entretien aura lieu depuis l’Ohio où ils effectuent le premier rendez vous de leur USA Thank you Tour.

 

Hillary Clinton devance désormais Donald Trump de 2,5 millions de vote

Dix présidents des Etats-Unis ont été élu avec une marge moins importante qu’elle dans le vote populaire tout en réussissant à remporter le collège électoral – ce qu’elle n’a pas réussi à faire. Ou comment est-ce que le système de vote des grands électeurs désavantage considérablement les Démocrates, regroupés principalement dans les zones urbaines des côtes est et ouest du pays face aux électeurs épublicains, moins nombreux, mais qui occupent le reste du territoire.
Cette marge d’environ 2% correspond précisément aux chiffres avancés par beaucoup d’instituts de sondage avant les élections.

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Bernie Sanders: Donald Trump met en danger les emplois des Américains

Dans un éditorial publié ce matin dans le Washington Post, Bernie Sanders accuse Trump d’avoir « mis en danger les jobs des ouvriers américains autrefois protégés. Pourquoi? Parce que [le futur président] vient d’annoncer à toutes les compagnies du pays qu’elles peuvent menacer de délocaliser les emplois à l’étranger en échange des avantages fiscaux et de coups de pouce. »
Sanders fait allusion aux mille emplois que la compagnie United Technologies avait menacé de délocaliser au Mexique en février dernier pour économiser 65 millions de dollars en main d’oeuvre salariale et que Trump avait promis de maintenir aux Etats-Unis – Et qu’il vient de confirmer mardi et devrait annoncer officiellement ce soir.

Le sénateur du Vermont explique que cette compagnie, implantée dans l’Indiana, a engrangé 6,7 milliards de dollars de profits l’année dernière et reçu 6 milliards de dollars de contrats du gouvernement fédéral, et que son ancien directeur général est parti en 2014 avec un golden parachute de 172 millions de dollars.

J’ai dit que je travaillerais avec Trump s’il était sérieux sur les promesses faites aux membres des classes ouvrières. Mais après avoir mené une campagne dans laquelle il s’est engagé à être dur avec les entreprises américaines, Trump a décidé avec hypocrisie de faire tout le contraire. Il veut traiter l’irresponsabilité des entreprises avec précaution (…) Nous devons réinstaurer l’éthique du patriostisme dans les entreprises. Nous devons envoyer un message fort et clair aux compagnies du pays: L’ère des délocalisations est terminée.

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Cartographier la haine pour mieux la combattre

Le blog politique Thinkprogress a recensé une importante hausse des manifestations de haine « islamophobes, antisémites, et un regain de soutien envers la supremacie blanche » durant la campagne électorale. Mais la situation s’est envenimée depuis les élections qui ont encouragé de nombreux Américains à s’exprimer violemment contre les minorités et « qui ont effrayé de nombreux Américains ».
L’association a appelé toute personne victime ou témoin à leur rapporter ce genre d’agressions pour qu’ils enquêter dessus ou demander à une source externe de le faire (rapport de police, articles ou témoignages) afin qu’elle puisse vérifiée indépendamment dans le futur.
Les agressions concernent « insultes verbales, agressions physiques, menaces, vandalisme, détérioration de lieux de cultes commis contre une minorité ».

thinkprogress.com
thinkprogress.com

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Le Texas va obliger l’enterrement des foetus

Non content de pouvoir interdire définitivement le droit avortement qu’il a déjà réussi à limiter drastiquement sur son territoire ces dernières années, l’état du Texas va obliger hopitaux et cliniques à enterrer les foetus, quelques soient leur stade de développement plutôt que de les disposer des containers à déchets médicaux.
La proposition a été lancée par le gouverneur de l’état, Greg Abbott en juillet dernier après que la Cour Suprême ait déclaré inconstitutionnelle la loi dite HB2 qui obligeait les cliniques texanes pratiquant l’IVG à se conformer aux standards logistiques des hôpitaux, et ses obstétriciens à pratiquer leurs interventions à 40 km au moins d’un autre hôpital.
Entre la mise en place de HB2 en juin 2014 et son interdiction deux ans plus tard, le nombre d’établissements pratiquant l’avortement est passé de 40 à 19 sur un état aussi grand que la France pour les 5,4 millions de femmes en âge de reproduire.

Texas Tribune
Le nombre de cliniques pratiquant les avortements avant la loi HB2 en 2014 et après son interdiction par la Cour Suprême des Etats-Unis en 2016 – Source: Texas Tribune

 

Le kiosque du 27 novembre 2016

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Mort de Castro aux Etats-Unis

La mort de Fidel Castro est sur les unes de tous les quotidiens du pays dimanche matin. Alors que les journaux floridiens célèbrent la disparition du dictateur à l’instar du Miami Herald pour qui « la mort de Castro apporte joie et guérison à Miami » ou du Diaro Las Americas, publié en espagnol, qui titre « Nunca Mas » (« Plus Jamais »), les quotidiens nationaux sont plus mitigés sur l’héritage du Comandante.
Ils évoquent l’inspiration que sa rebellion a pu offrir à des générations de communistes et socialistes (The Washington Post) mais aussi d’étudiants américains durant les années soixante et soixante-dix, notamment sa résistance face aux Etats-Unis (New York Times) et la réalité d’une dictature qui a muselé toute opposition politique, assassiné des milliers d’opposants et provoqué l’exil et de la déchirure de nombreuses familles (The Tampa Bay Times).

Les Cuban Americans représentent la troisième communauté latino aux Etats-Unis, estimée à plus de deux millions d’Américains, dont 1.4 millions vit en Floride, puis en Californie, dans le New Jersey et à New York.
Ce sont eux qui sont le plus réjouis de la mort de Fidel Castro vendredi soir, car beaucoup sont des exilés ou leurs descendants, et dont certains conservent des liens familiaux avec ceux restés à Cuba.

 

Marco Rubio et la surenchère anti-Castro

Marco Rubio, l’un des candidats républicains à la présidence et sénateur de l’état de Floride de descendance cubaine, a affirmé hier que « l’histoire se souviendra de Fidel Castro comme le diable, comme un dictateur meurtrier qui a infligé la misère et la souffrance sur son propre peuple » en transformant Cuba en une « prison misérable ».

Il a ensuite critiqué les « soi-disants » journalistes qui ont comparé Castro à George Washington – il faisait référence aux propos d’un journaliste de ABC qui expliquait que « Castro était considéré, encore à ce jour, par sa population comme le George Washington de son pays ».
Des commentateurs ont en effet mentionné sur des chaînes nationales certaines politiques réussies mis en place par le pouvoir cubain, comme l’éducation pour tous, le système de santé ou la recherche scientifique.

Le sénateur Rubio a continué d’énumérer sur Twitter, les crimes commis par l’ancien dictateur avant de s’en prendre au prendre au premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a salué hier le départ « d’un grand leader » et suscité les critiques et moqueries de nombreux politiques et journalistes, surtout aux Etats-Unis.

Justin Trudeau salut Castro

Justin Trudeau, le chouchou des médias américains, a fait grosse bourde, en évoquant la mort d’un « leader plus grand que nature » qui avait « une prfonde affection pour son peuple » contrairement à la plupart des autres chefs d’état occidentaux, qui ont condamné les crimes commis à l’encontre des droits de l’homme et l’oppression politique de son régime.
Le père de Justin Trudeau, Pierre Trudeau, ancien premier ministre canadien, était un « ami » de Castro et a visité plus fois la Havane dans les années 70.

Les propos de Trudeau ont provoqué de nombreuses critiques, et s’il ne s’est pas rétracté sur sa déclaration initiale, il a tout de même affirmé ca matin, lors d’un déplacement à Madagascar, que Castro était un dictateur: « Il y a des gens qui ont beaucoup d’expériences et de souvenirs douloureux de ce qui s’est passé à Cuba, et je ne veux surtout pas minimiser cela ».

Target boycotté pendant la Holidays season

On devrait s’attendre à pas de polémiques comme celles-ci durant les quatre prochaines années autour de la prises de position de certaines entreprises sur la défense des droits de minorités.
La dernière en date concerne le géant de la grande distribution Target qui a pris fait et cause contre toutes sortes de discrimination envers la communauté LGBT ces derniers mois, notamment la loi HB2 votée en Caroline du nord.
Cette loi interdit aux transsexuels qui n’ont pas physiquement, donc officiellement, changé de sexe, d’utiliser les toilettes qui correspondent à l’identité de leur choix. En réponse à cette loi, Target a diffusé un communiqué officiel au mois d’avril en s’engageant à protéger les transsexuels dans leurs magasins et de les laisser utiliser les cabines d’essayage et toilettes de leur choix.
Une association conservatrice anti-LGBT, l’American Family Association, a lancé depuis une pétition pour boycotter ces magazins en expliquant: « Un homme peut simplement dire qu’il se sent comme une femme aujourd »hui et entrer les toiletttes des femmes … même si de jeunes filles ou des femmes sont déjà dedans » explique l’association, qui a récolté depuis 1,4 millions de signatures.

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Le boycott a été relancé ce weekend de Thanksgiving, l’occasion du Black Friday et du début de la Holidays Season, la plus importante pour les grandes chaines de supermarchés, avec le hashtag #anywherebuttarget.